📱

Get Our Mobile App

Take your business learning on the go!

Download on the App StoreGet it on Google Play

Les bases ultimes de la prise de parole en public

Nicolas Mel | Art oratoire 33:52

Transcription

Et bien, écoutez, je vous propose aujourd'hui de revoir les bases de la prise de parole en public. Oui, parce que vous voyez plein de vidéos partout, j'en suis sûr, et vous entendez plein de conseils. Là, je voudrais que, pour une fois, pour une bonne fois pour toutes, on revoie ensemble toutes les bases de la prise de parole en public. Donc, je vais un petit peu jouer au prof. Vous avez vu, j'ai un tableau à côté, et je vais vous demander de votre côté de vous engager. On va regarder les choses en entier, on va faire les choses bien, et si on fait les choses bien, vous aurez, grâce à cette conférence, un socle de base sur la prise de parole en public.

Je vais vraiment revenir sur toutes les bases qui façonnent cet exercice, et pour ça, je vais m'appuyer sur la distinction classique que l'on fait en matière de prise de parole en public. Vous l'avez compris, à la fin de cette vidéo, vous aurez toutes les bases de la prise de parole, et vous réussirez certainement la prochaine qui vous attend.

Alors, en matière de prise de parole, il y a cinq choses indispensables à maîtriser, et ces cinq choses, on va les voir aujourd'hui. La première des choses qu'on pourrait écrire, c'est l'action. L'action, c'est quoi ? C'est l'art de maîtriser le corps dans la prise de parole. Qu'est-ce que je fais de mon regard, de ma posture, de ma gestuelle, de ma voix ? C'est comment j'agis et comment je mets en scène mon discours.

La seconde, c'est l'invention. L'invention, c'est l'art de cadrer, d'anticiper, de comprendre le cadre dans lequel je vais parler. Donc, c'est, au fond, répondre à certaines questions qui vont permettre de mieux préparer, ou plutôt, que dis-je, de mieux structurer. Et l'art de la structure, c'est ce qu'on appelle la disposition. La disposition, c'est l'art de bien choisir son chemin pour ne pas se perdre en chemin. Éviter ce qu'on appelle la concaténation. Parler de façon improvisée, c'est bien, mais de façon structurée, vous l'entendrez, c'est mieux.

Une fois que vous avez la disposition, vous pouvez, si vous êtes un artiste de la prise de parole et de l'art oratoire, bosser votre élocution. L'élocution, c'est l'art de trouver ses styles qui font mouche, ces phrases qui, parce qu'elles sont belles, semblent plus vraies. Et ça, c'est le travail de la rhétorique. Enfin, vous avez le dernier aspect de la prise de parole, qui est celui de la mémoire. Comment je fais pour me rappeler de ce que j'ai prévu de dire ? Comment je m'entraîne ? Comment je répète mon discours ?

Eh bien, vous voyez, ces cinq points : action, invention, disposition, élocution, mémoire. Ce que je peux reprocher à beaucoup de contenus qu'on peut trouver en ligne, c'est que souvent, ils ne traitent qu'en partie un seul de ces cinq points. Aujourd'hui, on va traiter l'ensemble de chacun de ces cinq points, et on va commencer, bien sûr, par l'action. Et bien sûr, on parlera des autres points. Donc, suivez-moi, restez concentrés. Si vous voulez, souvenez-vous, quelqu'un qui a envie de vous accompagner dans les bases de la prise de parole, n'oubliez pas de vous abonner ou de liker la vidéo, paraît que ça pourrait m'aider.

Pour ce qui est de l'action, on pourrait en parler des heures, mais vous avez peu de temps, moi aussi. C'est pourquoi je vais vous demander de retenir un résumé de tout ce qui pourrait être dit. Ce résumé tient en trois lettres : RDV. Regard, Dos, Voix. Rendez-vous, rendez-vous avec le public, rendez-vous avec la prise de parole en public. Si vous appliquez le RDV, vous êtes au rendez-vous. Si vous passez à côté de votre rendez-vous, vous avez manqué le RDV.

On va commencer par chacun des points : le regard, puis le dos, puis la voix, et ensuite on verra comment et pourquoi s'en servir. Alors, le regard, ce qui est super intéressant, c'est que souvent, le conseil que j'ai entendu, c'est qu'on a dû vous dire, je suis sûr qu'on vous a déjà dit ça. Dites-moi en commentaire si on vous a déjà dit ça. Fabrice, écoute, quand tu prends la parole, s'il y a un peu de stress, c'est normal. Ce que je vais te demander de faire, Fabrice, c'est un conseil génial : tu regardes au fond de la salle, tu regardes un point au fond de la salle et tu ne le lâches pas. Ou mieux, je suis sûr qu'on vous a déjà dit : balaye le public.

Balayer, pire conseil au monde. Pourquoi ? Parce qu'un balayage, ce conseil signifie : t'intéresse pas aux autres, mais fais comme si tu t'intéressais aux autres. Est-ce qu'on vous a déjà dit dans la vraie vie : balaye la personne avec qui tu parles ? Non, bien sûr que non. Le premier conseil que je disais, c'était de regarder un point au fond de la salle. Très mauvais conseil aussi, parce que vous vous passez à côté de l'intérêt de la relation et du public. Le but du regard, ce n'est pas de faire comme si je m'intéressais à l'autre. Le but du regard dans une prise de parole en public, c'est de véritablement créer la relation et tisser le fil invisible, le lien invisible du regard avec son public.

Donc, ce qu'on consiste à balayer, on met de côté. Celui qui consiste à rester concentré au fond de la salle, on met aussi de côté. Et peut-être un autre conseil que vous avez entendu, c'est : écoute, je te file ce petit conseil d'ami, c'est entre nous. Si tu es mal à l'aise quand il y a beaucoup de gens, regarde leur front. Regarde leur front. Si vraiment tu es mal à l'aise, imaginez tout nu. La première fois que j'ai entendu ce conseil, je me suis dit : c'est une blague. C'est une blague, parce qu'on essaie de rassurer quelqu'un en dévalorisant les autres. Waouh, quel est l'intérêt du regard si c'est dévalorisé, se sentir au-dessus pour se sentir plus à l'aise ? Je trouve ce conseil ridicule.

Donc, imaginez que les autres sont tenus. Vraiment, mettez de côté. Ce sont vraiment des conseils que je vous évite de prendre au pied de la lettre. Et puis, celui de regarder le front, je comprends la logique. Il y a une volonté de bien faire, une volonté d'aider, mais en fait, on vous dit : pour être plus à l'aise, fais comme si. Et faire comme si, ça ne m'intéresse pas. Donc, je vous invite vraiment à regarder le public pour vous intéresser à lui, plutôt que pour faire comme si vous vous intéressiez à lui.

Tous ces conseils mis de côté, ce que je peux vous dire, c'est que le regard doit avoir au moins quatre aspects. Le premier : un regard est condamné au singulier. Et si un regard est condamné au singulier, je ne peux regarder qu'une personne à la fois. Même, je ne peux regarder qu'un œil à la fois. Ce que je vais vous inviter à faire dans votre prochaine prise de parole, c'est regarder une personne pendant trois secondes. Vous lui donnez une phrase, puis une autre personne pendant trois secondes, je lui donne une autre phrase, puis une autre personne pendant trois secondes, je lui donne une autre phrase, etc. En faisant ça, je crée des conditions d'interaction singulière qui vont m'aider à me rappeler que je parle à des gens, je parle à un public.

Cette idée est beaucoup plus intéressante que l'idée de parler en public, qui insiste sur le fait qu'on est regardé, alors qu'en vérité, c'est vous qui regardez. Premier point : je singularise le regard. Action : je singularise le regard. Deuxième point : j'essaie d'avoir un regard aléatoire quand je prends la parole en public. Important, là aussi. On est tous attirés par ces regards bienveillants, par ces regards d'amis sympathiques qui nous aident, par ces regards qui veulent tirer le meilleur de nous. Sauf que là, le risque, c'est de transformer la prise de parole en public en prise de parole entre amis. Pas fou.

Ce qu'on va faire, c'est qu'on va essayer de rendre ce regard aléatoire et ne pas oublier, comme on le fait souvent en réunion, les personnes sur les côtés qu'on a tendance à oublier. Je le disais donc, je regarde tout le monde de façon singulière et de manière aussi hasardeuse. Il n'y a rien de pire qu'un orateur ou qu'une oratrice qui a bien pris ses cours de prise de parole et à qui on a dit : bon, tu regardes cette personne, cette personne, cette personne, cette personne, et on recommence cette personne, cette personne, cette personne, cette personne, et on recommence cette personne. Vous voyez, il y a un côté scolaire, il y a un côté technique gênant qui rend tout cela un peu faux. Donc, on évite de rendre cela scolaire. Comment ? En rendant cela hasardeux.

Et le dernier point que je voulais évoquer avec vous sur le regard, c'est cette idée d'intérêt décidé. Je décide de donner mon intérêt au public. Je vais vous parler un peu de moi. Moi, mon père est ivoirien, donc j'ai des origines ivoiriennes, et je suis content, fier de mes origines. Mais je voulais vous dire ceci : il est des origines, il est des cultures dans lesquelles le regard a des connotations différentes. Et si le regard dure trop longtemps dans certaines cultures, dans certaines façons de voir les choses, eh bien, le regard peut être associé à de la méfiance, voire à de la défiance.

Je vous invite à donner au regard un sens d'intérêt décidé. Je décide de donner mon intérêt grâce aux regards. Donc, un regard d'intérêt décidé peut durer très longtemps. En revanche, un regard où l'intérêt décidé est beaucoup plus celui de la rixe, où je veux montrer que je suis un coq fier qui maîtrise, eh bien là, ça ne durera pas. Donc, essayez de vous dire que l'objectif, ce n'est pas de montrer que j'applique une technique parce qu'on m'a appris à regarder les autres, mais c'est d'essayer de m'intéresser à l'autre. Et ça se sentira dans le regard que vous donnerez.

Ça semble être un conseil bateau, en tout cas à mes yeux, à mes oreilles, mais je vous assure que quand j'entends beaucoup de formations que je découvre, je me rends compte à quel point on ne donne pas un sens au regard. On dit ce qu'il faut faire : il faut regarder, mais sans dire la logique qui est derrière. Le regard n'est pas là pour montrer que vous savez regarder un public. Ce n'est pas la logique. Le regard est là pour donner de l'intérêt à l'autre, pour tisser la relation avec l'autre, pas pour montrer que vous savez faire, mais pour vous intéresser aux autres.

Et maintenant que vous avez compris comment vous intéresser à l'autre, il faut comprendre aussi pourquoi, du regard, à quoi ce regard va servir. Ce regard va servir évidemment à se décentrer. Vous n'êtes pas le centre de l'attention. Moi, c'est ce que m'a appris un jour un formateur en prise de parole. Je montais sur scène, j'étais super stressé. À l'époque, j'étais vraiment très timide. Alors que je monte sur scène, je vois tout le monde qui me regarde. Wouh ! Je me rappelle le cœur qui bat plus vite, c'était vraiment très stressant.

Et alors que je prends la parole une première fois, j'ai la voix qui tremble, je suis vraiment trempé. Cette personne m'arrête et me dit : c'est intéressant, quand vous parlez, on sent que vous êtes le centre de l'attention. Je n'ai pas osé lui répondre, mais j'avais envie de lui dire : oui, c'est évident, enfin, je suis la personne qui me regarde, je suis le centre de l'attention. Et là, il me dit : Nicolas, rappelez-vous de ceci : vous n'êtes pas regardé, c'est vous qui regardez.

Et là, j'ai vraiment eu l'impression qu'il y a une lampe qui s'est allumée, quelque chose qui s'est éteint, je ne sais pas trop comment le dire. Et cette chose-là m'a permis de comprendre que tout ceci est une vue de l'esprit. Je peux me sentir regardé de la même façon que je peux sentir que c'est moi qui regarde. Où est-ce que je porte mon attention ? Est-ce que je la porte sur le regard que vous me donnez ou est-ce que je la porte sur le regard que je vous donne ? La vérité, c'est que si je veux être à l'aise, je dois me concentrer sur vous. Et en me concentrant sur vous, je me déstresse, parce que je me décentre.

Rappelez-vous de ça : le regard permet de s'intéresser à l'autre. En s'intéressant à l'autre, on s'oublie. En s'oubliant, on est présent avec l'autre et on est détendu. Le regard, c'est ce qui va vous aider aussi à trouver le fil de vos idées. On est tous pareils là-dessus, on perd le fil de ses idées. Qu'est-ce qu'on fait alors qu'on était en train de parler, en train de tout maîtriser ? On se met à regarder en bas, en haut, à droite, à gauche, en pensant que le sol ou le plafond sont plus inspirants que le public qui est face à nous. Eh bien non, faisons l'effort de maintenir ce fil invisible du regard.

Pour maintenir le fil invisible du regard, maintenir le fil invisible de la relation, vous avez trouvé vos idées grâce au regard. Si vous cassez le fil, vous perdez vos idées. Autre point : souvent, moi, je vois des personnes qui se plaignent de ne pas être écoutées. J'ai l'impression, lorsque je parle, que je ne suis pas écouté, que tout le monde est distrait, fait autre chose. De façon assez provocante, j'aimerais vous demander : êtes-vous sûr de vraiment les écouter, vous ? Oui, vous. Parce qu'il y a de fortes chances que l'écoute que le public nous donne soit le résultat en miroir de l'écoute qu'on lui donne en premier. Et si vous voulez être écouté, c'est à vous de l'écouter. Comment ? Grâce au regard, grâce au neurone miroir. Si je m'intéresse à l'autre par le regard, il y a des chances qu'on retourne cet autre me donne son regard.

Et enfin, le débit. Nous parlons tous de plus en plus vite. Et si vous voulez parler plus lentement, je vous invite franchement à poser votre regard sur le public de façon singulière, aléatoire, hasardeuse et d'intérêt décidé. Voilà ce que le simple regard peut vous aider à faire. Et quand vous maîtrisez ce regard, vous pouvez passer à la posture, au dos de la méthode RDV dont on a déjà parlé.

Le dos, c'est votre posture, bien sûr, mais c'est aussi votre gestuelle. Et il est très intéressant de se rappeler que votre posture influence votre physiologie. La façon dont vous vous tenez influence la façon dont vous vous sentez. Et si, par exemple, vous vous tenez naturellement un petit peu affaissé, comme je le fais de façon un petit peu caricaturale, eh bien, certaines études disent même que vous augmentez votre taux de cortisol, une hormone associée au stress. Et qu'à l'inverse, en vous tenant plus fièrement, et on verra comment exactement tout à l'heure, vous diminueriez ce niveau de cortisol et que vous augmenteriez, selon ces études, votre niveau de testostérone. Génial, me direz-vous.

Le problème, c'est que toutes les études ne s'accordent pas à dire ces résultats. Et donc, cela signifie bien que certaines se trompent et que d'autres ont raison. En tout cas, ce qui est sûr et certain, et je vais vraiment vous demander de vous rappeler ça dans vos prochaines prises de parole, on repart de la base. Essayez de vous dire et d'assumer l'idée d'être dominant. Plus vous allez être dominant, plus vous allez assumer l'espace, plus vous allez être à l'aise. Plus je vais avoir besoin de me cacher, moins je vais assumer l'espace que le public me laisse en me demandant de parler en public face à lui, que je sois assis ou debout, d'ailleurs, plus je vais être en difficulté.

Donc là, tout de suite, je vais vous demander de vous lever et de me montrer comment vous vous tenez quand vous assumez l'idée d'être dominant. Montrez-moi, montrez-vous comment vous êtes quand vous êtes dominant. Vous allez voir que naturellement, vous allez retrouver le dos, la posture nécessaire pour être à l'aise. Cette posture dominante que vous avez en ce moment s'appuie en général sur quatre aspects. D'abord, un ancrage. On est ancré, on a les pieds bien au sol, avec le poids du corps sur l'arrière, les orteils au sol. Souvent, quand on n'est pas dans cette posture dominante, on va être planté. Messieurs, c'est nous qui avons tendance à faire ça : planter les pieds trop écartés. Et là, le problème, c'est que vous ne pouvez plus bouger. Or, occuper l'espace, c'est aussi soit se déplacer entre deux points d'ancrage, ou au contraire, être ancré. École Barack Obama, école Steve Jobs pour le déplacement.

Au niveau des jambes, je vous invite à ne pas avoir les jambes trop tendues, sinon vous allez plus être ancré, mais rigide. Mais sentez que vous pourriez aller un peu plus loin dans le fait d'être droit. Les genoux sont flexibles. Pas du ski, mais quand même. Troisième point, au niveau des épaules. Étant donné que vous êtes dominant, vous devez observer. Vous avez les épaules légèrement redressées vers l'arrière, ce qui ouvre la cage thoracique. Et dernier point, la tête est tirée vers l'arrière légèrement, ce qui permet de redresser le corps. Ainsi, vous avez une posture dominante qui va vous aider à être à l'aise au moment de parler.

Et si ce sera exactement pareil, sauf que vous allez mettre les fesses sur l'avant de la chaise. C'est exactement la même chose. Les fesses sur l'avant de la chaise. Je sais ce que vous dites. Certains se disent : oui, mais moi, j'aime bien me mettre avec les fesses sur l'arrière. Très bonne posture d'écoute. Très bonne. Bon, une posture d'écoute. Dès lors que vous parlez, vous devez mobiliser le corps. Quand vous vous arrêtez, vous écoutez en réunion, il n'y a pas de souci. Mettez-vous sur l'arrière, c'est très bien. Et quand vous parlez, c'est le corps qui doit s'exprimer en premier.

Le dos, c'est aussi ce qu'on fait avec ses mains. Et en matière de gestuelle, qu'on soit bien d'accord, je sais que pour certains, ah là là, on n'est pas là pour faire du langage avec les mains ou parler avec les mains. Ouais, je vous entends. Mais il y a quand même quatre raisons qui me font dire que parler avec les mains est une très bonne chose.

Premièrement, plusieurs études ont montré que quelqu'un qui s'exprime avec le corps, avec les mains, est considéré comme plus charismatique. Une étude, notamment, qui a consisté à écouter et à regarder plus de 1000 conférences, a montré que celles qui obtenaient, à l'issue de cette écoute, les meilleures notes étaient celles qui étaient faites par ceux qui faisaient le plus de gestes. Il y a une corrélation positive entre les gestes qui sont faits et le caractère charismatique considéré chez la personne observée.

Deuxièmement, si vous donnez à voir ce dont vous parlez, si vous faites des gestes pour illustrer vos propos, eh bien, il y a plus de chances que vous soyez mémorable et qu'on retienne votre propos. Troisièmement, vous développez votre prosodie, la musicalité de votre voix. Quelqu'un qui parle en faisant des gestes va avoir une voix plus marquée. Faites le test : essayez de parler les mains dans le dos ou les mains bloquées. Vous allez voir que votre voix va être bizarrement un peu moins riche.

Et puis enfin, la gestuelle va donner parfois des informations supplémentaires au discours. Par exemple, si je vous dis : quoi qu'il arrive, on reste en contact avec ce geste des années 80, eh bien, il y a de fortes chances que cela signifie : on reste en contact par téléphone. Mais engagez-vous, ne me dites pas. Donc ça veut dire que les gestes peuvent apporter des informations supplémentaires.

Ces quatre arguments devraient vous avoir convaincus de faire des gestes. Maintenant, lesquels, ou plutôt, lesquels ne faut-il pas faire ? Il y a tous les gestes qui se font en dessous de la ceinture. Très mauvais réflexe, parce que le geste attire l'attention. Et si vous faites des gestes trop bas, eh bien, vous allez attirer l'attention vers le bas. Ce n'est peut-être pas toujours ce qu'on veut montrer. On évite aussi la posture du morf, qui consiste à cacher ses mains et ses bras dans le dos. Et on évite de croiser. Ce n'est pas que vous montrez de la fermeture, c'est simplement que vous allez limiter l'usage de vos mains.

En revanche, on peut s'intéresser à une typologie de gestes qui va vous permettre de savoir ce qui est bon, ce qui est moins bon et ce qui est moins bon. C'est d'abord les gestes parasites. On en fait tous, ces gestes parasites, comme ceux que je fais en ce moment, qui vont nous donner envie de se désintéresser du fond et de s'intéresser à la forme. On crée des alternatives d'écoute et on perd l'intérêt pour le propos de l'orateur. On évite. On peut en revanche privilégier des gestes d'interaction, comme vous le dites, pour montrer le public et interagir avec lui, le mettre en avant.

On nous a appris très tôt en France à éviter les gestes déictiques, qui consistent à désigner. Et vous vous sentez peut-être pas très à l'aise quand je fais ce geste-là, n'est-ce pas ? En revanche, on peut privilégier des gestes battants, comme j'en fais beaucoup, et comme vous en faites le plus souvent, circulaires avec les deux mains ou avec une main. Les gestes métaphoriques, qui vont représenter une idée, ou encore les gestes iconiques, qui vont mimer une action. Ou encore les gestes emblématiques, qui eux sont la cerise sur le gâteau, le signe d'une aisance folle, et qui montrent que vous maîtrisez totalement, parce que les mots n'ont plus besoin d'être utilisés. Vous n'avez qu'à faire des gestes pour être compris.

C'est ce clin d'œil réussi, c'est ce oui de la tête, ce non, c'est ce sourire, ou encore ces applaudissements que l'on peut entendre à la fin de vos discours. Cette typologie de gestes est intéressante. Elle vous aide à mieux comprendre ce que vous voyez, mais elle peut aussi vous éviter de tomber dans l'écueil qui consisterait à vouloir anticiper tous les gestes que l'on veut faire lorsqu'on a à parler en public. C'est une très mauvaise idée, parce qu'un geste doit être naturel. Et pour qu'il soit naturel, il n'a pas à s'anticiper.

Dès lors, si vous voulez développer votre gestuelle, vous pouvez le faire avec cette vidéo. Regardez les gestes de la personne qui s'exprime face à vous et essayez de nommer les gestes que vous voyez. Si vous faites ça, il y a de fortes chances que votre cerveau, en observant ces gestes, les apprenne par l'observation et apprenne à les reproduire grâce au mimétisme, l'apprentissage par l'observation.

On a donc parlé du regard, de la posture et de la gestuelle. Il nous faut, pour terminer cette partie, parler de la voix. Imaginons qu'on ne se connaît pas et que je m'adresse à vous ainsi : bonjour à tous. Nous allons donc maintenant parler de la voix. C'est un vrai sujet, la voix, puisque vous savez que voilà, on a tous plusieurs éléments en termes de voix à calibrer. Donc voilà, là, vous savez, c'est assez... Allez, je m'arrête sur cette voix qui est très désagréable et qui a dû certainement vous stresser. J'aurais dû vous prévenir et vous dire que cela allait vous stresser.

J'aimerais vous demander : qu'est-ce qui a fait que cette voix a été stressante et gênante ? Je vous entends peut-être, vous me dites que j'avais l'air d'avoir du mal à respirer. Et oui, c'est exactement ça. Vous l'avez vu, ma voix était à l'étroit, la respiration n'était pas assez profonde. En fait, elle était clairement thoracique. Thoracique, qui entraîne un mouvement de la cage thoracique, les épaules montent. Ventrale, qui entraîne un mouvement du ventre. Le ventre avance quand on inspire. Il est indispensable de développer votre respiration ventrale si vous voulez être à l'aise vocalement. Pour ça, je vous invite à télécharger les applications de cohérence cardiaque. Je pense notamment à Respirolax Plus, dont je parle dans d'autres vidéos, qui va vous aider à mobiliser cette respiration ventrale en parlant. Parce que beaucoup de personnes maîtrisent la respiration ventrale. En revanche, en parlant, c'est une autre paire de manches.

La voix, c'est bien sûr d'autres paramètres. C'est aussi un volume, le fait de parler fort, d'occuper l'espace. Et la respiration, pour cela, va bien vous aider. C'est bien sûr le fait de parler avec un débit juste et rapide quand il faut, et lent quand il faut. Rapide si vous voulez enthousiasmer, galvaniser, dynamiser, mais lent si vous voulez créer de la solennité et créer une forme d'intérêt particulier et de suspense concernant votre propos. C'est aussi de l'articulation et de la diction. Et en matière d'articulation, vous pouvez trouver des virelangues, des phrases compliquées à prononcer en mettant des stylos dans votre bouche. Ouais, c'est intéressant. Ce qui marche mieux, vous savez, c'est d'apprendre à se détendre, notamment à détendre la langue. Quand vous faites la lettre N, j'imagine que vous posez votre langue à un endroit particulier dans votre bouche. Et bien, lorsque vous êtes stressé, il se trouve que votre langue a peut-être un peu plus de mal à se poser justement dans votre bouche. C'est donc un travail parfois de détente musculaire et faciale qu'il est important de mener pour bien articuler.

Attention, distinguer l'articulation de l'addiction. L'addiction, qui est beaucoup plus liée à l'accent, et il est une très mauvaise pratique, je crois, de vouloir perdre son accent ou de vouloir le changer consciemment. On perd en estime de soi, en confiance en soi. Je ne le recommande absolument pas. Et enfin, en matière de voix, il y a bien sûr les intonations qui démontrent une forme de confiance en votre propos. Intonations qui se trouvent grâce aux émotions. Plus vous acceptez de montrer et d'exprimer les émotions, plus votre voix va être marquée.

Vous avez vu ça, on a été capable de parler d'ACO dans un temps relativement court. Et l'action, ce n'est qu'une des cinq parties de la prise de parole en public. Donc l'ACO, vous savez quoi ? On va le barrer, on va faire tomber l'ACO, on va le barrer et on passe maintenant à l'invention.

Alors, l'invention, c'est l'art de cadrer. Je vous disais tout à l'heure, pour ça, il y a un outil qui est génial, en tout cas que je trouve génial, qui est de se poser six questions avant de se lancer. Donc là, on est toujours dans cette idée de base de la prise de parole. Je maîtrise mon RDV. Ça demanderait un peu de travail, évidemment, pour s'en assurer, mais une fois que je maîtrise le RDV, je peux passer à un autre acronyme qui est le TOMPTT. Ce sont les six questions à se poser avant de se lancer. Je vous l'ai dit, vous les noterez. Et ben, on y va, c'est parti.

D'abord, le public. Je dois savoir à qui je vais parler. Qui sont ces personnes ? À quel point elles s'y connaissent ? Quelle est la relation que j'ai avec eux ? Pourquoi ces personnes viennent me voir ? Quels sont leurs enjeux ? Plus je connais mon public, mieux je vais réussir ma prise de parole en public. Plus je passe à côté de celui-ci, je pourrais faire une super bonne prise de parole et pourtant, je raterai ma prise de parole en public. Donc l'invention s'appuie d'abord sur le public.

Et le contexte, bien sûr, le contexte dans lequel je parle. Avant, qui ? Après, qui ? Dans quel lieu ? Dans quel cadre ? P pour TOMPTT. Premier T, il y en a deux au total, c'est le thème. Quel est le sujet sur lequel je vais être amené à parler ? Et l'idéal, c'est d'avoir un angle. Le thème, c'est le grand sujet. L'angle, c'est la façon que j'ai de le traiter. Il me faut m'approprier cet angle. Si je dois parler de façon très théorique et professorale sur tout le thème, eh bien, je risque de passer à côté, voire même de m'ennuyer. À moi de trouver une façon de m'approprier ce thème.

Et puis ensuite, de comprendre qu'une prise de parole doit se faire dans un certain temps. C'est le deuxième T. La troisième lettre du TOMPTT : combien de temps j'ai pour parler ? Et même si le temps ne m'est pas donné, à moi de chercher à faire le plus court possible pour m'exprimer. Super important. Le H, l'objectif. Pourquoi je parle ? Pourquoi vous parlez, messieurs dames ? Inspirer, convaincre, divertir, faire rire, faire sourire, informer. Ayez une posture, une raison pour laquelle vous vous exprimez quand vous parlez. Et même, j'irai plus loin, ayez un agenda secret. Ayez un objectif personnel, un objectif qui peut être SMART.

Connaissez cet acronyme ? Un objectif spécifique, donc qui est suffisamment précis, mesurable, dont on peut dire qu'il a été atteint ou pas. Ambitieux, parce que si c'est trop facile, ça ne m'intéresse pas. Mais en même temps, réaliste, parce que si c'est trop difficile, ça ne m'intéresse pas non plus. Et enfin, temporellement défini. Il faut que je puisse me dire : je l'ai atteint ou pas à la fin de ce moment-là. Donc, il y a un objectif pour la prise de parole et aussi un objectif personnel.

Je reviens sur le T, le message. Quelle est l'idée principale que votre public doit retenir ? Si ça se fait A à la fin de votre prise de parole, que va-t-il dire ? Ah oui, ben c'est vrai que Sorya parlait de ça. Ah oui, c'est vrai que Bruno parlait de ceci. Essayez d'avoir un message clair que le public pourra retranscrire à l'issue de votre propos. Et enfin, l'état d'esprit. Dans quelle émotion je veux être au moment où je m'exprime ? Quelle émotion je veux transmettre ?

TOMPTT, gardez ces six questions à l'esprit : qui je parle, de quoi je parle, combien de temps j'ai pour le faire, dans quelle posture je le fais, quelle est l'idée principale et quelle est l'énergie dans laquelle je veux m'exprimer. Et si vous êtes au RDV, eh bien, vous avez l'ACO et l'invention de fait. On va donc passer aux dispositions, à la structure. Et là, en matière de structure, il en existe des centaines. Que dis-je, même plus que des centaines. Vous savez quoi ? Je ne vais pas vous donner le vertige. Je vais nous aider à nous concentrer sur la disposition la plus courante.

J'ai appelé le plan classique. Le plan classique, c'est une structure qui se compose de 5 à 6 temps et qui va vous aider à structurer votre intervention. C'est qu'une fois que vous avez réfléchi à vos idées, eh bien, vous allez pouvoir les couler dans un moule classique qui démarrera toujours par ce qu'on appelle un exorde. L'exorde, c'est un petit peu vos premiers mots. Et s'il fallait illustrer les temps forts de l'exorde, je vous dirais : pensez à votre accroche. Au début, les gens sont là, vous écoutent-ils vraiment ? Je ne sais pas, ils font mine de, en tout cas. Mais sachez que cette écoute n'est pas donnée, ce qui veut dire que vous devez aller la chercher.

Et pour ça, vous avez besoin d'une citation, d'un fait surprenant, d'une question, rétorique ou pas. Vous avez besoin d'un chiffre marquant, d'une anecdote, d'une blague, bref, de quelque chose d'un tout petit peu décalé, d'un petit peu audacieux, d'un petit peu surprenant. Vous mélangez tout ça et vous avez votre accroche. Dites-vous bien que parfois, on a tendance à penser que ce n'est pas la bonne accroche. Eh bien, si vous dites que ce n'est pas la bonne accroche parce que c'est un petit peu trop posé, c'est que c'est généralement la bonne.

Une fois que vous avez votre accroche, vous allez raconter une histoire au public. Alors, l'histoire peut prendre deux formes : l'histoire avec un petit h ou avec un grand H. Avec un grand H, c'est la grande histoire sur votre sujet, la grande histoire du mouvement des gilets jaunes. Ou l'histoire avec un petit h, qui est en fait un storytelling. C'est un détail précis, une histoire dans la grande histoire. Ce n'est pas la grande histoire des gilets jaunes, c'est la petite histoire de mon petit frère qui a été gilet jaune et que je vous raconte.

L'idée, c'est d'illustrer avant de chercher à convaincre. Créez des images avant de transmettre des messages. Une fois que vous avez illustré, eh bien, on en arrive à cette phase du message. Message qui doit être résumé et qui doit être argumenté. Rien de pire qu'un message qui ne se justifie pas. C'est ce qu'on appelle une pétition de principe. Ça montre souvent une faiblesse argumentative.

Alors, trois types d'arguments. Puisque une chaise tient sur trois pieds, des arguments logiques, ce qu'on appelle le Logos, d'après Aristote. Des arguments éthiques qui permettent de fonder l'autorité, la légitimité de votre propos. Et des arguments plus émotionnels qui touchent aux valeurs de votre public. Une fois que vous avez argumenté, eh bien, pensez à toutes ces personnes qui ne sont pas d'accord avec vous, qui ont leur propre message et qui pourraient vous les rétorquer à l'issue de votre argumentation. C'est ce qu'on appelle la réfutation. Vous allez évoquer leurs arguments et les contredire pour mieux leur couper l'herbe sous les pieds.

Et enfin, vous terminez avec la péroraison, qui est tout simplement l'art de rappeler votre message et d'appeler à l'action. Il existe une autre phase qui s'appelle la digression, que vous pouvez placer après l'exorde ou avant la péroraison, qui est une façon de faire une sortie de piste contrôlée. Vous sortez légèrement du sujet pour créer plus de liens ou pour évoquer quelque chose en lien avec le sujet, mais qui ne se moule pas totalement dans ce que vous avez dit jusqu'à présent.

Eh bien, vous voyez, ayant parlé de ça, vous avez un exorde, une narration, une confirmation, une réfutation, une péroraison. On vient de traiter la base disposition de la prise de parole en public. Il nous reste maintenant à parler de l'élocution et de la mémoire.

Alors, l'élocution, c'est tout un tas de figures de style que vous pourriez utiliser. Et moi, je vous invite à vous concentrer sur trois d'entre elles. La première, c'est l'analogie. L'analogie, c'est une forme de comparaison. Rapport X, c'est comme Y. Message. Le but de l'analogie, c'est de permettre au public de se rapprocher de votre monde sans le pouvoir réellement. La vie, c'est comme une boîte de chocolat. On ne sait jamais ce sur quoi on peut tomber. Le sport, c'est comme le confinement. C'est difficile au début, et après, on s'y fait. Construisez vos propres analogies pour rapprocher le monde de votre public du vôtre et transmettre des messages plus forts.

Deuxième figure de style intéressante : le contraste. Le contraste, c'est l'art de mettre en avant quelque chose en ayant évoqué son contraire juste avant. Par exemple : je ne suis pas ça, mais je suis ça. Ne pensez pas comme ça, pensez plutôt comme ça. Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous voyez, le fait d'évoquer quelque chose qui n'est pas la bonne chose permet de mettre en avant la bonne chose juste après. Le contraste peut créer des effets saisissants et être très efficace pour mettre en avant vos idées.

Et enfin, une figure de style que j'adore, c'est la métonymie. La métonymie, c'est l'art de décrire une petite partie de la photo pour suggérer toute la photo. C'est l'art d'en dire peu pour en dire beaucoup. La métonymie, c'est par exemple le fait de parler de François Xavier, cette personne qui a toujours cette cravate si distinguée. François Xavier, cette personne avec sa montre Patek Philippe. Vous voyez, je ne vais pas parler de François Xavier, le décrire pendant des heures. Je donne un petit détail qui vous laisse imaginer ce à quoi François Xavier peut ressembler, son niveau de vie et son cadre de vie. Essayez de miser sur la métonymie. Décrivez les personnes en en disant peu et en en suggérant beaucoup.

Et en parlant de beaucoup, il en existerait beaucoup des figures de style dont je ne vous ai pas parlé, mais au moins, je vous ai initié, dans le cadre de ces bases sur la prise de parole, à l'état d'esprit de l'élocution. C'est ce qui me permet de barrer l'élocution et désormais de nous concentrer sur la mémoire, l'art de retenir votre prise de parole en public.

Une des techniques très connues pour mémoriser votre discours, c'est ce qu'on appelle le palais mental. Le palais mental consiste à se rappeler d'un parcours qu'on a l'habitude d'emprunter, par exemple, le parcours que l'on emprunte quand on est chez soi ou pour aller au travail, pour aller à l'école ou pour aller dans un endroit où on a l'habitude d'aller. Et à placer des objets qui évoquent des parties du discours dans différents endroits que l'on est amené à traverser dans le cadre de ce parcours. Par exemple, moi, chez moi, quand je sors, je suis dans ma chambre, puis je passe par mon salon, puis par ma cuisine, puis je me retrouve devant chez moi, puis en bas de l'immeuble dans lequel j'habite.

Eh bien, vous voyez, l'idée du palais mental serait de placer différents objets, différentes choses, différentes idées. Et le mieux, ce sont plutôt des objets, à différents endroits de mon parcours. Si je veux m'entraîner à préparer ma prise de parole, je peux reprendre le plan classique, vous rappeler avec l'exorde, la narration, la confirmation, la réfutation, la péroraison, et retenir chacune de ces idées en les plaçant dans mon parcours. Ça peut être une façon de visuellement retenir mon propos.

Mais il existe d'autres façons aussi de développer sa mémoire, l'art de retenir son discours. Une façon qui semble à mon sens très évidente, mais à laquelle on ne pense pas toujours, c'est de s'enregistrer et de s'écouter vocalement, d'écouter son discours après l'avoir dit une fois et l'avoir enregistré sur le téléphone ou ailleurs. Ça permet de mobiliser la mémoire vocale. Et enfin, et là, c'est pour les champions, essayez de vous entraîner en répétant avec des distractions, en faisant du sport, en essayant de courir dans l'ascenseur, en ayant peu de temps. Si vous arrivez à répéter votre discours avec des distractions, c'est que vous êtes plutôt bon et que vous êtes plutôt à l'aise.

Mais de façon générale, rappelez-vous qu'une bonne mémoire, une bonne mémorisation du discours s'obtient en répétant toujours de façon légèrement différente le discours. Vous n'êtes plus à l'école, et le but, ce n'est pas de faire une poésie. Le but, ce n'est pas de dire exactement le jour ce que j'ai prévu de dire, mais c'est d'aller au-delà grâce au public. Donc, entraînez-vous et ayez toujours, tous les jours, à chaque fois que vous entraînez, une version légèrement différente. Cela vous préparera aujourd'hui ou la version sera là aussi encore légèrement différente. Vous le saurez au fond. Est-ce que le public saura que votre version est différente ? Il y a des chances que si.

Donc, pour moi, le moment de vous dire qu'on a traité la mémoire. Eh bien, vous voyez, ça a pris un certain temps, mais on a parlé des bases de la prise de parole en public. L'action avec la méthode RDV : regard, voix. L'invention avec la méthode TOMPTT : public, thème, objectif, message, état d'esprit. La disposition avec la structure classique qui se compose d'un exorde, d'une narration, d'une confirmation, d'une réfutation, d'une péroraison. L'élocution au travers de trois figures de style : l'analogie, le contraste et la métonymie. Et enfin, la mémoire au travers de trois méthodes de mémorisation : le palais mental, la répétition enregistrée et enfin la pratique avec des distractions.

Vous me pardonnerez le style légèrement rapide de cette vidéo, mais je m'étais fixé un défi qui était de vous dire qu'on peut rapidement revoir les bases de la prise de parole. Et maintenant que vous avez vu les bases, eh bien, je vous attends sur les prochaines vidéos pour aller un cran plus loin. Et je vous dis à très vite pour continuer à pratiquer avec détente, plaisir et surtout avec exigence. À bientôt.