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23 ans, il quitte la Réunion et se barre en Suisse

Aymeric MB29:41

Transcription

Je m'appelle Valentin. Je viens de l'Île de la Réunion et j'ai tout plaqué pour venir travailler en Suisse. Les nombreuses efforts qu'on a faits, les épreuves qu'on a passées, c'était très dur au début. Mais à la Réunion, ce qui est dommage, c'est qu'on ne fait pas confiance en nos propres potentiels. Donc on est très fermé.

Vu que moi, j'ai signé un CDI, ils m'ont dit que ce n'est pas comme en France. Ils m'ont dit : "Fais très attention. Tu arrives à mettre combien de côté par mois avec ta copine ?" Donc, avec vos deux salaires, on arrive à mettre 4000 € de côté par mois. Je travaille pour une ambassade. Tu vois le côté luxueux, il y a de belles voitures. Tu vois le côté pro, ce sont des diplomates.

Quelles étaient tes premières impressions quand tu es arrivé en France ? En un mois, j'ai eu zéro réponse. Il m'a suffi juste d'un oui. À la Réunion, j'étais à 1500 €, en France, comme j'étais au chômage, j'étais à 1000 €.

Et en Suisse, Emer MB pour YouTube, mes chers amis, bonjour. J'espère que vous allez bien. Aujourd'hui, nous avons la chance d'avoir du soleil. Ah, ce n'est pas tous les jours, mais je pense que si le soleil est là, c'est parce qu'on va interviewer un jeune réunionnais. Donc peut-être qu'il nous l'a ramené directement de là-bas.

Il va nous raconter son parcours, son histoire, ce qui l'a amené ici, étant donné qu'il a fait tout le trajet. Il a vécu de nombreuses péripéties pour arriver ici et travailler en Suisse. D'ailleurs, il faut savoir que c'est une personne qu'on a accompagnée avec mon équipe, qui est notamment constituée d'un recruteur suisse.

On l'a aidé sur la partie dossier de candidature. On l'a aidé aussi sur la partie recherche de secteur, étant donné qu'il voulait faire ce que beaucoup veulent faire en arrivant, qui selon moi est une erreur, mais ça peut dépendre des profils, ça peut dépendre des secteurs d'activité.

Il se disait : "Moi, je vais venir travailler en Suisse, mais je vais tester un nouveau métier." Il a de l'expérience et une compétence de 4 ans dans un domaine qui a de la valeur en Suisse. Il voulait tester quelque chose d'autre. Ah, c'est plus compliqué. Donc on l'a réorienté un petit peu sur tout ça.

On a restructuré, on l'a aidé sur la partie recherche, on l'a aidé sur la partie entretien, on l'a aidé de A à Z. Et maintenant, il est là. Pour ceux qui, tout comme Valentin, veulent être accompagnés dans leur projet à venir travailler en Suisse, par moi et mon équipe, ça se passe via le premier lien en description pour réserver un appel directement avec moi.

On fera le point pour voir si on peut vous aider ou non. On ne prend que des personnes, bien sûr, qui ont de la motivation. Ça, c'est très important. Et puis, une compétence et une expérience. C'est parti pour la vidéo.

Valentin, bonjour. Comment vas-tu ? Je vais très, très bien. Regarde ce temps, ça fait longtemps que je n'ai pas vu le soleil ici. Ça fait très, très longtemps parce que monsieur vient de la Réunion. Donc forcément, je te laisse te présenter rapidement. Voilà, nous dire qui est cet homme au visage très sympathique.

Bah, je suis un très jeune homme de 23 ans qui vient de l'île de la Réunion, où il y a le soleil, la plage, la bonne cuisine. Tu as le lac Léman ici. Le lac Léman, c'est bien ça. On s'y retrouve, mais ce n'est pas pareil. Ce n'est pas pareil. La plage, on est à 15 minutes de la plage à l'île de la Réunion.

Ouais, tu faisais du surf là-bas ou non ? C'est pas possible. Ok, si c'est possible, c'est possible. C'est plus les touristes qui viennent faire du surf que les réunionnais. Nous, on a peur des requins. Ah ouais, et les réunionnais, vous savez bien nager ou du coup, c'est une question qui ne viendrait pas ? Peut-être. On n'a pas, on a... Ouais, je pense pas. Je pense pas.

C'est plus les touristes qui prennent du risque. On a deux saisons. Ah ouais, hiver et été, hein ? C'est tout. C'est tout. C'est une île tropicale. En hiver, il fait combien ? Dans les hauteurs, dans les montagnes, on peut descendre à zéro. Et là, il fait hyper chaud, 40 °C.

Wouh ! Est-ce que tu pourrais raconter un petit peu ton parcours ? Comment, bah, ce que tu faisais à la Réunion ? Après, je sais que tu es parti sur Paris, si je ne m'abuse. Puis tu avais vraiment la volonté de venir travailler en Suisse. Tu as fait aussi appel à nos services pour que je t'accompagne à venir travailler en Suisse. Donc c'est ce qu'on a fait. C'est ce qu'on a mis en place.

Tu peux parler un peu de tout ça. C'est quoi le début ? Alors, le début, j'ai commencé à travailler très, très jeune, après le bac, dans une entreprise d'aménagement paysager. J'ai fait 4 ans dans cette entreprise et c'était très, très bien. J'ai pu grandir avec eux, comprendre c'est quoi de travailler, c'est quoi la vie, c'est quoi d'être confronté à payer, vu que j'ai eu mon indépendance très vite, mon appart.

C'est quoi payer son loyer, ses courses ? Tu étais déjà marié en plus, toi, là-bas ? Fiancé. Mais j'ai connu c'est quoi l'indépendance avant d'être en couple. Un réunionnais, c'est comme en France niveau salaire. C'est juste le cadre de vie qui change, tu vois.

Et là-bas aussi, vous êtes à plus ou moins 1400 € par mois, et c'est de l'euro, on est bien d'accord ? Oui, c'est de l'euro. On fait partie des DOM-TOM. Mais ce qui change, c'est le coût de la vie, c'est-à-dire l'alimentation, le prix des voitures. Non, c'est plus cher. Plus cher ? Ah ouais, pourtant c'est le même salaire.

Ouais, c'est le même salaire. Ah ouais, ouais, parce que tout est importé, vu que c'est une... Voilà, c'est ça. Mais après, il y a certains métiers qui ont des primes, les métiers de la fonction publique. Pourquoi alors tu as voulu partir de là-bas ? Parce que tu avais ta petite situation, tu avais ta compagne là-bas, enfin tu avais tout.

Exactement. J'avais tout pour continuer une vie normale comme mes parents. Tu mangeais ton rougail ? Ouais, ouais, le rougail saucisse, par contre, c'est tellement bon. J'avais tout pour vivre une vie normale, mais ce n'est pas ce que je voulais. Je voulais voir autre chose.

Fait le tour très vite. On survit à la Réunion. Même en métropole, ce n'est pas grand. Aller de la Réunion, fait vite le tour. Si tu as des projets dans la vie, si tu as envie d'investir dans quoi que ce soit, c'est très, très compliqué en France ou à la Réunion avec les salaires qu'il y a.

Et même avec le coût de la vie. Mais à la Réunion, ce qui est dommage, c'est qu'on ne fait pas confiance en nos propres potentiels. Donc on est très fermés. On se plaint des métropolitains qui viennent travailler à l'île de la Réunion parce qu'ils ont des postes à plus de responsabilités.

Voilà. Mais si nous, on prenait plus l'initiative, on aurait peut-être ces postes-là. Donc partir de la Réunion, ça t'ouvre l'esprit. Tu as envie d'entreprendre plus de choses, tu vois. Tu avais envie de te développer et tu voyais que c'était compliqué.

Et donc la première idée qui t'est venue en tête, c'est la métropole, c'est Paris. Pourquoi la France d'ailleurs ? Tu ne pouvais pas partir, je ne sais pas, au Canada ou dans d'autres pays ? On a quand même peur de prendre du risque. C'était une première étape.

Et même mon père, il vivait déjà en France, donc j'avais quand même une sécurité, entre guillemets. Il t'a logé quand tu es arrivé ? En fait, je suis venu avec l'aide de la mobilité, qui s'appelle le KNARM. Ils aident uniquement les réunionnais à vouloir s'expatrier en France et trouver du travail.

Donc moi, j'ai essayé ça. Tu ne payes pas le billet d'avion ? Ah bon ? Ouais, tu ne payes pas le billet d'avion. C'est eux qui te payent tout. Et ils peuvent te loger pendant 3 mois. Mais moi, j'ai décidé de vivre chez mon père. Donc j'avais juste le billet qui était financé.

Avec ma copine aussi, son billet était financé. Ça, ça m'a permis de moi aussi venir directement en métropole. J'avais quand même des doutes. Est-ce que j'allais réussir ou pas ? C'était la première fois que je partais de la Réunion définitivement.

Donc c'est un peu plus rassurant de commencer l'étape de la métropole et ensuite, pourquoi pas partir en Suisse, comme tu l'as fait aujourd'hui. Tu as eu peur quand tu es parti ? Très, très peur. La métropole, non, mais pour venir à la Suisse, j'avais très, très, très peur.

Ah, tu as eu plus peur de faire Paris-Genève ? Ouais, plutôt que de faire la Réunion-Paris. Exactement. Ah ouais, pourquoi ? C'était un endroit que je connaissais. Il y avait mon père qui vivait, donc c'est ça aussi. Un réunionnais, c'est que l'on a la famille. Mentalement, on va être en sécurité.

Quand tu es dans un endroit que tu connais, c'était plus rassurant. Et venir en métropole, en Suisse, je suis venu seul, pas avec ma copine dans un premier temps. Ouais, c'est d'abord toi qui a fait toutes les démarches. Je suis venu seul.

Et donc se retrouver seul dans un endroit où tu ne connais pas, ce n'est pas beau, c'est dur. Alors que quand tu as fait Réunion-Métropole, tu as tout fait avec ta compagne. Exact. J'étais avec elle. Je suis venu en métropole dans le but de retrouver un travail et de pouvoir économiser.

Parce que tu as plus la voiture, tu as les transports en commun, surtout sur Paris. Sur Paris même, exact. Déjà, on ne se retrouvait plus. C'était pas rentable à la Réunion qu'elle travaillait parce qu'il fallait une deuxième voiture.

C'était quoi tes premières impressions quand tu es arrivé en France ? C'est le train. J'ai adoré. J'ai adoré tout. Tu n'avais jamais été dans un train ? Voir tout en grand, les immeubles, voir la Tour Eiffel. Mais aussi de se dire qu'on est parti de la Réunion, ça motive.

On voit des choses qu'on n'a jamais vues. Ça a été quoi ton opinion sur les Français quand tu es arrivé ? Moi, de mon côté, j'ai adoré le côté métropolitain. Il y en a qui n'aiment pas. C'est le côté, c'est chacun pour soi. Il n'y a pas le côté familier où tout le monde va te dire bonjour ou tout le monde va être poli.

Non, il y avait le côté chacun pour soi. Moi, je l'ai très bien vécu. Ma copine, par exemple, elle a commencé une formation. Il n'y avait pas le côté accueillant et tout. Elle a très mal vécu au début, mais ça s'est très bien passé au final. Elle s'est très bien adaptée.

Tu as trouvé que tu as été bien accueilli globalement par les Français ou pas ? Oui. À quel moment ça t'est venu alors l'idée de partir travailler en Suisse ? Parce que, bah, du coup, tu avais ta petite vie maintenant en métropole.

Exact. Encore maintenant, changé. En plus, je vivais chez mon père. Moi, je voulais retrouver mon indépendance. Le côté où je me disais que j'allais pouvoir travailler, avoir un salaire convenable et pouvoir investir, toujours investir dans mes projets.

Et en France, si tu aurais trouvé un travail, ça ne l'aurait pas fait ? Ça aurait été la même chose. Le loyer qui aurait été pareil, plus sur Paris, c'est cher. Ouais, j'ai quitté la Réunion pour pouvoir être seul, sortir du cocon familial.

À Paris, j'étais avec mon père, c'était très cool. Il m'a bien accueilli. Mais vouloir partir de la Réunion, c'était vivre et essayer de faire les choses par moi-même. Vouloir partir en Suisse, c'est le côté financier et aussi le côté être livré à soi-même. C'était mon objectif, moi et ma copine.

Et comment ça s'est passé alors ? Déjà, le point de vue de ta copine, c'était quoi ? Parce qu'elle, tu l'as ramenée de la Réunion à la France. Et après, tu lui as dit : "Bon, maintenant, on fait France-Suisse." De base, elle voulait venir en métropole en voyage d'abord.

Ok, juste pour voir quoi. Ouais, pour voir, parce qu'elle était très famille. Et elle a fini par se décider de venir vivre en métropole parce qu'elle a vu par elle-même que le coût de la vie, c'était très compliqué.

Donc elle s'est lancée en métropole et ça l'a ouvert l'esprit. Et c'est elle-même qui m'a dit : "Tiens, on se lance en Suisse." Parce qu'elle voyait qu'on redevenait limité avec nos projets et même le salaire qu'on avait.

Et même si on voulait prendre un loyer, parce que je vivais chez mon père, au final, avoir fait tout ça pour être dans la même situation. Exactement. Mais on avait quand même peur. Moi, j'ai décidé de suivre un accompagnement, donc ton accompagnement.

On voulait miser vraiment sur cette solution. La Suisse, c'était votre porte de sortie. Exact. Et comment ça s'est passé alors ? Bon, moi, je connais toute l'histoire, vu qu'on t'a accompagné à venir. Mais ceux qui nous regardent ne connaissent pas.

Comment ça s'est passé un petit peu ? À quel moment tu as rejoint l'accompagnement ? Si je ne dis pas de bêtises, c'est mois d'août. Exact. Et tu es parti du coup avec combien en métropole et après tu es parti avec combien en Suisse ? J'ai parti avec 6000 € en métropole et du coup, il me restait 5000.

On s'est dit : "Viens, on se lance." Parce qu'on va danser dans notre épine. Les différentes étapes, c'était de refaire son CV, parce que la Suisse, ce n'est pas pareil. Ouais, même tout le dossier de candidature.

Ouais, moi, je voulais plus reprendre exactement le côté paysagiste. Je voulais essayer le marketing digital, mais ça ne l'a pas fait. Ça ne l'a pas fait au début. J'ai postulé dans les métiers bureautiques, mais ça n'a pas fait.

Et donc, il y avait aussi l'accompagnement, Joakim. Joakim, qui lui, a permis de restructurer tout ça. Donc, à essayer de postuler de Paris à la Suisse dans le côté paysager, dans mon domaine, quoi, dans le domaine qui marche.

Bah, nous, on dit toujours aux gens : "Allez dans votre domaine, allez là où vous avez de la compétence et de l'expérience." On a pu remettre une lumière sur tout ça. Je m'étais donné l'objectif, moi et ma copine, c'était décembre. On aurait réussi, c'est-à-dire venir en Suisse, elle et moi.

Ça passe très vite, le temps. Et moi, j'ai vu qu'en un mois, la plupart, c'était que des refus. On me disait aussi d'être sur place. C'est pour ça, moi, j'ai décidé de me lancer, de venir à Genève. J'avais un peu peur au début de me lancer, mais ma copine, elle était là pour me motiver.

On s'est dit : "On se lance. Si ça ne réussit pas, tant pis." Comme j'ai dit, j'ai postulé dans d'autres métiers que l'aménagement paysager. Ah, tu avais eu un entretien même, je crois, dans un restaurant.

Ah oui, mais c'est un restaurant de burgers, un peu luxueux. Exactement. Ah oui. Du coup, ils ne t'avaient pas pris, mais on t'avait préparé pour l'entretien de A à Z. Et nous, on t'avait dit : "Pas de souci." Mais toi, tu as quand même voulu y aller.

Exactement. Moi, je me suis lancé. Et de base, Joachim, lui, préconisait les candidatures en visio. Mais c'était la première fois où j'avais eu un oui. Je t'avais appelé. Ouais, je me souviens, je t'avais appelé et j'étais tout stressé.

Mais du coup, mon père, ce qui m'a mis en confiance, c'est qu'il voulait me suivre dans le projet, c'est-à-dire de tenter, en fait. Et ça, c'était très cool. Donc on est venus ensemble à Lausanne. Honnêtement, on a un week-end.

C'est très cher. C'est pour ça que je dis qu'il n'y a pas trop d'intérêt à se bouger comme ça pour une entreprise qui va faire passer 150 000 personnes. Et au final, tu peux très bien le faire en visio. Là, tu vas dépenser des fortunes.

Ce que tu as dépensé pour le train pour deux personnes, plus là-bas l'hôtel. On a dépensé 1200 pour un truc qui, au final, n'a pas donné. Vous avez perdu 1200 € ? Exactement. Voilà. Ça, moi, je préconise d'abord de trouver le travail, de signer le CDI.

Vous ne vous déplacez pas au premier entretien quand c'est pour des grosses boîtes, en tout cas, où vous déplacez, seulement ça vaut le coup. Le fait d'avoir l'accompagnement, ça m'a permis de rebondir, de revoir mon CV, de me dire : "Bon, je vais faire dans ce qui marche, dans ce que j'ai l'expérience."

Et l'aménagement paysager, j'ai fait 4 ans à l'Île de la Réunion. J'ai continué à repostuler. J'ai eu pas mal de refus. Ce n'était pas facile, mais bon, en un mois, il faut relancer. C'est comment dire, une routine à avoir. Ça ne va pas être du jour au lendemain, c'est ce qu'on aimerait.

Moi et ma copine, on s'est dit : "Bon, vas-y, sur place, on teste, on tente." Je me suis lancé, mais si je n'avais pas l'accompagnement, je ne me serais pas lancé. Pourquoi ? Parce que tu étais sur place, tu étais à Genève.

Et j'avais aussi besoin de savoir que si j'avais besoin de contacter quelqu'un pour un conseil, pour les démarches administratives, de le faire. Je suis venu en septembre ici. C'était très, très dur de trouver une colocation parce que, n'importe, c'est mort niveau prix.

C'est mort. Bah oui, de toute façon, sans CDI, ils ne vont rien prouver. Voilà, c'est ça. On te dit d'être déjà sur place. Donc Airbnb, ça aurait été limité sur un mois parce que niveau financier, exactement.

Donc j'ai trouvé, j'ai pris du temps, mais j'ai trouvé une colocation qui était très bien. Une belle personne, d'ailleurs, aujourd'hui, on est devenus potes. Mais j'ai eu beaucoup d'arnaques. Fais attention. Non, mais je me souviens, tu sais, on avait fait une réunion avec d'autres personnes de l'accompagnement.

Il y en avait pas mal qui parlaient aussi d'arnaques sur les logements, etc. Il faut vraiment faire attention. Il y en a des gens qui te demandent avant de faire la visite de payer. Donc c'était très compliqué. Comme on avait envie de venir en Suisse, tu vois, on y croyait.

On y croyait parfois, mais bon, j'ai jamais donné d'argent tant que je ne vois pas. Mais je suis venu ici. Je t'avoue, quand je suis sorti dans le train, me retrouver dans une ville que je ne connaissais pas, seul, c'était dur. C'était dur. C'était comme si, euh, c'était comme si on se sentait nu devant les gens.

Je te m'en pas. J'étais sans copine, sans père, sans mère, tout seul. Mais ça m'a forgé. Ça m'a permis de me développer. Ça m'a permis d'être livré à soi-même, de compter sur soi-même, d'aller commencer à postuler.

En fait, j'ai postulé pendant un mois, aller en physique, postuler en ligne. J'ai même fait les accompagnements tous les week-ends avec toi, où on essayait de revoir les candidatures, s'entraîner pour les entretiens. Donc c'était cool.

Ça, c'est comme si on développait un muscle et ça m'a beaucoup, beaucoup aidé. Mais pendant un mois, je n'ai pas eu du tout de bonnes réponses. Ouais, donc j'ai dit : "Je ne veux plus retourner à Paris. Je ne veux plus retourner à Paris."

Donc il faut que je trouve une solution pour trouver une solution, ben, pour payer la colo, pour vivre et tout. Il fallait que l'argent rentre. Donc j'ai décidé de retravailler en métropole. Pendant... En France, ouais, en France.

Ouais, ici, directement. Mais comme tout le monde part en Suisse, c'est très facile de trouver un travail. Facile en France, c'est l'avantage. J'ai postulé à des candidatures sur Indeed. Une heure après, j'ai eu plein d'appels de boîtes d'intérim.

Moi, je pense que j'ai fait un mois sans travailler, mais j'aurais dû travailler dès que j'arrive. Parce que la plupart des gens, quand on va postuler en Suisse, ils nous disent de postuler en ligne. Maintenant, 80 % des gens, ils ne veulent plus des candidatures physiques, c'est-à-dire les papiers, etc.

J'ai commencé à retravailler en France. J'ai travaillé dans une usine et j'ai eu un appel d'une entreprise en Suisse, ce qui était dans le paysagisme, qui m'a demandé si j'étais disponible pour un entretien. Ben, j'ai dit oui. C'était de base pour un 50 %. Aujourd'hui, je suis en CDI.

Après, c'est ce que je te disais, c'est ce qu'on dit tout le temps. En fait, la Suisse, si tu bosses bien et que tu te donnes les moyens, au début, peut-être qu'ils vont te faire rentrer sur un 50 %. Après, tu vas bosser, ils vont te mettre à 100 %.

Exactement. C'est ce qui s'est passé. J'avais même réfléchi à peut-être d'avoir un deuxième travail, mais c'est très compliqué dans le paysagisme d'avoir un deuxième travail. Niveau même physiquement, c'est dur. Physiquement, c'est dur.

Bon, honnêtement, 50 % dans l'entreprise où je suis, ça passe très vite. Ce n'est pas pareil qu'à la Réunion. Là, c'est vraiment, on fait du bon travail avec les bons outils. Si c'est ça, c'est exactement ça. Sauf que c'est plus sur la quantité que la qualité.

D'accord. Ok. La rentabilité. Du coup, tu as eu l'entretien dans le paysagisme, ça s'est bien passé, ça a été validé. Nous, on t'avait préparé pour cet entretien-là. Et puis maintenant, tu travailles pour qui ?

Bon, je travaille pour une ambassade. En fait, c'est une entreprise qui travaille pour l'ambassade. Ok, voilà, prestataire. Mais on travaille pour un client qui est très exigeant. Ouais, dont on ne dira pas le nom, mais c'est un très, très, très, très, très gros client. Exactement.

Et aussi, on s'occupe de ces maisons pour le consulat. Parce que je travaille pour l'ambassade, mais il y a le consulat aussi à l'intérieur. On travaille pour la maison du consul et on travaille pour la maison de l'ambassadeur. Et ça va, c'est un métier qui te plaît ? Franchement, oui, honnêtement, ça me plaît.

Ouais, ça me plaît. C'est différent de la Réunion. Moi, je travaillais sur les chantiers et là, je travaille pour un client. Il faut faire bien son travail, il faut être quand même rapide, mais il faut être discret aussi. C'était très dur au début.

Je m'en rappelle, c'était très dur pour la période d'essai. Il faut aller miser la barre haute. Et en Suisse, ils n'ont pas le côté familial. Dès le début, ils attendent beaucoup de toi. Ils misent beaucoup sur toi.

Et comme il y a beaucoup de personnes sur la bande, si tu leur plais pas, ils te mettent à la porte. Et même quand tu signes le CDI, vu que moi j'ai signé le CDI, ils m'ont dit : "Ce n'est pas comme la France." Hein, donc fais très attention.

Mais aujourd'hui, ça se passe bien. Aujourd'hui, ils ont confiance en moi. Il faut faire son boulot, il faut faire ses preuves. Et là, ils ont confiance en moi et je sens que je fais partie de l'entreprise. Même avec les collègues, aujourd'hui, on se parle très bien.

Mais sauf avant, il n'y avait plus le côté pro. Il n'y avait pas le côté où, ouais, le côté perso. Je travaille pour une ambassade, c'est très, très bien. En vrai, tu vois le côté luxueux, il y a des belles voitures.

Tu vois le côté professionnel, ce sont des diplomates. Bon, j'ai compris quelque chose, c'est que je dois parler anglais. Ah, et l'anglais, tu maîtrises ? Non.

Ce qui fait que tu es passé de combien à combien quand tu étais à la Réunion, quand tu étais en France et maintenant en Suisse ? Bah, à la Réunion, j'étais à 1500 €. En France, comme j'étais au chômage, j'étais à 1000 €.

Et en Suisse, au début, j'étais à 50 %. Je gagnais 1800, 1800 et 2000 francs suisses. Donc ça, ouais, ça revient un peu plus en EUR, mais légèrement. Ok, voilà.

Et maintenant, comme je suis à 100 %, je touche entre 3500 et 4000 €. C'est un petit salaire pour la Suisse. Donc je sais que dans les commentaires, certains vont dire : "Ah, il travaille à 100 % et il fait que ça." Qu'est-ce que tu répondrais à ces gens ?

Est-ce que toi aussi, tu trouves que c'est petit ? Est-ce que tu t'en sors ? Ma foi, ouais. Alors honnêtement, je vais donner l'exemple d'aujourd'hui. C'est que je devais me reprendre des vêtements et ben, je n'ai pas réfléchi. J'ai pris. Avant, j'aurais regardé le prix.

Et aujourd'hui, je peux faire des restaurants avec ma copine quand on a envie. Par exemple, on a beaucoup travaillé une semaine. On va se dire : "Bon, on va se faire un resto." Donc ce qui était moins fréquent à l'Île de la Réunion. On réfléchissait. Là, on peut vraiment se faire plaisir.

Donc sur ce côté-là, c'est bien. Le côté loisir et aussi le côté entrepreneuriat. Comme j'avais dit au début, moi, j'ai envie d'entreprendre. Donc je m'en sens vraiment bien. D'autant plus, je suis à deux, donc ça fait deux salaires.

Oui, on n'a pas précisé, mais ma copine, maintenant, elle travaille en Suisse. Elle a commencé en France quand elle m'a rejoint. Et elle, elle a 100 % en plus aussi, je crois qu'elle fait même plus que toi. En fait, de base, elle est à 50 %, mais elle fait plus.

Ah, ok. D'accord. À chaque fois, elle va faire 30, 32. C'est toujours ça. En Suisse, ils te mettent des contrats à 50 % et tu bosses beaucoup plus. Exactement. Elle se fait 3000 balles alors que moi, quand j'ai... Ah non, elle est à moins que toi.

Ok, ouais, elle est moins que moi parce que moi, je suis vraiment à 100 % maintenant. Ok, je bosse 8 heures par jour et elle, elle se fait 3000 pour le mois de décembre. Donc moi, je gagne un salaire de 50 %.

Ah, ça va. Ça veut dire qu'à vous deux, vous êtes autour des 7000 € par mois. 6500, 7000. Exactement. Maintenant, oui, je me considère franchement suffisamment bien pour... Ok, pour peut-être pas riche, mais je me considère super bien.

Tu as des difficultés financières aujourd'hui ou non ? On a des choses à payer, mais on est moins stressés pour le payer. Bon, la vie, elle n'est pas rose. Je vais vous donner des exemples. C'est que, on s'est offert des trottinettes. On trouvait ça plus... Enfin, on trouvait ça marrant.

Ouais, les trottinettes électriques. Ben là, ce mois-là, on va carrément rembourser parce qu'on a payé en plusieurs mois. Là, on va rembourser la totalité. On peut se permettre. Ah, vous payez d'un coup ? C'est l'avantage.

Tu peux aller beaucoup plus vite pour tout. Voilà, l'avantage. Exactement. Si quelqu'un veut se contenter de vivre juste avec le salaire suisse, c'est très bien. Ah, tu peux largement le faire, c'est très, très bien.

Moi, si je peux me contenter, je peux me contenter. Ça cherche un appart avec ma copine. Bon, ce n'est pas ce que j'ai envie. Moi, j'ai envie d'entreprendre. Mais pour les gens qui, par exemple, mon frère ou les gens que je connais, tu leur dis 3, 4, 5000, ça y est, ils ne bougent plus.

Hein, voilà, c'est très bien. C'est très, très bien. Tu peux voyager. Tu peux aussi penser à Genève avec l'aéroport. Tu peux aller partout. Voilà, moi, j'aimerais essayer l'Italie. Là, bah vas-y, c'est à côté. En plus, ça va faire 3 ans avec ma copine. Pourquoi pas fêter ?

Ah, mais tu as raison, faut fêter. Attends, vous avez fait tout ce chemin-là, vous avez vécu beaucoup de choses ensemble. Fêtez tout ça à Venise. Mais Venise, je voulais y aller là, il y a pas longtemps. Qu'est-ce que c'est cher ?

Ah ouais, j'ai jamais... Là, là, après, peut-être que j'ai été à une période où ça coûtait une blinde. Ouais, mais c'est cher. Tu es déjà parti ou tu as regardé les prix ? Ah non, j'ai pris le billet d'avion, j'ai tout pris.

Ok. Et après, je dis : "Bon, je vais réserver à l'hôtel." Mais du coup, tu me conseilles ? C'est bon ? Du coup, j'ai même pas été. Tellement, tellement, j'ai pris. C'était 500, 600 € la nuit. J'ai dit : "Wouh, non, c'est bon, faut pas abuser."

Non plus, au final, pour le même prix, j'avais fait le Maroc pour 500, 600. J'avais fait deux semaines au Maroc ou un truc comme ça. Je dis : "Ok, bon, ben là, tu...". Le Maroc, c'est pas mal aussi. Marrakech, tu me donnes moins envie.

Hein, si je gagne un salaire suisse, mais on va réfléchir. Mais Venise, c'est beau. Mais ce que j'ai cru comprendre, c'est vrai que c'est un peu surcoté, de ce que j'ai cru comprendre. Mais c'est la ville de l'amour. C'est la ville de l'amour et tout.

Ouais, c'est vrai, c'est vrai. Ça, c'est un investissement. Je m'appelle Valentin, là, Saint Valentin, en plus. Donc non, ouais, c'est un investissement. Pourquoi pas ? Et voilà, là, on commence à penser projet et aussi à penser à se faire plaisir, ce qui était moins fréquent à la Réunion.

Là, avec l'assurance maladie et tout, je pense qu'on peut vivre avec 2500, nous deux. Hein ? 2500, 2800. Ouais, non, mais je suis tout à fait d'accord. Mais il y en a qui disent : "Non, ce n'est pas possible." Si, c'est ça. Moi, je suis tout à fait d'accord.

Si tu n'as pas des grosses dépenses de fou furieux, que tu fais attention à tes dépenses, avec 2500 balles par mois, vous pouvez même vivre à deux en payant toutes les assurances, machin, choses. Par contre, 2500, je me fais plaisir en alimentation.

Et en plus, je me fais vraiment plaisir. Moi et ma copine, on s'achète vraiment des choses qu'on a envie de manger, de la qualité. Voilà. Ce qui fait que tu peux mettre 4000 € de côté. Voilà. Permettre plus de choses.

Donc voilà, c'est un véhicule qui me permet de rembourser mes crédits, qui me permet d'entreprendre et qui me permet de bien vivre. Moi, bien vivre, c'est quoi ? C'est pas réfléchir quand on fait les courses. On peut faire les courses plusieurs fois dans le mois.

Je suis très, très content. Tu m'as pas mal parlé d'entrepreneuriat. Toi, qu'est-ce que tu veux faire ou qu'est-ce que tu fais ? J'ai tellement été attiré par l'objet brillant. Au début, j'ai voulu faire du dropshipping, l'argent qui rapportait facilement.

J'ai vu que ça, ça ne marche pas hyper bien pour moi. Attention, que pour d'autres. Ouais, pour d'autres, si. C'est juste que moi, j'aimerais vraiment, comme toi, créer quelque chose d'authentique. Pourquoi pas ouvrir une chaîne YouTube ?

Et d'ailleurs, je m'intéresse beaucoup à la niche du minimalisme. C'est quelque chose qui me parle. Moi, je suis client de ça. Je suis client de productivité, du minimalisme, d'avoir les choses essentielles dans la vie. Et franchement, pourquoi pas créer une chaîne YouTube ?

Tu vas m'aider ? Tu vas m'aider à le faire ? Faut peut-être vraiment créer quelque chose qui me parle aujourd'hui. Bah, de toute façon, ça, c'est un business beaucoup plus long terme. Et c'est un business qui sera basé par rapport à toi, par rapport à ta personnalité.

Et donc oui, ça peut bien plus durer, mais c'est long. Ce n'est pas facile. C'est pas comme tu disais, l'objet brillant. Là, on est vraiment sur autre chose. On est vraiment sur la création d'une marque. En fait, ce sera la marque Valentin.

Le bon, tout comme moi aujourd'hui, c'est la marque eMRI MB. Exactement. Mais comme moi, c'est un peu pareil. Venir en métropole, c'était compliqué, l'adaptation et tout. En fait, les nombreuses efforts qu'on a faits, les épreuves qu'on a passées, aujourd'hui, je sais que l'entrepreneuriat est dur, mais la Suisse aussi, c'est dur.

Ouais, bah, clairement, tu vois. Donc faut se lancer. Faut se lancer. Tu as un modèle ? Quel conseil tu donnerais aux personnes qui ont envie de venir travailler en Suisse ? Le conseil que je pourrais donner, c'est d'y croire. D'y croire, de faire, de postuler dans quelque chose que vous avez de l'expérience.

Parce qu'on veut postuler à tout quand on veut se lancer en Suisse. C'est ce que j'ai fait. Ça n'a pas marché. C'est une mauvaise idée. C'est une mauvaise idée. Faire quelque chose qu'on sait faire et ensuite pouvoir évoluer vers d'autres postes ou quoi que ce soit.

Donc voilà, et de ne pas lâcher. De ne pas lâcher. Parce qu'en un mois, j'ai eu zéro réponse. Il m'a suffi juste d'un oui. Ça a été quoi ton point de vue sur les Suisses en arrivant et aujourd'hui ? Est-ce que c'est toujours le même ?

D'ailleurs, moi, mon point de vue sur les Suisses, c'est que c'est beau. Ils sont chics. Ah, ils ont la classe. D'accord, classe. Ils ont la classe. Ça parle toutes les langues. Enfin, toutes les langues, toutes les langues, mais l'anglais.

L'anglais, par contre, euh, ma copine, elle n'a pas trop de bases sur l'anglais. Mais le fait de s'entourer des collègues qui parlent anglais, ben là, elle est en train de vraiment améliorer son anglais. Donc voilà, le côté chic et le cadre de vie, les gens sont respectueux.

Ils attendent pour traverser. Franchement, ça n'a pas changé. Moi, j'ai déjà conduit en Suisse. J'ai conduit la voiture de mon chef. Le 44, franchement, j'avais peur au début, mais c'est très facile de conduire en Suisse, contrairement en métropole.

Ça claqueonne, ça te laisse pas passer sur le rond-point. Je suis content d'être en Suisse parce que même moi, je suis en train de changer ma personnalité, de qui j'ai... Tu vois, te grandir. Ouais, ouais, mais m'élever.

De toute façon, tout au long du chemin à travers, tu es passé un peu d'enfant, d'adolescent. Exactement. Bon, là, on va encore évoluer, j'espère. Et dernière question, qu'est-ce que tu as pensé de l'accompagnement ?

J'ai toujours investi dans des formations, dans le côté entrepreneuriat. Ce qui me manquait, c'est le côté accompagnement. Parce qu'on a souvent des doutes. Et j'ai eu des doutes pour venir en Suisse. Comme j'avais le côté accompagnement, j'ai été rassuré.

Aussi, dans ton accompagnement, il y a une personne qui est professionnelle, qui travaille en tant que recruteur. Donc on fait quelque chose de qualitatif. Mon CV, il est beau. Mon dossier de candidature aussi, pareil.

C'est bien parce qu'on pense à tous les sujets. Et même, il y a un suivi pour les gens qui ont des doutes, pour les gens qui ne savent pas comment faire. Parce que YouTube, tu as souvent plein, plein de choses à voir, mais c'est vague.

Tu as tout, tu as une surinformation. Et oui, je sais, c'est terrible. On arrive à un moment tragique de la vidéo, la fin. Et on ne se reverra plus, à moins que vous fassiez quelque chose.

Parce que j'ai peut-être une solution pour qu'on puisse se revoir chaque semaine. C'est que vous vous abonnez à cette chaîne YouTube. Si vous vous abonnez, là, on va se revoir. Donc je compte sur vous.

J'espère aussi que la vidéo vous aura plu. Un petit like, ça fait toujours plaisir. Et pour ceux qui, tout comme Valentin, veulent être accompagnés dans leur projet à venir travailler en Suisse, ça se passe via le premier lien en description pour réserver un appel directement avec moi.

Faire le point et voir si on peut vous accompagner ou non. C'était eMRI MB. On se revoit très rapidement. Restez vaillants. Ciao.