Transcription
[Musique] Nous allons poursuivre notre lecture du livre de Jonas et nous lirons à partir du chapitre 2.
L'Éternel ordonna un grand poisson d'avaler Jonas. Jonas fut dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits. Jonas pria l'Éternel, son Dieu, dans le ventre du poisson. Il dit : « Dans ma détresse, j'ai invoqué l'Éternel, et il m'a exaucé. Du sein du séjour des morts, j'ai crié, et il a entendu ma voix.
Tu m'as jeté dans les profondeurs, au cœur des mers, et le courant m'a environné. Tout tes flots et toutes tes vagues sont passés sur moi. Je disais : Je suis chassé loin de ses yeux. Cependant, je vais encore voir le temple de ta sainteté. Les eaux m'ont environné jusqu'à l'âme, l'abîme m'a enveloppé, les ressources m'ont entouré. Je suis descendu jusqu'au fond des montagnes, la terre a fermé sur moi ses barres pour toujours.
Et tu m'as fait remonter vivant de la fosse, Éternel, mon Dieu. Comme mon âme était affaiblie en moi, je me suis souvenu de l'Éternel, et ma prière est parvenue à toi, jusqu'au palais de ta sainteté. Ceux qui s'adorent des vérités mensongères abandonnent ta miséricorde. Mais moi, je t'offrirai des sacrifices avec un cri de louange. J'accomplirai les vœux que j'ai faits, car le salut vient de l'Éternel.
Alors l'Éternel parla au poisson, et le poisson vomit Jonas sur la terre sèche. La parole de l'Éternel fut adressée à Jonas une seconde fois, en disant : « Lève-toi, va à Ninive, grande ville, et proclame à haute voix ce que je t'ordonne. »
Jonas se leva et suivit la parole de l'Éternel. Ninive était une grande ville devant Dieu, de trois jours de marche. Jonas commença dans la ville le chemin d'une journée de marche. Il criait et disait : « Encore quarante jours, et Ninive sera renversée. »
Les hommes de Ninive crurent à Dieu. Ils publièrent un jeûne et se vêtirent de sacs, depuis le plus grand d'entre eux jusqu'au plus petit. Et cette parole parvint au roi de Ninive. Il se leva de son trône, ôta son manteau, se couvrit d'un sac et s'assit sur la cendre. Puis il fit une proclamation à publier dans Ninive, par décret du roi et de ses grands : « Que les hommes, les bêtes, les bœufs et les brebis ne goûtent à rien, ne pèsent point d'eau, et que les hommes soient couverts de sacs, et les bêtes aussi. Qu'ils crient à Dieu avec force, et que chacun revienne de sa mauvaise voie et des actions violentes que leurs mains ont commises. Qui sait si Dieu ne reviendra pas, ne va pas regretter et se détournera de l'ardent de colère, de sorte qu'une perdition ne nous atteigne pas ? »
Dieu regarda ce qu'ils avaient fait, comment ils s'étaient détournés de leur mauvaise voie. Alors Dieu regretta le mal qu'il avait déclaré de leur faire, et il ne leur fit pas.
L'Éternel envoya un grand poisson. Ah, qu'est-ce que cette histoire de la baleine de Jonas a fait rire, n'est-ce pas ? Et continue à faire rire. D'abord, une première remarque : il n'est pas question de baleine. Il est vrai que la baleine est incapable d'avaler un être humain, car dans sa gueule, il y a des fanons qui filtrent des particules microscopiques, et elle ne peut avaler un être humain.
Mais il y a des cétacés qui sont capables de le faire. Remarquons que la Bible appelle poisson tout ce qui vit dans la mer. Nous n'avons pas une classification semblable à la classification zoologique moderne, mais sont considérés comme poisson ce que nous appelons les poissons, les mammifères marins et même les crustacés.
Alors, il y a des mammifères marins et même des grands requins qui sont capables d'avaler un homme. Il y a de très nombreuses années de cela, quand la chasse à la baleine n'était pas encore réglementée comme elle l'est aujourd'hui, un baleinier a capturé un cachalot. Un cachalot est un cétacé de la même famille que la baleine, mais qui, lui, au contraire, a des dents et avale des proies.
Et très voulu, très féroce aussi. Quand ce cachalot a été capturé, il a été ramené sur le pont du bateau, et quand on a commencé à le dépecer, on a découvert dans son estomac un homme, un homme qui avait été avalé tout entier et qui était encore vivant. Il a été possible de le sauver, ce qui montre à quel point l'histoire de Jonas est quelque chose de tout à fait plausible.
Donc, Jonas est resté trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson. Enfin, poisson au sens large du terme, comme je l'ai défini. S'agissait-il d'un cachalot ? D'un grand requin ? C'est possible aussi. Peu importe. Trois jours et trois nuits, évidemment, c'est considérable.
Pour qu'il puisse subsister dans le ventre du poisson, il a fallu, bien sûr, un miracle de Dieu. Trois jours et trois nuits, ce n'est pas quelque chose de banal. Jésus reprendra ce terme lorsque l'on évoquera sa mort.
Le signe de Jonas a été un signe, un signe pour les gens de sa génération. De la même manière que Jonas a été trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson, ainsi le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. Trois jours, c'est un chiffre symbolique d'une grande importance dans la Bible.
C'est quelque chose qui est tiré du livre du prophète Osée, où il nous est dit ceci : « Revenons, retournons à l'Éternel, car il a blessé, mais il nous guérira. Le troisième jour, il nous rendra à la vie. » Le troisième jour, c'est le jour de la Résurrection. À partir de ce verset d'Osée, les commentateurs juifs ont conclu que le Messie ressusciterait le troisième jour.
C'est pourquoi Jésus reprend aussi souvent cette expression dans l'Évangile : « Il ressuscitera le Fils de l'homme le troisième jour. » Trois jours, c'est le jour du salut, c'est le temps nécessaire pour que Dieu exerce son salut en faveur de ses élus.
Il y a cette expression parmi les rabbins : « Dieu ne laisse pas le juste souffrir plus de trois jours. » Alors, évidemment, il ne faut pas prendre ça forcément au pied de la lettre. Dire que Dieu ne laisse pas le juste souffrir plus de trois jours, ça veut dire qu'il y a un temps limité à sa souffrance.
Cette limite est ce que le juste peut supporter. Dieu ne permettra pas que le juste soit éprouvé au-delà de ses forces, comme nous rappelle l'apôtre Paul dans le chapitre 10 de la première épître aux Corinthiens.
Trois jours, on retrouve ça dans de nombreux textes bibliques. Quand les frères de Joseph se rendent en Égypte, ce dernier les met en prison pendant trois jours pour qu'ils puissent réfléchir. Il y a aussi cet épisode des Noces de Cana, où il nous est dit que trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée.
Les noces de Cana sont un signe eschatologique. Ainsi, une des choses dernières, un signe selon lequel les noces qui vont être célébrées, simples noces villageoises, sont une anticipation du festin des noces de l'Agneau.
Trois jours après, trois jours, c'est-à-dire le temps d'une survie miraculeuse, le temps d'une intervention de Dieu. Dieu intervient au bout de trois jours en faveur du juste.
Jonas va se trouver trois jours et trois nuits dans ce ventre du poisson, et là, il fait l'expérience de la présence de Dieu. On l'a vu tout à l'heure, et là, il va chanter un cantique, un cantique prophétique. Ça veut dire qu'il retrouve sa vocation de prophète.
Il retrouve le don de prophétie qui s'était estompé en lui. Il ne l'avait pas perdu, parce que les dons de Dieu ne se perdent pas, mais c'était quelque chose qui s'était estompé, qui s'était amenuisé. Ça peut se faire.
Jonas va chanter un cantique sous l'inspiration du Saint-Esprit, ce cantique que nous avons vu tout à l'heure. Bien sûr, là, il réalise beaucoup de choses dans ce ventre du poisson. Avant de chanter ce cantique, il comprend, comme on le disait tout à l'heure, combien il est dur de rejeter contre l'Aiguillon.
Il dit ceci : « Du fond de l'abîme, je crie vers toi, Seigneur. » Je disais : « Je suis chassé. » Et là, il va prier non plus une prière formaliste, comme il avait peut-être eu l'habitude de le faire jusque-là, mais la prière de la foi, la véritable prière de la foi.
Il avait déjà commencé à perdre sa superbe dans la tempête, mais là, il va faire une prière prophétique. Ce qui est très spécifique de la prière prophétique dans la Bible, c'est qu'elle est toujours au passé. Le prophète parle au passé de choses qui sont encore à venir, et il le fait pour annoncer.
C'est ce qu'on appelle le parfait prophétique. C'est un temps spécifique à l'hébreu où le prophète annonce des choses à venir comme si elles existaient déjà, ou comme si elles avaient déjà existé dans le passé. Parce que tu appelles les choses qui ne sont pas comme si elles étaient déjà.
Et voyez-vous, le prophète est un homme qui est transporté dans le temps de Dieu. Il sort du temps, il entre dans la dimension de Dieu, il voit les choses comme Dieu les voit. Ça, c'est la marque du véritable et de l'authentique prophète.
Par conséquent, de la même manière que tu appelles les choses qui ne sont pas comme si elles étaient, le prophète peut déjà aussi appeler les choses qui ne sont pas comme si elles étaient.
Et maintenant, Jonas va faire un vœu. Nous avons vu que les marins avaient déjà fait un vœu, et là, Jonas va le faire. Pourquoi ? C'est un vœu d'obéissance. « Seigneur, j'ai désobéi jusqu'à maintenant, mais si tu me tires de ce mauvais pas, si tu me délivres, comme le Seigneur est en train de nous montrer, Dieu est déjà en train de lui montrer que ce n'est pas la fin pour lui.
Eh bien, cette fois-ci, j'oublierai, j'irai à Ninive si tu me le demandes. Quoi que ce soit que tu me demanderas, je le ferai. » Et ça, c'est la marque de la véritable conversion.
Un des grands problèmes de nos églises aujourd'hui, c'est qu'elles sont peuplées d'un converti que l'on appelle converti et qui n'ont pas envie de se convertir. Peu aujourd'hui savent ce qu'est la véritable conversion.
J'entendais récemment parler d'un pasteur qui avait fait une expérience rare, parce que ce sont des expériences rares et exceptionnelles, contrairement à ce que d'aucuns veulent nous faire croire. Il avait fait une de ces expériences qu'on appelle la vie après la vie.
Vous savez, les médecins commencent de plus en plus à parler de ce phénomène des gens qui vont jusqu'aux portes de la mort, et puis finalement, à un moment où ils croyaient morts, ils ont été en état de mort clinique, ils reviennent à la vie.
Ce pasteur, c'était aux États-Unis. C'est un pasteur d'une très, très grande église. Il avait 4000 personnes qui se rassemblaient chaque dimanche matin, et il était très fier de son église. Il était très, très fier du nombre de ces chrétiens qui se rassemblaient chaque dimanche sous sa houlette.
Un jour, il lui est arrivé quelque chose. Peu importe. Bref, il s'est retrouvé au ciel, à la porte du ciel. Il était considéré comme mort par les médecins, et on s'apprêtait à prendre toutes les mesures pour son enterrement.
Mais pendant ce temps-là, il était devant le trône du Seigneur, et il s'est présenté assez fier de lui en disant : « Seigneur, je suis le pasteur, et voilà, tu sais, je suis pasteur d'une église de 4000 membres. »
Et le Seigneur lui a répondu : « Tu as 4000 membres dans ton église, mais ceux qui sont véritablement inscrits dans le Livre de Vie, on peut les compter sur les doigts d'une main. Et même toi, tu n'es pas inscrit dans le Livre de Vie. Je suis désolé pour toi, mais je ne peux pas te recevoir dans le ciel. »
Ce pasteur a commencé à paniquer. Il a intercédé : « Seigneur, aie pitié de moi. C'est trop tard. Je dis : Seigneur, c'était avant qu'il fallait y penser à moi. À moi que quelqu'un intercède pour toi. »
Plus tard, on lui a raconté qu'à ce moment-là, était entrée dans la pièce où son corps était allongé une petite fille, membre de son église, enfin disons qui fréquentait son église en tout cas. Quand elle a vu le pasteur allongé mort, elle a dit : « Ce n'est pas possible, Seigneur, ramène-le à la vie. »
C'est cette prière que le Seigneur a exaucée et lui a permis de revenir. Mais je m'attends à vous dire que quand il est revenu, eh bien, il a changé complètement son ministère. Oui, il n'y a pas de véritable conversion aujourd'hui dans beaucoup de milieux et beaucoup d'églises.
D'ailleurs, où sont les réunions d'évangélisation d'autrefois ? Dans quelles églises y a-t-il encore des réunions d'évangélisation ? Où sont les cantiques d'appel qui soulignent le danger mortel dans lequel le pécheur se trouve et qui touchent souvent le cœur beaucoup plus que mille prédications ?
Il y a beaucoup de choses à revoir aussi dans ce domaine-là. Alors, quels sont les marques d'une authentique conversion ? Elle est très simple. C'est ce qu'a fait Jonas dans le ventre du poisson : « Seigneur, je t'obéirai quoi qu'il en coûte et quoi qu'il en soit. Quoi que ce soit que tu me demandes, je le ferai par ta grâce et avec ta grâce. »
Est-ce que c'est votre ligne de conduite ? Est-ce que c'est la marque de votre vie ? Si oui, alors vous êtes sur le bon chemin. Sinon, alors il faut faire l'expérience de Jonas.
Il est revenu d'une certaine manière dans le ventre du poisson, et là, Jonas réalise qu'il doit faire un vœu. « Seigneur, je ferai tout ce que tu me demanderas. » Son seul moyen de salut, c'est un miracle, un miracle de Dieu.
Le psalmiste nous dit ceci : « Faites des vœux et accomplissez-les. » Jonas, de toute manière, était trop marqué pour manquer à la parole qu'il avait donnée au Seigneur. Il avait subi, disons, des épreuves trop cuisantes pour ne pas réaliser ce qu'il avait promis au Seigneur.
C'est alors que Dieu parle au poisson, et le poisson vomit Jonas sur le rivage. Vous voyez, Jonas, non seulement c'est un retour à la case départ, mais c'est quelque chose de dégoûtant. Vous imaginez Jonas, tout gluant de ce qu'il y avait dans le ventre du poisson, se débattant dans cette... comment dirais-je... dans cette chose abominable, épouvantable ?
C'est une manière aussi pour Dieu de montrer combien il était loin de lui. Le poisson vomit Jonas comme s'il était quelque chose de dégoûtant. D'une certaine manière, le vieux Jonas est quelque chose de dégoûtant aussi aux yeux de Dieu.
Il a un retour à la case départ après toutes sortes d'épreuves. Mais les épreuves pourries, Jonas ne serait pas mieux. Tout ça, si dès le départ, il avait accepté la volonté de Dieu.
Il y a un certain nombre d'années de cela, les postes israéliens ont publié trois timbres sur l'histoire de Jonas. Jonas qui fuyait sur le bateau dans la tempête, c'était le premier des timbres. Le deuxième, c'était Jonas dans le ventre du poisson, et le troisième, c'était Jonas sous le ricin, dont nous parlerons plus tard.
Il y avait les versets bibliques qui correspondaient à cela. L'idée était la suivante : Jonas est un symbole d'Israël. Jonas, la colombe, nous l'avons vu, qui avait reçu de Dieu une mission : être la lumière pour les païens, d'aller vers les païens.
Mais le drame du peuple d'Israël, c'est qu'il n'a pas voulu y aller. Ce n'est pas faux de dire que le peuple d'Israël a rejeté Jésus. Au contraire, nous lisons dans l'Évangile de Jean qu'au moment où Jésus allait être l'objet de l'arrestation par les Romains et par le Sanhédrin, il y avait la majorité du peuple qui était prête à le suivre.
Dans le chapitre 12 de l'Évangile de Jean, nous lisons ceci : « Que ferons-nous au sujet de cet homme ? Car il est évident qu'il fait beaucoup de miracles. Si nous le laissons faire, tout le peuple croira en lui. » Ce que vous êtes déjà arrêté sur cette phrase : « Tout le peuple croira en lui. »
Tout le peuple d'Israël était sur le point de reconnaître que Jésus était le Messie. Vous retrouvez ça aussi au début du récit de la Passion dans l'Évangile de Marc et de Matthieu. Oui, je dis bien, les chefs du peuple disent que ce ne sera pas pendant la fête pour qu'il n'y ait pas d'émeutes parmi le peuple, parce qu'ils craignaient qu'il y ait lieu que si Jésus était arrêté ouvertement, le peuple ne se révolte pour arracher Jésus entre les mains de ceux qui lui voulaient du mal.
Donc, il est faux de dire que le peuple d'Israël a rejeté Jésus. Et de même, après la Pentecôte, des milliers, des milliers de Juifs se sont tournés vers Jésus. C'étaient tous des Juifs, il n'y avait aucun païen parmi eux.
Et même à la fin du livre des Actes, Jacques déclare à Paul, quand il revient de son troisième voyage missionnaire : « Tu aurais à peine idée combien de Juifs ont cru. » On a confirmé ça dans l'archéologie. On retrouve jusqu'à la fin du premier siècle des milliers, des milliers de tombes judéo-chrétiennes dans le pays d'Israël.
C'est dire que le christianisme naissant avait un très, très grand succès dans le pays d'Israël. Et pourtant, qu'est-ce qui s'est passé ? Eh bien, c'est quand l'Église est ouverte aux nations.
Nous avons fait un parallèle hier entre Jonas et l'apôtre Paul. Nous avons vu que les deux sont envoyés vers les païens. Paul, à la différence de Jonas, ne va pas résister à la vision céleste. Par contre, Paul va être persécuté par les autres Juifs, les Juifs qui n'ont pas encore reçu Jésus.
Il va être persécuté pourquoi ? Parce qu'il va vers les nations, parce qu'il prêche. C'est la même attitude que celle de Jonas. Jonas ne voulait pas apporter la Parole de Dieu aux nations, ne voulait pas apporter la Parole de Dieu aux païens, de peur qu'ils ne se repentent et de peur qu'il n'éprouve de la compassion pour eux.
À l'époque de Paul, beaucoup de Juifs s'opposaient à la prédication aux païens, parce qu'ils craignaient que l'Église, comme le disait tout à l'heure votre pasteur, ne se fasse pas gagner si les païens entraient en masse dans l'Église.
Il avait été créé des rabbins qui allaient dans ce sens-là. D'ailleurs, vous vous souvenez lorsque Paul a été arrêté et qu'il a donné son témoignage sur les marches de la forteresse Antonia à Jérusalem ? On l'a écouté jusqu'au moment où il a évoqué une vision qu'il avait eue dans le temple, peu après sa rencontre avec Jésus : « Va, je t'enverrai vers les païens. »
Et quand Paul a prononcé cette phrase, la foule a rendu le silence en disant : « Cet homme n'est pas digne de vivre. » Pourquoi ? Parce qu'il va prêcher aux païens. Ce n'était pas simplement par jalousie et par orgueil. Ils ne voulaient pas qu'il soit sauvé, mais c'était par cette crainte que le peuple d'Israël ne soit contaminé par la présence d'un trop grand nombre de païens.
C'est finalement la même attitude que celle de Jonas, pour des raisons différentes, mais c'est exactement la même chose. Le peuple d'Israël, pour ne pas remplir sa mission, parce que sa mission était celle-là : être la lumière des païens jusqu'aux extrémités de la terre.
Je trouvais ça dans le livre du prophète Isaïe, chapitre 42, chapitre 43 et dans d'autres textes, chapitre 49 et autres. Le peuple d'Israël était destiné à être ce message de bonne nouvelle qu'annoncerait la Torah à tous les païens. Israël a refusé cette mission.
Résultat : Israël s'est embarqué pour Tarsis, exactement comme Jonas l'avait fait. Il y a une prière que le peuple d'Israël prononce chaque matin, partout où il y a des Juifs dans le monde : « Nous avons été exilés loin de ce pays à cause des péchés que nous avons commis. »
Un des grands universitaires israéliens, professeur, proposait qu'on change la formule de la manière suivante : « Pardonne-nous le péché que nous avons connu en nous exilant de ce pays. » Ça veut dire que ce n'est pas Dieu, finalement, qui a exilé le peuple d'Israël, c'est le peuple d'Israël qui s'est enfui volontairement.
Si vous regardez l'histoire, ce n'est pas faux. Bon, il y a eu des contraintes, il y a eu des difficultés, mais si les Juifs ont quitté le pays d'Israël, c'est très souvent volontairement. Et comme l'avait fait Jonas, ils sont partis vers l'ouest, vers l'Occident, jusqu'au moment où, comme Jonas, ils ont été engloutis par les nations, engloutis dans le ventre des nations, qui ont été semblables aux poissons dans lesquels Jonas s'était retrouvé.
Israël était destiné à être messager de Dieu, mais infidèle à sa mission. Mécaniquement, nous arrivons à un stade aujourd'hui où le peuple d'Israël revient dans son pays, vomi par les nations.
Il ne faut pas croire que le peuple d'Israël revient volontairement, mais il revient contraint et forcé. Aujourd'hui, la plus grande vague d'immigration dans le pays d'Israël, c'est l'immigration des Juifs de France. Pourquoi des Juifs de France ? Parce que l'antisémitisme dans notre pays devient tel que pour les Juifs de ce pays, la vie devient insupportable.
C'était comme si les nations étaient en train de vomir le peuple d'Israël sur sa terre ancestrale. Retour à la case départ pour qu'un nouveau... il entend la voix de Dieu.
La prochaine étape du rétablissement d'Israël, ce sera justement cette révélation du Seigneur qui ensuite sera répandue dans toutes les nations, comme les prophètes l'avaient annoncé.
Je reprends les choses à la base. Voyez-vous, ce qui est extraordinaire avec Jonas, c'est que, malgré ses échecs, Dieu est prêt à recommencer. Il est prêt à recommencer avec miséricorde et compassion.
Jonas avait eu de la compassion pour lui-même essentiellement. C'était un homme qui s'était auto-imputé, c'était impitoyé sur son propre sort. Mais lorsqu'il revient, vomi par le poisson sur le rivage, il n'a pas pu aller à Ninive. Oui, parce qu'il a promis à Dieu, mais contraint et forcé.
Il va à contrecœur, et la suite du récit va le montrer. Il y va contre son gré, et il n'a pas compassion. Il n'a pas de compassion pour lui-même. Que se passerait-il alors à ce moment-là pour les générations à venir de notre peuple ? Et ça, Jonas ne le veut à aucun prix.
En se faisant, il n'a pas du tout envie de se rendre à Ninive. Il va le faire, bien sûr, parce qu'il n'a pas d'autre choix, parce qu'il a promis à Dieu, mais il va le faire contre son propre gré. Il ne veut pas la compassion de Dieu.
Je me souviens de cette incidence qui s'est produite il y a quelques années en Israël. Il y a en Israël une maison qui s'appelle « Tsedaka », la justice, et qui est tenue par des chrétiens allemands. Ces chrétiens, qui, à la suite de la Shoah et des horreurs que le peuple allemand a fait subir au peuple d'Israël, ont décidé d'aller s'installer en Israël pour aider les rescapés de la Shoah et pour leur témoigner de la compassion après tout ce qu'ils ont subi.
Ces gens-là ont un témoignage absolument extraordinaire. Ils sont connus dans le pays tout entier, et ce n'est qu'un concert de louange. Quand on parle d'eux, on les appelle les Allemands, tout simplement, « les Germanim », on dit en hébreu.
Si vous parlez des Germanim, vous entendrez un concert de louange. Je me souviens, c'était un certain nombre d'années de cela, dans une réunion de la Société pour l'étude biblique en Israël. J'avais un excellent ami qui était un des principaux directeurs, et on l'emmenait toujours avec lui quand il faisait des conférences.
Il me donnait toujours la parole : « Nous avons ici un pasteur qui est en Israël, etc. » Pasteur protestant. Avant d'étudier le passage que nous allons lire, on va lui demander comment les chrétiens lisent ce texte. Vous rendez compte des possibilités de témoignages que j'avais.
Un jour, j'avais intervenu comme il me l'avait demandé. Il avait là un officier supérieur de la police israélienne qui ensuite s'était tourné vers moi. Il m'avait dit : « Est-ce que tu connais des Allemands qui habitent là-bas, vers Haïfa ? » Je dis : « Oui, bien sûr, ce sont d'excellents amis. »
Ah, il m'a dit : « Je me doutais bien, parce que, Claire, je t'ai entendu parler. Je me dis : tu parles pas exactement comme eux. » Vous voyez, un témoignage extraordinaire.
Ces gens, un jour, reçoivent des Juifs de tous horizons, des religieux, des non-religieux, etc. Ils vivent entièrement par la foi. Ils ont pour principe de ne jamais demander d'argent à qui que ce soit, si ce n'est à Dieu. Et Dieu les pourvoit toujours.
C'est une occasion de témoignages. Quand ils reçoivent ces rescapés de la Shoah gratuitement, eh bien, ils partagent avec eux les expériences qu'ils font avec le Seigneur. Ce n'est pas directement une évangélisation comme nous avons l'habitude de le faire, mais c'est plutôt des témoignages.
Voilà ce que le Seigneur a fait pour nous, comment Dieu répond à nos prières. Je me souviens d'une dame religieuse qui se trouvait là-bas et qui avait entendu un de ces témoignages dans lequel ils expliquaient comment le Seigneur avait pourvu pour une somme d'argent assez importante dont ils avaient besoin.
Cette femme est absolument étonnée que Dieu puisse exaucer des païens. Ça, pour un juif religieux, c'est quelque chose d'inimaginable, c'est quelque chose d'impensable. Alors, elle est allée voir son rabbin quand elle a eu terminé son séjour, et elle lui a demandé : « Rabbi, est-ce que Dieu peut exaucer des non-juifs ? Est-ce que Dieu peut exaucer la prière de nos juifs ? »
Parfois, il y a ce refus de miséricorde vis-à-vis des païens, et ça existe encore dans un certain judaïsme moderne. Mais bien que Jonas n'ait pas de compassion, il n'a pas envie que Dieu exauce Ninive. Il n'a pas envie que Dieu fasse grâce à Ninive.
Il n'a pas envie que Dieu fasse grâce aux païens. Eh bien, il se décide d'y aller. Dieu lui redit la même chose : « Va ! » Dieu est obstiné. Vous savez, vous ne lui ferez pas changer d'avis facilement.
Quand Dieu vous demande quelque chose, le plus vite vous obéirez, le mieux ça voudra. Le mieux vous porterez, et tout le monde se portera d'autant mieux. Mais si vous tergiversez, si vous attendez, vous pouvez attendre des années et des années, des dizaines d'années même.
Mais si vous voulez chercher la face de Dieu, je vous dirai exactement la même chose : Dieu ne change pas d'avis. Il y a des gens qui s'imaginent que par leur obstination, par leur désobéissance, ils peuvent amener Dieu à changer d'avis. Mais Dieu ne changera pas d'avis.
C'est pas combien de temps se sont passés depuis le moment où Jonas a entendu pour la première fois la voix de Dieu qui lui disait : « Va à Ninive. » Mais quand il se retrouve sur le rivage, au même endroit que celui d'où il était parti, Dieu lui dit exactement la même parole : « Va à Ninive. »
Cette fois-ci, la leçon à apporter, Jonas a compris qu'il a intérêt. On sait pas l'intérêt de Ninive qui le motive, c'est son intérêt à lui. Il en a trop bavé, il a trop souffert pour pouvoir encore désobéir.
Voyez-vous, Dieu nous ramène toujours là où nous avons désobéi. Quand nous cherchons le Seigneur, il nous ramène toujours à cet endroit-là : « Souviens-toi de ce que je t'avais dit, souviens-toi de ce que je t'avais demandé que tu n'as pas fait. Je ne te dirai rien d'autre aussi longtemps que tu n'auras pas réalisé ce que je t'ai demandé. »
Je dirai toujours la même chose. C'est nous distinguer des églises de l'Apocalypse. Une des églises qui n'est plus dans son plan : « Souviens-toi d'où tu es tombé, garde et repens-toi. Souviens-toi d'où tu es tombé, reviens au point de départ, reviens à l'endroit où les chemins ont divergé, reviens à l'endroit où tu es sorti du plan de Dieu. »
Quand nous sommes sortis du plan de Dieu, quand nous avons désobéi, d'une certaine manière, nous savons très bien où ça se trouve. Il n'y a pas besoin d'une révélation spéciale pour ça. Nous savons très bien quand, où et comment nous avons désobéi.
C'est là que Dieu veut nous ramener : « Souviens-toi, garde et repens-toi. » Que cette fois-ci, entre dans le plan de Dieu. Le temps passe, mais la volonté de Dieu reste la même.
Mais parfois, c'est vrai, il est trop tard. On ne peut plus revenir dans le plan de Dieu, même si on en a l'intention. Alors, il faut quand même se repentir, et les conséquences, il faut les réaliser aussi, parce que toute désobéissance a toujours des conséquences devant Dieu.
Ça n'est jamais gratuit, et ça n'est jamais anodin. Ça, c'est quelque chose que Jonas s'accomplit, parce qu'il a compris que c'est sa vie même qui dépend de cela.
C'est ainsi que Jonas se rend à Ninive, à l'opposé de Tarsis où il était parti. Là, il va faire trois jours de marche dans la ville, parce que Ninive est une grande ville. Nous retrouvons le chiffre 3 dont nous avons parlé tout à l'heure : trois jours, trois jours de la mission de Jonas, comme les trois jours qu'il a passés dans le ventre du poisson.
Trois, nous l'avons vu, c'est le chiffre de la délivrance, de la résurrection, de l'intervention de Dieu, de la guérison. Trois jours qui vont permettre au Seigneur de guérir, de faire grâce à Ninive. Mais Jonas ne sait pas encore.
Il accomplit sa mission pendant trois jours, tout simplement parce que c'est une très grande ville. Faire le tour simplement en une seule journée, c'est une ville de puissance, c'est une ville de mort. Comme le dit le chapitre 10 du livre du prophète Isaïe, verset 12, quand il parle de l'orgueil de Ninive qui dit : « Ce n'est pas ma force, ce n'est pas ma sagesse, c'est par mon intelligence que j'ai conquis toute la terre. »
Alors, vous comprenez que pour s'attaquer spirituellement à une forteresse pareille, eh bien, il faut avoir du courage. Oh, Jonas, illusionne complètement. Il s'imagine que cette ville va pouvoir se repentir. Bien sûr qu'avec un état d'esprit pareil, ils ne vont pas se repentir.
Donc, finalement, il ne risque pas grand-chose. Pour bien faire, il va rendre son message extrêmement dur. Pas un mot de grâce, pas un mot de miséricorde dans sa prophétie : « Encore quarante jours, et Ninive sera bouleversée. »
Ce n'est pas détruite, comme on traduit généralement, mais c'est : « Ninive est bouleversée. » Avec ça, il va avoir du succès. Vous pensez qu'il va devenir populaire ? Vous savez bien que les prophètes de malheur, on ne les aime pas.
Jonas cherche tout simplement à accomplir la mission que je lui donne au moindre frais pour lui, et puis finalement que sa prophétie s'accomplisse. Voilà ce qu'il recherche. Je sais que cette ville est une ville pleine de mensonges, pleine de rapine.
Cette ville, elle est l'objet de ce qu'on pourrait appeler un péché social, un péché inconscient. Mais on ne peut pas se désolidariser. Tout le monde est coupable. Personne n'a choisi de pécher, mais finalement, tout le monde pêche, parce qu'on fait partie du corps tout entier qui est engagé dans une révolte contre Dieu.
Personne n'est responsable individuellement, mais finalement, tout le monde, les plus ou moins. C'est comme dans notre civilisation. Personne ne veut le mal, tout le monde veut le bien, et pourtant le mal se fait. Pourquoi ? Que se passe-t-il ? On cherche des responsables, on n'en trouve pas.
Alors, on débute que des boucs émissaires qu'on rend responsables de tous les malheurs de la société. La réponse est peut-être individuelle. Chacun a à se repentir personnellement, individuellement, de ce péché dans lequel il trempe plus ou moins sans en avoir véritablement conscience.
Voilà donc ici la prédication de Jonas. Cette prédication que Jésus a envie. Jésus aurait aimé être envoyé vers les Ninivites, parce qu'il savait qu'au moins, il aurait été écouté. Il aurait aimé être à la place de Jonas, mais lui, il n'avait été envoyé qu'au pauvre perdu de la maison d'Israël.
Jonas donc va dans tous les coins de la ville en répétant : « Encore quarante jours, et Ninive sera dévastée. » Quarante, c'est aussi un chiffre symbolique. C'est le temps d'épreuve et le temps de grâce. C'est le temps qu'ont passé les Israélites dans le désert du Sinaï.
Quarante jours, pas dans quarante ans, après que les espions aient espionné le pays pendant quarante jours. C'est un temps d'épreuve. C'est le temps aussi que Jésus passera dans le désert pour y être éprouvé et tenté par le diable.
C'est aussi le temps que mettra Élie pour aller depuis le Carmel jusqu'au Sinaï. C'est aussi un temps d'épreuve où il retrouve les chemins du Sahel autrefois. Voilà, l'épreuve, elle a ton univers, le jugement et la tonique.
Quarante jours. Pourquoi quarante jours ? Dieu ne pouvait-il pas accomplir son châtiment tout de suite ? Non, parce que ces quarante jours-là sont un ultime temps de grâce que Dieu donne à Ninive pour qu'elle ait la possibilité de se repentir.
Jonas est obligé d'entrer dans le plan de Dieu dans ce domaine-là et d'annoncer la destruction de la ville, simplement pour quarante jours. C'est le dernier moment, l'ultime carrefour. Si Ninive ne saisit pas cette occasion-là, alors son sort est définitivement scellé.
Vous comprenez, Ninive était une très grande ville, comme notre civilisation, grande par sa culture, par sa technique, par ses réalisations orgueilleuses. Il semble que dans cette situation-là, toute repentance soit absolument impossible.
Est-ce que quelque chose peut se passer ? C'est exactement comme ce qui s'est produit à Sodome. Ils vont se moquer, et ils ne vont pas croire au jugement de Dieu. Ils vont croire que Jonas est un fou, un excité, quelqu'un qui est déséquilibré et qu'il faut surtout pas prendre au sérieux.
Et puis, c'est la surprise. Contre toute attente, contre toute logique, il va y avoir une conversion générale. Le roi, les gens de Ninive entendent ce message, et ça les bouleverse.
Encore une fois, il n'y a pas le moindre miracle de la part de Jonas. Il n'y a rien d'attractif dans sa prédication. Tout est négatif. C'est exactement ce qu'on pourrait appeler le très mauvais prédicateur. Jonas, celui qui annonce le jugement sans annoncer la grâce.
Et il le fait délibérément. Il le fait exprès. Tout prédicateur sait très bien qu'annoncer le jugement sans annoncer la grâce, c'est souvent à l'échec. Mais Jonas cherche l'échec. Il veut que sa prédication aboutisse à un échec.
Il ne fait rien pour l'améliorer. Au contraire, il fait tout pour la rendre désagréable. C'est là qu'on est dans une surprise absolument incroyable. Cette prédication imbuvable du prophète est reçue.
Elle est reçue par les gens du livre, et même le roi, quand il entend parler de la prédication de Jonas, va publier un jeûne pour que la nation se repente. Vous savez, il peut y avoir des repentances nationales.
Encore en 1953, la petite Finlande, qui se trouve avoir des frontières avec l'URSS, l'ancienne URSS, la Russie d'aujourd'hui, avait donc eu à mener plusieurs guerres contre son grand voisin. Le service secret finlandais, en 1953, a capté des documents secrets de la police soviétique, allant sans que l'armée soviétique soit prête à envahir la Finlande un certain jour, à un certain moment.
Tout était préparé, les plans d'attaque, tout était minutieusement ficelé. Alors, les services secrets ont communiqué cette information au gouvernement, et le gouvernement a compris qu'il était en danger. C'est alors que le gouvernement de ce pays, à cette époque-là, en 1953, était encore profondément marqué par le luthéranisme.
Le gouvernement a publié un jeûne, un jour de repentance. Il a dit : « Priez le Seigneur pour que cette catastrophe n'arrive pas. » Bien sûr, une petite armée finlandaise était dans l'impossibilité de résister à l'immense armada russe.
Ainsi a été fait. Le peuple tout entier est entré dans un jeûne et dans un temps de repentance. Justement, où l'attaque devait avoir lieu, le dictateur Staline est mort, et les plans d'attaque ont été reportés. La Finlande a été sauvée.
Voyez-vous ce qui s'est passé ? Autre exemple aussi, c'était pendant la Deuxième Guerre mondiale. Pour ce qui était de la Suisse, la Suisse était un petit pays qui était complètement entouré sur toutes ses frontières par les forces de l'Axe.
La Suisse, évidemment, était sur pied de guerre, parce que, bien évident pour tous les dirigeants suisses, ce pays constituait une tentation formidable pour Hitler. De fait, il est arrivé à un moment où Hitler avait décidé d'envahir la Suisse. Les divisions blindées étaient massées aux frontières de la Suisse.
Bien sûr, ces mouvements de troupes n'avaient pas échappé à l'état-major de l'armée suisse. Le général d'Iséran, qui commandait l'armée suisse, a communiqué ses rapports au gouvernement. Les sources nous racontent que cette nuit-là, cette nuit d'angoisse, Hitler devait attaquer.
Tous les membres du parlement suisse se sont mis à genoux et ont imploré le Seigneur dans le jeûne et dans la prière. Le jour où l'attaque devait avoir lieu, Hitler a été distrait sur un autre front. Une autre attaque s'est produite, et Hitler a dû remettre à plus tard ses plans d'attaque de la Suisse.
Oui, il y a un Dieu qui délivre ceux qui savent se tourner vers lui. Ça a été la surprise, l'inattendue, l'incroyable, l'impossible qui s'est produit à Ninive. Surprise première pour Jonas, qui a été le premier à entrer dans cette dimension-là.
Contrairement à Sodome, qui a été bouleversée, au contraire, chacun dans le pays de Ninive s'est senti concerné par la prophétie de Jonas. Ce qui est important, ce que je voudrais terminer ce soir, c'est cette parole du roi, quand il leur donne ce jeûne.
Il pose la question suivante : « Qui sait si le Seigneur ne regrettera pas le mal qu'il avait pensé faire ? » Et là, nous avons la caractéristique de la véritable prophétie. On a souvent une très, très mauvaise compréhension de l'inspiration prophétique.
On considère le prophète comme une espèce de diseur de bonne aventure, une sorte de Madame Soleil moderne, si vous le voulez. Alors que le prophète n'est pas cela. En hébreu, ça vient d'une racine qui signifie dire, proclamer, annoncer.
Le prophète, c'est quelqu'un qui proclame une parole de Dieu. Il y a un mot clé dans le vocabulaire du prophète : c'est « repentez-vous, revenez ». Quand le prophète annonce des événements à venir, c'est toujours conditionnel.
Notre Dieu, l'Éternel, n'est pas un Dieu déterministe. Dans l'Islam, il y a un mot qui revient constamment : « C'est écrit, ça doit arriver. » Or, les prophéties ne sont pas des événements qui doivent forcément arriver.
Le prophète a ce message suivant : « Si vous continuez comme vous le faites dans votre mauvaise voie, dans votre idolâtrie, dans votre immoralité, dans vos mensonges, que sais-je, voilà ce qui va se passer : Jérusalem sera détruite, le Temple sera rasé, vous serez amenés en exil. Voilà ce qui va se passer.
Mais si vous vous repentez, ça n'arrivera pas. » Quand le prophète annonce des malheurs, c'est pour qu'ils n'arrivent pas justement. Le prophète a le plus de succès dans ce domaine-là. C'est Jonas : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite. »
Finalement, elle ne le sera pas. La prophétie ne s'accomplira pas. Ça, ça va être le grand désespoir de Jonas, qui va dire : « Adieu, Seigneur, de quoi ? » Et il l'aime maintenant.
« J'ai l'air de passer pour un faux prophète. » Mais non, Jonas, tu es un vrai prophète, parce que quand le prophète prophétise, c'est pour que ce qu'il annonce, les malheurs qu'il annonce, n'arrivent pas. Par conséquent, tu as pleinement réussi ta mission.
Cette parole du roi, « Qui sait ? », c'est la clé même du livre de Jonas. Il n'y a pas de déterminisme dans les jugements de Dieu. Il y a liberté de Dieu. La repentance change les choses.
L'œuvre du royaume dépend justement de la manière dont on hâte l'événement. C'est une réalité qui dépend aussi de chaque être humain. Il nous est dit : « Dieu... » Alors, tout à l'heure, quelqu'un avait pris une traduction que l'on emploie. On emploie généralement : « Dieu se repentit du mal qu'il avait pensé faire. »
Mais c'est : « Dieu regretta. » Dieu changea d'avis. Vous voyez-vous, nous avons la même chose dans le livre du prophète Joël, où le prophète annonce une invasion de sauterelles. Ça s'est déterminé. Le peuple a tellement péché que vient cette invasion de sauterelles, qui est une catastrophe épouvantable.
Des millions de sauterelles. Ce ne sont pas des sauterelles de jardin, là. Ce sont des animaux grands comme ça qui, en l'espace de quelques heures, vous nettoient tout ce qui est mangeable, et même ce qui n'est pas. Quand, comme dit le prophète, les sauterelles s'en vont, elles sont désastreuses.
Voilà, le prophète annonce au peuple d'Israël cette terrible invasion de sauterelles. Il a cette parole : « Maintenant, encore, dit l'Éternel, maintenant où il est tard, il est très tard. On pourrait même dire qu'il est trop tard. Avec Dieu, ce n'est jamais trop tard. Revenez à moi de tout votre cœur, avec des jeûnes, des supplications. Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements. »
Voilà le mot-clé, comme celui de Jonas : « Qui sait si le Seigneur ne regrettera pas le mal qu'il allait faire ? » Sinon, vous ne verrez pas la bénédiction au lieu de la malédiction. Qui sait ? On ne sait pas.
Nous ne pouvons pas savoir. Aujourd'hui, nous sommes dans cette situation, dans ce pays, pour ce qui est de l'époque de Joël. Tout n'a pas été épargné au peuple d'Israël. Une partie du malheur s'est accomplie, mais comme le peuple s'est repenti, Dieu a mis un terme à ces jugements.
Il y a des sombres nuages sur la France, des nuages de sauterelles, également matériellement parlant, bien sûr, mais disons spirituellement, figurativement parlant. Il semble que la situation de la France soit irréversible, de l'Europe tout entière soit irréversible.
Or, qu'est-ce que nous en savons ? Qui sait ? Qui sait si le miracle qui s'est produit ne peut pas se produire aussi dans ce pays ? Cela dépend de nous. Maintenant encore, il est tard dans ce pays, très tard.
Mais si le peuple de Dieu, l'Église, se repent, si elle déchire son cœur et non pas ses vêtements, qui sait ce qui sera possible ? Alors, nous parlons du chemin du réveil tout à l'heure. Il est là. Il n'y en a pas d'autres. C'est le seul moyen de voir les nuages qui se montent sur le pays se changer en bénédiction.
Le but de la prophétie, c'est qu'elle n'arrive pas. Mais seule une condition, c'est la repentance. La repentance commence par celle du peuple de Dieu. Maintenant encore, maintenant, toi aussi, tu es sur ton cœur et non pas tes vêtements, parce que tu ne sais pas.
Peut-être que c'est trop tard. Peut-être que ça ne changera rien. C'est possible. C'est ce qui s'est passé à Sodome. Rien que les justes qui étaient à ce doigt étaient sauvés. Mais tu ne sais pas. Dieu seul le sait.
Alors, prie, intercède, reviens au Seigneur. Peut-être que nous aurons des surprises comme celle de Jonas, que Jonas a vues à Ninive, et ce sera pour notre plus grand bien et celui de nos peuples.
Nous allons prier. Seigneur, notre Dieu, merci parce que tu es un Dieu compatissant, miséricordieux. Tu n'aimes pas exercer des jugements, et jusqu'au dernier moment, Seigneur, tu es prêt à changer les choses.
Une réalisation, Seigneur, que dans ce pays, nous sommes entrés dans cette période des quarante jours, l'ultime temps de grâce, le temps à ne pas manquer. Sinon, ce seront tes jugements.
Tu nous invites, Seigneur, nous tes enfants, à être les premiers à entrer dans ce mouvement de repentance. Aussi, Seigneur, d'intervenir, parce que nous ne savons pas, Seigneur. Nous te prions, comme le disait le prophète, et pas ton peuple, reste d'Israël, c'est du repas.
Comme tu as épargné Israël à l'époque de Joël, Seigneur, fais-le. C'est encore possible. C'est toi qui le sais, Seigneur. Nous ne savons pas. Alors, nous osons investir le trône de la grâce et intercéder, Seigneur, pour que tu changes tes plans, Seigneur, et que tu fasses en sorte que ce qui a été annoncé n'arrive pas. Au nom de Jésus, amen.