Transcription
Ces images sont une preuve de pourquoi on adore le cinéma : des aventures, de l'incertitude, d'humeur, des larmes, de l'amour, de la fantaisie, de la terreur. Tous les émotions et encore plus sortent de l'écran géant depuis plus de cent ans. Oui! Le cinéma n'est pas un langage aussi vieux et désormais, cette première spéciale de Zepfilms, on commencera à vous raconter l'histoire du cinéma. On va connaître son origine, l'apparition des premiers noms reconnus, les courants les plus importants jusqu'à présent.
Aujourd'hui, on va commencer par le début; quand le cinéma n'avait pas encore de couleur ni même de son. Oui! Mesdames et messieurs, aujourd'hui on va parler du cinéma muet. L'obsession pour l'image en mouvement a été (avec l'humanité) depuis toujours. Et avec "depuis toujours", on veut dire depuis la préhistoire. Même dans les célèbres grottes d'Altamira en Espagne, parmi toutes les peintures rupestres, on peut trouver un sanglier à huit pattes. Ce n'était pas un être monstrueux qu'ils avaient inventé. L'anonyme et primitif illustrateur voulait recréer la bête en action. Il n'a jamais pensé qu'avec cela, il deviendrait le premier animateur de toute l'histoire. Oui! On peut dire que c'était un pionnier du cinéma.
Plus tard, les Égyptiens, les Grecs et les Romains ont montré aussi leur intérêt pour capturer, à partir des dessins successifs, l'idée du mouvement. En Asie, sont apparues les ombres chinoises, il s'agissait de jeux d'ombres sur une surface blanche éclairée par une lumière située derrière les gens. À leur tour, les ombres chinoises ont inspiré, dans le XVIIème siècle, la création de la lanterne magique. Cet appareil optique se composait d'une boîte qui prenait des images de l’extérieur et projetait dans son intérieur pour pouvoir après fonctionner à l'inverse.
Cependant, l'époque vraiment décisive pour l'apparition du cinéma a été dans le XIXème siècle. En Grande-Bretagne, la révolution industrielle avait déjà commencé depuis le siècle d'avant. Cela avait produit un grand nombre de progrès comme l'électricité et la locomotive à vapeur, des progrès qui ont transformé définitivement cette partie du monde et ensuite toute l'Europe. Puisque la production en série s'est établie, le déroulement du capitalisme, la migration de la campagne aux villes et l’indépendance économique. Les progrès étaient à l'ordre du jour.
L'une des inventions de cette époque a été la photographie. En 1816, le scientifique et propriétaire terrien français Joseph Nicéphore Niépce a créé la chambre noire, un appareil qui n'est pas arrivé à la perfection jusqu'à ce que Niépce rencontre son compatriote Louis Daguerre, qui a perfectionné l'invention grâce à une variation de sa main. Le "daguerréotype", connu de cette façon-là, est apparu pour la première fois en 1839 et est devenu le premier dispositif photographique présenté au grand public.
Un autre personnage important pour l'émergence du cinéma a été Peter Mark Roberts, un médecin anglais qui, en 1824, a présenté la thèse de la persistance rétinienne. Selon cette théorie, une image reste dans notre rétine pendant une milliseconde. On peut alors regarder la réalité comme une séquence ininterrompue d'images et calculer aussi les détails comme la vitesse. Or, le physicien belge Józef Anton Ferdinand Plato a découvert que l'œil humain regarde à peu près dix images par seconde et que le cerveau ne prend qu'une seule image continue.
À partir de ce concept, on a réalisé plusieurs effets optiques comme le thaumatrope, qui consiste en un disque avec une image différente de chaque côté. Quand on le tourne, tout cela semble faire partie d'une seule image. L'exemple de l'oiseau et de la cage est déjà un classique que tout le monde connaît. Pendant le XIXème siècle, il est apparu l'un des noms les plus célèbres lors des origines du cinéma : Thomas Alva Edison. Vers 1891, Edison était déjà un inventeur célèbre grâce au phonographe et à la lampe.
Avec son assistant William Laurie Dickson, il a créé et breveté le kinétoscope, un appareil qui capture des images en mouvement pour après les reproduire sur un film Eastman perforé. Edison s'est inspiré du zoopraxiscope, créé en 1879 par Eadweard Muybridge, qui avait fait appel à lui pour le développer et pour ajouter le son. Edison s'est approprié l'idée et, avec Dickson, a fait son propre chemin. Il n'a pas réussi à ajouter l'enregistrement de son au kinétoscope, mais il a constitué un précédent quand il a créé en 1893 le premier studio baptisé : "Black Maria".
Le 20 mai 1891, a été effectuée la première projection dans leurs laboratoires, ainsi que pour une convention de la Fédération Nationale des clubs de femmes américaines. Pourtant, les séances ont été limitées et son portée est toujours restée privée et pour un groupe sélect de célébrités. Le perfectionnement du kinétoscope et sa popularisation sont venus de la France grâce aux célèbres frères : Louis et Auguste Lumière. Ils ont grandi à Lyon et ont travaillé dans l'atelier de photographie de leur père : Antoine Lumière.
Auguste travaillait comme administrateur tandis que Louis, physicien de profession, a aidé à perfectionner le processus de la photographie. En 1892, ils se sont intéressés à la technologie pour reproduire des images en mouvement. Grâce à Antoine, ils ont acquis un kinétoscope et, après l'avoir étudié en détail, ils ont décidé de créer leur propre dispositif, plus simple que le précédent, qui servait comme projecteur et comme caméra : le cinématographe.
Le cinématographe "Lumière" fonctionnait en tournant une manivelle qui faisait bouger un film de celluloïd à 16 photogrammes par seconde. Dû à la théorie de la persistance rétinienne, c'est pour cela qu'on voit les images de façon accélérée, ce qui a caractérisé les films muets de cette époque. L'appareil n'avait pas la capacité d'enregistrer le son en direct, seulement des images. Mais cela pouvait déjà émerveiller et captiver toutes les personnes présentes.
Après l'avoir breveté le 13 février 1895, les Lumière ont essayé le cinématographe en réalisant une série de tournages qui ont été projetés dans les universités et dans les secteurs élitistes. Mais, à la place de les garder comme des objets d'étude pour quelques-uns, ils ont décidé de les montrer à tout le public. Grâce à un ami photographe d'Antoine, ils ont trouvé le salon "Indien", dans le sous-sol du grand café, situé dans le Boulevard de Capucines à Paris.
C'était un salon qui pouvait accueillir à peine cent personnes, donc ils seraient passés inaperçus si l’exposition n'était pas un complet succès. La première projection publique a eu lieu le 28 décembre 1895. Les 33 personnes qui ont assisté ce jour-là ont vécu un véritable événement. Les court-métrages qui composaient cette exposition montraient des situations et des personnages de la vie quotidienne, mais le charme était qu'elles étaient en train de bouger, elles ressemblaient à des personnes vivantes sur l'écran.
Les quelques personnes présentes ont diffusé la nouvelle de l'invention. La presse a dédié des tonnes de notes et, presque à l'instant, c'était déjà un événement massif. Ce 28 décembre a été établi comme le jour de la naissance du cinéma, une déclaration appropriée, non seulement parce que c'était la première fois qu'un film était projeté en public, mais aussi parce que c'était le début de l'expérience de regarder des films.
Le rituel qui réunit un groupe de gens dans la même salle, prêts à expérimenter toute sorte d'émotions. Ces œuvres courtes avaient la durée de moins d'une minute et il s’agissait de plans uniques bien ouverts, ceux qu'on connaît aujourd'hui comme "des plans généraux", comme si c’était à travers le point de vue de l'œil du spectateur. En pellicules de 30 secondes, ils ont capté le jour à jour de l'époque et, sans le faire exprès, ils ont marqué les précédents pour une bonne quantité de ressources, d’idées et de genres cinématographiques.
Tout au début, les Lumière filmaient la plupart des situations de leur propre vie, mais les court-métrages qui ont attiré le plus l'attention, c'étaient ceux qui représentaient le même secteur social des gens qui assistaient aux séances. La sortie des ouvriers de l'usine Lumière, par exemple, montrait pour la première fois des travailleurs qui, déjà à cette époque-là, commençaient à avoir un rôle prépondérant dans la société. Sans se rendre compte, il est né le genre "documentaire".
Pourtant, l'œuvre des Lumière qui émerveillait le plus les spectateurs, c'était l'arrivée du train à la gare de La Ciotat. Tous les gens criaient car ils croyaient que la locomotrice allait les écraser. Malgré son intention naturaliste, cela était l'élément déclencheur du cinéma pour offrir des émotions fortes comme la peur, l’adrénaline et la rigolade. En plus, le court-métrage "L'Arroseur arrosé" présentait un jardinier des Lumière auquel ils n’arrêtaient pas de faire des blagues avec son tuyau d'arrosage, ce qui générait des situations drôles.
À travers ces "gags", est née la comédie sur l'écran. Les Lumière ont eu la vision de créer le cinématographe et de montrer son fonctionnement, mais ils n'ont jamais réfléchi à la répercussion de leur invention. Ils voyaient cela comme un moyen avec des fins scientifiques, mais ensuite ils ont compris sa popularité. Avec un bon nombre de caméramans, ils ont commencé à filmer des événements sportifs, sociaux et politiques d'autres parties du monde. Ils avaient créé les téléjournaux.
Le cinématographe avait marqué une révolution qui s'étendait vers des projections dans les principales capitales européennes et il est devenu une partie des divertissements de foires. Mais l'un des quelques chanceux qui ont été dans la mythique séance du 28 décembre a été le responsable d'amener cette nouvelle invention à un autre niveau. On parle du mythique Georges Méliès. Il est né en 1861, fils d'un riche cordonnier, mais depuis très jeune, il a montré de l'intérêt pour l'art.
Il a commencé à dessiner et il s'est également intéressé au théâtre. Un voyage en Angleterre lui a fait aussi s'approcher à l’illusionnisme. Plus tard, il est retourné à Paris pour travailler à l'entreprise de la famille, bien que son exercice avec les machines lui servirait pour le futur. Quand son père est mort, il a décidé de ne pas continuer avec la compagnie. Il a vendu sa part et a acheté le théâtre Robert-Houdin. Là-bas, il a fait ses spectacles qui combinaient des scénographies et des outils fabriqués par lui-même.
Parallèlement, il travaillait comme journaliste et illustrateur. On pourrait dire que c'était un homme assez inquiet. Après avoir été époustouflé par ces premières projections, le soi-disant "magicien de Montreuil" voulait acquérir un cinématographe, ce qui lui était refusé par les Lumière, avec la justification qu'à long terme, cela cesserait d'être une activité rentable. En fait, peu après, ils ont abandonné le secteur cinématographique.
Néanmoins, sans perdre la foi, Méliès a réussi une version du kinétoscope grâce à l'électricien anglais Robert Paul, et il a commencé à faire ses propres tournages. Tout d'abord, cela ressemblait aux films naturalistes de ses collègues français et d'autres précurseurs, mais à un moment, il a fait une découverte. Lors d'un tournage à la place de l’opéra, la caméra s'est bloquée et il a dû la régler sur le coup pour qu'elle puisse fonctionner à nouveau.
Quand il a vu le matériel filmé, il s'est rendu compte qu'une scène avec des hommes sautait à une autre avec des femmes et qu'un bus se transformait d'un coup en un véhicule funèbre. Par hasard, Méliès avait découvert l'outil fondamental du cinéma : les effets spéciaux, la coupe et, pourquoi pas, le montage. De cette façon, il a décidé d’expérimenter sur ce sujet et il a utilisé ses trouvailles pour créer des œuvres de fiction magiques.
Dans ses court-métrages de plus en plus ambitieux, Méliès innovait avec des astuces de caméra qui fonctionnaient comme une extension de son office de magicien. Pour être plus précis, Méliès a inventé le fondu au noir, le fondu enchaîné, la surimpression et l’illusion d'objets qui bougent tout seuls et de gens qui se transforment en d'autres ou en êtres fantastiques. Il a construit aussi des décors, supervisé des garde-robes et s'est occupé de la continuité narrative puisqu'il s’intéressait à raconter des histoires et pas seulement à rester dans des tours magiques étonnants.
Les court-métrages de Méliès incluaient des créatures magiques, des démons, des fantômes. Il faisait possible l'impossible. Pourtant, aucun ne se distingue plus que "Voyage à la lune" de 1902, inspiré par les livres de Jules Verne "De la Terre à la Lune" et "Les premiers hommes sur la lune". Cette épopée avec des humains qui font contact avec les sélénites, des humanoïdes lunaires, est l'œuvre majeure du réalisateur. Au même temps, elle reste la pierre de fondation du cinéma fantastique, surtout de la science-fiction.
Tout comme Edison, Méliès a fait son propre bureau tout en verre pour profiter de la lumière naturelle. Lui-même travaillait comme réalisateur, acteur, producteur, scénographe et il a même développé les négatifs. Il dessinait quelques photogrammes et sortait vendre ses inventions. Méliès a tourné autour de 500 court-métrages, mais on ne conserve qu'une dixième partie. L'arrivée de la Première Guerre Mondiale en 1914 a été un des motifs pour lesquels son entreprise a fait faillite.
Retraité et oublié par ses pairs et par le public, il s'est dédié à s'occuper d'un magasin de jouets à la gare de Montparnasse. Il a été redécouvert en 1925 et il a pu vivre ses derniers jours en profitant de la reconnaissance et du respect qu'il méritait. Les frères Lumière, tout comme Méliès, n'étaient pas tout seuls dans ces premiers pas du cinéma. On peut nommer aussi d'autres figures qui ont pris de l'importance et, dans certains cas, qui ont atteint le titre de "marques".
Charles Pathé a été le premier à essayer de synchroniser, de façon sérieuse, l'image et le son en combinant le phonographe et le cinématographe. Les résultats n'ont pas été très satisfaisants, mais ils ont signifié un grand pas. En tout cas, Pathé a choisi de continuer à être lié au cinéma à travers la production et la distribution, et il a fini par fonder une des entreprises les plus emblématiques qui porte son nom de famille.
Un des collaborateurs artistiques de Pathé était Ferdinand Zecca. Au début, il a fait des activités devant et derrière la caméra. Comme Méliès, il a aussi abordé la fantaisie et il a même innové en filmant avec des plans plus fermés. Mais en 1913, il a abandonné les caméras pour se dédier au secteur commercial de Pathé. En France aussi, Léon Gaumont a commencé ses activités comme vendeur de projecteurs, mais il s'est intéressé à la production, où il est devenu un homme fort au niveau mondial.
Alice Guy, sa secrétaire personnelle, a eu l'honneur d'avoir été la première à avoir filmé un film narratif : "La Fée aux Choux" en 1896. En Grande-Bretagne, l’académie de Brighton, composée d'un groupe de photographes, a fait une série d'essais qui seraient révolutionnaires. En même temps que Méliès, ils ont découvert et développé le montage, c’est-à-dire, l'action de lier deux passages du film pour atteindre la continuité ou insérer un autre sens nouveau au film.
Et l'académie de Brighton a été aussi la première à tourner une même situation sous différents angles. Parmi les nouveaux réalisateurs, il est aussi apparu un ancien collaborateur d'Edison, l’américain Edwin Porter. Son chef-d'œuvre "Le Vol du grand rapide" de 1903 a une valeur cruciale. C'est le premier film d'action, le premier "western", et il présente deux nouveautés techniques. C'est le premier film qui a utilisé le montage parallèle pour que les spectateurs puissent regarder deux actions simultanées, ainsi que le premier plan moyen pour montrer un personnage cadré dès la ceinture et qui tire vers la caméra.
Aujourd'hui, on a appris que le septième art a des antécédents dès l'époque des cavernes, que l’obsession pour capturer l'image en mouvement a été perfectionnée pendant des siècles, et qu'une série d'inventions comme la photographie ont donné lieu au cinéma. Edison a fait le premier grand pas, les frères Lumière l'ont perfectionné et officialisé, et Méliès a su en tirer parti à toutes ses possibilités.
Aujourd'hui, la plupart de ces films primitifs continuent à être restaurés et peuvent être regardés grâce aux plateformes sur internet. En 1995, en commémorant les premiers 100 ans du cinéma, les frères Lumière ont reçu un hommage dans le spécial "Lumière et compagnie", dans lequel des grands réalisateurs contemporains ont filmé des court-métrages de 52 secondes avec un cinématographe et en utilisant de la lumière naturelle.
En 2010, Martin Scorsese a lancé "Hugo", un film à propos d'un enfant qui rencontre Georges Méliès et qui le sauve de son anonymat. Un merveilleux hommage d'un maître du cinéma à un des créateurs du cinéma. Et avec cela, on finit avec ce premier vidéo d'une série sur l'histoire du cinéma. On espère que vous l'avez aimé. Si vous l'avez aimé, n'oubliez pas de le partager avec vos amis, et n’oubliez pas que vous pouvez nous supporter aussi sur Patreon, non seulement pour qu'on puisse faire plus de vidéos, mais aussi pour les regarder avant qu'elles sortent.
Je m'appelle Nicolás Amelio-Ortiz. Merci beaucoup pour regarder cette vidéo, nous allons nous revoir la semaine prochaine.