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POTUS TWEETE, LES MARCHÉS OBÉISSENT — ET LE BLS COMPTE SES MORTS | Swiss Bliss

Swissquote (en français)31:49

Transcription

J'en suis à ma 4e année de Suiss Bliss. Ça fait plus de 200 semaines que je récapitule ce qui s'est passé sur les marchés en général et en Suisse en particulier. Mais c'est la première semaine où il n'y a presque rien d'autre à dire que le marché est drivé par les déclarations de Trump et des dirigeants iraniens qui sont encore vivants, et ils sont de moins en moins nombreux.

On est toujours quasi obsédé par le cas du détroit d'Ormuz, et même si le pétrole termine en hausse de près de 12 % sur la semaine et au plus haut depuis juin 2022, les marchés ont quand même réussi à terminer la semaine en hausse. En hausse parce qu'on a préféré voir les perspectives de paix plutôt que le prix du brut qui s'envole. Oui, en effet, on est tous, absolument tous, convaincus que si la paix est signée, le détroit va rouvrir et le pétrole va baisser.

C'est pas trop ce qui se passe sur le baril lui-même, mais du côté du marché des actions, on a préféré faire ce que l'on sait faire de mieux, autrement dit anticiper les jours meilleurs, comme nous l'avons fait avec l'intelligence artificielle en pariant sur les baisses de taux à venir depuis 3 ans.

La semaine dernière, les marchés ont donc salué les perspectives de paix et ont vécu au gré des déclarations de Trump, déclarations qui se produisent en moyenne toutes les 5 heures. Je ne vais pas vous faire la recap de ce qui s'est passé cette semaine à ce sujet, puisque j'ai largement abordé le sujet dans la vidéo d'hier, dans le Morning Bull d'hier, qui s'intitulait "Manipulation Trump, le pétrole et les marchés qui font semblant".

Je vous ai mis le lien sous la vidéo et vous pourrez vous refaire le déroulé de tout ce cas d'itrump durant ces 4 jours ouvrables de marché qui nous ont fait progresser de 4,4 % sur le Nasdaq et de 3,36 % sur le S&P 500, et qui nous ont aussi fait oublier que le pétrole à 111 dollars, ça pue la récession.

Bienvenue dans ce Suiss Bliss. Nous sommes le 4 avril 2025 et je suis Thomas Veillet. Cette émission vous est présentée par Swissquote.

Alors, avant toute chose, ce que vous allez entendre et voir dans cette vidéo n'est pas un conseil financier. C'est mon avis, mon analyse et parfois mon humeur du jour. Par contre, si vous voulez comprendre la bourse, là, vous êtes au bon endroit.

La semaine aura donc été tronquée parce que c'est Pâques là. Normalement, je ne vous apprends rien. Le truc exceptionnel que nous avons donc pu vivre en ce Vendredi Saint, c'est les publications des chiffres de l'emploi, les NFP du mois de mars. Les gars ont trouvé le moyen de publier ces chiffres pendant que tout le monde était en congé et que surtout les marchés étaient fermés. Et bien sûr, le chiffre est sorti nettement, mais alors nettement au-dessus des attentes, puisque tout va tellement bien dans l'économie américaine. Bah oui, parce que sinon, ça n'aurait pas été drôle.

Donc, voici le grand moment de la semaine : les chiffres de l'emploi américain pour le mois de mars. Roulement de tambour, lumière tamisée et spot braqué sur le communiqué de presse. Le BLS, le Bureau of Labor Statistics, monte sur scène, il arrive là, il ajuste son micro et il annonce 178 000 emplois créés en mars. Le consensus attendait 59 000, 60 000. On a donc plus que doublé la mise. Champagne ? Ouais.

Bon, pas vraiment champagne, pas vraiment parce que là, je suis désolé, mais avec plus de 30 ans de recul sur ces chiffres, vous me permettrez d'avoir des doutes sur la véracité et la qualité de ces chiffres.

Le premier truc qui cloche, c'est que les marchés d'abord étaient fermés. Ça, c'est sûr. Vendredi Saint, pas de réaction, pas de test en temps réel et en live. C'est un peu comme publier un bilan catastrophique un 31 décembre à 23h55 : personne ne regarde, et c'est peut-être fait exprès.

Deuxième truc, où sont ces 178 000 emplois ? D'abord, la santé : 76 000 postes créés. Sauf que 40 % de ces postes, c'est des infirmières qui revenaient d'un piquet de grève. Elles n'ont pas été créées ces infirmières. Elles existaient déjà le mois d'avant, juste sur un piquet de grève. On les recompte et on transforme ça en création d'emploi. C'est absolument magique. On ne nous prend pas du tout pour des comptes.

Et il y a aussi la construction : 26 000 emplois parce qu'il faisait moins froid qu'en février. Youpi ! Climatologie 1, économie 0. Le gouvernement fédéral : -18 000, et les services financiers : -15 000. Mais ça, on n'en parle pas. Et puis alors surtout, on n'a pas encore compté les 30 000 employés de chez Oracle qui se sont fait virer en 3 minutes en début de semaine.

Troisième truc extraordinaire, c'est le taux de chômage qui baisse à 4,3 %. Super. Sauf que il baisse pour la pire des raisons. 400 000 Américains ont quitté la population active en mars. Ils ont arrêté de chercher du travail. Quand vous ne cherchez plus, quand vous avez abandonné ou vous êtes à la retraite, c'est magique, vous n'êtes plus un chômeur. Et quand vous êtes un travailleur immigré qui s'est fait déporter, c'est aussi un chômeur de moins pour le BLS. C'est beau, non ? C'est la méthode Coué appliquée aux statistiques.

Résultat, le taux de participation tombe à 61,9 %, son plus bas depuis 1976, en dehors de la période Covid, bien sûr. 76, à l'époque, les femmes entraient massivement dans le marché du travail. Aujourd'hui, c'est l'inverse, les gens sortent, et on appelle ça un bon chiffre. Et je vous jure, hein, les gens qui arrêtent de travailler, c'est pas parce qu'ils sont subitement devenus millionnaires avec leurs options Nvidia ou leur Bitcoin.

Quatrième truc, et c'est le fond du fond, le fameux break-even. C'est le nombre d'emplois qu'il faut créer chaque mois pour que le chômage reste stable. Historiquement, dans l'histoire américaine, bien sûr, c'était autour de 100 à 150 000 créations d'emplois. Maintenant, c'est zéro ou presque. Oui, parce que Trump a donc mis un coup d'arrêt à l'immigration. La population active ne grandit plus. Donc, même si on crée zéro emploi, le taux de chômage reste stable. C'est magique.

Autrement dit, 178 000 emplois créés dans un monde où le break-even est proche de zéro, c'est statistiquement impressionnant et économiquement, ça raconte juste qu'il n'y a plus personne qui cherche à rentrer sur le marché du travail.

Et la Fed dans tout ça ? Et bien la Fed, elle ne bouge pas. Les futurs donnent 77 % de probabilité de statu quo jusqu'à fin 2026, et même, et c'est nouveau, une petite probabilité de hausse des taux réapparaît malgré les commentaires de Powell cette semaine, malgré Warge qui va arriver en mai avec la ferme intention de trancher dans le vif et baisser massivement les taux. 10 % de probabilité de hausse des taux contre 0,2 % la veille.

Donc, vous avez bien compris, on commence à presser une hausse des taux pour la fin de l'année avec une guerre en Iran, un pétrole qui flambe et une inflation qui devrait repasser au-dessus des 3 % la semaine prochaine. La Fed fait donc ce qu'elle fait de mieux à l'heure actuelle : attendre, observer, réfléchir et surtout ne rien décider. En même temps, Powell est en roue libre. Il lui reste 6 semaines avant de partir pêcher le marlin en Floride.

En résumé, et je vais être brutal, ce rapport, c'est un beau chiffre de façade avec une plomberie intérieure qui fuit de partout. Les emplois créés viennent surtout de la santé et du retour des grévistes. Les salaires ralentissent, les gens quittent le marché du travail, et le mois prochain, une fois que la guerre en Iran, les prix de l'énergie et l'incertitude géopolitique auront eu le temps de se diffuser dans l'économie réelle, ce rapport de mars aura l'air d'une anomalie, probablement.

Et d'ailleurs, d'ailleurs, parlons des révisions. Je ne sais pas si vous vous souvenez des chiffres du mois dernier, une perte de 92 000 emplois, mais bon, ce n'était pas grave parce que la Fed, elle allait baisser les taux pour stimuler l'emploi. Et bien, ce chiffre, il était corrigé encore une fois. Et ce n'est pas moins 92 000 finalement sur le mois de février, c'est moins 133 000. Mais entre vous et moi, 41 000 jobs de plus ou moins, on s'en contrefout. Et puis il n'y a toujours pas les 30 000 ex-employés d'Oracle qui sont à pied depuis mardi dernier.

Donc, profitez de ce beau 178 000. Demandez-vous aussi comment les experts en économie qui sont payés à prix d'or peuvent se gourer à ce point tout en étant capable de nous expliquer pourquoi en ayant l'intelligence le lendemain matin. C'est ça le charme des chiffres de l'emploi sous Trump 2.0. On se réjouit déjà le mois prochain.

Alors en gros, si on doit résumer toute cette semaine, au-delà du fait que l'on traite surtout sur des publications de Trump et sur les réseaux sociaux, il faut retenir que le WTI est à près de 112 dollars le baril, une hausse de 94 % sur le trimestre, sa plus forte envolée depuis la guerre du Golfe. On parle toujours du détroit d'Ormuz qui est en gros le robinet de 20 % du pétrole mondial, et l'Iran a décidé de le fermer, ça on sait, mais pas métaphoriquement, vraiment, sauf pour leurs amis bien sûr.

Résultat, le prix de l'énergie explose et tout ce qui consomme de l'énergie, c'est-à-dire absolument tout, coûte plus cher. Mais rassurez-vous, les analystes disent que c'est temporaire, comme ils disaient que l'inflation de 2021 était transitoire. On connaît la suite.

Sur la semaine, le S&P 500 est en hausse de 3,4 %, le Dow de 3 % et le Nasdaq de 4,4 %. En pleine guerre du Moyen-Orient avec du pétrole à 112 dollars et une Fed qui ne bougera pas avant 2026, les marchés montent. Pourquoi ? Ben parce que les marchés font ce qu'ils veulent quand ils veulent, pour des raisons qu'ils vous expliqueront après coup avec la plus grande sérénité, et aussi peut-être parce qu'ils essaient de jouer l'anticipation et surtout en se rassurant sur la paix promise par Trump juste avant ou après qu'il ait voulu pulvériser les infrastructures iraniennes. C'est ça la finance moderne, un casino qui se prend pour un thermomètre.

On parle aussi un peu de la Fed avec une seule baisse des taux prévue en 2026 selon le dot plot du mois de mars, même si les marchés n'y croient plus en attendant 2027. Et en prime, on a même une petite probabilité de hausse des taux qui réapparaît discrètement dans les futurs. La Fed qui pourrait remonter les taux alors que l'économie ralentit et que la guerre fait rage. Le mot qu'on n'ose pas prononcer en ce moment, on le sait tous, c'est stagflation. Ça commence à se murmurer dans les couloirs, mais pour l'instant, on préfère vraiment le murmurer et pas le dire trop fort.

2,5 % en mars contre 1,9 % en février, plus haut depuis janvier 2025, porté par l'énergie qui flambe de 4,9 %. L'inflation est de retour en Europe. La BCE avait sorti le champagne un peu vite en croyant avoir terrassé l'inflation. Elle va maintenant devoir recalibrer sa trajectoire de baisse des taux avec une économie européenne qui ralentit d'un côté et des prix qui repartent de l'autre. Exactement le genre de situation où les banquiers centraux sortent leurs phrases préférées : "Nous prenons les décisions réunion par réunion." Traduction : on n'a aucune idée de ce qu'on va faire et on gère les taux à tâtons.

Et puis en Allemagne, ça commence aussi à tousser. L'IFO et ses amis révisent la croissance allemande de 2026 de 1,3 % à 0,6 %. 50 % dans les dents en un seul trimestre. Raison invoquée : le choc énergétique iranien, bien sûr. Raison non invoquée, mais bien présente quand même : l'industrie allemande était déjà à genoux avant la guerre entre la crise automobile, la concurrence chinoise et des coûts énergétiques structurellement élevés. Depuis 2022, l'Iran n'a fait qu'appuyer sur quelque chose qui était déjà bien fragile. 0,6 % de croissance pour la première économie européenne, c'est techniquement de la croissance. C'est aussi techniquement de la récession déguisée en statistique présentable.

Et puis il y a le déficit commercial américain qui est moins pire que prévu. Bonne surprise relative. 57,3 milliards de dollars en février contre 62 milliards attendus et -55 % par rapport à l'an dernier. C'est impressionnant, non ? Oui, mais non. L'an dernier, les entreprises américaines stockaient frénétiquement des importations avant les tarifs de Trump. Donc la base de comparaison est totalement absurde. C'est comme se féliciter de moins manger ce mois-ci en oubliant qu'on a fait 6 repas par jour de 12 000 calories par jour le mois précédent. Le chiffre est flatteur, la réalité est artificielle, les économistes le savent, mais ils publient quand même avec enthousiasme histoire de ne pas se fâcher avec la Maison Blanche.

Et puis les problèmes du private credit sont toujours présents, mais on n'écoute pas et on préfère le garder pour plus tard, comme toujours, comme à chaque fois. Et comme à chaque fois, tout le monde sera surpris.

On notera encore qu'en Suisse, l'inflation s'est accélérée à 0,3 % au mois de mars en comparaison annuelle après des hausses de 0,1 % en janvier et en février. Le rebond est donc modeste au regard des attentes des économistes qui articulaient des valeurs entre 0,3 et 0,6 %. Le renchérissement en Suisse demeure sensiblement plus modéré que dans la zone euro. Heureusement qu'on roule tous en voiture électrique et que le prix de l'électricité ne monte pas.

On attaque les performances de la semaine. Alors, vous voyez donc sur une semaine que évidemment c'est le pétrole qui remporte la coupe, plus de 12 % sur la semaine. Le MIB qui reprend 5,18 % avec les espoirs, les espoirs de voir encore une fois la paix arriver dans le monde, hein. C'est le cas sur le MIB, sur le Semiconductor Index, sur le Dow Jones, sur le Footsie, sur l'IBEX. Enfin, vous voyez, tous les indices ont rebondi massivement cette semaine. On sait à cause du fait que ben ça va bientôt se régler peut-être, mais c'est même pas sûr. En tout cas, c'est bien remonté. Même l'or a pris quasiment 4 %. Le SMI dans une moindre mesure gagne 3,28 % sur la semaine quand même. Et puis le Bitcoin ne fait rien pendant que Hong Kong, la Chine et le Japon sont dans le coma. Pour l'instant, il y a encore pas mal de doutes du côté de l'Asie parce qu'on sait quand même que eux, avec le détroit d'Ormuz qui est fermé, eux en souffrent peut-être un tout petit peu plus que les Américains et que les Européens niveau consommation pétrolière.

Du côté de la Suisse, alors pas grand-chose à dire, hein, le marché a surtout bougé par rapport à ce qui s'est dit et ce qui s'est fait sur les déclarations de Trump. Donc le marché a principalement bougé là-dessus, vous le savez. Néanmoins, la performance de la semaine, c'est Kuehne+Nagel. On va y revenir. UBS Group, on va y revenir également, et vous voyez qu'il y a seulement Givaudan qui termine péniblement en baisse de 0,41 %. Pour le reste, on va dire que c'est un rebond technique sur l'indice helvétique cette semaine.

Ce qui nous amène donc au graphique de la semaine. Donc la Suisse a comme prévu, j'ai envie de dire, rebondi donc sur le bas de son canal haussier. C'était déjà la semaine dernière. Et puis ça remonte gentiment en direction des 13 000 points. On termine juste en dessous cette semaine. Vous voyez qu'on hésite, hein, mais on suit simplement le reste des mouvements du marché. On voit qu'il y a des gaps un peu partout. On ne sait pas trop comment ouvrir. On est vraiment tributaire de ce qui se dit à droite et à gauche dans le monde, surtout lié à la guerre et au pétrole. Résultat, on suit un peu le mouvement comme les autres. Prochain objectif : aller rechercher la moyenne mobile des 50 jours à 13 238. Et puis en attendant, et bien on a de nouveau un espèce de support qui se dessine sur les 12 626 avec la moyenne mobile des 200 jours, ce qui nous permettrait d'aller combler les gaps qu'on a un petit peu laissés derrière, et puis support ultime à 12 300 sur le SMI où là clairement il faut essayer de réaccumuler du papier.

L'indice américain a donc rebondi. Alors maintenant, regardez juste un petit peu ce qui s'est passé. Regardez ce trait là. Si on regarde cette tendance que j'ai tirée depuis un moment, si on essaie de l'aligner aujourd'hui, euh, après à savoir quand c'est où est-ce qu'on veut la poser, mais plus ou moins, vous voyez quand même qu'on a cassé cette tendance, ce support qu'on avait récemment. Donc le support, on l'a cassé l'autre jour à la baisse. On est allé chercher les extrêmes à 6 300 points. Trump a parlé de paix et puis on a rebondi et plus ou moins on s'arrête de nouveau dans cette zone. Alors la bonne nouvelle, c'est qu'on est revenu au-dessus du support. La mauvaise, c'est qu'on est toujours au-dessous de la moyenne mobile des 200 jours. Et la question qu'on peut se poser, c'est est-ce que ça c'est pas simplement un dead cat bounce avant qu'on ait la prochaine leg à la baisse ? Mais ça bien sûr, ça dépendra un peu de ce qui va se dire la semaine prochaine au niveau du baril et au niveau du président américain, je ne vous le cache pas.

Le Nasdaq, il a suivi le mouvement. Lui aussi, il est revenu légèrement au-dessus de son ancien support, à surveiller attentivement. Il faudra aussi que les Magnificent Seven se réveillent, parce que pour l'instant, on souffre toujours d'un manque de leadership au niveau de la tech. C'est pas une nouveauté.

Puisqu'on parle de leadership au niveau de la tech, vous voyez que le SOX fait exactement ce qu'on lui demandait de faire. À savoir lui, il avait un support qui se construisait sur ces niveaux-là autour des 7 350 et des poussières. On est venu se poser pile poil dessus. Là, on a fait notre exagération. On revient en dessus, on termine parfaitement bien sur la semaine. Donc c'est la chose qui me rassure pour l'instant, c'est que le Semiconductor Index continue lui de bien se comporter et tant qu'il ne nous fait pas une cassure majeure à la baisse, c'est que plutôt cet indicateur avancé, on va rester positif parce que ça veut dire que ça tient toujours et qu'on y croit encore.

Du rebond, du rebond, encore du rebond. Vous voyez que la France est allée chercher il y a quelques semaines les 7 500, on est remonté quasiment à 8 000. Donc de nouveau le prochain but sera de recasser les 8 000. Mais on est revenu sur notre support qu'on avait dans cette zone là, juste un peu en dessous des 8 000. Donc pour l'instant jusque là, ça va. Il faudrait qu'on confirme. Mais là encore un peu à l'image du S&P 500, on voit qu'on est venu rechercher l'ancien support. On se pose contre. Le risque c'est qu'on ait une nouvelle correction de M. Mais là encore dépendra de l'aspect géopolitique.

L'Allemagne, c'est pareil. On est revenu tester le support mais on ne parvient pas à clôturer en dessus. Ouais, on va dire on peut pinailler. Allez, allez, disons qu'on est allé taper. On termine juste en dessus du support sur le DAX. La grande question, c'est comme je vous viens de l'expliquer, l'économie allemande ne va pas bien du tout. Euh, les perspectives ne sont pas bonnes du tout et s'ils sont dépendants de la crise énergétique américano-iranienne, ça risque de tirer encore un petit peu ces prochains temps.

Vous voyez que l'or a entamé son rebond la semaine dernière. Donc gentiment, on repart à la hausse, on retermine un petit peu de manière hésitante. Là, on a marqué un top intermédiaire à 4 800 à surveiller, mais en tous les cas, on a l'air de s'y intéresser un tout petit peu plus à nouveau après la forte correction qu'on avait eue il y a deux semaines en arrière.

Et puis champion du monde. Euh, vous voyez le WTI. Euh, donc on est à 111,54 en clôture vendredi soir. On verra comment ça va ouvrir lundi matin. Mais bon, ça reste la clé de tout. Euh, s'il continue, il y a pas mal d'analystes qui disent que si ça continue encore un peu cette guerre, on va facilement chercher les 120, puis après, on parle des 150 plus haut. Euh, donc si on continue comme ça, ça va ça va poser problème. Et ce qui est assez impressionnant sur le bilan de cette semaine, et je l'ai dit dans la vidéo d'hier, ce qui ne joue pas, c'est qu'on a un baril à 111 et un marché qui a récupéré quasiment 4,5 % sur la semaine. Il y a quelque chose qui ne joue pas quelque part dans la logique rationnelle, pour autant qu'il reste une logique rationnelle dans ces marchés.

On attaque les vedettes de la semaine. Alors comme je vous le disais, il n'y a pas vraiment de vedettes, il y a juste des titres et situations particulières à observer.

Et on attaque avec Kuehne+Nagel puisque au vu de la situation actuelle, Kuehne+Nagel traverse une période de vaches maigres opérationnelles. Les chiffres de 2025 sont sans ambiguïté : un EBIT récurrent en recul de 14 %, un bénéfice par action qui dévisse de 25 %, un fret maritime avec des profits qui perdent 46 % et un Q4 qui ressemble davantage à un bilan de guerre qu'à un rapport annuel d'un des leaders mondiaux de la logistique. La direction a réagi cet automne avec un plan de réduction des coûts. Et quand on dit réduction des coûts dans le jargon corporate, ça se traduit très concrètement par 2 000 personnes qui reçoivent une lettre recommandée ou un mail avec effet immédiat, que le blanc en priorité. Les entrepôts eux continuent à embaucher, la disruption numérique d'un côté et le béton et les cartons, le concret de l'autre si vous voulez.

La semaine a été dominée par la communication K+N. Rapport de durabilité 2025, nouveaux objectifs carbone, net zéro 2050, électricité 100 % renouvelable, 65 000 tonnes d'émissions évitées. Tout ça est réel, documenté et probablement sincère, mais le timing est aussi disons pratique. Publier une belle vitrine verte quelques semaines après avoir annoncé 2 000 suppressions de jobs et des profits en chute libre. C'est une technique de communication aussi vieille que le capitalisme : donner à regarder ailleurs pendant que la maison se réorganise. C'est pas une critique, c'est simplement une observation.

Sur le plan boursier, le marché ne se laisse pas embobiner par les beaux discours sur la planète. Le consensus des analystes est clairement du côté des sceptiques. Note globale "reduce", cinq vendeurs contre trois acheteurs et HSBC qui dégrade, et un cours qui flirte avec les 187 francs suisses. Alors que le sommet de ses 52 semaines est à 197 francs. La société aujourd'hui autour des 22 milliards de francs suisses. C'est pas rien, mais le titre a perdu son lustre depuis les années fastes de la pandémie quand les taux de fret stratosphériques transformaient chaque container en machine à cash. Néanmoins, Kuehne+Nagel, meilleure performance du SMI cette semaine avec près de 9,3 % de hausse. Et tout ça parce qu'on espère que la guerre va se décanter et que le business va s'améliorer. À moins qu'on pense que la guerre va durer et que les tarifs de fret maritime vont reprendre l'ascenseur comme au bon vieux temps du Covid.

Le graphique se passe de commentaires. Vous voyez, on joue la paix avec le reste, hein. Donc pour l'instant sur Kuehne+Nagel, on a un range qui passe par le bas ici dans la zone des 163 francs. Il faut essayer de se repositionner et puis il faudra voir comment elle va se comporter quand elle va revenir sur les hauts de sa résistance sur les 191, 192 francs suisses. Si on arrive à casser là, on aura du chemin à faire pour aller chercher un petit peu plus haut. Sinon, ça risque bien de se transformer en un truc qu'on pourrait jouer dans un range comme on sait si bien le faire dans cette direction là.

L'autre performance de la semaine, c'est l'UBS qui a repris près de 7 % sur la semaine dans la foulée de rapports qui indiquent que des parlementaires suisses seraient enclins à assouplir certaines des exigences strictes en matière de fonds propres. Plus précisément, un groupe de parlementaires des deux chambres, le Conseil national et le Conseil des États, auraient envoyé des signaux rassurants à la direction d'UBS. Selon ce rapport, l'objectif serait d'atténuer les nouvelles exigences strictes en matière de fonds propres. Un noyau de parlementaires qui juge ces exigences trop sévères a fait savoir à l'UBS qu'il souhaitait résoudre le problème en trouvant un compromis. Des parlementaires qui ne sont pas très chauds de voir l'UBS se tirer à l'étranger en cas de désaccord.

Les parlementaires proposent donc d'autoriser UBS à utiliser de la dette AT1 pour couvrir jusqu'à la moitié de la capitalisation de ses filiales étrangères, ce qui réduirait considérablement le choc global sur le capital. La composition multiparti du groupe de politiciens proposant le compromis a encouragé analystes et investisseurs, et les quatre partis représentent une majorité de parlementaires dans les deux chambres. En clair, au lieu de lever 22 milliards en capital action onéreux, UBS pourrait émettre de la dette AT1, moins chère, moins dilutive pour les actionnaires. C'est la différence entre devoir vendre sa maison et pouvoir contracter une hypothèque.

Depuis que les propositions réglementaires ont été évoquées, pour la première fois en avril 2024, l'action a sous-performé l'indice Eurostoxx Banks. On peut donc dire que le dossier réglementaire a littéralement coûté des dizaines de milliards de valorisation à UBS et à ses actionnaires. Le calendrier donc le suivant : à partir de mai, la commission de l'économie et des redevances du Conseil national devrait prendre en main le processus. Les propositions seront vraisemblablement débattues par les parlementaires lors de la session d'été débutant en juin.

En résumé, UBS joue une partie d'échecs à trois niveaux : contre le gouvernement qui tient la ligne dure, avec le parlement qui lui fait des clins d'œil en coulisse, et devant les marchés qui font monter le titre à chaque rumeur de compromis et le font chuter à chaque déception ou à chaque discours de KKS. Le +7 % de la semaine, c'est le marché qui price une probabilité croissante qu'UBS l'emporte. Mais comme le dit une source proche du dossier, même si des assurances sont données, rien ne garantit que le résultat final sera acceptable. Le feuilleton continue.

Le graphique, vous le voyez, ben on a salué ces rumeurs entre guillemets. On termine néanmoins la semaine pile poil en dessous de la moyenne des 200 jours, mais ça va un petit peu mieux. Mais autant vous dire que si les choses se décantent, il y aura effectivement un gros gros potentiel de rattrapage ces prochains temps. Mais pour l'instant, ça reste encore assez mystérieux. Gros point d'entrée. Si ça devait se replier sur les 28 en dessous, ce serait mieux qu'on n'aille pas chercher beaucoup plus bas sur l'UBS. Ça ne ferait aucun sens. Ça voudrait laisser surtout entendre que potentiellement et bien il n'y aurait pas d'accord à la fin.

Partners Group a clôturé la semaine à 866 francs avec un recul de près de 16 % depuis le début de l'année et de 22,7 % sur 12 mois. Alors que les résultats 2025 affichent une hausse des revenus de 20 % à plus de 2,5 milliards de francs suisses. Un écart qui est assez difficile à justifier par les fondamentaux à eux tout seuls. Les craintes qui pèsent actuellement sur Partners Group portent principalement sur l'exposition au SaaS.

Alors, le SaaS, Software as a Service, est un logiciel que vous n'achetez plus mais que vous louez via internet sur un abonnement mensuel. Pensez Microsoft Office 365, Salesforce ou Spotify. Le fournisseur héberge tout sur ses serveurs. Vous payez chaque mois pour y accéder. Pas de CD, pas d'installation, juste un login et une carte bancaire. C'est ce type de service, ce secteur, largement anticipé comme étant impacté par l'IA, on en a beaucoup parlé avec l'affaire Oracle et les softwares en général ces derniers temps, et sur des risques de rachat dans certains fonds de crédit privé. On en parle régulièrement même si tout le monde s'en fout.

Le problème c'est l'exposition au logiciel où Partners Group agit en investisseur principal direct. Bah chez eux, ça représente que 1,8 % du portefeuille et 4,6 % sur l'ensemble de la boîte. Le marché punit donc la firme pour des risques quasi absents de son bilan. Contagion sectorielle classique : on vend d'abord et on se pose des questions ensuite.

Cette semaine, Partners Group a nommé un co-head pour son vertical private equity santé et sciences de la vie et sera en discussion préliminaire pour acquérir une participation dans Est Minds Technologies spécialisé dans les services IT et IA. Double signal : diversification défensive d'un côté, offensive IA de l'autre. Les huit analystes couvrant le titre sont tous à l'achat. Zéro vendeur avec une cible moyenne à 1 230 francs, soit un potentiel de hausse implicite de 47 % par rapport au cours actuel. La valeur intrinsèque estimée dépasse les 1 350 francs suisses par action. Soit le marché voit quelque chose que le chiffre ne montre pas encore, soit c'est une erreur de pricing massive dont les acheteurs de conviction profiteront ou pas.

Le 20 mai, il y aura l'assemblée générale avec vote sur un dividende de 46 francs par action, puis rapport semi-annuel le 1er septembre. D'ici là, la trajectoire des entrées de capitaux client sera le principal baromètre pour le titre et l'objectif affiché est de collecter entre 26 et 32 milliards de dollars en 2026. En conclusion, si les choses se calment dans le secteur du software et des fonds private credit, Partners Group fera partie des clients potentiels au rebond massif qui suivra.

Voilà, le graphique ne veut rien dire puisqu'on vient de parler de chiffres et de net asset value et d'interprétation des nouvelles, mais vous voyez quand même que là où on en est, euh, effectivement par rapport aux chiffres qu'on voit, et bien c'est pas cher et on est revenu quand même sur les bas de 2023. Donc, euh, je ne sais pas, mais si on n'en rachète pas maintenant, on n'essaie pas quelque chose maintenant, ça me paraît un peu tristounet quand même parce que je pense que là si on regarde simplement les données qu'on a, et bien c'est clairement sous-évalué.

On passe maintenant aux échos de la semaine où Idorsia a revendiqué à l'issue d'un programme clinique intermédiaire une efficacité de son somnifère Daridorexant sur les patients âgés de 10 à 17 ans. Le développeur d'application de réhabilitation MindMaze a revendiqué une efficacité de sa suite thérapeutique. SoftwareOne a présenté un exercice 2025 concluant mais a fait les frais d'une importante cession de 7 millions d'actions par le fondateur Beat Curty. DKSH a été traité ex-dividende de 2 francs 50, tout comme la Banque Cantonale de Bâle-Campagne pour 42 francs et VZ Holding qui payait 295 francs suisses. SHL Telemedicine est resté largement déficitaire l'an dernier. Jungfraubahn a livré de son côté une performance largement conforme aux attentes assortie de perspectives timides. Et puis la société immobilière Varia a sensiblement creusé ses pertes l'an dernier malgré d'importantes cessions.

Le conseil d'administration de Leonteq a retiré la proposition de décharge des membres du conseil d'administration et de la direction pour les exercices 2024 et 2025. Une motion sera présentée lors d'une prochaine assemblée générale. Plusieurs changements interviennent à la direction générale de Datwyler. Le conseil d'administration a notamment nommé Cindy Rise Clark, directrice opérationnelle de Healthcare, unité active dans le domaine de la santé. Comax s'est séparé avec effet immédiat du patron Matthias Meyer. Le groupe se réorientant après avoir achevé sa phase de transformation. Inficon a été vivement recherché suite à la reprise de couverture par Morgan Stanley qui a entamé la couverture du titre à "overweight". Small World, elle, tombait dans les chiffres rouges au terme de l'exercice 2025. Lastminute s'estime protégé des effets du conflit au Moyen-Orient notamment par son empreinte géographique essentiellement européenne. Il propose un dividende inchangé à 41 centimes d'euros par action au titre de l'exercice de 2025. Evis Victoria a creusé sa perte l'an dernier à 25,6 millions contre 8,3 millions de pertes l'année précédente. Romande Energie a fini à l'équilibre après avoir annoncé être devenu l'actionnaire majoritaire du réseau de chauffage Thermoréseau.

Voilà, c'est fini pour cette semaine. Une semaine tronquée, manipulée, pétrifiée par le pétrole et rythmée par les tweets d'un homme qui dirige la première puissance mondiale depuis son téléphone entre deux parties de golf.

La semaine prochaine, je pense que vous devriez surveiller, et je dis surveiller parce que comprendre ça serait vachement gonflé. Et tout d'abord, il y aura le CPI américain du mois de mars qui sera publié ainsi que le PCE. L'inflation, celle qu'on nous promettait transitoire en 2021, elle devrait repasser au-dessus des 3 %, ce qui signifie que la Fed va continuer à ne rien faire mais en ayant l'air en même temps très occupé à le justifier.

Et il y aura bien sûr le détroit d'Ormuz, ouvert, fermé, entrouvert, rouvert aux amis, fermé aux ennemis, le robinet géopolitique qui fait bouger tous les marchés de la planète en ce moment. Chaque rumeur de négociation ou d'escalade déplacera les indices de 2 % dans un sens ou dans l'autre et le pétrole bougera lui de 10 % à chaque fois.

Il y aura aussi le lancement de la saison des trimestriels qui arrive gentiment, pas la semaine qui vient mais la semaine suivante. On va donc peut-être pouvoir commencer à reparler des fondamentaux. Enfin, si Trump se tait plus de 24 heures, il y aura donc à partir du 14 avril JP Morgan, Wells Fargo, Citi et cetera et cetera. Ça sera l'ouverture de la saison du Q1 mais donc c'est pour dans 10 jours.

On parlera aussi de la Fed et de la réunion de la Fed du 28, 29 avril qui approche parce qu'il faut aussi montrer qu'on parle d'autres choses. Warge arrivera en mai, Powell s'en ira. La transition s'annonce animée et pendant tout ça, les marchés vont continuer à faire ce qu'ils font le mieux : monter sur les bonnes nouvelles, monter sur les mauvaises nouvelles en espérant que ça finisse bien et s'effondrer sans raison apparente ou alors juste sur l'interprétation d'un tweet de Donald Trump.

Encore, n'oubliez pas de vous abonner à la chaîne Swissquote en français si ça n'est pas déjà fait. Activez la cloche pour ne pas rater la prochaine vidéo. Likez, partagez et commentez, surtout ne vous gênez. Et nous, on se retrouve mardi parce que lundi c'est congé. Même si les requins seront ouverts, ils vont digérer les chiffres de l'emploi à leur manière, ainsi que les huit déclarations que Trump aura faites d'ici lundi matin. Excellent weekend pascal à tous et à mardi. Bye bye.

Ce contenu est informatif et éducatif, destiné aux personnes connaissant les marchés financiers. Il ne constitue pas un conseil en investissement, juridique ou fiscal. Le trading et l'investissement comportent des risques, notamment la perte de capital. Les CFD et actifs numériques sont volatiles et ne conviennent pas à tous. Swissquote décline toute responsabilité quant à l'exactitude du contenu ou aux pertes liées à son usage. Produits et services disponibles selon la législation en vigueur.J'en suis à ma 4e année de Suiss Bliss. Ça fait plus de 200 semaines que je récapitule ce qui s'est passé sur les marchés en général et en Suisse en particulier. Mais c'est la première semaine où il n'y a presque rien d'autre à dire que le marché est drivé par les déclarations de Trump et des dirigeants iraniens qui sont encore vivants, et ils sont de moins en moins nombreux.

On est toujours quasi obsédé par le cas du détroit d'Ormuz, et même si le pétrole termine en hausse de près de 12 % sur la semaine et au plus haut depuis juin 2022, les marchés ont quand même réussi à terminer la semaine en hausse. En hausse parce qu'on a préféré voir les perspectives de paix plutôt que le prix du brut qui s'envole. Oui, en effet, on est tous, absolument tous, convaincus que si la paix est signée, le détroit va rouvrir et le pétrole va baisser.

C'est pas trop ce qui se passe sur le baril lui-même, mais du côté du marché des actions, on a préféré faire ce que l'on sait faire de mieux, autrement dit anticiper les jours meilleurs, comme nous l'avons fait avec l'intelligence artificielle en pariant sur les baisses de taux à venir depuis 3 ans.

La semaine dernière, les marchés ont donc salué les perspectives de paix et ont vécu au gré des déclarations de Trump, déclarations qui se produisent en moyenne toutes les 5 heures. Je ne vais pas vous faire la recap de ce qui s'est passé cette semaine à ce sujet, puisque j'ai largement abordé le sujet dans la vidéo d'hier, dans le Morning Bull d'hier, qui s'intitulait "Manipulation Trump, le pétrole et les marchés qui font semblant".

Je vous ai mis le lien sous la vidéo et vous pourrez vous refaire le déroulé de tout ce cas d'itrump durant ces 4 jours ouvrables de marché qui nous ont fait progresser de 4,4 % sur le Nasdaq et de 3,36 % sur le S&P 500, et qui nous ont aussi fait oublier que le pétrole à 111 dollars, ça pue la récession.

Bienvenue dans ce Suiss Bliss. Nous sommes le 4 avril 2025 et je suis Thomas Veillet. Cette émission vous est présentée par Swissquote.

Alors, avant toute chose, ce que vous allez entendre et voir dans cette vidéo n'est pas un conseil financier. C'est mon avis, mon analyse et parfois mon humeur du jour. Par contre, si vous voulez comprendre la bourse, là, vous êtes au bon endroit.

La semaine aura donc été tronquée parce que c'est Pâques là. Normalement, je ne vous apprends rien. Le truc exceptionnel que nous avons donc pu vivre en ce Vendredi Saint, c'est les publications des chiffres de l'emploi, les NFP du mois de mars. Les gars ont trouvé le moyen de publier ces chiffres pendant que tout le monde était en congé et que surtout les marchés étaient fermés. Et bien sûr, le chiffre est sorti nettement, mais alors nettement au-dessus des attentes, puisque tout va tellement bien dans l'économie américaine. Bah oui, parce que sinon, ça n'aurait pas été drôle.

Donc, voici le grand moment de la semaine : les chiffres de l'emploi américain pour le mois de mars. Roulement de tambour, lumière tamisée et spot braqué sur le communiqué de presse. Le BLS, le Bureau of Labor Statistics, monte sur scène, il arrive là, il ajuste son micro et il annonce 178 000 emplois créés en mars. Le consensus attendait 59 000, 60 000. On a donc plus que doublé la mise. Champagne ? Ouais.

Bon, pas vraiment champagne, pas vraiment parce que là, je suis désolé, mais avec plus de 30 ans de recul sur ces chiffres, vous me permettrez d'avoir des doutes sur la véracité et la qualité de ces chiffres.

Le premier truc qui cloche, c'est que les marchés d'abord étaient fermés. Ça, c'est sûr. Vendredi Saint, pas de réaction, pas de test en temps réel et en live. C'est un peu comme publier un bilan catastrophique un 31 décembre à 23h55 : personne ne regarde, et c'est peut-être fait exprès.

Deuxième truc, où sont ces 178 000 emplois ? D'abord, la santé : 76 000 postes créés. Sauf que 40 % de ces postes, c'est des infirmières qui revenaient d'un piquet de grève. Elles n'ont pas été créées ces infirmières. Elles existaient déjà le mois d'avant, juste sur un piquet de grève. On les recompte et on transforme ça en création d'emploi. C'est absolument magique. On ne nous prend pas du tout pour des comptes.

Et il y a aussi la construction : 26 000 emplois parce qu'il faisait moins froid qu'en février. Youpi ! Climatologie 1, économie 0. Le gouvernement fédéral : -18 000, et les services financiers : -15 000. Mais ça, on n'en parle pas. Et puis alors surtout, on n'a pas encore compté les 30 000 employés de chez Oracle qui se sont fait virer en 3 minutes en début de semaine.

Troisième truc extraordinaire, c'est le taux de chômage qui baisse à 4,3 %. Super. Sauf que il baisse pour la pire des raisons. 400 000 Américains ont quitté la population active en mars. Ils ont arrêté de chercher du travail. Quand vous ne cherchez plus, quand vous avez abandonné ou vous êtes à la retraite, c'est magique, vous n'êtes plus un chômeur. Et quand vous êtes un travailleur immigré qui s'est fait déporter, c'est aussi un chômeur de moins pour le BLS. C'est beau, non ? C'est la méthode Coué appliquée aux statistiques.

Résultat, le taux de participation tombe à 61,9 %, son plus bas depuis 1976, en dehors de la période Covid, bien sûr. 76, à l'époque, les femmes entraient massivement dans le marché du travail. Aujourd'hui, c'est l'inverse, les gens sortent, et on appelle ça un bon chiffre. Et je vous jure, hein, les gens qui arrêtent de travailler, c'est pas parce qu'ils sont subitement devenus millionnaires avec leurs options Nvidia ou leur Bitcoin.

Quatrième truc, et c'est le fond du fond, le fameux break-even. C'est le nombre d'emplois qu'il faut créer chaque mois pour que le chômage reste stable. Historiquement, dans l'histoire américaine, bien sûr, c'était autour de 100 à 150 000 créations d'emplois. Maintenant, c'est zéro ou presque. Oui, parce que Trump a donc mis un coup d'arrêt à l'immigration. La population active ne grandit plus. Donc, même si on crée zéro emploi, le taux de chômage reste stable. C'est magique.

Autrement dit, 178 000 emplois créés dans un monde où le break-even est proche de zéro, c'est statistiquement impressionnant et économiquement, ça raconte juste qu'il n'y a plus personne qui cherche à rentrer sur le marché du travail.

Et la Fed dans tout ça ? Et bien la Fed, elle ne bouge pas. Les futurs donnent 77 % de probabilité de statu quo jusqu'à fin 2026, et même, et c'est nouveau, une petite probabilité de hausse des taux réapparaît malgré les commentaires de Powell cette semaine, malgré Warge qui va arriver en mai avec la ferme intention de trancher dans le vif et baisser massivement les taux. 10 % de probabilité de hausse des taux contre 0,2 % la veille.

Donc, vous avez bien compris, on commence à presser une hausse des taux pour la fin de l'année avec une guerre en Iran, un pétrole qui flambe et une inflation qui devrait repasser au-dessus des 3 % la semaine prochaine. La Fed fait donc ce qu'elle fait de mieux à l'heure actuelle : attendre, observer, réfléchir et surtout ne rien décider. En même temps, Powell est en roue libre. Il lui reste 6 semaines avant de partir pêcher le marlin en Floride.

En résumé, et je vais être brutal, ce rapport, c'est un beau chiffre de façade avec une plomberie intérieure qui fuit de partout. Les emplois créés viennent surtout de la santé et du retour des grévistes. Les salaires ralentissent, les gens quittent le marché du travail, et le mois prochain, une fois que la guerre en Iran, les prix de l'énergie et l'incertitude géopolitique auront eu le temps de se diffuser dans l'économie réelle, ce rapport de mars aura l'air d'une anomalie, probablement.

Et d'ailleurs, d'ailleurs, parlons des révisions. Je ne sais pas si vous vous souvenez des chiffres du mois dernier, une perte de 92 000 emplois, mais bon, ce n'était pas grave parce que la Fed, elle allait baisser les taux pour stimuler l'emploi. Et bien, ce chiffre, il était corrigé encore une fois. Et ce n'est pas moins 92 000 finalement sur le mois de février, c'est moins 133 000. Mais entre vous et moi, 41 000 jobs de plus ou moins, on s'en contrefout. Et puis il n'y a toujours pas les 30 000 ex-employés d'Oracle qui sont à pied depuis mardi dernier.

Donc, profitez de ce beau 178 000. Demandez-vous aussi comment les experts en économie qui sont payés à prix d'or peuvent se gourer à ce point tout en étant capable de nous expliquer pourquoi en ayant l'intelligence le lendemain matin. C'est ça le charme des chiffres de l'emploi sous Trump 2.0. On se réjouit déjà le mois prochain.

Alors en gros, si on doit résumer toute cette semaine, au-delà du fait que l'on traite surtout sur des publications de Trump et sur les réseaux sociaux, il faut retenir que le WTI est à près de 112 dollars le baril, une hausse de 94 % sur le trimestre, sa plus forte envolée depuis la guerre du Golfe. On parle toujours du détroit d'Ormuz qui est en gros le robinet de 20 % du pétrole mondial, et l'Iran a décidé de le fermer, ça on sait, mais pas métaphoriquement, vraiment, sauf pour leurs amis bien sûr.

Résultat, le prix de l'énergie explose et tout ce qui consomme de l'énergie, c'est-à-dire absolument tout, coûte plus cher. Mais rassurez-vous, les analystes disent que c'est temporaire, comme ils disaient que l'inflation de 2021 était transitoire. On connaît la suite.

Sur la semaine, le S&P 500 est en hausse de 3,4 %, le Dow de 3 % et le Nasdaq de 4,4 %. En pleine guerre du Moyen-Orient avec du pétrole à 112 dollars et une Fed qui ne bougera pas avant 2026, les marchés montent. Pourquoi ? Ben parce que les marchés font ce qu'ils veulent quand ils veulent, pour des raisons qu'ils vous expliqueront après coup avec la plus grande sérénité, et aussi peut-être parce qu'ils essaient de jouer l'anticipation et surtout en se rassurant sur la paix promise par Trump juste avant ou après qu'il ait voulu pulvériser les infrastructures iraniennes. C'est ça la finance moderne, un casino qui se prend pour un thermomètre.

On parle aussi un peu de la Fed avec une seule baisse des taux prévue en 2026 selon le dot plot du mois de mars, même si les marchés n'y croient plus en attendant 2027. Et en prime, on a même une petite probabilité de hausse des taux qui réapparaît discrètement dans les futurs. La Fed qui pourrait remonter les taux alors que l'économie ralentit et que la guerre fait rage. Le mot qu'on n'ose pas prononcer en ce moment, on le sait tous, c'est stagflation. Ça commence à se murmurer dans les couloirs, mais pour l'instant, on préfère vraiment le murmurer et pas le dire trop fort.

2,5 % en mars contre 1,9 % en février, plus haut depuis janvier 2025, porté par l'énergie qui flambe de 4,9 %. L'inflation est de retour en Europe. La BCE avait sorti le champagne un peu vite en croyant avoir terrassé l'inflation. Elle va maintenant devoir recalibrer sa trajectoire de baisse des taux avec une économie européenne qui ralentit d'un côté et des prix qui repartent de l'autre. Exactement le genre de situation où les banquiers centraux sortent leurs phrases préférées : "Nous prenons les décisions réunion par réunion." Traduction : on n'a aucune idée de ce qu'on va faire et on gère les taux à tâtons.

Et puis en Allemagne, ça commence aussi à tousser. L'IFO et ses amis révisent la croissance allemande de 2026 de 1,3 % à 0,6 %. 50 % dans les dents en un seul trimestre. Raison invoquée : le choc énergétique iranien, bien sûr. Raison non invoquée, mais bien présente quand même : l'industrie allemande était déjà à genoux avant la guerre entre la crise automobile, la concurrence chinoise et des coûts énergétiques structurellement élevés. Depuis 2022, l'Iran n'a fait qu'appuyer sur quelque chose qui était déjà bien fragile. 0,6 % de croissance pour la première économie européenne, c'est techniquement de la croissance. C'est aussi techniquement de la récession déguisée en statistique présentable.

Et puis il y a le déficit commercial américain qui est moins pire que prévu. Bonne surprise relative. 57,3 milliards de dollars en février contre 62 milliards attendus et -55 % par rapport à l'an dernier. C'est impressionnant, non ? Oui, mais non. L'an dernier, les entreprises américaines stockaient frénétiquement des importations avant les tarifs de Trump. Donc la base de comparaison est totalement absurde. C'est comme se féliciter de moins manger ce mois-ci en oubliant qu'on a fait 6 repas par jour de 12 000 calories par jour le mois précédent. Le chiffre est flatteur, la réalité est artificielle, les économistes le savent, mais ils publient quand même avec enthousiasme histoire de ne pas se fâcher avec la Maison Blanche.

Et puis les problèmes du private credit sont toujours présents, mais on n'écoute pas et on préfère le garder pour plus tard, comme toujours, comme à chaque fois. Et comme à chaque fois, tout le monde sera surpris.

On notera encore qu'en Suisse, l'inflation s'est accélérée à 0,3 % au mois de mars en comparaison annuelle après des hausses de 0,1 % en janvier et en février. Le rebond est donc modeste au regard des attentes des économistes qui articulaient des valeurs entre 0,3 et 0,6 %. Le renchérissement en Suisse demeure sensiblement plus modéré que dans la zone euro. Heureusement qu'on roule tous en voiture électrique et que le prix de l'électricité ne monte pas.

On attaque les performances de la semaine. Alors, vous voyez donc sur une semaine que évidemment c'est le pétrole qui remporte la coupe, plus de 12 % sur la semaine. Le MIB qui reprend 5,18 % avec les espoirs, les espoirs de voir encore une fois la paix arriver dans le monde, hein. C'est le cas sur le MIB, sur le Semiconductor Index, sur le Dow Jones, sur le Footsie, sur l'IBEX. Enfin, vous voyez, tous les indices ont rebondi massivement cette semaine. On sait à cause du fait que ben ça va bientôt se régler peut-être, mais c'est même pas sûr. En tout cas, c'est bien remonté. Même l'or a pris quasiment 4 %. Le SMI dans une moindre mesure gagne 3,28 % sur la semaine quand même. Et puis le Bitcoin ne fait rien pendant que Hong Kong, la Chine et le Japon sont dans le coma. Pour l'instant, il y a encore pas mal de doutes du côté de l'Asie parce qu'on sait quand même que eux, avec le détroit d'Ormuz qui est fermé, eux en souffrent peut-être un tout petit peu plus que les Américains et que les Européens niveau consommation pétrolière.

Du côté de la Suisse, alors pas grand-chose à dire, hein, le marché a surtout bougé par rapport à ce qui s'est dit et ce qui s'est fait sur les déclarations de Trump. Donc le marché a principalement bougé là-dessus, vous le savez. Néanmoins, la performance de la semaine, c'est Kuehne+Nagel. On va y revenir. UBS Group, on va y revenir également, et vous voyez qu'il y a seulement Givaudan qui termine péniblement en baisse de 0,41 %. Pour le reste, on va dire que c'est un rebond technique sur l'indice helvétique cette semaine.

Ce qui nous amène donc au graphique de la semaine. Donc la Suisse a comme prévu, j'ai envie de dire, rebondi donc sur le bas de son canal haussier. C'était déjà la semaine dernière. Et puis ça remonte gentiment en direction des 13 000 points. On termine juste en dessous cette semaine. Vous voyez qu'on hésite, hein, mais on suit simplement le reste des mouvements du marché. On voit qu'il y a des gaps un peu partout. On ne sait pas trop comment ouvrir. On est vraiment tributaire de ce qui se dit à droite et à gauche dans le monde, surtout lié à la guerre et au pétrole. Résultat, on suit un peu le mouvement comme les autres. Prochain objectif : aller rechercher la moyenne mobile des 50 jours à 13 238. Et puis en attendant, et bien on a de nouveau un espèce de support qui se dessine sur les 12 626 avec la moyenne mobile des 200 jours, ce qui nous permettrait d'aller combler les gaps qu'on a un petit peu laissés derrière, et puis support ultime à 12 300 sur le SMI où là clairement il faut essayer de réaccumuler du papier.

L'indice américain a donc rebondi. Alors maintenant, regardez juste un petit peu ce qui s'est passé. Regardez ce trait là. Si on regarde cette tendance que j'ai tirée depuis un moment, si on essaie de l'aligner aujourd'hui, euh, après à savoir quand c'est où est-ce qu'on veut la poser, mais plus ou moins, vous voyez quand même qu'on a cassé cette tendance, ce support qu'on avait récemment. Donc le support, on l'a cassé l'autre jour à la baisse. On est allé chercher les extrêmes à 6 300 points. Trump a parlé de paix et puis on a rebondi et plus ou moins on s'arrête de nouveau dans cette zone. Alors la bonne nouvelle, c'est qu'on est revenu au-dessus du support. La mauvaise, c'est qu'on est toujours au-dessous de la moyenne mobile des 200 jours. Et la question qu'on peut se poser, c'est est-ce que ça c'est pas simplement un dead cat bounce avant qu'on ait la prochaine leg à la baisse ? Mais ça bien sûr, ça dépendra un peu de ce qui va se dire la semaine prochaine au niveau du baril et au niveau du président américain, je ne vous le cache pas.

Le Nasdaq, il a suivi le mouvement. Lui aussi, il est revenu légèrement au-dessus de son ancien support, à surveiller attentivement. Il faudra aussi que les Magnificent Seven se réveillent, parce que pour l'instant, on souffre toujours d'un manque de leadership au niveau de la tech. C'est pas une nouveauté.

Puisqu'on parle de leadership au niveau de la tech, vous voyez que le SOX fait exactement ce qu'on lui demandait de faire. À savoir lui, il avait un support qui se construisait sur ces niveaux-là autour des 7 350 et des poussières. On est venu se poser pile poil dessus. Là, on a fait notre exagération. On revient en dessus, on termine parfaitement bien sur la semaine. Donc c'est la chose qui me rassure pour l'instant, c'est que le Semiconductor Index continue lui de bien se comporter et tant qu'il ne nous fait pas une cassure majeure à la baisse, c'est que plutôt cet indicateur avancé, on va rester positif parce que ça veut dire que ça tient toujours et qu'on y croit encore.

Du rebond, du rebond, encore du rebond. Vous voyez que la France est allée chercher il y a quelques semaines les 7 500, on est remonté quasiment à 8 000. Donc de nouveau le prochain but sera de recasser les 8 000. Mais on est revenu sur notre support qu'on avait dans cette zone là, juste un peu en dessous des 8 000. Donc pour l'instant jusque là, ça va. Il faudrait qu'on confirme. Mais là encore un peu à l'image du S&P 500, on voit qu'on est venu rechercher l'ancien support. On se pose contre. Le risque c'est qu'on ait une nouvelle correction de M. Mais là encore dépendra de l'aspect géopolitique.

L'Allemagne, c'est pareil. On est revenu tester le support mais on ne parvient pas à clôturer en dessus. Ouais, on va dire on peut pinailler. Allez, allez, disons qu'on est allé taper. On termine juste en dessus du support sur le DAX. La grande question, c'est comme je vous viens de l'expliquer, l'économie allemande ne va pas bien du tout. Euh, les perspectives ne sont pas bonnes du tout et s'ils sont dépendants de la crise énergétique américano-iranienne, ça risque de tirer encore un petit peu ces prochains temps.

Vous voyez que l'or a entamé son rebond la semaine dernière. Donc gentiment, on repart à la hausse, on retermine un petit peu de manière hésitante. Là, on a marqué un top intermédiaire à 4 800 à surveiller, mais en tous les cas, on a l'air de s'y intéresser un tout petit peu plus à nouveau après la forte correction qu'on avait eue il y a deux semaines en arrière.

Et puis champion du monde. Euh, vous voyez le WTI. Euh, donc on est à 111,54 en clôture vendredi soir. On verra comment ça va ouvrir lundi matin. Mais bon, ça reste la clé de tout. Euh, s'il continue, il y a pas mal d'analystes qui disent que si ça continue encore un peu cette guerre, on va facilement chercher les 120, puis après, on parle des 150 plus haut. Euh, donc si on continue comme ça, ça va ça va poser problème. Et ce qui est assez impressionnant sur le bilan de cette semaine, et je l'ai dit dans la vidéo d'hier, ce qui ne joue pas, c'est qu'on a un baril à 111 et un marché qui a récupéré quasiment 4,5 % sur la semaine. Il y a quelque chose qui ne joue pas quelque part dans la logique rationnelle, pour autant qu'il reste une logique rationnelle dans ces marchés.

On attaque les vedettes de la semaine. Alors comme je vous le disais, il n'y a pas vraiment de vedettes, il y a juste des titres et situations particulières à observer.

Et on attaque avec Kuehne+Nagel puisque au vu de la situation actuelle, Kuehne+Nagel traverse une période de vaches maigres opérationnelles. Les chiffres de 2025 sont sans ambiguïté : un EBIT récurrent en recul de 14 %, un bénéfice par action qui dévisse de 25 %, un fret maritime avec des profits qui perdent 46 % et un Q4 qui ressemble davantage à un bilan de guerre qu'à un rapport annuel d'un des leaders mondiaux de la logistique. La direction a réagi cet automne avec un plan de réduction des coûts. Et quand on dit réduction des coûts dans le jargon corporate, ça se traduit très concrètement par 2 000 personnes qui reçoivent une lettre recommandée ou un mail avec effet immédiat, que le blanc en priorité. Les entrepôts eux continuent à embaucher, la disruption numérique d'un côté et le béton et les cartons, le concret de l'autre si vous voulez.

La semaine a été dominée par la communication K+N. Rapport de durabilité 2025, nouveaux objectifs carbone, net zéro 2050, électricité 100 % renouvelable, 65 000 tonnes d'émissions évitées. Tout ça est réel, documenté et probablement sincère, mais le timing est aussi disons pratique. Publier une belle vitrine verte quelques semaines après avoir annoncé 2 000 suppressions de jobs et des profits en chute libre. C'est une technique de communication aussi vieille que le capitalisme : donner à regarder ailleurs pendant que la maison se réorganise. C'est pas une critique, c'est simplement une observation.

Sur le plan boursier, le marché ne se laisse pas embobiner par les beaux discours sur la planète. Le consensus des analystes est clairement du côté des sceptiques. Note globale "reduce", cinq vendeurs contre trois acheteurs et HSBC qui dégrade, et un cours qui flirte avec les 187 francs suisses. Alors que le sommet de ses 52 semaines est à 197 francs. La société aujourd'hui autour des 22 milliards de francs suisses. C'est pas rien, mais le titre a perdu son lustre depuis les années fastes de la pandémie quand les taux de fret stratosphériques transformaient chaque container en machine à cash. Néanmoins, Kuehne+Nagel, meilleure performance du SMI cette semaine avec près de 9,3 % de hausse. Et tout ça parce qu'on espère que la guerre va se décanter et que le business va s'améliorer. À moins qu'on pense que la guerre va durer et que les tarifs de fret maritime vont reprendre l'ascenseur comme au bon vieux temps du Covid.

Le graphique se passe de commentaires. Vous voyez, on joue la paix avec le reste, hein. Donc pour l'instant sur Kuehne+Nagel, on a un range qui passe par le bas ici dans la zone des 163 francs. Il faut essayer de se repositionner et puis il faudra voir comment elle va se comporter quand elle va revenir sur les hauts de sa résistance sur les 191, 192 francs suisses. Si on arrive à casser là, on aura du chemin à faire pour aller chercher un petit peu plus haut. Sinon, ça risque bien de se transformer en un truc qu'on pourrait jouer dans un range comme on sait si bien le faire dans cette direction là.

L'autre performance de la semaine, c'est l'UBS qui a repris près de 7 % sur la semaine dans la foulée de rapports qui indiquent que des parlementaires suisses seraient enclins à assouplir certaines des exigences strictes en matière de fonds propres. Plus précisément, un groupe de parlementaires des deux chambres, le Conseil national et le Conseil des États, auraient envoyé des signaux rassurants à la direction d'UBS. Selon ce rapport, l'objectif serait d'atténuer les nouvelles exigences strictes en matière de fonds propres. Un noyau de parlementaires qui juge ces exigences trop sévères a fait savoir à l'UBS qu'il souhaitait résoudre le problème en trouvant un compromis. Des parlementaires qui ne sont pas très chauds de voir l'UBS se tirer à l'étranger en cas de désaccord.

Les parlementaires proposent donc d'autoriser UBS à utiliser de la dette AT1 pour couvrir jusqu'à la moitié de la capitalisation de ses filiales étrangères, ce qui réduirait considérablement le choc global sur le capital. La composition multiparti du groupe de politiciens proposant le compromis a encouragé analystes et investisseurs, et les quatre partis représentent une majorité de parlementaires dans les deux chambres. En clair, au lieu de lever 22 milliards en capital action onéreux, UBS pourrait émettre de la dette AT1, moins chère, moins dilutive pour les actionnaires. C'est la différence entre devoir vendre sa maison et pouvoir contracter une hypothèque.

Depuis que les propositions réglementaires ont été évoquées, pour la première fois en avril 2024, l'action a sous-performé l'indice Eurostoxx Banks. On peut donc dire que le dossier réglementaire a littéralement coûté des dizaines de milliards de valorisation à UBS et à ses actionnaires. Le calendrier donc le suivant : à partir de mai, la commission de l'économie et des redevances du Conseil national devrait prendre en main le processus. Les propositions seront vraisemblablement débattues par les parlementaires lors de la session d'été débutant en juin.

En résumé, UBS joue une partie d'échecs à trois niveaux : contre le gouvernement qui tient la ligne dure, avec le parlement qui lui fait des clins d'œil en coulisse, et devant les marchés qui font monter le titre à chaque rumeur de compromis et le font chuter à chaque déception ou à chaque discours de KKS. Le +7 % de la semaine, c'est le marché qui price une probabilité croissante qu'UBS l'emporte. Mais comme le dit une source proche du dossier, même si des assurances sont données, rien ne garantit que le résultat final sera acceptable. Le feuilleton continue.

Le graphique, vous le voyez, ben on a salué ces rumeurs entre guillemets. On termine néanmoins la semaine pile poil en dessous de la moyenne des 200 jours, mais ça va un petit peu mieux. Mais autant vous dire que si les choses se décantent, il y aura effectivement un gros gros potentiel de rattrapage ces prochains temps. Mais pour l'instant, ça reste encore assez mystérieux. Gros point d'entrée. Si ça devait se replier sur les 28 en dessous, ce serait mieux qu'on n'aille pas chercher beaucoup plus bas sur l'UBS. Ça ne ferait aucun sens. Ça voudrait laisser surtout entendre que potentiellement et bien il n'y aurait pas d'accord à la fin.

Partners Group a clôturé la semaine à 866 francs avec un recul de près de 16 % depuis le début de l'année et de 22,7 % sur 12 mois. Alors que les résultats 2025 affichent une hausse des revenus de 20 % à plus de 2,5 milliards de francs suisses. Un écart qui est assez difficile à justifier par les fondamentaux à eux tout seuls. Les craintes qui pèsent actuellement sur Partners Group portent principalement sur l'exposition au SaaS.

Alors, le SaaS, Software as a Service, est un logiciel que vous n'achetez plus mais que vous louez via internet sur un abonnement mensuel. Pensez Microsoft Office 365, Salesforce ou Spotify. Le fournisseur héberge tout sur ses serveurs. Vous payez chaque mois pour y accéder. Pas de CD, pas d'installation, juste un login et une carte bancaire. C'est ce type de service, ce secteur, largement anticipé comme étant impacté par l'IA, on en a beaucoup parlé avec l'affaire Oracle et les softwares en général ces derniers temps, et sur des risques de rachat dans certains fonds de crédit privé. On en parle régulièrement même si tout le monde s'en fout.

Le problème c'est l'exposition au logiciel où Partners Group agit en investisseur principal direct. Bah chez eux, ça représente que 1,8 % du portefeuille et 4,6 % sur l'ensemble de la boîte. Le marché punit donc la firme pour des risques quasi absents de son bilan. Contagion sectorielle classique : on vend d'abord et on se pose des questions ensuite.

Cette semaine, Partners Group a nommé un co-head pour son vertical private equity santé et sciences de la vie et sera en discussion préliminaire pour acquérir une participation dans Est Minds Technologies spécialisé dans les services IT et IA. Double signal : diversification défensive d'un côté, offensive IA de l'autre. Les huit analystes couvrant le titre sont tous à l'achat. Zéro vendeur avec une cible moyenne à 1 230 francs, soit un potentiel de hausse implicite de 47 % par rapport au cours actuel. La valeur intrinsèque estimée dépasse les 1 350 francs suisses par action. Soit le marché voit quelque chose que le chiffre ne montre pas encore, soit c'est une erreur de pricing massive dont les acheteurs de conviction profiteront ou pas.

Le 20 mai, il y aura l'assemblée générale avec vote sur un dividende de 46 francs par action, puis rapport semi-annuel le 1er septembre. D'ici là, la trajectoire des entrées de capitaux client sera le principal baromètre pour le titre et l'objectif affiché est de collecter entre 26 et 32 milliards de dollars en 2026. En conclusion, si les choses se calment dans le secteur du software et des fonds private credit, Partners Group fera partie des clients potentiels au rebond massif qui suivra.

Voilà, le graphique ne veut rien dire puisqu'on vient de parler de chiffres et de net asset value et d'interprétation des nouvelles, mais vous voyez quand même que là où on en est, euh, effectivement par rapport aux chiffres qu'on voit, et bien c'est pas cher et on est revenu quand même sur les bas de 2023. Donc, euh, je ne sais pas, mais si on n'en rachète pas maintenant, on n'essaie pas quelque chose maintenant, ça me paraît un peu tristounet quand même parce que je pense que là si on regarde simplement les données qu'on a, et bien c'est clairement sous-évalué.

On passe maintenant aux échos de la semaine où Idorsia a revendiqué à l'issue d'un programme clinique intermédiaire une efficacité de son somnifère Daridorexant sur les patients âgés de 10 à 17 ans. Le développeur d'application de réhabilitation MindMaze a revendiqué une efficacité de sa suite thérapeutique. SoftwareOne a présenté un exercice 2025 concluant mais a fait les frais d'une importante cession de 7 millions d'actions par le fondateur Beat Curty. DKSH a été traité ex-dividende de 2 francs 50, tout comme la Banque Cantonale de Bâle-Campagne pour 42 francs et VZ Holding qui payait 295 francs suisses. SHL Telemedicine est resté largement déficitaire l'an dernier. Jungfraubahn a livré de son côté une performance largement conforme aux attentes assortie de perspectives timides. Et puis la société immobilière Varia a sensiblement creusé ses pertes l'an dernier malgré d'importantes cessions.

Le conseil d'administration de Leonteq a retiré la proposition de décharge des membres du conseil d'administration et de la direction pour les exercices 2024 et 2025. Une motion sera présentée lors d'une prochaine assemblée générale. Plusieurs changements interviennent à la direction générale de Datwyler. Le conseil d'administration a notamment nommé Cindy Rise Clark, directrice opérationnelle de Healthcare, unité active dans le domaine de la santé. Comax s'est séparé avec effet immédiat du patron Matthias Meyer. Le groupe se réorientant après avoir achevé sa phase de transformation. Inficon a été vivement recherché suite à la reprise de couverture par Morgan Stanley qui a entamé la couverture du titre à "overweight". Small World, elle, tombait dans les chiffres rouges au terme de l'exercice 2025. Lastminute s'estime protégé des effets du conflit au Moyen-Orient notamment par son empreinte géographique essentiellement européenne. Il propose un dividende inchangé à 41 centimes d'euros par action au titre de l'exercice de 2025. Evis Victoria a creusé sa perte l'an dernier à 25,6 millions contre 8,3 millions de pertes l'année précédente. Romande Energie a fini à l'équilibre après avoir annoncé être devenu l'actionnaire majoritaire du réseau de chauffage Thermoréseau.

Voilà, c'est fini pour cette semaine. Une semaine tronquée, manipulée, pétrifiée par le pétrole et rythmée par les tweets d'un homme qui dirige la première puissance mondiale depuis son téléphone entre deux parties de golf.

La semaine prochaine, je pense que vous devriez surveiller, et je dis surveiller parce que comprendre ça serait vachement gonflé. Et tout d'abord, il y aura le CPI américain du mois de mars qui sera publié ainsi que le PCE. L'inflation, celle qu'on nous promettait transitoire en 2021, elle devrait repasser au-dessus des 3 %, ce qui signifie que la Fed va continuer à ne rien faire mais en ayant l'air en même temps très occupé à le justifier.

Et il y aura bien sûr le détroit d'Ormuz, ouvert, fermé, entrouvert, rouvert aux amis, fermé aux ennemis, le robinet géopolitique qui fait bouger tous les marchés de la planète en ce moment. Chaque rumeur de négociation ou d'escalade déplacera les indices de 2 % dans un sens ou dans l'autre et le pétrole bougera lui de 10 % à chaque fois.

Il y aura aussi le lancement de la saison des trimestriels qui arrive gentiment, pas la semaine qui vient mais la semaine suivante. On va donc peut-être pouvoir commencer à reparler des fondamentaux. Enfin, si Trump se tait plus de 24 heures, il y aura donc à partir du 14 avril JP Morgan, Wells Fargo, Citi et cetera et cetera. Ça sera l'ouverture de la saison du Q1 mais donc c'est pour dans 10 jours.

On parlera aussi de la Fed et de la réunion de la Fed du 28, 29 avril qui approche parce qu'il faut aussi montrer qu'on parle d'autres choses. Warge arrivera en mai, Powell s'en ira. La transition s'annonce animée et pendant tout ça, les marchés vont continuer à faire ce qu'ils font le mieux : monter sur les bonnes nouvelles, monter sur les mauvaises nouvelles en espérant que ça finisse bien et s'effondrer sans raison apparente ou alors juste sur l'interprétation d'un tweet de Donald Trump.

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