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Alors, ça vous est déjà sûrement arrivé d'être pris pour un menteur en disant la pure vérité. Imaginez encore pire : être pris pour un fou en étant totalement sain d'esprit.
Mais là, on se retrouve pour découvrir l'histoire de Laeticia, qui vous dira peut-être quelque chose. Parce qu'en effet, avec mon équipe, du coup, on a sorti cette vidéo il y a quelques temps, mais on a dû la supprimer parce que vous étiez nombreux à raison à dire en commentaire que l'histoire n'était pas très réaliste. Alors déjà, merci d'avoir réagi, d'être sensible au sujet de la santé mentale.
Et là, je me permets de faire le disclaimer : ce qu'on raconte, c'est le vécu de Laeticia, un peu comme dans tous les contes plus courts qu'on a fait, du coup, et toutes les histoires sur la chaîne. Donc, c'est son point de vue, son ressenti, son traumatisme, en fait. Et ça, elle l'a vécu il y a une vingtaine d'années. Donc, comme je ne cherche pas à dénaturer ses propos, et bien, j'ai raconté l'histoire telle quelle, en reformulant un petit peu, évidemment. Cependant, bon, on a quand même pris en compte vos remarques et on a retiré les passages les plus problématiques.
Là, à travers ces vidéos, mon but, c'est pas d'expliquer comment ça se passe dans un hôpital psychiatrique. Là, je raconte juste une version des faits très hardcore, on va dire, puisque c'est un peu le propos de la chaîne aussi, de trouver les pires choses qu'on peut trouver. Heureusement, du coup, les hôpitaux psychiatriques ne sont pas comme ça aujourd'hui, et on peut y être bien traité pour différents troubles mentaux. C'est ok, c'est normal. Donc, voilà, sachez que ce témoignage, celui de Laeticia, ne reflète pas du tout mon point de vue sur le milieu de la psychiatrie. Bien au contraire, c'est comme parler, en fait, des horribles choses qui sont passées au Japon, ou dans un train, ou alors dans une auberge de jeunesse. Ça veut pas dire que tous ces endroits sont affreux, non. Ça veut juste dire qu'il y a des gens très rares, sans doute, qui ont vécu des choses affreuses.
Donc, vous allez voir, ce qui va suivre dans cette vidéo, ça va très loin, c'est très chaud, mais ça veut pas dire qu'il faut avoir peur des hôpitaux psychiatriques. Si vous êtes en détresse, faites-vous aider, ce sont des endroits spécialisés pour ça. Juste, elle, ça s'est mal passé pour elle parce que, bah, c'était très différent. Vous découvrirez ça de toute façon. Bref, on se retrouve dans ce nouveau format de vidéo pour découvrir des histoires vraies liées à des lieux parfois particulièrement sombres.
Alors, comme d'habitude, on a alterné voix off et puis du coup, facecam avec moi. Alors, posez-vous confortablement, sortez les pop-corn, mettez-vous sous la couette, faites-vous plaisir, il y en a pour un petit temps. Et là, le témoignage que nous avons recueilli vient du média Vice, qui a interviewé une certaine Laeticia. Au moment des faits, c'était une ado qui avait été envoyée de force à 16 ans dans un hôpital psychiatrique et qui s'en est échappée. Donc, au programme, on découvrira le traitement qu'on réservait aux nouveaux patients dans un hôpital psy, la routine très spéciale qui a subi Laeticia, ou même son plan d'évasion pour voir s'il a fonctionné comme prévu. Bref, sans plus attendre, c'est parti pour une immersion forcée dans un hôpital psychiatrique.
Alors, l'histoire de Laeticia commence le 20 février 2005. En tout cas, à l'époque, elle est élève en seconde, elle a donc 16 ans. Et je précise que tous les noms, d'ailleurs, ont été modifiés, même celui de Laeticia, car elle tenait à rester anonyme. D'ailleurs, pour vous donner le contexte, Laeticia raconte que depuis toute petite, elle a des tendances dépressives. Alors, au fil du temps, elle commence à faire des crises d'agoraphobie. L'agoraphobie, en gros, c'est la peur de la foule. C'est vraiment handicapant, et le simple fait d'aller dans les lieux publics, bah, ça nous terrorise. Ça devient de plus en plus envahissant et ça n'arrange pas sa situation générale. Bon, clairement, c'est quand même un vrai handicap, car quand tu es agoraphobe, bah, tu peux pas trop sortir dehors, aller dans les lieux publics, quand il y a plus de deux personnes, en gros, tu commences à être angoissé. Enfin, c'est un peu l'enfer. Beaucoup d'agoraphobes sont parfaitement incapables d'aller faire leurs courses, par exemple.
Alors, vous imaginez bien qu'avec ce trouble, le lycée, c'est un véritable cauchemar pour moi. Surtout qu'une crise d'agoraphobie, bah, ça ne plaisante pas. Ça commence déjà avec la sensation d'étouffer, puis ça peut rapidement évoluer en angoisse avec des tremblements de plus en plus violents, jusqu'à atteindre de plus grosses proportions, comme la peur de mourir.
Et Laeticia, elle, bah, elle sait très bien d'où viennent tous ces troubles. Et là, bon, attention, je vous préviens quand même, c'est un sujet un petit peu sensible, parce que entre ses 4 et 8 ans, elle était régulièrement violée par les voisins de sa famille. On voit le contexte assez lourd de tout ça, et de ça a émergé sa dépression, son agoraphobie, ce genre de choses. Donc, ça a laissé des bonnes cicatrices assez profondes et encore béantes. D'ailleurs, tous les jours, elle a des souvenirs horribles qui popent et qui viennent la hanter. Et quand elle est arrivée au lycée, ça n'a fait qu'empirer les choses.
À ce moment-là, Laeticia est en difficulté scolaire et elle se glisse petit à petit sur la mauvaise pente. Je fume régulièrement de l'herbe, je bois de l'alcool de façon démesurée, et forcément, bah, ça crée de grosses tensions avec mes parents. Et alors, un jour, elle n'arrive plus à supporter ses souffrances. Là, la réalité est trop douloureuse, et à ce moment-là, Laeticia avale une grosse dose de somnifères qu'elle mélange avec de l'alcool. Un cocktail qui, je rappelle, du coup, est quand même très dangereux, voire même parfois mortel. Pourtant, elle ne cherche pas à mourir, elle veut simplement oublier tout ce qui la tourmente. C'est juste un échappatoire. Bref, le temps passe et quelques heures plus tard, Laeticia s'effondre sur son bureau en plein cours de maths. Et ensuite, pour elle, c'est le trou noir.
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J'ouvre les yeux, et là, j'ai vraiment l'impression d'être le personnage principal d'un très mauvais film d'horreur, avec des médecins et mes parents installés au premier rang, genre comme des invités d'honneur, en fait. Ils sont tous réunis pour décider de mon propre sort. Là, elle entend les médecins dire que son état de dépression est trop problématique. Ils conseillent aux parents de faire interner Laeticia immédiatement en hôpital psychiatrique. J'assiste à toute cette scène dans un état second. Je pense qu'on m'a complètement shootée avec des calmants à ce moment-là, et je me sens parfaitement incapable d'intervenir. Elle est donc, bah, passive devant le sort qu'on lui réserve.
Et d'ailleurs, la réponse de ses parents ne se fait pas attendre. Ils sont inquiets pour leurs filles, logiquement, et ils ne savent plus trop quoi faire. Et pour eux, c'est la seule solution, et ils acceptent donc de l'envoyer dans un asile psychiatrique contre son gré. D'ailleurs, petite parenthèse, je vais dire à quelques reprises le mot asile. Il faut pas le voir comme une attaque ou comme, du coup, un affront. C'est juste simplement que je reprends les mots qu'avait utilisés Laeticia au moment des faits. Faut savoir qu'à l'époque, du coup, le mot asile psychiatrique ou asile, ça se disait juste. Bon, ben, les mœurs ont évolué, donc voilà. Dans les faits, je le rappelle encore une fois, c'est un hôpital psychiatrique. En tout cas, aujourd'hui, ça s'appelle comme ça.
À ce moment-là, je sens que les calmants commencent à faire moins effet sur moi, et j'arrive à parler un petit peu. Alors, je me mets à supplier mes parents de changer d'avis. Sauf que, bah, c'est trop tard. Les billets sont déjà achetés. Alors, je rappelle qu'elle a 16 ans, donc mineure, et donc elle est totalement soumise à la décision de ses parents. Elle ne peut pas choisir où elle va. Alors, à ce moment-là, elle tente de se lever, elle tente de s'enfuir, mais le personnel la chope et la traîne de force dans une ambulance.
Les 20 minutes de route vers l'hôpital psy m'ont été insupportables. J'ai l'impression qu'on me fait traverser le Styx. Le Styx, pour rappel, c'est le fleuve des enfers dans la mythologie grecque. D'ailleurs, il y a le Styx, il y en a plusieurs, il y a aussi le Léthé qu'on connaît, parce que c'est le fleuve de l'oubli. Quand tu bois l'eau dedans, tu oublies ta life et tout. Bon, une galère quoi. Bref, à ce moment-là, Laeticia ne pensait pas que sa vie pouvait être pire, et pourtant, ce n'est que le début. Elle est encore loin de s'imaginer la suite.
Alors, une fois arrivée, Laeticia subit une fouille super humiliante par le personnel hospitalier. En fait, le moindre de ses objets est vu comme un danger potentiel. On lui ordonne d'aller enfiler un genre de vieux pyjama bleu XXL et des chaussures en tissu, genre pire que les miennes. Regardez-moi ça, c'est ça, c'est mes chaussures, vous avez vu les modèles ? Voilà, c'est pire que ça. C'est choquant, c'est choquant. Bah, elle, c'était pire. Une fois que c'est fait, on l'emmène dans une chambre sinistre et sans âme. D'ailleurs, le souvenir de cette pièce reste encore aujourd'hui clairement gravé dans ses cauchemars. Et là, pour être bien sûr que Laeticia ne s'enfuit pas, le personnel l'attache avec des sangles sur le lit, puis la laisse comme ça. Laeticia a à peine le temps de comprendre ce qui lui arrive que déjà, la porte se ferme derrière elle.
À cet instant, je me demande si je sortirai un jour de cet enfer, si je pourrai reprendre le contrôle de ma vie. Je me sens totalement dépossédée de mon corps, de mon identité, de ma liberté. En fait, j'ai l'impression d'être punie une deuxième fois par la vie.
Alors, le lendemain, Laeticia est conduite dans la zone réservée aux adolescents. Et là-bas, alors, il y a aucune déco, tout est blanc, tout est aseptisé, bref, pas ouf. Et le premier contact avec les autres patients n'est pas beaucoup mieux. Faut vous imaginer leur visage, assez marqué par la souffrance, on dirait qu'ils sont plus vraiment eux-mêmes, ils sont plus vraiment là. Aussi, elle croise plein d'autres ados avec des problèmes psychologiques plus ou moins graves. Et puis, au milieu, il y a elle, Laeticia, une ado dépressive qui ne se sent pas du tout à sa place.
Tout à coup, il y a un mec plus jeune qui s'approche de moi et qui me scanne de la tête aux pieds. Et là, il me demande : "Salut, tu aimes Bob Marley ?" Alors, Laeticia s'attendait pas à ça. Elle lui répond que ouais, ouais, ouais. Elle s'éloigne, pas hyper à l'aise. Mais 2 minutes plus tard, le mec revient à la charge et il me dit : "Tu connais Bob Marley ?" Donc, là, je me dis qu'il essaie peut-être de savoir si je peux lui filer de l'herbe à fumer. Vous savez, le shit, la Marie. On a fait une vidéo sur une autre chaîne qui a bien marché. Voilà, je dis ça, je dis rien. Voilà. Alors, bon, elle dit : "Ce garçon a un petit souci, soit il est bloqué dans une boucle mentale infinie, soit autre chose." En tout cas, elle essaie de l'esquiver.
D'ailleurs, les deux premières semaines qui passent, on lui interdit la visite et les coups de téléphone, et on lui impose quotidiennement des séances avec des médecins. Bref, une routine s'installe qui est probablement pire que ce que vous pouvez imaginer. En fait, c'est un peu comme débuter une aventure dans un jeu vidéo, mais en mode difficile. Tu n'as pas d'armes, pas d'armure, pas de potion de soin, et aucun objet à toi, à part le vieux pyjama XXL bleu que que je porte H24 et qui n'est lavé qu'une seule fois par semaine.
Les journées dans l'hôpital psychiatrique sont interminables. C'est comme si le passé, le présent et le futur fusionnaient en une seule réalité, et un véritable cauchemar sans avenir et sans fin se passe tous les jours. Là, Laeticia est vraiment seule avec son désespoir. Le but, c'est d'enlever aux patients tout moyen de faire une connerie. Sauf qu'il ne faut pas se leurer, quoi. Si j'avais vraiment voulu mettre fin à mes jours dans ma chambre, c'était tout à fait réalisable. Donc, un internement pour soi-disant me protéger de moi, c'est totalement hypocrite.
D'ailleurs, dans les couloirs et les salles, il y a un silence de mort, et ce silence est juste interrompu de temps en temps par des cris ou des rires hystériques, et quand même clairement flippant. En fait, Laeticia, elle a l'impression d'être entrée dans une réalité parallèle avec des nouvelles règles horribles. Faut vous imaginer aussi, les moments de repas ne sont pas mieux. Tout le monde est forcé d'avaler des tonnes de médicaments divers et variés. Et là, à la moindre occasion, bah, Laeticia les jette discrètement dans les plantes les plus proches. Mais bon, à part ça, les discussions sont rares à table, c'est des échanges de regard sans aucune complicité, un peu comme quand vous arrivez les premiers jours au lycée ou au collège, où personne n'ose parler, c'est ça, mais en pire, quoi. Là, chacun se demande comment l'autre trouve la force de supporter cette situation surréaliste.
Je me rends très vite compte que tout le monde ici est résigné. Les autres ados savent qu'ils sont pris au piège, chez eux, ça se voit que toute trace d'espoir a disparu depuis longtemps. Les jours passent, les jours passent, et Laeticia comprend que sa nouvelle vie ici est un combat constant, à la fois contre ses propres démons et contre son internement forcé.
Et alors, elle se met à lire pour essayer de s'évader mentalement et pour retrouver un peu de liberté. Mais on n'a pas encore parlé d'un sacré morceau : les séances avec les médecins. Dans ces moments-là, je me sens tellement vulnérable. À chaque fois, avant d'y aller, j'ai la trouille plusieurs heures à l'avance. Elle n'a rien à faire ici, elle ne veut pas être soignée, et donc, à partir de là, les séances avec les médecins n'ont aucun sens, ça ne sert à rien, ça fait perdre du temps. Mais hélas, rien n'y fait, personne ne l'écoute, c'est comme parler à un mur. Et on lui impose des séances avec le toubib tous les deux jours. Et d'ailleurs, chaque rendez-vous l'enfonce encore plus dans les règles absurdes de cet asile.
Là, faut vous imaginer que Laeticia enchaîne des visites oppressantes dans des cabinets de différents spécialistes. En plus, ces séances de 30 minutes sont absolument inutiles parce que je refuse catégoriquement de répondre aux questions des médecins. Et ça, en vrai, bah, de ne pas leur répondre, c'est la seule intimité, c'est le seul contrôle qu'elle peut garder encore sur sa vie, hein, qui est contrôlée par tous ces gens. Pourtant, c'est quand même les médecins, faut le savoir, qui ont le pouvoir de la faire sortir d'ici. Du coup, on pourrait se dire que Laeticia devrait aller dans leur sens. Sauf que, bon, elle, elle se rend compte que ça n'a aucune chance parce que leur approche est un peu, comment dire, déshumanisante, quoi. Vous vous imaginez tout un tas de questions intrusives sur sa vie très, très perso, très intime. Et en même temps, quand elle leur répond, si elle ose leur répondre, elle se sent jugée, condamnée, sans rien pouvoir faire. Elle a l'impression qu'ils sont plus intéressés, bah, c'est le toubib pour lui coller un traitement médical que pour essayer de l'aider à guérir.
Mais bon, heureusement, au milieu de cet enfer, il lui reste une petite bouffée d'oxygène ou de nicotine grâce au fumoir. Je me souviens de ces couloirs froids et aseptisés qui vont au fumoir. En gros, le fumoir, c'est une véritable cheminée du désespoir pour nous. C'est un lieu de refuge et même carrément de bad trip général pour toutes ces pauvres âmes perdues. Tout le monde vient chercher le seul petit réconfort qu'on peut trouver ici. Et Laeticia, bah, elle s'accroche aux cigarettes, un peu comme des bouées de sauvetage. Et chaque jour qu'elle réussit à tenir, c'est grâce à l'attente de savoir qu'elle va pouvoir aller dans, bah, celui-là, le fumoir. En fait, c'est un peu la seule chose qui lui permet de tenir. D'ailleurs, ces cigarettes, elles sont payées par ses parents. Et donc, s'il y a bien une raison pour laquelle elle peut les remercier, bah, c'est peut-être les cigarettes.
Alors, faut vous imaginer, les rencontres dans le fumoir sont assez furtives. Les autres patients ressemblent encore plus à des fantômes à travers la fumée. Voilà, c'est spectral, et ils s'entassent tous là en silence, sauf de temps en temps quand deux ou trois mots sont échangés. Et d'ailleurs, c'est grâce à ce lieu que Laeticia fait une rencontre décisive : un certain Dimitri. Dimitri, pour les intimes, plutôt Dimitri, c'est un gars qui est là depuis déjà pas mal de mois. Et détail important, sa chambre n'est pas très loin de la mienne. Au fil du temps, Dimitri devient vraiment la seule personne de confiance que j'ai dans cet hosto. Et vous allez voir que, bah, Laeticia ne va pas attendre pour lui demander un service.
Alors, chaque jour qui passe, c'est une épreuve pour Laeticia, mais elle est sûre d'une chose, hein. Elle ne peut pas vivre dans cet asile pour toujours. Et du coup, bah, elle est bien déterminée à partir d'ici coûte que coûte. Et pour ça, il n'y a pas beaucoup d'options. Alors, Laeticia pourrait mettre fin à ses jours, mais clairement, hors de question. Même si elle est dans le mal, elle veut survivre. Et puis, elle ne peut pas non plus compter sur l'aide de ses parents, et encore moins sur les toubibs. Et donc, il ne reste qu'une seule solution : réussir à s'évader. Et cette idée lui vient très rapidement, et ça devient d'ailleurs, au bout d'un moment, une vraie obsession.
Je passe mon temps à réfléchir à un plan d'évasion, parce que bien sûr, bah, je ne peux pas m'enfuir en claquant des doigts. Déjà, j'ai besoin de mes vêtements à moi. Si je sors en pyjama bleu XXL dans la rue, je vais vraiment être cramée direct. C'est peut-être pas pour rien qu'on les habille comme ça. Mais bon, heureusement, selon la procédure, on est censé lui rendre ses vêtements après un certain temps. Alors, ben, elle patiente plusieurs jours, plusieurs semaines, et pendant ce temps, bah, Laeticia en profite pour observer les moindres détails et peaufiner son plan. D'ailleurs, par chance, sa chambre est au rez-de-chaussée, mais sa fenêtre ne s'ouvre qu'un tout petit peu, juste assez pour laisser passer un petit filet d'air, quoi, mais pas plus. Après, théoriquement, les fenêtres des chambres des voisins, elles, elles peuvent s'ouvrir en grand, mais évidemment, les poignées ont été retirées, donc ce n'est pas possible. C'est un petit détail à se souvenir, mais qui sera essentiel plus tard.
En tout cas, Laeticia repère les moments où la surveillance est un petit peu moins stricte au cours de la journée, et elle cherche la moindre faille là-dedans. Finalement, une infirmière vient me rendre mes vêtements avec lesquels je suis arrivée. Ensuite, j'attends encore quelques jours, histoire d'être un petit peu moins surveillée. Et puis, un beau jour, bah, lors d'un repas, personne ne parle, comme d'habitude, ambiance de merde, machin, enfin, hyper glauque. Elle parvient à subtiliser un couteau au nez et à la barbe des infirmiers, et là, elle le planque dans son pantalon. C'est parfait, c'était le dernier élément dont j'avais besoin pour réussir mon plan d'évasion. Je sens que le moment est enfin venu.
En fin de journée, Laeticia attend qu'une infirmière passe, puis elle rejoint la seule personne de confiance qu'elle connaît ici, le fameux Dimitri qu'elle avait vu au fumoir. La chambre de Dimitri est pas très loin de la sienne, elle est au rez-de-chaussée, et surtout, elle fait partie de celles dont les fenêtres peuvent théoriquement s'ouvrir en grand. De son côté, lui, Dimitri, il s'en va au fumoir pour ne pas être trop impliqué dans l'évasion, et donc, il laisse le champ libre à Laeticia, qui le remercie pour son aide. Du coup, une fois que je suis seule, je dévisse la poignée de la porte de la salle de bain grâce au couteau de la cantine. Ensuite, je grimpe sur le lit de Dimitri, j'utilise cette poignée pour ouvrir la fenêtre de la chambre. Mon idée fonctionne exactement comme prévu, donc je suis bien contente, et je me glisse dehors.
Alors, Laeticia se retrouve toute seule dans le parc, et là, la nuit tombe. Elle ne sait pas du tout à quoi ressemble, d'ailleurs, la partie extérieure de cet hôpital. La seule chose qui est sûre, c'est que, bah, je dois agir très prudemment, et surtout, je dois faire absolument aucune erreur, parce que si on me chope, ma plus grande peur, c'est d'être forcée à rester ici encore plus longtemps que ce qui était prévu. Et là, elle avance le plus vite et le plus discrètement possible. Mais après seulement quelques secondes, une alarme se déclenche. Là, des voitures de surveillance démarrent et se mettent à sillonner les environs à sa recherche. Laeticia, elle se cache dans un bosquet de buissons au milieu du parc. Là, elle se dit qu'ils ne la chercheront pas ici, ils penseront qu'elle est déjà dehors. Et du coup, bah, le temps passe, et le temps passe, et elle reste alors à peu près 3 heures camouflée dans ce bosquet touffu, en sachant que je suis aussi arachnophobe, c'est vraiment une épreuve que de rester dans ces buissons, parce que croyez-moi, c'est la preuve que je tiens vraiment à ma liberté.
Au loin, c'est un vrai spectacle, si on peut dire. Je vois des patrouilles passer, des lumières, j'ai mon cœur qui bat hyper fort, et j'ai vraiment l'impression de vivre une scène de "Golden Eye". Bon, finalement, les patrouilles semblent abandonner leur traque, et là, le niveau d'adrénaline recommence à grimper pour Laeticia. Elle attend encore un peu, puis tout à coup, elle se met à sprinter vers le bout du parc. Clairement, elle a jamais couru aussi vite de sa vie. Là, elle aperçoit des grilles, et contre toute attente, elles sont plutôt simples à escalader. Et en fait, après plusieurs semaines d'enfermement de force, Laeticia semble enfin retrouver la liberté. Mais elle n'est pas encore sortie d'affaire.
Laeticia passe la fin de la nuit dehors, et au petit matin, elle saute dans le premier tramway qui l'emmène vers Lyon. Là, elle se rend chez une amie à elle. Cette amie accepte de l'accueillir temporairement dans son studio sans poser de question, et d'ailleurs, pour la première fois depuis très longtemps, Laeticia commence à se sentir mieux, malgré la fatigue.
Alors, comment va se passer la suite ? Al, déjà, elle a l'impression d'avoir fait quelque chose de grave, mais en même temps, elle n'a pas commis de crime, donc c'est pas comme une évasion de prison. Alors, du coup, à ce moment-là, est-ce que la police va lancer un avis de recherche, envoyer des enquêteurs, des hélicos, des chiens sur sa piste ? Des jours, des jours s'écoulent, rien ne se passe. Finalement, je me décide à contacter mes parents. Et ma dernière conversation avec eux avait été plus que difficile. Alors, vraiment, je redoute ce moment. J'utilise le portable de ma pote, et ne leur laisse pas le choix : s'ils veulent me revoir un jour, ils doivent me retirer à tout jamais de l'hôpital psychiatrique. Ils doivent tout mettre en ordre administrativement avec l'hosto et m'en envoyer la preuve, surtout.
Alors, ses parents sont quand même rassurés de savoir qu'elle est vivante, qu'ils puissent entendre sa voix, mais ils veulent quand même qu'elle retourne à l'hôpital. Bon, elle, elle est vraiment pas chaude pour ça, et au bout d'un moment de discussion et tout, elle trouve l'argument qui fonctionne, et elle leur dit mot pour mot que "je préfère dormir sous les ponts jusqu'à la fin de ma vie plutôt que de remettre un orteil dans cet endroit". Bon, à ce moment-là, sa mère craque, et malgré son inquiétude, elle accepte tout ce que demande sa fille.
Quelques temps plus tard, là, Laeticia reçoit effectivement la preuve de ses parents qu'ils ont fait la procédure, on va dire. Et à ce moment, le sentiment qu'elle ressent est assez, en fait, étrange. Vous voyez, elle a toujours toute cette colère envers ses parents, il y a toute la souffrance qu'elle a accumulée dans les murs de l'hôpital qui ne vont pas disparaître en claquant des doigts. Elle imagine bien qu'ils ont agi pour son bien, mais c'est pas possible de les pardonner comme ça, pas après avoir été privée de liberté sans son consentement, en plus. Mais en même temps, le soulagement est immense, et là, elle se dit que sa vie va enfin pouvoir reprendre son cours, qu'elle a réussi à regagner sa liberté.
L'histoire avec l'hôpital psychiatrique et l'internement forcé s'arrête là. Ce qui ne veut pas dire que tout est réglé pour autant. La vie de Laeticia continue, mais avec un traumatisme de plus à porter. Et d'ailleurs, 10 ans plus tard, au moment de son témoignage, elle donne son avis sur tout ça. Avec du recul, ça fait donc à peu près 10 ans que cette histoire m'est arrivée, et clairement, je suis convaincue que mon internement forcé n'a été absolument d'aucune utilité. Le seul effet que ça a eu, c'est de me mettre encore plus à terre, encore plus dans le mal, et aussi, bah, d'attiser ma haine envers les hôpitaux psychiatriques, un système qui ressemble vraiment à la prison. Là-bas, je pense que n'importe qui pourrait véritablement devenir fou, même s'il entrait en pleine santé.
Après cet épisode, Laeticia passe un nouveau cap dans la dépression, et pour soulager ses souffrances, elle tombe dans une routine encore plus malsaine qu'avant. Parce que au lieu d'un cocktail de médicaments et d'alcool, bah, elle tombe dans la drogue. Et cette addiction dangereuse va durer, alors, plusieurs années. Des années pendant lesquelles, ben, Laeticia continue de se battre. À partir de là, je remonte doucement la pente, et j'essaie enfin de me construire un avenir. Et au moment où je témoigne, ben, je dirais que je suis presque stable. En tout cas, elle n'oubliera jamais son séjour à l'hôpital psychiatrique et l'horreur qu'elle y a vu, tout comme, bah, d'ailleurs, elle n'oubliera jamais à quel point sa liberté est précieuse.
Et bien voilà pour ce nouveau format de vidéo. Dites-moi ce que vous en avez pensé. Est-ce que cette histoire, beaucoup plus longue, plus posée, là où on va un peu dans une ambiance très particulière, ce que vous en avez pensé, si ça vous a plu. On a plein d'autres idées, en fait, qu'on aimerait pouvoir faire sur d'autres thématiques, hein, des sectes et compagnie, j'en passe des meilleurs. Faites-vous plaisir, et nous, on se retrouve pour une prochaine vidéo. Voilà, bonne nuit, amusez-vous bien, machallah, bisous à la. Voilà, j'arrête là, j'à la revoyure, j'arrête là.