Transcription
[Musique] un territoire vierge de plus en plus accessible des ressources naturelles et stratégiques objets de toutes les convoitises et des Russes qui ont planté symboliquement leurs drapeaux au fond de l'océan américain. Canadiens, européens et russes entre eux à émerger un nouvel enjeu de pouvoir : la bataille de l'Arctique.
Huit pays sont membres du Conseil de l'Arctique, c'est-à-dire ont des droits territoriaux et maritimes au Pôle Nord : les États-Unis, le Canada, le Danemark avec le Groenland, l'Islande, la Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie. Pour tous, l'Arctique est un enjeu stratégique et militaire. Des bases américaines y sont implantées, mais c'est surtout côté russe qu'il y a eu expansion ces dernières années, comme le montrent ses cartes satellites.
La Russie y a ses bases les plus rapprochées du territoire américain. La Russie a avancé plus vite que l'Amérique pour développer un véritable bastion de défense dans l'Arctique. Aujourd'hui, la Russie dispose de 55 brise-glaces, certains à propulsion nucléaire, et d'autres sont en développement. Les États-Unis n'en ont que deux, et trois sont en construction.
L'Arctique, c'est aussi d'immenses ressources en poissons, enterrées, rares. Selon l'agence géologique américaine, le pôle abriterait 13% des réserves de pétrole encore non découvertes sur notre planète et 30% des réserves de gaz. À l'avenir, la fonte des glaces ouvre aussi peut-être une révolution dans les routes commerciales. Plutôt que faire le tour du globe par les canaux de Suez ou Panama, les porte-conteneurs pourraient diviser presque par deux le trajet en passant par le pôle.
C'est là que la Chine, qui n'a pas de droits territoriaux, avance ses pions. La Chine investit de manière locale dans des projets pour l'industrialisation du nord de la Russie, de de l'Arctique russe. C'est vraiment des intérêts, des enjeux économiques qui sont au cœur de ce partenariat entre la Russie et la Chine pour acheminer des biens vers l'Europe, qui est le plus gros marché de la Chine.
La gestion du pôle est cruciale et pas seulement pour les pays membres du Conseil de l'Arctique. Il est le régulateur thermique de notre planète, ainsi qu'une réserve d'eau douce. L'avenir climatique de l'humanité en dépend.