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PODCAST | Nerf vague : la porte du bonheur

Marion Kaplan43:16

Transcription

Racine, tout est en vous. Ne cherchez pas le bonheur à l'extérieur, mais à l'intérieur de vous. C'est par cette citation que débute le livre *Nerf vague* de Ludovic Leroux, coach et formateur en cohérence cardiaque, qui s'est penché sur le fameux nerf vague que l'on appelle aussi la voix de la conscience.

Selon le site Planète Santé, le nerf vague représente une paire de nerfs crâniens constitués à 80 % de fibres nerveuses sensorielles qui transmettent les informations de nature chimique, mécanique et thermique issues de nos organes internes, et ce jusqu'au cerveau. Alors, si le nerf vague, ou plus globalement notre système nerveux autonome, était responsable de nos peurs, de notre stress ou encore de notre manque de confiance en nous parfois ? Et si nos réactions face aux situations de la vie étaient le fait de cette mécanique incroyable ? Eh bien, c'est tout le propos de Ludovic Le Roux, créateur de l'Académie de la pleine confiance et qui signe aux éditions Eyrolles ce livre qui va changer la vie de bon nombre d'entre nous, je vous le promets.

Bonjour Ludovic Le Roux, bonjour Florent. Alors Ludovic, le système nerveux autonome est important, mais à quel point ?

Il est important parce que c'est le régulateur de notre corps, c'est-à-dire que c'est lui qui va définir l'expérience qu'on est en train de vivre, si on est notamment en sécurité et en insécurité. Donc, il passe son temps à se poser une question : suis-je en sécurité ou non, vu qu'il est à l'origine de notre survie ? Donc, il se demande si on est en insécurité à l'extérieur de notre corps, à l'intérieur de notre corps. Et il capte toutes ces informations pour ensuite les envoyer au cerveau et pour que lui les traite. Ça veut dire qu'on parle d'humeur, de confiance en soi, de troubles digestifs par exemple, troubles du sommeil, inflammation, tension. Ça va gérer tout ça ?

Oui, c'est énorme en fait. Parce que finalement, aujourd'hui, on estime que 80 % des maladies, ou tout ce qui est inflammatoire ou des problèmes relationnels des personnes qui ont du mal à s'engager dans la vie, qui ont des peurs, qui ont de l'anxiété, du stress, et bien cela vient d'un système nerveux qui est dérégulé, c'est-à-dire qui est un système nerveux dérégulé. C'est un système nerveux qui n'arrive pas à revenir au calme et comme s'il y avait constamment une alarme qui était enclenchée et qui faisait que notre corps est bloqué et il ne peut pas fonctionner normalement. Et c'est ça qui va créer le stress, l'anxiété, les paniques, le manque de confiance, la timidité, parce que je suis dans un état dans lequel je ne peux pas m'engager socialement dans la vie. Et le nerf vague ? Ce qu'on pourrait dire, c'est le grand chef de ce système nerveux autonome. Alors, c'est un des chefs, on va dire, qu'ils sont deux ; lui fait partie du système parasympathique. Et puis il a son acolyte, le nerf sympathique, le nerf sympathique. C'est un peu l'activateur du corps et le nerf vague, c'est celui qui va revenir au calme, qui va nous permettre de revenir au calme. Et donc ce nerf vague, et bien s'il n'est pas entraîné, s'il n'a pas ce qu'on appelle un bon tonus vagal, eh bien il ne peut pas faire son travail d'apaisement, ce qui fait qu'on maintient notre organisme dans un système de survie comme s'il y avait des dangers, alors que ce n'est pas le cas. Et c'est ça qui entraîne les problématiques de santé, et puis au niveau émotionnel et psychologique.

Alors, vous, Ludovic, dans votre livre, vous vous décrivez au départ comme un grand timide, un peu assoiffé de projets. Comment est-ce que vous avez pris conscience de l'importance du système nerveux autonome et plus précisément de ce nerf vague ?

Alors, dans un premier temps, avec la respiration, parce que j'étais aussi un ancien asthmatique. Et donc, pour moi, la respiration, c'était quelque chose d'important et je m'étais intéressé, notamment en étant certifié en cohérence cardiaque, à cette méthode de respiration dans lequel on aborde le système nerveux autonome. Et donc c'est à travers la respiration que j'ai fait mes premiers pas dans l'univers de la neurobiologie, dans lequel j'ai découvert plus tard, bien plus tard, dix ans après, et bien que ce nerf vague n'avait pas seulement un rôle physiologique, mais qui était beaucoup plus important. Et c'est ça qui m'a permis en fait de comprendre mon fonctionnement de timidité qui n'était en fait qu'un comportement qui était complètement lié à mon système nerveux qui était dérégulé. Et donc ça m'a permis de sortir de cette timidité, de ce conditionnement. Pour aujourd'hui, ça ne veut pas dire je ne suis pas timide, ça veut dire que je peux être à la fois réservé quand j'en ai envie, mais quand j'ai besoin de m'exprimer et de faire des conférences, je peux aussi l'être. Donc ça, ça m'a permis vraiment de sortir de cette grotte. Mais j'aime bien y rentrer quand j'en ai envie et rester seul aussi dans mon coin.

Qu'est-ce que ça a changé pour vous aujourd'hui, cet apprentissage ?

Alors ça a vraiment changé ma connexion au monde et aux autres et du coup à moi-même. Parce que finalement, les expériences de ma vie qui m'ont amené à être conditionné de cette façon-là, parce que, comme je l'ai dit au début, notre système nerveux qui est là déjà à notre naissance, même au niveau intra-utérin, il se pose la question : suis-je en sécurité ou non ? Et selon les expériences de vie, eh bien, lui va estimer que si on n'est pas en sécurité, et bien soit, on va prendre plutôt un mode de combat, un mode de fuite ou un mode de figement et se cacher. Donc moi, ça a été plutôt ce mode-là qui a été privilégié. Et finalement, ben c'est ça qui m'a amené à croire que j'étais timide et réservé parce qu'il y avait tout intérêt à ce que l'on ne me voie pas pour éviter justement d'être confronté au danger. Et donc, pour moi, une fois que j'ai su ça, que j'ai compris que, en fait, j'étais pas timide, j'étais trop souvent dans un état qu'on appelle vagal dorsal, eh bien, une fois que j'ai compris ça et que j'ai appris à en sortir, ça m'a permis vraiment à vraiment sortir de la survie et passer dans la vie pour pouvoir arrêter de passer mon temps à me protéger et passer mon temps à créer ma vie.

Car vous parlez de ces modes justement ?

Effectivement, les trois modes. Il y a le vagal dorsal dont vous venez de parler, il y a le sympathique fuyant, le sympathique agressif. Est-ce qu'on est forcément un de ces trois modèles ou est-ce qu'on peut finalement varier entre ces trois modèles en fonction de ce qu'on traverse dans la vie ?

Alors on passe toujours d'un état à un autre. On peut avoir un état dominant, c'est-à-dire que. On appelle ça un réflexe vagal. C'est limite, c'est notre arme qu'on préfère. C'est quand je dis arme, c'est plutôt une arme de protection, mais celle qu'on préfère, celle qu'on va plutôt privilégier, par exemple. Moi, c'était plutôt le vagal dorsal, donc il suffisait que je rentre dans une pièce. Si jamais il y avait quelque chose qui… une insécurité, je me mettais moi en vagal dorsal. Quelqu'un d'autre, ça pourrait être l'agressivité. Qu'est-ce qui se passe ? Alors Vagal-Dorsal, on va peut-être expliquer qu'est-ce que c'est ? Du coup, le comportement il correspond à quoi alors ?

Le vagal dorsal c'est un donc c'est la partie dorsale de notre nerf vague. Parce qu'on parle vraiment de de physiologie qui va être stimulée. Quand on a eu la perception d'un grand danger, alors le grand danger peut exister ou peut être une perception liée à nos mémoires aussi du passé, mais c'est un état de figement. Alors on le rencontre tous parce que il suffit qu'il y ait un grand bruit derrière nous. On va commencer tout de suite par se figer dans un premier temps. Et l'état de figement si on le maintient, parce que ce ne sont pas les états que j'explique, ce n'est pas du tout un souci. C'est au contraire s'ils sont adaptés. C'est très très bien. Mais le problème, c'est quand ils ne sont pas adaptés qu'on les garde. Et donc quand on garde cet état dorsal, eh bien, ça amène des personnes qui ont plutôt tendance à être timides, réservées, qui ont l'impression qu'ils y arriveront jamais. C'est l'état dans lequel on a des sentiments de honte, de victimisation, de culpabilité, des pensées comme : je suis nul, à quoi bon ? Ça sert à rien. Donc à chaque fois qu'on est en train de vivre cette expérience-là, il faut savoir que l'on est en train de stimuler notre vagal dorsal qui a une fonction de nous protéger et donc de nous empêcher d'avancer ou de nous montrer. Donc c'est juste un état de protection. Ce n'est pas notre identité et ça, c'est celui de l'état qu'on appelle de figement.

Alors le vagal dorsal, comme vous dites dans le livre, n'a rien à voir avec le dos. On est bien d'accord.

Exactement, non, c'est la partie postérieure. Donc si on dit dorsal parce que c'est le fait physiologiquement, c'est quel côté derrière, on va dire le le nerf vague donc. Donc c'est juste par rapport à ça, mais ça n'a rien à voir avec le dos. Au contraire, lui il est plutôt relié à tous les organes en dessous du diaphragme parce que le nerf vague, il part du tronc cérébral et ensuite il va être relié à tous nos organes et lui. La partie dorsale est plutôt reliée à l'ensemble des organes en dessous du diaphragme. C'est pour ça que quand on est stressé, on peut avoir une boule au ventre, on peut avoir des problèmes digestifs. Eh bien, c'est un indicateur qui fait qu'on est en train d'expérimenter un danger dans notre corps qui peut être à l'intérieur du corps, mais aussi une peur de parler en public, des choses comme ça. Et donc sur ce vagal dorsal, il est là pour stop, nous arrêter, nous figer, c'est celui aussi qu'on rencontre lors de burn out par exemple, qui nous amène à arrêter complètement toute activité, donc. Vagal dorsal, en opposition avec le vagal ventral dont on parlera plus tard.

Qui est le sympathique fuyant ? Qu'est-ce qu'il fait le sympathique fuyant ?

Le sympathique fuyant ? Donc on a les deux branches sympathiques, aphasiques, agressives, fuyant, c'est-à-dire que c'est le même nerf. Mais on va plutôt opter pour soit de l'agressivité ou de la fuite. Et donc, quand on est plutôt dans un comportement de sympathique fuyant, ben c'est plutôt on va plutôt utiliser l'évitement. Donc ça, on le rencontre dans notre vie, notamment quand on est en train de d'éviter quelque chose qui est important. On va se trouver des excuses pour ne pas le faire. Donc tout ce qui va être de la procrastination, de cette cette tension qu'on peut avoir à l'approche d'un d'un événement et on s'occupe, on fait autre chose. On essaie d'éviter justement, par exemple, les conflits. On est dans le sympathique fuyant quand on évite les conflits, quand on est trop gentil avec les gens pour se faire aimer. Ça, c'est notre sympathique fuyant qui veut éviter la confrontation. Donc on va adopter des comportements qui vont nous éviter d'être en confrontation directe par exemple, ou de passer à l'action en utilisant la fuite, l'évitement, parfois la mauvaise foi, les mensonges. On va se raconter des histoires pour pour notre conscience, pour se dire que c'est normal si on n'y arrive pas, parce qu'il y a toujours des prétextes. Donc ça, c'est vraiment notre sympathique fuyant qui est là pour nous protéger et pour éviter justement d'être face à ce qui peut nous faire peur.

Le sympathique agressif, c'est le combattant, c'est ça.

Voilà, lui, il est plutôt dans une psychologie du mérite, c'est-à-dire que c'est : je suis là pour me battre. Il a une perception comme quoi la vie, c'est un peu la jungle et que si on ne passe pas à l'action, de toute façon on n'arrivera jamais à réussir. Et et si on n'y arrive pas, c'est que ce n'est pas suffisant et qu'il faut faire des efforts supplémentaires. Donc il est, il utilise un mode de protection, de combat pour pouvoir justement se maintenir en énergie. Et puis, on retrouve aussi cela chez des personnes qui ont qui ont tendance à vouloir s'imposer, un peu comme dans chez les animaux qui ont tendance à se grandir, parler très fort, à crier fort et bien. On peut rencontrer cela chez des personnes qui qui utilisent ça, qui utilisent plutôt la force pour pouvoir justement se protéger. C'est un petit peu le mode de : si j'attaque en premier, c'est la meilleure défense et donc c'est un mode de protection qui se fait à travers l'agressivité. On râle, on est jamais content. Il y a toujours des prétextes aussi à justement être en colère. Donc on peut, on peut être dans cet état-là si on le garde, mais on mais on passe tous dans cet état-là à un moment donné. Donc c'est pour ça que c'est pas grave quand on est quand on a ce qu'on appelle une bonne flexibilité vagale, qu'on passe d'un état à l'autre, c'est surtout quand on se rend compte qu'on est souvent dans un état. Et là, ça peut justement nous poser des problèmes à la fois de santé, relationnelle aussi, parce que c'est pas adapté. Et puis et puis après, émotionnel aussi, parce que c'est difficile aussi d'être constamment dans cet état. Et tout ça, et bien c'est ce fameux système nerveux autonome.

Alors vous écrivez : plus vous êtes connecté à la vie, plus vous avez de chances d'être épanoui. C'est une des grandes clés de ce que vous appelez le cerveau intuitif. Et puis c'est quoi être connecté à la vie ?

Eh bien, être connecté à la vie, c'est finalement, ça va être d'être connecté à justement cet état que nous avons, qui s'appelle le vagal ventral, le vagal ventral. C'est justement cet état de lien et de sécurité. Donc si on a, si on n'arrive pas à activer cet état, eh bien c'est tout l'inverse. On est en insécurité et déconnectés, on ne peut pas être en lien et donc on va rester en mode survie. Et c'est le principal problème des gens, sans s'en rendre compte, qui sont dans cet état de survie parce qu'ils n'arrivent pas à retourner régulièrement dans cet état de vagal ventral qui informe notre cerveau que tout va bien. Donc c'est le seul état où on a de la joie, de la compassion, de l'amour, la gratitude. Donc on le vit de temps en temps. Mais plus on l'entraîne et plus on peut le vivre régulièrement. Et surtout, une fois que je ne sais pas, quand s'engueuler avec quelqu'un, et bien on peut revenir beaucoup plus facilement au calme plutôt que de ruminer, de garder tout ça en tête et de rester en mode survie. Finalement, alors que c'est terminé depuis 2 h. Donc ce vagal ventral, c'est notre état de connexion à la vie et on vient au monde avec. Le problème, c'est que nos expériences nous amènent à nous à basculer de plus en plus en insécurité. Et on oublie de l'entraîner parce qu'on ne connaît pas. Et donc il y a aujourd'hui des moyens de pouvoir l'entraîner afin de faciliter cette connexion à cet état dans lequel on peut être connecté ensuite à la vie.

Tout le travail finalement, autour du nerf vague et du système nerveux autonome, c'est justement ce vagal ventral, c'est d'arriver à être le plus souvent dans cet état-là.

Oui, c'est la première étape. Après, il y a une autre étape qui est de pouvoir bien utiliser ses autres états, c'est d'avoir la lucidité justement de savoir quand est-ce que je dois combattre, quand est-ce que je dois fuir, quand est-ce que je dois me cacher ? Mais ça passe par le vagal ventral dans un premier temps pour pouvoir être suffisamment en sécurité pour pas réagir sous forme de conditionnement du passé, mais d'adaptation et de pouvoir justement, vous en parlez tout à l'heure, d'avoir ce mental intuitif qui me permet de savoir quel est l'état le plus adapté. Et et donc si on n'est pas en sécurité, on ne peut pas trouver ces solutions qui nous permettent de nous adapter.

Vous écrivez une phrase que je trouve assez importante : si nous réagissons non pas à ce que notre corps est en train de vivre, mais à ce que nous imaginons finalement. Notre grand problème à tous, c'est qu'on a un mal fou à vivre le présent. Vous vous rappelez par exemple que la peur n'est ni plus ni moins que ce qu'on pourrait imaginer de ce qui pourrait arriver dans le futur.

Oui, on passe son temps, en fait, à imaginer les scénarios qui pourraient justement nous mettre en insécurité. Et notre système nerveux est là aussi pour ça, pour savoir qu'est-ce qui peut nous mettre en insécurité. Et finalement, toutes ces projections pour pouvoir se sécuriser. Parce que quand on n'a pas un vagal ventral qui est fort, et bien il faut qu'on anticipe parce qu'on ne peut pas s'adapter. Et comme on ne peut pas s'adapter, on est obligé d'anticiper et de créer cette anxiété qui nous amène à dire : OK, qu'est-ce qui est est-ce qu'il va y avoir des dangers, plutôt que d'avoir cette confiance, et j'utilise le terme de pleine confiance qui me permet de me dire : si jamais il arrive quelque chose, j'ai cette capacité à revenir en sécurité parce que je sais activer mon vagal ventral et parce que je l'ai entraîné. Donc la majorité des peurs que l'on a aujourd'hui, ce ne sont même pas des peurs qui existent à l'extérieur de nous, ce sont des peurs à l'intérieur de nous, parce qu'on est en train d'imaginer et de se projeter dans un environnement dans lequel je ne peux pas répondre, puisque c'est même pas ce qui se passe en ce moment. Et donc je me crée tout seul de l'anxiété à travers ces mécanismes-là parce que je suis en train de vivre dans un monde dans lequel je ne peux même pas agir. Donc mon système nerveux est en panique. Et il se demande comment on peut faire. Alors suis tranquillement assis chez moi dans mon canapé, que normalement je n'ai pas à penser à ça. Mais c'est un petit peu oui le mal que l'on a étant donné qu'on n'a pas cette capacité à se mettre en sécurité. Bien. Il faut qu'on anticipe l'insécurité. Et ce qui est fou, c'est que quand on lit votre votre livre, on se dit que finalement, c'est ce système nerveux autonome qui nous gère, qui nous dirigent. En tout cas, face à ce besoin de survie, cette insécurité qui est permanente, en fait, dans le dialogue.

Quid de tout ce qui touche la psychologie, de tout ce qui touche, par exemple, l'héritage familial, de tout ce qui pourrait toucher la relation aux parents ? Est-ce que tout ça, finalement, n'a plus du tout le même sens une fois qu'on réfléchit par le nerf, le nerf vague ?

Alors je dis oui, ça n'a pas du tout le même sens. Parce que finalement, notre psychologie raconte l'expérience qu'on est en train de faire dans dans son corps et et que depuis notre enfance, eh bien, on est beaucoup plus influencé par le système nerveux de notre environnement que par les croyances ou les pensées de notre environnement. D'ailleurs, quand on est bébés, on ne comprend pas les mots, mais par contre, on va capter le système nerveux de nos parents. C'est pour ça qu'un parent qui sourit et bien va faire sourire le bébé parce qu'il se sent suffisamment en sécurité. Et donc, cette toute toute cette énergie à travers notre système nerveux que l'on peut communiquer, eh bien, c'est ça qui va conditionner les histoires ensuite qu'on va se raconter puisque on l'a tous, on a tous vécu. Par exemple, il suffit de vivre, je ne sais pas, un accident ou on va se demander pourquoi ça m'arrive à moi. Et en fait, notre psychologie va essayer de vouloir trouver une raison de l'expérience que je suis en train de faire, alors que finalement, il n'y a pas de raison. C'est juste que c'est comme ça. Ça arrive. Mon système nerveux, lui, va répondre à l'expérience et alors que mon mental, lui va vouloir comprendre l'expérience et vouloir justement en raconter une histoire qui explique pourquoi il s'est passé ça, alors que c'est comme ça. D'ailleurs, souvent, je dis qu'on se prend trop la tête justement, plutôt que d'embrasser la vie à bras le corps et et des fois, d'arrêter de se poser des questions et de vouloir comprendre des choses qui sont juste des expériences de vie.

Dans le système nerveux, il y a deux grands paramètres : le sympathique, le parasympathique. C'est quoi leur rôle ? Leur différence ?

Donc le sympathique, lui, c'est l'activateur, c'est si on prend l'exemple d'une voiture, cela va être plutôt l'accélérateur et le parasympathique, dont fait partie le nerf vague, ça va être plutôt le frein. Et c'est pour ça que si on passe son temps à appuyer sur l'accélérateur, on peut comprendre que le moindre virage peut être dangereux pour nous. Et donc, quand on a cette capacité à réguler les deux états, eh bien, ça nous permet d'avoir plus de confiance pour prendre la route et de pouvoir accélérer, quand je peux accélérer, mais de pouvoir freiner quand on peut freiner. Et c'est vraiment le rôle des deux. De pouvoir justement accélérer quand il faut, mais surtout freiner quand on n'a plus besoin d'accélérer. Donc le système parasympathique et notre nerf vague, il a pour rôle d'inhiber le sympathique quand il n'y a plus le danger, mais s'il n'est pas assez fort, et bien malheureusement il n'arrive pas et c'est comme si la pédale de frein ne fonctionnait plus. D'où la panique.

Alors vous parlez de pleine confiance depuis tout à l'heure. C'est c'est un peu votre création en même temps. Et vous écrivez : La pleine confiance n'est pas la capacité à croire qu'on peut arriver, mais le pouvoir de réguler son insécurité pour revenir en relation avec soi-même tout en répondant à la vie. Les trois idées clés, finalement, lorsqu'on veut stimuler son nerf vague, est-ce qu'on peut dire que c'est insécurité, pleine confiance et vie ?

Oui, parce que de toute façon, on ne pourra pas empêcher l'insécurité, on ne pourra pas empêcher les problèmes dans la vie, donc plutôt que de constamment se protéger pour que ça n'arrive pas, autant justement se dire : ça va arriver, maintenant comment je peux répondre au mieux à ça en restant justement en lien avec moi-même. C'est-à-dire que cela ça ne traduit pas mon identité. Ce n'est pas moi. Par exemple, je ne suis pas timide, je vis une expérience de dorsal trop souvent. Donc la première chose, ça va être vraiment cette capacité à se sentir à l'aise avec l'insécurité et pour cela, la pleine confiance, que moi j'appelle la pleine confiance, bien, c'est notre capacité à passer d'un état à un autre afin d'avoir cette capacité d'adaptation. Plutôt que d'essayer d'avoir le meilleur conditionnement, et bien avoir au contraire la liberté de pouvoir réagir comme je voudrais. Et ça, ça me permet bien finalement d'être dans la vie et la vie. C'est aussi bien l'insécurité que la sécurité. Parce que si je peux me sentir à l'aise aussi avec l'insécurité, je vais me sentir à l'aise avec les peurs. Les peurs n'ont jamais été un problème. La tristesse n'est pas un problème. La colère n'est pas un problème, sauf si je crois que c'est un problème parce que je ne sais pas y répondre. Et donc là, finalement, je n'arrive pas à basculer dans la vie parce que je reste en survie, à éviter les problèmes.

Et vous venez de le dire. En plus, il y a un mot totalement clé dans ce travail autour du nerf vague, c'est le mot liberté. Qu'est-ce qu'il signifie exactement quand on parle de notre système nerveux, de ce que l'on est, de notre rapport au monde extérieur et au monde intérieur ? Qu'est-ce que signifie ce mot liberté alors ?

Juste dans ce monde de la neurobiologie, moi, ça m'a vraiment passionné parce que je viens du monde du sport, des neurosciences, où je cherchais à être plus fort. Et finalement, je me suis rendu compte que le but, c'était pas d'être plus fort, c'était d'être plus libre et être plus libre. C'est justement de d'avoir la capacité de pouvoir m'adapter quand je le veux. On a une phrase qu'on connaît tous qui dit : quand on veut, on peut. Et finalement, il y a plein de fois où on veut et on ne peut pas. Et en neurobiologie, on inverse cette phrase-là et on dit : quand on peut, on veut, c'est-à-dire quand j'ai la capacité de me mettre en dorsal, d'activer mon dorsal quand j'en ai besoin pour m'isoler, pour être tranquille dans mon coin, quand j'ai la capacité de fuir parce qu'il y a peut-être une personne là et que je n'aime pas, ça serait mieux de fuir parce que c'est quelqu'un qui est malfaisant. Quand j'ai la capacité de me battre, parce que là, ça demande de l'effort et qu'il faut que je persévère. Et bien ça me permet d'être libre de pouvoir utiliser mes états plutôt que de les subir et de pouvoir être adapté. Et donc, quand on peut faire ça, bien après on peut, on peut vouloir plein de choses. Finalement, on s'ouvre les portes et pour moi, c'est ça être libre, c'est d'avoir les capacités de pouvoir justement s'adapter à toutes les situations. Et moi, j'ai fait un saut à l'élastique cet été alors que j'ai le vertige. Mais en sachant me préparer, je peux le faire. Pas parce que je veux, je veux, mais parce que je peux le faire et que, au moment où il fallait être les pieds dans le vide, eh bien, je savais revenir en sécurité pour ne plus être dans cette insécurité. Et donc si j'ai envie de sauter à l'élastique, ben…

Je peux le faire. Et pour pouvoir faire les choses, il existe bien une théorie très précise et scientifique que vous avez été recherché et appris : d’ailleurs, la théorie polyvagale.

Alors si j’ai bien compris, elle se divise en trois grands principes : la neuroception, la hiérarchie et la co-régulation. En quelques mots, qu’est-ce que c’est que cette théorie polyvagale ? Et qu’est-ce qu’elle va nous apprendre ?

À la théorie polyvagale, ça a été développé par un grand chercheur psychiatre aux États-Unis qui s’appelle Stephen Porges et qui, justement, a mis en évidence, parce que, avant, on savait qu’il y avait le système parasympathique et sympathique, mais qui a mis en évidence que ce nerf vague était composé de la partie dorsale et la partie ventrale, ce qui permet de donner le nom de théorie polyvagale. En sachant que le terme théorie dans la science, comme la théorie de la relativité, c’est quelque chose qui se répète mais qu’on ne peut pas mesurer. Donc ce n’est pas que de la théorie, c’est vraiment quelque chose de scientifique et dans lequel il a justement établi trois piliers qui sont la neuroception, qui est un terme qu’il a développé pour montrer comment nous, les êtres humains, on peut ressentir. C’est une forme d’interro-interception de notre système nerveux et, par exemple, bon, ça on le fait tous sans s’en rendre compte. Il suffit qu’on ait quelqu’un, pas de très proche, derrière nous. On va se retourner parce que c’est justement notre système nerveux qui capte cette information. Et cette neuroception, c’est notre capacité à ressentir ce système nerveux en action.

Ensuite, il y a la hiérarchie qui se compose eh bien des trois états : vagal ventral, sympathique, fuyant ou agressif et vagal dorsal et qui démontre comment on va se mouvoir parmi ces trois états afin d’avoir conscience de quel état dans lequel je suis actuellement.

Et puis la corégulation, c’est notre capacité, en fait, qui est complètement naturelle à transmettre cet état-là et on est tous tout le temps en train de transmettre nos systèmes nerveux. C’est pourquoi, si on monte sur un cheval, eh bien si je suis dans un état de vagal dorsal figé, le cheval va le ressentir, lui. Et il va plutôt être figé. Si je suis plutôt en mode sympathique activé, il va le ressentir aussi et il va être énervé alors que si je suis en vagal ventral, il va ressentir qu’il a la sécurité sur son dos. Il va se laisser guider. Donc c’est vraiment les trois piliers de la théorie polyvagale de Stephen Porges.

Alors si la corégulation c’est une capacité à transmettre une sécurité à l’autre, vous dites qu’il existe aussi la dérégulation. Là, c’est le fait de sentir l’insécurité chez l’autre qui va nous mettre en insécurité. Oui, ça, je pense… je sais pas, je pense, et je suis sûr qu’on l’a tous vécu en premier, par exemple les parents. Il suffit d’avoir un enfant, d’être au calme chez soi, d’avoir un enfant qui court partout parce que lui, il est en mode sympathique, même s’il joue et il est activé. Et bien ça va créer chez nous une activation qui va faire que ça va nous énerver parce que j’ai envie d’être au calme et donc il va dérégler mon système nerveux. Mais je peux avoir quelqu’un, par exemple, qui va être tout mou et donc qui, ça va m’énerver parce que je reçois son vagal dorsal. Et moi cet étalage, j’aime pas trop, donc j’ai envie de le secouer de la même façon que quelqu’un qui est énervé. Ça va m’énerver alors que moi j’étais au calme et parce que je me suis fait dérégulé. Donc on passe sans arrêt dans notre vie, étant donné qu’on croise des dizaines, centaines, voire des milliers de gens par jour, et bien à transmettre ces états-là sans s’en rendre compte. Et d’où l’importance d’être très conscient de l’état dans lequel on est pour pouvoir déjà savoir ce qu’on transmet. Et puis, quand quelqu’un vient nous dérégler, de pouvoir revenir au calme plutôt que de lui donner la responsabilité de nous remettre dans un état de calme. C’est à nous de faire ce travail-là parce qu’on ne peut pas contrôler l’autre. Mais par contre, on peut revenir à un état de système nerveux qui est plus calme.

Et ce qui est intéressant, c’est de comprendre aussi que même l’interprétation d’une situation va nous impacter en fonction de ce qu’on vit intérieurement. Mais elle va aussi impacter les autres. Et quand je dis les autres, c’est même les animaux. Oui, bien sûr. Alors les animaux ont le même système nerveux que nous. Donc, obligatoirement, ils ressentent aussi notre système nerveux. Un animal sauvage va garder son instinct. Un animal domestique va plutôt être conditionné comme nous. Mais il suffit que, justement, l’état dans lequel on est, l’animal le ressent très rapidement. Et les animaux nous corégulent aussi. C’est pour ça qu’un animal de compagnie, ça peut être aussi un moyen, on va dire, de pouvoir se faire coréguler. Parce que lui, il est calme, tranquille, posé, comme un chat qui va ronronner sur nous et va, sans qu’on s’en rende compte, nous réguler et nous ramener au calme.

À partir du moment où on a un peu compris tout ça, on va dire qu’il y a eu, il y a après la technique. Comment est-ce qu’on va faire pour justement arriver à trouver cet apaisement-là ? Il y a plusieurs choses et on va commencer par l’observation. Vous dites finalement que c’est en s’observant qu’on amorce un changement profond. Ça paraît presque trop simple, ça Ludovic, non ?

Ben oui, ça me paraissait simple aussi au début. Parce que rien que le fait de, déjà rien que le fait de s’observer diminue notre rythme cardiaque et en diminuant notre rythme cardiaque, eh bien, on stimule déjà notre nerf vague. Rien qu’en se demandant, se disant : « tiens, dans quel état je suis, tiens comment est mon corps là actuellement ? » Ou même des fois en observant les autres : « tiens, dans quel état est la personne en face de moi ? » Rien que ça, ça permet tout de suite et bien de diminuer son rythme cardiaque. Mais c’est la première étape. De toute façon, pour prendre conscience de l’expérience que je suis en train de vivre, parce que sinon, j’ai l’impression que c’est mon naturel. Je suis comme ça et puis c’est tout. Et et du coup, là je bascule dans dans le conditionnement et et pas dans dans l’observation. Donc c’est la première chose. C’est vraiment reconnaître l’état dans lequel on est à travers nos pensées, nos émotions, nos sensations et pour pouvoir justement comprendre l’expérience que je fais et non croire l’histoire que je suis en train d’en faire.

Et quand on parle de ça, vous rappelez une notion très importante aussi, c’est que finalement, les pensées qui nous impactent ne nous identifient pas pour autant. Nous ne sommes pas intrinsèquement ce que nous pensons.

Oui, parce que, à chaque état, un système de pensée qui nous permet justement de savoir l’expérience qu’on fait. Quand je suis en train de me dire : « je suis nul » et que je sens voilà cette énergie qui baisse, c’est juste que je suis en train de basculer dans un état de vagal dorsal. Quand je suis en train de me dire : « bon bah je vais essayer, je vais voir », je suis en sympathique fuyant, je suis déjà en train d’anticiper la possibilité que j’y arrive pas et à éviter un peu trop de souffrir. Parce que ce système nerveux au départ, il est là quand même pour nous éviter de mourir. Mais il est surtout là pour nous éviter de souffrir. Et donc on va utiliser justement, chaque état va avoir un mode de pensée, un mode d’émotions. Et ça, c’est un super indicateur pour savoir finalement dans quel état je suis et quelle est la relation que j’ai actuellement à travers l’expérience que je suis en train de faire.

Et puis il y a le jugement aussi, qui est une notion importante. Juger ou se juger, est-ce que ça nous empêche de nous comprendre ? Bah c’est… alors cela nous empêche de de nous, de rester connecté à soi. Parce que le jugement, c’est une séparation. Quand je juge quelqu’un, c’est que je me sépare de lui. Mais quand je me juge moi-même, c’est le même fonctionnement, c’est : je me sépare de moi et ça appartient justement à ce sympathique agressif. Donc c’est intéressant de pouvoir justement observer déjà les gens qui peuvent nous juger parce que ça veut dire qu’ils sont en insécurité. Et ça, moi, ça m’a beaucoup aidé. Justement, à travers les présentations que je fais, les conférences, et bien de pouvoir accepter que certaines personnes puissent me critiquer, me juger parce qu’ils sont eux-mêmes en insécurité. Donc ça part d’abord de là et ensuite se demander quand je me juge, je peux me juger. C’est pas un souci, mais par contre ça, ça me permet de savoir que je suis dans un mode de combat avec moi-même là et et que je suis déconnectée de moi. Donc le but, c’est ensuite de pouvoir en avoir conscience et l’observer pour pouvoir revenir ensuite dans un mode de connexion à soi et et qui est plus de l’ordre de la compassion que du jugement.

Lorsqu’on parle de ses croyances, de ce jugement ou encore de ses pensées, est-ce que vous diriez que comprendre, alors comprendre les intentions positives et les enjeux de tout ce qu’on traverse, c’est déjà finalement s’en libérer ?

Oui, parce que ça nous permet justement de se déconditionner, c’est-à-dire que le principal problème que l’on a, c’est comme on est conditionnés, on a l’impression que c’est la réalité et rien que le fait déjà de pouvoir oser comprendre que là, il y a une autre histoire qui peut expliquer ce que l’on vit. Et bien ça c’est c’est déjà très précieux. C’est un de mes mentors qui s’appelle le docteur Gabor Maté, qui donne une phrase que j’adore qui est : « Pouvez-vous concevoir qu’il existe une autre histoire pour comprendre votre vie ? » Ce n’est qu’une histoire qu’on se raconte, qui appartient à un état. Et si on apprend à changer d’état, eh bien c’est là. On se rend compte que l’histoire change aussi et qu’on peut se libérer justement de ses croyances du passé.

Alors justement, vous parlez aussi d’une méthode pour travailler notre nerf vague et finalement notre souplesse émotionnelle. Si la méthode des quatre R, les quatre R, c’est : Reconnaître, Respecter, Ressourcer, Revisiter… Ressource plutôt et Revisiter, est-ce qu’on peut dire un petit peu ce que c’est que cette méthode des 4 R et comment est-ce qu’on l’utilise ?

Oui, c’est une sorte de guide qui nous permet justement de passer par ces quatre étapes pour passer de la survie à la vie et changer d’état. La première, c’est donc Reconnaître parce que généralement, quand on vit une situation et qu’on veut changer la situation, on passe tout de suite aux ressources, en l’envie de trouver un outil magique qui nous permette de ne plus souffrir. Sauf qu’on en oublie ces étapes-là, qui est d’abord de reconnaître l’état dans lequel on est, l’état de protection. Parce que, à partir du moment où on connaît cette théorie polyvagale et nos différents états, eh bien on est juste en train de se protéger et ça nous permet de passer à la deuxième étape qui est Respecter, de respecter le fait qu’on se protège, même si c’est pas ce qu’on a envie. J’ai envie de parler aux gens, mais j’y arrive pas. Je suis juste en train de me protéger. Est-ce que je peux respecter le fait que mon système nerveux a appris à un moment donné que ça, ça pouvait être dangereux et qu’il est actuellement en train de se protéger, de nous protéger. Et ça nous permet par la suite de passer aux Ressources, de passer aux ressources en disant : « de quoi j’ai besoin là maintenant comme état pour pouvoir justement être adapté à la situation ? » Peut-être. J’ai besoin d’énergie, de courage peut-être. J’ai besoin au contraire parfois de me calmer peut-être. J’ai besoin de m’activer. Donc on a tout un panel de ressources qui permet de travailler notre système nerveux. Et pour que ensuite on passe à la quatrième étape, c’est qu’une fois que j’ai changé d’état et bien finalement Revisiter, je peux revisiter l’expérience différemment en disant : « mais finalement ça ne fait pas autant peur. Finalement, je peux faire des choses. Finalement, voilà ce que je vais mettre en place » et ça me permet de passer de la survie à la vie à travers ces quatre étapes.

Et pour les ressources, vous proposez un tas d’exercices justement différents en fonction de chacun, pour pouvoir activer son nerf vague, réactiver un peu tout ça. Alors il y a l’activité physique et le yoga. Ça, c’est très important.

Oui. J’ai mis oui tout un panel dans lequel les gens peuvent passer par des portes différentes, en fonction aussi de ce qu’ils aiment. Mais en fait, on le fait tous déjà sans se rendre compte. Mais rien que déjà, mettre le corps en mouvement, c’est très bien pour les gens qui sont plutôt en vagal dorsal, timide, réservée parce que leur corps est plutôt figé et on a besoin d’avoir un corps flexible. La flexibilité du corps apporte des informations aussi au cerveau en nous disant que on a des capacités pour fuir, pour attaquer, pour se cacher. Si on a un corps qui est figé, on peut pas faire grand-chose. On peut plutôt juste se cacher, mais on ne peut pas fuir et combattre. Donc mettre son corps en mouvement, recréer de la fluidité dans son corps, c’est un indicateur de vie pour notre cerveau et on est en train de lui dire : « on est dans notre capacité de pouvoir se mouvoir, de pouvoir fuir, de pouvoir combattre, de pouvoir se cacher. » Et ça, c’est déjà une marque de confiance pour lui, qui permet justement d’éviter d’être anxieux. Donc on peut passer par le corps. C’est c’est vraiment déjà quelque chose de simple qu’on sait faire. Mais il faut le faire régulièrement, en conscience, qu’on est en train d’activer notre système nerveux.

Et vous qui êtes un spécialiste de la respiration, il y a la cohérence cardiaque. Alors votre préconisation, c’est trois fois par jour, matin, midi et soir. La cohérence cardiaque, c’est quoi ? C’est cinq minutes de respiration profonde. Alors c’est, on peut être entre trois et cinq minutes. En général, on dit cinq minutes, mais déjà trois minutes, c’est bien parce que souvent, on a tendance à vouloir s’engager dans des choses où on n’arrive pas à aller au bout. Commencer déjà par au moins trois minutes dans lequel on va avoir une respiration régulière de cinq secondes d’inspiration et cinq secondes d’expiration et le but de le faire trois fois par jour. Peu importe ce qui se passe, c’est de se mettre dans un mode entraînement parce que on a la fâcheuse tendance à faire les exercices quand ça va pas bien. Malheureusement, on ne peut pas entraîner son système nerveux uniquement quand ça ne va pas bien. Ce serait comme faire de la musculation la veille d’une compétition. Ça ne sert pas à grand-chose si on n’en a pas fait avant. Donc le but, c’est vraiment de prendre une habitude régulière, de pouvoir respirer. Mais même si on ne fait pas de cohérence cardiaque, on peut faire ce qu’on appelle des soupirs intentionnels pour justement entraîner bah ce système nerveux et cette capacité à entraîner le nerf vague pour que, au moment où on en a vraiment besoin, et bien il puisse être suffisamment entraîné pour pour être à la hauteur de nos peurs. Donc la respiration, c’est c’est tellement simple, on respire. Plus de 27 000 fois par jour, c’est autant de possibilité de réguler son système nerveux.

Quand il y a plein de façons de stimuler son nerf vague. Et de façon même étonnante, je pense à la mastication, au chant, à la méditation. Grâce à vous, vous avez quelques jours que je prends des douches glacées parce que l’eau froide, apparemment, c’est aussi une bonne chose pour le nerf vague.

Oui. Comment est-ce qu’on va choisir finalement dans tous ces exercices ? On peut pas tout faire, c’est juste pas possible. Mais comment est-ce qu’on peut choisir ce qui va être le plus approprié pour nous-mêmes ?

Dans un premier temps, je conseille vraiment de choisir des choses, peut-être qu’on a un peu l’habitude de faire, mais de le faire en conscience de l’état dans lequel on est, donc avec cette observation. Donc, si on fait déjà des méditations, là, ça peut être intéressant de continuer à en faire. Moi, dans le livre, je propose des méditations conscientes du corps, donc on va à l’aventure dans son corps. Mais si on préfère justement plutôt le mode actif, on peut très bien utiliser le sport, le yoga pour pouvoir stimuler son nerf vague. Ça, c’est une première étape. Mais dans un deuxième temps, c’est intéressant d’aller justement aussi à la rencontre de ressources, à l’opposé de ce que l’on aime bien et de pouvoir justement se confronter à des ressources qui vont elles aussi stimuler notre nerf vague. Mais peut-être que on a pas l’habitude de faire ou qu’on n’ose pas faire, comme par exemple la douche froide qui n’est pas forcément au départ le plus agréable. Mais finalement, en utilisant justement cette respiration bien, on s’adapte petit à petit et ce qui nous permet bien d’avoir ensuite un panel de ressources qu’on peut utiliser quand on le souhaite pour pouvoir s’entraîner puis varier. Aussi un peu les plaisirs plutôt que de faire que de la méditation, par exemple. Stimuler son nerf vague.

Pour terminer, c’est finalement un aller vers une définition de ce que pourrait être le bonheur. Alors on pourrait… enfin, je me suis posé souvent la question savoir le bonheur. Finalement, moi, je le trouve dans cette capacité à pouvoir me sentir justement dans cet état de pleine confiance. C’est-à-dire que je sais qu’il y aura des moments où je serai plutôt heureux, et puis d’autres où qui se passeront moins bien. Mais pour moi, le bonheur, c’est d’avoir cette capacité, quoi qu’il se passe, d’être en lien avec soi-même et de pouvoir compter sur soi. Et et ensuite, la vie nous proposera plein d’expériences dans lequel on va être confronté à stimuler notre nerf vague. Et et donc pour moi, c’est ça aussi, c’est cette capacité-là à pouvoir avoir cette présence à soi et de pouvoir compter sur soi quoi qu’il se passe.

Donc, il y a ce livre, Nerf vague, qui est une première étape, on va dire, pour essayer de comprendre un peu comment tout ça fonctionne et puis comment est-ce qu’on peut aller travailler son art de stimuler et stimuler tout son système nerveux autonome. Et donc ce livre Nerf vague, aux éditions Eyrolles. Et puis, il y a aussi un site, www.academy-pleineconfiance.com. Où là, vous donnez carrément une formation pour atteindre la pleine confiance. On peut en dire deux mots. Donc il y a deux, deux formations possibles. Les formations grands publics pour soi. Si on veut vraiment mettre en place un plan d’entraînement sur six semaines dans lequel j’accompagne les personnes, justement à travers toutes les expériences qui vont qui vont en faire. On travaille à la fois sur le passé, le présent, le futur et et cela nous permet de pouvoir vraiment entraîner son nerf vague. Et et puis, il y a une deuxième formation qui est plutôt pour les professionnels du bien-être et de l’accompagnement dans lequel on, je leur partage. Et justement, toute cette science de la neurobiologie, la théorie polyvagale, pour qu’ils puissent accompagner leurs clients à être en pleine confiance parce que la majorité des clients ont un système nerveux dérégulé. Donc ils seront très utiles justement, dans dans leur accompagnement.

Et bien merci beaucoup Ludovic Le Roux d’avoir partagé ça avec nous et on va se mettre au travail maintenant.

Merci à vous.

Ben oui, place place à l’entraînement. Merci.