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Pourquoi ont-ils effacé le Savoir des Bâtisseurs ? — Rencontre avec un Maître charpentier

NTD France48:04

Transcription

Bonjour Thomas Büchi. Mais bonjour Laetitia. Merci infiniment d'avoir accepté cette nouvelle interview pour NTD France. Nous vous avions déjà reçu à l'Hôtel Bristol à Genève pour une première interview qui avait beaucoup plu à nos téléspectateurs, lors de laquelle vous aviez présenté votre livre, Fragments de Lumière. Aujourd'hui, les rôles sont inversés. C'est vous qui nous recevez chez vous, dans votre Valais. Vous êtes maître charpentier et ingénieur bois, et vous avez vous-même conçu cet endroit, cette maison, ainsi que le jardin dans lequel nous nous trouvons. C'est une maison totalement autonome en énergie. Et nous comprenons aussi à l'arrivée, comme vous nous l'avez expliqué, que ce n'est pas simplement une maison écologique ou une belle réussite architecturale, mais on sent aussi que chaque choix dans cet univers reflète une vraie philosophie de vie. Alors peut-être, pour commencer, pourriez-vous nous parler un petit peu de ce qui vous a inspiré la construction de cet endroit ?

C'est une très bonne question car, tout d'abord, c'est un endroit un peu magique. D'abord, vous découvrez une maison qui est à la pointe de la technologie. Et mon objectif premier était de démontrer qu'il était possible de construire une structure en bois qui soit plus que « autonome en énergie », puisqu'elle est en fait à énergie positive. Donc la maison produit deux fois et demie l'énergie qu'elle consomme, ce qui lui permet de réguler la mobilité de ses occupants. J'ai assez d'électricité pour faire 50 000 kilomètres de plus par an avec ma voiture électrique. Donc je voulais aussi pouvoir démontrer à nos clients, pour les projets que nous réalisons pour eux, que c'est possible et que c'est possible sans se ruiner. Mais surtout, ça offre une grande liberté car on n'est plus dépendant de l'énergie des autres. Le prix du baril de pétrole peut monter à 1 000 dollars. On s'en fiche. Vous avez votre propre énergie, et elle est disponible. La seule fois où elle est parfois un peu en manque, c'est en décembre et janvier, car le soleil est bas, et surtout s'il y a de la neige sur les panneaux photovoltaïques, ça peut un peu gêner la production. Donc globalement, l'autonomie énergétique est atteinte dix mois sur douze. Et là, on vient de passer le solstice d'été, et la production est à son maximum. Donc j'ai même un peu trop d'électricité. L'avantage a aussi été de pouvoir travailler le bois, de conceptualiser une façade révolutionnaire en bois et en verre qui permet d'économiser à peu près 80 % d'énergie de chauffage par rapport à une maison certifiée Minergie. Donc c'est assez révolutionnaire, et ça marche très bien, puisque ça nous a pris 25 ans pour développer ce procédé. Ensuite vous combinez ça avec la production d'électricité par panneaux photovoltaïques. J'ai 100 mètres carrés ici, ce qui est déjà pas mal pour une maison individuelle. Ensuite il y a une pompe à chaleur avec une sonde géothermique. Donc elle est alimentée par l'énergie solaire. La géothermie permet à la fois de chauffer l'hiver – en complément de votre chauffage – et de refroidir l'été, ce qui est d'ailleurs très malin, surtout par ces temps plutôt chauds, de pouvoir refroidir sa maison. Ce n'est pas de la climatisation, mais ça permet d'avoir une température constante toute l'année, entre 21 et 23 degrés Celsius. C'est un grand confort. Donc, voilà en gros le principe de la technologie énergétique de ce bâtiment. Il y a trois ou quatre ans, j'ai rajouté un pack de batteries pour stocker mon énergie, donc environ 33 kW, ce qui est déjà pas mal, et ça permet de fonctionner la nuit sur l'énergie que vous avez accumulée dans la journée. Donc le but est de puiser le minimum absolu d'énergie du réseau. J'appelle ça la Liberté. C'est révolutionnaire. En tout cas, c'est la maison du futur. Presque.

Oui, et surtout, ça peut être mis en œuvre à grande échelle. C'est-à-dire que ce qui marche pour une maison ici, nous l'avons mis en œuvre pour des immeubles d'habitation. La tragédie de la construction moderne aujourd'hui, c'est qu'on ne tient pas compte de la chaleur. Encore ! C'est incroyable ! Toutes les normes sont là pour se protéger du froid en hiver, et rien n'est prévu pour l'été, alors qu'il existe des systèmes qui fonctionnent très, très bien. La preuve, c'est ce qu'il y a derrière moi. Donc si on peut le produire à grande échelle, vous pouvez améliorer le confort des citadins. Et c'est très important car depuis 60 ans, je pense qu'on n'a pas très bien construit globalement ; on a bétonné partout, on a minéralisé notre environnement, coupé les arbres dans les villes, et puis on a mis de l'isolant synthétique sur du béton, ce qui crée une surchauffe terrible. Alors qu'en fait ces techniques existent depuis 25 ou 30 ans déjà. On sait faire. Pour se protéger de la chaleur, il suffit d'un peu de bonne volonté de la part des maîtres d'ouvrage et des constructeurs.

Oui, en tout cas, quand j'ai visité votre maison, ce qui m'a frappé – votre maison et votre jardin d'ailleurs – c'est que rien ne semble avoir été laissé au hasard : les proportions, les matériaux, l'orientation, l'intégration dans le paysage. On a l'impression que tout suit une logique très précise. Pourriez-vous peut-être nous parler un peu des calculs qui ont été faits, peut-être en lien avec la géométrie sacrée, qui est une de vos passions ? Pourriez-vous nous expliquer un peu comment vous avez conçu cet endroit ?

Alors, il faut d'abord se rendre compte que c'est vraiment un lieu qui a évolué. Ce que vous voyez aujourd'hui, ce n'est pas ce qu'il y avait il y a treize ans. Il y avait juste un champ autour de nous. Et puis j'ai construit une maison, en tenant compte, bien sûr, de la géométrie sacrée, c'est-à-dire en utilisant la proportion divine, le fameux nombre d'or, 1,1 à 1,618, qui, en fait, est connu depuis des millénaires comme le standard de la beauté. Je dis toujours qu'il faut montrer l'exemple. Je parle de choses que j'expérimente. Quoi de mieux que de l'expérimenter dans son propre lieu de vie, en fait ? Donc cette maison a été construite selon cette proportion. Et la première chose qui frappe les gens qui viennent visiter ou qui séjournent ici parfois, c'est l'harmonie. On se sent bien. Certains vous diront qu'on se sent bien à cause du bois. Oui, ça aide. Le choix des matériaux, souvent biosourcés, contribue au bien-être. Mais la géométrie et les mathématiques qui vont avec complètent cela. Et plus on se rapproche de ce fameux nombre d'or, de cette proportion connue depuis l'Égypte ancienne, mieux on se sent. C'est d'autant plus frappant que, depuis que la science a pu mesurer notre ADN, notre ADN est en nombre d'or. La double hélice en angström est un rectangle d'or. Cela signifie que le nombre d'or est aussi calibré en nous, et donc dans tout ce qui est vivant. Donc finalement, si je construis une structure qui est en harmonie avec ce que je suis, au plus profond de moi – c'est-à-dire avec cette proportion, que Léonard de Vinci démontre si bien dans l'Homme de Vitruve – eh bien, je vais me sentir bien dans ma peau et dans l'environnement dans lequel je suis. Ça, c'est le principe de base. Donc tout a commencé par une maison. Et puis, au fur et à mesure que j'ai voyagé dans le monde et que mes connaissances se sont approfondies, j'ai plus de connaissances aujourd'hui qu'il y a quinze ou vingt ans, même si on construisait déjà des structures vraiment magnifiques. J'ai appris à mieux comprendre comment la vie et cette proportion sont interconnectées. Donc, on découvre, pas à pas, qu'il y a toute une philosophie transmise depuis des siècles qui explique comment ça fonctionne, comment la géométrie sacrée fonctionne avec l'arbre de vie, comment la géométrie sacrée, avec la géobiologie, par exemple. Donc, petit à petit, tous ces paramètres sont pris en compte dans tout ce que je conçois, pas seulement pour moi. Quand j'ai des gens qui sont intéressés, je leur propose vraiment ça car ça va changer toute leur vie.

Vous nous avez aussi montré tout à l'heure ce triangle que vous avez conçu dans votre jardin, qui est basé sur le nombre d'or et qui est orienté vers votre maison. Pourriez-vous nous expliquer un peu comment ça fonctionne ? Je sais que ça a aussi un lien avec la pyramide, les pyramides d'Égypte. Pourriez-vous nous expliquer ça ?

Alors là, tout est un peu expérimental. Oui, c'est un jardin ornemental, mais c'est aussi un jardin initiatique. Il explique des lois cosmiques fondamentales. Et il est vécu de manière pratique, en fait. Et c'est là que ça devient intéressant, c'est le jeu de mots entre « labeur » et « oratoire » : le laboratoire. J'étudie dans l'oratoire, donc j'étudie avec des livres, et puis j'expérimente dans mon atelier. C'est donc du labeur. Ce que vous voyez autour de vous, en fait, c'est un gigantesque laboratoire à ciel ouvert. La Grande Pyramide de Gizeh, parce que c'est celle que je connais le mieux. Je la connais mieux que Menkaure ou Khéphren. C'est un des plus anciens bâtiments connus de l'histoire humaine, construit avec ces proportions. Donc la géométrie sacrée est d'une précision méticuleuse. On retrouve ça à Gizeh. Et je ne vais pas me répéter par rapport aux interviews précédentes, mais disons que c'est assez essentiel de comprendre pourquoi on retrouve ça dans le jardin. Et donc ça va permettre d'élever la fréquence vibratoire de l'endroit. Ce serait intéressant car, finalement, les anciens nous ont transmis ça. Et puis les bâtisseurs de cathédrales, ils ont aussi tout appris de ce que les Égyptiens nous ont légué, qui est passé par la Grèce, par Rome, et qui a ensuite voyagé d'Italie vers l'Occident. On pourrait raconter toutes les autres histoires, comment les premiers chevaliers templiers nous ont apporté ce savoir caché. On pourra développer ça plus tard. Si je reviens à la pyramide, eh bien, si vous avez une base, la hauteur sera la racine carrée du nombre d'or, et l'hypoténuse est le nombre d'or. Tiens, Notre-Dame de Paris a la même ligne de toit dans sa nef. C'est ce qui vous donne cette sensation d'élévation quand vous entrez dans un lieu conçu avec ces proportions. Et même si vous ne voyez pas la structure du toit, parce que vous êtes sous les voûtes d'ogives, ce n'est pas pour autant que cette sensation ne se produira pas. Donc je me suis dit : « Bon, puisque je fais une belle sculpture dans le jardin – parce que c'est une sculpture, avant tout, trois pierres plus un pilier – elle est déjà belle. Bon, arrangeons-les selon la coupe transversale du toit de Notre-Dame de Paris, par exemple. » Puis j'observe ce qui se passe. Je dis toujours : Au pire, il ne se passe rien. Mais au moins vous avez une belle sculpture, ça ne changera rien.

Oui, c'est vrai. Au pire, dans l'autre sens, il y a trop d'énergie. Parce qu'une pyramide est une machine à générer de l'énergie, et donc s'il y en a trop, il faudra peut-être bouger les pierres parce que vous ne dormez plus. Est-ce que ça a été votre expérience ? Vous avez ressenti trop d'énergie au début ?

Eh bien, on a appris à la réguler maintenant, mais souvent vers mai ou juin, c'était assez intense.

Whoa ! D'accord. Donc une pyramide peut – ça paraît fou, mais ce n'est pas parce qu'on ne voit pas ou qu'on n'entend pas que ça n'existe pas – générer une onde sinusoïdale, une sorte d'onde ondulatoire, corpusculaire. D'accord. Et l'expérience était de voir si, avec la pointe vers la maison, ça influence votre lieu de vie. Oui ou non ? Eh bien, en pratique, il y a des moments où c'est assez intense, et là, on a juste envie de bouger les pierres et de calmer le jeu. D'accord. Et puis il y a des moments où c'est parfaitement harmonieux. C'est vraiment un lieu où, quoi qu'il arrive, je me sens tellement… D'accord. Et les visiteurs le confirment : « Je n'ai pas dormi aussi bien depuis très longtemps. Qu'est-ce qui se passe ? » Oui, vous êtes dans un lieu tellement sain géobiologiquement que vous allez absorber de l'énergie et non pas en donner. Donc c'est intéressant de vivre cette pyramide de cette façon, en sachant que les bâtisseurs ont utilisé cette mesure et cette proportion pendant des siècles. Ce n'est pas que les Égyptiens, mais on l'a appris d'eux car on n'a pas de structures plus anciennes comme référence. Il y en a peut-être, mais elles sont enfouies sous terre. Il faudra des découvertes archéologiques pour peut-être mettre au jour des sites inconnus aujourd'hui.

Oui, je pense comprendre que vous avez aussi choisi cet endroit pour ce qu'il représentait symboliquement et énergétiquement. Vous avez fait des tests avant d'emménager, et vous avez découvert par la suite que vous étiez même situé sur une ligne particulièrement forte, ou plutôt, sur une ligne d'énergie particulièrement forte. C'est bien ça ?

Oui, c'est ça. Plus on construit des choses ici et qu'on développe ce jardin et l'atelier qui va avec, plus on fait des découvertes sensationnelles sur cet endroit qui est vraiment privilégié énergétiquement. Quand on a fait les premières mesures géobiologiques – et par géobiologie, j'entends géo-terre, bio-vie, et logie-connaissance, donc c'est la connaissance de la vie, de la Terre – il est impensable pour moi aujourd'hui de construire hors sol sans tenir compte de ce qu'il y a en dessous. Donc j'ai fait pas mal de formations en géobiologie, mais je ne prétends pas être un maître en biologie, donc c'est bien aussi d'avoir des gens autour de soi qui ont ces compétences, et puis de les réunir. Et on s'est rendu compte qu'un lieu sain géobiologiquement avec un bâtiment basé sur le nombre d'or augmente considérablement les fréquences vibratoires. Donc ça contribue à votre bonne santé. Je peux dire honnêtement que je vis mieux ici que dans un appartement à Genève, qui est parfois construit de manière assez aléatoire. Il y a d'abord la nature environnante qui fait une grande différence, mais aussi le fait que ce soit sain géobiologiquement – c'est-à-dire qu'il n'y a pas de champs électromagnétiques terrestres qui émanent d'ici, et encore moins de champs électriques artificiels, disons, créés par l'homme. Il n'y a pas de lignes à haute tension. Bref, on est dans un environnement vraiment privilégié à cet égard. Et ça marche. On a d'autres endroits, par exemple, où on se rend compte… Le pire qui puisse arriver sur une propriété, c'est d'avoir une source d'eau souterraine dans une faille avec un angle aigu ; ça va baisser votre fréquence vibratoire, même si la source est à 40 mètres de profondeur, et ça peut la baisser tellement… Si votre chambre à coucher est juste au-dessus d'une faille d'eau, c'est juste terrible. C'est assez nocif, donc il faut l'éviter. Ça peut se corriger, par contre ; il y a des moyens de remédier à ça. Si, malheureusement, votre bâtiment est situé à un tel endroit, alors il est très important d'en tenir compte. Oui, construire dessus, c'est bien, mais regardez ce qu'il y a en dessous, ne serait-ce que les bases. Personne ne s'en soucie beaucoup de nos jours. C'est tellement dommage. Et souvent, on a des plans de quartier localisés, des décisions de réaffectation de terrains prises par nos autorités qui ne tiennent absolument pas compte de ces phénomènes.

Vous parliez de réseaux électromagnétiques, naturels et artificiels. Ce sont des concepts encore méconnus de la plupart des gens, voire controversés aujourd'hui. Que diriez-vous à ceux qui pensent que ces réseaux n'existent pas, que ces lignes invisibles que l'on ne peut pas voir à l'œil nu n'existent pas ?

En fait, ce n'est pas… J'aime dire que la géobiologie est un art, comme l'art de construire si on utilise les bonnes proportions. C'est un art, pas seulement une science. Parce que non seulement on redécouvre des aspects de la géobiologie aujourd'hui, par exemple, Mais les Celtes utilisaient très bien ça, et puis à nouveau avec les bâtisseurs de cathédrales, ils plaçaient leurs bâtiments au hasard, sans aucun hasard ! Quand on fait des mesures dans ces endroits, on voit qu'ils sont vraiment conçus comme des instruments de musique, créés pour élever spirituellement les êtres vivants. Entrer dans la cathédrale de Chartres, c'est un rituel, mais d'abord, il y a la géométrie sacrée, et puis vous avez des courants et des réseaux métalliques qui circulent, tellement puissants qu'ils peuvent même avoir des propriétés thérapeutiques. Donc on a commencé à développer des instruments de mesure. Je ne me souviens plus de tous les noms, mais ça fait longtemps qu'on sait mesurer un champ électromagnétique. Ça fait des décennies qu'on sait mesurer le taux vibratoire de la Terre, et on sait le faire scientifiquement. Mais pourquoi être géobiologue est un art ? Ça demande de la pratique. Pourquoi le judo est un art et pas seulement un sport ? C'est parce qu'il faut entraîner un mouvement des milliers et des milliers de fois jusqu'à ce que le mouvement précède la pensée. C'est plus rapide que la pensée. La pensée est trop lente. La pratique de la géobiologie, c'est pareil. Plus vous pratiquez, plus vous devenez sensible. Et plus vous devenez sensible, plus vous vous élevez, vous vous allégez d'une certaine façon, vous vous débarrassez de vos couches matérielles. C'est la même différence entre un alchimiste et un chimiste. Un chimiste est un scientifique. Un alchimiste est un artiste parce qu'il faut des années, des années d'abnégation et de pratique. Donc, c'est ça qui est bien dans la vie. On a aussi la chance d'avoir la science ; je ne la rejette pas du tout, bien au contraire. Elle a aussi beaucoup apporté à notre confort, à la qualité de vie. Ce qui est vraiment intelligent, c'est de fusionner les deux : l'art et la science. Oui, le refuge du Goûter est une œuvre d'art. Mais quelle maîtrise scientifique faut-il pour tenir face à des vents de 330 kilomètres par heure qui balaient le Mont-Blanc ? Il faut les deux. Vous savez, ce fameux dicton : le scientifique est celui qui a les deux pieds bien ancrés dans la fange de la matière. Ils ont toujours besoin de preuves. C'est pour ça qu'ils restent dans le concret. Donc, il s'agit vraiment de combiner les deux. Et de cette façon, la lumière entre dans votre bâtiment quelque part, ça se produit. Mais par exemple, nier la géobiologie en disant : « Je ne le vois pas, ça n'existe pas. » D'abord, ça ne veut pas dire que la personne qui le dit a raison, et ensuite, il faut se rappeler de la capacité perceptive extrêmement limitée de nos cinq sens. Même sans mes lunettes, je ne vois pas une souris à trois mètres, mais un aigle la voit à trois kilomètres. Je n'entends pas le dixième de ce qu'entend un chien, sans parler de son odorat. Donc notre champ de perception, même pour le son, est extrêmement limité. Et donc on a tendance à croire que la réalité du monde, qui est la matière, c'est ce que je vois, ce que je sens, et ce que j'entends. Pas du tout. Ça va beaucoup plus loin. La géobiologie, c'est pareil. Quand vous faites appel à un sourcier, qu'est-ce qu'il va faire ? C'est un artiste d'une certaine façon. Oui, mais il a des baguettes de sourcier. Oui, mais ce n'est pas lui qui décide avec les baguettes ? Quand l'eau souterraine émet son champ électromagnétique, ça fait bouger les baguettes : vous savez qu'il y a de l'eau. Ensuite, l'art, c'est de déterminer la profondeur et le débit. D'accord, mais ce sont des choses très simples. Si vous avez ça sous votre maison, c'est extrêmement nocif, il faut le savoir.

Vous parliez d'un réseau naturel ; est-ce que nous sommes effectivement sur une ligne d'énergie particulière ici ?

Eh bien, on a mentionné tout à l'heure le réseau Hartmann. C'est en fait un hommage à Monsieur Hartmann, qui a calibré ces fameuses lignes Nord-Sud il y a environ un siècle. C'est un réseau métallique, c'est du nickel. D'accord, vous avez le réseau Curry, Curry l'a calibré à 45 degrés par rapport au réseau Hartmann, n'est-ce pas ? C'est environ tous les huit mètres, c'est un métal, c'est du fer. Et pourquoi on parle autant de ces deux réseaux ? Parce que le noyau de la Terre est fait de fer et de nickel. Donc la pression fait remonter ces réseaux à la surface. Et plus un métal est rare, plus le réseau sera espacé. Or, il se trouve que le réseau Hartmann, qui est le réseau de nickel, n'est pas toujours très bon pour l'organisme humain, plutôt pathogène. Donc on l'évite. C'est assez amusant d'ailleurs, si vous avez un chat à la maison, vous regardez où il dort. Son système énergétique est à l'opposé du nôtre. Donc s'il va sur un réseau Hartmann, il va se coucher à un endroit de votre lit. Il va se positionner sur un réseau Hartmann. Ça veut dire que pour vous, pour avoir la tête au bon endroit, ce sont des indicateurs. Donc on évite le réseau, même le réseau Curry, surtout s'il est négatif. Donc, le réseau de fer. Ensuite vous avez les lignes de Perry, qui sont comme de l'or, et puis vous avez des lignes plus espacées qui sont très thérapeutiques et que l'on retrouve calibrées dans les bâtiments anciens. Et donc, ces bâtiments étaient souvent érigés sur ces intersections. Chartres est un des points les plus énergétiques du globe. Mais il y a une façon d'approcher ces lieux ; on ne peut pas y aller comme ça. Il faut se préparer, parce que sinon, énergétiquement, ça peut être trop, ça vous submerge. Donc, pour des lieux comme Chartres, il est bon de se préparer trois ou quatre jours à l'avance pour pouvoir être accueilli par le lieu et bénéficier réellement de ces réseaux, parce qu'ils sont souvent bons. Et si ça résonne avec une maladie que j'ai, ça peut vraiment aider à me guérir, voire à me guérir. En disant cela, je ne rejette pas la médecine, ce n'est pas du tout de ça dont on parle, mais c'est complémentaire, complémentaire, c'est quelque chose qui peut vraiment apporter beaucoup. Oui, si vous vivez dans un endroit qui est pathogène, vous avez des champs électriques artificiels, vous êtes sous une ligne à haute tension, vous avez une source d'eau souterraine qui passe sous votre lit, à 40 mètres de profondeur sous votre bâtiment. Et puis vous avez aussi le Wi-Fi, et puis l'antenne 5G sur le toit. Il n'y a aucune chance que vous soyez en bonne santé… que vous restiez en bonne santé. Aucune. Ce n'est pas un hasard, c'est réel, mais je ne vois pas tous ces réseaux, je ne vois pas ces ondes. Elles existent pourtant. Quand j'allume ma radio et que j'écoute, je ne sais pas, RTS La Première, je ne vois pas les ondes à la radio, pourtant elles sortent de la radio. On est pareil avec ces réseaux. Donc l'un ne va pas sans l'autre. Construire beau, harmonieux, oui. Se soucier de chaque petit détail et le vérifier : essentiel. Et tant qu'on ne le fait pas, les gens vont se sentir de plus en plus mal dans les bâtiments qu'on leur construit. Oui, on est à l'opposé du spectre, on a plus de matériaux biosourcés, on s'est éloigné de plus en plus de la Proportion Divine, et on ne se soucie pas du tout de ce qu'il y a en dessous. Ça ne peut pas bien se passer, n'est-ce pas ? Mais vous ne nous avez pas dit si nous étions effectivement situés ici sur une ligne ou à un endroit particulièrement aligné, disons.

Alors ce que nous avons fait ici pour améliorer encore l'harmonie du lieu, c'est de mesurer et de marquer au sol les lignes Hartmann et de dévier les lignes négatives qui traversaient la maison. La même chose avec le réseau de fer, par exemple, le réseau Curry. Puis, il se trouve que ce terrain est aussi traversé par une ligne d'or assez inhabituelle. Ça va en surprendre plus d'un. Je ne le savais même pas quand j'ai acheté le terrain. Ces mesures ont été faites récemment par des géobiologues expérimentés. Il y a une ligne d'or thérapeutique qui part d'ici, en direction de Saint-Pierre-de-Clages et qui s'étend jusqu'à Genève, jusqu'à Saint-Gervais. On n'a pas mesuré plus loin. Donc vous regardez ces réseaux, ils quadrillent la planète, de la même façon que des particules cosmiques tombent sur nous, et nos corps s'adaptent en permanence, mais aussi nos émotions et nos esprits. Donc si je suis dans un lieu qui est déséquilibré, eh bien, mon esprit va dysfonctionner, mes émotions… Je vais surtout ressentir des émotions négatives, et mon corps va tomber malade. Oui, donc ici il y a des réseaux incroyablement bénéfiques. Excellent, oui, on le sent. En tout cas, on se sent bien.

Je comprends que vous défendez vraiment une idée, c'est que notre environnement peut influencer notre santé mentale, notre santé physique, et même notre santé spirituelle. Et c'est drôle parce que vous dites que « l'être humain s'est un peu déconnecté de la vie » et je sais, pour avoir lu votre livre, que vous estimez que notre époque est dominée par l'ego et la peur, par une forme de matérialisme qui, justement, nous éloigne progressivement de notre nature profonde. Comment expliquez-vous que nous en soyons arrivés là ?

Définissons d'abord ce qu'est l'ego et peut-être le sens de notre vie. Le sens de notre vie, c'est de passer du dense au subtil. La matière, on pourrait dire, est l'élément le plus lourd. Et on veut aller vers quelque chose de plus subtil, de plus léger. On pourrait appeler ça la lumière, d'une certaine façon. Alors qu'est-ce que l'ego ? C'est la fragmentation de l'être. C'est la conscience brisée en mille morceaux, comme un verre que j'ai jeté par terre. Et l'ego, c'est ce qui fait que je suis dispersé, que je ne suis pas présent ; c'est ce qui fait que j'aime et que je n'aime pas. Je vais dire : « Ça, c'est bien, ça, c'est mal », j'ai toujours un jugement sur tout alors que je ne sais rien. Donc, il s'agit de prendre conscience qu'on est déjà fragmenté. Par conséquent, si je suis fragmenté, je ne suis pas dans un état d'unité. Et cette fragmentation est due au dysfonctionnement de nos trois centres. Le centre physique, que les alchimistes appellent le sel ; le centre émotionnel, que les alchimistes appellent le soufre. Et on voit bien que la plupart des gens vivent dans les émotions négatives. Et puis vous avez le centre mental, qui est féminin, qui est la connaissance. C'est le Mercure pour les alchimistes. Et ces trois centres sont dysfonctionnels ; ils ne sont pas ensemble. Donc le but, c'est d'unifier ces trois centres. Mais pour ce faire, il faut rassembler ce qui n'était pas là avant, notre ego, qui était dispersé. Et c'est très intéressant par rapport à la construction, comment ça fonctionne ? On est toujours surpris. Aujourd'hui, on donne des prix en architecture, le prix [exemple], le prix [exemple]. Je reste dans le domaine de la construction ici, mais il y a mille domaines qui sont, qui fonctionnent énergétiquement, ou qui dysfonctionnent énergétiquement aujourd'hui. Donc, on donne des prix, et puis c'est toujours : « J'ai conçu ça, je suis un génie, regardez, un bâtisseur de cathédrales. » Généralement, il n'y a pas de plan, pas de nom ; ces gens ont construit pendant trois siècles, et on ne sait pas qui ils étaient. Ils n'étaient pas animés par l'ego. Ils étaient focalisés sur la transmission du savoir. Et aujourd'hui, on glorifie l'ego au lieu de glorifier la conscience de l'individu réalisé, celui qui a tendu vers les aspects les plus subtils. J'exagère un peu. Donc, si je considère l'architecture pour ce qu'elle est, dans le passé, le but était de construire harmonieusement pour que les gens se sentent bien. On avait une formule : « Il faut que ce soit beau, bon, et bien fait. » Aujourd'hui, il faut que ce soit rapide, rationnel, et pas cher. Vous savez, c'est la génération IKEA. Avant, j'avais une belle commode chez moi, faite par un ébéniste ; je trouvais ça beau. Maintenant, il y a 1 000 commodes, ou 100 000 commodes. Elles sont toutes pareilles ; elles ont perdu leur âme. C'est ça, avoir retiré l'âme du monde, l'émotion. C'est pour ça qu'on n'a plus assez d'artistes partout qui créent du vrai art. Le vrai art, c'est quand vous avez appliqué la géométrie sacrée à ce que vous… Produisez quelque chose, que ce soit un bâtiment, de la musique ou de la peinture. Ce sont les principes qu'il faut d'abord intégrer. Et il y a une formule simple : « L'onde précède la forme. » Donc tout ce qui crée une forme est fait d'ondes, et des ondes qui sont dans la même, la même fréquence vibratoire. C'est ce qui nous donne l'illusion que ma veste est réelle, que ma main est réelle. C'est simplement parce que tout est dans la même fréquence. Donc c'est un taux similaire, si je puis dire. Si je change l'onde, la forme va changer. Donc si je construis avec une onde harmonieuse qui vient de la proportion divine, la forme qui en résultera aura une influence bénéfique sur le lieu et sur moi. Et plus je m'en éloigne, plus c'est dissonant, plus c'est disharmonieux. Et ce sont des choses assez fondamentales qu'il faut rassembler. Mais si tout le monde qui fait un petit dessin dit : « C'est super », c'est de l'ego, mais ce n'est pas de l'art parce que c'est loin de ces principes de base.

Oui. Et justement, cette quête spirituelle que vous avez mentionnée, vous ne l'avez pas seulement décrite dans votre livre, que j'ai lu et dont nous avons parlé la dernière fois, mais vous l'avez aussi rendue visible ici, dans votre jardin. Quand on s'y promène – vous nous l'avez montré tout à l'heure – on découvre qu'il raconte lui aussi l'histoire d'un véritable parcours initiatique. Pourriez-vous nous expliquer un peu comment ça fonctionne ?

Comme je suis un bâtisseur, j'ai besoin de construire pour de vrai. Sinon, j'ai du mal à comprendre. Vous voyez, si je regarde, par exemple, comment fonctionne l'arbre de vie, je peux le regarder dans un livre et puis me dire que c'est une théorie intéressante… ou pas. Donc à un moment donné, déjà… C'est pour ça que je comprends les choses par le dessin, c'est pour ça que je construis ; c'est plus facile pour moi graphiquement. J'ai des bases en mathématiques, mais je suis beaucoup plus sensible aux visuels géométriques. Donc à partir de ce moment-là, je me dis toujours : je vais le faire pour de vrai. J'ai de l'espace dans le jardin, bien sûr. Parce que là, je peux expérimenter. Et me dire que la théorie, eh bien, je suis sorti de l'oratoire pour aller dans l'atelier. Donc oui, il y a un arbre de vie dans le jardin, fait avec des pierres selon toutes les règles de l'art. Extrapolé, extrapolé avec la proportion divine. Puis vous vous promenez dedans et vous observez ce qui se passe. Et soudain, vous découvrez des choses totalement insoupçonnées en vous-même, et votre propre fonctionnement intérieur, pour dire : Mais où est le problème en moi ? Donc c'est une vraie révélation en quelque sorte. Et c'est vrai que les gens me demandent souvent de les accompagner là-dedans, et puis il y a plusieurs mondes, et là vous pouvez vraiment vous défaire de tout, vous défaire de tout ce que vous avez en trop, des couches qui nous pèsent, qui nous empêchent de voir la Lumière quelque part.

Précisément, pour vous extraire de ce monde matériel où aujourd'hui on nous vend la peur, la rationalité, la rapidité et le bas coût. C'est ce travail de transmutation, de passer du malheur à la vertu. Si je suis quelqu'un qui est toujours – je donne un exemple parce que c'est un moment fort de l'Arbre de Vie – si je suis quelqu'un qui est très en colère, par exemple, et qui a envie d'être violent, eh bien, c'est une vraie prison intérieure. C'est vraiment une épreuve que j'expérimente au quotidien. En fait, c'est un des problèmes fondamentaux de l'humanité. On est toujours en colère contre le monde entier. Le président de la République était censé s'occuper de moi, mais il ne l'a pas fait. Mon patron m'a dit une chose blessante ce matin, et un chauffeur m'a crié dessus. Et puis il y a mon malheur. Et ma vie est plus dure que celle de tout le monde. Je suis en colère. Et en fait, je me mange moi-même de l'intérieur. Et en réalité, je ne me rends même pas compte que le monde entier se fiche de ma colère ; c'est juste moi qui suis dedans. Donc si je deviens violent pour exprimer ma colère, ça va faire des dégâts collatéraux sur des êtres vivants ailleurs. Et ce n'est pas acceptable, bien sûr. Par conséquent, j'ai la capacité, quand j'en prends conscience, de la transmuter en force, par exemple, en force de construire. Si je suis en colère et violent, je détruis ; si je l'ai transmuté en sens, je peux construire et participer à construire un monde meilleur. Mais c'est toujours, c'est toujours la même énergie qui est passée, disons, du pôle négatif au pôle positif. Le champ de torsion négatif est devenu un champ de torsion positif, et c'est le but de faire ça en soi. Et plus on le fait, plus on se détache d'une certaine façon. Voilà, enlever les taches de nos manteaux matériels. Donc j'ai pris l'exemple d'un démon de l'arbre de vie, par exemple.

Absolument. On l'appelle aussi l'Arbre des Séphiroth, l'arbre des alchimistes, parce que c'était l'ancien, l'enseignement d'Hermès Trismégiste, par exemple. Mais ça marche, il suffit d'essayer. Mais tant que vous n'avez pas essayé, vous ne savez pas si ça marche.

Oui, en tout cas, le parcours n'est pas que du tout bon, il y a ces sept mondes que vous venez de mentionner, mais il y a aussi la tradition des bâtisseurs qui est mise en lumière, la Kabbale chrétienne, l'Arbre de Vie, les alchimistes dont vous parliez tout à l'heure. Finalement, quel est le fil conducteur qui relie tous les symboles que vous avez voulu mettre en avant dans votre lieu de vie ?

Le fil conducteur, c'est vraiment de passer de l'épée au subtil, d'alléger notre fardeau et de trouver le chemin de l'unité intérieure, d'échapper à cette fragmentation qui nous est si nuisible. Cet ego qui a toujours le pouvoir et qui, d'une certaine façon, nous perd dans un labyrinthe. C'est ça, se perdre dans le labyrinthe intérieur ; c'est que des petits tyrans prennent le pouvoir en permanence au cours de la journée. Non, ce n'est pas l'Unité. Et le but pour nous, c'est de revenir à l'unité, de devenir Un. Et là, la vraie lumière peut rentrer en nous à nouveau. C'est la transmutation alchimique dont on parle. Et vivre dans des lieux conçus selon ces principes aide. Ça aide à être libre. Si vous êtes dans un lieu bruyant, mal conçu, dans un sous-sol en béton, vous n'allez pas vous élever, n'est-ce pas ? Donc ça va créer encore plus de germes de conflits qui, par exemple, vous amènent à la colère et à la violence. Mais la première libération, la plus importante au début, c'est justement celle qui est liée au neuvième monde. Il faudrait explorer ces mondes, mais peut-être que ça va inspirer l'auditeur à aller découvrir par lui-même. Et je reviens à ce monde qui est très important à transmuter : se libérer de la peur. La plus grande prison intérieure de l'humanité, c'est la peur. Et tant qu'on est dans la peur, aucune ouverture spirituelle n'est possible. C'est la première transmutation intérieure. Et on nous vend en permanence la peur. Regardez, il fait chaud en ce moment, donc c'est une canicule, on va tous mourir de chaud, donc on vous fait peur avec ça. Avant, c'était la peur d'un virus, puis c'est la peur de la guerre, la peur de manquer d'énergie, la peur de tomber malade, la peur de manquer de nourriture. On nous vend toujours une peur, et cette peur vous maintient prisonnier du monde matériel. Elle vous empêche de vous ouvrir. Regardez, la peur de la mort, bien sûr, quand la mort est si simple : c'est l'âme. Donc, il s'agit de libération. Si vous vous libérez de la peur de votre propre mort, et aussi de la peur de mourir, ce n'est pas tout à fait la même chose. Ce peut être la peur de souffrir avant de mourir. Si vous vous libérez de tout ça, alors l'ouverture spirituelle est possible. Le premier rayon de lumière va entrer. Et si je peux donner un message, presque en conclusion de notre conversation aujourd'hui, c'est que chaque personne identifie en elle les peurs qui me paralysent. On en a tous. Mais je ne parle pas de l'instinct de survie. Il est clair que si je suis au bord d'un précipice et que je n'ai pas peur, alors je saute, je vais quand même me tuer en bas, vous savez. On parle de la peur, des peurs qui ne sont pas raisonnées, qui nous submergent mais qui nous emprisonnent. Et on a une société qui en fabrique en permanence. Par exemple, à travers la télévision. Regardez, on colle les gens, on les colle devant la télévision, et on veut s'évader. Et qu'est-ce qu'il y a à la télévision ? Il y a des programmes, ce qui est peut-être bien pour vous façonner un peu. Et quand je suis fatigué d'un programme, qu'est-ce que je fais ? Je change de chaîne, eh bien oui, mais une chaîne est censée m'attacher, pas me détacher. Donc, vous voyez, il faut se libérer de toutes ces fausses croyances, ces certitudes qui nous ont été inculquées depuis des siècles, et là la transformation intérieure devient possible. C'est pour ça que j'ai terminé mon livre en disant : plus d'attentes, juste de l'émerveillement, et tout devient possible. Ça s'appelle la liberté. Se libérer de la peur et ne pas avoir d'attentes. Je n'ai aucune attente vis-à-vis de l'arbre à côté de moi ; il est simplement beau pour ce qu'il est. Je ne m'attends pas à ce qu'il change, qu'il grandisse de trois mètres demain. Tant que j'ai une attente, je ne peux pas me réveiller, m'émerveiller de la beauté du monde. C'est aussi le secret de la création de soi. Se libérer des attentes, de la peur, et de l'anticipation. Je peux m'émerveiller, et quand je m'émerveille, je suis capable de faire des choses fantastiques. Tout devient possible dans ma réalisation de soi, et je deviens un être libre.

Avez-vous vous-même vécu une transformation spirituelle depuis que vous avez ce jardin, cette maison, ou est-ce que les gens qui vous rendent visite vivent un changement quand ils viennent ici ?

Souvent, les gens qui viennent visiter repartent heureux parce qu'ils se sentent bien. Donc, l'exercice a réussi au moins sur ce plan-là. Si je ramène ça à moi maintenant, par rapport à la question, je ne dis pas que j'ai… vous savez, tout est impermanent, mais quand j'ai atteint le bout du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, j'ai vraiment vécu cette transformation ; c'est entré comme un éclair de lumière. Et ça ne veut pas dire que je le garde tout le temps, mais je garde le sentiment. Et il s'agit de l'accueillir. Quand on a ce sentiment, pendant un petit moment, c'est pour ça que ces fragments de lumière, ce fragment particulier, vous laisse ce sentiment ; c'est merveilleux, on a juste envie de le retrouver quelque part. Comme quand, à un moment donné, on a enlevé tous ses manteaux sales. J'avais tout révélé, et tout s'est imprégné. Après, la vie reprend son cours ; on reste incarné dans le monde physique ici, on n'est pas complètement libéré de ça, mais on peut s'en approcher, tendre vers la perfection, mais ça ne veut pas dire qu'on peut l'atteindre.

Merci beaucoup, Thomas Büchi. Après avoir consacré votre vie à construire, à transmettre et à explorer ces traditions, vous délivrez enfin un message à nos auditeurs et téléspectateurs aujourd'hui, en lien avec la spiritualité et l'élévation spirituelle. Merci pour cette interview passionnante. Merci de nous avoir reçus dans ce lieu magnifique, et peut-être à bientôt sur NTD France.

Avec plaisir. Merci de m'avoir reçu et de me permettre de partager et de participer au partage de ce savoir.