Transcription
Savoir-faire à acquérir, et que ce savoir-faire va s'acquérir avec la pratique. Pour moi, la meilleure manière de démarrer pour avoir cette pratique, c'est faire des petits gâteaux avant de faire des gros. Donc, faire des nouvelles avant de faire des romans.
L'idéal serait presque laïc. On démarre par laïc, trois phrases, et il faut qu'il y ait quelque chose qui se passe. Après, c'est trois pages, il faut qu'il se passe quelque chose. Et après, c'est 300 pages. C'est un peu la gradation. Mais je crois que l'on peut gagner du temps avec des petits trucs. Je ne crois pas aux livres, à tous ces livres qui sortent sur comment écrire, ou tous ces ateliers d'écriture dans lesquels on promet une sorte de... on ne sait rien faire et après on a une capacité à faire des rou... Je ne crois pas à ça.
Par contre, il y a une perception de comment ça fonctionne, et cette perception peut se transmettre. Notamment, un élément qui est important, c'est l'art du suspense. L'art du suspense, que l'on pourrait, qui pourra avoir une application avec l'envie de tourner les pages. Qu'est-ce qui donne envie au lecteur de tourner les pages ? Qu'est-ce qui donne envie au lecteur de tourner les pages ? C'est l'envie de savoir ce qui va se passer. Donc, déjà, il y a une chose à savoir : c'est positionner une sorte de secret à découvrir, ou de révélations à voir, ou d'instants merveilleux à trouver, et créer une frustration autour du "on ne vous le donne pas tout de suite, attendez un peu, on vous le donne plus tard". Et cette frustration, c'est l'art du tourner de page.
L'art du romancier, c'est c'est cet artisanat. Et plus on maîtrise cet art de frustrer le lecteur, plus le lecteur va avoir du plaisir à la révélation finale. Mais c'est lié. Donc, un autre élément qui est, il faut tenir en haleine. Mais au final, il faut offrir un cadeau. Et ce cadeau, minime, c'est une surprise. Et là, ça rejoint, je parlais de tout à l'heure du travail de cuisinier. Je dirais, ça rejoint un autre artisanat qui suit du prestidigitateur. On a fait une diversion, au final, on sort le lapin du chapeau. Mais il faut avoir préparé le lapin dans le chapeau, et il faut avoir choisi le chapeau et choisi le lapin. Tout ça doit être préparé à l'avance. Donc, je crois au plan, je crois à la montée dramatique, je crois au suspense, je crois à la capacité à à surprendre, et la nécessité de surprendre.
Et un autre élément qui qui me semble important, c'est les entrées en matière. Dans les sept premières pages, qui soient le plus agréable possible. Je crois que l'on a passé le temps des scènes d'exposition de 20 pages juste pour montrer que l'on a un joli style. Ou alors, c'est de la poésie, c'est un autre concept. Mais dans le roman pur, c'est l'art de frustrer le lecteur sur 300 pages pour qu'il y ait une épiphanie, une révélation finale extraordinaire à la fin de la 300e page. Et une fois que l'on a posé cette chose-là, il faut s'en tenir. Tout doit servir à au suspense et retourner page, en fait, de générer de l'attention.
Pour reprendre la la comparaison que vous faisiez avec la cuisine, la cuisine, on l'apprend, on l'apprend en observant, on l'apprend avec des maîtres, avec des livres, en regardant faire les gens qui cuisinent dans son entourage. C'est vrai. C'est clair qu'une une école, une formation d'écriture, ça ça ça ça ne sortira pas des grands écrivains qui ont leur livres prêts. Mais après, les écoles de cuisine ne font pas les grandes cuisines, et elles leur donnent des moyens techniques quoi. Il il y a pas forcément, du côté de la la narration littéraire, en tout cas en France, une habitude de transmission. Et souvent, l'apprenti cuisinier écrivain, il doit partir à zéro. C'est, vous savez, c'est extrêmement difficile.
Quelles ont été, est-ce que vous avez eu des maîtres qui vous ont appris à écrire l'art du suspense ? Je l'ai découvert, enfin, l'art du suspense en maîtrise romanesque, j'ai découvert en décomposant et analysant un roman précis qui est "Dix Petits Nègres" d'Agatha Christie. Ce roman m'avait forcé, enfin, m'avait amené à lire en marchant, donc en prenant le risque de marcher sur les merdes de chiens, et en prenant le risque d'être écrasé. Donc, je me suis dit, il y a une performance à faire ce roman. Et cette performance, elle est liée à "j'espère que la fin ne va pas me décevoir", vu que que visiblement, il y a un foutage de gueule depuis une centaine de pages. Donc, j'étais dans "je tourne les pages, je ne vais pas à la fin quand même, mais j'espère que la pinte dans le chapeau valait le coup". Donc, je tournais les pages. Et j'ai trouvé que la fin était décevante, mais j'ai trouvé que la tension qu'il m'a créée était extraordinaire. Donc, j'ai tout décomposé en dessin et en schéma. Comment donc les fausses pistes m'amenaient à me tenir en haleine, et comment le le système marchait. J'ai ramené ça à une sorte de schéma qui ressemble à un sapin de Noël, c'est-à-dire une ligne. Et et donc, à chaque fois, les "Dix Petits Nègres", donc, c'est tous les suspects qui faisaient comme ça. Et je me suis dit, voilà, c'est un peu le un mécanisme que je vois qui marche bien. C'est, on promène le lecteur sur des fausses pistes, et au dernier moment, on... Bon, là, elle faisait une boucle avec quelque chose qui était une fausse piste et qui n'était pas une vraie piste. Donc, ça pouvait se ramener à un dessin. Donc, c'est la décomposition de ce roman-là qui m'a permis de comprendre comment fonctionne le mécanisme de promenade, euh, de promenade du du lecteur.
Maintenant, mes maîtres sont de l'ordre des idées, et non plus de la technique. Ça, c'était, j'allais dire, c'est une maîtresse en technique. Mes maîtres, le le premier qui m'a, où je me suis dit, "Oh là, il y a il y a réellement une puissance de tir qui va au-delà de l'objet livre", c'est Asimov avec "Fondation". Donc, quand j'ai vu Asimov, "Fondation", je me suis dit, "OK, ce n'est pas un livre, c'est une prophétie. C'est en train de m'annoncer le futur". Tout ce que tous ces types à la télé ont essayé de prévoir, bah, c'est annoncé là. C'était écrit en 1940, je crois, et le type a tout compris. Donc, Isaac Asimov, c'était la révélation que le métier d'auteur d'imaginaire qui parle de prospective est un métier en fait qui doit allier d'autres métiers comme politicien, économiste, psychologue, qu'est-ce qu'on pourrait dire encore, architecte, il faut prévoir, design du futur, anthropologue. Chez certains auteurs, voilà, il y a il y a plusieurs métiers. Donc, j'ai compris avec "Fondation" qu'il y a plusieurs métiers dans le métier.
Le deuxième livre qui m'a mis dans un état aussi de "je suis à l'école et je suis en train d'apprendre un truc très important", et ça va au-delà du livre, c'est "Dune" de Frank Herbert. Et j'ai j'ai compris, il faut connaître des écosystèmes, s'intéresser à la nature. Je m'intéressais déjà à la nature, mais utiliser cette connaissance de la nature pour bâtir un quelque chose qui est organique. Et à un moment, je crois que c'est Alejandro Jodorowsky qui m'avait dit que "Dune" était bâti sur les les cartes du tarot. Donc, je me suis dit, il va falloir que j'apprenne le tarot pour pouvoir comprendre comment est fait "Dune". Donc, "Fondation" m'a appris à regarder l'actualité avec un regard de romancier, et "Dune" m'a appris à regarder le roman avec une structure de type tarot, qui elle-même se rapporte à la structure de type arbre de vie sphirotique, cavalistique.
Et enfin, mon troisième maître important, je veux dire ceux qui m'ont vraiment donné la puissance de tir, c'est Philip K. Dick. Philippe K. Dick m'a m'a appris, alors là vraiment, la philosophie et la psychiatrie. Je me suis dit, il va falloir maintenant que je travaille bien mes mes mystiques et que je travaille bien ma ma connaissance de la psychiatrie et mes connaissances en philosophie, notamment le zoroastrisme, des des trucs pas trop connus, mais le chamanisme, la Kabbale aussi. Pour Dick, le le christianisme secret, toutes ces choses-là. Voilà. Il il y avait dans dans le travail de Dick l'idée, l'écrivain doit être le type qui va le plus loin, au frontières de la pensée. Ce n'est pas qu'un philosophe, ce n'est pas qu'un... Ce doit être une sorte de visionnaire, quelqu'un qui qui pige les choses, un point d'observation, un un lieu de de compréhension du monde très de vigie, vous savez, comme le type qui est en haut du bateau et qui voit plus loin.
Vous parlez, vous avez commencé par l'aspect technique. On reviendra dessus parce que c'est c'est vraiment ce qui m'intéresse. Vous parlez de l'aspect de de thématique, de recherche, de prospective. Et puis, il y a une troisième dimension, c'est le l'expérience émotionnelle personnelle qui va servir de matière première. Vous prenez, vous mettez beaucoup de votre expérience dans vos livres. Alors oui, moi, je trouve que les auteurs de fiction, on met encore plus que les auteurs soi-disant biographes. Alors, on ne peut parler que de ce que l'on connaît. Il y a un moment, c'est compliqué de parler du futur vu que l'on ne le connaît pas. Donc, on est obligé, pour être crédible, sachant que le lecteur sent tout ce qui est vraisemblable et pas vraisemblable, et que la vraisemblance est l'enjeu, il faut utiliser son expérience. Donc, déjà, je voyage beaucoup. Ça fait partie des des éléments aussi à conseiller aux au jeunes apprentis écrivains : voyager beaucoup. Je fais des expériences sportives à mes limites de ce que je peux faire avec mon corps, mais pour essayer de voir les sensations que ça me provoque. Il m'est arrivé de d'avoir les expériences d'amitié ou des expériences sentimentales en me disant qu'elles sont nécessaires à à la construction de mes personnages. Et j'utilise mon vécu pour créer mes personnages. La plupart de mes personnages, de tous mes romans, existent réellement, surtout le dernier, "Depuis l'au-delà", où pratiquement toutes les histoires qui sont racontées, aussi surprenantes soient-elles, sont issues de vrais témoignages ou de vrais personnages que j'ai rencontrés. Sur un sujet comme les fantômes, ou parler avec les morts, ça peut paraître surprenant. Il y a très très peu de délire ou très peu de d'imaginaire dans un roman qui, pourtant, a l'air de parler que de l'imaginaire, avec un héros qui meurt dès les premières pages.
Je conseille, quand j'ai l'occasion de transmettre, je conseille à aux jeunes aux jeunes écrivains de développer sa capacité de curiosité et d'émerveillement, et de considérer qu'il rentre dans un métier dans lequel il va devoir apprendre tous les jours. J'utilise actuellement des podcasts d'histoire et de sciences. Donc, ça veut dire que tous les jours, j'apprends. Je continue d'apprendre l'histoire de France, l'histoire du monde, histoire après histoire. Je continue d'apprendre l'astrophysique, tout le temps, tout le temps, tout le temps. Là, j'ai actuellement 56 ans. Depuis que j'ai pratiquement l'âge de 13 ans, je suis rentré dans une mécanique de "il faut que je découvre toutes les merveilles du monde". Je dis 13 ans parce qu'à 13 ans, j'ai commencé à faire l'encyclopédie Sa relative et absolue, et dans l'encyclopédie, je notais les choses pour ne pas les oublier, parce que j'ai un drame personnel, c'est que j'oublie.
Concrètement, comment vous organisez le travail sur un roman ? Vous partez des personnages ? Vous partez d'un accord, d'une idée, d'un concept ? Alors, dans dans ma manière de travailler, tout d'abord, il y a tous les jours une idée de roman, première base. Donc, tous les jours, je fais une petite nouvelle. Avant, j'en faisais, je fais tous les jours des... J'arrivais en une heure à faire des nouvelles de six, sept pages. Maintenant, je note une idée. Donc, tous les jours, j'ai une idée, ce qui veut dire que, au final, j'ai pratiquement 300 idées par an, ce qui est une mécanique aussi à entretenir. C'est un muscle imaginaire. Plus on l'utilise, plus il fonctionne bien. Après, certaines idées me plaisent, donc je développe en petite nouvelle, ce qui a donné notamment mes deux recueils de nouvelles, "L'Âge des possibles" et "Bienvenue au paradis", qui sont dans, j'ai mis cinq qui me semblent les 20 plus intéressantes. Et après, certaines nouvelles me semblent suffisamment intéressantes pour faire des romans. Par exemple, "L'École des jeunes dieux" a donné "Nous, les dieux". Il y a par exemple "Demain, les femmes" pour "Troisième Humanité". Et ma manière de fonctionner, une fois, donc l'idée de la nouvelle, trois, le projet de roman. Ma manière de fonctionner, c'est de faire plusieurs versions sur le même sujet. Donc, versions. Vous entendez accord ? En changeant tout le point de vue ? Les... Oui, je peux faire changement de point de vue, changement complet. En fait, je considère que mon premier jet, c'est comme le "mastermind". Il y a plein de trucs qui peuvent fonctionner un peu, mais ce n'est pas bon. Donc, mes premiers jets sont très mauvais, et je ne les garde pas. Et j'ai une formule qui est : ne pas tomber amoureuse de sa première version, parce que sa première version, il y a peu de chance qu'on soit arrivé au premier coup juste en positionnant les éléments à trouver la formule qui marche.
Vous avez toujours, vous avez dit sur "Les Fourmis", vous l'aviez réécrit 120 fois. Toujours sans relire ? Vous gardez toujours cette dimension de retravail énorme sur sur les que vous faites maintenant ? Vous allez plus vite ? Alors, je suis passé de 120 à 12 sur le dernier. Ce n'est pas que je vais plus vite, c'est que le seul fait d'avoir écrit des romans avant, bah, si finalement, si si je... Je ne sais pas si je vais plus vite. Je me suis auto-limité. Maintenant, en roman, c'est 9 mois. Donc, même si au bout de 9 mois, il n'est pas au point, je je considère que c'est fini. Je ne vais pas mettre 12 ans pour faire un roman. Et il y en a un que j'ai écrit en une journée, qui est "Le Voyage".
Vous faites beaucoup de travail préparatoire, un plan, de la structure, des fiches de personnage, ou vous travaillez intuitivement en ayant les règles en tête ? Alors, au fur et à mesure que j'avance, je fais un un document à côté qui, pour l'instant, j'appelle ça "je donne le nom du du roman plus documentation", dans lequel je vais faire mes fiches personnages. Mais ça va arriver au moment de la nécessité. C'est, je ne le fais pas avant le roman. Je vais le faire, je vais me mettre un nom de personnage, une fois que j'ai mis son nom, j'ai commencé à mettre son âge, puis après son métier, puis je vais le définir au fur et à mesure que j'en aurai besoin pour l'histoire. L'histoire va définir mon personnage. D'accord. Et après, une fois que j'ai fait mon personnage, fais sa trajectoire, début, milieu, fin, son arc, en quoi l'histoire, en quoi l'histoire le change ? J'imagine qu'une histoire est une machine à laver dans laquelle tous les personnages vont arriver blancs et vont terminer noirs, vont arriver noirs, ils vont terminer blancs, mais en tout cas, ils vont être changés. L'instant de crise est choisi pour être changé. Les gens, soit changer.
Comment vous vous êtes formé à la narration ? Vous avez parlé de de technique, d'étude des des "Dix Petits Nègres", vous avez fait moment une formation de scénariste, puis le travail de recherche spirituelle, intellectuelle, recourir en profondeur les structures narratives, forcément dans le spirituel, c'est les mêmes arcs, en fait, c'est les mêmes dynamiques. Mais comment comment vous êtes formé à la narration ? Alors, d'abord, j'ai j'ai commencé par faire des scénarios de bande dessinée pour un magazine, j'avais 14 ans. Grande influence de Lovecraft, de Poe. Donc, je je faisais des histoires à la Lovecraft et à la Caran d'Ache. Ça, c'était avant quand même que j'ai j'ai décidé que la technique des petits m'inspirerait pour. Donc, c'était juste des sortes de petits contes fantastiques. Après, pour l'écriture des "Fourmis", donc, j'ai pas arrêté de de tâtonner, de chercher sans trouver le le le mécanisme. Et c'est la lecture des livres qui m'a permis, pour prendre l'image, la métaphore du cuisinier, en goûtant les plats, les plats des autres, je me disais, "tiens, il met un petit peu de citron, il rajoute du gingembre, pas bête". En mettant du lait, du beurre, on rajoute un élément de gras. Donc, je voyais comment les recettes des autres fonctionnaient. Au bout d'un moment, quand je lisais, je décomposais le travail de de l'artisan. Je regardais, qu'est-ce qu'il a fait ? Quel est le sous-texte ? Comment il manipule ? Comment il m'amène vers la mauvaise direction pour me rattraper au dernier moment ? Comment il joue avec moi ? Voilà. J'ai toujours eu une méfiance devant tout ce qui était forme et une admiration dans tout ce qui était fond. Donc, je n'ai pas lu tous les grands romans de de style qui qui ont fait les grandes les heures chaudes de de la littérature française. Si je les ai lus, je les ai lus sans plaisir, juste pour savoir comment c'est fait. Et j'ai je n'ai pas lu comme je lirais "Dune" ou "Fondation". Il m'est arrivé de de lire, je ne vais pas citer mes auteurs ennuyeux, mais c'était pour voir comment ils arrivaient malgré tout à à vendre leur camelote, alors qu'il n'y avait pas de maîtrise de la technique. Vous savez que mon réalisateur va voir des mauvais films pour se dire, "ouais, je trouverais quand même arriver à faire mieux", alors que si vous allez voir des bons films, au bout d'un moment, ça vous coupe, j'arriverais jamais au niveau du maître. Donc, il y a un moment, il y a un intérêt à lire des mauvais livres, voir des livres de style dans lequel l'auteur ne fait que parler de son nombril, pour se rappeler que ça aussi, ça fait partie du système. Après, la pratique. Mon grand secret, je peux le donner d'un coup : c'est à 16 ans, j'ai lu une interview de Frédéric Dard dans lequel il dit, "pour être écrivain, c'est 8h30 tous les matins". Et j'ai dit, "je vais faire 8h30 tous les matins". Voilà. Si vous voulez être écrivain, c'est 8h30 tous les matins. Et je vais expliquer pourquoi ça marche à tous les coups. Si vous faites n'importe quoi 8h30 tous les matins sur une longue période, moi sur 12 ans, au bout d'un moment, même en n'étant pas doué, vous arrivez à quelque chose d'intéressant, juste par la régularité, la pratique. Si vous courez tous les jours entre 8h et 12h30, vous allez gagner les marathons. Si vous plantez des courgettes, vous allez avoir un énorme champ. Si vous vous intéressez aux étoiles, vous allez devenir le spécialiste, peut-être, d'une région du ciel. C'est la régularité qui est le secret. Le principe d'écrire un livre durant les vacances, genre, "je profite que j'ai juillet-août pour arriver à faire mon roman", ce n'est pas une bonne idée, parce que ça veut dire que vous n'avez pas entretenu le muscle en permanence dans l'année. Donc, vous allez démarrer, vous pouvez réussir, mais vous allez vous devenez pas un professionnel, juste un type dans "one shot".
Est-ce qu'on peut parler de la pertinence d'utiliser la scène comme unité dramatique ? Dans euh oui et non. Votre question, c'est est-ce que c'est nécessaire d'utiliser la scène ? Est-ce que vous utilisez la scène comme comme mesure dans vos histoires ? Alors, j'utilise en fait des techniques de montage de cinéma, c'est-à-dire que je conseille, je fais un grand rush, et après je vais couper, retravailler dedans. Mais il y a des scènes qui n'ont pas d'unité, c'est-à-dire qu'il n'y a pas un début, un milieu, une fin. Une scène, ça me pose pas de problème d'écrire une scène qui fasse quatre lignes, dans lesquelles il y a écrit "il restait là à regarder l'horizon". Pour moi, ça, c'est une scène. Et ce n'est pas, ce n'est pas bouclé. D'ailleurs, quand j'ai ramené la première fois le manuscrit chez Albin Michel, chez mon chef de collection, chez Michel, il m'a dit, "bon, toutes tes chapitres ne font pas la même taille, donc je vais tous les retailler pour qu'ils fassent la même taille". Et j'ai dit, "mais c'est fait exprès". Il me dit, "ouais, ouais, mais non, ça, c'est des trucs de petit jeune". Non, non, on va on va tout retailler. Et j'ai dit, "pas, je tiens quand même, je tiens mes chapitres de quatre lignes, et je tiens à mes chapitres". Tant pis. Des questions de rythme ? Bah ouais, il y a il n'y a pas d'obligation de faire des chapitres pareils. Alors, attends, chapitre, toi, tu mets chapitre, scène, phrase, ça sera à peu près trois unités, c'est ça ? Il y a un paragraphe aussi qui est différent. Scène, c'est quand on on fait vivre, on fait vivre l'exemple que que que que vous donniez avec le petit attend au bord du fleuve. On peut en faire une scène de 10 pages, une scène réactive, on est dans ce qui se passe. J'ai compris ça. Construite avec un début, un milieu, une fin ? Non, pas forcément. Mais c'est des moments où on accélère, des moments où on prend le temps de vraiment faire vivre instant par instant. On ne peut pas faire ça, surtout parce que des fois, des fois, je me dis, je devrais faire que chaque chapitre soit un roman entier. Et j'ai cette volonté, mais je renonce, parce que d'abord, on n'y arrive pas, et puis en plus, au bout d'un moment, sinon, ça devient répétitif, c'est-à-dire que les gens savent qu'il va y avoir au sein du chapitre une chute, une chute lourde, alors qu'un chapitre peut rester en suspens. Voilà, c'est c'est ça que j'avais un peu compris comme comme élément. Pour moi, scène, c'est plutôt un terme de de cinéma. D'accord.
Et une une autre question sur pour pour pour revenir justement sur l'image du prestidigitateur, qui est ce qu'on dit nous du du travail d'écrivain, c'est c'est pas magique, c'est du travail. Faut regarder ce que les autres ont fait, faut apprendre les les grands tours. Où en cuisine, il y a des grands, des grands incontournables quoi qu'on peut qu'on apprend à faire, qu'on peut renouveler avant d'inventer. Est-ce que vous seriez sur sur un roman de grand type d'histoire ? Dire, là, je vais faire une histoire, je vais faire une quête ? Là, je vais faire ? Au final, tous mes romans sont des romans initiatiques. Donc, donc après, il y a plusieurs tailles. "Le Livre du voyage", c'est sur 100 pages, on écrit en une journée. Et "Les Fourmis", c'est sur 3 volumes de 500 pages. On va dire, ça ressemble plus à une saga. Votre question, c'est est-ce que est-ce que vous vous vous écrivez en de grands types d'histoire ? Ouais, s'il vous plaît. Pour moi, tous mes romans, c'est des sagas initiatiques, c'est-à-dire, c'est un c'est un héros qui va être transformé, roman après roman, pour aller pour découvrir les secrets de de l'univers. Ce qui est le cas encore plus typique dans "L'État de l'ONU" avec Michel Pinon, qui au final va découvrir sa dimension sur tous les angles. Là, sur ces livres, sur une pentalogie. Mais sur la série "L'Empire des anges", "Nous, les dieux", en fait, je crois que j'ai exploré tout ce que je peux faire sur aussi grande distance. Et je voulais aller un peu plus loin avec la série "Troisième Humanité", mais les lecteurs n'ont pas suivi. Donc, il y a un moment, je reste quand même attentif à ce que les lecteurs suivent ou ne suivent pas. Mais je voulais en faire sept, dans l'esprit de à l'époque de "Game of Thrones". Je voulais faire sept livres, et j'avais déjà fait tous mes arcs des sept, et je savais déjà où j'allais arriver. D'accord.
C'était c'était la question suivante sur une série, quel est le le travail de de structure préalable que vous avez ? Vous avez partez des arcs transformationnels des personnages avant de commencer ? Oui, maintenant, je le fais presque instinctivement. Avant, je dessinais, je dessinais. [Musique] Mais la gestion du suspense a pris le pas sur les éléments géométriques qui sont intégrés. C'est comme, je pense, pour un pianiste, il est dans l'émotion, il est plus dans la technique des doigts. Donc, au début, je faisais beaucoup de dessins architecturaux et tout, mais surtout sur "Les Fourmis", dans lequel j'utilisais la structure de cathédrale. Mais maintenant, je suis juste dans euh, tout le temps projeter de l'émotion et et maintenir le niveau émotionnel du lecteur pour le le mettre dans des états de transe, s'il en est capable, s'il en a envie, ou s'il a marché jusque.
Qu'est-ce qui est, qu'est-ce qui est vert qui saute de branche en branche ? Qu'est-ce qui est fondamental pour vous dans la création d'un personnage ? C'est son apparence ? Rôle ? Il y a deux manières de de faire travailler les personnages. Le premier, c'est l'action révèle la psychologie. La deuxième, la psychologie entraîne l'action. Je suis plus dans l'action révèle la psychologie, c'est-à-dire que mon, il y a une phrase que j'utilise souvent qui est : "Il ouvrit la porte et recula de surprise". Qui m'a l'air la base romanesque. Donc, je n'ai pas défini mon bonhomme, j'ai défini une action. Mais déjà, la phrase "Il ouvrit la porte et recula de surprise" entraîne un intérêt pour ce qu'il... On ne sait même pas son âge, on ne sait pas sa forme, et on se demande ce qu'il a vu. Voilà, là est la clé du système. Donc, pour moi, l'action va révéler la psychologie. Il m'est arrivé de poser un personnage et de le, oui, je le cherchais en plus, le roman dans lequel je ne fais que révéler la psychologie du personnage et l'action, c'est "Le Miroir de Cassandre". Dans "Le Miroir de Cassandre", j'ai établi une jeune fille autiste qui ne parle pas et qui pense beaucoup. Et après, le roman n'est que l'interaction du monde par rapport à ce silence qui est troublant. Et du coup, elle devient la révélation finale, et le le lecteur spectateur a accès à des informations que n'ont pas les personnages. Donc, le monde de l'action ignore ce que le lecteur spectateur connaît, à savoir, en fait, elle pense très très fort et très très vite, et elle comprend beaucoup de choses que les autres ne comprennent pas.
Une autre question sur la l'importance d'être d'être clair pour être lu facilement, et tout le travail qu'il y a derrière. En fait, ce que j'ai envie de conseiller à vos disciples, vos élèves. Alors, je leur fais au cas où, en fait. Ce que j'ai envie de conseiller à vos élèves, c'est de définir clairement à qui il s'adresse avant de commencer le roman. Il y a deux choses : soit on s'adresse aux critiques littéraires, et dans ce cas, on a intérêt à faire du style. Si on veut vraiment avoir la critique d'Alain Badiou à France Inter ou l'Observateur ou dans Télérama, il faut faire des phrases longues, et il faut parler de psychologie. Et il y a les règles du Nouveau Roman qui sont la non-nécessité de l'intrigue. Donc, ça, ça s'adresse à ce public, avec une possibilité, c'est les prix littéraires et le le petit milieu qui est très puissant quand même, littéraire parisien. Maintenant, il s'avère qu'il y a une antinomie avec le grand public, qui lui n'aime pas trop ça, enfin, je suis peu ça. Donc, si on veut le grand public, il faut faire une intrigue avec du suspense. Moi, mon éditeur m'avait posé la règle clairement, il m'a dit, "soit à l'un, soit à l'autre. Soit tu écris pour le public, soit tu écris pour les critiques. Si tu as le public, tu n'auras pas les critiques. Si tu as les critiques, tu n'auras pas le public". J'ai dit, "je veux le public". Sache, non seulement tu ne les auras pas, mais tu les auras contre toi. Donc, ça a été posé dès le début, avant même que je sois publié. Donc, je savais, j'écris pour le public. Après, il ne faut pas se plaindre. Je je dis ça parce que je sais que mes maîtres, notamment Jules Verne et Philip K. Dick, ont toujours été frustrés de ne pas avoir de reconnaissance. Ça fait partie du jeu. Ma pauvre Duet, tu ne peux pas avoir les deux. Tu peux avoir le beurre et l'argent du beurre, et tu ne peux pas avoir le public et les critiques. Donc, ça, c'est à définir, il me semble, avant d'écrire le livre. Est-ce qu'on veut le concours ou est-ce qu'on veut le public ?
À force, le jeune public, le jeune public n'a pas de temps à perdre avec euh la forme, parce qu'il est habitué par le cinéma à être plongé directement dans l'intrigue. Donc, vu qu'il est habitué à être plongé dans l'intrigue, il ne voit pas pourquoi, dans le monde du roman, dans lequel il faut faire un peu plus d'effort qu'au cinéma, on ralentirait la manœuvre. Donc, il se dit juste, "c'est un truc pour les vieux". Voilà. Donc, si on veut le jeune public, il faut écrire comme le cinéma, en privilégiant l'image plutôt que la parole, et en privilégiant l'action plutôt que la psychologie. Mais tout ça a intérêt à être pensé à l'avance. On peut, on peut difficilement avoir les deux. Cela dit, il y a des exceptions. Quelques auteurs arrivent à ménager les deux. Stephen King, par exemple, arrive par moment à à maîtriser le fond et la forme. Mais c'est ancien prof de français, enfin, prof d'anglais, pour de littérature. Et puis, il a lui, il a tellement pratiqué, je crois qu'il doit être à trois ou quatre romans par an. Donc, le seul fait de pratiquer fait qu'il maîtrise. Moi, j'en fais deux par an. Donc, je ne suis pas aussi expérimenté, en tout cas, dans dans l'usage. Mais sur les deux, il y a aussi un roman qui disparaît, c'est à mi-chemin, j'en abandonne comme des jumeaux, et il y en a un qui est en route. Comme le fait de poser, de lancer des histoires, des nouvelles quotidiennement, spontanément.
Mais une dernière question sur le travail de recherche d'idées, le fait de poser l'inspiration. J'ai utilisé plein de techniques apparemment là-dessus, pas que la recherche documentaire. Est-ce que vous pouvez nous en parler un petit peu ? J'utilise déjà, commencer la première chose qui me met à l'esprit, c'est mes rêves. Donc, les rêves, je note tous les matins. J'ai une discipline très stricte : tous les matins, noter le rêve. J'arrive pas forcément, en tout cas, j'ai dès que je me lève, j'ai l'ordinateur qui est prêt pour noter. Deuxièmement, les actualités. Et les actualités ont la capacité à me mettre en colère, parce que je, étant journaliste pendant sept ans à L'Obs, j'ai vu comment les gens sont manipulés par des journalistes qui cherchent à les amener dans certains endroits qui correspondent pas forcément à la réalité. Donc, j'ai envie, j'ai envie automatiquement, c'est ça qui m'inspire, de rétablir la vérité que j'ai vue de mes yeux vus. Et là, après, je me dis, "OK, je ne peux pas d'un coup leur dire dire ce que je comprends, donc je vais le dire par une métaphore". Après, il y a mon travail de, je fais la méditation, je fais de l'hypnose, je fais de l'auto-hypnose, je fais la régression. Toutes ces choses-là, pour moi, ça fait partie de la doc. C'est exactement pareil qu'ouvrir un livre ou aller sur Wikipédia pour découvrir un pays, ou l'histoire, un élément de l'histoire, ou les podcasts, par exemple. Et puis, le un autre élément aussi, j'ai pas pensé à dire tout de suite, c'est que tous les jours, donc, je fais 8h30 écriture, enfin, en tout cas, je reste devant l'ordinateur. Il y a des petits moments où je fais pas 8h30 comme ça, il y a des moments où je reste aussi à rasser. Et à 13h, je déjeune avec un ami qui fait qui a le même esprit que moi, c'est un esprit de recherche. Donc, c'est des historiens, c'est des scénaristes, c'est des gens, des humoristes, des magiciens, c'est des gens avec lequel je sais déjà que je vais avoir des conversations, on va s'enrichir mutuellement. L'esprit écrivains, d'autres réalisateurs de cinéma, et on s'échange des idées. Et je sais que l'un de nous deux va pouvoir, par exemple, il y a un dialogue qui est sympa entre nous deux, et on va le noter. Puis il y en a un qui va dire, par exemple, "tu le prends ou je le prends ?". Mais c'est c'est comme des petites parties d'échecs. J'ai joué aux échecs aussi dans la documentation. Pour moi, une partie d'échecs, c'est de ça ressemble beaucoup à un roman. Surtout, j'ai des amis qui jouent d'échecs qui jouent de manière romanesque, c'est-à-dire qu'il y a des surprises, il y a des effets de dingue. Et si on regarde la partie, on peut on peut avoir un effet de de rebondissement intéressant. Quand j'ai vu "Game of Thrones", j'ai tout de suite compris que le mec jouait aux échecs. J'ai vu, c'est organisateur de parties d'échecs, c'est pas hasard. Les "Whis Carol" avec Alop des merveilles, c'est aussi une partie d'échecs. Les échecs, le tarot, tout ça, c'est intéressant.
Est-ce que votre votre travail de journaliste, il vous a servi ? Alors, mon travail de journaliste m'a servi déjà dans une chose, c'est connaître les coulisses de l'information euh qu'on distribue. Quand j'étais journaliste scientifique à L'Obs, j'ai bien vu comment il y avait des gens qui faisaient pression sur nous pour qu'on donne des informations d'une certaine manière, voir qu'on transmette leurs mensonges. Donc, c'est c'est ce qui m'a donné cette vision un peu libre de de ce qui se de ce qui se passe dans le monde. Après, ça m'a permis aussi de rencontrer des des grands scientifiques qui m'ont raconté aussi ce qu'ils mettent pas dans les livres et ce qu'ils n'ont pas dire. Donc, tout ça, tout ça m'a bien servi. Mais surtout, là où ça a été le plus utile, c'est que j'ai découvert le travail d'entreprise. Au Nouvel Observateur, on était 120 à l'époque, 120, je pense qu'ils sont plus maintenant. 120 journalistes, je vais dire comme ça, mais il y avait 80 qui bossaient et 80 qui étaient chefs et qui bossaient pas, et 40 K. Et j'ai découvert qu'en entreprise, et je crois que c'est le le ratio à peu près habituel, en fait, il y a deux tiers qui foutent rien. Et non seulement deux tiers foutent rien, mais en plus, ils empêchent ce qui bossent de travailler en dans la sérénité. Ça correspond d'ailleurs de manière assez étonnante au chiffre de la formule. Une formule, toutes les formules ne bossent pas. Il y a un tiers qui fout rien, un tiers qui fait des choses inutiles et gênantes, et qui vont compliquer la vie de l'ensemble de la communauté. Et le dernier tiers va réparer les conneries du premier tiers, plus faire une action efficace qui va vraiment servir la collectivité. Et ça correspondrait à peu près à ce que j'ai vu au Nouvel Observateur, à savoir.
un endroit où euh ceux qui veulent faire juste correctement leur métier doivent lutter contre une sorte de de masse de gens qui sont font ça comme comme un travail qui les ennuie et sur lequel ils veulent juste avoir de l'argent et des privilèges.
euh l'observateur m'a permis aussi de voir les chefs. je disais tout à l'heure qu'il y avait euh les deux tiers qui avaient des titres de chef, mais les chefs ne font pas que de chef. c'est-à-dire qu'en plus ils veulent diriger leur service. donc moi j'étais au service société et j'avais une chef du service société qui faisait que saboter notre travail. donc j'ai vu comment euh le système de la hiérarchie chez les fait que ça crée une pression pour que ceux qui veulent juste faire correctement leur boulot se retrouvent en fait euh embêtés par tous les emmerdeurs qui ont été générés par le système.
je dis je dis ça, je pense que c'est pas que dans le journalisme, mais dans le journalisme, c'est d'autant plus surprenant parce que c'est censé être un endroit où les gens sont dans curieux, moderne, intéressé par les voyages, par les mouvements et et c'est là où j'ai vu les gens les plus réacs qui répétaient tout le temps les mêmes conneries sans s'intéresser à la modernité en fait. c'est cette expérience professionnelle humaine, c'est ça qui a posé les bases de des fourmis.
oui oui, déjà j'en ai acquis un instant de révolte. c'est censé être un journal de gauche, donc journal d'opposition, vieux système et c'était l'endroit le plus réac, le plus vieilli, le plus ancien, mais dans le sens immobile euh du système. donc je me suis dit, ok, maintenant je vois euh je vois le système. en tant que jeune, j'étais le plus jeune à l'époque, j'avais 23 ans quand je suis rentré au Nouvel Observateur. le plus jeune après moi devait avoir au moins 32, 33 ans, euh 10 ans de plus. et je me suis dit, ben moi, c'est ça que j'ai envie de faire bouger. j'ai pas envie de le détruire, j'ai envie juste que ça marche correctement. je vois bien pourquoi ça marche pas correctement, mais il faut, il faut que chaque nouvelle génération s'attaque au système pour le faire muter dans la bonne direction.
ça me semble, ça me semble ça aussi le travail de l'écrivain, c'est d'être rebelle, d'être révolté, faire d'avoir envie de faire bouger les choses. et si c'est juste pour avoir un boulot peinard et faire des dédicaces, vaut mieux laisser tomber. je crois qu'il faut, faut un peu être en colère, il faut avoir faim pour avancer.
je tiens à le rappeler et ma première question Bernard Verbert, que veut dire écrire ?
ah, écrire, c'est c'est transformer sa pensée en en objet visible par les autres et qui doit nous survivre. c'est-à-dire que si vous n'écrivez pas, ben vous pensez et puis vous oubliez et puis votre pensée, c'est comme si elle n'était pas. par contre, si vous écrivez votre pensée, vous allez non seulement donner la possibilité à cette pensée d'être vue dans l'espace, mais aussi dans le temps. donc vous mourrez et votre pensée continuera d'exister. donc c'est une manière de sublimer la pensée.
alors dans cette période très difficile de pandémie, nous recevons tous les uns et les autres et nous sommes nous-mêmes des écrivains en herbe. qu'est-ce qui fait de quelqu'un, de l'homme ou de la femme, un écrivain unique ?
il faut qu'il y ait des idées originales. il y a deux sortes d'écrivains, c'est ceux qui copient les livres qui ont déjà marché et donc dans ce cas, c'est juste des suiveurs. et puis il y a ceux qui vraiment innovent. euh et innover, c'est avoir le courage d'utiliser ses pensées propres comme outil de travail. pour ça, déjà, il faut avoir une pensée propre. et pour avoir une pensée originale, en fait, il faut déjà connaître ça. ça rejoint un peu le système. faut connaître la pensée des autres pour s'en démarquer. euh donc, il faut savoir tout ce qui a le maximum de de pensées qui ont été sorties. donc, il faut s'intéresser et à la science et à la philosophie et à l'histoire. et à partir de là, trouver un angle original que non pas utilisé les autres. et à ce moment-là, si le public est prêt à à le repérer, je crois que on devient un écrivain qui marque son temps, en tout cas un écrivain qui qui pourra résister à à l'oubli.
voilà, autrement dit, on élargit notre esprit quelque part pour enrichir notre récit.
élargir l'esprit, en fait, il faut se forger le mot élargir. euh vous pouvez voyager partout, vous élargir l'esprit, c'est pas pour autant que vous allez forcément bien. mais je dire, plus vous comprenez les autres, plus vous vous intéressez au monde, plus vous allez finir par trouver vos propres déductions originales. donc, il faut déjà s'intéresser aux gens, s'intéresser au monde. je pense que quelqu'un qui reste dans une pièce enfermée aura du mal à à avoir de la matière d'écriture. donc, il faut être nourri, faut nourrir son esprit. et à partir de là, faut avoir une idée originale pour présenter la synthèse de tout ce qu'on a compris.
il voilà. alors Bernard, quelle est la place de l'imaginaire dans l'écriture ?
alors, une fois qu'on a compris, qu'on s'est intéressé au monde, il y a un moment où on peut extrapoler. par exemple, vous discutez avec quelqu'un et vous pouvez déjà déduire ce qui va lui arriver dans le futur. on le fait tout le temps quand on discute avec les gens. la personne qui a des problèmes de couple, vous pouvez déduire qu'elle va divorcer, qu'elle va peut-être retrouver quelqu'un d'autre. si quelqu'un vous dit qu'il n'en veut plus à Paris, c'est déjà en permanence, on fait des projections dans le futur. ce travail de projection, c'est notre imaginaire qui le fait. maintenant, le grand avantage, c'est que quand on imagine, comme on dit, l'écriture, on renforce l'écriture de de science-fiction. on n'est plus du tout limité au réel. on peut aller beaucoup, beaucoup plus loin. donc moi, je m'autorise à penser comment sera le monde dans son temps, dans 1000 ans, dans 100 000 ans, dans un million d'années. et après, je je regarde les réponses qui m'arrivent naturellement et j'en fais des récits. et le grand avantage de la science-fiction, c'est que je n'ai pas l'obligation de ne pas me tromper. on va pas me dire, ah tiens, dans temps il s'est passé ça, il se passe autre chose. c'est juste une manière de proposer aux autres de faire le même exercice. vous aussi, essayez de voir venir le futur, amusez-vous à faire vos propres déductions.
alors, quel conseil donneriez-vous pour raconter une histoire structurée ?
alors, je dirais déjà, faire un plan. il y a deux sortes d'écrivains, c'est ceux qui font des plans et ceux qui font pas de plans. euh un écrivain comme Stephen King, par exemple, fait pas de plan. il part d'une idée et puis il essaie de se surprendre lui-même. mais au final, souvent, il donne trop au début et passe à la fin. l'avantage du plan, c'est qu'on peut doser. et l'idéal, c'est de mettre le maximum de de suspense et de surprise et d'effet à peu près au deux tiers du livre.
[Musique]
l'avantage du plan aussi, c'est que en général, les plans se font en trois parties : début, milieu, fin. et on peut répartir les les scènes fortes au début, au milieu, à la fin. c'est on n'a pas, on n'a pas de déséquilibre. moi, je perçois le le récit comme un être humain. il a des pieds, il a un ventre et il a une tête. les trois sont indispensables, mais les trois doivent être pensés dans leur ensemble. sinon, il va avoir une énorme tête, tout petit pieds, il va se casser la gueule. donc moi, je suis partisan du plan, je suis partisan de la montée dramatique et et de travailler beaucoup son plan, c'est-à-dire de faire plusieurs plans, de de le dessiner pour pouvoir bien comprendre l'histoire qu'on veut raconter. et ensuite, va la raconter. celle-ci soit bien dosée en scènes au début, au milieu. voilà, mon conseil, c'est faire un début, un milieu, une fin, soit aussi bien nourri, aussi bien.
alors Bernard, comment entretenir la surprise chez le lecteur ?
ah, alors ça, c'est en fait, c'est le principal talent de l'écrivain. tout prendre le lecteur à contre-pied. il y a une course entre le lecteur et et l'auteur. fait, par exemple, si vous faites un polar, dès le moment où vous avez commencé à signaler un meurtre et vous voyez les suspects, le lecteur va se faire une idée de où l'auteur va venir. il faut se débrouiller pour ne pas aller là où le lecteur croit qu'on va l'amener et tout le temps le prendre à contre-pied. cette art de la surprise, c'est quelque chose qui va se travailler précisément en réécrivant l'histoire. fait un premier jet, j'ai surprenant, essayer de faire un deuxième jet dans lequel plus d'effet de surprise et puis en troisième et puis en quatrième. moi, j'aurais écrit 10 fois mes romans pour être sûr d'avoir le maximum d'effet de surprise un peu partout et surtout à la fin. je crois que la première politesse d'un bon écrivain, c'est de sortir un lapin du chapeau comme un magicien et de dire, vous n'avez pas vu venir, mais hop, il y a un lapin dans le chapeau. et ça, c'est le c'est là où on voit les bons et des mauvais magiciens et des bons et mauvais écrivains. mais si dans le roman, à un moment, le lecteur s'est dit, ah bah ouais, je vois qui est l'assassin, c'est lui, et que c'est vraiment lui, ça veut dire que c'est l'écrivain qui s'est.
mais alors Bernard Verbert, comment faites-vous pour façonner vos personnages ?
ah, déjà, je je rencontre le maximum de gens. j'adore discuter avec les gens. euh en fait, quand je dis discuter avec les gens, c'est discuter à les yeux dans les yeux. je suis incapable de donner des conversations à trois ou quatre personnes, ce qu'on appelle du talking. je parle un tout petit peu, mais je m'intéresse à personne. moi, je tous les jours, j'essaie de discuter avec une personne différente. au moment où je déjeune, je l'écoute complètement, je m'intéresse à sa vie, je plonge mes yeux dans les yeux et je suis complètement [Musique] dans de la compréhension de l'essence de cette personne. et avec ce que je fais tous les jours avec des personnes différentes, ça m'aide à faire les personnages parce que je comprends les mécanismes, comment l'enfance, les parents, l'éducation, les épreuves, on arrive à forger un caractère. et et et aussi en quoi, en fait, cette personne est différente de toutes les autres personnes. mais pour ça, il faut s'intéresser aux gens. et s'intéresser aux gens, c'est vraiment un un exercice très quotidien. faut être un peu un psychanalyste, un psychologue, voir un psychiatre. en tout cas, il faut être curieux et et aimer les autres, tout simplement. je ne trouve pas d'autres termes. parce que pour comprendre, il y a des gens qui vivent en couple, qui sont jamais intéressés à la personne avec qui ils ont en face. ils ont fait des enfants, ils ont peut-être voyagé, ils ont fait des tas de choses, mais ils sont jamais dit, fait, c'est qui cette personne ? pourquoi elle est comme ça ? c'est quoi ces blessures ? c'est quoi ces désirs ? c'est quoi ces plaisirs ? et s'intéresser aux autres, c'est chose qu'on n'apprend pas à l'école, c'est quelque chose qu'on n'apprend pas aux parents, et c'est quelque chose qui est indispensable à l'écriture. et quand vous vous intéressez aux autres, vous découvrez en plus que la plupart des gens sont passionnants. et c'est parce que vous avez compris que les gens sont passionnants qu'après vous pouvez faire des personnages passionnants.
tout à fait, d'autant que je pense que cette cette façon de cette empathie pour l'être humain, pour l'autre, est en grande partie innée. quand on parle avec les uns et les autres, bien sûr, on peut le développer également, on peut apprendre à le développer, mais la part innée est la plus forte quelque part. j'en arrive à dire que on aime l'autre, on aime l'humanité, ou on ne l'aime pas.
je sais pas en fait, la question est-ce que je vous coince, he, entre l'inné et l'acquis ? la grosse question, c'est justement la différence entre l'inné et l'acquis. alors moi, je pense que n'importe qui, quelle que soit sa naissance, peut à un moment décider de s'intéresser aux autres. que c'est juste un choix euh vrai. et et on peut avoir une vie où où on est uniquement braqué sur son nombril et que les autres sont juste là pour être une sorte de décor. tout d'un coup, on a une sorte d'émerveillement et puis on se dit, attends, tous ces gens sont passionnants. et puis on se décentre. euh, j'ai vu des gens changer. je crois que les gens peuvent changer. euh, je suis très différent de mes parents, qui même étaient très différents de leurs propres parents. euh, je crois que j'ai j'ai hérité de de mes parents, surtout une sensibilité exacerbée. mais cette sensibilité, je pouvais l'exprimer dans l'écriture, j'aurais pu l'exprimer dans la musique, j'aurais pu ne pas l'exprimer du tout. euh après, c'est c'est il y a un choix de vie. tout à fait.
alors Bernard Verbert, on va parler maintenant dans le concret de la Masterclass. oui, comment se passe une Masterclass ? alors surtout actuellement, est-ce que c'est en présentiel ? est-ce que c'est en distantiel ? dans le concret, euh, comment que ça se passe ?
alors, longtemps, j'ai fait des masterclasses euh en présentiel, comme dit, euh tout simplement parce que ça m'amuse de voir de faire des exercices avec les élèves et de leur proposer notamment de de très vite des discours en en 3 minutes, en avec de la musique de film. et euh euh après, quand Artiste Académie m'a proposé de le faire sur internet, je me suis dit, pourquoi pas ? c'est une manière de toucher un plus large public. parce que chaque fois, sinon, c'est plutôt des classes de 50 élèves. et j'espère qu'après le covid, d'ailleurs, je vais reprendre des classes en présentiel. mais ce qu'on a fait avec Artiste Académie, c'est une sorte de de résumé de de mes de masterclasses. faut voir que une masterclass, ça dure 4 heures, euh parfois, je fais trois, je crois, 4 heures sur trois journées d'affilée avec [Musique] d'abord trouver le démarrage, ensuite trouver le plan, et après trouver le personnage et la fin. c'est un peu les les structures.
le alors, d'abord, moi, je suis pas un prof de français. euh ce que j'ai mis au point comme technique de masterclass, ne ressemble à rien et surtout n'empire pas des autres masterclasses. je sais qu'aux États-Unis, ils ont ça. j'ai mis au point mon propre système. euh et par exemple, un de mes premiers exercices que je propose s'appelle "Éprouvé". "Éprouvé", ça vient du latin "suspension du jugement". et je leur propose de faire pendant 6 minutes euh de l'écriture automatique. c'est-à-dire, l'exercice consiste à écrire n'importe quoi, mais ne pas s'arrêter, juste pour s'apercevoir qu'on en est capable. beaucoup de gens sont devant leur envie de faire un livre comme devant une rédaction. ils ont peur, je sais pas, ils ont pas les résultats, ils font rien. donc moi, je leur dis, écoutez, faites un texte, même avec des fautes d'orthographe, avec des mots grossiers, avec des incohérences. mais par contre, vous arrêtez pas. et je sais maintenant, j'ai dû le faire en présentiel sur peut-être déjà 10 000 personnes. parce que chaque fois, je je je recommence. j'ai fait aussi sur des salles très grandes. et il n'y a pas une seule personne qui n'arrive pas. et de voir que tous les autres qui arrivent, ils se disent, je vais pas être le seul à ne pas y arriver. donc, sur sur une petite musique de film, il se met à écrire très, très vite, n'importe quoi. et après, une fois que c'est fini, j'ai dit, qui ce qui était surpris par la qualité de son n'importe quoi et qui a envie de le présenter aux autres ? et là, il y en a plein qui lèvent la main. je prends les trois premiers. on s'aperçoit qu'en écrivant comme ça, sur une musique de film, avec un top départ et un top fin, il y en a qui arrivent déjà à écrire des très bonnes histoires. ils sont surpris eux-mêmes par leur qualité. en fait, ce que j'essaie de faire, c'est surtout de libérer les gens de du carcan du jugement des autres. c'est-à-dire, beaucoup de gens n'arrivent pas à écrire parce qu'ils ont peur. quand ça va être, ça va être ridicule. moi, je leur dis, ce qui est important, c'est de faire le projet, ça soit ridicule ou pas. ce qui est important, c'est que vous vous lanciez et puis que vous ayez du plaisir. on peut comparer ça un peu à un cheval. un cheval galope pas pour gagner des courses, il galope pas pour être applaudi, il galope parce qu'il a galopé, il a des muscles qui sont faits pour ça. et tout seul dans un champ, personne qui le regarde, il va se mettre à galoper. et ben, l'esprit et la capacité d'écriture, c'est par là. il faut juste retrouver ce cheval qui prend du plaisir à écrire. euh ce cheval intérieur qui prend du plaisir à écrire. et arrêter de lui dire, ben, on va regarder si tu galopes bien et puis on va regarder si tu n'as pas, puisque ton histoire, elle est digne d'être publiée. voilà. et c'est juste retrouver du plaisir. c'est la première chose que j'essaie de transmettre. et après, de trouver de l'amusement euh dans les masterclasses. donc, je fais plusieurs exercices très rapides de trois données. dans je le propose de trouver des personnages, de trouver des situations. par exemple, il y a un autre exercice que je leur propose, c'est trouver la plus mauvaise idée du sujet. alors ça, euh, la première promotion que j'avais faite avait trouvé le centimètre comme mauvaise idée de sujet. et après, j'ai eu des sujets comme la poussière ou les chaussettes, les ongles. et je leur dis, vous avez trouvé le plus sujet vague. et je leur demande une histoire d'amour basée sur cette mauvaise idée. et après une histoire d'horreur. et après un polar. et ils s'amusent énormément parce qu'ils s'aperçoivent que en fait, on a tous le goût de raconter des histoires parantes sur des sujets inattendus. faut juste libérer ça. et puis sortir de l'envie d'avoir un prix littéraire et de passer à la télévision pour faire pour faire des. c'est pas un travail intellectuel, c'est un travail fait dans la joie. l'écriture, après, on dans la faculté intellectuelle, mais d'abord la joie. et puis après, ça devient un rendez-vous. comme je dis, de la musique. et on n'a pas besoin, il y a plein de gens qui jouent de la musique, pas la musique pour faire des concerts, pour avoir un prix de conservatoire. ils ont juste du plaisir à se mettre face au piano et à sortir. voilà, c'est la même chose que je propose.
et vous rejoignez entièrement, car c'est la grande différence entre l'enfant et l'adulte. par exemple, dans un atelier d'écriture, je suis toujours très étonnée quand une personne est invitée à lire ce qu'elle a écrit en très peu de temps, elle se sent obligée de se justifier en disant, oui, mais vous savez, j'ai pas fait quelque chose de très long, ou je pense que c'est sorti du sujet. alors que l'enfant, lui, tu l'invites, et ben, il va lire son texte.
oui, exactement. j'ai vu des masterclasses aux États-Unis qui étaient abominables. he, écriture de rédactions, les [Musique] très très ris.
fa plaisir, ça fait plaisir. mais c'est souvent très difficile parce que il y a eu une mauvaise, une mauvaise vision. vous savez, le fait qu'on voit à la télévision des gens qui se prennent extrêmement au sérieux, qui sont très fiers d'eux-mêmes, parler de littérature, ça donne une mauvaise image de ce que peut être l'écriture, qui est juste un plaisir simple et quelque chose qui que tout le monde peut faire. il y a pas besoin d'avoir fait des études de lettres pour pour écrire des bouquins. il y a pas besoin d'avoir d'être un érudit. il faut juste ça. et en fait, en fait, si je comprends bien, parce que en vous entendant, me vient tout de suite une idée à l'esprit, c'est que l'avantage de l'écrit sur le cinéma, c'est qu'il n'y a pas de limite.
exactement. moi, d'ailleurs, une formation d'artiste et de réalisateur, et je sais que j'ai fait mon propre film qui s'appelait "L'Éveil" avec des douches. et je sais que sachant la difficulté d'avoir des figurants, des effets spéciaux, des mouvements de caméras compliqués, j'en profite à fond dans tout ce qui est écriture. c'est-à-dire, en écriture, j'ai pas peur de faire des grands décors, de faire des pleins, des masses de figurants, des grandes batailles, des grands voyages. et je je trouve que c'est dommage qu'on profite pas plus. euh, française, soit souvent très introspective et très psychologique, et pas assez dans dans le visuel.
je rappelle donc Bernard Weber dans la masterclass de Artiste Académie. et je vous invite donc déjà à rejoindre le site de Bernard Verbert, d'aller sur les réseaux sociaux où vous avez également la page de des Artistes Académie. Bernard Verbert, je vous remercie.
c'est moi qui vous remercie. j'étais vraiment très contente de vous avoir en ligne. avez-vous quelque chose à un message à faire passer ?
profiter de ce de ce covid pour écrire. vous allez voir, c'est une évasion complète. et rejoindre et rejoindre peut-être la masterclass de Bernard Verbert, si ça peut vous aider, ça peut vous aider. oui.
avantage aussi à la Masterclass Académie, c'est que les non seulement, on peut envoyer ses ses copies, son par pas par moi, mais mais par des des vrais éditeurs. parce que moi, je suis pas éditeur, je suis écrivain. euh et il y a une sorte de communauté qui s'est créée, c'est-à-dire, ils se communiquent entre eux, les les élèves, ils se lisent entre eux. et je vois que c'est vraiment très, très sympathique.
l'une des grandes difficultés quand on écrit, c'est de trouver des lecteurs. parce que soit on a des flagorneries qui vous disent, c'est merveilleux, et tu vas voir, ça va être publié, qui ne sert à rien. soit on vous dit, oh, laisse tomber, c'est c'est pour les professionnels. donc, je vous dise que c'est bon, c'est pas bon, ça n'aide pas. ce qui va vous aider, c'est quelqu'un qui va vous dire, attends, tu peux peut-être raccourcir ton début, il y a tes deux personnages qui peuvent en faire un, j'ai bien aimé ce passage. voilà, c'est-à-dire, c'est une lecture constructive. ça, c'est vraiment très important. et dans Artiste Académie, justement, les les différents élèves, après avoir suivi mes cours, peuvent communiquer entre eux et se lire entre eux. et euh et ça crée des sortes de petites communautés d'entraide et d'encouragement. et qui en fait, souvent, leur permettent d'aborder le monde de l'édition. c'est un monde étrange et nouveau pour la plupart d'entre eux.
oui, je crois que à Artiste Académie, ils ont d'ailleurs des gens de l'édition qui sont dans des des des professionnels et qui aussi voient des bons manuscrits. euh leur permettent de de vivre plus facilement. ça, c'est l'avantage d'être une structure construite. mais il y a aussi un grand avantage de nos jours à écrire, c'est les plateformes d'autoédition. c'est-à-dire que de mon temps, si vous n'aviez pas un éditeur, bah, vous gardiez votre manuscrit dans votre dans votre table de chevet et puis personne ne le lisait. mais maintenant, n'importe qui peut, juste par exemple avec Amazon, ou avec Kobo, ou avec d'autres comme Cybook, ou des plateformes de de présentation, peut présenter son travail au grand public et être jugé non plus par des chefs de collection qui recherchent que les prix littéraires, mais par le public, qui lui recherche juste le plaisir de dire, c'est comme ça d'ailleurs que "Au bonheur des ogres" ou que "Cannes de gris" sont apparus. c'est juste des des succès qui sont apparus sur les plateformes, les plateformes internet. et ça, c'est vraiment une opportunité extraordinaire pour tout le monde. après, c'est que la qualité du manuscrit et des idées du don.
encore merci la classe d'écriture, c'est parce que je pense qu'écrire fait du bien. je pense qu'écrire permet de ranger ses idées, ça permet de comprendre comment marche une architecture de pensée, ça permet d'avoir un projet, de se faire aimer avec ses personnages. en fait, je vais dire, c'est une forme de méditation, c'est une forme de spiritualité. et euh, il n'y a pas que l'objectif d'être édité, que l'objectif d'avoir beaucoup de lecteurs, ou l'objectif d'en faire son métier. il y a quand même avant tout l'objectif de se faire plaisir en inventant un monde. et je vais utiliser peut-être une image extrême, mais c'est un plaisir de Dieu. il y a une page blanche, vous mettez le nom d'un personnage, vous mettez euh le nom d'un d'un lieu, vous mettez euh le vous définissez un décor, et il y avait rien, et tout d'un coup, il y a quelque chose. et dès le moment où vous faites ça, il y a une sorte de de bonheur de construction, de un bonheur de faire apparaître, euh de faire apparaître de la vie. mais qui c'est, c'est uniquement vous et votre imaginaire qui êtes capable de faire ça. et c'est le plus grand plaisir que vous devez avoir à l'écriture.
après, le c'est toujours le le problème, c'est les rédactions euh d'école, c'est-à-dire, les profs de français qui sont qui sont incrustés en nos têtes. et quand on écrit, on a envie de faire des jolies phrases, d'avoir une bonne note à l'école, en faisant du joli français. du coup, on perd notre capacité de divinité pour devenir juste des gens qui alignons des des phrases. donc, ça, c'est un des premiers grands obstacles à la créativité, l'envie de faire une une jolie copie française. euh, le deuxième obstacle, c'est aussi, je crois, les émissions de télévision montrant des auteurs qui donnent l'impression que ce sont des êtres particuliers. non, moi, je crois que n'importe qui peut être auteur. vous pouvez être auteur. n'importe qui peut créer des mondes, n'importe qui peut créer des personnages, n'importe qui peut créer un roman. après, tout le monde ne peut pas faire des bons romans, des bons mondes, des systèmes qui fonctionnent. mais en tout cas, rien ne vous empêche de prendre votre logiciel Word, de faire ouvrir, de mettre "Mon roman" et puis après d'écrire ce qui vous passe par la tête. et c'est à vous après de trouver un plaisir là-dedans.
alors au début, euh, en effet, c'est un peu chaotique, on est perdu, on a besoin de repères. mais au fur et à mesure, rien que par la pratique, on finit par comprendre comment ça marche. et en fait, ça marche comme tout, ça marche comme la cuisine, ça marche comme l'architecture. c'est, on teste des systèmes, on regarde le résultat, et à partir de là, on essaie d'améliorer euh d'améliorer euh son œuvre.
là, aujourd'hui, je vais terminer euh la première version de mon livre euh dans le troisième volume des chats. je vais l'envoyer juste après cette émission à mon éditrice. et chaque fois, je dois vous dire, chaque fois que j'écris un roman, je réapprends les bases de ce métier. et la base, c'est euh ne pas avoir peur de recommencer à zéro pour pouvoir faire quelque chose qui fonctionne mieux.
alors j'ai vu dans les dans les questions que vous m'avez envoyées, il y a beaucoup de gens qui me disent, je suis dans le brouillard, comment faire pour avancer ? si vous êtes dans le brouillard, c'est que votre système ne marche pas. et la manière d'avancer, c'est recommencer à zéro. alors, je sais que j'ai déjà utilisé ces ces images dans plusieurs de mes masterclasses, mais je n'ai pas mieux pour dire ça. il faut visualiser ça comme une barque. et cette barque, au fur et à mesure qu'elle va traverser, elle a pour ambition de traverser l'océan. il va y avoir des fissures dans la coque. et au fur et à mesure, on va se retrouver avec un bateau qui prend l'eau de partout. et on va être au milieu de l'Atlantique, un bateau qui prend l'eau de partout. et là, on va mettre des rustines. et ces rustines, c'est du bricolage sur sa première version. et moi, ce que je propose, c'est que quand le bateau a beaucoup de trous dans la coque, plutôt que de mettre des rustines, tant pis, on revient euh, on revient en Bretagne et on fabrique un deuxième bateau. mais en tenant compte de tous les endroits où le bateau a pris l'eau. donc, ça correspondrait cette métaphore à, on recommence tout à zéro, sans récupérer une seule planche de la barque précédente, sans récupérer, c'est-à-dire, c'est l'une des grandes difficultés de ce métier, c'est renoncer à ses premières versions. on a une tendance, et je pense que beaucoup ont dû le vérifier, c'est une fois qu'on a écrit 400 pages de récit, on adore ce qu'on a écrit. en fait, on tombe amoureux de son propre texte. ça devient nous, ça devient une projection de nous, ça devient notre doudou, c'est notre manuscrit qui est lié à nous. et puis à partir de là, on rend un sentiment de soit les gens reconnaissent que c'est une merveille, soit les gens sont stupides, s'aperçoivent pas quel chef-d'œuvre c'est. et donc du coup, ça nous rend autiste. et la meilleure manière de se soigner de ce j'ai fait un premier manuscrit que j'aime et sur lequel je ne veux pas rien remettre en question, ça consiste à dire, j'ai fait un premier manuscrit qui est une sorte de brouillon. il fait peut-être 400 pages, mais c'est quand même un brouillon. et maintenant, je vais à partir de tout ce que j'ai compris en terminant le roman, je vais redémarrer entièrement à zéro. et je vais essayer de faire mieux.
alors l'idéal, et l'un l'une des grandes difficultés, consiste à trouver des lecteurs, des premiers lecteurs qui vont vous aider à dire où c'est que votre barque prend l'eau et où c'est qu'il faut renforcer votre bateau pour qu'il puisse traverser l'Atlantique. voilà. cela dit, il n'y a pas de barque parfaite. et il y a un moment, votre barque prendra quand même un peu l'eau, et il faudra traverser l'Atlantique. donc, c'est pour ça que euh, par rapport à l'image, je suis dans le brouillard, j'avance plus, et je sais pas quoi faire. ma seule réponse est rentrer à euh, recommencer à zéro. ramenez votre bateau euh, là où il est parti, et recommencer à zéro en essayant de de déduire toutes les erreurs.
j'utilise aussi une autre image, une autre métaphore, qui est celle du jeu du Mastermind. vous savez, c'est ce jeu où il y a des petits plots de couleur, on les aligne comme ça, et puis après, on demande à un autre joueur, qu'est-ce que quel endroit est bien placé et quel endroit est à la bonne couleur ? et donc, soit il met un plot blanc, soit il met un plot noir. c'est exactement comme ça qu'il faut faire. vous faites une sorte de premier roman, qui est une première combinaison que vous proposez à votre premier lecteur, qui vous dit ce qui va et ce qui va pas. et forcément, des choses qui vont, des choses qui vont pas. à partir de là, vous proposez une autre combinaison de, une autre combinaison de romans. et là, euh, vous redonnez à lire à quelqu'un. alors parfois, le premier lecteur, un amar, parce qu'il considère qu'il a déjà fait son job. donc, il faut trouver un deuxième lecteur, il faut trouver une autre personne pour la deuxième combinaison. euh comme certains le savent peut-être, sur "Les Fourmis", j'ai j'ai fait 24 versions entièrement différentes. et la dernière faisait 1500 pages. c'est comme ça, ça a duré 12 ans. et c'est comme ça que j'ai appris le métier, que j'ai compris cette technique de recommencer à zéro, recommencer à zéro. et et tant pis, on abandonne son ancienne version, quitte à plus tard, quand on aura fait sa dernière version, enfin la version qu'on veut présenter, à récupérer des petits dialogues ou des jolies scènes qui nous ont plu. mais en tout cas, repenser le système de l'histoire.
autre chose que j'ai vu dans dans les questions que vous me que vous me posiez, euh, c'est euh, est-ce qu'on doit raconter son histoire aux autres ? alors moi, je suis partisan de raconter son histoire aux autres, en prenant donc le risque que les autres vous piquent l'idée. mais je crois qu'en racontant l'histoire, on d'abord, on voit par rapport à l'autre personne, est-ce que ça l'intéresse ? on voit, est-ce que est-ce que il y a un intérêt pour pour l'intrigue, pour le pour le système ? et ça nous oblige à aller à l'essentiel. donc, cette technique du pitch me semble indispensable. c'est-à-dire, si vous avez un manuscrit, commencez déjà à le raconter à vos amis de confiance. mais racontez-le. voilà, j'ai écrit un roman, ce roman s'appelle avec le titre, vous, ça raconte l'histoire du héros auquel il arrive telle histoire. et à la fin, tant pis, vous spoilez votre propre roman, dites, il se passe ça. et qu'est-ce que tu en penses ? et et c'est là qu'on, à mon avis, qu'on avance le mieux. c'est dans dans le moment où on raconte ça comme si on racontait une histoire à un enfant. parce que là, on ne fait pas des effets de style, on va à l'essentiel. et on voit tout de suite s'il y a des choses inutiles ou des choses qui ne fonctionnent pas. donc, recommencez à zéro, racontez votre histoire aux gens, regardez comment ils la perçoivent, et comment qu'est-ce qui leur plaît, qu'est-ce qui leur plaît pas. et puis, si jamais vous voyez que chaque fois que vous recommencez votre histoire, ça marche pas, et chaque fois que vous la racontez, ça intéresse personne, et ben tant pis, vous passez à un autre sujet. de toute manière, si le premier roman devait exister, doit exister, vous aurez envie d'y revenir plus tard. donc, à ce moment-là, euh, de toute manière, il apparaîtra. en général, ce que je fais, c'est que moi, chaque année, j'écris deux romans. un euh que je qui au final me plaît moins que l'autre, que je mets de côté et que je reprendrai peut-être plus tard. mais j'ai pas pas peur de travailler sur plusieurs projets. je suis pas non plus focalisé sur, j'ai commencé ça, donc je m'arrête, je continue euh jusqu'à ce que je l'ai fini. non, ça se peut que je me sois fourvoyé. j'ai commencé à faire ça, par exemple, il y avait un roman qui s'appelait "L'homme de 1000 ans" que j'ai entièrement écrit. et je me suis aperçu que ça ressemblait beaucoup à plusieurs de mes romans, et notamment au "6ème Sommeil". donc, je l'ai mis de côté. et j'ai même utilisé dans euh "Depuis l'au-delà", puisque mon héros a écrit un roman qui qui lui sert à rien. voilà. mais mais j'en ai d'autres comme ça. j'ai j'ai plusieurs romans. d'ailleurs, c'est assez intéressant. mais dans "Sacdos", Stephen King parle d'un romancier qui lui aussi fait deux.
romans par an. J'en publie un et j'en mets un de côté. Donc, je pense que je ne suis pas le seul à faire cette technique, donc vous pouvez aussi la tester. Il y a un roman dans lequel vous avancez plus. Faites-en un autre en parallèle, quitte à ce que le deuxième aussi n'avance plus et que vous ayez envie de revenir au premier. Et comme ça, vous avez deux chevaux qui tirent votre char.
Alors, dans les questions, question avantage inconvénient sur le donc, c'est Adrien qui pose la question : avantage, inconvénient, les faits sur le lecteur de différentes styles de narration. Première personne avec présent, passé composé, ou troisième personne avec passé, présent simple, imparfait, présent, dialogue.
Alors, euh, moi, je fais partie de l'école du présent, parce que je considère que c'est plus moderne. J'ai l'impression que dès le moment où on mettait "Il était une fois un joli château et dans ce château vivait une princesse", on est dans quelque chose qui date d'avant 1900. J'ai l'impression que maintenant, la modernité veut que, un peu comme au cinéma, la caméra avance, soit très mobile, et avance avec les héros et les suit de près. Donc, ça correspond pour moi à du présent. Et le plus possible, je crois que la vision en mode jeu est une vision euh qui va forcer le lecteur à à réussir son son transfert.
Donc, le bon, ce que ce que je vous propose en fait, c'est de tester. C'est-à-dire, vous pouvez très bien faire un roman "il plus imparfait" et après vous faites "je plus imparfait", puis "il plus présent" et "je plus présent", et puis vous regardez lequel marche le mieux. Et il y a un moment, ça devient une évidence.
Je crois. D'Angélique, je suis passionné par mes histoires, j'ai du mal à les terminer. Cela, cela s'est répété à plusieurs reprises, et je m'en sens frustré. Auriez-vous des techniques afin de changer ce processus ?
Donc, Angélique, ce que tu veux savoir, c'est est-ce que, comment faire pour terminer son histoire ? Alors, la meilleure manière de euh de le terminer un roman, c'est de penser à la chute. Euh, j'allais dire dès le début. Moi, je commence par, bon, on va revenir à l'essentiel. Pour moi, écrire un roman, ça prend 20 secondes. 20 secondes, c'est le temps qu'il faut pour trouver le concept. Le concept, vous pouvez très bien euh être en train de discuter avec un ami au restaurant, puis tout d'un coup, une idée entraînant une autre, pof, vous avez l'idée de votre roman. Vous pouvez l'avoir au réveil, euh, dans un rêve. Mais le tout, le système qui va faire fonctionner le roman, c'est 20 secondes. C'est tout d'un coup l'association entre deux éléments. C'est souvent ça. Bon, par exemple, pour le cas des chats, c'était faire un roman sur les chats et puis le faire dans l'Apocalypse. Deux idées, ça prend 20 secondes. Voilà. Après, c'est le germe. Ce germe, il faut le planter, il va pousser. Mais euh, le germe, tant que vous n'avez pas le germe, vous n'avez rien. Et le germe, c'est une idée.
Maintenant, par rapport à ta question, Angélique, euh, comment le terminer ? C'est dès le moment où vous avez l'idée du germe, il faut déjà penser au fruit qui va sortir, que vous voulez voir tomber de cet arbre. Alors, pour ça, j'ai pas d'autre solution que, il il faut juste, après avoir eu l'idée, se poser la question : quelle va être la fin ? C'est un peu comme un tour de magie. C'est encore, c'est une métaphore que j'utilise souvent, mais mais si vous la comprenez, c'est vraiment essentiel. C'est, on commence par mettre le lapin dans le chapeau, et à la fin du du du tour, on révèle le lapin du chapeau. Mais si vous ne faites que faire des promesses et faire un discours, et que vous n'avez pas pensé à mettre le lapin dans le chapeau, vous ne pourrez pas avoir l'effet waouh. L'animal, et vous dites : "Et en plus, il y avait un lapin dans le chapeau." D'accord ? Donc, ça, ça se prépare à l'avance, ça se pense à l'avance. Et je ne suis pas partisan du "on fait un chapitre qui qu'on boucle", et une fois que on l'a fini, on enchaîne avec un autre chapitre. Ce que j'appelle tricoter ou aligner des perles sur un collier. Chaque perle est un chapitre, et puis au final, on essaie chaque fois de se surpasser. Parce que si on fait ce système-là, on obtient, on n'obtient pas un plan solide, et on risque de se retrouver coincé à la fin, comme c'est ton ton cas, Angélique. C'est-à-dire qu'on a plein de plein de perles sur le collier, mais on n'a pas le le pendentif principal qui pourrait correspondre donc à ce fameux lapin à sortir du chapeau pour avoir l'effet waouh.
Il y a certains grands romanciers qui arrivent à faire, en tricotant ou en se faisant juste, on enchaîne les chapitres, à faire à à faire illusion. Mais ce ne sont pas mes auteurs préférés. Et je sais que quand un effet waouh est très réussi, quand même, c'est bien agréable. Pensez par exemple au 6e sens, ce film dans lequel, en effet, il y a un effet waouh. Pour ceux qui ne l'ont pas vu, que je ne révèle pas. Ou euh, ça marche parce que ça a été pensé à l'avance. De même, le film Les Autres, avec Nicole Kidman, je ne me rappelle plus qui est le réalisateur. C'est un film dont la fin a été déjà pensée à l'avance. Il y a des histoires, comme par exemple, Les Dix Petits Nègres, qui est une référence aussi de de mécanismes d'intrigue, dans lequel j'ai l'impression qu'Agatha Christie a utilisé chacun de ces, chacune de ces fausses pistes. Et au final, elle a cherché une manière de tricher pour arriver à faire fonctionner le système. Bon, elle a trouvé. Mais euh, si elle avait pensé euh en amont, son son lapin qui sort du chapeau final, je pense qu'elle aurait pu obtenir quelque chose d'encore plus plus intéressant.
Donc, euh, la meilleure manière de ne pas se retrouver, de pas se retrouver coincé sur la fin, c'est de penser à sa fin avant de commencer le récit, et bien trouver une fin originale. Essayez de de repérer les romans dans lesquels vous avez été déçu par les fins, et notez-le. J'ai été déçu par cette fin parce que ça fonctionn, parce que le l'auteur a triché, et il a triché. Expliquez comment il a triché. Et ensuite, mettez les auteurs, vous enfin, notez les auteurs dont vous aimez les fins, et mettez : "J'ai aimé cette fin parce que je n'ai pas vu venir tel élément, et je n'avais pas tenu compte de ça." En général, pour que la l'art du récit soit honnête, il faut que le lecteur ait la possibilité de trouver la fin, et que s'il ne l'a pas trouvé, c'est juste parce qu'il n'a pas fait suffisamment attention. Mais euh, il y a une, on n'a pas le droit de faire cette technique qui consiste à euh faire sortir un élément nouveau qui n'a pas été présenté au début, qui explique tout, et qui en fait, ne laissait aucune possibilité au lecteur de trouver la solution. Je, je pense que vous-même, vous devez avoir en tête des romans comme ça, c'est-à-dire des romans où tout d'un coup, il y a un deus ex machina. Bon, en fait, tel personnage, c'était le diable, ou euh, en fait, ou il le pire, le frère jumeau. Donc, on voyait que le type, c'était, c'était tout le temps le même, mais en fait, il avait un frère jumeau. Donc, tout ça, ce n'est pas dans le code de Jedi du bon écrivain. Le bon écrivain doit donner une possibilité au lecteur de trouver la fin, et le lecteur doit se dire : "J'aurais pu trouver, c'est juste que je n'ai pas été assez attentif." Voilà. Et d'ailleurs, c'est la fonction aussi de l'écriture, c'est rendre les gens attentifs dans le dans dans le récit.
Comment trouvez-vous une fin surprenante ? Avez-vous des astuces concrètes ? Alors, comment je trouve, demande Elisabeth. Alors, les fins surprenantes, je les trouve, d'abord, je ne les trouve pas toujours. Je, je pense que je ne suis pas toujours un bon finaliste. En tout cas, je les trouve toujours avant d'écrire. Je les trouve notamment dans les tours de magie. Pour ceux qui ont lu La Boîte de Pandore, tout a été basé sur un tour de magie qui est un de mes tours de magie préférés, que j'appelle "Malgré moi" dans le roman. Mais ce tour de magie a est est vraiment très impressionnant. Et quand je l'ai eu la première fois, je ne comprenais pas, j'avais l'impression de devenir fou. Et je me suis dit : "Si moi, ça me rend fou de voir ce tour de magie, je dois utiliser cette technique du tour de magie pour faire le roman." Donc, j'utilise par moment des tours de magie. J'utilise aussi des structures de blagues, parce qu'il y a des blagues qui sont vraiment très très bien foutues. Je les décompose, je les analyse, et je regarde comment ils ont, comment il a obtenu l'effet émotionnel euh aussi fort.
Comment réussissez-vous à mettre de la science, qui est tellement pragmatique, au service de votre imagination ? Comment faites-vous pour garder l'équilibre entre l'histoire que vous créez et la vérité scientifique ? Vraiment. Alors, d'abord, donc, c'est Lincia qui me demande ça. Linka qui me demande ça. Euh, bon, d'abord, j'étais journaliste scientifique. Moi, j'ai toujours été passionné de science, et je considère que euh, un bon roman est là pour donner envie aux gens de d'être curieux, de s'étonner de tout, et en fait, d'aller vers la science. Mais pas seulement la science, la spiritualité. J'espère que mes lecteurs auront envie de faire de l'astronomie, de l'astrophysique, mais aussi la méditation, et euh, et de s'intéresser aux médiums. J'espère que le le le texte, j'espère que mon texte, et j'espère que votre texte, quand vous le ferez, rendra les gens curieux, les rendra attentifs au monde qui dans lequel ils vivent, et surtout surprendra. Je crois que la la première politesse est de surprendre. Or, il s'avère que les plus grandes surprises sont dans le monde de la science. Il y a dans le domaine de l'astrophysique, il y a dans le domaine de la biologie des choses tellement étonnantes que on ne peut pas juste, en tant que scénariste, les trouver. Euh, là, sur le sur le dernier roman, donc mon troisième volume des Chats, j'ai trouvé des choses scientifiques dingues, et et je les mets dans l'encyclopédie, parce que je me dis : "J'ai pas le temps de les développer pour utiliser les romans entiers." Mais en fait, ça mériterait vraiment, euh, ça mériterait vraiment presque chaque bout d'encyclopédie. C'est une frustration de ne pas en avoir écrit un roman. Mais je crois qu'un roman n'est pas juste là pour vous promener et vous dire : "Bon ben, l'assassin, c'est la femme de ménage", et vous l'aviez pas vu venir. C'est, ce n'est pas seulement ça. Il faut quand même que vous ayez appris quelque chose que vous ne saviez pas avant. Il faut aussi qu'un roman, ça donne à réfléchir. En fait, quand j'écris, mon envie, c'est de vous laisser une marque profonde, que ça ne soit pas un roman que vous ayez lu au milieu de tas d'autres romans que vous avez déjà oubliés. J'espère que quand vous avez lu Les Fourmis, vous vous êtes dit : "Ah ouais, c'est quand même beaucoup plus compliqué que je ne le pensais, et ça forme une vraie civilisation." Quelque chose auquel vous n'avez pas pensé quand vous essayez juste de tuer les fourmis dans votre cuisine. J'espère que La Boîte de Pandore vous a donné envie de vous poser les questions : "Est-ce que j'ai une vie avant ? Est-ce que j'en aurai une après ?" Euh, je crois que la fonction d'un bon roman est de rendre son lecteur gourmand de son, un lecteur curieux du monde, et de réveiller chez lui son sa capacité d'émerveillement. Donc, votre fonction, si vous vous écrivez un roman, va être de, un, trouver quelque chose de merveilleux, et deux, faire partager votre émerveillement à travers votre récit. Un récit qui est juste l'aventure d'un personnage, au bout d'un moment, ça tourne en rond, et ça va ressembler à des tas de choses qui existent déjà. Donc, fixez-vous une ambition un peu plus élevée. Un récit qui va transmettre une information que vous seul détenez.
Comment avoir trouvé confiance ? Comment trouver confiance en ce qu'on écrit ? Comment trouver la motivation à écrire quelques mois ? Alors, le fait de douter est normal. Le fait de se, de croire qu'on n'y arrivera pas, c'est normal. Après, la différence entre un écrivain amateur et un écrivain professionnel, c'est qu'au moment où la jeep est entièrement embourbée, et où l'amateur va se dire : "Bon, j'ai compris, l'écriture, ça consiste à amener une jeep au milieu de la boue, puis là, essayer de décoller les roues, et on n'y arrive pas." Et ben, à ce moment-là, l'amateur va laisser tomber. Et celui qui veut vraiment être professionnel, tant pis, il va va chercher des planches pour les mettre sous sous les roues de de la jeep, il va faire appel à des gens, il va chercher une méthode, et il va désembourber sa jeep pour la sortir, et il va rouler plus loin. Ou il va être à nouveau embourbé, mais il va, cette fois-ci, il aura compris : quand tu es embourbé, faut sortir une planche, il faut tirer, il faut prendre des chevaux qui qui aident la machine à sortir, faut se faire aider par des gens qui poussent. Et voilà. Donc, en fait, la personne qui fait ça juste en dilettante va baisser les bras, là où la personne qui a une vraie ambition professionnelle va y revenir. Et la meilleure manière d'Alors, c'est Isabelle et Leticia qui me posent une question. C'est de trouver une régularité. Si si vous quittez jamais votre jeep, et même quand elle est en bourbier, vous continuez, vous restez au volant. C'est plus facile si vous dites : "J'en ai marre, je m'en vais, puis je reviendrai un autre jour." Et ben, ça va être compliqué. C'est un peu comme le jogging, vous savez, quand vous vous arrêtez, vous avez du mal à redémarrer. Mais si vous trouvez un rythme, même si c'est tous les jours 10 lignes, au bout d'un moment, ça devient une habitude, et ça devient quelque chose de naturel. Ça se muscle. Je crois que l'imagination, la créativité, la capacité d'écrire, c'est un muscle qui s'entretient tout simplement par la pratique.
À quel moment est-ce qu'une idée vaut la peine d'être approfondie ? À quel moment est-ce qu'une idée vaut la peine d'être, on dit : "Ben, quand on la raconte aux autres, et que les autres vous disent : c'est c'est une bonne idée." Il y a un moment, tout seul, on ne peut pas y arriver. Aucun homme n'est une île. Il y a, il y a un moment où il faut demander à l'autre : "Écoute, j'ai envie d'écrire un roman sur les moustiques, ou sur les punaises de lit, ou sur ma belle-mère. Est-ce que ça te semble une bonne idée ?" Et là, déjà, bah, l'autre va vous dire : "Tu peux m'en dire un peu plus ?" Et vous allez commencer à à démarrer un récit pour pour l'intéresser. Et c'est à ce moment-là que va va se faire un petit instant magique où vous allez vous dire : "Finalement, je crois que c'est une bonne idée." Je laisse tomber, ça ça fonctionne pas. Mais sinon, ce n'est pas une science exacte. C'est ce qui fait tout le charme du métier de de romancier, c'est de l'intuition, des sensations, de l'inspiration.
Comment gérer l'alternance de deux histoires qui se passent sur deux espaces de temps différents ? Entre nous, c'est plus pour moi. Je, je pense, c'est plus facile de faire l'alternance entre deux intrigues qui se passent sur des espacements différents. Euh, je crois qu'il faut un moment, on s'amuse à à les écrire en les enchaînant, et puis après, on s'arrête, et on ressort une histoire qu'on réécrit toute seule, et une autre histoire qu'on réécrit toute seule, et après, on les remélange à nouveau. C'est la cuisine, hein. Enfin, moi, sur le sur plusieurs de mes livres, notamment Les Fourmis, c'est comme ça que je fonctionnais. J'avais la partie humaine et la partie fourmi. Puis, sens, édite. Mais j'avais la partie humaine, la partie fourmi. Je les ai développées en bloc. Après, j'ai sorti toute la partie humaine que j'ai développée toute seule. Puis j'ai sorti la partie fourmi seule développée toute seule. Et je les ai à nouveau remélangé.
Alors, Marie Chevalier me demande : roman, nouvelle, comment choisir ? Alors, je vous dirais, pour moi, tout roman est d'abord une nouvelle. Et l'avantage de la nouvelle, c'est que vous pouvez la donner facilement à lire à votre entourage. Donc, la nouvelle, vous allez tout savoir si elle marche ou si elle marche pas. La nouvelle permet de faire des économies de personnages, de style et de décor, pour pour s'en tenir qu'à ce qui est indispensable, et donc de vérifier si votre histoire fonctionne.
J'ai une autre source de question qui est ici. Est-ce que l'écriture, c'est pour moi le matin ? La réponse est oui. Non, ce n'est pas ça. Alors, je, Pierre, vous conseillez de noter ses rêves chaque matin. Avec quel degré de précision faut-il vous consigner ses rêves nocturnes ? Alors, moi, je note pareil. C'est un muscle, le fait de noter ses rêves. Au début, c'est difficile, et plus vous pratiquez, plus ça devient facile, et plus vous arrivez à à vous rappeler de l'intrigue. Par exemple, moi, cette nuit, j'ai rêvé qu'on me servait de la salade, et dans cette salade, je trouvais un doigt. Et je disais : "OK, je considère que la nouvelle cuisine va de plus en plus loin, mais de là à mettre des doigts humains à l'intérieur de la salade, ça ne m'intéresse plus." Et donc, je sortais le doigt dans mon rêve, tranquillement, pour le mettre dans une petite coupelle à côté, et je mangeais ma tranquille, ma salade tranquillement. Et la personne en face me disait : "Tu as tort. Maintenant, il faut, il faut être plus moderne." Et je voyais l'autre qui grignotait son son bout de doigt qu'il avait trouvé lui aussi dans sa salade. Bon, à partir de là, euh, c'est mon rêve de cette nuit, euh, je peux en tirer une petite nouvelle. Bon, très courte, je pense que j'en ferai rapidement le tour. Mais en tout cas, ça, c'est une matière à écrire, à écrire une nouvelle.
Alors, question Séverine. Est-il possible de se lancer dans l'écriture d'un livre sans avoir eu de cours de formation en écriture ? Alors, la réponse est oui. D'abord, parce que moi-même, je l'ai fait. Ensuite, bon, là, je donne une conférence en Facebook Live. J'ai aussi, avec Artiste Académie, des 14 modules de 14 modules de Masterclass qui peuvent aider, je pense. Euh, je fais sinon des Masterclass à Paris en live. Moi, je considère que mon devoir, vu que je détiens une sorte de connaissance dans un domaine, c'est de le transmettre, afin aussi qu'il de plus en plus d'auteurs d'imaginaire, car c'est, c'est un de mes combats. Je ne comprends pas qu'en France, on ait autant de récits réalistes, autobiographiques, et si peu de de récits imaginaires avec des intrigues construites. Mais bon, je vois qu'il y a déjà certains de mes élèves qui ont qui ont réussi, notamment R. Vallogne, qui a superbement, qui fait une super carrière. Donc, je pense que parmi vous, parmi les gens qui ont qui vont à mes Masterclass live, et parmi ceux qui vont à Masterclass d'Artiste Académie, il y en a forcément qui vont réussir. Tout simplement, parce que si dès le moment où vous faites l'effort, déjà, de venir, d'écouter, ou de passer du temps à à faire les exercices, par exemple, que je propose dans Artiste Académie, c'est une sorte de contrat que vous commencez à vous donner à à vous-même, qui est : "Je, cette fois-ci, je ne vais pas laisser tomber. Je vais essayer de tenir plus longtemps que que d'habitude, ou je vais tout simplement démarrer euh mon roman." Voilà.
Le plus difficile, n'est-ce pas la fin ? Il y en a-t-il plusieurs ? Comment choisir ? Alors, la fin, c'est très, très important. J'y reviens. Alors, quelle que soit la fin que vous avez trouvée dans votre, la version qui vous satisfait, vous pouvez trouver mieux. Ça, il faut avoir au niveau des fins, une exigence énorme. Et il est rare de faire une fin d'un premier jet qui fonctionne, même de faire une, une fin d'un cinquième jet qui fonctionne. Il y a un moment, il faut s'arrêter. Une fois que tout le manuscrit est terminé, comme du pain, vous laissez reposer, démarrez un autre projet, vous vous faites autre chose, et vous posez la question : "Comment faire une fin encore plus extraordinaire ?" Et surtout, une fin que n'a pas prévu le lecteur, et une fin qui laisse le lecteur dans un état de sourire, un état de waouh, "il m'a bien eu". Voilà. Donc, pour obtenir cet effet-là, il faut tester plusieurs fins. Là encore, vous avez une nécessité de trouver une sorte de lecteur référence, auquel vous allez donner vos fins à lire. Peut-être même, vous pouvez demander à un groupe d'amis qu'il vote pour la fin qu'il préfère. Mais soyez très exigeant sur vos fins. La fin est l'au revoir du de l'écrivain. Ça veut dire que si vous réussissez votre fin, vous allez quelque part fidéliser votre votre lecteur. Votre lecteur se dira : "Bon, vu qu'il m'a bien eu dans cette fin, j'aime bien cet auteur, et je vais lui laisser une autre chance dans un autre moment pour voir ce qu'il va m'avoir une deuxième fois avec sa fin." C'est vraiment un jeu avec le lecteur. D'abord, il est important au moment où vous écrivez de vous dire : "Je m'amuse avec le lecteur. Mon lecteur, il doit surtout pas s'ennuyer. Je dois toujours le surprendre. Je dois surtout le surprendre à la fin, et je dois le lui laisser la sensation que tous les deux, on s'est bien amusé." Voilà. Il y a cet état d'esprit qui est différent de l'état d'esprit : "Je raconte ma vie parce que ma vie est tellement extraordinaire que il faut à tout prix que les gens sachent comme je suis fabuleux." Ça, c'est une littérature, littérature que je, un jour, j'écrirai peut-être mon autobiographie. Mais pour l'instant, il me semble nécessaire pour démarrer un premier roman de fuir le plus possible son autobiographie et d'essayer de faire autre chose de totalement artificiel. Une des techniques pour fuir son autobiographie, c'est déjà de changer de sexe. Donc, si vous êtes un homme, je vous conseille de faire un récit dont le héros est une femme. Et si vous êtes une femme, faites un récit dont le héros est un homme. En plus, vous verrez, c'est amusant, parce que ça oblige à se mettre dans la peau de quelqu'un de l'autre sexe. Ça oblige à penser différemment. Donc, tout d'un coup, on découvre des choses. Et puis, en plus, si vous voulez bien le faire, vous allez devoir interviewer donc des gens de l'autre sexe pour essayer de comprendre comment ils fonctionnent. Bon, je vois en coffre. Marie Charbonnier, faut-il avoir déjà faim avant de démarrer ? Faut-il faire des descriptions détaillées pour donner de, me demande Nicolas de Lig, pour démarrer le plus de sentiments possible ? Faut-il laisser une grande place à l'imagination du lecteur ? Alors, en fait, c'est un, c'est un choix de style. Si vous faites : "Il avait devant vous, il avait devant lui un spectacle époustouflant qui le laissa pantois." Vous n'avez rien décrit, et le le lecteur va commencer à imaginer quel peut être ce spectacle. Donc, vous utilisez l'imaginaire du lecteur. Donc, vous êtes fort. Maintenant, euh, c'est, c'est un, c'est un niveau d'accompagnement du lecteur. Si vous lui dites : "Il avait devant lui, euh, une rivière avec des fleurs partout, et des oiseaux qui qui jaillissaient des bosquets, et là-dessus apparut un voilier de couleur bleue." Et si si vous avez beaucoup de détails, vous allez peut-être faire un, vous allez peut-être faire un tableau qui va être votre tableau. Mais vous perdez la puissance de l'imaginaire du lecteur. Donc, il y a un dosage à faire. Moi, j'essaie le plus possible de réduire les les descriptions pour privilégier les émotions. Une des phrases que j'utilise souvent, c'est : "Il ouvrit la porte et recula de surprise." Quand vous mettez cette phrase, "Il ouvrit la porte et recula de surprise", les gens imaginent tout de suite : qu'est-ce qu'il a vu ? Est-ce que c'est un monstre ? Est-ce que c'est lui-même ? Est-ce que c'est un fantôme ? Est-ce que c'est un extraterrestre ? Et ce ce système-là est un système fort. D'ailleurs, j'en profite pour dire, le le plus vous vous cachez certains personnages, vous cachez certains lieux, vous cachez certains, il y a un moment dans votre tour de magie, vous avez intérêt à dissimuler des éléments ou à rester dans un flou qui fait que le que vous frustrez légèrement votre lecteur. Le le l'un des auteurs les plus intéressants dans cette technique, c'est Lovecraft. Lovecraft, au début, décrivait les monstres, donc c'était souvent des pieuvres avec huit yeux géantes et des couleurs verdâtres. Et après, Lovecraft s'est aperçu que, en fait, au bout d'un moment, c'était trop gamin de de décrire les monstres. Donc, il il s'est mis à utiliser une autre technique, qui est : "Face à lui, il y avait l'indescriptible. Face à lui, il y avait la somme de toutes les peurs. Face à lui, il y avait le monstre absolu." Et à partir de là, sa carrière a rebondi encore plus fort. Tout simplement, il a compris que le non-dit, le non-décrit, obligeait le le lecteur à fabriquer lui-même les monstres. Donc, voilà, c'est une technique que je vous propose de tester. Faites des histoires dans lesquelles vous allez révéler le moins possible l'un des antagonistes, forçant le lecteur à l'imaginer.
Yan de Saint-Terme me dit : le style Balzac est-il à proscrire ? Bah, tous les styles sont bons. Si vous avez envie d'écrire un livre à la façon Balzac, non, faites-le. Mais ce qu'il y a, c'est que notre époque a évolué. C'est comme le cinéma et la musique. Il y a quand même de nouveaux goûts. Donc, à moins d'assumer un côté suranné avec des phrases très très longues et un vocabulaire très poulet, je crois que le lecteur, il a envie tout de suite d'avoir une histoire dans laquelle il est pris, dans laquelle il est emporté. Il n'a pas envie qu'on lui fasse beaucoup de salamalec. Enfin, c'est une conviction personnelle. Quand je vois les prix littéraires, ceux qui sont désignés, ça va plutôt dans le sens de de Balzac. Donc, je ne sais pas. Trouvez surtout l'endroit où vous vous faites plaisir en écrivant. Si vous essayez de copier Balzac, au bout d'un moment, vous allez vous ennuyer vous-même. Je crois. En plus, vous ne ferez jamais aussi bien que Balzac.
Pourquoi la plupart des romans ne se racontent pas au présent ? Bah, précisément parce que le, il y a, il y a encore, il y a encore une mode du du roman à l'ancienne. Alors, Alicia me dit : "J'adore le Peut-on ? J'adore Miroir de Cassandre. Merci." J'adore l'écrire aussi. Peut-on écrire des livres spirituels d'écriture ? Euh, j'espère que j'écris des livres spirituels d'écriture. Mais je crois qu'il y a de plus en plus envie de spiritualité. Donc, vous avez intérêt à écrire des livres dans lesquels vous mettez un peu de spiritualité, ne serait-ce que parce que c'est la nouvelle frontière, c'est le nouvel endroit où ça bouge, c'est le nouvel endroit où où les gens ont une demande. Probablement que le coronavirus va augmenter cette demande. Je pense que ce qui est en train de se passer avec cette crise, c'est une remise en question de beaucoup de choses, ce qui va faire que la plupart des gens vont se poser des questions sur eux-mêmes. Le fait d'être confiné, quelque part, c'est un peu forcé à se retrouver dans la position d'un d'un moine dans un monastère, qui ne, qui se retrouve à à méditer. Ou et ce n'est pas inintéressant. En tout cas, pour l'écriture, je, je vous souhaite tous de profiter de ce confinement pour pouvoir trouver plus de temps pour écrire. Je ferme la porte. Bruit extérieur. Voilà.
Alors, comment choisir un titre efficace ? Alors, alors, le choix du titre, c'est vraiment très difficile. Moi, ce que je fais, c'est que, je, je commence à écrire avec un titre de base qui est quasi descriptif, et après, au fur et à mesure que j'écris le roman, je réfléchis à de meilleurs titres. Et quand j'en parle à mon éditeur, euh, il finit par me demander des titres, et je lui en donne cinq ou six, et il en choisit un sur sur les sur les six. Et je considère que mon éditeur est meilleur que moi pour savoir quel titre fonctionne. De manière générale, il y a un moment où, quand j'ai fini mon livre, je considère que l'éditeur, c'est mieux que moi ce qu'il faut faire. Donc, déjà, j'accepte toutes les coupes, j'accepte toutes les les les les les les zones où il me demande d'être plus clair ou de retravailler. Et puis, euh, je considère que au niveau du titre et de la couverture, c'est à lui d'avoir le dernier mot, car moi-même, je suis trop près de mon œuvre. Je crois qu'il y a un moment, précisément parce qu'on tombe amoureux de son de son manuscrit, on n'est plus objectif. Donc, il faut trouver quelqu'un d'objectif.
Alors, Caroline me demande : lorsqu'on veut raconter des histoires vraies de type témoignage, de nombreux styles s'offrent à nous : livre développement personnel, roman initiatique, recueil de témoignages. Quelle est selon vous la meilleure façon de raconter des histoires incroyables mais vraies ? Alors, moi, ma technique, c'est le roman. Sinon, je n'écris pas d'essai. Enfin, encyclopédie, c'est un essai, mais ce n'a pas une vocation d'être autre chose que des petites, des petites informations. Euh, je, je crois que le roman initiatique est ce qui est de plus efficace. Si vous mettez un, un essai de spiritualité, ça restera toujours professoral. Ça sera toujours : "Moi, je sais, je vous parle à vous qui ne savez pas." Donc, ça fait un peu prétentieux, je trouve. Tandis que si vous mettez un roman, vous racontez une histoire initiatique, et c'est après le lecteur qui choisit, est-ce qu'il, il rentre dans le même rail que le héros, et est-ce qu'il, il vit son sa transformation comme le héros ou pas. Euh, moi, moi, je pense que les gens qui ont lu La Boîte de Pandore ou Depuis l'au-delà peuvent être changés. Mais si vous, on veut juste voir une jolie histoire, ben, il faut que ça soit aussi une jolie histoire. Donc, je crois que le le pouvoir, le pouvoir le plus fort est dans le roman initiatique.
Alors, comment ne pas se perdre et se décourager dans les relectures éternelles ? Alors, d'abord, c'est en effet, très bonne question, donc de Caroline. Je crois que c'est surant qui a dit : "J'arrête, je publie quand j'en ai marre de relire." Il y a un moment, à force de relire, c'est comme un chewing-gum qui a plus de goût, on, on ne voit plus rien, on, on se dit de toute façon que c'est très mauvais, et on est dans le jugement et l'agacement. Donc, euh, il y a un moment où il faut arrêter les relectures et considérer que l'œuvre n'est pas parfaite, et que c'est comme ça qu'on va la sortir. Moi, je considère que tous mes livres sont imparfaits. C'est 80 % de ce que je voulais faire, mais j'en ai marre, j'en ai marre de me relire, j'en ai marre de de de tourner les pages euh pendant des heures pour relire une histoire que je connais déjà. Je ne vois plus rien. Donc, c'est aussi la la fonction aussi de l'éditeur ou d'un ami qui vous sert de de premier lecteur, c'est de vous dire : "Qu'est-ce qui fonctionne ? Qu'est-ce qui fonctionne pas ? Est-ce que est-ce que le système, est-ce que le système marche ?" Mais même Les Fourmis, si j'avais voulu vraiment faire une œuvre parfaite, ben, j'ai mis 12 ans. Ben, il aurait fallu 20 ans. Et le seul livre que j'ai sorti qui est un premier jet d'un coup, c'est Le Livre du Voyage. Le voyage, je l'ai écrit entre 8h du matin et 8h du soir. C'est sorti comme ça, mais parce que ça n'avait pas la vocation d'être un roman. Ça fait la vocation d'être une séance d'hypnose que je devais utiliser pour moi-même. Et c'est mon éditeur qui m'a dit : "Attends, on pourrait le publier, ça pourra intéresser les gens." Mais j'écris ce livre comme exactement comme la séance d'hypnose que je vous ai faite la semaine dernière, c'est-à-dire, c'est juste un guidage, une méditation guidée, et ça me semblait intéressant.
Quelles sont mes lectures ? Alors, d'abord, moi, j'ai un problème, c'est qu'en phase d'écriture, je, je lis peu, ou je lis que de la doc. Et vu que je suis tout le temps en phase d'écriture, je lis de moins en moins. Le le dernier truc qui m'a un peu impressionné, c'est un roman qui s'appelle Replay, je ne sais plus de qui c'est. Ça, c'est le roman qui a inspiré Un Jour Sans Fin. C'est un homme qui, entre l'âge de 40 ans et l'âge de 60 ans, a la possibilité chaque fois de revenir et de essayer de faire mieux. Sinon, je, il faut beaucoup, enfin, je suis très exigeant, et il faut, il faut beaucoup d'originalité pour me plaire. Et quand je ne trouve plus aucun livre qui me plaît, je relis les nouvelles de Philip K. Dick, qui, à mon avis, est le meilleur écrivain du monde, et qui est un visionnaire venu du futur pour nous donner de vos angles. Philippe K. Dick est pour moi la la source d'inspiration, enfin, ce qui me donne envie de me surpasser, pour me dire : "Je dois arriver à faire mieux que lui, je dois aller plus loin, ma pensée peut exploser, je peux, je n'ai pas de limite." Mon ma grande préoccupation, c'est d'être original, et je vous propose que vous ayez la même occupation, préoccupation. Et et cette originalité, je la trouve chez Dick, et je la trouve chez très peu d'autres auteurs. J'ai souvent la sensation, quand je lis un livre, d'avoir déjà vu ce livre, d'avoir déjà vu un film qui ressemblait à ça. Et quand j'ai cette sensation, bah, je me dis : "Bon, ben, revenons à Dick." Voilà. Mais ce n'est pas bien, probablement qu'il y a des livres formidables que je ne connais pas, mais je suis un mauvais lecteur. Et plus j'écris, moins je lis. Victor Hugo avait une formule pour pour évoquer ce phénomène, disait : "Les vaches ne boivent pas de lait." C'est pas parce qu'on produit quelque chose qu'on le consomme. Donc, j'écris des livres, mais j'en lis très peu.
C'est quoi votre routine, demande Jadine. On, elle, votre routine pour écrire ? Alors, en effet, j'ai.
Toute une routine que je peux vous confier parce que j'ai 10 minutes et que vous pouvez la copier tel quelle. Donc certains le savent peut-être, c'est que j'ai euh, j'écris tous les matins de 8h à 12h30.
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Donc ma ma routine consiste à aller au café. Donc ce que je peux pas faire qui me frustre beaucoup parce que j'ai besoin d'être entouré de gens. Je commence par lire le journal pour voir un peu comment va le monde, mais je lis très vite. Je, je, j'ai un aperçu rapide et puis après je me jette dans l'écriture. Je cherche, je cherche des cafés dans lesquels il n'y a pas de musique trop forte, dans lesquels il n'y a pas des gens qui parlent trop fort. Donc là, j'en ai trouvé un. Donc ça, ça, ça me convient. Je bois du thé vert et je, en fait, je bois beaucoup d'eau en écrivant. Je crois que c'est comme un sport au bout d'un moment, ça, il faut beaucoup s'hydrater pour pour arriver à à écrire bien. Et puis c'est un geste maintenant, c'est je tape un chapitre, je clos un événement, je bois de l'eau et je, ou du thé vert, et et je, je reprends. Mais ce geste me permet de me permet de de donner un rythme.
Il y a aussi autre chose, c'est que je choisis des endroits où mes yeux peuvent partir au loin parce qu'au bout d'un moment, sinon les yeux fatiguent. Être tout le temps, ben, vous avez dû le tester, être tout le temps à la même distance. Donc j'écris, je regarde au loin, j'ai avoir une perspective, puis je, je réécris. Et quand arrive 12h30, quoi qu'il arrive, je m'arrête. Donc je m'arrête en général avec l'envie de continuer, mais ça fait rien. Comme ça, je, je m'en vais avec, je quitte la table en ayant faim. Mais il y a aussi une autre chose pour laquelle j'arrête à 12h30, c'est qu'en général, précisément dans les restaurants, les cafés, ils dressent les tables et donc ils me font comprendre rapidement que je ne les intéresse plus puisque donc il va y avoir des consommateurs du, de l'heure du déjeuner.
Alors est-ce qu'il est raisonnable de faire, me demande Nicolas, plusieurs héros plutôt qu'un seul ? Alors moi, je vous conseille, surtout si vous démarrez, de faire un seul héros dans lequel vous mettez tout ce que vous avez de plus original. Et après de lui ajouter des des personnages secondaires tout simplement parce que le lecteur peut faire un transfert. Il y a des choses toutes simples comme le fait de de de vouloir que le lecteur fasse un transfert. Il faut que le lecteur aime le héros et pour que le lecteur aime le héros, il faut qu'il le connaisse très bien, qu'il connaisse son passé, qu'il connaisse ses défauts et ses qualités. Et ça, vous ne pouvez pas le faire sur plein de personnages ou alors vous allez perdre un peu d'attention.
Donc moi, la technique que j'utilise qui est très simple, c'est je définis tout le temps un capitaine de bateau. Ce capitaine, je, je, je mets sur une petite fiche à part son passé, son histoire, ses points forts, ses points faibles, ses défauts, ses qualités. Je le décris, je choisis, je fais un casting. Si c'est pour des humains, je prends des acteurs, voir des acteurs hollywoodiens pour voir la tête qu'il a. Et une fois que j'ai mon héros, l'histoire se greffe dessus.
À Caroline Schweb, me demande comment trouver un bon éditeur. Alors moi, la technique que j'ai utilisée, c'est sur 6 ans, j'ai envoyé mon manuscrit à tous les éditeurs. J'ai appris que mon éditeur recevait 40 manuscrits par jour. Comment, comment répondre à ça ? C'est très difficile parce qu'il y a beaucoup de gens qui écrivent. C'est un peu comme le marathon de New York, il y a tellement de monde, c'est très difficile de sortir, d'être repéré. C'est pour ça que je vous conseille l'originalité, l'originalité, l'originalité. Démarquez-vous, faites autre chose, trouvez des fins géniales, trouvez des titres nouveaux. Il n'y a que l'originalité qui, à mon avis, permet d'être repéré. Si déjà vous avez un titre qui fait sourire, qui fait sourire l'éditeur, vous avez gagné un point. Je parlais tout à l'heure de "Réalonge Mimet dans les orties", c'est un titre qui fait sourire et donc ça attire un peu l'attention. Donc si vous faites un livre qui s'appelle "Le Voleur du Schnurps", ça n'évoque rien pour personne. Vous, vous, vous demandez un effort de la part de l'éditeur, donc vous n'y arriverez pas. Donc ne mettez pas de mots compliqués, mettez des choses simples et essayez de trouver, de faire sourire rien que dans le titre. Le titre est votre premier atout.
Ensuite, il faut soigner l'incipit, c'est-à-dire votre première phrase. En général, les gens qui lisent les manuscrits chez les éditeurs se font très, très vite une opinion. Mais si vous arrivez à les faire rire dans les cinq premières lignes ou sourire, vous avez gagné un point. Donc plutôt que de faire une description de l'endroit où se passe votre histoire, essayez de trouver une phrase de dialogue qui fasse sourire ou essayez de trouver un petit effet surprenant. Vous devez, pour exister, surprendre, faire rire, étonner. Fixez-vous cet objectif : étonner.
Cela dit, on parle d'édition. Je disais tout à l'heure, il y a aussi des gens qui écrivent pour le plaisir d'écrire. Je m'adresse aussi à ceux-là. À eux, vous, vous avez moins d'exigence vu que vous n'avez pas un projet professionnel. Dans ce cas, faites une sorte de premier jet n'importe comment et puis après arrangez, arrangez-le un peu et puis réutilisez ma technique de "on arrête tout et on recommence".
Que pensez-vous du concours d'écriture ? Alors, euh, moi les prix littéraires, je suis un peu partagé. Parce que d'un côté, ça fait que tout d'un coup, tous les médias s'intéressent en septembre au livre, ce qui n'existe pas forcément en Angleterre, aux États-Unis, pas des des prix littéraires aussi médiatiquement relayés. Mais les prix littéraires, le problème, c'est que les jurés sont élus à vie. Donc vu qu'ils sont élus à vie, son que ça soit par exemple pour le Goncourt, le Renaudot, ça veut dire qu'au bout d'un moment, ils sont tellement sollicités, ils reçoivent tellement de, comment dire, ils ne peuvent pas lire tous les bouquins. En fait, pour que les prix littéraires soient vraiment honnêtes, il faudrait que ça soit comme les copies du bac, à savoir qu'on n'a pas le nom de l'auteur ni le nom de l'éditeur, on a juste le titre et le texte et que les gens, enfin, que les jurés donnent leur avis sur le texte lui-même. Or, ce n'est pas le cas. Actuellement, c'est quand même souvent des arrangements entre entre amis et c'est assez préjudiciable pour les livres. Et ça fait surtout que il n'y a aucune littérature imaginaire qui émerge puisque ce sont toujours les mêmes copains qui s'envoient les prix de la même manière.
Moi, j'aurais rêvé qu'il y ait un nouveau prix qui existe, un vrai Prix de l'Imaginaire qui puisse avoir une vraie résonance aussi forte que les grands prix. Mais pour l'instant, ça n'existe pas. C'est donc à faire. Voilà. Mais je regrette que aussi que beaucoup des prix littéraires soient des prix cadeaux à offrir à Noël, c'est-à-dire que les gens ne les lisent même pas et ils font que les offrir pour montrer qu'ils pensent que l'autre est cultivé. Donc tout ça ne participe pas à aider les livres originaux à émerger, ça ne participe qu'à justement reproduire des des textes plutôt classiques.
Alors, ah, est-ce que j'étais tenté par l'auto-édition, demande quelqu'un ? Euh, non, parce que j'adore mon éditeur. J'ai, j'ai jamais changé d'éditeur, c'est le même, donc Albin Michel, depuis 30 ans. Et on a trouvé une manière de fonctionner ensemble. En fait, un éditeur, c'est pas seulement une figure, comme une sorte de figure paternelle, ça comprend une personne. Donc j'ai une éditrice, Caroline, qui est la première personne qui lit mon livre. Après, il y a le, le patron d'Albin Michel qui lui aussi me donne un avis sur le texte. Après, il y a, il y a tout. En fait, c'est une grande maison dans laquelle il y a plusieurs postes. Il y a quelqu'un qui va, qui va penser à, à qui va travailler notamment la couverture. Il y a, il y a, il y a des gens qui vont. Donc c'est un ensemble, un éditeur. Et quand ça fonctionne bien, c'est suffisamment rare pour pour mériter d'être signalé et en tout cas pour que je n'aie pas eu envie jusqu'à maintenant de changer d'éditeur. Mais le, le rapport éditeur-auteur est un rapport très complexe. Moi, je crois que si, en fait, c'est un rapport de couple. Si jamais ça ne se passe pas bien, il ne faut pas insister. Et il doit y avoir un moment une estime mutuelle et une envie de réussir ensemble qui doit être clairement exprimée. Si vous sentez que l'éditeur vous publie pour de mauvaises raisons, il ne faut pas y aller. Voilà.
Mais il y a la grande chance actuellement, c'est ce que on évoquait tout à l'heure, c'est l'auto-édition. Donc l'auto-édition, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous pouvez très bien, après ce Facebook Live, écrire un livre et le mettre sur Internet, comme l'avait fait Aurélie Valognes, que je cite encore. Et après, c'est les gens qui élisent le livre démocratiquement en allant, en allant le voir. Et à partir de là, il va y avoir de plus en plus d'intérêt des éditeurs classiques pour les pour les livres auto-édités qui arrivent à plébisciter un grand public. Il y a, par exemple, ma réussite en en Russie est due au fait que le livre était le livre le plus téléchargé sur Internet gratuitement. Mais c'était le plus téléchargé sur Internet. Et à ce moment-là, il y a un éditeur qui s'est dit, bah tiens, autant prendre le livre qui intéresse déjà plus les gens. C'est quand même le truc le plus honnête, c'est, c'est mettre le livre sur Internet et après faire que le bouche-à-oreille fasse vivre l'œuvre.
Doit-on obligatoirement insérer une morale dans une histoire ? Non, en fait, je disais tout à l'heure, ce qui me semble important, c'est d'instruire son son lecteur. Mais on n'a pas besoin de lui mettre de morale. Et surtout, le le problème des morales, c'est qu'elles sont souvent subjectives. C'est-à-dire ce qui vous semble pour vous le bien, peut paraître moins bien pour quelqu'un d'autre.
Pourquoi pas le verbe de l'imaginaire ? Bah, je sais pas parce que ça demande un peu d'organisation, puis il faut, faut trouver probablement un sponsor. Je me demande, je suis très mauvais dans la gestion de tout ce qui est administratif, commercial, tout ce qui demande de de passer des tas de coups de téléphone à des tas de gens pour pour que les choses se passent normalement. Donc voilà, si quelqu'un veut tout organiser et après me propose de mettre mon nom dessus, OK. Mais après, moi pour organiser ça, je ne suis pas bon.
Comment entrez-vous en contact avec vos traducteurs ? Eh bien, je ne rentre pas en contact avec mes traducteurs. Le seul qui m'a contacté, c'était le Coréen. Il a passé une journée à me poser des questions. Tous les autres, je crois fortement que les traductions sont la, ma pire traduction est la traduction japonaise, dans laquelle le traducteur s'est autorisé à mettre une page de mon texte sur les fourmis, une page de poésie Rimbaud, une page de mon texte et from une page de poésie Rimbaud. Mais tout lié, c'est-à-dire, il n'a pas précisé, il, il n'a pas. Donc, c'est, il a mélangé les poésies Rimbaud. Et quand j'ai rencontré, il m'a expliqué que c'était parce qu'il voulait faire découvrir un bout en même temps qu'il découvrait Verber. Comme ça, ça lui mettait, ça découvrait deux auteurs en même temps. Ce qui fait que le texte était incompréhensible et il a été refusé. Et que c'est après qu'on a découvert cette manip, qu'ils ont pu enlever beaucoup de Rimbaud pour remettre le texte d'origine. Mais je crois qu'ils ont encore laissé tellement de Rimbaud à l'intérieur de mon de mon texte "Les Fourmis" que le livre ne pouvait pas, c'est-à-dire le public, le livre n'a pas eu de succès d'ailleurs au Japon. Mais là, c'est le pire traducteur que j'ai eu. D'ailleurs, j'en ai, j'en ai fait une nouvelle où je raconte ça, cette histoire. C'est un traducteur en plus qui ne parlait pas français, ce qui est un cas assez surprenant, mais ça arrive.
Je vois qu'il commence à être arrivé le lendemain. Il faut arriver à reproduire le suspense de la vie dans votre roman. Alors, j'ai regardé déjà vos questions préliminaires avant l'émission et j'ai vu qu'on me parlait notamment, je me rappelle.
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Parler de comment construire des personnages. Voilà, je vois Sirou Spy, je sais pas s'il est là, vous, Spy, qui me dit : "Comment vous y prenez-vous pour définir vos personnages ? Qu'est-ce qui est important lorsqu'un personnage marque les esprits et donne envie au lecteur de suivre dans toutes ses aventures ?"
Alors, je vais vous montrer, je vais utiliser le tarot pour vous parler du personnage du héros. Le héros, c'est souvent ce personnage-là, à savoir le bateleur. On va, on va y revenir tout à l'heure parce que je vais vous parler de toutes les cartes les unes après les autres. Et le bateleur, il se trouve, PAF, j'ai, j'ai un jeu sans bateleur. Semble les avoir. Voilà, celui-ci. Donc votre héros, c'est un personnage qui, qui a l'univers au-dessus de sa tête, vous voyez, une sorte de, de H qui a les outils, mais qui ne sait pas encore bien les utiliser. Surtout, c'est quelqu'un qui vit dans l'illusion, puisque regardez bien, il a, il a une table à à trois pieds et lui-même fait semblant que la table tient bien en utilisant son genou.
Eh bien, on va y revenir tout à l'heure, mais pour construire un personnage, je crois tout d'abord, il faut s'inspirer du réel. Je crois que l'une des grandes erreurs du du romancier débutant est d'utiliser des personnages qu'il a déjà vu au cinéma ou dans les séries télévisées ou dans des romans pour fabriquer son personnage en se disant, tiens, vu que ça a marché dans le roman, je vais l'utiliser tel quel et je vais faire une copie. C'est la grande erreur. Celui qui copie un lion n'est pas un lion, mais est un singe. Il faut, pour fabriquer de bons personnages, que vous utilisiez vos yeux, vos oreilles et surtout vous intéressiez aux autres. Je vais, je ne vais jamais assez revenir là-dessus. La qualité d'un bon écrivain est de s'intéresser aux autres êtres humains, ne serait-ce que c'est pour fabriquer les personnages. Moi, souvent, les gens sont surpris que je les écoute et que je m'intéresse à eux, mais il y a une arrière-pensée qui est, tiens, est-ce que ça pourrait me faire un personnage ? Surtout les gens qui me racontent des histoires extraordinaires. Je m'arrête, je dis, ton histoire m'intéresse et je peux prendre une heure à écouter toute la vie d'une personne sans aucune fatigue parce que ça va, ça me permet de comprendre comment fonctionne la psychologie et ça me permettra peut-être de faire des personnages. En général, pour faire un personnage, je mélange deux, deux rencontres. Mais je vous conseille de vous intéresser aux autres. Je vous conseille de les regarder dans les yeux, de les écouter, et tout le monde se trimbale une sorte de de sac à dos qui est sa légende et il rêve de le montrer aux gens. Donc il faut, si vous voulez être un apprenti écrivain, il faut que vous soyez cette personne qui dit, ton sac à dos m'intéresse, vas-y, déverse-le devant moi, on va regarder si, si c'est intéressant et si je peux t'aider aussi dans la démarche de l'écoute. Il y a aussi une démarche de l'aide parce que vous verrez, à force de fabriquer des personnages pour vos romans, au bout d'un moment, vous commencez à comprendre quel élément entraîne quel autre élément, comment par exemple des problèmes d'enfance vont entraîner des résiliences, comment des des défauts genre la petite taille va donner envie de compenser avec l'envie d'avoir beaucoup de pouvoir. Donc toutes ces mécanismes normaux de la vie, il faut les comprendre pour pouvoir les reproduire dans les livres.
J'allais dire que la personne que vous devez admirer le plus, c'est Dieu, puisque Dieu a fabriqué le monde dans lequel on est. C'est un monde hyper complexe. Donc quand vous vous retrouvez écrivain, vous devez arriver à fabriquer des personnages aussi intéressants que ceux qu'il y a dans le réel, fabriqués par le meilleur scénariste qui est au-dessus de nous. Peut-être, peut-être pas. En tout cas, ça change rien, ce sont des êtres humains qui sont autour de vous et je vous conseille de vous y intéresser. Donc prends du réel. Ce que vous pouvez faire aussi, ce que je fais dans mes masterclasses, c'est tout d'un coup, vous prenez une personne, vous la regardez fixement dans les yeux et vous posez cette question : qui est cette personne ? Comment elle fonctionne ? Et puis après, vous essayez d'imaginer quels sont ses rapports à sa mère, à son père, quels sont ses défauts, quelles sont ses qualités, quel est son secret caché ? Est-ce qu'elle a commis des des actes qu'elle regrette ? Est-ce qu'elle a commis des actes dont elle est fière ? En tout cas, vous regardez la personne avec une dynamique de profondeur pour si la comprendre sous tous ses aspects. Et vous verrez, d'abord, ça fait plaisir à la personne qui se sent enfin écoutée et enfin comprise. Mais pour vous, ça va vous permettre de comprendre comment fonctionne une psychologie.
Sinon, moi, comment je fabrique mes personnages en général, j'ai qu'un souci, c'est de faire des personnages qui ne ressemblent pas à mes personnages précédents. Ça va faire bientôt 30 ans que je fais ce métier et depuis 30 ans, j'ai tendance à faire, malgré tout, à faire des personnages qui, je l'espère, j'ai tendance à faire des personnages qui se ressemblent. Enfin, je me fais ce doux reproche. Et donc, je, je, j'ai comme souci d'essayer d'en sortir. Pourquoi je fais des personnages qui qui peuvent se, je suis le premier à me jeter la pierre. Pourquoi je, pourquoi je fais des personnages qui qui se ressemblent ? Tout simplement parce qu'il m'est arrivé dans ma vie de rencontrer des êtres tellement extraordinaires et tellement surprenants, je me suis dit, ça, ça ferait des bons personnages. Et parfois, je réutilise plusieurs fois. Voilà. Mais à coup sûr, pas, faites attention vous aussi, si vous êtes, si vous écrivez beaucoup de livres, à ne pas vous ressembler d'un livre à l'autre. En tout cas, c'est ma plus grande inquiétude, faire, ne pas faire pareil, faire que tous mes personnages soient différents.
Et aussi, j'essaie de les comprendre dans leur folie. Je pars du principe que tout être humain, en fait, vit dans un monde incompréhensible qui est un peu sa folie. Maintenant, il fait des efforts pour sauver les apparences. Mais pour faire votre personnage, vous avez besoin de connaître sa vraie folie. Donc, à quel moment il pense que, en fait, à quel moment il est convaincu de quelque chose de complètement faux, mais pourtant, il s'est construit sur ce truc faux. Ça, ça permet, ça permet de de fabriquer des des personnages. L'un de mes personnages les plus réussis avec le recul, c'est peut-être Cassandre dans "Le Miroir de Cassandre", parce que c'était une femme autiste et c'était le personnage qui était le plus loin de moi. Parce que aussi, j'ai oublié de dire une chose, c'est que vous prenez des gens extérieurs, mais vous prenez aussi des petits bouts de vous-même. En fait, vous fabriquez un hybride entre quelqu'un que vous connaissez et un peu de vous-même. Donc, quand j'ai fabriqué Cassandre, j'ai fait une jeune fille adolescente qui est autiste, qui ne parle pas. Alors, je suis plutôt un garçon bavard, comme vous pouvez le constater. Et ensuite, qui est une femme. Donc, pour fabriquer un personnage du sexe différent, pas opposé, mais complémentaire, ça demande évidemment un petit travail. Donc, moi, je suis allé interviewer toutes mes amies femmes et je leur ai demandé comment elles avaient vécu leur adolescence, comment quelle était leur leur perception du monde des hommes, et comment elles elles vivaient leur propre évolution. Et de là, j'ai, j'ai fini par utiliser des des petits bouts de récits comme raconté pour fabriquer Cassandre. Au moment où je vous parle, je me dis, quelque part, on est un peu comme Frankenstein, on prend des petits bouts d'humain pour fabriquer une sorte d'être humain qui va être personnage. Et, et il faut le faire le plus harmonieusement possible, telle manière qu'on ne voie pas les coutures.
Voilà. Maintenant, l'autre qualité d'un personnage, d'être imprévisible. Dès le moment où votre personnage est prévisible, il va perdre en intérêt. Donc arriver, arriver à reproduire le le mystère des personnages réels doit être votre challenge.
Alors, on a dit qu'on allait parler tarot. Alors déjà, je vais vous parler, je vais faire le lien, c'est que le tarot, évidemment, c'est l'évolution d'un personnage. Mais je vais vous expliquer parce que j'ai vu dans les questions, il y a des gens qui me disent, je connais pas le tarot, est-ce que ça va être intéressant malgré tout de venir faire de venir faire le, ah, de venir. Il y a quelqu'un qui m'a dit qu'on entend pas bien le son. Alors je vais monter un peu le son. Voilà, j'espère que vous l'entendez mieux. Je peux peut-être même faire une autre chose. Attendez, je vois pas bien vos commentaires. Je vais, vous allez me dire, est-ce que vous m'entendez mieux comme ça ? Alors par contre, je ne sais pas. Bougez pas. C'est quelque chose de très ancien, c'est quelque chose qui nous ramène à ce qu'on appelle les archétypes. Les archétypes, ça veut dire les des figures d'événements qui se reproduisent tout le temps et qui nous permettent de comprendre des choses. On en trouve par exemple dans les mythologies grecques, on en trouve dans la Bible. C'est des situations avec leur dénouement qui qui forment aussi les contes et les légendes. Donc c'est important de les connaître. Les 22 arcanes du tarot, en fait, racontent une vie, votre vie. C'est forcément les 22 arcanes du tarot. Maintenant, euh, je, je vais vous expliquer un peu comment ça fonctionne. Alors tout d'abord, voilà, vue de haut, l'évolution. Donc les 22 arcanes du tarot, c'est 22 dessins, 22 figures qui chacune montre une situation de crise.
Alors, c'est mieux le son. Merci, merci Serge. Serge, je vais poser une question vu que tu arrives à communiquer avec moi. Donc Serge Bonaf, est-ce que, hop, est-ce que le son est encore mieux comme ça si je fais ce réglage ? Bon, je verrai. Donc, on va commencer par la première arcane, l'arcane 1. Et là encore, je vais vous rappeler la première qualité d'un écrivain, c'est d'être observateur et observateur des détails. Tout à l'heure, je vous disais que pour fabriquer un personnage, faut s'intéresser aux autres êtres humains, les regarder, les écouter. Et ben, pour construire une histoire en utilisant les tarots, il faut bien regarder la carte, regarder tous les éléments. Donc, l'histoire démarre sur le bateleur, comme je disais tout à l'heure, c'est un, c'est un héros parce qu'il a l'univers au-dessus de sa tête, qui est ce chapeau en forme de de H infini. Mais il regarde à sa droite, qui est le passé. Donc, il vit encore avec la nostalgie du passé. Quand les personnages regardent, bon, alors je vais dire de mon côté, quand il regarde de mon côté, à sa gauche, ça veut dire qu'il regarde le passé. Quand il regarde par rapport à la carte, oui. Quand il regarde à sa gauche, c'est qu'il regarde le passé. Quand il regarde à la droite, c'est qu'il regarde le futur. Il regarde le passé vers le bas et il a envie, comme on le voit avec ce petit bâton, il a envie de regarder vers le futur. Donc, il triche. Il a le, une de ses jambes. Voilà, il a, attendez, je vais le mettre. Non, on vous voit pas. Il a une de ses jambes qui soutient la table qui, sinon, s'effondrerait. Donc, il sauve les apparences. Et il a des outils, mais il ne sait pas bien les utiliser. Il ne les utilise que pour une chose, c'est faire illusion. Au Moyen Âge, les bateleurs, c'est des personnages de fête foraine qui venaient, qui faisaient des tours avec des dés, comme on le voit, avec des billes, avec des bâtons, et qui arrivaient à amuser la galerie. Donc, votre héros, il arrive à amuser la galerie, il arrive à faire illusion, mais en fait, lui-même ne connaît pas son potentiel. Et ça, on peut le voir au fait que la table n'est pas, enfin, se perd dans, se perd dans la perspective. Donc, vous voyez un bout de la table et vous ne la voyez pas en entier. Et lui-même, s'il tournait la tête, donc de gauche à droite, il verrait, il verrait un peu mieux le reste de la table, dans laquelle il y a peut-être d'autres outils intéressants. Donc, ce personnage qui a un potentiel mais qui n'est pas encore exploité, va faire une rencontre. Et voilà, ça ne marche plus. Bon, je crois que j'ai bien fait de prévoir. Attendez, j'ai, il va faire une rencontre. Je touche plus à rien. Qui est la Papesse ? La Papesse, c'est la carte 2. C'est une femme qui va lui dire : "Mon petit gars, tu vas commencer à résoudre tes problèmes en apprenant à lire." Et elle tient dans une main un livre. Elle regarde, elle aussi, vers le passé, mais elle lui dit : "Regarde, en lisant des livres, tu vas comprendre un peu mieux le monde." Et elle est Papesse, donc elle a un chapeau qui, une tiare qui contient les trois mondes : le monde matériel, le monde intellectuel et le monde spirituel. Et c'est la seule carte dont l'extrémité dépasse du cadre. Et c'est, ça peut être une femme, ça peut être votre institutrice de l'école, ça peut être une femme qui vous a donné envie de lire, ça peut être même un homme, ce n'est pas forcément un personnage féminin, mais c'est cette énergie de la bibliothèque et la librairie. C'est le premier pas vers la spiritualité. D'ailleurs, si vous me connaissez, c'est peut-être aussi que vous avez, vous aussi, rencontré une Papesse qui vous a initié. De vous-même, vous vous êtes auto-initié à l'envie de lire des livres. En tout cas, ce que raconte cette carte, c'est le début du cheminement spirituel commence par les livres. Et lisez. Ce que je vous conseille de faire. Une fois qu'il a rencontré la Papesse, ça va entraîner un autre personnage qui, lui, comme vous voyez, regarde vers la droite. Donc, c'est le début du pouvoir. C'est la femme de pouvoir. C'est la femme qui permet de, qui permet de sortir juste des livres pour passer au monde, au monde réel, matériel. Donc là, c'est la confrontation avec l'Impératrice. C'est la confrontation avec le pouvoir incarné. Voyez, elle a, elle a son emblème. Elle est assise, en même temps, c'est un pouvoir caché, elle a un rideau derrière elle. Et c'est un pouvoir avec un sceptre, un bouclier. C'est un pouvoir installé. Cette femme a déjà été installée par d'autres et elle règne. Donc, après la femme spirituelle, c'est la femme de pouvoir qui va faire évoluer le héros. Évidemment, dans le cadre d'un roman, ça, ça peut être aussi une rencontre avec un personnage féminin et ça peut être un début d'histoire sentimentale. L'Impératrice va faire rencontrer son mari qui a encore plus de pouvoir, qui, comme on le voit, hésite à, je reste tranquille sur mon trône, regarde, on voit, on voit au pied où je commence à rentrer en action. Alors s'il reste tranquille sur son trône, il est, c'est un pouvoir gestionnaire. Mais s'il met un pied dehors, il va être un pouvoir conquérant. Et lui, il a envie de conquérir les zones du passé. Regarde à gauche. Donc, c'est un homme de pouvoir, mais qui n'a pas encore décidé s'il y allait ou si il allait pas à la bataille. Personnage suivant, retour à la spiritualité, c'est le Pape. Le Pape a une différence avec la Papesse, c'est qu'il enseigne. Le Pape, c'est le maître qui, détenant un savoir, le transmet et donc installe le public ou les jeunes dans un modèle de, j'allais dire, chevalier Jedi. Le Pape, c'est le chef des Chevaliers Jedi, c'est Obi-Wan Kenobi. Et le fait d'enseigner lui permet à lui-même d'avancer. Peut-être que c'est aussi la raison pour laquelle je vous apprends des trucs, c'est que ça fait partie de ma propre évolution et j'en tire moi aussi des bénéfices. C'est une harmonie qui existe entre ces personnages, qui est celui qui sait doit doit transmettre et ceux qui ne savent pas doivent écouter.
L'Amoureux. L'Amoureux, c'est une carte qui a l'air de parler d'amour et qui finalement parle plutôt de la difficulté de faire des choix. Regardons attentivement cette carte. Nous avons un homme qui est partagé entre deux femmes. Une femme un peu plus âgée qu'on voit à sa gauche, qui pourrait être sa mère, et une femme un peu plus jeune qu'on voit à sa droite, qui pourrait être sa maîtresse. Et l'homme a un pied tourné vers l'un, un pied tourné vers l'autre. Mais le personnage de gauche lui tient l'épaule, regardez bien les mains, lui tient l'épaule en lui disant, ne, ne m'oublie pas, ne reste connecté. Et en même temps, elle le pousse par en dessous, vous voyez l'autre main qui lui dit, mais tu peux aller voir cette jeune, cette jeune fille, je n'y vois pas d'inconvénient. Et lui, il la regarde parce qu'il est encore connecté à sa maman ou à ce personnage plus âgé qui est une figure pour lui de référence. Et on va regarder un peu mieux la carte, on va, on va voir qu'il regarde sa maman, lui, mais sa main va vers la, vers la jeune fille. Donc, il est indécis, il n'arrive pas à se décider. Et c'est une situation tellement difficile pour lui que, il, il est nécessaire que pour la première fois, le ciel apparaisse. Donc un ange qui lui dit, qui lui désigne, bon, maintenant, il faut que tu ailles vers le futur, vers la plus jeune, et il faut plus que tu restes connecté à ta maman. Donc quelque part, c'est la carte de la psychanalyse, c'est, oublier le complexe d'Œdipe, oublier d'être amoureux de maman pour passer à d'autres individus. Si vous voyez bien. Donc, non seulement c'est la première carte où il y a, il y a le ciel qui apparaît, mais c'est aussi la première carte où il n'y a pas de, il n'y a pas de chapeau. On va voir les autres, tous les personnages ont des chapeaux, donc ils ne sont pas connectés avec le ciel. Le ciel ne peut pas vraiment rentrer. Là, il a, il a un, un morceau de, de l'énergie de l'étoile qui lui touche la tête, donc il commence à être connecté au, à la dimension supérieure.
Le Chariot. Une fois qu'il a fait son choix, le personnage se dit, bon, ben, maintenant, j'ai compris, il suffit que je prenne des décisions. En fait, tout roule et à ce moment-là, il se sent plus pété et il se prend pour le, pour le petit prince. Du coup, le personnage a une couronne, il a un sceptre, il roule en carrosse et les deux chevaux, même s'ils tirent dans des directions différentes, de toute façon, le font avancer parce que le chariot est relié, est relié par les harnais. Et, et donc, il avance. Ce personnage regarde encore vers le passé, donc toujours, il regarde vers la gauche, mais en fait, il est encore dans une phase superficielle. Il a résolu un problème. En gros, j'ai presque dire, c'est la gloire et la richesse, mais en fait, ce n'est pas ça qui va le rendre heureux. Et si on en est qu'à l'arcane 7, c'est précisément parce qu'une évolution complète ne peut pas s'arrêter juste à avoir une Porche et avoir des, des jolis vêtements de marque. Ce n'est ni non plus avoir la gloire qu'il peut avoir avec ce bâton. Ça va ailleurs. L'enjeu se joue ailleurs. Et l'enjeu se joue par une évolution spirituelle. Et d'ailleurs, à force de rouler trop vite dans sa Porche, il va avoir des problèmes avec la justice. Ça, c'est la justice des hommes. Parce que tout à l'heure, on va voir le, le jugement, qui est la justice du ciel. La justice des hommes, elle lui dit, mon petit coco, tu roules en Porche, en plus en période de confinement, donc c'est vraiment ignoble. Donc, tu vois, là, j'ai une épée, c'est pour te trancher tout ce qui dépasse. Et j'ai une balance pour regarder exactement quel est le poids de tes péchés et le poids de tes erreurs. Et donc, elle va, elle va lui donner la leçon. Mais c'est une leçon. Alors là, ce n'est pas comme la Papesse, ce n'est pas comme, ou ce n'est pas comme l'Impératrice, ce n'est pas pour l'aider, c'est vraiment pour le, le limiter dans ses accès et lui faire comprendre que la spiritualité ne va pas fonctionner avec juste un joli carrosse et des beaux chevaux.
À ce moment-là, arrive la période de quarantaine, la période où il doit faire le chemin tout seul. Il doit arrêter de vouloir, mais il doit juste utiliser un bâton et une lampe et il doit avancer tout seul pour éclairer le chemin. Cette période est nécessaire. Si vous regardez bien, tous les héros des romans initiatiques, et je pense notamment à celui de "Dune" ou même celui de "La Guerre des Étoiles", à un moment se retrouvent tout seuls, paumés sur des planètes qu'ils ne connaissent pas, à avancer avec uniquement leur capacité à éclairer. Mais en même temps, il est habillé, il a un grand manteau, il a un bâton, donc il ne va pas tomber. Et en même temps, il a une lumière, donc il n'est pas dans une situation vraiment difficile, mais il est dans une situation où il n'a plus, il ne peut plus frimer. Et, et ça, ça veut dire qu'il doit continuer à marcher tout seul pour maintenant comprendre comment est le monde.
Alors à nouveau, ça ne marche pas. Mais là, je crois avoir compris comment il faut faire. Il faut revenir ici. Ouais. Ensuite, arrive la Roue de Fortune. Alors, c'est marrant, hier, je discutais avec une amie qui s'intéresse aussi au tarot, qui est Anne Tuffigo. Elle me.
disait que pour elle la route fortune, c'est c'est la carte de ceux qui gagnent à l'Euromillion et c'est ceux qui vont avoir des bonnes surprises.
Alors pour moi, la route fortune, c'est, temps ça monte, temps ça descend. Ça veut dire, c'est les surprises de la vie, et vous êtes jamais stable. Comme on voit à droite, il y a une sorte de singe qui monte sur la roue, qui arrive en haut, qui se transforme en Sphinx. Là, il se pose des questions, puisque le Sphinx, par définition, se pose des questions. Il se dit, tiens, je crois que je peux agir, puisque j'ai une épée, j'ai j'ai une petite couronne, et paf, tout s'effondre, et il redescend. Et là, il se dit, bah, ça y est, ma situation est foutue. Et hop, non, il remonte.
Alors pour moi, c'est la carte de l'instabilité. Ça veut dire, votre personnage, il y a un moment, il lui arrive des choses bonnes et des choses mauvaises, et on ne sait pas pas pourquoi. Et ça, dans le cadre du roman, je vous conseille vraiment de faire des personnages auxquels il arrive des événements aléatoires qui n'ont aucune logique, parce que dans ce monde, c'est comme ça que ça se passe. Tout n'est pas légitimé, tout ne s'explique pas. Il arrive par moment où, en effet, on gagne l'auto, et d'autres moments où on se retrouve en période de confinement, coincé chez soi. Et ça arrive, et on n'est pas responsable. Ça ne fait pas partie de l'évolution personnelle. Ce qui fait partie de l'évolution personnelle, c'est supporter et gérer ces événements en se disant, ce n'est qu'un passage, ça va s'arranger, restons prêt pour l'étape suivante. Donc, c'est la carte de rien n'est stable, tout tourne, tout ce qui monte descend, et tout ce qui descend monte.
Après, il y a l'apprentissage de la force. Comme on voit, cette ce personnage regarde donc vers la droite, donc il regarde vers le futur, et il a compris quelque chose. Il a compris qu'il était beaucoup plus fort qu'il ne le croyait, parce qu'il ne s'était pas posé des questions sur lui-même, il ne s'était pas demandé, en fait, qu'est-ce que je peux faire, qu'est-ce que je ne sais pas faire. Et toutes les étapes qui l'ont amené à cette cette arcane 11 vont lui permettre de comprendre sa force. Et quand il va essayer de tenir ouvert la bouche d'un lion ou d'un d'un chien poilu, ça dépend des des graphismes des cartes, il va s'apercevoir qu'il arrive à la tenir ouverte. Donc, ça veut dire qu'il arrive à maîtriser les fauves, il arrive à maîtriser l'adversité, et en même temps, il arrive à maîtriser sa propre énergie et sa propre agressivité. C'est la carte de tout d'un coup, je comprends que pour ne plus être dans cette carte du chariot, on est que dans la frime, il faut que je passe à à une maîtrise de ma force. Quand je donne un coup, je sais pourquoi, je connais son intensité, je le maîtrise, je ne donne pas un coup n'importe comment, je fonce pas tête baissée.
Le Pendu. Le Pendu, c'est un peu comme la carte de l'Ermite. C'est la carte où vous vous retrouvez bien seul, en train de vous demander, où là, qu'est-ce qui m'arrive ? Mais autant l'Ermite, on a une lampe et on est clair, là, c'est foutu, ou du moins, ça a l'air. On est pendu par les pieds, à l'envers. Si on regarde bien cette carte, si vous la retournez, vous allez vous apercevoir une chose qui est assez troublante, c'est que le Pendu, en fait, euh, non, c'est par là. Le Pendu, il est pas malheureux. Le Pendu, il est pas malheureux, c'est juste qu'il est en train de voir le monde autrement. Il est en train de voir le monde à l'envers. Cette situation qui lui semblait défavorable, ça s'avère un moment où tout d'un coup, il va peut-être inverser ses valeurs pour revenir à la carte du chariot qui lui était dans dans la frime. Là, le Pendu, lui, il se dit, attends, le monde est peut-être pas comme je le croyais. Il y a dans cette position une vision complètement différente qui me permet de comprendre des choses que je ne comprenais pas avant. Le Pendu, c'est aussi la carte de, à ce stade, je ne peux rien faire, ni en bien, ni en mal, ni en quoi que ce soit. Donc, mieux vaut attendre que ça se décroche tout seul, ou mieux vaut attendre que je comprenne comment me décrocher. En fait, on ne doit pas que ses mains soient liées. Donc, il a peut-être pas lié, il a une jambe de libre, donc ça se peut qu'il arrive à se décrocher tout seul, mais c'est juste qu'il a quelque chose à comprendre. Et ce quelque chose qu'il va à comprendre, il va le comprendre en étant à l'envers.
La Mort, ou Arcane sans nom, comme vous voyez, il y a un nombre 13, et il n'y a pas de nom. Alors, longtemps, cette carte a fait peur. Elle sert aussi pour les pour les films d'horreur, 13 étant lié à une un nombre de malheur, parce que notamment le vendredi 13. En l'an 1307, les Templiers ont tous été arrêtés par surprise par Philippe Lebel, et ont tous été torturés et brûlés sur des bûchers. C'était pas un bon souvenir pour euh les Templiers, et notamment pour toute forme de spiritualité liée à à l'Occident. Mais ça, on en reparlera ultérieurement. D'ailleurs, c'est un des thèmes sur lequel je travaille actuellement. Donc, la Mort, c'est la carte de la mort, renaissance. C'est le monde ancien doit être coupé. Celui avec les couronnes. D'ailleurs, on voit les petites couronnes qui sont un peu toujours similaires à ce du chariot. Je vous trouve la carte, je peux peut-être les mettre dans l'ordre. Voilà. Alors le mien est un peu différent. Je sais pas. Non, il est pas si différent que ça, il est pareil. Donc, ici, ici les couronnes, les deux têtes couronnées, l'homme et la femme couronnée, les mains coupées, et ensuite, il y a déjà des petites herbes qui repoussent. Cette carte signifie le moment où votre personnage va avoir un une situation extrêmement périlleuse qui va l'obliger à se renouveler. Mais, et je répète, c'est votre personnage, et ça peut être aussi votre vie. Dans votre vie, dans la vie que vous allez vivre dans le futur, dans ce que vous avez eu dans le passé, il y a dû arriver au moins une fois un moment où vous vous êtes dit, j'ai l'impression que tout s'effondre. Et pourtant, tout est renaît différemment. Vous avez dû connaître ce que je pourrais appeler un hiver, c'est-à-dire un moment où tout semblait fichu, et pourtant, tout a repoussé autrement. Et et c'est aussi tout ce qui tout l'honneur de l'homme, c'est qu'il est capable de renaître. C'est aussi ce qui fait l'honneur de notre civilisation, même si elle a connu, par exemple, la Première Guerre et la Deuxième Guerre mondiale, elle a su renaître différemment. Et même si elle connaît actuellement le confinement, elle elle va renaître d'une autre manière. Donc, ça peut être, en effet, aussi la la carte du confinement.
Alors à nouveau, il faut que je fasse ça et ça. Toc. La Tempérance. La Tempérance, c'est un personnage qui a des ailes et qui a deux cruches. Et la Tempérance, dans le cas de l'initiation du personnage, c'est elle qui va dire, ok, il va falloir que tu fasses un mix entre entre l'eau chaude et l'eau froide, entre ton côté bouillant et ton côté est trop calme. Il y a un réglage à faire. On voyait, on a vu tout à l'heure la découverte que le choix permet d'aboutir au chariot. On a vu tout à l'heure que l'Ermite aboutit aussi à la force. Là, il y a un moment où il faut se calmer un peu, c'est-à-dire trouver le meilleur équilibre entre notre énergie qui nous pousse en avant et notre énergie qui nous amène à nous calmer un peu. Et ça, c'est un ange. Donc, on pourrait dire, c'est votre inconscient qui vous qui vous guide. Mais déjà, prenez conscience qu'il y a un petit réglage à faire. On va retrouver d'ailleurs une carte un peu similaire tout à l'heure avec l'Étoile, où il y a aussi deux cruches, mais ça, c'est c'est autre chose, on va y arriver.
Le Diable, la Mort, la Tour, Dieu, et le Pendu, c'est les cartes qui font peur. Alors, tout d'abord, je vais préciser qu'il n'y a aucune carte mauvaise, de la même manière qu'il n'y a aucune situation mauvaise pour vos personnages, de la même manière qu'on pourrait dire, il n'y a aucune situation vraiment mauvaise pour vous. Ce que signifie cette carte, c'est l'addiction. Ça peut être le sexe, ça peut être l'alcool, ça peut être la drogue, ça peut être le jeu. Il y a un moment où les personnes sont esclaves de quelque chose, et cette période où les gens sont esclaves, ils finissent par aimer leur servitude. Et ça peut être tout d'un coup un arrêt complet de l'évolution, parce qu'il y a eu une sorte de d'exaltation qui a été trouvée non plus dans l'élévation, mais dans la déchéance. Et ça, pour un héros, ça fait partie aussi d'une évolution logique qui le rend humain. Il n'y a pas de raison qu'un héros n'ait qu'un chemin vertueux, n'ait qu'un chemin clair, et qu'un chemin propre. Ça se peut qu'à un moment, il s'arrête, il s'égare, et à ce moment-là, il va découvrir encore mieux ce qui est important pour lui, et qu'est-ce qu'il est capable de surmonter comme addiction. Ça peut aller jusqu'à la cigarette, hein, c'est c'est une forme d'addiction. Mais dès le moment où on n'a plus de libre arbitre, et on a on n'a plus capable de décider ce qu'on fait, on on est dans cette carte du Diable, à savoir, on est coincé par ces addictions, et on ne peut plus être libre. Donc, il va falloir se libérer de cette laisse.
Ah oui, donc je vous disais, l'autre carte qui fait peur, la Maison Dieu. Alors, la Maison Dieu, c'est quand on a bâti quelque chose, mais on l'a mal bâti. Ça veut dire, vous avez construit une maison dont les fondations ne sont pas solides. Et là, vous étiez tout content de construire votre maison, mais vous avez personne ne vous a dit, attendez, mais il faut faire un truc de béton en dessous, une dalle en béton en dessous, sinon ça tiendra pas. Donc, vous étiez, vous avez rajouté les étages. Évidemment, l'image, c'est la tour de Babel, ce roi Nemrod qui a construit une gigantesque tour pour arriver à toucher Dieu. Et arriver en haut, ben, le Dieu de la Bible a renversé sa tour, notamment en en créant une incapacité de communication entre entre les différentes personnes qui travaillaient sur cette tour. Donc, la Maison Dieu, ça signifie aussi le le moment où on doit se séparer des gens avec qui on travaille, ou ça peut être la séparation du couple, c'est peut être la carte du divorce, ça peut être la carte où on doit quitter son travail. Ça, c'est la carte de, on s'en aperçoit pas, mais ce qu'on a construit jusque-là n'avait pas de bonnes bases. Donc, mieux vaut tout en l'air et rebâtir sur de bonnes bases. C'est quelque chose qui revient souvent, cette notion d'hiver. Il faut que les feuilles tombent pour que le printemps puisse arriver. Mais le printemps va arriver. Mais pour revenir au roman, ça fait partie de la vie de votre personnage, c'est que vous le mettez dans des situations terribles, et vous l'en sortez d'une manière inattendue. Et c'est comme ça que vous allez avoir un effet de suspense et d'addiction.
L'Étoile. Après les problèmes, un petit peu de fraîcheur, un petit peu de beauté, avec ce personnage nu, nu, qui arrive. Et c'est c'est le premier personnage nu d'une série de personnages nus qui vont suivre. Et ce personnage nu, c'est une femme qui est connectée aux étoiles, et qui vous montre comment répartir l'eau des cruches. Tout à l'heure, on a vu dans la Tempérance, on on mélangeait les deux cruches pour avoir une sorte d'eau tiède. Là, elle a dit, ce qui est dans cette cruche doit aller dans l'eau, et ce qui est dans celle-ci doit aller dans la terre. Donc, c'est la carte, pour moi, du rangement. Tout à l'heure, on a vu que le personnage n'avait pas compris quelle était sa force. Là, actuellement, le personnage va découvrir qu'il que chez lui, c'est pas bien rangé, et que c'est l'une des raisons pour lesquelles il n'avance pas. Et l'autre raison, c'est qu'il ne regarde pas assez le ciel, il n'est pas assez connecté aux étoiles. Donc, la carte de l'Étoile va lui apprendre à ranger, et va lui apprendre comment se connecter avec déjà un début de spiritualité, tourner vers les étoiles.
La Lune. Alors, à nouveau, petite mise au point. La Lune, c'est la carte de la psychanalyse. Il y a quelque chose dans le passé de caché. C'est la carte du secret caché qui vous empêche d'avancer, ou qui empêche le héros d'avancer. Donc, la Lune, ce qui est caché, c'est une écrevisse sous l'eau. Et cette écrevisse sous l'eau, elle sort la nuit, c'est pour ça que s'appelle la Lune. Et la nuit, les chiens hurlent. Comme on le voit sur cette carte, il y a deux forteresses qui sont séparées. On ne sait pas euh à quoi ça correspond, mais c'est probablement les forteresses papa-maman du passé, c'est-à-dire les les deux bases sur lesquelles justement on s'est construit. Et il y a quelque chose en nous qui hurle, quelque chose dans votre personnage qui hurle, et qui hurle le soir, qui qui est, il y a un problème qui n'a pas été réglé. Et ce problème, tant qu'il n'a pas été réglé, l'évolution du personnage ne pourra pas non plus avancer. Quand quand on tombe sur cette carte, on a intérêt à faire un travail de euh d'aller voir ses ses photos d'enfance pour soi-même, ou de créer des souvenirs pour son personnage, des souvenirs d'enfance, et les créer les plus profonds possible. Souvent, la Lune, ça veut dire aussi que c'est des traumatismes qui ont été oubliés, et étant oubliés, ils reviennent sous forme inconsciente, le soir, dans les rêves, au moment où la Lune apparaît. On en est à 18.
Le Soleil. Après la Lune, le Soleil. Alors, on regarde regardez la la forme des gouttes. Alors, sur ce jeu, elles sont pareilles, mais sur mon jeu, je crois que sur mon jeu, elles sont inversées. Je vais vérifier. Tous les jeux ne sont pas pareils. Moi, j'utilise donc le jeu de d'Alexandro Jodorowsky, parce que je trouve que c'est le le meilleur. Non, sont pareilles. Mais j'ai vu d'autres jeux où les les gouttes étaient inversées. Donc, on revient là. Cette carte, je vais vous la mettre en relation avec celle-ci, le Diable. Le Diable, les deux individus sont tous les deux nus, mais ils sont séparés, ils ont les mains dans le dos. Ici, les deux individus sont nus aussi, mais ils communiquent, ils sont libres, et ils se regardent d'une certaine manière. Le Diable, il ne se regarde pas vraiment, il garde surtout le Diable, et puis ils sont dans la, ils peuvent pas bouger, ils peuvent pas s'approcher l'un de l'autre. Là, ils se sont reconnus, ils se sont retrouvés. C'est vraiment la carte, pour moi, des des âmes jumelles. On a trouvé son son la personne avec qui tout est évident et tout est simple, parce que c'est une personne similaire à nous-même, c'est-à-dire qu'il comprend, on se comprend sans même communiquer. Et ce Soleil, ça veut dire que quand vous avez trouvé cette personne, tout devient lumineux, chaud et clair. Et on n'a pas besoin que ça soit visible pour les autres. D'ailleurs, vous voyez un petit mur derrière, c'est-à-dire qu'il y a un moment, ben, les les gens bien qui doivent se retrouver, qui se retrouvent, ben, ils le font sans sans le montrer aux autres, ils le font en toute discrétion. Mais c'est aussi une carte d'amour. Voyez, contrairement à L'Amoureux, là, les les deux êtres se touchent tous les les deux, et sont et sont dans une totale compréhension.
Le Jugement. Alors, la carte du Jugement, je la mettrai en en connexion avec la carte de L'Amoureux, parce que d'abord, il y a quatre personnages, dont un qui vient du ciel et qui fait une indication. Et là, tout le monde est habillé en bas, et tout le monde est nu en haut. Et dans le Jugement, tout le monde est habillé en haut, et tout le monde est nu en bas. C'est l'inverse. À savoir, le maintenant, les êtres ont grandi. Le le jeune couple qu'on a vu tout à l'heure a grandi. L'homme est barbu, la femme est aussi plus mûre, et ils ont ils sont connectés à, on pourrait dire, à l'onde de la spiritualité. Et cette onde est tellement forte qu'elle permet de faire renaître les morts. Donc, le personnage bleu au milieu est un mort ressuscité. Et le Jugement signifie le moment où le ciel a décidé de qui qui doit renaître d'entre les morts, ou qui doit rester. Mais les personnages sont dans une position de prière, car ils sont plus, ils n'ont plus besoin d'être connectés entre eux, ils sont connectés au ciel, et le ciel décide par sa trompette de ce qui doit se passer.
Et enfin, la dernière, enfin l'avant-dernière carte, la dernière carte des nombres. Le Monde. Le Monde, c'est la carte de l'équilibre, de la de la danse, et de la joie. Donc, là, les quatre éléments représentent la terre, l'eau, le feu, et l'air. Et le personnage danse au milieu d'une d'une fondation, en tenant les le même bâton et le même élément que celui du Bateleur au début. Donc, c'est comme si le Bateleur avait enfin tout compris. Il se danse. Vous regardez bien ses pieds, c'est les mêmes pieds que ceux du, c'est la même position. Vous voyez, c'est position du pied, c'est la même position. Voilà. Voilà. Ensuite, euh, autre élément à, autre élément à prendre en ligne de compte, les outils. Donc, là, les quatre outils du Bateleur, il ne sait pas trop comment les utiliser. Et là, il sait les utiliser. C'est la carte de l'aboutissement, de l'accomplissement. C'est l'univers qui qui a enfin qui a enfin accepté l'individu, et qui le met dans une sorte de joie. Regardez aussi autre chose. Ici, le personnage est habillé. Là, il est nu. Ici, le personnage est un homme. Là, il est une femme. On peut voir aussi autre chose par rapport à la carte du Pendu. Là, regardez, c'est des c'est des arbres qui n'ont pas de feuilles, et là, c'est des feuilles qui n'ont pas d'arbres. C'est un personnage qui est connecté à tout, et qui a tout compris. Quand quand on a cette carte, ça veut dire qu'on est arrivé au bout de son cheminement. Votre héros, quand il aura cette carte, ça voudra dire qu'il a il a est allé au bout de de son initiation, et maintenant, il est dans une sorte de joie qui est juste la joie d'être accompli. Et contrairement, par exemple, à la carte du Chariot, dans lequel il a besoin d'une couronne, il a besoin d'un d'un chariot, là, il a besoin de rien. Il peut danser tout nu dans le monde. Il est connecté aux aux quatre éléments.
Et maintenant, la petite dernière. Donc, c'est une autre curiosité du tarot, qui me semble très intéressante. Tout à l'heure, je vous parlais du 13, qui était la carte sans nombre. Euh, sans nom. Et là, le Mat, c'est la carte sans nom, sans nombre. Excusez-moi, c'est donc le 13, c'est la carte sans nom, et le Mat, c'est la carte sans nombre. Et alors, elle représente quoi ? C'est un homme qui voyage. Et cette idée est intéressante, c'est-à-dire qu'elle est après l'accomplissement complet de de l'existence, comme je disais tout à l'heure, c'est-à-dire le le nirvana, et avant le Bateleur. Donc, c'est le lien d'une vie à l'autre. C'est ça veut dire qu'une fois que vous avez tout compris, une fois que vous avez tout réussi, et ben, vous vous retrouvez à nouveau sur la route avec un bâton, mais là, vous cette fois-ci, vous avez un baluchon, c'est vos connaissances, tout ce que vous avez compris du monde. Regardez le personnage, il ne regarde plus en arrière, le passé. Là, celui-là, il regarde, il regarde à gauche et vers le bas. Maintenant qu'il a tout compris, il regarde en haut à droite et vers le haut, vers le futur et vers le ciel. Et il y a un petit chat qui lui arrache, qui lui gratine la cuisse, et il n'en a rien à faire, parce que maintenant qu'il a tout compris, il se laisse pas embêter par les petits problèmes à la con. Et si le chat veut le suivre, il peut le suivre, ça sera très bien, mais en tout cas, il ne va pas ni lui donner de coup de bâton, ni lui demander de partir, parce que précisément, maintenant, il est dans une dynamique de, je n'arrête pas d'avancer, je n'arrête pas d'évoluer. Et une fois que j'ai compris quelque chose, je passe à autre chose. C'est aussi la carte d'ailleurs de la réincarnation, pour faire le lien avec avec la partie spirituelle. Ça veut dire, une fois que j'ai tout compris d'une vie, que j'ai réussi cette vie, il faut que maintenant que je redémarre, et je remette tout en jeu pour euh une prochaine vie. C'est pour reprendre l'image des jeux vidéo, ça voudrait dire, une fois que vous avez gagné une partie, il faut rejouer pour pouvoir évoluer et aller à l'étape suivante.
Alors, je vais voir si vous si j'arrive à voir vos questions. Oui, n'empêche, je n'aurais jamais pensé, donne me dit Anna Maria SCA, à mettre en parallèle le Diable et le Soleil. Très intéressant cette analyse. Voilà. Alors, je ne sais pas comment faire. Ah, si, voilà. C'est l'illumination aussi. Je crois que j'ai beaucoup de spécialistes du tarot. Alors, j'en profite pour vous dire une chose, c'est qu'en effet, ce que je raconte, c'est ma vision du tarot, mais il y a beaucoup de visions différentes. Chacun peut, en regardant les cartes, comprendre des choses différentes. J'ai regardé moi le bâton, par exemple, je cette carte, je vois qu'il y a un bâton, donc je le rapproche du bâton de l'Ermite. Je vois, je vois qu'il y a des herbes, donc j'ai regardé les autres personnages qui ont des herbes. Je je suis obligé de refaire ça chaque fois, c'est une curiosité de mon programme, mais c'est c'est mon interprétation, évidemment, et j'espère que ça va vous donner envie, vous, d'avoir une base pour trouver votre propre interprétation. Tout à l'heure, je vous disais qu'en fait, un un tarot, c'est un roman, mais n'importe quel roman, en fait, est compris différemment. Même mes livres, je suis toujours surprise de voir quand les gens en parlent, ils ont soit vu des choses qui n'y étaient pas, soit pas vu des choses qui étaient même en dehors de mes livres. Je crois que si vous allez voir un film avec quelqu'un, vous lui demandez, racontez-moi le film, alors que vous l'avez vous-même vu, vous allez voir, il vous raconte pas pas du tout le même film que vous. Alors là, c'est un film, le tarot, dans lequel évidemment, il y a beaucoup d'interprétations différentes. Mais je ne saurais trop dire que mon interprétation vient vraiment de l'observation des cartes, et que plus plutôt que d'avoir des maîtres ou des cours ou d'aller suivre des tutos, je suis resté à regarder les cartes et à trouver des connexions entre les différents éléments. Et c'est ce que je vous invite aussi à faire. Mais il y a des tutos, et puis sinon, pour moi, le grand maître, le le big boss, c'est Alexandro Jodorowsky. D'ailleurs, pour une fois, pas coutume, je vais vous faire une petite zone bibliographie. Donc, La Voix du Tarot, que j'ai, j'ai en double, existe aussi en poche, qui est une très bonne base pour pour essayer de de démarrer. Il y a des livres dans lequel je ne me retrouve pas du tout l'esprit. Il y a des livres de tarot, j'ai dû en lire une vingtaine, mais que je ne suis pas d'accord, enfin, je trouve, il donne des interprétations différentes. Ce que je raconte me semble, d'une certaine manière, logique par rapport à mes observations, mais je vous invite à trouver votre propre interprétation. Et je vous invite aussi à faire des tirages de base. Vous pouvez faire un tirage de type, vous demandez à quelqu'un de tirer trois cartes, trois cartes, trois arcanes, et ça va donner passé, présent, futur, et vous regardez ce qui se passe. Faites bien attention au regard. Voyez cette idée où regarde les personnages, où sont les yeux. Faites attention aussi à est-ce qu'il y a une partie avec du ciel, où est-ce que il y a il y a des parties sans regard. Regardez, il y a du ciel, donc ça veut dire intervention de la dimension au-dessus. Là aussi, là aussi. Voyez. Et puis, peut-être vous allez découvrir des détails que moi-même je n'ai pas vu.
Alors, pour faire évoluer un personnage, on tire une carte. Alors, pour faire évoluer un personnage, donc me demande Assaut Tarzan Marie Brassignac. C'est un peu long. Pour faire évoluer un personnage, évidemment, quand par exemple, l'une des techniques peut consister, quand vous écrivez votre histoire, vous ne savez pas comment faire évoluer votre personnage, vous tirez une carte au hasard, vous la regardez longtemps, et vous dites, voilà, la nouvelle situation du personnage. Toc, toc. Attendez, on va revenir ici. Là, en fait, ça, c'est un roman. Ça, c'est un roman. Vous pouvez le regarder tel quel. L'une des techniques peut aussi consister à mélanger toutes les cartes. Vous mélangez les 22 arcanes, et comme elles sortent, vous racontez l'histoire, en vous fixant, je me débrouille d'une manière ou d'une autre pour que ça corresponde, pour que chaque chapitre corresponde à ce personnage.
Alors, vos questions. Le problème, chaque fois. Alors, c'est intéressant d'avoir plusieurs explications sur le tarot. Je suis très impressionné, nous dit Patricia. Bonjour Patricia. Combien de tirages faites-vous pour une histoire ? Une carte pour choisir un événement, ou bien un tirage complet pour toute l'intrigue, demande Christine Lebon. Alors, c'est à vous de trouver votre manière d'utiliser cet outil. Je vais revenir, je vais revenir à ça. Vous vous en êtes là, c'est-à-dire, vous êtes le Bateleur. Je viens de vous montrer un outil. Cet outil est le tarot lui-même. Maintenant, c'est vous qui allez décider comment l'utiliser. Moi, ce que je fais, c'est que j'utilise pour mes tirages quand je veux rendre service à des amis qui savent plus où ils en sont dans leur vie. Je fais un tirage en ce qu'on appelle un tirage en croix. La première carte, c'est la carte qui définit le personnage. Alors là, vous allez devoir écouter en replay pour pouvoir bien noter. Donc, la première carte que je place à ma gauche, voilà, ça, ça représente le la personne qui pose des questions. La deuxième carte, ça représente son problème. Situe ou attendez, je vais me mettre. Donc, la première carte représente le personnage qui pose la question. La deuxième carte représente son problème. D'accord ? Et donc, elle fait un tirage en tirant les cartes à l'envers. La carte du haut représente ce qui l'aide. La carte du bas représente ce qui est un handicap. Et au milieu, je place la solution, la solution du tirage. Donc, le questionneur, le genre de problème, ce qui l'aide, et ce qui l'aide pas, et au final, comment tout ça va terminer. Je fais le tirage comme ça, et après, j'essaie de me connecter à la personne pour sentir un peu qu'est-ce qui qu'est-ce qui va l'intéresser. J'essaie toujours de montrer qu'il n'y a pas de mauvaise cartes, parce qu'il y a des gens qui ont peur du tarot à cause du Diable, de la Mort, tout ça. Ces cartes sont des cartes de renouveau. Et puis, par moment, le cas de la Mort, il vaut mieux quitter un travail dans lequel on on est malheureux, ou quitter un couple dans lequel on n'est pas épanoui, et renaître autrement, quitte à avoir une période où on va être, on va devoir renouveler toutes ses références. Mais je vous dis, il n'y a pas de vie linéaire, il n'y a pas de vie simple dans lequel on est on est heureux, et puis on meurt, et il se passe rien. C'est tout l'intérêt d'une vie, et tout l'intérêt de la vie de votre personnage, c'est qu'il y a des péripéties. Donc, le personnage a peur, donc il se pose des questions, donc il ne voit pas venir ce qui va ce qui ce qui se passe, et c'est ces surprises qui vont l'obliger à se révéler à lui-même. N'oubliez jamais que pour qu'un roman fonctionne bien, il faut que votre personnage règle un conflit ou lutte contre une adversité. Et plus l'adversité va être forte, plus le personnage va être héroïque. Ce qui fait l'intérêt de la Guerre des étoiles, c'est Dark Vador. Dark Vador, plus il est méchant, plus Skywalker devient sympathique. Mais pour votre roman, il faut utiliser cette même technique. Il faut quelque part, vous vous retrouvez quand vous êtes romancier, le Dieu de vos personnages. Vous devez vous débrouiller pour que votre personnage s'ennuie pas dans son histoire, et soit tout le temps obligé de se révéler à lui-même des talents qu'il ignorait. Voilà. Qu'est-ce que, attends, je regarder encore vos questions. Top. Euh, je crois que vous allez l'être tous contents. Jessica N nave me demande 22 chapitres. Bah oui, vous pouvez faire 22 chapitres. Pourquoi l'Ermite a un visage de personne âgée ? Selon vous ? Peut-être que c'est parce que c'est un moment, il s'est laissé pousser la barbe. Les couleurs ont aussi leur symbolique. Tout à fait. Le rouge, c'est la chair, et le bleu, c'est la spiritualité, enfin, selon moi. Je suis allé au-delà d'interprétation, j'ai créé mon propre jeu de tarot, c'est encore mieux, évidemment. Mais je trouve que les tarots qui ont plus de 22 arcanes, ça commence à être confus. Il y a des il y a des tirages de tarot dans lequel on se retrouve avec des jusqu'à 120 cartes. Je crois pas qu'il y ait autant de situations. Là, avec les 22 arcanes, on a pratiquement toutes les situations de la vie. Utilisez-vous les arcanes mineurs ? Donc, Lucien Hervieul de Renn. Euh, non, j'utilise pas les arcanes mineurs, parce que je trouve déjà les arcanes majeurs tellement passionnantes, et je trouve tellement de choses dans les arcanes majeurs. Je préfère bien travailler mes arcanes majeurs plutôt que de me répondre les arcanes mineurs. Et puis aussi, je n'utilise pas le fait de tenir compte est-ce que la carte est à l'endroit ou à l'envers. Pour moi, toutes les cartes, je les mets du même côté. C'est un système de, c'est un système d'archétype. Donc, c'est sur quel archétype on se trompe. Merci pour toutes ces bases, ces obélisations qui construisent le chemin. Le chemin, c'est le bon terme, donc ça, c'est Laurence Grapinet qui me dit ça. C'est un cheminement. Une histoire, c'est un chemin. Vous allez tracer un chemin. D'ailleurs, ça s'appelle la Voix du Tarot. La Voix, ça dit bien ce que ça veut dire. Le le Taoking, c'est le livre de la Voie, c'est le le livre du chemin. Votre personnage, pour qu'il fonctionne bien, il doit avoir un chemin cohérent, logique, intéressant. Ce qui va faire que vous allez foirer, c'est quand vous allez quitter le chemin, et quand vous allez au bout d'un moment vous embourber. Ou alors, ça devient votre intrigue. Votre intrigue, c'est l'histoire de quelqu'un qui s'est égaré et qui s'embourbe. Mais ça va être très difficile de relancer. Une fois que vous avez tracer un chemin, une fois que vous avez tracé cette voie d'évolution du personnage, vous pouvez le faire égarer, mais vous devez le faire revenir pour que aussi le lecteur puisse comprendre le message. Et le message, c'est quand on part de là, on arrive là. Donc, vous-même, posez-vous la question, si vous êtes à tel endroit, est-ce que vous n'allez pas arriver à un chemin si similaire ? D'autres l'univers nous met parfois. Ça, c'est invisible. L'Ermite, c'est l'expérience. Oui, de toute façon, comme je vous disais, toutes les cartes ont un côté positif et un côté négatif. Tout, je vous disais, surtout les cartes qui ont un côté négatif ont un côté positif. Mais les cartes qui ont un côté positif ont aussi un côté négatif. Même la carte du Monde, quel selon l'endroit où elle est placée par rapport à une combinaison, peut signifier la personne qui est trop désinvolte, qui croit avoir tout réussi, et qui en fait, n'a pas vraiment réussi. Alors que la carte du Diable peut signifier quelqu'un qui a compris comment se reconnecter à à sa chair, et retrouver une sexualité qui lui manquait, par exemple, ou ou trouver une peut-être une joie dans l'esclavage, qui sait. C'est c'est à vous, en tant que romancier, d'arriver à sauver aussi, ça peut être un challenge, de sauver les arcanes qui ont l'air négatives, et de peut-être de noircir celles qui ont l'air trop positives.
Alors, Antoine demande, merci, c'est magnifique comme technique. Avez-vous un conseil à donner avec cette technique pour ceux comme moi qui ont créé tout un univers, des personnages, des cartes, un monde imaginaire, mais qui ne savent pas comment lancer et raconter l'histoire ? Alors, comment lancer et raconter une histoire à partir d'un tirage de tarot ? À la limite, revenez à à la structure du conte. Du conte de fées. Posez posez votre personnage comme un héros basique, avec une intrigue de type, il doit sauver la princesse qui est dans le château, et il doit lutter contre le dragon. Et entre-temps, il se fait manipuler par la sorcière, mais il rencontre un personnage qui va l'aider. Utilisez un truc extrêmement simple, extrêmement basique. Et une fois que vous avez votre structure basique, par exemple, en utilisant les cartes du tarot, vous allez passer à un niveau différent. C'est vous allez utiliser cette même structure pour raconter quelque chose de différent, peut-être de moderne, dans lequel ce n'est plus un chevalier, mais c'est un type qui travaille dans une banque, et ce n'est plus une princesse dans un château, mais c'est une une collègue de travail qui a des soucis, qu'il doit aider. Voilà. Mais revenez à l'essentiel. L'essentiel, c'est le conte de fées. Le utiliser, par exemple, un des exercices pour être intéressant, c'est regardez les les connexions qu'il y a entre les contes de fées et les arcanes du tarot. Vous allez voir qu'au bout d'un moment, c'est comme si tout, tous les contes de fées pouvaient aussi avoir leur arcane de leur arcane qui qui correspondent. Alors, c'est une super idée d'utiliser le tarot pour écrire. J'aurais jamais pensé à ça, nous dit Jessica Nave. Mariette, qui me dit que les arcanes, c'est l'incarnation des arcanes mineurs, c'est plus pour les oracles. Merci beaucoup pour la transmission. Je lis au fur et à mesure que j'arrive à lire. C'est pas anecdote où un tarot ne vous a pas aidé sur l'écriture. Anecdote où le tarot m'a pas aidé sur l'écriture. En fait, ça fait 30 ans que je fais ce métier. Maintenant, j'ai une imagination qui galope très vite avec n'importe quoi. Bon, ça a commencé avec une histoire de fourmis, et puis maintenant, il n'y a pas d'image de tarot qui tout de suite ne se mette pas à vibrer. D'ailleurs, vous allez voir, plus vous utilisez le tarot, plus il y a d'histoires qui arrivent. Mais ne vous posez pas la question, est-ce que je suis dans la bonne interprétation ? Est-ce que je suis dans la mauvaise interprétation ? C'est votre interprétation, c'est ce qui fait votre originalité. Vous regardez la carte, peut-être que dans une carte, je sais pas, par exemple, le Bateleur, vous ne voyez pas du tout tout ce que j'ai raconté, vous voyez autre chose, c'est tout à votre honneur. Inverser, peut-être jouer à à inverser. Peut-être que le Pendu, en fait, il est en train de danser en en utilisant une petite ficelle pour faire des mouvements, et que en fait, la carte du Monde, c'est une femme qui a froid et qui sait plus comment se réchauffer. Trouvez vous-même en regardant les cartes. Mais un premier exercice qui pourra être intéressant, que je je vous propose, vous prenez une carte de tarot, et vous essayez d'écrire une nouvelle entière sur cette carte de tarot, en vous posant la question, en en faisant, qu'est-ce qui arrive au personnage qui est dessus ? Par exemple, vous regardez la carte de La Papesse, elle est en train de lire un livre. Qu'est-ce qui s'est passé avant ? Qu'est-ce qui va se passer après ? Là, récemment, j'ai regardé euh Au Nom de la Rose, en série, qui est sur OCS, je crois, ou sur HBO, et c'est toute une histoire en fait sur La Papesse, c'est-à-dire sur le rapport de la spiritualité et du livre. Et voilà, peut-être que Umberto Eco, il a été inspiré du du livre Au Nom de la Rose en regardant une carte comme La Papesse. En tout cas, je pense qu'il devait connaître le tarot aussi, comme beaucoup d'écrivains qui font le lien entre le monde de la spiritualité et le monde du roman, qui, à mon avis, sont, c'est une, c'est une connexion nécessaire. On ne peut pas écrire juste des romans en copiant les romans qui existent déjà. Comme je disais tout à l'heure, on ne peut pas écrire juste des romans en racontant que sa vie. Il y a un moment, il faut trouver une source autre pour pouvoir nourrir son imaginaire, et le tarot m'a l'air une bonne voie. Oh là, il est 17h.