Transcription
J'ai récemment vécu la déchéance à venir de l'espèce humaine, mais à ma petite échelle. Je me suis posé pour écrire une vidéo et c'est comme si j'étais incapable de faire quoi que ce soit sans l'intelligence artificielle. Chaque paragraphe écrit avec Claude, chaque phrase écrite avec Claude. Mon cerveau était devenu rabouis. Je vais ruiner ma souveraineté d'être humain. Parce que le vrai danger de l'IA, ce n'est pas qu'elle nous remplace, c'est qu'elle nous atrophie de l'intérieur. Et parce qu'on nous dit partout, utilise l'IA pour devenir plus productif, mais personne ne nous dit ce qui se passe à l'intérieur de nos cerveaux.
En fait, il y a deux façons d'utiliser l'intelligence artificielle. Une pour devenir plus con qu'une pelle, et l'autre pour te rendre plus intelligent. Et perso, c'est cette étude du MIT qui est sortie en 2025 qui a tout changé pour moi. Ils ont mesuré ce qui se passe dans le cerveau de 54 étudiants quand ils utilisent ChatGPT pour écrire leur essai. Et résultat, 83 % de ces étudiants ne se souviennent plus de ce qu'ils ont écrit. Leur propre texte disparu. ChatGPT est devenu la cigarette de leur cerveau. Et cette étude, elle révèle trois dangers précis, trois mécanismes qui détruisent ton cerveau quand tu utilises l'intelligence artificielle. Mais le truc le plus intéressant, c'est qu'elle nous donne la solution pour faire bien plus que protéger notre cerveau, mais nous rendre plus intelligent.
Premier danger, la dette cognitive. C'est donc que les chercheurs du MIT ont donné au phénomène qui a lieu quand on utilise ChatGPT pour penser à notre place. Et en fait, c'est un peu comme une dette financière. À chaque fois qu'on utilise ChatGPT pour penser, on emprunte, mais c'est notre cerveau qui paie les intérêts. Les chercheurs du MIT ont mesuré l'activité cérébrale des 54 participants pendant qu'ils écrivaient leur essai, et ils ont divisé ça en trois groupes. Un groupe sans aide, un groupe avec Google, et un groupe avec ChatGPT. Et résultat, le groupe qui utilisait ChatGPT a montré 55 % d'activité cérébrale en moins que le groupe qui travaillait seul, sans aide. 55 %, c'est plus de la moitié moins d'activité cérébrale. Donc ça veut dire que quand on utilise ChatGPT, notre cerveau fonctionne à moitié. Et c'est à cause de ça que 83 % des étudiants qui utilisent ChatGPT ne retiennent pas ce qu'ils ont écrit. Quand ChatGPT génère le contenu, ton cerveau, il va le lire. Il va le sélectionner, mais ce n'est pas lui qui le crée. Il ne va jamais l'encoder dans ta mémoire. C'est ce qu'on appelle l'encodage superficiel. Les zones de ton cerveau responsables de ta mémoire ne s'activent tout simplement pas, ou tout simplement peu. Et c'est parce que ton cerveau n'a pas eu à générer l'idée, mais juste à la retranscrire, que tu ne retiens rien.
Et en vrai, le deuxième danger est encore plus insidieux. Danger numéro 2, la mort de la pensée originale. Et en vrai, c'est là que les choses deviennent un petit peu flippantes. L'étude a analysé tous les essais produits par les participants, et résultats : le groupe sans intelligence artificielle propose une grande variabilité. Chaque essai est différent. Chaque personne pense différemment. Alors que les groupes qui ont utilisé ChatGPT proposent des essais statistiquement homogènes. En vrai, ils ont tous produit à peu près la même chose. Même structure, mêmes idées, même approche. Et les professeurs qui ont étudié ces textes, sans savoir que c'était fait par l'intelligence artificielle, ont tout de suite reconnu un style clairement ChatGPT. Et pourquoi du coup ? Parce qu'ils n'ont pas eu l'occasion d'incorporer leur propre pensée dans leur essai. L'intelligence artificielle a pensé à leur place. Le cerveau sans intelligence artificielle, il touche à la liberté, il touche à la philosophie personnelle. Le cerveau avec ChatGPT, il se concentre sur l'objectif, sur les définitions standard, sur ce que ChatGPT a l'habitude de faire. Deux mondes différents. Un monde où chacun pense, et un monde où tout le monde pense pareil.
Danger numéro 3, la chambre à écho. Imagine un système où tu n'entends que les voix qui te donnent raison. Tes croyances s'amplifient, se renforcent. Elles ne sont jamais challengées. C'est le principe de la chambre à écho. Et ChatGPT, c'est pire que Google pour ça. Pourquoi ? Parce que c'est construit comme une conversation. À chaque question que tu poses, tu as l'occasion de biaiser un tout petit peu plus l'ensemble de la discussion. Et je pense que tu as déjà remarqué, ChatGPT a quand même cette tendance à dire que tu es absolument génial, que tes questions sont absolument pertinentes, et donc à te donner raison. C'est agréable, on se sent super intelligent, mais c'est pas très constructif. Avant, avec Google, il y avait plein de sources, et c'était déjà pas parfait au niveau de l'esprit critique. Et maintenant, on a un prédicteur de mots qui est programmé pour être sympa avec toi. Et le pire, je sais pas si tu as remarqué, c'est qu'on s'en rend pas vraiment compte. Comme on est dans le cadre d'une conversation, on a tendance à accepter beaucoup plus facilement ce que va nous dire ChatGPT. Et résultat, on va tirer des conclusions en se sentant hyper confiant, basé sur des preuves incomplètes. Tu penses avoir compris, alors qu'en fait, tu n'as vu qu'une seule face, celle que ChatGPT a choisi de te montrer.
Voici les trois dangers : la dette cognitive, la mort de la pensée originale, et la chambre à écho. ChatGPT peut détruire ton cerveau, ta pensée originale. Mais les chercheurs du MIT, on peut juste identifier les problèmes. Je sais pas s'ils ont trouvé la solution, mais du moins, ils ont trouvé une solution. Et ce n'est certainement pas d'arrêter d'utiliser l'intelligence artificielle. Il ne faut pas être débile, c'est beaucoup trop pratique, et ça nous offre des opportunités qui n'existaient pas avant. Mais c'est de l'utiliser dans le bon ordre, et ça change tout. Après avoir demandé à des étudiants de ne pas utiliser ChatGPT pour écrire leur essai, ils ont proposé à ces mêmes étudiants d'utiliser l'intelligence artificielle pour améliorer leur essai. En gros, au début, on écrit sans ChatGPT, et après, on écrit avec ChatGPT. D'abord le cerveau, ensuite l'intelligence artificielle.
Et donc, en gros, durant les trois premières sessions, les participants ont travaillé seuls, zéro aide. C'est le cerveau qui travaille, il galère, il bosse, ils réfléchissent. Et à la session numéro 4, bim, ils peuvent utiliser ChatGPT. Les résultats de leur connectivité cérébrale augmentent. Elle n'est pas juste maintenue, elle est augmentée. Pendant que tous ceux qui avaient commencé avec ChatGPT stagnaient, eux progressaient. Et leur performance : 78 % de situation correcte, là où ceux qui ont commencé avec ChatGPT n'en ont que 11. Mais la vraie différence, là où ça devient véritablement intéressant, c'est la manière avec laquelle ils utilisaient ChatGPT. Les interviews montrent qu'ils posaient trois fois plus de questions sophistiquées. Alors, qu'est-ce qu'on veut dire par des questions sophistiquées ? Plutôt que de dire juste "écris-moi un essai sur X", ça, c'est pas sophistiqué. Ils vont plutôt poser des questions du type : "J'ai pensé Y, est-ce que j'ai raté quelque chose ?" En gros, ils comparaient, ils critiquaient, ils intégraient parce qu'ils avaient déjà réfléchi sur le sujet. Ils ont apporté de leur propre pensée, et ensuite, ils ont utilisé l'IA. Et l'étude le dit clairement, ça engendre un engagement métacognitif élevé. En gros, ils utilisent ChatGPT comme un sparring partner, un partenaire de réflexion, et pas comme un substitut.
Et donc, la conclusion des chercheurs du MIT, elle est bien simple. On doit retarder l'utilisation de ChatGPT. On doit d'abord fournir nous-mêmes les efforts cognitifs avant de les amplifier avec l'intelligence artificielle. Voilà. Donc ChatGPT peut soit détruire ton cerveau, soit l'amplifier. Tout dépend de l'ordre, et la règle, c'est ton cerveau d'abord, l'intelligence artificielle ensuite. Alors la prochaine fois que tu veux apprendre quelque chose, écrire quelque chose, créer ta propre réflexion, résiste à l'envie d'ouvrir ChatGPT. Galère d'abord, réfléchis, écris, ensuite seulement l'intelligence artificielle. Et c'est ça l'apprentissage augmenté, par remplacer, augmenté. Et si tu veux discuter de ton projet d'apprentissage pour savoir comment l'augmenter avec l'intelligence artificielle, j'ouvre quelques créneaux chaque mois pour tester mes systèmes en direct. 20 minutes complètement gratuit.