Transcription
En 2022, Citadel Securities a réalisé un bénéfice net de 7,5 milliards de dollars, donc principalement en market making, pendant que 95 % des traders, eux, perdent de l'argent. La question, c'est pourquoi personne ne vous parle de ça dans les formations de Banana FX à 2000 € ?
Ici, le but, ça va être, en 15 minutes, d'essayer de comprendre le business du market making, qui est très mal compris. Souvent, on dirait un peu une théorie du complot. Les gens savent plus trop quoi dire, inventer. Donc ici, on va vraiment expliquer c'est quoi. Je vais même vous donner gratuitement un notebook où je vais vous montrer une stratégie de market making avec un beau dashboard, tout ça, tout ça.
Donc, la dure réalité du marché, c'est que pendant que la plupart dessine des traits sur Trading View et puis passe des trades aléatoires, une petite minorité d'acteurs ramasse les miettes à chaque passage dans leur spread. Et ce n'est pas de la manipulation, hein, c'est juste des maths.
Donc, je sais, ça fait longtemps que j'ai pas fait de vidéo, mais ça fait justement quelques mois maintenant, un bon 7-8 mois, que je suis à plein temps en train de créer des algorithmes de market making et de trading haute fréquence avec mon associé. Donc, je n'ai pas eu trop le temps de faire de vidéos, mais je me suis dit, bah tiens, c'est parfait, j'ai fait pas mal de market making, j'ai accumulé beaucoup d'expérience, donc on va pouvoir faire des vidéos là-dessus.
OK, la plupart des mythes du market making ne viennent pas de la même source, mais ça vient souvent des théories SMC. Première théorie : euh, ils manipulent pour créer des liquidity grab, ou alors il y a des FVG. Donc, non, hein, le market maker va, par exemple, optimiser son spread grâce à des modèles. Aucun MM ne va perdre son temps à manipuler le prix, même si c'était possible. Imaginons que ça soit possible. Pourquoi il va se faire chier à manipuler le prix pour choper 500 balles dans un order book qui, bien souvent, n'est même pas un order book, étant donné que la majeure partie des traders tradent dans des comptes démo qui croient être financés par des prop firms, ou alors des brokers b-book qui sont une sorte de market maker wish qui s'est dit, tiens, on va créer un broker et on va mettre des cotes au bid et à l'ask que 99 % des traders perdent. Bon, bah si on est la contrepartie, on devrait gagner, et c'est exactement ce qui se passe. Félicitations.
Donc voilà, la plupart des gens, de toute façon, ne sont même pas euh exécutés sur le vrai marché. Ces théories-là, euh, souvent ne fonctionnent pas pour le retail ICT qui trade des CFD.
Ensuite, le mythe qu'on a un peu vu dans l'introduction : les MM manipulent les prix. Donc, si les MM manipulaient les prix, bah ça serait, je pense que ça serait vraiment euh, déjà que c'est abusé à quel point les gars font du profit par rapport à leur nombre d'employés. Les bénéfices dépassent. Enfin, je crois qu'au-dessus, il y a OnlyFans, au-dessus, il y a Pump Fun et Hyper Liquid. Voilà. Donc, le market making, on est dans le top des entreprises qui font le plus de bénéfices par employé, et le nombre d'employés est vraiment, est vraiment pas mal. Citadel, c'est 3000 employés, donc on dépasse largement le nombre d'employés de Pump Fun et cetera, et pourtant ça rapporte des milliards et des milliards et des millions par employé.
Donc, mais imaginez qu'on puisse manipuler les prix. Ah bah, alors là, les gens, les Ken Griffin ne seraient pas multimilliardaires, mais sans doute multitrilliardaires. Non, les market makers, donc, on le verra par la suite, mais subissent les mouvements. La plupart du temps, ils ne veulent pas. Ça serait beaucoup plus intéressant pour eux que le prix ne bouge pas. Si le prix ne bougeait pas et que, on va voir ce que c'est les spreads, là, ils maximiseraient leur profit. Donc, non, ils ne veulent pas que le prix bouge ou manipuler le prix. Au contraire, soit ils veulent que le prix ne bouge pas, soit ils veulent que le prix soit le plus aléatoire possible. Voilà, ça, c'est le but du market maker.
Pourquoi ces histoires sont si attrayantes ? Parce qu'elles donnent un sentiment de contrôle sur les choses. Ah ben, je sais qu'il manipule les prix. Un peu comme une théorie du complot. On sait qu'il manipule les prix de telle ou telle manière, alors qu'on a aucune preuve, et que si ça serait le cas, et que si ça serait si obvious, toutes les banques payeraient des consultants ICT/SMC pour leur expliquer, ou les hedge funds et cetera, pour leur expliquer que le market maker manipule le prix à la hausse parce qu'il faut aller chercher la FVG. Ça ne fait aucun sens. Ce n'est pas ce qui se passe dans la réalité. Euh, puis la théorie ne fait aucun sens logique non plus. Donc, par contre, il y a, c'est sexy, c'est simple à comprendre. Un débutant pourrait comprendre. Il suffit de tracer des carrés sur un graphique. Donc, du coup, bah vu que c'est simple, c'est alléchant. Ça te promet la liberté financière en comprenant les mouvements du marché, en les prédisant. Donc, c'est sexy.
Bon, mais dans la pratique, he, les MM, ils en ont rien à faire directement du retail. Il vaut, il vaut pas, voilà, ils s'en foutent de toi, ils s'en foutent de moi. Euh, le MM, ce qu'il veut, c'est juste maximiser son profit. Mais comment il fait pour maximiser son profit ? Donc, déjà, il va falloir voir ce que c'est un peu la microstructure. Donc, il va falloir revoir les bases. On va faire un truc simple. Donc, déjà, les bases d'un marché, parce que vous voyez le prix. Voilà, il il bouge, il va à droite, à gauche, et cetera, c'est cool. C'est un mouvement brownien, c'est une quasi-marche aléatoire. Donc, quand vous regardez euh Trading View, vous voyez juste un quasi-mouvement brownien. Bon, ce n'est pas un mouvement brownien exactement à proprement parler, mais c'est une quasi-marche aléatoire. À l'œil nu, on a du mal à différencier euh un mouvement brownien d'un mouvement brownien fractionnaire ou quoi. Donc, à à l'œil nu, c'est une quasi-marche aléatoire, et donc quand vous passez 7 heures par jour, suffit qu'en général, ça ne sert à rien. Mais si on zoome sur le graphique, qu'est-ce qu'on voit ? La microstructure. Voilà, c'est le mécanisme de création des prix.
Première partie importante du mécanisme de création du prix, enfin de découverte du prix à l'échelle microscopique, c'est l'order book, ou le système de matching des ordres, le matching engine de manière générale, parce que l'order book, c'est le carnet, mais vous voyez que le carnet, on a les ordres en attente. Donc, ça peut être Michel qui met son ordre limite, mais ça peut être Citadel qui met ses ordres, donc dans l'order book. Ça peut être une institution, un fonds, les ordres des gens pas pressés. Voilà, tous les gens pas pressés, ils mettent les ordres, ce qu'on appelle "maker", qui vont en attente dans l'order book à différents niveaux de prix avec différentes quantités, et souvent une priorité FIFO, donc de temps, ou alors une priorité en fonction de la taille, et cetera, et cetera. Ça, c'est dans le détail du matching engine, mais ce n'est pas le sujet de la vidéo.
Et ensuite, on a les gens pressés, ceux qui veulent acheter sans attendre, et donc là, ça s'appelle les "takers". Donc, et des takers vont prendre la liquidité dans l'order book. Donc, vous voyez, vous voyez les les ordres en attente, bah, ils vont manger, en manière vulgaire, dit, ces ordres dans l'order book. Ils vont essayer de, ils vont matcher, consommer ces ordres en attente dans l'order book. Donc, ça, c'est les takers, et c'est ceux qui sont pressés. Donc, ça peut être Titoin, Titoin le trader qui trade ICT. Ça peut être un trader haute fréquence qui fait du triangular arbitrage, par exemple. Ça peut être BlackRock qui a un algorithme type TWAP. Bon, ça sera pas un TWAP, mais voilà. Bien de la vidéo, euh, on dira que c'est un TWAP. Un TWAP pour euh, rebalancer son portefeuille. Euh, donc lui, voilà, trader aussi, par exemple, pas forcément, mais ça peut être un taker euh qui va être pressé, donc qui va consommer la liquidité qui elle est en attente des Michel, des Citadelles, qui elle attend dans l'order book. Et vous voyez ce système normalement en animation, là, euh, des ordres qui arrivent, qui sont pressés, hop, ça tape la liquidité dans l'order book. Et ce système-là de d'achat de vente, d'achat de vente, et de de taker-maker, c'est ce qui crée ses mouvements de prix à la hausse, à la baisse, à la hausse, à la baisse en continu.
Ce qui est important, donc, les caractéristiques de la microstructure classique, au classique, c'est le spread bid-ask. Donc, le spread bid-ask, c'est vous voyez l'ask, c'est le plus haut. C'est à quel, c'est au prix auquel on achète quand on est pressé. Donc, toujours un peu plus cher que le prix où on va vendre quand on est pressé, le bid. Et à l'inverse, quand on est patient, ben on est la contrepartie de l'impatient. Donc, on sera exécuté toujours un peu euh moins cher à l'achat que, et un peu plus cher à la vente. On se dit, bah, c'est super. Vous voyez la logique là, déjà à naître euh, on peut acheter un peu moins cher tout le temps et revendre un peu plus cher tout le temps. Et le mid price, bon, bah, c'est le "fair price", le plus connu, hein. C'est la moyenne des deux, la moyenne du bid et de l'ask. C'est ce que vous voyez euh faire des mouvements aléatoires sur Trading View. C'est le mid price. C'est souvent sur ces graphiques-là, c'est le mid price qui est représenté, mais sur une échelle beaucoup plus macroscopique, beaucoup plus temps long. Alors que là, on parle sur une échelle très, très petite temps et d'échelle de prix. Donc, le bid-ask price, personne ne le touche, personne n'est exécuté exactement au mid price. On peut essayer de s'en rapprocher, mais le taker sera toujours exécuté à un prix différent du mid price, et le maker toujours à un prix différent du mid price. C'est ça serait dans un monde parfait. C'est super, on serait tous exécutés à ce prix théorique qui est la moyenne du bid et de l'ask, mais dans la pratique, ça sera toujours à un prix plus ou moins au-dessus du mid price. Donc, vous voyez vite fait le truc apparaître.
Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, si on fait le spread, si on est maker et que là, imaginez que le prix bouge pas et qu'on a un trader pressé un peu débile qui se met acheter, vendre, acheter, vendre, acheter, vendre, acheter, vendre, hyper rapidement sans faire bouger le prix, euh, et nous, on est la contrepartie, et que le mec fait, donc le spread est à 2 centimes là, dans notre cas, donc 12 150 27, euh, si euh la personne se met acheter, vendre, acheter, vendre, acheter, vendre comme un dératé pendant pendant des millions et des millions de fois, bah au bout d'un moment, ça fera un million d'euros. Voilà.
On résume les deux grosses espèces de traders. Vous avez vu à peu près la microstructure, les bases des bases des bases de la microstructure. Il y a deux types de traders : le pressé et le patient. Le pressé, c'est le taker, celui qui consomme la liquidité, et le patient, c'est le maker. Donc, les takers, c'est pressé, et il paye le spread plus les commissions. Et ensuite, il y a le maker qui, lui, est patient. Il peut recevoir, il va recevoir le spread et les rebates. Les rebates, toujours gagner de l'argent juste en postant. Non, non, il y a quelque chose qui est beaucoup plus fort des fois, et souvent que les commissions et les spreads réunis pour le taker, et c'est ce qu'on appelle l'adverse sélection. Donc, en fait, aucun des deux n'est meilleur en soi. Il y a juste des circonstances où être pressé, c'est plus intéressant que d'attendre, et attendre est des fois plus intéressant que d'être pressé. Mais voilà, les deux grands types de traders : maker, taker. Les market makers font partie du groupe des makers. Market Maker. Hop, voilà. C'est dans le groupe des makers. C'est assez simple, pense-bête, et assez facile, même si des fois, ils peuvent passer quelques takers, notamment pour liquider leur inventaire, ou si ils ont des systèmes un peu hybrides où ils peuvent des fois essayer de choper un signal court terme sur une news. Mais majoritairement, un market maker, c'est un trader maker dans la grosse majorité de son activité. Sinon, ce n'est pas un market maker. Donc, le market maker fait partie de ces traders patients.
Donc, le business model, on va le voir en mode super naïf. C'est super simple. Le market maker, plus on croise son spread, plus il y a de traders pressés qui achètent à son ask et vendent à son bid. Plus il y a d'aller-retour comme ça, plus il va gagner de l'argent. Bah oui, il achète tout le temps moins cher qu'il va revendre. Donc, il va gagner à chaque fois que quelqu'un croise son spread. Donc, ça, c'est dans le mode naïf. Euh, s'il fait euh, des millions et des millions et des millions de volumes par jour, et ben, il va y faire plus de PNL. Donc, le but d'un market maker, c'est de faire le plus de volume possible, parce que plus il fera de volume, plus il va gagner d'argent dans le mode naïf.
Un exemple : 2 centimes de spread, je vends 1 million d'euros d'actions dans une journée, et ça va vite, hein, parce que l'aller-retour, bah, on n'est pas obligé de posséder les 1 million. On peut faire 1 million de volume avec quelques euros, hein. Si on prend 2 centimes le spread pour, et qu'on vend 1 million d'actions, et bien on prendra euh 20 000 dollars la journée. Voilà, juste en faisant rien, en faisant la contrepartie des traders pressés. Et si maintenant, on fait ça non pas, donc on fait 1, on vend et on achète 1 million d'actions à des traders pressés, et on prend 2 centimes à chaque passage au péage. Et maintenant, on le fait pas sur une seule action, mais on le fait sur 50 actions. Bon, bah là, ça fait 20 000 € x 50, ça fait 1 million. Voilà, on a fait 1 million par jour. C'est super. Meilleur business model du monde.
Donc, ça, c'est le mode naïf. Ça, c'est que le début de l'histoire du market making. Ça serait cool, ça serait super. Tout le monde serait super riche. Ton boucher serait market maker, sans doute personne travaillerait, et tout le monde serait market maker. Sauf que ça, c'est l'utopie.
Dans la pratique, on a la volatilité. Déjà, le problème, c'est que les prix, et ben, ils sont tout le temps en train de bouger. Tu le vois sur Trading View, hein, aléatoire, ça monte, ça descend. Donc, si on se met acheter, vendre, acheter, vendre, mais que bah, on accumule de l'inventaire, on accumule du stock, bah, des fois, son stock va varier à la hausse, des fois, son stock va varier à la baisse, et les petits gains qu'on fait chaque jour, bah, vont se faire noyer dans le bruit. Hein, on va gagner, on va peut-être gagner sur le long terme, mais il y aura énormément de bruit, et donc, bah, le le ratio rendement-risque, le Sharpe ratio de la stratégie ne sera pas terrible. Donc, déjà, il y a la volatilité, le problème, la volatilité des prix.
Deuxième problème, qui est beaucoup plus compliqué, beaucoup plus embêtant, c'est l'adverse sélection, mais ça, on va le voir plus tard, parce qu'il est beaucoup plus embêtant.
Donc, maintenant, on va voir justement le market making avec le contrôle du stock, le contrôle de l'inventaire. Comment ça se passe dans un marché compétitif et volatile ? Donc, maintenant, imaginez le scénario : j'achète 10 actions à 150,25, et je vends trois actions à 150,27. Ben, je suis à 7 total. Je suis à 7 actions dans mon stock. Le problème, c'est quoi ? C'est qu'on sait que les marchés sont volatiles. Donc, maintenant, coup de malchance, le prix chute à 149. La perte sera donc de 5,19 €. Donc, le dilemme, he, c'est le profit du spread, mais il faut le moins possible s'exposer à l'incertitude du prix. Voilà, c'est ça le compromis. Euh, le plus de profit possible, le moins d'incertitude possible.
La solution, bah, quand on a beaucoup d'inventaire positif, quand on a beaucoup d'actions en stock, bah, on va être un peu plus agressif sur la vente. Et quand on a beaucoup de short, on a on a vendu trop d'actions ou vendu trop de contrats, bah, là, on est trop exposé short, trop exposé à la baisse. Donc, on va essayer d'acheter plus. Et donc, on va avoir cette espèce de contrôle en fonction de l'inventaire. Essayer d'être plus agressif à la vente quand on est trop à l'achat. Être un peu plus agressif à l'achat quand on est trop à la vente. C'est ce qu'on appelle le "skew d'inventaire" ou la pénalité d'inventaire. Et donc, on peut faire un modèle naïf, euh, un peu au pif, ou alors avec des modèles euh mathématiques mais sous-optimaux. Et c'est là qu'arrivent les théories comme Almgren-Chriss, etc., qui nous donne, grâce à de l'optimisation stochastique sous certaines hypothèses irréalistes, he, malheureusement, mais c'est toujours pareil avec les modèles, bah, les cotes dynamiques optimisées pour le contrôle d'inventaire, qui nous donnent justement ce compromis entre profit et risque.
Mais le problème, c'est que là, on essaie juste de maximiser le profit tout en minimisant notre risque d'inventaire. Mais il y a encore un souci, là. Toujours, vous le vous vous rappelez, hein, depuis le début de la vidéo, je vous parle de l'adverse sélection. Et l'adverse sélection, c'est quoi ? Donc, attention, roulement de tambour. Bah, le MM, il y a plein de traders haute fréquence. Il y a plein de traders haute fréquence, de hedge funds, de traders plus malins et pressés qui sont en train d'essayer de trader et de faire de l'argent aussi sur les marchés. Et donc, si ces traders malins sont un peu trop nombreux, hein, bah, c'est toi qui deviens le dindon de la farce, parce qu'ils vont être, tu vas être leur contrepartie. Ils vont acheter, et donc toi, tu vas vendre juste avant que le prix se mette à monter dans leur sens, et ils vont te vendre. Ils vont te vendre, et toi, tu vas acheter juste avant que le prix baisse. Et donc, ils vont faire cette espèce de mascarade en boucle. Euh, et toi, en moyenne, tu vas perdre de l'argent, parce que tu seras la contrepartie systématique d'un trader qui gagne. Donc, l'adverse sélection, c'est le vrai boss final, le boss final.
Donc, la définition, c'est qu'on a des traders informés privilégiés. Ils frappent juste avant des mouvements permanents dans leur sens. Ils vont acheter votre ask, et donc vous, vous allez le vendre à 150,27, disons, et juste après, le prix va jump instantanément, ou en très peu de temps, en tout cas, à 150, euh, 40, et donc vous serez perdant. Et si le processus se répète un peu trop, et bien euh, votre PNL part en fumée.
Plus, et puis là, d'où est la course à la latence ? En fait, le but, c'est plus il y a d'adverse, plus la latence est importante, parce que plus il faut réagir vite, pour faire simple. Donc, là, c'est mettre toujours plus d'argent dans l'infrastructure pour réduire toujours plus la latence, toujours optimiser le code pour toujours réduire la latence, et essayer d'être le top, top de la latence par rapport à tous ces concurrents. C'est le but. La course à la latence pour les market makers vient principalement de l'adverse sélection.
La manière la plus simple, ça serait de se dire, bah, on va ajouter une prime à notre spread. Mais le problème, c'est que ça a des limites, parce qu'au bout d'un moment, bah, on peut pas ajouter une prime indéfiniment, sinon personne ne va vouloir nous exécuter, hein, on sera trop loin dans l'order book. Et la deuxième possibilité, bah, ça va être d'essayer d'être plus informé, et l'adverse va varier avec le temps. Donc, ça va essayer de filtrer avec déjà du signal directionnel court terme, et euh, d'essayer de filtrer ce "toxic flow" avec un spread variable, avec avec l'adverse sélection au cours du temps. Plus c'est plus c'est adverse, plus on écarte nos spreads. Moins c'est adverse, plus on réduit nos spreads. Bon, ça, c'est dans la pratique, hein, dans vous savez, voilà, c'est latence, mesure, mesure et filtrage du de la toxicité. Mais euh, le filtrage de la toxicité, on le verra dans les prochaines vidéos, peut aller très loin.
Donc, là, on va voir un modèle, un modèle académique, hein. Donc, ce n'est pas forcément ce qui est utilisé, mais ça permet de comprendre comment fonctionne un market maker. Le modèle de Cartea-Jamungal, c'est un modèle développé par des professeurs de l'université d'Oxford, et le modèle est tiré du livre "Algorithmic and High-Frequency Trading", qui est une référence dans le monde du trading de fréquence.
Donc, le prix ici, c'est un brownien sans tendance, hein, c'est une "random walk", mais la différence, c'est que quand il y a des traders pressés qui arrivent à l'achat ou à la vente, et bien le trader pressé va en moyenne faire sauter le prix d'un certain montant, et des fois faire sauter le prix à la baisse quand c'est une vente d'un certain montant, instantanément. Et ce saut-là, bah, c'est justement son information. Voilà, en moyenne, quand il y a un trader informé qui arrive, bam, il fait sauter le prix contre toi. Et on va avoir des cotes optimales. Le but, ça va être de trouver des des cotes optimales justement pour contrer cette adverse sélection, et aussi avoir un contrôle d'inventaire, un contrôle des stocks corrects.
On obtient un spread optimal qui est un sur un paramètre qu'on appelle Kappa, qui est la densité de l'ordre de du carnet d'ordres, plus un terme Epsilon, qui est justement ce qui représente le saut moyen du mid price, donc l'adverse sélection. Et en dernier, on a la pénalité d'inventaire ou skew d'inventaire. Et ça, ça nous donne le demi-spread. Vous additionnez Delta plus, Delta moins, vous le mettez autour du mid price, ça vous donne le spread. Un sur Kappa, ça serait le demi-spread optimal s'il n'y avait pas de contrainte d'inventaire et pas d'adverse sélection. Epsilon, c'est la prime d'adverse sélection. Et ensuite, à la fin, on a la pénalité d'inventaire. Et la pénalité d'inventaire dépend elle-même des paramètres Kappa, Epsilon, et de la fréquence d'arrivée des ordres marchés, et de l'inventaire lui-même, bien sûr.
Donc, dans la réalité, on fait comment ? On prend les flux d'ordres, on calibre le modèle Kappa, Epsilon, et Lambda. Donc, une fois qu'on a ces paramètres-là, on peut résoudre les équations aux dérivées partielles du modèle. Ça nous donnera les demi-spreads optimaux. Et en fonction de ces demi-spreads optimaux, ben, on va les placer. On va placer nos ordres ici, et suivre le mid price. Suivre le mid price en temps réel, et ajuster nos cotes en action, bah, des nouvelles mises à jour des paramètres et de notre inventaire.
Donc, voilà, là, c'est un modèle simplifié. Dans la réalité, c'est beaucoup plus complexe. Il y a plein, plein, plein de complexités qui s'ajoutent. Il y a plein de manières de filtrer l'adverse. C'est un monde, on ne peut pas résumer ça en 15 minutes, mais là, vous avez déjà les bases du market making.
Donc, là, vous pouvez dire, c'est super, ça a l'air génial pour gagner de l'argent. Citadel fait 7,5 milliards de dollars, mais c'est encore la même chose. C'est les les winners prennent tout, et les perdants donnent l'argent aux winners. Donc, on a juste les plus malins et les plus petits sur des marchés de niche qui vont gagner de l'argent, et euh, donc les plus forts, plus technologiques, Citadel, tout ça, sur les gros marchés, et les plus petits sur des petits marchés niches qui peuvent encore s'en sortir. Mais ensuite, tout le reste, c'est de la chair à canon.
Donc, Monsieur Michou, qui veut se lancer dans le market making. Bon, bah, ce n'est pas possible, parce que c'est extrêmement complexe. Rien que ce modèle-là, qui n'est pas du tout suffisant, euh, est extrêmement euh complexe à implémenter. Et une fois qu'on l'a implémenté, il faut encore build autour, optimiser, comprendre les tenants et les aboutissants de la micro, du flux d'ordre, et cetera. Donc, c'est de la latence, de l'hardware, enfin bref, c'est tout un monde. Euh, mais bon, c'est déjà plus intéressant de comprendre ça, de s'y intéresser, euh, et d'essayer de trouver un edge, peut-être directement ou indirectement grâce à ça, que euh, bah, de rêver de bullshit ésotérique. Je trace un carré violet sur un graphe. Là, le carré violet, en fait, bah, ça s'appelle un order block. Et l'order block, c'est là où il y a la liquidité des institutions. Je sais pas, je connais pas les théories, je m'en fous. C'est un carré violet sur un graphique Trading View qui représente une marche aléatoire, quasi-marche aléatoire. Passer 7 heures par jour, il y en a qui passent 7 heures par jour sur Trading View pour regarder des marches aléatoires et des cercles colorés.
Mais donc, du coup, ce qu'il faut quand même retenir, ce qui peut être intéressant, c'est un indicateur de survie pour savoir à quel point un marché est toxique pour un market maker. Bah, il y en a plein, comme je vous l'ai montré, le VPIN, et cetera. Mais si on prend le paramètre de densité d'order book et le paramètre de toxicité, on peut montrer que la densité fois la toxicité égale zone de danger. Je vous passe les détails, mais en gros, un sur Kappa égal le spread sans pénalité d'inventaire. Donc, Epsilon, qui est la prime, est beaucoup plus grande que le spread optimal sans pénalité d'inventaire et prime d'adverse. Bah, on sait qu'on se fera jamais exécuter, ou alors, si on se fait exécuter, c'est juste à cause du manque de latence, et donc, bah, c'est quand même de l'adverse. Donc, si Kappa x Epsilon est plus grand que 2, bah, là, c'est "Toxic Land". C'est, voilà, c'est si on est si on est vraiment, vraiment motivé, qu'on est meilleur. Ouais, peut-être. On va peut-être s'en sortir, mais sinon, c'est mort. Si on a un si on a un Kappa x Epsilon entre 1 et 2, c'est la maxi compétition. C'est un graphe. Donc, 90 % des MM vont être trop lents. Il faut des infrastructures, tout, mais ce n'est pas non plus le top toxicité, quoi. C'est ça peut aller plus loin la toxicité, mais on est déjà, c'est trop compétitif.
Et ensuite, on a les marchés euh quasi cool. C'est cool. C'est, mais c'est souvent, ça n'existe plus en fait. C'est ou alors, si ça existe, c'est temporaire, et c'est sur des mini niches, des toutes petites niches. Ça va être quand Kappa ou Epsilon va être typiquement à quasiment 0,2. Donc, on a que du "noise trader" et pas d'adverse par rapport à nos spreads. Et donc, bah, là, c'est, il y a, là, c'est parfait, c'est le monde parfait, c'est beaucoup plus facile de faire du market making et de gagner beaucoup d'argent.
Bon, mais c'est quoi le business model caché en fait du market making ? Comment ils font énormément d'argent sur le dos des retail ? Grâce au "payment for order flow", qui est le système de dark pool et de fragmentation du marché. C'est comme ça que le market making fonctionne. Donc, en plus de la basse latence et des modèles. Le "payment for order flow", c'est super marrant. C'est, on a des retails qui pensent qu'ils sont super malins et qui vont devenir riches, qui utilisent un broker zéro frais qui s'appelle Robin des Bois. Incroyable. Donc, il prend Robin des Bois comme s'il allait redistribuer l'argent des riches aux pauvres. Et on va voir qu'il fait son exact opposé. C'est super euh grotesque. C'est marrant.
Donc, la logique du market maker, on l'a vu. Plus le flow est aléatoire, plus il gagne de l'argent. Plus c'est un flow avec du random qui trade au pif, plus il va faire de la tune. Plus c'est un trader de fréquence super équipé, plus il va perdre de l'argent. Donc, du coup, le but, c'est de racheter à des brokers de retail, parce que on sait que Robin Hood, il y a que des retails peu équipés, peu doués cognitivement. Voilà, avec plein de biais cognitifs. C'est que de la chair à canon, c'est du bruit. Donc, le marketing du broker, ça va être un une un espace gamifié, marketer euh le trading bullshit, donc marketer l'analyse technique, marketer le euh trading euh technique macro, je sais pas quoi. Voilà, euh marketer ICT, comme ça, full noise trader, pas de gens techniques. Euh, ce qui fait que bah, le but, c'est d'en avoir le plus possible, et donc plus les mecs tradent aléatoirement, plus le market maker va gagner.
Citadel paye, paye les brokers pour recevoir directement en priorité, c'est ce flux d'ordre. Euh, voilà, c'est ce flux d'ordre euh qui va être souvent être euh au marché. Donc, taker, agressif, impatient. Bon, mais le problème, c'est que c'est super. On peut se dire, bah, il suffit de payer ce flow-là, et puis on le reçoit, et là, on a un flow parfait, plein de traders random, et qu'on peut market, et faire nos millions par jour. Mais ce n'est pas si simple, parce que ces brokers-là demandent des millions pour ce flow. Ce flow s'achète des millions. Et quand on connaît les pertes des traders sur Robin Hood et sur les brokers retail, qui est une boucherie monumentale pour la quasi-totalité des gens dessus, mais mais on ne les voit pas en fait, parce qu'ils ont honte de leur perte. Donc, du coup, bah, ils vont se soit s'auto-bullshiter, soit ne pas en parler. Donc, bah, ces gens-là, on ne les voit pas, mais c'est des pertes considérables, considérables chez les traders retail annuellement, qui souvent, bah, une partie de ces pertes revient dans les poches de Citadel et des autres market makers principaux.
Bon, ce n'est pas magique, il faut des millions d'euros, il faut des collocations minimum latence, un un smart order router propriétaire, des mécaniques de filtration du flux toxique, de rerouting des ordres sur les dark pools, et sur le marché élite en fonction de la toxicité, et cetera. Donc, c'est vraiment pas donné à tout le monde de faire c'est les systèmes les plus sophistiqués modernes de market making. Il n'y a plus juste un modèle mathématique, un algo, et euh, voilà. Là, c'est vraiment, on fera une vidéo en détail, mais c'est ultra complexe.
Bon, donc, en gros, il y a encore peut-être des rares, il y a quand même des rares opportunités sur des marchés plus noisy, plus au début en émergence, mais sur les marchés plus connus, les plus liquides, c'est mort. Mais pour la quasi-totalité des individus, se lancer dans le market making, ce n'est pas possible, même si c'est très, c'est possible de faire un business rentable autour. Par contre, le comprendre nous permet euh, ou en tout cas comprendre dans sa surface plutôt que de croire en des théories du complot, nous permet de mieux investir, de mieux trader, euh, de nous éduquer plutôt dans une démarche économique, quantitative, scientifique réelle, hein, plutôt que du bullshit qui nous amène juste à vider notre portefeuille sur un broker.
Bon, donc, voilà en gros l'idée de cette vidéo. J'espère que ça vous a apporté de la plus-value. J'espère que vous en savez maintenant un peu plus sur le market making. Si vous voulez en savoir plus, j'ai fait un dashboard où j'implémente un modèle de market making et je fais un backtest statistique de la stratégie avec un beau dashboard et cetera. Donc, tout est en description. Vous avez juste à aller sur mon site, euh, cliquer sur vous offre le notebook. Euh, le lien vous est envoyé par mail, vous cliquez sur le notebook. C'est un Google Colab, donc pas besoin d'installer quoi que ce soit. C'est sur, c'est sur un site internet. Donc, vous lancez les cellules du notebook, et vous avez normalement, sur tout documenté, le mini-cours sur le market making. Donc, là où je vais plus dans les détails pour ceux qui sont, tout en essayant de vulgariser un peu les mathématiques derrière. Vous pouvez du coup jouer un peu avec la simulation, changer les paramètres, et cetera, et changer les paramètres du modèle pour voir quand est-ce qu'on fait plus de profit, quand est-ce qu'on fait moins de profit, quand est-ce qu'on trade plus, quand est-ce que le modèle ne trouve plus de solution parce qu'on a mis n'importe quoi dans les paramètres. Enfin, bref, vous pouvez vous amuser avec. Donc, voilà, tout est dans la description si vous voulez aller voir. Je vais reprendre les vidéos, je pense, de manière beaucoup plus régulière dès maintenant. Donc, voilà, on se retrouve dans la prochaine vidéo. Salut !