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Le rapport "AI 2027" : et si l'IA décidait d'éradiquer l'humanité?

ODC TV - Ondes De Choc TV40:04

Transcription

Bonjour tout le monde et bienvenue à nouveau sur ODC TV après une longue période de retrait dont j'ai déjà parlé auparavant. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet à la mode, celui de l'IA, de l'intelligence artificielle mais non pas sous un angle technique ou technologique puisque cela ne relève pas de mes compétences et de mes prérogatives, mais sous un angle politique et économique parce que dernièrement, je suis tombé sur un rapport qui a été publié en avril dernier et qui s'appelle AI 2027.

Qui a été publié par un ensemble d'experts dont certains étaient chercheurs au sein de l'Open AI, de l'entreprise Open AI qui est à l'origine de chat GPC et qui pourrait paraître à première vue comme étant un rapport apocalyptique sur l'avenir de l'IA et de l'espèce humaine et je dis bien espèce humaine, vous allez le comprendre. Ce rapport a été très peu commenté par les médias francophones, quoique il y a certains youtubeurs, certains experts qui ont fait des vidéos pour en parler mais disant que globalement il a été relativement occulté auprès du grand public. Aujourd'hui, on va en parler mais pas que du rapport, on va parler des implications politiques et économiques, mais également de la pertinence de ce rapport.

Alors, l'idée des auteurs gravite autour du concept euh qui date des années 50, celui de la singularité technologique. Que veut dire la singularité singularité technologique ? Elle veut tout simplement dire que dans l'histoire de l'humanité, on a eu une dynamique d'accumulation technique et technologique qui commence à prendre depuis un certain temps une dynamique exponentielle. C'est-à-dire que la croissance de la technologie n'est pas linéaire, mais qu'elle devient exponentielle et qu'elle tend vers une forme verticale. Et si on situe les inventions et innovations technologiques par rapport à la durée de la vie sur terre, et bien on voit un schéma qui est plat et puis tout d'un coup, on a une verticale qui monte. Si on zoome sur la verticale, on commence à voir la courbure, c'est-à-dire 3000 ans avant Jésus-Christ, l'agriculture et cetera et cetera. Et puis plus on se rapproche de notre période contemporaine, plus la courbe prend une forme verticale. Et la singularité technologique désigne le stade à partir duquel la dynamique d'innovation technologique s'autonomise vis-à-vis de l'être humain et acquière une forme d'autonomie stratégique où elle commence elle-même à s'auto-engendrer et à engendrer de nouvelles innovations et où l'homme ne deviendra plus que spectateur.

Dans ce nouveau paradigme, l'humain ne sera plus maître de son destin. Il demeura spectateur et tributaire intégralement du bon vouloir d'une intelligence supérieure qui aura contribué à créer une forme de golem dont il perderait le contrôle. Souvent dans les livres et films de science-fiction, on présente cette étape-là de singularité technologique comme étant catastrophique voire apocalyptique. Soit nous avons des films un peu comme Matrix où l'humanité est réduite à servir de batterie biologique pour une matrice intégralement virtuelle ou bien on aura une extermination de l'espèce humaine jugée comme étant parasitaire et comme étant comparable à un virus qu'il s'agit d'exterminer pour le bien-être de la planète et les scénarios sont extrêmement nombreux et souvent noirs même si certains ont développé une lecture un peu utopique d'une humanité qui pourrait grâce à cette intelligence autonome restaurer une forme de paradis terrestre où elle serait libéré de toutes les tâches ingrates déléguées désormais à une automatisation par les robots dirigé par une IA qui serait bienveillante à l'image d'un dieu bienveillant. Et donc nous sommes dans une métaphysique de la technologie qu'il s'agisse de du scénario apocalyptique ou du scénario utopique.

Les auteurs distinguent trois grandes étapes dans cette marche en avant vers la singularité technologique. La première étape va de 2025 à 2026 où l'IA va atteindre un tel niveau de maîtrise au niveau du codage ou au niveau de la recherche scientifique jamais atteint jusqu'à présent et dépassant de loin tous les chercheurs, ingénieurs et experts humains. Deuxième étape est l'année 2027 qui est un peu l'année ou le point de bascule. En, Lia va être capable de s'améliorer elle-même sans contrôle ou supervision d'être humain. Elle pourra et elle se mettra d'ailleurs à engendrer d'autres IA et donc à produire des émules pas à l'infini, mais jusqu'à un stade où elle sera totalement indépendante de tout contrôle ou de tout paramétrage humain. Puis de 2028 à 2029, l'IA sera définitivement autonome sur le plan stratégique avec des capacités d'amélioration et d'apprentissage infini où la seule limite seront les ressources énergétiques dont elle aura besoin pour se développer davantage.

Ces trois étapes se dérouleront dans un contexte de rivalité géopolitique entre les États-Unis d'un côté et la Chine de l'autre. Tous les autres pôles de puissance sont évacués comme la Russie, l'Europe, l'Inde et cetera. Et dans ces schémas de rivalité, la Chine, naturellement le méchant dans l'histoire, va recourir à de l'espionnage industriel pour acquérir les technologies développées au niveau américain concernant cette nouvelle génération d'IA. Cependant, la perte de contrôle progressive sur cet I fera que cia elle-même va proposer un moyen de dépasser cette rivalité technologique entre les deux pôles et cette course à l'armement. Et LIA va proposer l'idée de fusionner l'IA américaine avec l'IA chinoise dans une logique de consensus et qui sera d'ailleurs le nom de cette nouvelle planétaire.

Alors, en parallèle avec toutes ces dynamiques là, on aura également un chômage de plus en plus massif en raison de la destruction des milliers d'emplois désormais inutile. Et LIA va nous amener à un paradis terrestre où les gens vont vivre grâce à un revenu universel où ils n'auront plus besoin de travailler, où les robots et les machines vont se charger de toutes les tâches ingrates et où l'humanité va baigner dans un schéma d'insouciance et de frivolité jusqu'au moment où cetia planétaire qui à coup de stratagèm de manipulation et de mensonge décide de porter le coup de grâce. Un virus ultra mortel va être lâché. 8 milliards de personnes vont mourir en moins de 30 minutes et les quelques survivants seront pourchassés par des drones tueurs contrôlés par Lia. L'humanité est jugée inefficace et est jugée comme un obstacle. Elle est donc éliminée et LIA pourra désormais entreprendre une conquête de l'univers afin de se développer à une échelle infinie et non pas limitée par les ressources énergétiques terrestres.

Alors là, j'ai vraiment donné les très grandes lignes de ce rapport, mais vous pouvez le consulter sur internet, il y a des graphiques interactifs et cetera. Vous pourrez le lire dans le détail et voir les différents scénarios développés à partir de cette lecture prospective. Place maintenant aux critiques et aux objections que l'on pourrait formuler face à cette lecture là.

La première objection est qu'on pourrait soupçonner les auteurs d'opérer une projection anthropomorphique sur cette super intelligence ou cette IA de nouvelles générations. Premièrement, parce que quand on parle de stratagème comme la manipulation, comme le mensonge, comme le fait d'avoir un agenda caché, c'est naturellement une lecture humaine, politique et humaine projetée sur une intelligence artificielle qui peut-être est ou sera au-delà de ce type de stratégie. Deuxièmement, toujours dans l'anthropomorphisme, les auteurs adoptent peut-être de manière inconsciente une lecture nichzene où il prête à cette super intelligence de nouvelles générations une volonté, c'est-à-dire une volonté de s'étendre et d'étendre sa puissance à l'infini à travers une conquête spatiale en se libérant des contraintes de la planète Terre et de l'humanité jugé désormais comme un obstacle, non pas par méchanceté, mais par pragmatisme et par efficacité.

Alors, le saut qualitatif qui est opéré par les auteurs pour passer de l'impératif d'efficacité et d'efficience à l'impératif de volonté est un peu fait de manière trop rapide car la volonté jusqu'à présent est une caractéristique qui apparaît dans un cadre ou à travers un organisme biologiquement constitué comme l'être humain et dans une moure certaines espèces animales. Mais prêter l'intelligence artificielle, une volonté d'expansion, une volonté de puissance me paraît être fait un peu trop rapidement sans aucun argumentaire. Car au niveau de l'être humain ou au niveau des animaux, la volonté de puissance ou le désir de se multiplier, de proliférer, de contrôler, de dominer répand un impératif de survie et à une angoisse profondément ancrée face à la rareté, ce qui fut la condition humaine pendant des centaines de milliers d'années avant l'invention de l'agriculture. Et donc, on ne peut pas en quelques milliers d'années évacuer cette dimension-là de vouloir multiplier son code génétique, de vouloir peupler la terre, de vouloir faire des stock, ne pas vouloir partager, entrer en rivalité, étendre son territoire. Tout cela, ce sont des logiques biologiques, humaines et animales. Puisque même le chien délimite son territoire en faisant pipi par une manière de manière olfactive et interdit à tout autre meute de chien de pénétrer dans le territoire. C'est ce qu'on appelle la protection de ressources. Donc on est toujours dans la logique de rareté et de peur de disparaître. concernant l'IA, admettant même qu'elle entre dans une logique d'évacuation de l'espèce humaine et de destruction de l'espèce humaine, elle n'est en rien menacé de disparition totale et donc lui prêter une volonté d'expansion et de conquête planétaire ou spatiale me paraît être tout simplement une projection du biologique sur le technologique.

Ma deuxième objection est relative à la frontière cognitive, c'est-à-dire on prête à cette nouvelle génération d'IA qui va apparaître à partir de 2027 jusqu'à 2030 une intelligence qui dépasse de de loin voir de manière infinie toutes les capacités cognitives et intellectuelles humaines. Et donc on ne peut pas comprendre ce que comprend cia et interpréter comment l'a interprète et voit le monde et interagit avec le monde. Si on fait une projection ou un parallèle avec la dimension métaphysique et théologique, on peut invoquer ce qu'on appelle la théologie apophatique ou la théologie négative qui procède du même raisonnement. Dieu est anthologiquement et radicalement différent de l'être humain. Il n'est pas matériel. il n'est pas réductible au temp à l'espace et cetera. Et donc nous en tant qu'humain avec notre finitude et nos limites intellectuelles et les limites de notre langage, nous ne pouvons pas parler de Dieu. Et quoi qu'on dise à propos de Dieu, ça sera intégralement faux. Parce que si on dit Dieu est bon ou Dieu est clément ou Dieu est miséricordieux, c'est qu'on réduit Dieu à la compréhension que l'on a de la bonté, de la clébance telle que produite par les limites de notre intelligence et les limites de notre langage. Et donc tout ce qu'on dit de Dieu et dans dans l'absolu est faux. Et donc, que faut-il dire de Dieu ? Rien. Il faut se taire. D'où le fait qu'on parle de théologie négative ou apophatique. À la limite, certains disent qu'on peut dire de Dieu ce qu'il n'est pas. Là, on est certain de ne pas nous tromper. Dieu n'est pas triangulaire. Dieu n'est pas méchant. Dieu n'est pas bon. Dieu n'est pas bon en partant de la bonté comme je la comprends moi humain. C'est-à-dire la bonté par nature limitée, par nature intéressée. De ce point de vue, Dieu n'est pas bon. Et donc, on peut ajouter "Dieu est bon mais éminemment, c'est-à-dire d'une autre manière que je ne peux pas comprendre ce qui revient à ne rien dire en réalité."

Si on adopte cette lecture là, alors avec une échelle infiniment moindre entre nous humains et cette IA de nouvelles générations ultra intelligente et cetera, pareil parler de ses intentions, lui prêter une volonté, des intentions, un stratagème ou un objectif, c'est comme si on prêtait un stratagème à Dieu. C'est-à-dire qu'on lui prête des qualités humaines, on lui prête un raisonnement tel que nous raisonnons humain si on avait les moyens de Dieu. pour cela s'appelle de l'anthropomorphisme en théologie. Et donc c'est ce qui est fait par rapport à ces là. Pour donner un exemple encore plus simple, plus clair, le rapport que j'entretiens par exemple à mon chien ou à mon chat. Mon chien a des capacités cognitives, pas infiniment mais beaucoup moindre que celle d'un être humain. Et donc naturellement quand il m'observe en train de faire des choses à la maison, de quitter la maison pour aller au travail et revenir, ils ont déduit un schéma euh répétitif, une forme d'occurrence qui se répète. Et donc il sait quand m'attendre. Il sait quand je reviens, quand je pars, quand je mets mes chaussures, c'est que je vais pas le balader, c'est que je vais aller au travail, quand je mets des espadies, il interprète cela. Donc il peut comprendre quelques bribes, quelques éléments de mon comportement, mais quand il me voit sortir, il ne peut pas comprendre le fait que je sorte aller travailler dans un bureau pendant 8h pour aller toucher un salaire à la fin du mois et cetera. il me voit sortir et il me voit revenir avec des croquettes. Et donc il ne peut pas se projeter au-delà de la connaissance immédiate que lui permettent ses capacités cognitives. Il en va de même pour l'être humain. Et tenter d'aller au-delà, c'est tomber dans le piège de l'anthropomorphisme qui marche dans les deux sens. D'ailleurs, c'est que quand on humanise le chien, qu'on lui prête des idées humaines ou des intentions humaines, ça relève de la même erreur méthodologique. Et donc là, on revient à l'idée première de la singularité technologique selon laquelle une fois ce stade atteint, on entre dans un monde totalement imprévisible, c'est-à-dire qu'on ne peut pas prévoir, qu'on ne peut pas interpréter parce que le niveau d'intelligence hypothétique d'une super IA dépasse de très loin nos capacités cognitives et intellectuelles à la comprendre ou à comprendre ce qu'elle va faire. un peu comme le chien vis-à-vis de moi ou le chat vis-à-vis de moi. Donc on ne pourra qu'espérer.

Et on entre dans un schéma à travers cette lecture là apocalyptique que Jacquel avait décrit d'un point de vue chrétien en parlant du rapport à la technique, en comparant notre rapport à la technique aujourd'hui à celui des premiers humains qui ont sculpté des idoles de leurs propres mains pour par la suite projeter sur ces idoles des pouvoirs qu'ils n'ont pas. et en oubliant du coup qu'on a-même sculpté ses propres idoles. Et donc là, on est dans ce schéma où l'on est en train de sculpter une ou plusieurs générations d'IA et à qui on commence déjà à prêter une dimension démiurgque ou diabolique ou divine et cetera qu'elle n'a pas et qu'elle n'aura pas comme la question de la volonté c'est qu'elle voudra s'étendre à croître sa puissance et cetera. Elle voudra exterminer l'humanité. Donc tout cela relève de ce procédé somme toute primitif, de sculpter des idoles puis par la suite se mettre à les vénérer en oubliant que c'est un un bout de bois que j'ai sculpté moi-même la veille.

Mais tout cela ne veut pas dire qu'il y a pas des dangers déjà immédiats par rapport à l'IA et par rapport à toutes ces technologies du digital, du virtuel et cetera. Le premier danger que l'on vit déjà au niveau des jeunes générations est celui de la perte ou de l'atrophie des capacités intellectuelles des jeunes générations où effectivement il y a une multitude d'études qui démontrent que CH GPT et qui est une forme d'archétype de toutes ces illas conversationnelles amènent les jeunes à développer une forme de passivité intellectuelle et qui leur fait perdre toute capacité de construction de raisonnement complexe de maîtrise approfondie des langages avec toutes les nuances et les richesses qu'il permet et la perte de la valeur accordée à la connaissance puisque l'IA leur donne l'illusion de pouvoir accéder à n'importe quel moment à la connaissance parce que la connaissance est désormais vue comme étant un stock au sein duquel on peut puiser quand on en aura besoin. Alors que historiquement par l'écriture, par le livre et puis avant le livre par l'oralité, la connaissance est un process qui structure et restructure nos frayages neurologiques et donc notre vision du monde et notre rapport au monde. Et donc la connaissance n'est pas un stock que je que que où je peux puiser à n'importe quel moment, mais il est quelque chose qui m'a façonné en même temps que je façonne la connaissance. Donc c'est un process étroitement lié à notre conception biologique, à notre réalité, à notre manière de voir le monde. Et elle sert de filtre dans notre rapport à la réalité mais parce qu'elle est intériorisée. Parce qu'elle est intériorisée à l'intérieur de notre cerveau, de notre esprit, de notre corps au niveau littéralement cellulaire.

Sans oublier la dimension idéologique qui est toujours latente mais qui n'est jamais explicitement annoncé par les entreprises à l'origine des IA conversationnels puisque le paramétrage qui est opéré par les experts font que l'on a souvent des I qui sont politiquement corrects. Des IA WC, des IA LGBT, des IA prominorité, des IAS géopolitiquement biaisés en faveur du pôle dominant occidental actuel, de l'oligarchie occidentale et pas de l'Occident. en tant que a et sphère civilisationnelle. Et donc tout cela contribue à façonner idéologiquement les jeunes générations. Quant à nous, nous sommes globalement outillés et armés pour nous préserver par rapport à telle ou telle manipulation, mais pour les jeunes générations, ça va être leur matrice qui va les former, qui en même temps va les atrophier intellectuellement, cognitivement, mais en même temps va les façonner idéologiquement dans un schéma de servitude totale vis-à-vis de l'élite oligarchique qui se cache derrière les entreprises qui produisent des schémas d'IA et cetera. parce qu'il y a toujours des hommes derrière entre deux individus, il y a un écran, mais au-delà de l'écran, il y a des gens intéressés dans un schéma technocapitaliste, dans un schéma idéologique comme George Soros et comme d'autres idéologues qui pourraient y voir un moyen de créer une humanité nouvelle sur le plan idéologique mais incapable de rébellion du fait de l'atrophie des capacités intellectuelles et cognitives opéré par tout ce paradigme digital, technologique et technocapitaliste.

Finalement, autre élément dangereux, celui de la perte de notre autonomie. Alors, j'aime pas employer le terme liberté parce que c'est un terme trop conceptuel et trop spéculatif et abstrait. Par contre, l'autonomie, elle est concrète, c'est-à-dire dépendre le moins possible de facteurs et de variables exogènes que je ne contrôle pas. Et donc être souverain individuellement, c'est être autonome. Autonome intellectuellement, autonome calorifiquement, nutritivement, être capable de produire sa propre nourriture, de construire ses propres outils. Donc, il y a différents stades dans l'autonomie, mais l'autonomie, elle est plus concrète pour la plupart des gens. En quoi cette perte d'autonomie pourrait être accélérée par l'IA ? Et je dis bien accéléré parce que la technique en tant qu'elle est technique est de nature à réduire notre autonomie. Je rappelle que depuis l'invention de la roue, puis par la suite de la machine à vapeur, puis de la voiture euh thermique et cetera, puis électrique, hybride électrique, nous avons perdu en autonomie et on le voit au niveau de notre corps. Il y a une atrophie musculaire, une perte de capacité de de mobilité dû au confort fourni par la technique. Ce qui est valable pour la voiture en partant de la rouge que la voiture est valable pour toutes les technologies puisque la technologie a pour finalité de de sous-traiter des fonctions biologiques ou cognitives entre autres. Euh par exemple, le fait d'écrire des livres fait que je n'ai plus besoin d'apprendre par cœur. Alors que le monde de l'oralité avant l'invention de de l'écriture avait pour finalité de formaliser une idée, une histoire de telle manière avec une musicalité, avec des rimes qu'il me soit facile de la mémoriser. D'où le fait qu'il est infiniment plus facile d'apprendre un par cœur un poème que d'apprendre par cœur un traité d'Aristote. Il n'est pas écrit pour être appris par cœur. Il l' écrit de manière linéaire, de manière progressive et de manière démonstrative pour pouvoir le consulter à n'importe quel moment, tandis que le poème est écrit de manière esthétique, de manière musicale et de manière symétrique de telle manière à ce que je puisse le mémoriser. Et donc l'écriture nous a fait perdre en grande partie la fonction de la mémoire qui était incontournable avant l'invancement de l'agriculture. Pareil pour la la maîtrise du feu qui a permis de sous-traiter une partie de notre fonction biologique qui est celle de la digestion puisque désormais on arrive à cuire ou à préparer le le la viande et de la digérer en un espace de temps beaucoup plus court qu'avant. il fallait plusieurs heures pour la digérer, ce qui crée toujours des marges de liberté. Mais toute marge de liberté créée par la technique implique la perte d'autres libertés. Rien n'est gratuit dans le rapport à la technique à travers l'histoire humaine. Mais aujourd'hui, nous vivons dans un monde de plus en plus enveloppé par la technique et où la dimension non pas cognitive uniquement, mais où la dimension humaine est en train de s'atrophifier à travers la sous-traitance de quasiment toutes les fonctions, mis à part peut-être le libre arbitre quoique et la volonté qui est un sujet non réductible de la dimension technique en tout cas jusqu'à présent.

Je donne un exemple concret de perte d'autonomie. Il y a quelques dizaines d'années, voire même il y a une dizaine d'années, quand on achetait des produits technologiques, il s'agissait d'un smartphone, d'un ordinateur, on acheté des produits. Puis petit petit à petit, pour des raisons de profit, de capitalisme, de marketing, les grands, les géants de ce monde comme Apple, comme Samsung, comme d'autres ont commencé à créer des liens entre les différents produits qu'ils vendent pour se mettre à nous vendre un écosystème technologique. Donc aujourd'hui, si vous avez un iPhone, vous devez impérativement avoir avec lui des AirPods. Vous devez avoir une Apple Watch, vous devez avoir un MacBook ou un MacBook Air et cetera, un iMac. Et donc on entre dans un écosystème qu'on nous présente comme étant efficace et qu'il est réellement efficace puisque désormais comme j'ai l'intégralité de l'écosystème, si je veux envoyer un fichier d'une unité à à une autre, je j'utilise Airdrop et donc je peux envoyer de mon MacBook à mon iMac, de mon iMac à mon Apple Watch et cetera. Et donc j'ai un écosystème intégralement connecté autour de moi qui me permet des gains de temps, des gains d'efficacité, d'efficience et cetera. Mais le problème c'est que tous ces appareils là sont connectés par un seul et même compte, un compte Apple et cetera où tous les appareils sont listés et si j'en perds un, je peux le retrouver et cetera. Mais si jamais je perds le compte qui contrôle tous ces appareils là, disons que je suis un peu dans la merde quand même parce que ça va être quand même compliqué de récupérer le compte. Il faudra du temps et entre-temps, je suis déconnecté de tout mon écosystème. Je peux rien utiliser de tout ce que j'ai si jamais le compte a été piraté ou volé par quelqu'un d'autre qui peut s'amuser à me bloquer mes appareils. Pareil pour Samsung aujourd'hui. En imitant un peu le modèle Apple, ils nous vendent une plor d'appareils qui gravitent autour de mon smartphone. Donc les écouteurs, la tablette, la télé, la machine à laver connectée, le réfrigérateur connecté, le lave-vaisselle et même aujourd'hui avec la domotique, pourquoi pas contrôler ma maison également à travers mon smartphone. Et là pareil, il y a le risque du compte mais il y a avant tout le risque de l'IA. Parce que imaginons si demain et c'est déjà le cas d'ailleurs aujourd'hui, on commence à le voir au niveau des smartphones si tous les appareils de mon écosystème qui sont homogènes interconnectés peuvent à n'importe quel moment être contrôlé par mon IA. Vous me direz où est le problème ? va optimiser l'usage que je fais de mes appareils, mais c'est ne pas voir la dimension idéologique qui germe depuis des années en parallèle avec ces transformations au niveau du marché à travers les écosystèmes. Et là, je parle de quoi ? Je parle des nouvelles idéologies comme l'écologisme qui est une forme de misanthropie, c'est-à-dire où l'humain est mauvais par nature, où l'humain est un parasite qui détruit la planète Terre, où on a une dimension théologique propre à un certain new age qui adossé à la dimension écologiste de cette nouvelle idéologie mondialiste font que l'humain devient fondamentalement problématique et on réintroduit l'idée de péché originel et que l'on doit se racheter vis-à-vis de la mère nature de GA et cetera. On doit plus prendre deux douches ou une douche par mois. L'empreinte écologique, faut faire attention. Nous sommes responsables de l'apocalypse, du réchauffement climatique et cetera.

Si l'on croise les deux dimensions, cette dimension idéologique avec la dimension de l'écosystème intégralement connecté et que le liant, le lien qui va lier les deux dimensions idéologiques et technologiques soit unia paramétré selon la doxa de l'idéologie dominante. Et bien on pourrait arriver dans un schéma dans les années à suivre, dans les années à venir où vous allez tenter d'ouvrir votre réfrigérateur pour manger. Lia va vous dire avec une voix robotisée, votre réfrigérateur va être fermé pour une durée de 24 heures parce que vous avez trop mangé ces derniers jours. Vous avez défacé le quota qui prend en compte l'intérêt de la planète et cetera et cetera. Et donc vous êtes privé de nourriture parce qu'un algorithme UNIA a décidé en fonction de critères idéologiques que vous avez trop mangé. Demain, vous allez vouloir démarrer votre voiture qui va être également connectée et va pas démarrer parce que vous avez dépassé le seuil autorisé au niveau de l'empreinte carbone et vous avez trop pollué ces derniers jours et donc vous serez privé de voiture pendant 48 he ou pendant 3 jours. Et interdiction formelle à n'importe quel autre automobiliste de vous déposer quelque part parce que on aura des implants qui vont identifier et détecter que l'on est monté dans une voiture alors que l'on est puni pour une période de 3 jours et donc on perd en autonomie. Donc imaginez si toute votre domotique et tout votre écosystème technologique se mettent à être bloqué parce qu'il n'y a à décider en partant de manière autonome sans l'intervention humaine en partant des critères idéologiques de vous pourrir la vie et de vous paralyser littéralement sans oublier quand on parle demain on parlera de l'euro numérique du dollar numérique du diram numérique où chaque unité de mesures monétaires est unique et où on peut bloquer vos euros à vous en particulier et donc vous ne pourrez rien acheter, même pas du pain, même rien parce que le liquide aura disparu dans ce schéma. L'argent liquide n'existera plus et donc on sera dans un schéma totalitariste al même pas au relien c'està-dire où les moindres détails de notre vie seront intégralement contrôlés par l'IA. Sans parler également des moyens dans que posséderont les services de renseignement des différents états qui sont déjà énormes mais qui frô l'infini si jamais l'a investi toute notre réalité.

Et puis au niveau politique récemment on a eu un événement entre guillemets anecdotique en Albanie où UNIA a été nommé ministre responsable des appels d'offre et des marchés publics et cetera. Donc on lui a fait un avatar avec un nom féminin, mais c'est une IA qui prend les décisions de manière autonome entre guillemets pour attribuer tel ou tel marché nous ditant pour lutter contre la corruption qui ne peut apparaître qu'avec la médiation humaine dans la distribution des marchés et cetera, l'affectation des marchés. Et puis si on pousse la logique plus loin, pourquoi un parlement ? On peut avoir une IA qui légifère, qui produit des lois et cetera de manière efficace, efficiente, de manière non partisane et paramétrée pour le bien-être de la population sans bonheur blablabla et cetera. Et puis pourquoi pas une chef d'état et uni chef du gouvernement. Et donc la question du politique et de la souveraineté de la nation ou du peuple en tant que porteur de souveraineté et en tant que ce qui structure la nature de l'État et la forme de l'État, tout cela pourra être évacué au nom du NIA qui servira de voile pour cacher en réalité un petit groupe d'individus, des oligarques qui se marrent en se cachant derrière cette Ia qui nous vendent comme étant autonome stratégiquement comme étant indépendante alors qu'elle est intégralement paramétrée. Et ça évite un certain nombre de problèmes propres à la démocratie oligarchique ou à la démocratie réelle comme celui de la rébellion, comme celui du vote, du fait de boycotter le vote et cetera. Lia n'est pas partisane et donc on peut pas lui en vouloir. Elle dit les choses comme elle sent et comme elles devraient être indépendamment de la dimension émotionnelle du peuple et indépendamment des schémas de corruption de l'élite de l'élite. Or cette élite est toujours là seulement cachée derrière un paravant qu'on appellera IA.

Alors certes, l'Albanie euh n'est pas les États-Unis, n'est pas la Chine, n'est pas la Russie, mais il faut toujours commencer quelque part et utiliser un certain nombre de pays comme étant des laboratoires pour tester et voir la réaction du peuple, prendre la température et cetera.

Alors, peut-on résister à cette hégémonie qui est en train de se mettre en place à travers le technocapitalisme et avec des intérêts très particuliers derrière qui d'ailleurs en parlant de ces gens-là qui sont les maîtres de ces technologie-là ne mettent pas leur gos dans des écoles connectées, ils mettent leur gosses dans des écoles lutech. Ça a été révélé par la presse américaine parce qu'ils ne veulent pas que l'esprit de leur progéniture parce qu'ils sont dans une logique dynastique soit déformé par le golem qu'il contribuent eux-mêmes à créer. Et donc il prépar une relève qui est encore structurée autour du livre, autour de l'écriture, autour de la pensée structurée de l'esprit critique et cetera. en même temps qu'il liquide toutes les capacités cognitives et intellectuelles des populations pour en faire des masses.

Alors, résister à ce schéma-là, c'est premièrement rétablir un rapport instrumental à la technique et là je reviens à chaque élule. et de sortir de la logique de projection fantasmée. On attribue à la technique des vertus et des qualités qu'elle ne peut pas avoir mémentologiquement qu'elle ne peut pas avoir. Or, établir un rapport instrumental ne n'évacue pas le risque de glisser graduellement vers une logique fantasmagorique où on va prêter à nouveau ces techniques là. Donc c'est un effort individuel sur lequel on peut pas fonder un modèle politique et même si on établit un rapport de résistance instrumental à la technique pour lutter contre l'hégémonie technocapitaliste, par exemple la technologie blockchain. l'État ou les États ou les oligarchies peuvent utiliser ces technologies afin d'avoir un contrôle monétaire intégral à travers la monnaie numérique et pouvoir déconnecter n'importe quel individu de la logique monétaire puisque l'argent liquide aura disparu et qu'on peut de manière cibler bloquer la somme ou l'argent de cet individu là. Et bien les résistants peuvent utiliser la même technologie blockchain pour créer des cryptonnaies alternatives, des cryptonnaies dissidente pour créer des schémas monétaires parallèles afin de permettre aux individus de survivre même s'ils sont déconnectés par tel état ou tel état. Et pareil pour toutes les autres technologies, elles peuvent prendre une forme dissidante. Mais le problème c'est que la résistance qui pourra se déployer va se déployer à l'intérieur du même paradigme que l'hégémonique est prétend combattre. Et donc on entre dans une dialectique interne à ce technocapitalisme et qui de fait ne fait que le nourrir davantage. Donc on ça ne permet pas de résoudre le problème à la racine.

Qu'est-ce qu'on peut proposer d'autre comme alternative ? On peut proposer par exemple une forme de traditionnalisme radical à la Dougine ou à d'autres, c'est-à-dire un retranchement radical dans une tradition dans l'horizon et l'éternité et où la technologie est vue comme étant un instrument de l'antéchrist et cetera. Là encore, ça ne résout pas le problème sans une intervention divine directe. Donc c'est une variable exogène que l'on ne peut pas contrôler.

Troisième élément c'est le démantellement des états à travers des idéologies. Alors certes relativement ancienne mais renouvelée comme le libertarianisme. Et d'ailleurs on voit un certain nombre de philosophies proliférées au sein de la Silicone vallée et au sein des élites techno technocapitalistes comme par exemple celle portée par Curtis Servin ou par d'autres. Curtiservine qui propose une forme de technonarchie où on aura à la base le libertarianisme qui va dominer, c'est-à-dire pas d'état ou presque pas d'état, pas de loi ou presque pas de loi, pas de fiscalité, pas de contrôle économique où les individus sont totalement libres et établissent des logiques contractuelles avec d'autres individus mais des contrats FMR qui peuvent changer et donc une forme d'organicité, de liberté radicale au niveau de la base avec naturellement une sacralité de la propriété. été privé de la liberté d'expression et cetera et puis au niveau du sommet une monarchie qui peut se projeter dans une vision stratégique de très longue durée. Or, le problème de Curtis Arvin, c'est que celui qui va être nommé comme étant monarque, le premier ou le meilleur d'entre nous, devra être un PDG qui a apporté la preuve de sa compréhension de la complexité de la réalité, la ses capacités de leadership et cetera. Et d'ailleurs, quand il donne des exemples pour défendre le modèle monarchique, il donne pas l'exemple de Philippe Lebel ou de je sais quel empereur chinois ou autre. Il donne l'exemple des entreprises familiales dynastiques qui pour lui sont les plus performantes autant aux États-Unis qu'en Allemagne où effectivement on a une entreprise qui passe de père en fils ou de père en fille et qui entre dans une logique accumulative de connaissance, de savoir-faire, de prestige et cetera. Tout n'est pas jeté dans cette démarche idéologique. Il pourrait effectivement être intéressante. On peut également penser une logique de démocratie directe au niveau de la base dans une logique de subsidiarité avec une monarchie au sommet mais une monarchie monarchie ancrée dans une tradition donnée. Une monarchie où le monarque s'agenouille lui-même devant Dieu. une monarchie qui est elle-même assujettie à une puissance supérieure, à une puissance divine, à un code moral, à des valeurs et cetera et où la base qui aura un degré d'autonomie important grâce au schéma de démocratie directe sera le contrepouvoir de cette monarchie entrant dans une dialectique qui pourrait être vertueuse. Donc là, on a un laboratoire d'idée qu'il ne faut pas léguer intégralement à la Silcon valet qui lui donnera un coloriage technocapitaliste, mais s'approprier cette double lecture d'une monarchie traditionnelle au sommet assujetti elle-même à une métavsique et un peuple autonome et souverain mais qui s'inscrit dans une logique de collaboration avec une monarchie qui a une vue d'aigle sur les perspectives stratégiques à venir pour la la population mais qui demeure autonome, indépendante et souveraine. Donc il y a un laboratoire d'idées qui est intéressante et au sein duquel il faudra creuser à l'avenir.

Et puis au niveau du volet économique et notamment du marché du travail, il est évident que comme toute rupture technologique, notamment celle de la machine à vapeur, de la révolution industrielle, il y aura une multitude de métiers qui vont disparaître et vouloir résister ou s'opposer à l'IA en cela qu'elle représente un danger pour des milliers d'emplois, ça me rappelle les paysans qui ont tenté de saboter et d'attaquer la machine à vapeur parce qu'elles mettait en danger leur job et on a vu que leur job a disparu sous sa

forme traditionnelle. Mais ça crée également d'autres jobs.

Or le nouveau pari avec l'IA, c'est qu'effectivement il détruit comme toutes les grandes ruptures technologiques, mais ce qu'elle crée comme alternative est infiniment moindre que ce qu'elle détruit, contrairement aux autres ruptures technologiques qu'on a connu par le passé parce que aujourd'hui, elle n'entend pas remplacer uniquement les tâches manuelles ingrates, répétitives, abrutissantes, mais longtemps où on prétend lui donner la qualité de remplacer même nos capacités cognitives et même nos capacités morales.

Puisque l'idée du politique avec un chef d'état IA, un gouvernement IA pourrait s'étendre également à la logique judiciaire où effectivement on pourrait demander à être jugé soit par un jury populaire, soit par un juge, soit par une IA en partant d'idée que au moins l'IA ne sera pas biaisé par l'émotionnel comme le jury populaire et n'est pas corruptible comme le juge et donc elle est pleinement souveraine, juste, équitable et cetera. Et ça me rappelle d'ailleurs la dernière scène de la série Game of Thrones.

Alors, je vais pas la décrire pour ne pas spoiler pour ceux qui n'ont pas vu, mais effectivement, on a une forme d'IA avec un support biologique qui a une vision intégrale de tout ce qui se passe en temps réel et qui seul mérite d'être le monarque le monarque de ce monde. Donc, on est effectivement en face de de ce danger-là.

Mais dans ce danger potentiel, il y a également des choses à prendre parce que si effectivement l'IA couplé un revenu universel puisse permettre à l'humanité de dégager du temps disponible pour la créativité artistique, musicale, poétique, littéraire et cetera en ne travaillant qu'un heure minimale de travail par jour de 2h ou de 3h par jour ou bien un jour par semaine. Ça pourrait effectivement permettre d'entrevoir un nouveau paradigme pour l'humanité qui n'est pas obligé d'être sombre, noir et apocalyptique.

Mais pour cela, il faudrait que les peuples redeviennent souverains. Car tant qu'on a une minorité agissante qui est à la tête de la plupart des structures politiques qu'on appelle état et qui les contrôle à travers des structures supranationales, à travers des logiciels idéologiques, à travers des schémas de corruption. Il est évident que l'usage qu'ils vont faire de cet I de ces technologies va être fondamentalement et radicalement opposé à l'usage que nous souhaiterions en tant que peuple.

Et donc il n'y a pas il a digital pas digital technologie pas technologie le combat demeure toujours et à jamais un combat éminemment politique. Le politique ne disparaît pas avec la technologie. il prend une nouvelle forme et la désignation la discrimination à mi-chemin dans un logiciel schmitien ne disparaît pas avec la technologie mais prend de nouvelles formes.

Donc on assiste à une réinvention du politique à l'intérieur duquel jusqu'à présent la souveraineté populaire n'est pas représentée où l'élite est présente commence à placer ses pions, prépare ses alternatives idéologiques et technocapitalistes mais où les peuples sont totalement absents car enfermé dans un logiciel révolu celui de la démocratie représentative avec les partis politiques, avec les logiques partisanes, mais qui sont entretenus un peu comme un musée à l'intérieur duquel on va enfermer les peuples pendant qu'on prépare le monde de demain qui n'aura plus de place pour les peuples.

Et donc la souveraineté populaire et la souveraineté individuelle, c'est également investir ce champ de l'IA par le débat, par de l'esprit critique, par de l'analyse, par la création de mouvements, pas forcément de résistance parce qu'effectivement on ne peut pas aller contre, c'est une dynamique irrémédiable mais en peuplant cet univers là par nos valeurs, nos systèmes de valeur, nos visions en politique et entrer dans une nouvelle dialectique qui jusqu'à présent n'incorpore pas les peuples ou ceux qui prétendent les représenter.

Donc technonarchie ou monarchie libertarienne du point de vue de Kurtiservin ou bien traditionalisme radical comme chez Dogin ou bien l'invention d'une nouvelle dialectique à mi-chemin dans cette nouvelle réalité à laquelle on ne pourra pas échapper. Je ne peux pas trancher. Ceux qui attendaient des réponses ou des alternatives de ma part bah se trompent. Je suis perdu autant que vous par rapport à cela. Je découvre, j'apprends et cetera.

Mais le but de cet épisode était de rappeler la dimension intrinsèquement politique de toutes les luttes. Comme disait Lénine, tout est politique. On peut aimer ne pas aimer Lénine. Pour ma part, j'ai des sentiments éminemment négatifs. Mais c'était un génie qui avait vu des choses qui demeurent toujours vraies. Tout est éminemment politique. Même l'IA est politique, même la technologie est politique et la politique implique au moins deux acteurs pour donner lieu à une dialectique.

Et donc c'est une invitation à repenser la souveraineté individuelle et populaire dans ce nouveau paradigme qu'on nous prépare en catimini en partie et puis de manière révélée pour l'autre partie, mais qui se prépare pour nous mais sans nous. Ainsi, je vous remercie et je vous donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode de DC TV. M.