Transcription
476 : l’empereur dernier de l’Occident romain, Romulus Augustule, fut détrôné par Odoacer, chef d’une bande de barbares dont l’origine est inconnue. Puis l’Empire fut officiellement ouvert à tous les vents et à tous les barbares.
Les Mérovingiens doivent leur nom à Mérovée, Mérovée étant, un peu, leur ancêtre légendaire. On parle de Clovis. La tribu des Mérovingiens, ce sont les Francs Saliens, des Germains, des Allemands. Ils vont dominer sur ce qui deviendra l’Allemagne, la Belgique, la France et la Suisse du Ve au VIIIe siècle. Nous sommes en 481, début du règne de Clovis. Grégoire, évêque de Tours, 573-594, a rassemblé durant ses années épiscopales l’histoire des Francs. Il décrit son règne comme celui d’un homme clairvoyant, inspiré par Dieu. C’est grâce à lui principalement que les générations d’écoliers français ont entendu parler du vase de Soissons, des batailles de Tolbiac et de Vouillé, du baptême de Reims. Toutes ces histoires vont fournir un support inépuisable aux images d’Épinal et à l’imaginaire populaire, mais de toutes les pièces du puzzle que nous allons tenter de reconstituer.
Les Francs apparaissent dans l’histoire dans les années 256-260. Hors de l’Empire, entre le Rhin et le Danube, des Germains. Ils sont nés, c’est sûr, d’une mosaïque complexe de tribus qui avaient pris l’habitude de piller pour vivre et qui finissent par s’unir dans le cadre d’une confédération de guerriers pour survivre. Les Francs vont participer au nord de la Gaule à la rencontre entre Romains et Germains. L’Empire romain, après la vague d’invasions du IIIe siècle, a réussi à reformer son unité. Mais au début du Ve siècle, en 406, une nouvelle invasion déchire les frontières nord de l’Empire et beaucoup de peuples se jettent dans la brèche, notamment les Francs, qui sont parfois ennemis, mais le plus souvent alliés de Rome, qui travaillent à contenir d’autres peuples barbares. Depuis le milieu du IIIe siècle, c’est la fin de la Pax Romana, la paix romaine. La menace barbare pousse l’Empire à faire les premières concessions, notamment en Gaule. L’Empire accepte de signer des traités appelés foedus avec eux, il leur verse une tribut en échange d’unités de ce qu’on appelle des soldats fédérés. La plupart des barbares sont bien intégrés. Ce sont des peuples qui sont alliés de Rome, souvent pendant près d’un siècle, et qui obtiennent le statut de foederati, c’est-à-dire d’alliés de Rome. Ils reçoivent des territoires à administrer, des ressources à exploiter, principalement la terre. Ils sont alliés à Rome, à tel point que lorsque les rois barbares frappent monnaie, ce n’est pas une effigie qu’ils mettent sur la monnaie, mais l’empereur romain. Le premier pilier de la Pax Romana, l’armée, est de plus en plus percée d’éléments barbares chaque année. Mais ce n’est pas tout. La tribut versée n’est pas seulement une somme d’argent, c’est une terre ou une part des recettes fiscales. Les barbares sont intégrés au système économique de l’Empire.
Les trois principaux peuples barbares installés au Ve siècle en Gaule sont des peuples fédérés. Les Wisigoths, au sud-ouest, sont les premiers en Gaule depuis 418. Les Burgondes, au sud-est, et ensuite les Francs, au nord. Les Francs proprement dits sont divisés en deux groupes, les Francs rhénans et les Francs Saliens. Si le premier groupe va rapidement disparaître au profit du second, ce dernier sera à l’origine des plus grandes aventures de l’histoire de l’humanité. Parmi les nombreux peuples qui constituent les Francs, il y a une unité importante, c’est l’unité salienne. Ils fournissent de nombreuses unités à l’armée romaine, des unités majoritairement mercenaires. Ils semblent constituer le groupe dominant parmi les Francs, tandis que les Francs rhénans constituent les Francs originels, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas quitté la Germanie primitive. Les Francs rhénans n’ont pas conclu d’accord avec l’Empire. Ils sont installés à l’extérieur de la frontière, à l’est du Rhin, se contentant de quelques incursions au cours du Ve siècle. Ainsi, ils sont restés indépendants tandis que les Francs Saliens sont, depuis la fin du IVe siècle, installés par foedus, au sud de la Hollande et de la Belgique actuelles. Leur nom vient peut-être de Salan, une région du nord de la Hollande. Leur premier roi connu est Clodion le Chevelu. On ne sait pas si Clodion partage le pouvoir avec d’autres rois Saliens, comme c’était traditionnel, ou s’il a parfois pu rassembler cette puissance. Quoi qu’il en soit, sous son impulsion, c’est dans la première moitié du Ve siècle que les Francs Saliens sortent de leurs marais et s’emparent de Tournai et de Cambrai. Contrairement aux coutumes des guerriers germains, les villes ne sont pas pillées. Puis Clodion est stoppé dans son avance par l’armée romaine. Il obtient la paix par foedus en 431 sur les territoires qu’il a conquis. Des foedus avec les Germains, l’Empire les accorde d’autant plus facilement qu’il y a plus barbare que ces barbares.
Les hordes féroces d’Attila. Attila est le chef des Huns célèbre, personnage légendaire particulièrement terrible, chef de cette tribu turco-mongole qui va semer la désolation en Europe jusqu’à être anéanti à la bataille des Champs Catalauniques par le général Aetius. En 451, les Huns lancent une attaque en Gaule. Fidèle à lui-même, les Francs Saliens interviennent pour sauver Rome et faire face à l’avancée d’Attila, le 20 juin 451, lors de la bataille dite des Champs Catalauniques, à la tête des troupes franques, Mérovée, fils de Clodion. Nous savons qu’au Ve siècle, il y a toute une série de rois francs qui apparaissent dans les sources. Il est possible qu’un certain Mérovée ait existé, qu’il ait eu une puissance assez faible dans la région de la Belgique actuelle. Mérovée donnera son nom à toute une dynastie de rois appelée Mérovingiens car le groupe auquel il appartenait, les Francs Saliens, était sur le point de faire l’histoire grâce à son petit-fils Clovis. Le fils de Mérovée s’appelait Childéric. Il était roi des Francs Saliens de Tournai. Il portait au doigt, jusqu’à sa tombe, une bague remarquable, un sceau Childirici Regis. Cette bague en or était la marque distinctive de la chevalerie romaine. Cet ordre était réservé aux grands officiers de l’Empire. Childéric était donc considéré par Rome comme un général romain. Mais la sépulture contenait aussi des armes et des bijoux, notamment un bracelet en or massif, signe de royauté chez les Germains. Cet homme de 1,80 m, représenté sur sa bague avec de longs cheveux, cheveux longs tressés, était le symbole de la force chez les Francs. L’héritage du père au fils était le mundus, le pouvoir magique du chef qui lui permettait de mener ses hommes à la victoire. Le mundus est un devoir de protection du roi sur son peuple, mais aussi de l’homme sur la femme. Le mundus, dans le cadre du mariage, pouvait être transmis, mais pouvait aussi être vendu. Les Mérovingiens de la famille royale tiennent beaucoup à leurs cheveux, car c’est un souvenir de la Bible, de Samson. Ils considèrent que cette puissance, cette force, ce respect, s’acquièrent par les cheveux. Ils portent donc tous une chevelure magnifique, ce qui permet aussi parfois à certains rois qui avaient planté des petits scélérats à droite et à gauche de les rappeler à l’ordre, ou de faire porter à certaines jeunes filles aux longs cheveux, je suis de tes enfants, il disait non, tu ne l’es pas. Et couper sur le champ. Nous avons donc des rois magnifiques, aux cheveux magnifiques. Childéric signifie Hildéric en vieux franc, fort à la guerre. Childéric avait donc des funérailles à moitié romaines, à moitié barbares. Avec Childéric, on a enterré son épouse. Ils ont eu ensemble un fils qui succéda à Childéric dès l’âge de quinze ans. Selon la loi des Francs Saliens, la loi salique, le jeune Franc était majeur à douze et à quinze ans, il pouvait porter les armes et donc détenir le mundus. Childéric légua à son fils, en même temps que le pouvoir magique du chef, un système de valeurs fondé sur l’ancienne religion germanique, leur ancienne religion. Ce jeune roi s’appelait Clovis, ou plutôt Ludovic au combat.
La capitale de Clovis était alors à Tournai, le nord de la Gaule est encore romain mais il est divisé et s’est laissé aller. Entre la Somme, la Meuse, la Loire et l’Armorique, l’État romain se réduisait comme une peau de chagrin. À la tête de ces restes de l’Empire, Syagrius exerce les fonctions de maître de la milice depuis 471. Le siège de Syagrius était installé dans la ville de Soissons. Ce dernier n’a plus aucune légitimité. Il a succédé à son père qui avait cessé de reconnaître l’autorité de l’Empire. Le mundus, la charge magique du chef, était présent chez Clovis, mais il fallait le confirmer sur le champ de bataille. Il fallait que les armes parlent. La confrontation avec Syagrius était inévitable. Elle a eu lieu en 486. Clovis sollicite le soutien des autres chefs Saliens. Chararic, installé à Thérouanne, refuse. Ragnacaire, installé à Cambrai, sur la route entre Tournai et Soissons et donc sur la route de Clovis, accepte. Vaincu, Syagrius est exécuté. Toute victoire mérite un butin. Puis les églises furent pillées. L’amiral de guerre est le garant du droit de la guerre. Ce droit impose que le butin soit réparti équitablement entre les vainqueurs. Or, Clovis voulait s’emparer d’un vase avant même le début du partage, un vase rituel que lui demandait l’évêque. Parmi ces butins, au moment du partage, Clovis apprend que l’évêque de Reims, Saint Remi, voudrait le récupérer. Mon Dieu, Clovis serait beau s’il rendait cette magnifique vasque aux fonds volés. Clovis partage donc le butin avec ses hommes et dit « je prends ma part et je prends aussi ce vase en plus ». Il demanda l’autorisation à ses guerriers. L’un d’eux préféra briser le vase d’un coup de francisque plutôt que de briser la loi des ancêtres. Dans l’équipe, le soldat brandit sa francisque et fracasse sa hache sur la vasque en disant « tu n’auras que ce que le destin te donnera ». Clovis ne réagit pas immédiatement. Il attend un an. Il profite d’une revue sur le Champ de Mars dans ce laps de temps et réprimande le briseur de vases pour le mauvais état de ses armes. Il lance ensuite la francisque du guerrier qui se penche immédiatement pour la ramasser. Il lui dit ton épée est mal entretenue, ton arme commence à rouiller et sort sa francisque. Il tranche la gorge du soldat en lui disant « souviens-toi du vase de Soissons ». Ses hommes sont impressionnés et Clovis a le respect à ce moment-là, sérieusement, de ses troupes. Clovis rase la tête de Chararic, l’un des chefs Saliens, semblable à celui de son fils, car Chararic avait refusé de se joindre à l’expédition de Soissons. L’humiliation de Chararic, son fils le jura, il allait se venger dès qu’il aurait remis ses cheveux en arrière. Clovis leur fit donc couper les têtes. Puis Clovis enfonça une hache dans le crâne de Ragnacaire, l’autre chef, qui avait pourtant répondu favorablement à son appel. On peut penser que la victoire de Soissons a permis au chef de guerre charismatique de concentrer le pouvoir et de devenir le roi unique des Francs Saliens.
Après les armes, il y avait une autre façon de procéder pour accroître son influence, l’alliance matrimoniale. Clovis utilisa cette pratique au début de son règne en contractant une union avec une princesse du groupe royal des Francs rhénans. Elle mourut assez vite, mais il eut le temps d’engendrer un premier héritier, Thierry. Désormais installé à Soissons, Clovis devait asseoir sa nouvelle puissance. À l’est, il restait les Alamans, un peu païens en lettres latines. Au sud-ouest, le royaume des Wisigoths s’était converti au christianisme. Au sud-est, le royaume des Burgondes qui s’était aussi converti. Cette conversion n’était cependant pas complète. Les Burgondes et les Wisigoths étaient ariens. L’arianisme, pour lequel Jésus était le Fils de Dieu par essence divine, mais non incarnation divine, ne correspondait pas à la doctrine de l’Église catholique telle qu’elle avait été redéfinie au concile de Nicée en 325. Mais ce credo séduisait les populations qui avaient à peine quitté le paganisme. Il faisait du Christ un surhomme, un chef qui les menait au combat. L’arianisme est une hérésie née dans l’Empire romain au IVe siècle. À tel point que les barbares du IVe siècle se sont convertis massivement à la religion romaine, ils se sont convertis à l’arianisme. Il suit du Fils au Père dans la Trinité, c’est-à-dire que les ariens considèrent que la Trinité n’est pas formée de trois personnes égales, mais d’un Père tout-puissant, d’un Fils, du Saint-Esprit un peu moins. L’arianisme a atteint tous les barbares de l’Empire, sauf les Germains du Nord, c’est-à-dire les Francs et les Allemands, tandis que les clercs occidentaux sont restés essentiellement nicéens. Deux royaumes ariens du sud de la Gaule persécutèrent les Gallo-romains catholiques. C’était le royaume wisigoth. L’autre, le royaume burgonde, adopta des lois tolérantes. De plus, au sein de la famille royale, il y avait déjà des catholiques. Car c’était la volonté de leur mère, deux princesses burgondes, filles du roi défunt, avaient reçu le saint sacrement du baptême. L’une d’elles, Clotilde, était très belle et ornée de toutes les vertus. L’occasion était bonne pour Clovis de nouer un rapprochement avec le royaume burgonde en épousant Clotilde. Cela eut lieu en 493. L’amiral de guerre est négociateur, mais il reste un amiral de guerre. Les Alamans menaçaient les positions des Francs rhénans dans le bassin de Cologne. Face à ces autres païens, en 496, à la bataille dite de Tolbiac, alors que la situation commençait à devenir désespérée, Clovis promet de se convertir si Jésus, dont Clotilde lui disait que c’était le Fils de Dieu vivant, lui accordait la victoire. Le nom de Tolbiac est attribué à une bataille qui se déroule à une date assez incertaine entre les Francs de Clovis et les Alamans, sans doute dans la région du Rhin. On ignore totalement le lieu de cet événement. Simplement, le nom est resté célèbre car c’est à la bataille de Tolbiac, selon les récits de Grégoire de Tours, que Clovis aurait décidé de se convertir au catholicisme. La Gaule est encore romaine en 480. Si elle se convertit, c’est qu’elle est en train de devenir chrétienne et qu’elle connaît une véritable révolution mentale. En 313, l’empereur romain Constantin avait fait promulguer à Milan un édit. L’édit de tolérance accordé au christianisme, qui marque la fin des persécutions des chrétiens. Phénomène urbain comme l’écriture latine, la christianisation voit ses premières communautés se créer en Gaule dans les villes. Or, le territoire franc salien est très peu urbanisé. À la campagne, l’étymologie nous apprend que le mot paysan vient du paganisme. Cela dit tout. Un soldat de l’armée romaine de Gaule a fait parler de lui une nuit d’hiver, en 338 à Amiens, où après avoir donné tout son salaire aux nécessiteux, il finit par partager son manteau avec un mendiant qui grelottait de froid. Martin, soldat du IIIe siècle romain. Son père est né en Pannonie, mais son père était un officier romain. Martin a vu Dieu et s’est converti. Il est devenu chrétien et a refusé de rejoindre l’armée. Il devait être dans l’armée car son père l’avait fait. C’était un homme très charitable qui donnait le salaire de ses soldats aux pauvres et qui, comme on le sait un soir à Amiens, voit un pauvre malheureux dans la rue, tout grelottant, et coupe son manteau en deux, sa cape en deux, pour en donner une partie à ce garçon afin qu’il puisse se réchauffer. Son manteau sera conservé après sa mort dans une pièce qui prendra le nom de cappella, chapelle. Ce soldat est devenu entre-temps moine, puis évêque de Tours de 372 à 397 sous le nom de Martin et il est devenu le Christ des pauvres de l’imaginaire populaire. Martin va consacrer sa vie à ceux qui en ont le plus besoin. Détaché des choses matérielles des villes, il prêche dans la vallée de la Loire en créant des communautés monastiques, ce qui va permettre non seulement au christianisme de se répandre à la campagne, mais aussi de s’y implanter durablement en fondant les premières paroisses rurales. Toute la population, campagne et villes, assistera à ses funérailles en 397. Lorsqu’il mourra, Martin, on va l’enterrer en novembre. On a découvert pourquoi, mais au moment de son enterrement, il a fait un temps magnifique. Il faisait aussi beau qu’en été. De là vient l’expression été de la Saint-Martin. Comme Martin prêchait un jour et disait « voyez ces oiseaux, qui prennent un poisson entier au bec ? Ils sont comme les démons qui prendront l’âme de ceux qui ne se sont pas convertis ». Ces oiseaux sont devenus des martins-pêcheurs. Le sanctuaire sur sa tombe devient après 460 le principal relais de la propagation du christianisme dans le nord de la Gaule. L’Église parle au peuple, elle nourrit les pauvres et encourage le respect de la personne humaine que l’Antiquité avait négligé.
À Paris, lors de l’attaque d’Attila en 451, une jeune femme de 28 ans, Geneviève, d’une famille romaine d’origine franque, s’appuie sur sa foi pour organiser la défense de la ville et détourne Attila de Paris. Geneviève, une petite paysanne qui vit dans ce qui est encore Lutèce pratiquement, ce qui deviendra Paris avant de devenir la capitale, elle apprend, un peu comme Jeanne d’Arc, qu’elle a des voix, que les troupes d’Attila, les Turco-Mongols d’Attila, les Huns vont envahir Paris. Alors, elle va stimuler la population. Elle va dire, il faut prier, il faut se montrer sur les remparts, il faut prier Dieu et Dieu nous protégera. Attila voit cela, il hésite un peu comme il avait hésité avant Constantinople. Il dit « est-ce que je prends Paris, est-ce que je ne prends pas Paris ? » Il décide de laisser Paris de côté et de descendre vers Orléans, beaucoup plus grande que Paris à l’époque et beaucoup plus riche. Car Paris n’est pas encore une grande ville. C’est un peu légendaire cette histoire de Paris, ville magnifique qu’Attila ne veut pas envahir, mais la sainte Geneviève qui va, comme on le sait, devenir sainte. Ce petit enfant de Nanterre, sainte Geneviève va veiller à ce que l’image de Paris dans l’histoire lui convienne bien et que Paris devienne la capitale du royaume.
Les premières communautés chrétiennes sont épiscopales, dans les villes. Des ensembles de bâtiments s’élèvent, comprenant plusieurs basiliques, un baptistère, un palais épiscopal. La hiérarchie ecclésiastique est calquée sur celle de l’administration civile. Les évêques d’une même province sont sous l’autorité d’un archevêque qui reconnaît lui-même la primauté de l’évêque de Rome. Les réseaux, ce sont aussi des hommes. Remi est un aristocrate gallo-romain, d’une famille sénatoriale. En 459, il est promu à l’âge de 22 ans au siège métropolitain de Reims. Sous sa direction, dès 480, dans le nord de la Gaule, on trouve des évêques dans presque toutes les villes principales. Ces réseaux, les barbares doivent en tenir compte, eux qui représentent désormais l’État en Gaule. Revenons au sens du geste de Soissons. Selon le droit de la guerre, Clovis, le barbare païen, a préféré solliciter le représentant de l’Église. Toute la chance ou la stratégie était à sa place. Clovis va fonder son autorité sur le rassemblement des évêques. Il semble avoir compris que celui qui veut régner doit s’appuyer sur l’autorité morale des évêques. Il avait alors 20 ans. En cela, il doit avoir été aidé aussi par l’évêque de Reims. Dans une lettre, Remi lui conseilla de gouverner avec un conseil d’évêques. La population est évangélisée grâce aux soldats du Christ, son saint patron Martin. À ces populations nouvelles, gallo-romaines et chrétiennes, il manque un roi. La proximité géographique va permettre de lier le destin de Remi et de Clovis, ainsi que les destinées de l’Église catholique romaine et de la nation française. Le roi Clovis est vraiment un homme important dans l’histoire de France, il est l’origine de la royauté. Il est vrai qu’on le voit souvent comme un homme de rupture entre l’Antiquité, l’Empire romain et le royaume de France, le Moyen Âge. En réalité, on voit qu’il est accepté et reconnu comme roi par les anciens Gallo-romains, et notamment par l’élite et le clergé, ainsi que les nobles sénatoriaux gallo-romains, c’est précisément parce qu’il a voulu s’inscrire dans la continuité de la civilisation romaine et comme défenseur de la foi chrétienne, de la religion chrétienne pratiquée par les Romains. Clovis va s’appuyer sur les valeurs de son peuple de guerriers et sur les valeurs romaines, avec la victoire populaire du christianisme. Les deux systèmes de valeurs seront beaucoup plus facilement conciliables à la bataille de Tolbiac, une fois le vœu de conversion prononcé par Clovis en cas de victoire, les Alamans subirent une défaite cuisante. Lors de la célèbre bataille de Tolbiac, alors qu’il est en danger, il implore le Dieu de Clotilde. Il dit « Dieu de Clotilde, si je gagne cette bataille, je jure de me convertir et de me faire baptiser. Dieu voulut que Tolbiac soit une victoire pour Clovis qui se fit baptiser. Si le vase de Soissons symbolise la synthèse entre le monde germanique et le monde romain que fonde Clovis, le baptême de Reims la concrétise. Il fallait d’abord surmonter une contradiction. Clovis devait se soumettre à la religion de ses ancêtres et surtout à ce lien qui l’unissait à son peuple. Mais depuis 493, l’influence de Clotilde commençait à porter ses fruits. Ils partageaient le même émerveillement pour la culture romaine et venaient du même monde, le monde barbare. Alors que Clovis n’avait fait qu’intégrer l’héritage politique de l’Empire romain, Clotilde avait intégré l’héritage de l’Empire constantinien, ces valeurs chrétiennes. La bataille de Tolbiac, trois ans après les fiançailles, scelle la véritable union entre eux.
À la fin des années 490, Clovis épouse Clotilde, princesse burgonde. Cette princesse est catholique et on sait qu’elle va mener une série d’initiatives pour convertir son époux à sa foi, le concile de Nicée, dite catholique. Clovis, bien que, étant encore païen, avait décidé de défendre la religion chrétienne de l’Empire romain. Je pense qu’il avait beaucoup d’admiration pour cette culture romaine. Il avait reçu une véritable éducation digne de l’Empire romain, digne d’un roi romain, puisque sa famille faisait partie de la hiérarchie de l’Empire romain qui régnait en Gaule. Après la sphère du privé, il fallait s’occuper de la sphère publique. Ce fut le rôle de Remi, aussi bien politique que spirituel. Dès 496, l’instruction chrétienne commence, même si le secret est bien gardé pour ne pas effrayer les guerriers francs. Le secret reste bien gardé jusqu’aux vœux publics prononcés à cette occasion du pèlerinage à Saint-Martin de Tours. Au refuge de Martin, Clovis prend le destin de ce peuple entre ses mains. La prochaine étape sera Reims. Nous sommes Noël 498 ou 499. Tous les évêques de Gaule sont convoqués autour de Remi. La marche solennelle de Clovis vers le baptême pour y être guéri de la vieille lèpre qui le souillait, doit être accompagnée de chants. Puis, alors que Clovis s’arrête devant Remi, le saint homme l’exhorte, « depone colla, Sicamber, dépose tes colliers, Sicambre ». Le terme « Sicambre » fait référence à la tribu des Francs. Quant au terme collier, il désigne les amulettes que les peuples germaniques croyaient douées de pouvoirs magiques. Clovis est baptisé par l’évêque Remi qui lui dit : on connaît la phrase magnifique « incline-toi, Sicambre orgueilleux » car Clovis faisait partie de la tribu des Sicambres. « incline-toi, Sicambre orgueilleux, aime ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as aimé ». Après quoi, il peut être baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et onctueux du saint chrême, avec le signe de croix du Christ sur sa tête qui restera chevelue. Qu’à cela ne tienne, la couronne que Clovis porte depuis 481 va devenir sacrée, comme le chrême dont il vient d’être recouvert. Le chrême est un mélange d’huiles et de baumes qui sert pour certains sacrements, notamment le baptême. La foule est tellement importante qu’autour du baptistère, le flacon qui contenait le chrême lui-même est inaccessible. Lorsque le roi apparaît devant Remi, ce dernier est dépourvu du saint chrême, il commence à prier. Puis une colombe fait son apparition au-dessus de la cuve baptismale et le baptistère se remplit d’une odeur magnifique, odeur de sainteté. La colombe porte dans son bec un flacon qui glisse dans la main de l’évêque. Les quatre évangiles évoquent, lors du baptême du Christ, la présence du Saint-Esprit sous la forme d’une colombe. Le premier écrit racontant l’histoire du baptême de Clovis avec la colombe et la sainte ampoule, date de 878. Hincmar, alors archevêque de Reims, pour légitimer la primauté de son église, la seule compétente lors du sacre des rois francs. Le saint chrême dont Clovis a été oint, est descendu du ciel et a été conservé à Reims. Seul l’archevêque de Reims possède l’huile sacrée miraculeuse, autorisé à sacrer les rois francs, successeurs de Clovis. Reims a une grande importance depuis, car de Louis VI à Charles X, c’est-à-dire après la Révolution et l’Empire, les rois vont être sacrés et surtout consacrés dans la cathédrale de Reims, sauf Henri IV, car il y a eu des guerres civiles, les guerres de religion. Henri IV a été sacré dans la cathédrale de Chartres. Le lien entre Clovis et Remi, le lien qui unit les rois de France à l’Église catholique et qui en fait la fille aînée de l’Église, Clovis étant le premier roi chrétien. Le baptême de Clovis a des conséquences à long terme mais aussi des conséquences immédiates et retentissantes déjà, à commencer par les 3000 guerriers francs qui reçoivent aussi le baptême, ce jour de Noël. Que ce geste de Clovis ait été sincère ou politique, les élites romaines se rassemblent autour de lui et avec eux toute la population gauloise. L’élan missionnaire et la supériorité théologique du clergé catholique expliquent, en fin de compte, l’extinction de l’hérésie arienne, en partie seulement. Il restait à éliminer l’hérésie par les armes. Dieu allait choisir un camp. Clovis en fit une entreprise tout à fait conforme à son ambition.
Au sud-est, deux frères se partagent le royaume burgonde. Les oncles de Clotilde, Godegisele et Gondebaud. Les Burgondes sont des envahisseurs de l’Est, aussi de Germanie, qui, à leur manière, règnent sur le sud-est de la France et même sur ce qui deviendra la Suisse romande et laisseront leur nom à ce qui deviendra le royaume de Bourgogne. C’est un peuple qui est très lettré en lettres latines, qui produit du droit d’inspiration romaine et sa capitale, Lyon, ressemble beaucoup à la capitale de l’Empire telle que nous la connaissions au IVe siècle de notre ère. Le premier a appelé Clovis pour fonder l’unité du royaume aux dépens du second. Vainqueur à Dijon vers 500, Clovis poursuit Gondebaud jusqu’à Avignon. Aux portes de la ville, Clovis lève le siège en promettant un tribut annuel. Non seulement Gondebaud ne tint pas parole, mais il alla plus loin en éliminant Godegisele et unissant le royaume burgonde à son profit. Clovis ne bougea pas. Il est vrai que Gondebaud, lui aussi, sut s’appuyer sur les évêques et les Gallo-romains par son œuvre législative. Il mit en place des lois douces en Bourgogne pour que les Romains ne soient plus opprimés. De plus, on dit que son fils Sigismond était sur le point de renoncer à l’arianisme. Ainsi Clovis consentit au mariage de Thierry, son fils aîné, avec la fille de Sigismond. Les Burgondes alliés à Clovis, il restait les Wisigoths.
Le peuple des Wisigoths est apparu vers le IIIe siècle de notre ère dans la région du Danube. Ils se sont dirigés en partie vers l’ouest dès le IVe siècle et ont formé essentiellement deux branches, la branche des Wisigoths qui s’installe en Aquitaine et en Espagne, et la branche des Ostrogoths en Italie. En 410, les Wisigoths sont les premiers à piller Rome, la capitale légendaire. Puis ils s’installent au sud-ouest de la Gaule en 418, en situation de foederati. De là, ils étendent leur domination jusqu’à la Loire et jusqu’à une grande partie de la péninsule Ibérique, fondant leur capitale à Toulouse. En 476, ils ajoutent la Provence à leur royaume. Les Wisigoths, une tribu, une tribu d’envahisseurs venus d’Allemagne. C’étaient les Wisigoths. On les appelle aussi les Wisigoths sages car ils étaient peut-être moins barbares. C’étaient les barbares les plus civilisés. Ils se taisent, se contentant de persécuter les catholiques selon la propagande menée par l’Empire d’Orient. L’Empire et ce qui reste des Romains ne pardonneront pas au peuple wisigoth. Le sac de Rome, ce qui représente pour beaucoup d’historiens la fin de l’Antiquité. Ainsi, pour les Gallo-romains comme Grégoire de Tours, la conversion des Wisigoths à l’arianisme, ce sont avant tout des fanatiques. Pour Clovis, fasciné par le mythe de l’Empire, annexer le royaume wisigoth est depuis longtemps une priorité. Baptisé selon le rite catholique, Clovis a maintenant une seconde bonne raison de châtier ces barbares ariens. La situation est intenable pour Clovis et Anastase, l’empereur d’Orient qui le soutient. Anastase est contemporain de Clovis. On sait que c’est l’empereur qui a cherché à reconstituer la Méditerranée romaine, notamment à l’est, en faisant des conquêtes aux dépens des Perses, mais aussi en tissant de nombreux liens avec l’Occident, en Italie, avec les Ostrogoths, mais aussi avec Clovis. Il semble qu’Anastase ait accordé à Clovis le titre de consul honoraire. Ce soutien est d’autant plus important que le roi wisigoth, Alaric, sentant le vent tourner, s’occupe de son image et de sa popularité en utilisant les mêmes moyens que Gondebaud. Il fait rédiger un code juridique, abrégé du droit romain. Il pense que, comment dire que le pays est administré par des lois gallo-romaines et décide de les réécrire toutes au profit des Wisigoths. Il fait donc un abrégé, un livre de commandements, qu’il fait rédiger ailleurs sur l’Adour, de ce droit romain. Mais on le fait tourner au profit de ces hommes. On appellera le livre de commandements d’Alaric. Puis, en 506 à Agde, il autorise la convocation d’un conseil ouvert à tous les évêques catholiques de son royaume. Si les Wisigoths obtiennent l’adhésion des élites et de la population gallo-romaine, la conquête sera plus difficile et l’annexion moins légitime. L’armée franque qui entame cette conquête du sud-ouest de la Gaule, est constituée d’unités rhénanes commandées par Clodéric, fils du roi Sigebert de Cologne et d’unités burgondes commandées par Sigismond. Clovis interdit à ses hommes de piller la ville de Tours. À Poitiers, le pèlerinage continue et Saint-Hilaire, figure de la lutte contre l’arianisme au IVe siècle, envoie de la basilique un signe de faveur à Clovis, sous la forme d’une lumière qui semble voler vers lui. La bataille a lieu dans la plaine de Vouillé, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Poitiers, au printemps 507. La défaite des Wisigoths est complète. Alaric est tué par Clovis. Son fils Amalaric se replie sur ses possessions espagnoles. Clovis a alors le champ libre pour s’emparer et pacifier l’Aquitaine. La conquête se fait en mouvement de tenaille par Thierry et Sigismond, intérieures de Clermont, Rodez, Albi. À Angoulême, prestigieuse capitale, les murs s’écroulent à la vue du seul chef de guerre. Bordeaux et Toulouse, enfin la capitale. Seule la Provence reste aux Wisigoths. Au début de l’expédition, Clovis était soutenu par l’empereur d’Orient Anastase. À son arrivée, il se trouve digne de porter l’insigne consulaire. Vêtu d’une robe pourpre, acclamé aux cris de consul et d’Auguste, il défile à cheval, semant l’or et l’argent. En 508, l’empereur de Constantinople, qui est en fait la seule puissance romaine après la mort de l’empereur romain d’Occident, accorde au roi Clovis le titre de consul romain. L’épithète d’Auguste, ce qui montre que le roi Clovis est la continuité de l’Empire romain, c’est-à-dire que le royaume franc fait partie d’une sorte de continuité de l’Empire romain et non pas une rupture comme on se l’était imaginée. Cette consécration populaire a lieu en 508 à Tours, ville de Saint-Martin. Le monde civilisé est alors divisé entre l’Empire d’Orient et le
تورناي، كان أيضًا طاهًا من جيش فيدرالي في خدمة روما. ليكون ملك الفرنجة، هو أن يكون لديك الحق في الأمر ومعاقبة رجاله. ليكون قائد جيش فيدرالي، هو أن تكون ليس فقط مسؤولًا عن المواطنين، ولكن أيضًا سيد المنطقة. دمج كلوفيس هذا المنطق.
من سواسون، سعى لتخصيص الإيرادات الضريبية، للاستفادة من الإضراب عملات معدنية ووضع يدك في المسائل الضريبية، من أجل تثبيت قواته هناك. بعد المعمودية والانتصارات بعد البشارة، ما كان في عداد المفقودين إلى كلوفيس لإثبات شرعيتها في عالم جالو روماني، كان قانون تحت تأثير القانون الروماني. لذلك أصبح كلوفيس مشرعًا.
مدد كتاب الادعيه ألاريك لجميع الرجال الأحرار. كتاب الادعيه مستوحى من الشفرة المكتوبة في 438 والتي تم تجميعها كل الدساتير الإمبراطورية منذ عام 312، منذ قسنطينة. كان حداثة الكود أنه إذا أصدر الحاكم حسنًا القوانين، كان أيضًا مسؤول عن قوانينه أمام الله وأنه كان عليه أن يحترمهم. يمكن أن يدعي في مقابل طاعة الجميع.
بالرغم، مصير زعماء الراين، حلفاءه مدى الحياة، يمكن أن يكون مربكًا. ملك كولونيا سيجبرت قُتل على يد ابنه بناء على نصيحة كلوفيس. كلوفيس مضطر إلى التنفيذ فقط هذا لكونه قتل الأب. كانت جرائم القتل هذه مبررة عن طريق الطلب اللازم. ما كان الملك في عملية التأسيس كان إلى ورثته. بالمناسبة، كلوفيس لم يقتل أي شخص رسميًا. كان من الضروري لاستعادة السلام.
لهذا الغرض، أكمل كلوفيس قانون ساليك. قانون سالك هو قانون قانوني الذي ربما تم سنه حوالي عام 500 وربما تحت سلطة كلوفيس. إنه رمز قانون خاص بشكل أساسي الذي ينص على الغرامات، العقوبات المفروضة لجميع أنواع الجرائم، ولكن التي لا تحدد بأي حال من الأحوال طرق الخلافة بين الفرنكات. وبالتالي، تكبدت العقوبة لقتل رجل حر كان 200 سنت سواء كانت فرنجية أو رومانية. حاول القانون أن ينتهي مع الثأر اللانهائي وترسيخ سيادة القانون.
قانون ساليك هو القانون الذي مدين باسم قبيلة الفرنجة، تسمى ساليان فرانكس. في الواقع، إنه ببساطة أول دستور للمملكة، لأنه قانون التي تحدد الأشياء بدقة، هذا لأقول أن الناس ممنوعون للقتال ويقتلون بعضهم البعض إلا إذا دفع غرامات باهظة لذا، نتجنب القيام بذلك. النساء ليس لديهن الحق في ارتكاب الزنا، وإلا دفنوا في الوحل حتى الممر، لذلك يتجنبون للغش على أزواجهن.
كما أعطى كلوفيس الكثير مهم للمسيحية من قوانينها، تحريم زواج المحارم من أجل التبرير الخلافة، على وجه الخصوص هؤلاء من العرش. إنه قانون، دستور، قانون الساليك، وهو مفتول العضلات تمامًا. النساء ليس لديهن القوة، وهذا يعني بشكل أساسي لا يمكنهم أن يرثوا بشكل صارم لا شيء، لا مجال، لا ملكية وتذهب هذه الحالة الرجوع إلى تاج الملكوت منذ ذلك الحين ساليان فرانكس حتى تشارلز العاشر، لم تحكم أي امرأة، كانت ملكة فرنسا إلا من خلال الوجود زوجة الملك بالطبع لأن التاج لم يستطع تنتقل من امرأة إلى أخرى.
تم تقديم الإيجازات والاتفاقيات بموافقة مجلس الشيوخ مكونة من القديم القادة العسكريون والأساقفة. تم إصدار المجموعة من قبل الملك الذين لم يجروا أي تغييرات. رجال الملك، الفرنجة والمواطنين للإمبراطورية، جالو الرومان، كلهم من الآن فصاعدا مواضيع كلوفيس.
بغزو آكيتاين، مركز الثقل من المملكة قد تحركت جنوبا. في 511، فرنسا، إذا صح التعبير لذلك نسمي مملكة الفرنجة، يتكون بشكل رئيسي الأراضي الواقعة شمال لوار، من ضم حديث في آكيتاين، أوفيرني وبعض الممتلكات الصغيرة في منطقة بروفانس. احتاج كلوفيس من العاصمة الجديدة. كان اختيار باريس على أساس على معايير مميزة من الطفرة في عملية التشغيل. كانت باريس الأولى اختيار مدينة سانت جينيفيف الذي قاوم أتيلا. بنيت كلوفيس على قبره كاتدرائية مكرسة لبطرس الرسل القديسين وبولس لجعله ضريحه وسلالته. هذه شرعية سلالة أن كلوفيس أكد لخلفائه من خلال إقامة الضريح الذي صنعه حماة الرسل.
ثم استفادت باريس حالة استثنائية. كان الموقع منعزلاً ومحصنة بشكل ملحوظ. كان مفترق طرق الاقتصادية والتاريخية، بين الشمال من أين أتى الفرنجة؟ والجنوب الذي مثله المستقبل مع الاستعمار.
من باريس، استدعى كلوفيس إلى أورليانز في عام 511، كان أول مجلس من الغال. بعبارات كنسية بحتة، المجلس قليل الأهمية، ولكن بالمعايير الوطنية، هذا هو الاجتماع الأول لجميع السلطات الكنيسة في الإقليم الذي سنفعله قريبًا اتصل بفرنسا. 32 أسقفا كانوا حاضرين. نصف هؤلاء الذين عملوا داخل المملكة. غائب بارز، القديس ريمي. أحد القرارات من المجلس كان في الواقع لتقديم السلطة الملكية الاحتمال لشخص عادي ليصبح رجل دين. نفهم ممانعة الرجل المقدس. تم تهديد حرية الكنائس، لكن الأساقفة اتحدوا في أورليان قبلت الاقتحام وختموا البداية لتعاون الملك والأساقفة. في الواقع، إذا كان الملك فوق الأساقفة، انها أكثر لأسباب سياسية. يقولون لديه مسؤولية السلطة الزمنية، المرتبط للأمور المادية. من ناحية أخرى، السلطة ممثلي الكنيسة تم الاعتراف به روحيا، وكان هذا خالدا. تجنب تقاسم السلطة الشمولية الآرية حيث الملك، منذ أن احتفظ وضعه كسوبرمان، كان أيضًا رأس الكنيسة. كان المستقبل في مكان آخر ويبدو أن كلوفيس قد فهم هذا الأمر. أرسل تاجًا إلى أسقف روما الدنيوي للملك، الروحي للبابا. هذه هي فكرة العصور الوسطى.
مع انعدام الأمن مدن مغلقة في قلعتهم وباريس مثال رائع. في الخطة الاجتماعية والاقتصادية، تستعد العصور الوسطى. تبدأ العبودية لتختفي بفضل المسيحية من التشريع. العبودية قادمة. ثم وضعوا أنفسهم بدلا من المناطق الريفية. يمكن أن تسود الأرض على المدينة. عملية تحلل مزدوجة وإعادة التكوين الاجتماعي في العمل.
من الحكومة من، في بداية القرن السادس، ابق اولا قيادة عسكرية، يشرح كلوفيس الرسم التخطيطي لمملكة يمكن أن تعتمد على الحكومة مركزية، مع الإيرادات والضرائب التي تعود إلى باريس. مات كلوفيس الموت الطبيعي، 27 نوفمبر 511. سيدفن في الضريح أنه قد خطط لهذا الغرض وكلوتيلد سينضم إليه هناك بعد 34 عامًا.
التاريخ الوحيد الذي نعرفه على وجه اليقين في قصة كلوفيس، إنه التاريخ وفاته في 27 نوفمبر 511. مات في باريس ودفن في باريس، في الكنيسة تسمى في زمن الرسل القديسين، التي أعيدت تسميتها لاحقًا كنيسة القديس جينيفيف، ولكن الذين للأسف لم يعد موجودًا اليوم. تم هدم المباني في بداية القرن التاسع عشر. تم إجراء بعض الحفريات فى ذلك التوقيت. لم نجد ابدا قبر كلوفيس. ربما لا يزال اليوم تحت مدرج شارع كلوفيس. يجب أن يتم البحث لنرى ما إذا كان بإمكاننا العثور عليه.
في القرن الرابع عشر، تظهر صور كلوفيس مجددًا من خلال من رمز، ثلاثة فلور دي ليس، يستحضر ثالوث عذري التي من شأنها أن تزين شعار النبالة الملكي. زهرة الزنبق ما يسمى قطعة أثاث مميزة، أي رمز يضع نفسه على، على معاطف النبالة، على اللافتات. هذه الزهرة الصغيرة التي لديها تم استخدامه بالفعل في عهد الكارولينجيين. لكنها من Capétiens، وعلى وجه الخصوص مع لويس السابع، التي تظهر رسميًا في كل مكان على Champ d'azur للإشارة أن هذا فلور دي ليس هو النظام الملكي إنها ملكية فرنسية. تقول الأسطورة ذلك عشية من معركة تولبياك عام 496، ناسك الذي تلقى نصحت زيارة الملاك كلوتيلد، زوجة كلوفيس، لتحل محل الضفادع الثلاثة التي تزين دروع المحاربين فرنك بثلاثة فلور دي ليز. وهكذا في سياق حرب المائة عام، بعد ثمانية قرون، كان من المهم رفع أصل القوة الزمنية من ملك فرنسا إلى كلوفيس ليقاتل الزنديق الإنجليزي الجديد.
كلوديفيتشوس، Crotechildis، Chlotachurius، كلودوفيوس لودوفيكوس، كلوفيس. تنوع التسميات يشهد على عالم متغير منها كان كلوفيس الحرفي الرئيسي خلال حياته و أيضا بعد وفاته. إعطاء شارلمان لابنه اسم لودوفيتش، المعروف باسم الاسم الفرنسي لويس، قريب من الاسم فرانك لودفيج، من كلوفيس، يفهم جيدا أهمية شرعية أصلية لأمراء الحرب اللامعين. بعد لويس الأول التقي، سوف يرتدي 16 ملوكًا آخرين اسم كلوفيس.
عالم كلوفيس، إنها أولاً نهاية العالم، أن الإمبراطورية الرومانية. إنها البداية في الغالب لحمل طويل الذي ينتهي مع الكارولينجيين والتي ستتبعها فترة طويلة تنضج مع Capetians. رسم تخطيطي لما سيكون هذا العالم منذ ما يقرب من 1300 عام. كلوفيس هو الاتحاد بين الملوك والكنيسة داخل الإقليم التي ستستمر في النمو والتي لم تسمى بعد فرنسا. كلوفيس سيكون قادرًا الآن الاعتماد على هذا الاتحاد وجميع خلفائه على عرش فرنسا سيتبع أو يجب أن تتبع هذا المثال.
يجسد كلوفيس أيضًا قيم الأمة الفرنسية وتلك الخاصة بالجمهورية، للمؤرخ فوستل دي كولانجز، في عام 1888. كنا معروفين بالصراحة لأننا أطاعنا الى واحد الذي كان يسمى ملك الفرنجة، لأننا دفعنا له الضريبة والتي حاربنا من أجلها، لأننا تلقينا منه تفضل، رتب، وظائف بغض النظر عن العرق. للمؤرخين المعاصرين، إنه حتى رائد لأوروبا كما نفهمها اليوم، تركيب بين الألمان واللاتينيين، اتصال بين بحر الشمال والبحر الأبيض المتوسط.