Transcription
Bon, vous l'avez vu, ça fait déjà plusieurs semaines qu'il commence à faire nuit un peu plus tôt. Et avec la nuit qui tombe en fin d'après-midi, certains endroits peuvent paraître beaucoup plus flippants. Et comme à tout hasard, les cimetières. Et là, à quelques jours d'Halloween et avant notre vidéo dédiée, je me suis dit que vous emmener faire un petit tour entre les pierres tombales, c'était un programme intéressant.
Alors rapprochez-vous, vous êtes sur Compte Fécond, et aujourd'hui, on va faire une balade un petit peu particulière dans ce genre d'endroit. En vrai, on est allé chercher des vrais témoignages qu'on a trouvé sur internet, on les a retranscrits sans les dénaturer, on a rajouté des voix pour que ce soit plus immersif. Et justement, ce que nous allons voir, déjà, c'est un SDF qui va avoir la peur de sa vie dans un cimetière. Ensuite, une expérience traumatisante pour quelqu'un qui vient de perdre son père. Et enfin, un fossoyeur qui a sans aucun doute connu la pire nuit de sa vie. Et ça, c'est pas Nori qui dira le contraire. On est parti.
Alors cette première histoire est racontée par un certain Chemical Cupcake 100, qu'on a renommé DK pour l'occasion. Vous connaissez pas son vrai nom, ça sonnait plutôt bien. Et là, comme souvent, il nous remet un petit peu de contexte. En fait, lui, ce qui lui est arrivé, ça s'est déroulé il y a environ 5 ans, alors qu'il traversait une période difficile de sa life. Et là, c'est peu dire, parce qu'en fait, il était carrément sans abri à l'époque. Il vivait à Denver, et il nous explique qu'en fait, bah, il y a beaucoup de cimetières dans le coin, ce qui est, selon lui en tout cas, plutôt logique, parce qu'il y a à peu près 700 000 personnes qui vivent là-bas. Bon, OK.
Et lui, il nous parle plus précisément de Riverside Cemetery, qui est selon lui le cimetière le plus ancien et qui est encore activement utilisé. C'est-à-dire que bon, voilà, quand il y a des personnes qui décèdent, ça va là-bas. D'ailleurs, il nous dit qu'avant de devenir un sans-abri, il connaissait pas vraiment cet endroit, mais que les rares fois où il est passé pas loin, bah, ça foutait quand même un petit peu la chair de poule, sans qu'il sache vraiment pourquoi. Et en fait, c'est en devenant un sans-abri qu'il a commencé à avoir des éléments de réponse, à force de parler avec les autres SDF qui ont fait en fait carrément de ce cimetière leur QG. Là, bah déjà, DK a appris qu'il y avait énormément de tunnels souterrains dans le coin où les sans-abri vivent, et que plus les tunnels sont profonds, plus on tombe sur des pratiques bizarres, pour ne pas dire même complètement sectaires. En tout cas, selon ses dires, des personnes auraient carrément disparu là-dedans.
Toute cette zone de tunnel est traversée par une rivière qui longe le cimetière. Un côté de la rivière est vraiment dans la pénombre, et c'est honnêtement sinistre, tout en sentant littéralement la mort. Bref, un soir, je me promène dans le coin avec quelques autres connaissances. Vous savez, on sent toujours plus en sécurité quand il y a plus de monde. On a nulle part où aller, alors on a décidé de traîner dans la partie abandonnée du cimetière, la plus ancienne. La nuit vient de tomber, et il y a beaucoup de vent. On est en plein automne, et en plus de ça, il fait super froid. Bref, DK et les autres se blottissent alors contre des pierres tombales pour bloquer le vent.
Là, un mec du groupe connaît le coin par cœur et dit à Derek et aux autres d'être vigilant. Bon, sur le moment, Derek se dit qu'il faut faire attention à un agent de sécurité, à la police, ou peut-être d'autres sans-abris, ça peut être un peu violent quoi. Mais en fait, il était en réalité loin du compte. Là, il est environ 22h, et le petit groupe est assis en silence, en essayant de se tenir chaud le plus possible, en espérant que la nuit passe le plus rapidement. Et à ce moment-là, un membre du groupe que Derek connaît et qu'il appelle J, lui chuchote à l'oreille : "Attention les gars, ne faites pas de bruit." Bon, là, en réalité, tout le monde est silencieux, mais là, DK se tend d'un coup, en supposant que J a repéré la sécurité ou voilà, évidemment quelque chose du style.
Sauf que, en regardant autour de lui, DK remarque au loin de petites lumières vacillantes qui apparaissent à droite, à gauche, dans le cimetière. En fait, c'est un petit peu comme si des gens étaient répartis un peu partout dans l'endroit avec des briquets qu'ils venaient d'allumer ou des trucs du style. Après que mes yeux se soient un peu adaptés, j'ai compris qu'il s'agissait en réalité de bougies. Et j'essaie de regarder plus attentivement pour finir par distinguer que chacune de ces bougies est tenue par quelqu'un. Jack nous dit qu'il faut qu'on se casse directement. Et dans la panique, on ramasse maladroitement nos affaires, on se met en mouvement, et Jack m'ordonne de le suivre et de ne surtout pas regarder ces gens. Et je me demande vraiment ce qui est en train de m'arriver là.
Le petit groupe se hâte pour rejoindre le plus vite possible la brèche dans la clôture faite par laquelle ils étaient rentrés plutôt dans la soirée. Et là, par réflexe, DK regarde derrière lui et remarque les personnes, les bougies, en fait, qui continuent de se multiplier. D'ailleurs, ils ont l'air de se diriger vers le milieu du cimetière pour finir par former une espèce de cercle. Il en voit même certains de plus près, et il remarque qu'ils portent tous des Manteaux noirs. Là, DK est terrifié. Il dit qu'il sent vraiment une présence menaçante. D'ailleurs, il a aussi l'impression d'être observé, scruté, comme si on le mettait au défi de regarder en retour. Et en plus, en parallèle de ça, une autre chose le frappe vraiment, et en fait, c'est la façon dont ces gens, ces silhouettes, se déplacent. En fait, ils donnent l'impression de se déplacer rapidement, mais en douceur, comme s'ils glissaient sur le sol, ce qui est du coup très étrange. Et là, il a bien conscience en nous disant ça que c'est quand même le stéréotype parfait, quoi. En même temps, il aurait pas témoigné sinon. Mais en tout cas, c'est vraiment ce qu'il voit, ce qu'il ressent, et ce qu'il dit dans son témoignage.
Bref, là, son instinct est complètement en alerte. Et s'il ne sait pas qui ils sont exactement, bah, il a conscience que c'est sans doute pas bon pour lui du tout, surtout que c'est juste, à leurs yeux, sans doute un SDF, et qui pourrait peut-être se faire buter pour moins que ça. Finalement, lui et son groupe atteignent la clôture, et une fois hors du cimetière, il continue de courir en traversant plusieurs pâtés de maisons pour finalement être à l'abri. Et juste, façon de parler. Bon, en tout cas, suite à cette aventure, il a quand même demandé des explications à son pote J, qui lui, est resté quand même très évasif. En fait, il a dit qu'il fallait à tout prix éviter ce genre de gens, car ils ont du pouvoir, selon lui. Et en vrai, en tout cas, Derek, lui, c'est exactement ce qu'il a ressenti cette nuit-là, le fait que ces gens étaient capables de tout, quoi. D'ailleurs, Derek lui a demandé, du coup, il a demandé à J si ces personnes-là n'avaient pas peur de se faire choper par les flics. Sauf que J lui a dit que la police ne veut surtout pas mettre le nez dans ces histoires. Et DK, en tout cas, termine en disant que il semble que cette histoire peut-être tirée par les cheveux, mais c'est exactement ce qu'il a vécu cette nuit-là, il a tout vécu de ses propres yeux, en ressentant vraiment beaucoup peur. Voilà.
En tout cas, ça ressemblait à des Illuminatis, ou alors du coup, ça, c'est vrai que peut-être une secte qui s'était dit que faire un truc dans un cimetière, c'était folklorique. On sait pas. Effectivement. Bon, en tout cas, si cette première histoire nous a mis en jambe pour le deuxième témoignage qui nous attend. Là, la personne s'est heurtée à une réalité bien plus pure et dure.
Alors cette histoire-là est racontée par quelqu'un dont on a zéro info. Lui, il n'y a pas de pseudo, il n'y a pas de nom. Du coup, il a disparu de la circulation. On a juste récupéré différentes sources qui disaient toutes la même chose. En tout cas, bah, pour le personnifier un petit peu plus, on va l'appeler Aaron. Et donc, lui, il commence son témoignage en rentrant dans le dur du sujet. En fait, il se souvient de la nuit où son père est mort comme si c'était hier. Car là, bah, contrairement à notre première histoire, il est directement concerné par ce qui est arrivé. Et Aaron nous dit que bah, ce soir-là, il était dans son canapé, en train de finir son épisode de "The Sopranos", une série quand même très connue sur un truc un peu mafia. En tout cas, il finit la série, ensuite il se lève pour aller bosser dans le bar qu'il gérait avec un pote. À ce moment-là, son téléphone a sonné. Il pensait que c'était le travail, mais en réalité, pas du tout, car on lui annonce directement au téléphone, mais il ne précise pas qui, que son père vient de mourir.
Là, Aaron enchaîne le récit. Il nous dit que l'enterrement a été très, très compliqué. Il précise, c'est pas comme une personne âgée ou malade qui, mine de rien, a déjà sa famille qui s'est préparée à ce moment-là. Là, en fait, c'est brusque, c'est soudain, ça arrive comme ça. Les funérailles, en fait, se sont déroulées dans un déni absolu, complet pour lui et les siens. En fait, Aaron nous dit que ça ressemblait à un coup de poing permanent dans le bide, ce qui le rendait alors incapable d'assimiler la perte. Pour lui, c'était trop réel, c'était pas possible, c'était forcément une caméra cachée, une joke, il sait pas.
Et Aaron continue en disant qu'il n'a jamais aimé se rendre sur les tombes des gens qu'il avait perdu. J'ai toujours été insensible aux cimetières, très honnêtement. C'est seulement pour réconforter les vivants, parce que les morts ne savent de toute façon pas qu'on le fait. Alors franchement, oui, je voudrais que quelqu'un se souvienne de moi, bien sûr, mais ce genre de visite rituelle qui fait juste ressortir ce sentiment de mortalité, de deuil, en permanence, c'est trop pour moi. Vraiment. Le jour où je pars, qu'on lève juste une bière en mon honneur, et ça suffira.
Sauf que, bien évidemment, bah, le cas présent, Aaron, et vu que ça concerne son père, Aaron est un petit peu obligé de changer d'avis, parce que là, bah, il arrive pas à tourner la page, il arrive pas à se dire que son père est vraiment décédé. Du coup, il a fini par aller à l'encontre de ses propres convictions, en cherchant désespérément à obtenir une sorte de sentiment d'attachement, comme pour avoir un peu l'impression, voyez, que son père n'était pas vraiment parti. Il a donc commencé à se rendre au cimetière toutes les semaines, mais petit à petit, bah, ses visites hebdomadaires se sont espacées jusqu'à devenir juste mensuelles. En tout cas, quand il se rend au cimetière, il a toujours la même routine. Il boit une canette de la bière préférée de son père, en lui racontant ce qui se passe dans sa vie. Sauf que, bon, il avoue, au bout d'un moment, c'est bien gentil de faire ça, mais ça l'aide pas vraiment à aller mieux. Il arrive pas à tourner la page.
Bref, en tout cas, rien de spécial à signaler jusqu'à un beau jour. Et là, ce jour-là, en pleine journée, alors qu'Aaron vient d'arriver au cimetière, il remarque un homme au loin qui semble lui aussi se recueillir sur la tombe de son père. Cet homme est entièrement vêtu de noir, il a un très long manteau, et puis un parapluie sous le bras. Sauf que, bon, à cette distance, en vrai, il y a un doute. Aaron n'est pas sûr qu'il est vraiment sur la tombe de son père, peut-être qu'il pourrait être sur la tombe d'avant ou d'après. Bref, une interaction comme une autre, rien de spécial en soi. Jusqu'à ce que ça se reproduise une nouvelle fois. Honnêtement, même la deuxième fois, je mets encore ça sur le compte de la coïncidence. Sauf qu'il va y avoir une troisième fois. À partir de ce moment, je commence à me dire qu'il y a quand même quelque chose d'étrange.
Ce jour-là, je décide donc de m'approcher de cet homme le plus discrètement possible. Je veux savoir s'il est vraiment sur la tombe de mon père et pas sur une qui est à côté. Cette fois, il ne me remarque pas. Et arrivé assez proche, je comprends qu'il n'y a pas d'erreur possible. Ce type se recueille bien sur la pierre tombale de mon paternel. Bon, là, la certitude est complètement actée quand cet homme s'agenouille devant la tombe de son père avant de la toucher. Là, c'est clair, c'est vraiment pas la tombe d'avant ou d'après. En plus, Aaron a eu le temps de se rapprocher, mais il ne voit toujours pas le visage de l'homme. En tout cas, de ce qu'il entrevoit, il ne ressemble pas à une personne qui était présente à l'enterrement. En tout cas, Aaron ne connaît pas ce type là.
À ce moment-là, sa curiosité prend le dessus et il décide d'aller au bout des choses. Il s'approche alors de plus près de cet homme, mais toujours de la façon la plus discrète possible. Et alors qu'il n'est qu'à quelques mètres de lui, l'homme se retourne d'un coup, comme s'il s'apprêtait à partir. Sauf que, en se retournant, il ne s'attendait pas à avoir Aaron. La façon dont il a réagi à partir de là, il va se mettre à courir à travers les tombes et en direction d'une sortie du cimetière. Là, Aaron se dit : "Bah, soit je lui cours après, soit je le laisse partir, mais j'aurais peut-être jamais de réponse." Il décide alors de le courser.
Là, d'autres personnes qui étaient en train de se recueillir le regardent médusées en train de cavaler, étant comme en transe. Je lui hurle de s'arrêter, et vraiment, j'ai un peu honte, parce que je continue de voir le regard des gens qui, à mon avis, m'insultent intérieurement de tous les noms pour oser faire ça dans un tel endroit. Mais j'ai pas le choix, il faut que j'attrape ce type, il faut que je comprenne qui il est. Arrivé à quelques mètres de la sortie, j'arrive enfin à l'attraper, et je le chope instinctivement par le bras, en le tirant assez fort pour qu'il se retourne tout seul sous l'effet de son propre élan.
Et là, ce que voit Aaron en l'ayant face à face lui donne directement horriblement mal au bide. En fait, il ne voit que partiellement le visage de l'homme, car en fait, il a une énorme écharpe noire qui lui cache une partie de la bouche et le nez. Mais en vrai, il est sûr d'avoir son père face à lui. En fait, c'est le même visage, tout est pareil. Il y a juste une petite différence dans la façon dont il se tient, mais en fait, sinon, c'est la même personne.
Là, l'homme qui ressemble vraiment à son père se met à parler, et ça commence à donner le tournis à Aaron, car en fait, le père d'Aaron, il venait du sud de l'Angleterre, il avait un accent assez fort, voyez, British, contrairement au type qui est en train de lui parler, qui lui, a un accent beaucoup plus du nord de l'Écosse. Là, Aaron ne sait plus quoi faire, il est un peu pétrifié, et l'homme en question en profite alors pour se barrer. En fait, il est tellement en état de choc, il n'arrive même pas à le suivre. Et il nous précise pas ce que l'homme lui avait dit.
Bon, là, dès qu'Aaron se barre du cimetière et rentre à la maison, il va voir sa mère pour avoir des réponses. Et là, déjà, sa mère lui dit qu'il y avait aucune chance que son père ait pu simuler sa mort ou quelque chose d'autre de surnaturel ou d'inexplicable. Ils l'ont bien vu, hein, ils ont vu son corps, la mort, que c'était bien lui. Et là, la seule possibilité pour Aaron et pour sa mère, c'est que leur père peut-être leur avait caché l'existence d'un frère jumeau, ou alors peut-être même que son père n'avait même pas conscience d'avoir un jumeau. Mais bon, en tout cas, dans ce cas-là, comment expliquer la présence de cet homme devant sa tombe ? Pourquoi n'était-il pas là à l'enterrement ? Pourquoi il se recueillait là sans avertir personne ?
En tout cas, Aaron et sa mère essaient de trouver une explication à tout ça, et ils essaient de retrouver cet homme. Sauf que, hélas pour nous, son témoignage s'arrête malheureusement là-dessus. On sait pas du tout comment la situation a pu évoluer ou s'ils ont pu trouver réponse. En tout cas, moi, j'ai pas vécu ça, mais néanmoins, comme j'ai vécu le décès de mon père de manière assez, assez brutale et rapide, il était censé me rendre visite à Lyon un beau jour, et puis le lendemain, alors que du coup, ils sont censés arriver, ma mère m'annonce qu'il est mort. C'était à peu près ce qui s'était passé. Mais du coup, je peux comprendre ce qu'il a pu vivre sur l'instant, et le choc que c'est d'imaginer un truc auquel on s'attend vraiment pas du tout, quoi.
Bon, voilà, je le dis de manière un peu détachée, mais ça fait quelques années déjà maintenant qu'il est parti. En tout cas, pour notre troisième histoire, là, il sera pas question d'un témoignage d'un simple visiteur, mais d'une personne bossant directement dans le cimetière, et qui a fait vraiment la pire rencontre de sa vie.
Alors cette dernière histoire est racontée par une personne dont on a absolument aucune information, qu'on a décidé d'appeler Spencer. Et là, Spencer nous dit qu'après avoir quitté le lycée et la maison de ses parents, il fallait qu'il trouve rapidement du travail pour faire rentrer de la tune. Bon, là, il était globalement prêt à n'importe quoi, et finalement, bah, il a eu de la chance, peut-être de la malchance, en fonction du point de vue, parce qu'il a obtenu un job dans un cimetière local. En même temps, il sera tranquille, je pense. Bon, en tout cas, quand il prend ses fonctions, ses collègues, qui eux sont en train de bosser dans le même job depuis 20, 30 ans, se demandent pourquoi lui, qui est un gosse, il veut devenir fossoyeur. C'est quand même improbable. Et effectivement, il nous le dit, hein, c'est un travail difficile, qui est très éprouvant, mais en vrai, il y a pas mal de petits avantages, comme par exemple, un abonnement à la salle de sport, ou le fait de bosser toujours en extérieur, pour lui, c'est un plus.
Et là, bah, il rentre dans le vif du sujet, en décrivant le cimetière où il bosse. En fait, la majeure partie de l'endroit est constituée de tombes assez ordinaires, toutes de taille et de prix identique. Mais au nord-ouest du cimetière, on retrouve une sorte de partie privée où se trouvent d'énormes sépultures qui sont réservées là à des familles beaucoup plus riches. D'ailleurs, parfois, on a carrément le droit à des mausolées et des statues d'ange en marbre vraiment sublime. Ils voulaient vraiment soigner leur passage dans l'au-delà, quoi. En tout cas, Spencer, lui, n'allait pratiquement jamais dans cette zone, et quand il y allait, bah, il ne devait pas toucher aux tombes, parce qu'en fait, les tombes, ça demande un entretien très spécial, et les anciens ne semblent pas lui faire encore confiance. C'est un petit peu leur petit privilège, quoi.
Bref, un jour, alors qu'il est en congé, Spencer reçoit un coup de téléphone de son patron. Au téléphone, je sens qu'il n'est pas spécialement serein, et rapidement, il me demande si j'ai mis les pieds dans cette partie-là du cimetière. Je lui ai dit que la dernière fois que j'y étais allé, c'était pour observer l'un des anciens utiliser le fameux produit chimique pour nettoyer le marbre dans le cadre de ma formation, mais que cela remontait maintenant à plusieurs mois. Je l'entends alors soupirer, comme s'il était déçu, et je lui demande directement quel est le problème. Il me dit que ça presse pas, et qu'on verrait tranquillement ça quand je serai de retour de vacances.
Bon, quelques jours plus tard, lorsque Spencer retourne au boulot, l'atmosphère là est incroyablement tendue. En fait, il a vraiment l'impression que quelque chose de grave s'est produit. Bon, là, bien évidemment, il fait le parallèle avec le coup de fil qu'il avait reçu de son patron, il se dit que c'était pas un hasard. Et là, bah, son patron, qui le voit en face de lui, lui dit alors de venir avec lui, direction le nord-ouest du cimetière. Bon, pendant tout le trajet, aucun des deux hommes ne dit le moindre mot. Et là, alors qu'ils arrivent enfin sur place, Spencer remarque qu'il y a déjà quelqu'un d'autre auprès des tombes. D'ailleurs, petite parenthèse, mais Spencer nous dit qu'il avait parfois l'habitude de grignoter dans les allées du cimetière, ce qui lui était d'ailleurs en fait déconseillé, parce que ça pouvait attirer les animaux sauvages. Mais là, bon, bien sûr, il garde ça pour lui.
En tout cas, arrivé au niveau de son collègue qui est déjà sur place, là, Spencer se fige, parce que ce qu'il voit au sol, c'est au niveau d'une tombe qui est fraîchement creusée. Et il remarque en fait, il y a des traces. Mais là, il voit bien que ce sont pas des traces de pelle ou de râteau ou d'un outil humain. Non, ce sont d'énormes griffes. En fait, ça donne vraiment l'impression qu'une bête visiblement très grosse a voulu déterrer quelque chose. Bon, là, Spencer comprend qu'il va falloir très rapidement régler la situation, parce qu'en fait, en fait, si une famille remarque qu'un animal essaie de déterrer les restes de leurs proches, bah, on va dire que ça va clairement très mal se passer pour les employés du cimetière. C'est pas dans les clauses normalement. Du coup, une espèce de réunion de crise se tient, et là, tout le monde semble d'accord pour dire qu'ils ont sans doute affaire à un charognard, sans doute un coyote, ou même un ours noir, qui veut vraiment manger ses petits os tranquilles, quoi.
Bon, là, la première décision, c'est donc de mettre quelqu'un qui va patrouiller toutes les nuits. Et là, devinez qui a été désigné volontaire ? Et bien Spencer, bien évidemment. C'était couru d'avance qu'en étant le petit dernier, ça allait tomber dessus. Mais bon, on me dit rapidement que c'est payé le double, j'ai besoin d'argent, donc au final, c'est un mal pour un bien. Me voilà donc qui commence ma première nuit de veille, avec pour seul compagnon un énorme thermos de café et une carabine à plomb pour potentiellement tirer sur le fameux animal sauvage. Je vais pas mentir, je me fais chier, surtout que seul, le temps passe super lentement. Mais au fur et à mesure des nuits, j'ai changé mon rythme de sommeil pour que ce soit plus supportable. C'est une mission limitée dans le temps.
Et l'avant-dernier soir, je m'apprête à faire ma petite ronde habituelle. Bon, là, Spencer fait sa patrouille avec une lampe de poche, et comme toutes les autres nuits jusqu'à présent, rien à signaler. Mais jusqu'à ce qu'il s'approche de l'aile nord-ouest. Bon, dans un premier temps, Spencer ne voit rien, sauf qu'il entend quelque chose. En fait, il dit clairement, c'est le bruit de quelque chose qui creuse frénétiquement la terre. Là, il en est sûr et certain. En plus, Spencer le précise, mais il a déjà chassé le lapin avec son oncle. Du coup, il se dit qu'il va utiliser la même technique à l'époque, à savoir là, s'approcher discrètement dans le noir total, et puis allumer sa lampe torche d'un coup au dernier moment pour surprendre l'animal. Et en effet, en temps normal, quand il fait ça avec un lapin, bah, le bestiau se fige quelques secondes, ce qui laisse assez de temps à Spencer de sortir son flingue et lui tirer dessus.
Bref, là, Spencer, il est quand même vraiment pas bien, mais il avance tout doucement jusqu'à quelques mètres pour mettre son plan à exécution. Sauf que, au moment où il s'approche suffisamment près, il se rend compte ce n'est pas un lapin qui est en train de creuser, ni même un coyote, ni même un ours, mais un être humain. En fait, c'est un homme à quatre pattes qui est en train de creuser à main nue. Là, Spencer est tellement surpris qu'il ne tire même pas sur le type. En fait, ce qu'il remarque, c'est que ce type là, cette personne, a les yeux injectés de sang, il a l'air d'être très, très en colère, voir un petit peu dans un état de folie. Je ne sais absolument pas quoi faire à ce moment-là, et je commence alors à faire beaucoup de bruit dans l'espoir que ça fasse partir cette personne. J'enchaîne en disant que je vais appeler les flics, mais honnêtement, je suis tétanisé. Finalement, vu que je suis en pleine torpeur, la personne arrive à se barrer sans que je puisse réellement faire grand-chose. Je suis juste heureux d'être armé à ce moment-là, parce que je pense que honnêtement, sans ça, cette personne m'aurait sauté dessus.
Bon, là, le lendemain, quand Spencer raconte cette histoire à ses collègues, personne ne le croit, mais lui, il est vraiment sûr de ce qu'il a vu. En tout cas, les flics sont venus, mais ils ont eu du mal à identifier quoi que ce soit, à part quelques traces de bottes à droite à gauche. Spencer ne donne pas plus d'information sur la suite de l'enquête, si même cette personne est revenue par la suite, ou même si lui, il a continué à travailler dans le cimetière. Mais en tout cas, comme je vous le disais au début, je suis sûr que pour lui, ça a été sans doute la rencontre la plus improbable et la plus traumatisante de sa vie, surtout qu'il était quand même très jeune.
En tout cas, si vous de votre côté, vous avez déjà fait des rencontres désagréables dans un cimetière ou des choses un petit peu anormales, même un petit peu plus paranormal, n'hésitez pas à nous le dire. Du coup, je serai curieux un petit peu de lire tout ça. Sur ce, écoutez, moi je vous avoue que j'ai toujours une petite, une petite affinité, ce serait plutôt le terme, effectivement, pas du tout une appréhension, une affinité avec les cimetières. En fait, je trouve ça très, très confortable, très calme, et j'avoue que quand j'étais plus jeune, quand j'avais pas accès à un parc à côté où je pouvais me poser, parce que moi, j'adorais la nature, j'avais tendance à aller un peu dans les cimetières, parce qu'il y a beaucoup d'arbres et compagnie, pour bouiner. En même temps, j'avais vraiment pas peur de l'endroit, ou de la mort, ou de ce que ça pouvait représenter en symbolique chez certaines personnes. Je sais que j'avais une ex qui n'arrivait pas à s'approcher des cimetières, puisqu'elle était vraiment très mal à l'aise.
Écoutez, en tout cas, j'espère que vous avez bien aimé cette vidéo, que ça vous a donné peut-être quelques petits frissons, que ça vous a permis de réfléchir à certains moments de votre vie, dur, laborieuse et vaine. Du coup, évidemment, bien entendu, passez de très belles fêtes d'Halloween, et on se retrouve pour la prochaine vidéo. Bye bye.