Transcription
L'hébergement des migrants impacte l'hébergement des SDF, et ceux qui ne veulent pas le voir laissent les clodos mourir dans la rue. Les migrants, c'est devenu un problème. Ils occupent beaucoup de place dans les foyers où, traditionnellement, on hébergeait les SDF. Pour trouver de la place, on a fait appel à des clandestins, ce qu'on n'a pas fait pour des SDF en France.
Non, les migrants ne sont pas mieux traités que les SDF. Les services proposés aux migrants ne sont pas de meilleure qualité, loin de là, que ceux qui sont proposés aux SDF. Ces deux populations ne sont pas si étranges que ça. 40% des personnes qui sont dites SDF sont en fait des migrants.
Quand on parle d'immigrants, en fait, on mélange au moins deux choses. D'abord, en fait, les personnes immigrées, nées étrangères à l'étranger et qui résident en France, soit pour obtenir un visa, soit pour obtenir un titre de séjour. La seconde sous-population, c'est le demandeur d'asile. C'est souvent ces personnes qu'on compare, en fait, de manière trop rapide, avec les personnes dites SDF.
Quand on parle de SDF, on utilise une catégorie qui n'existe pas non plus dans le droit. Il y a une définition qui fait globalement consensus, c'est celle proposée par l'INSEE. C'est toute personne qui dort, soit dans un lieu non prévu pour l'habitation, c'est-à-dire un espace public, un parking, une gare, soit dans un hébergement social.
Comment expliquer effectivement que les centres d'urgence soient remplis ? Puisque très souvent, les médias nous informent, les enquêtes aussi nous informent, que les personnes sans domicile n'ont pas accès aux hébergements d'urgence. En fait, il faut avoir un regard historique. Les centres d'urgence sont remplis depuis bientôt 40 ans. Donc, on voit bien que ce qu'on appelle la crise migratoire, ce n'est pas ça qui explique le manque de places en hébergement d'urgence. C'est les déficits structurels d'une politique de lutte contre l'exclusion du logement.
Place pour les sans-abri, mais en même temps, les centres pour migrants continuent à ouvrir partout en France. Ouverture aujourd'hui d'un centre humanitaire, on envoie quelques images, pour héberger 400 hommes porte de la Chapelle à Paris. À Caen, Jean-Pierre Pernaut, effectivement, fait le lien entre un reportage sur les sans-abri qui n'ont pas accès aux hébergements d'urgence et lance un reportage sur un centre ouvert pour demandeurs d'asile dans un quartier du nord de Paris. Il y a, en fait, un lien qui est fait et qui est absolument non pertinent.
Les politiques destinées aux demandeurs d'asile, en fait, sont liées aux engagements de l'État français par rapport à la communauté internationale. Quand le centre pour demandeurs d'asile ouvre dans le nord de Paris, c'est une politique d'asile. Il n'y a pas de lien avec une politique de lutte contre l'exclusion.
Et certains dispositifs, donc, sont dédiés aux demandeurs d'asile, ce qu'on appelle les CADA, donc Centre d'Accueil pour Demandeurs d'Asile, ou encore un Centre d'Accueil et d'Orientation, CAO. Ces conditions matérielles d'accueil sont équivalentes à d'autres services proposés aux personnes dites sans domicile, mais dans la plupart des cas, ces conditions d'accueil sont très, très précaires.
La question d'accès aux soins, en fait, fait débat assez régulièrement. Et ce qui est au cœur de ce débat, c'est dans le dispositif de la ME, donc Aide Médicale d'État. En fait, cette aide, donc, est destinée aux personnes en situation irrégulière et était accessible, en fait, très rapidement. Il y a quelques années, en fait, elle a vu ses conditions d'accès durcies, puisque là, il faut justifier de trois mois de présence sur le territoire pour pouvoir y avoir accès. En situation irrégulière, c'est très difficile de pouvoir justifier sa présence sur le territoire français.
Les personnes sans domicile ont accès à des aides médicales, notamment via le réseau associatif ou notamment via la CMU, la Couverture Maladie Universelle. Il y a eu, en fait, une évolution depuis 15 ans en termes de dispositifs spécialisés pour les personnes en situation de logement. Il y a des dispositifs qui ont été créés, notamment, on les appelle les lits d'accueil médicalisé, LAM, ou encore des lits halte soins santé, LHSS, qui permettent à des personnes éloignées de l'aide sociale d'avoir accès à des soins.