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Algérie : la révolution des drones qui rebâtit l’équilibre militaire en Afrique du Nord

Voix d'Algérie 9:50

Transcription

Bonjour à tous et bienvenue sur la chaîne. Aujourd'hui, on parle d'un sujet qui fait trembler les États-majors de toute l'Afrique du Nord et même au-delà, les drones et la nouvelle puissance militaire algérienne. Oubliez les classements classiques basés sur le nombre de chars ou de soldats. En 2025, celui qui domine le ciel domine le champ de bataille et l'Algérie a clairement décidé de prendre la première place dans cette course. Installez-vous, ça va être long, dense et extrêmement détaillé.

Commençons par les faits bruts. L'Algérie est devenue en moins de 10 ans le premier opérateur de drones armés en Afrique et l'un des tout premiers dans le monde arabe. Selon les données du SIPRI et des rapports du Pentagone qui ont fuité en 2024, l'armée nationale populaire algérienne aligne plus de 450 drones de combat et de reconnaissance de dernière génération. À titre de comparaison, le Maroc qui est pourtant très actif dans ce domaine tourne autour de 80 à 100 appareils. L'Égypte environ 200, la Tunisie une vingtaine. L'écart est colossal, mais ce n'est pas seulement une question de quantité, c'est la qualité et surtout la diversité du parc qui impressionne.

L'Algérie a réussi un exploit stratégique. Elle n'est dépendante d'aucun fournisseur unique. Elle a su jouer la carte de la diversification comme personne. On retrouve dans son arsenal les drones chinois Wing Loong 2 et CH4 et CH5, les Émiratis United 40, les Turcs Aksungur et TB2 évidemment mais aussi et c'est là que ça devient intéressant les drones iraniens Mohajer 6 et surtout Shahed 129 et Shahed 149 les versions améliorées du fameux Shahed 136 qui terrorise l'Ukraine. Et depuis 2023, l'Algérie assemble elle-même sous licence des drones turcs et chinois sur son sol, notamment à In Salah près de Sétif et à Oran.

Allons dans le détail des appareils les plus emblématiques. Le Wing Loong 2, c'est le bestseller chinois. Portée 4000 km, autonomie 32h, il peut emporter 480 kg de charge utile dont des missiles Blue Arrow et des bombes guidées TL20. L'Algérie en possède au minimum 48 exemplaires, certains équipés pour la guerre électronique. Le CH5 est encore plus gros, 20 m d'envergure, 60 heures d'autonomie, une tonne de charge utile. L'ANP en a reçu 24 en 2022 et 2023. Ces appareils ont été vus en opération au-dessus du Sahel et surtout lors des grandes manœuvres près de Tindouf en 2024 où ils ont simulé des frappes à 600 km à l'intérieur du territoire.

Côté turc, l'Aksungur est la star. 20 m d'envergure, 7500 kg au décollage. Il emporte des missiles air-sol MAM-L, des bombes intelligentes Rokets 100 et même des missiles de croisière SOM de 250 km de portée. L'Algérie a commandé 36 Aksungur et les premiers ont été livrés en 2023. Les Aksungur plus petits mais très endurants sont utilisés pour la surveillance maritime le long des frontières. Et bien sûr les TB2, plus d'une centaine qui servent à la fois pour la reconnaissance et les frappes légères.

Mais le vrai game changer, c'est l'arrivée des drones iraniens de la famille Shahed. Le Shahed 129 est capable de voler 24 heures et d'emporter quatre missiles Sadid. Le Shahed 149 surnommé le Reaper iranien est une bête, 21 m d'envergure, 35 heures d'autonomie, 500 kg d'armement dont des bombes Almas guidées par infrarouge. L'Algérie a reçu les premiers exemplaires en 2023 et selon des sources militaires françaises, elle en produit maintenant sous licence dans une usine secrète près de Constantine. C'est une première mondiale. Un pays hors Iran fabrique le Shahed 149.

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Revenons à la stratégie. Pourquoi l'Algérie a-t-elle mis autant d'argent dans les drones ? Parce qu'elle a tiré les leçons de tous les conflits récents. Haut-Karabakh 2020, Ukraine depuis 2022, Gaza, Yémen. Partout les drones ont changé la donne. Un seul TB2 peut neutraliser un char à 8 millions de dollars avec un missile à 50 000 €. L'Algérie a vu que le Maroc misait sur des systèmes anti-aériens classiques et sur l'aviation pilotée avec les F16 Block 72. Réponse algérienne : saturer l'espace aérien avec des centaines de drones à longue portée et des drones kamikazes.

D'ailleurs, parlons des drones suicides. L'Algérie possède des centaines de Shahed 136 et de sa version améliorée, le Shahed 138, avec une portée de 2500 km. Des exercices en 2024 ont montré des essaims de 50 drones kamikazes lancés simultanément depuis le désert de Tamanrasset. Imaginez ce que ça donne sur une base aérienne ou une colonne blindée.

Mais il n'y a pas que les drones offensifs. L'Algérie a aussi développé une capacité de renseignement absolument terrifiante. Le drone de reconnaissance stratégique à longue endurance United 40 des Émirats peut rester en l'air 120 heures consécutives et transmettre en temps réel des images haute définition. L'Algérie en a au moins 12. Ajoutez à cela les satellites militaires algériens lancés avec l'aide chinoise et russe et vous avez une capacité de surveillance permanente sur toute l'Afrique du Nord, le Sahel et même une partie de l'Europe du Sud.

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Passons maintenant à l'organisation. Toute cette flotte est gérée par la direction des systèmes aériens sans pilote créée en 2018 et qui dépend directement de l'état-major. Elle dispose de six bases principales : Reggane, Tindouf, Ouargla, Biskra, Aïn Sefra et Boufarik. Chaque base a ses hangars blindés, ses pistes dédiées, ses centres de contrôle redondants et surtout l'Algérie a investi massivement dans la formation. Plus de 3000 pilotes et techniciens formés en Chine, en Turquie, en Iran et même en Russie. Des promotions entières sortent chaque année de l'Académie militaire de Cherchell spécialisée dans les opérations de drone.

Et l'argent dans tout ça ? L'Algérie a dépensé entre 8 et 12 milliards de dollars en 10 ans uniquement sur les drones et leurs systèmes associés. C'est énorme, surtout quand on sait que le budget défense total tourne autour de 20 milliards par an ces dernières années grâce aux revenus gaziers. Mais c'est un choix stratégique. Plutôt que d'acheter 50 avions de combat à 100 millions pièce, elle a préféré 500 drones à 10 millions en moyenne.

Comparons maintenant avec les voisins. Le Maroc a misé sur les drones israéliens Heron, Arcan, Wanderer et surtout les drones kamikazes. Très efficaces mais en nombre limité. Le contrat avec Israël pour les drones et les systèmes de défense est estimé à 2 milliards de dollars. C'est sérieux mais ça reste dans une autre catégorie. L'Égypte a les Wing Loong aussi mais elle est focalisée sur le Sinaï et la Libye. La Tunisie est hors course. La Libye n'a plus d'État centralisé capable de gérer ce genre de technologie.

Résultat, l'Algérie a aujourd'hui une supériorité aérienne sans pilote incontestable en Afrique du Nord. Et elle le montre. Lors des exercices FIR 2024 près de la frontière marocaine, l'ANP a déployé simultanément 12 drones en opération coordonnée. Les observateurs militaires étrangers invités étaient bluffés. Un général français aurait dit : "Ils ont construit une force aérienne parallèle qui rend obsolète une partie de notre propre doctrine."

Et ce n'est que le début. Des sources crédibles parlent d'un projet de drone stratégique algérien 100 % local pour 2028, le Jazir 50 avec une autonomie de 50 heures et une capacité d'emport de 2 tonnes. Et surtout l'Algérie travaille sur des essaims de drones autonomes avec intelligence artificielle. Des tests ont déjà eu lieu dans le Hoggar avec des mini drones kamikazes chinois Sunflower.

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Et maintenant, la question que tout le monde se pose : pourquoi maintenant ? Pourquoi cette course effrénée ? La réponse est géopolitique. L'Algérie se sent encerclée. Le Maroc normalise avec Israël et reçoit des armes américaines et israéliennes de pointe. La France maintient une présence militaire au Sahel et soutient discrètement Rabat. L'Algérie a donc décidé de créer une capacité de dissuasion asymétrique. En clair, même si vous avez des F35 ou des Rafales, si je peux saturer votre espace aérien avec 300 drones en même temps, vos avions ne décolleront pas. Et ça marche.

Les tensions autour du Sahara occidental ont montré que l'Algérie est prête à utiliser cette force. En novembre 2024, après un incident à la frontière, des drones algériens ont survolé pendant 72 heures la zone tampon, empêchant que le Maroc puisse les intercepter. Message envoyé.

Mais il y a aussi une dimension économique. L'Algérie veut devenir un hub régional pour la production de drones. Elle négocie déjà avec le Mali, le Niger et même l'Afrique du Sud pour des ventes ou des transferts de technologie. Et elle utilise ses drones pour protéger ses intérêts gaziers et pétroliers, notamment en Libye et au Sahel.

Conclusion : En 2025, l'Algérie n'est plus seulement la première armée conventionnelle d'Afrique. Elle est devenue la première puissance drone du continent et l'une des plus avancées au monde dans ce domaine. Elle a réussi en dix ans ce que d'autres pays mettent 30 ans à faire. Et elle n'a pas fini.

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