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JE SUIS AMBITIEUX MAIS JE FAIS RIEN (les neurosciences derrière et comment s'en sortir)

Robin Lebrun9:49

Transcription

Si tu es ambitieux, tu as sûrement plein de projets en tête, des trucs que tu veux accomplir, mais dans les faits, tu as pas fait grand-chose. Et ça, c'est pas parce que tu es fénéant. Il y a littéralement un cycle neurologique dans ton cerveau qui te bloque pile quand tu veux te lancer. Et plus tu es ambitieux et plus c'est contre toi. Dans cette vidéo, je vais te montrer exactement comment ce cycle fonctionne et comment le briser pour de bon.

Moi c'est Robin. Ce blocage c'était mon plus gros problème. J'ai passé 2 ans à creuser le cerveau humain pour comprendre pourquoi on fonctionne comme ça. J'ai lu des études, des articles, fait des tests sur moi-même et ce que je vais te partager aujourd'hui, c'est sûrement le truc le plus incroyable et le plus utile que j'ai appris.

Il y a un chercheur en procrastination, Tim Pichill, qui a passé des décennies à étudier pourquoi les gens font pas ce qu'ils se promettent de faire. et il a découvert que la procrastination, c'était pas un problème de gestion du temps. La procrastination, c'est un problème de régulation émotionnelle. En gros, ça veut dire que quand tu as quelque chose d'important à faire, démarrer un projet créatif, lancer un business, envoyer une candidature, faire une séance de sport et que tu penses à le faire vraiment, à ce moment-là, ton cerveau génère une émotion négative. Ça peut être du doute, de l'angoisse, [musique] du stress ou simplement la peur que le résultat soit pas assez bon. et ton cerveau, il aime pas les émotions négatives, alors il s'échappe. Tu te mets à ranger ton bureau, tu [musique] te mets à faire un café, tu prends ton téléphone et tu commences à scroller et d'un coup ce sentiment négatif disparaît et tu ressens du soulagement.

Mais voilà la partie intéressante parce que ce soulagement, c'est une récompense en lui-même et en psychologie, les comportements qui sont récompensés sont répétés. Donc ton cerveau apprend que si j'évite une tâche difficile, c'est là que je vais avoir ce sentiment de soulagement à court terme qui est quelque chose de positif. Et il commence à le faire automatiquement à chaque fois que tu es confronté à quelque chose de difficile. Et ton cerveau crée ce qu'on appelle une boucle d'évitement. Tu es face à une tâche difficile, ça déclenche une émotion négative. Du coup, tu fais pas la tâche. Donc tu ressens du soulagement et la prochaine fois que tu es face à quelque chose de difficile, tu retombes par défaut dans l'évitement parce que c'est ça qui déclenche le soulagement.

Et voilà ce qui se passe exactement dans ton cerveau. À chaque fois que tu es face à une tâche difficile, il y a deux systèmes qui se battent entre eux. Le premier, c'est ton amidal, ton système d'alarme, celui qui traite le danger. Il est responsable de détecter les menaces dans ton environnement. Et si une tâche te paraît effrayante, elle traite littéralement ses tâches comme une menace. Donc elle te dit "Fais pas ça, c'est dangereux, tu dois éviter." Et le deuxième, c'est la partie de ton cerveau qui te fait vraiment agir. Les neuroscientifiques l'appellent le cortex singulaire antérieur dorsal. En gros, il prend le signal de la peur de l'amidale, le coupe si nécessaire et ensuite il te pousse vraiment à faire les choses que tu es censé faire. Mais quand tu procrastines, c'est ton amidale qui gagne. C'est ce qu'on appelle un détournement de l'amidal. Ton cerveau émotionnel prend le dessus sur ton cerveau rationnel et tu fuis la tâche.

Et la plupart des gens s'arrêtent à ça. Tuvites parce que c'est inconfortable. Mais il y a une deuxième couche que personne explique et elle est encore plus forte quand tu es ambitieux. c'est que de rêver de ton projet, le planifier, l'imaginer [musique] abouti, ça te donne déjà la récompense. Parce que quand tu visualises le business qui marche, la vie que tu aurait, le corps que tu aurais, ton cerveau te balance de la dopamine en anticipation comme si tu l'avais déjà fait. Donc tu as un double piège. Agir déclenche une menace et réfléchir te donne déjà la récompense de l'accomplissement. Et ça c'est pas qu'une théorie. Deux chercheuses, Cape et Htingen l'ont carrément mesuré. Les gens qui fantasment un futur idéal se retrouvent avec moins d'énergie. leur tension chute littéralement parce que leur cerveau ressent déjà la détente d'avoir réussi au lieu de mobiliser toute l'énergie nécessaire pour aller le chercher. Ton cerveau a donc un intérêt des deux côtés à rester dans ta tête plutôt que dans le réel. Et plus ton rêve est grand, plus la dose de plaisir quand tu y penses est forte et plus le premier pas concret paraît minable à côté.

Et le truc, c'est que tu peux pas attendre que ça passe parce que ça empire avec le temps. À chaque fois que tu passes dans la boucle d'évitement, tu renforces physiquement le circuit neuronal de la procrastination dans ton cerveau. Et ça a un nom, ça s'appelle le principe de renforcement. Ce que tu répètes, tu le deviens littéralement. Ton cerveau crée vraiment des connexions à chaque fois que tu répètes quelque chose. Sauf que là, bah le circuit de la procrastination devient plus rapide. Donc ça devient de plus en plus ton comportement par défaut et ton circuit de la discipline s'affaiblit comme un muscle que tu arrêtes d'utiliser. Plus tu procrastine, plus tu deviens quelqu'un qui procrastine et plus ça devient automatique. Donc si ton cerveau peut s'entraîner tout seul à éviter et à procrastiner, est-ce qu'on peut théoriquement l'entraîner à faire exactement l'inverse ? Et bien team Pichel, il a passé 20 ans de sa carrière à essayer de répondre à cette question et la réponse est presque gênante tellement elle est simple. La réponse c'est tu dois juste commencer. Juste commencer, c'est tout. Pas besoin de finir, pas besoin de bien faire. Tu dois juste démarrer la tâche pendant 5 à 10 minutes sans penser au résultat. En gros, tu dois apprendre à interrompre la boucle d'évitement.

Et voilà comment faire. L'étape numéro 1 : repère-la et nommela. Quand tu te surprends à procrastiner, à éviter quelque chose, pense à l'émotion que tu es en train de ressentir. Est-ce que tu te sens débordé, anxieux ? Est-ce que tu as peur que ton résultat soit pas assez bon ? Le simple fait de nommer cette émotion suffit à te faire repasser de ton cerveau émotionnel à ton cerveau rationnel. L'étape numéro 2, rends la tâche ridiculement petite et simple. Demande-toi simplement quelle est la plus petite action [musique] possible que je peux me fixer comme objectif juste pour faire au moins un petit peu de progrès ? Par exemple, ne pense pas à je dois trouver mes premiers clients, pense plutôt à j'écris un message à une seule personne et pense pas non plus je dois faire cette séance de sport d'une heure, je la redoute à fond. En plus, ça va être dur. Vois juste la tâche comme simplement mettre tes chaussures et sortir dehors. Et la raison pour laquelle commencer un truc pendant juste 10 minutes est si puissant, c'est que faire la tâche est presque toujours plus facile que l'angoisse que tu ressens avant de la faire. Et donc là, tu crées l'inertie. [musique]

Et Pichil l'a démontré magnifiquement dans cette étude. C'était avant les téléphones portables. Donc il a donné des bepers à 45 étudiants. Si tu sais pas ce que c'est, c'est un petit boîtier des années 90 qui sonnait pour te prévenir que quelqu'un cherchait à te joindre. Alors il les bip plusieurs fois par jour pendant les jours qui précédaient une grosse deadline comme un examen. Et à chaque bip, l'étudiant devait noter ce qu'il faisait et ce qu'il ressentait par rapport au taf qu'il avait à faire. Les données ont montré que les étudiants procrastinaient systématiquement sur les tâches qu'il trouvaient difficiles, désagréables ou stressantes et qu'il les remplaç toujours par des activités plus intéressantes et plus fun. Mais logique, on ferait tout ça, non ? Mais voilà ce que Pichill a trouvé de plus intéressant. En début de semaine, les étudiants se justifient en permanence. Ils disaient sans arrêt "Non mais je travaille mieux sous pression, je travaille mieux quand je suis proche de la deadline." Des trucs comme ça pour expliquer pourquoi ils faisait pas la tâche qu'ils étaient censés faire. Mais quand la deadline les a vraiment forcé à commencer, pas un seul d'entre eux a dit qu'il était content d'avoir attendu. Au contraire, il disait tous qu'ils auraient aimé avoir plus de temps et commencer plus tôt et que la tâche en fait était pas aussi terrible qu'il pensait.

Donc c'est ça le truc à retenir. Tu n'évites pas la tâche, tu évites la façon dont tu penses que la tâche va te faire sentir. Et ton cerveau se trompe là-dessus presque tout le temps. Et là, tu te dis peut-être "Oui, mais moi, je reste pas juste assis sur le canapé à rien faire, je suis occupé tout le temps. Alors, pourquoi j'arrive pas à lancer ce truc que je repousse depuis des mois ?" Et bien justement, il y a une réponse à ça. Ton cerveau te laisse pas rester à rien faire parce que ça déclencherait de la culpabilité. Et la culpabilité, c'est une autre émotion négative à fuir. Donc, il déguise l'évitement en productivité. Et il y a deux déguisements dont je veux vraiment te parler aujourd'hui.

Le premier, c'est le perfectionnisme. La recherche a montré que les gens qui ont un score élevé de perfectionnisme sont de plus gros procrastinateurs parce que le perfectionnisme te fait avoir peur que ton résultat soit pas assez bon et ça gonfle l'effort perçu. Ce qui fait que tu commences même pas. En gros, le perfectionnisme te fait ne jamais commencer comme ça tu n'échoues jamais. Et le deuxième et c'est peut-être celui qui te touche le plus, c'est la procrastination productive. Elle touche tout le monde et ça empire chez les gens intelligents. C'est la plus vicieuse parce que tu es pas vraiment assis sur le canapé. Tu fais vraiment quelque chose. Tu fais des recherches, tu planifies un truc, tu réfléchis au truc, tu regardes des vidéos sur YouTube sur le business, mais tu regardes des vidéos YouTube sur le business au lieu de lancer le business. Et peut-être même que là maintenant, tu regardes même cette vidéo au lieu de bosser. Et le piège, c'est que les gens intelligents sont les champions absolus de ça. Il trouvent toujours une bonne raison et une excuse intelligente de pas encore passer à l'action. Faut d'abord que je clarifie, faut d'abord que je fasse la vision, la stratégie, la road map et cetera et cetera. Et la recherche de Pichil appelle ça la réparation d'humeur à court terme. Quand une vraie tâche déclenche de l'anxiété ou n'importe quelle émotion négative, ton cerveau décide en gros de l'échanger contre une tâche plus sûre et moins risquée. Une tâche qui va quand même te donner un sentiment d'accomplissement quand tu l'as fini, mais sans aucun risque d'échec ou de jugement parce qu'elle a moins d'enjeux. Genre au lieu d'envoyer des messages de prospection, tu vas refaire ton site. Au lieu de lancer ton business, tu vas lire des livres business. Au lieu de tourner une vidéo, tu vas refaire le script cinq fois. Ce qui est très là-dedans, c'est que tu as vraiment l'impression d'avancer, mais que le vrai truc, lui, celui qui compte, bah, il a pas bougé d'un millimètre.

Et encore une fois, souviens-toi, tu n'évites pas vraiment la tâche, tu évites la façon dont tu penses qu'elle va te faire sentir. Mais quand tu commences vraiment à la faire, tu réalises que le truc que tu imaginais dans ta tête était bien pire que la réalité. Et ça quasiment à chaque fois. Et je te parle de ça parce que je suis ce mec et je me bats avec ça chaque jour. J'ai des projets avec une stratégie et une vision sur 3 ans alors que rien n'a encore été lancé.

Donc maintenant tu sais à quoi ressemble la boucle d'évitement. Comment ton cerveau la déguise et comment la briser. Le truc à retenir, c'est que tu es pas un cas perdu. Tu as juste un cerveau qui fait son job et qui te protège d'un danger qui n'existe pas. Ton boulot, c'est de [musique] lui prouver que le danger est faux en commençant par petit encore et encore jusqu'à recabler le truc. Abonne-toi si ça a pu t'aider et dis-moi en commentaire quel autre sujet ou idée de vidéo tu aimerais voir sur ma chaîne. On se voit dans la prochaine.