Transcription
La vie est une maladie sexuellement transmissible et qui se terminera mal. Et donc surtout surtout surtout vous n'acceptez pas un qu'en attente à votre liberté et deux de vous emmerder.
Charles Gave occupe une place de choix dans le paysage médiatique français. Il revient aujourd'hui pour faire le bilan sur ses grandes convictions. Je ne connais pas un seul cas d'un pays retournant à l'équilibre budgétaire par une augmentation des impôts. Qu'est-ce qu'il faut faire du coup ? Charles va nous parler d'énergie, d'or, d'obligations ou encore de la situation politique mondiale. Je suis en train de m'écrouler de tous les côtés. Investisseur chevronné, il partagera aussi ses grands principes d'investissement. Je ne peux pas mettre mon cash en euros parce qu'il faut être cinglé. Je ne peux pas mettre mon cash en obligations françaises parce qu'il faut être cinglé aussi. Donc ça vous laisse simplement deux actifs que vous pouvez acquérir.
C'est parti pour un deuxième round avec le doyen de la finance française. Il va falloir ouvrir la boîte à claques. Bonjour Charles. Bonjour. Lors de notre dernier échange, euh c'était en décembre 2024, les marchés financiers étaient portés par un vent d'optimisme grâce à l'élection de de Trump. Un an plus tard, les indices mondiaux sont quasiment au plus haut historique et on a quand même pas mal de tensions géopolitiques. Il y a un des sujets sur lequel vous alertez depuis un moment, c'est la situation énergétique mondiale. La demande énergétique explose mais les investissements ne suivent pas. Euh lors de votre dernière venue, vous suggériez une exposition à un ETF Énergie à hauteur de 15 % dans un portefeuille. Or, l'indice mondial des valeurs énergétiques, le MSCI World Energy, a fortement sous-performé le fameux MSCI World qui est l'indice global. Enfin, qu'est-ce qui pourrait expliquer la la sous-performance ?
Oh, il y a il y a plusieurs choses qui peuvent expliquer. Là, j'ai peut-être été un petit peu trop un peu léger, un peu rapide en disant ça la dernière fois. La première, c'est que vous prenez l'indice, moi je prends l'indice le S&P 500 et je compare ça au S&P valeur énergétique américaine des non vertes non renouvelables que fossile que fossile qui est un indice tout à fait tout à fait tout à fait connu et là il est en hausse de 11 % sur depuis cette date à peu près. Moi, je l'avais calculé je l'avais calculé à la mi-septembre. Enfin, c'est à peu près pareil. Et ensuite, il fait 2 % de mieux que l'indice S&P 500 equally weighted. Et il fait 9 % de moins que l'indice S&P 500 pour market cap weighted. C'est-à-dire ce qui s'est passé, c'est que aussi bien l'indice mondial que l'indice S&P 500 parce que maintenant l'indice mondial c'est 70 ou 75 % les États-Unis euh sont complètement euh déformés par ces 6 ou 7 valeurs Nvidia et cetera. Les "Magnifiques Sept". Les "Magnifiques Sept". Les "Magnifiques Sept". Donc ce qui n'est pas jouable pour un gérant normal parce que si vous voulez avoir les "Magnifiques Sept" en proportion de ce qu'ils sont dans l'indice, vous allez être obligé de mettre 6 ou 7 % dans chacune des valeurs et vous allez vous faire ratatiner si jamais elles baissent. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire que euh la seule façon d'acheter ces trucs là sans réfléchir, c'est d'acheter de l'indexation. À ce moment-là, vous achetez ces saloperies là sans même y penser quoi. C'est vous avez l'impression que vous achetez un portefeuille diversifié alors qu'il ne l'est pas. Donc ça c'est la première des choses, c'est que dans la façon dont je considère les marchés, je ne regarde jamais les indices. Ce que j'essaie de faire, c'est de faire du 5 ou 6 % réel avec une volatilité faible. Les indices, ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent, ça m'est complètement égal. Mais ce qui m'intéresse, c'est la combinaison volatilité-rentabilité. Donc ça c'est la première des réponses.
La deuxième des réponses qui est aussi assez intéressante, c'est qu'il faut jamais sous-estimer la Chine. La Chine depuis 4 ou 5 ans et encore dans les 12 derniers mois a fait des trucs tout à fait extraordinaires dans le domaine de l'énergie. La première, c'est qu'elle a développé de façon gigantesque tout ce qui était transformation du gaz du charbon en gaz gaz normal. En reprenant les vieux trucs qu'avaient les Allemands pendant la Deuxième Guerre mondiale et qui avaient été ensuite exportés en Afrique du Sud, vous savez, transformation du charbon en essence ou en gaz. Et là, les capacités qu'ils ont mis en place, c'est à peu près quasiment l'équivalent d'un million et demi de barils. Donc c'est ça, ça rajoute à l'offre. Vous dites qu'il n'y a pas eu d'investissement, il n'y en a pas eu chez nous, mais chez eux, ça y va. Ensuite, ils sont en train de faire des travaux. Ils sont en train ils ont fait la première transformation réussie du thorium pour faire des centrales nucléaires. Par exemple, dans la principale ville industrielle de Chine où ils font toutes les voitures, l'énergie entre 8h du matin et 8h du soir est gratuite, l'électricité. Donc nous le prix de l'électricité monte mais chez eux, parce qu'ils ont fait tellement d'investissements que c'est quasiment à la marge, c'est zéro. Vous savez que vous ne pouvez pas la stocker l'électricité sauf dans des produits finis. Donc oui, il y a il y a pas eu il y a pas eu d'augmentation de l'offre chez nous, mais chez eux aujourd'hui, je crois que quand l'Allemagne produit à quelque chose comme 6, le coût de l'énergie, les États-Unis sont à 3 et la Chine est à 1. Donc si l'économie, c'est de l'énergie transformée, on va avoir du mal quoi.
Et vous pensez que c'est un ça va être un sujet important le nucléaire pour l'Europe ? Ben, il faudrait qu'ils s'y mettent. Mais ben prenez les seules qui étaient à peu près douées dans le nucléaire, c'était les Français puis les Allemands. Mais Madame Madame Merkel, Merkel avait arrêté ça d'un coup de sang. Euh mais aujourd'hui par exemple quand j'en parle à des gens qui étaient dans cette industrie, ils me disent "Il n'y a pas un gars qui est sorti des Arts et Métiers depuis 20 ans qui a pris le nucléaire quoi ? Parce qu'on leur disait c'est foutu, on va fermer et cetera." Donc aujourd'hui, vous savez, vous avez les corps des mines qui dessinent les plans qui font tous les trucs compliqués, les types qui se reprennent Polytechnique là, et puis derrière vous avez les mecs qui mettent la main dans le cambouis, c'était les Arts et Métiers, mais on en a plus et on en a plus. Et donc je me suis laissé dire que EDF ou des gens comme ça allaient rechercher des types qui étaient à la retraite en leur disant "Vous voudriez pas faire 4 ou 5 ans de plus parce que on a on trouve plus personne."
Donc la filière est en enfin a été mise à l'arrêt et ça a eu un impact sur l'attractivité en fait. Ben si vous voulez, elle a été mise à l'arrêt il y a 20 ans par cet animal de Jospin qui a fermé Superphénix. Et ben à partir de ce moment-là, on s'est dit bon ben c'est fini quoi. C'était en 99, donc ça fait donc 26 ans. Ben 26 ans si vous sortiez des Arts et Métiers en 2001, 2002, 2003, vous disiez le nucléaire, c'est pas vraiment le futur quoi. Donc si vous voulez, c'est toute la différence entre la Chine où la quasi totalité du bureau politique sont des ingénieurs si j'ose dire des corps des mines. Allez les meilleurs. Et chez nous, il y a que il y a que des avocats et des architectes. Alors, ils peuvent pas penser plus loin que la prochaine élection cantonale, quoi. C'est c'est vachement important. Mais l'horizon énergétique de la France à 30 ans, c'est pas leur truc, hein. Ils en sont complètement incapables.
Il y a un métal qui est aussi une matière première qui vous a toujours beaucoup plu, c'est l'or. Vous avez été optimiste. Pas beaucoup, pas toujours. J'ai si vous voulez pour moi l'or, c'est comment dire ? C'est une façon de se sortir des banques centrales. Donc c'est une façon de prendre une position vendeuse contre les banques centrales. Voilà, vous dites les banques centrales sont en train de faire n'importe quoi parce qu'elles impriment de l'argent. Elles impriment de l'argent, elles souscrivent des dettes de l'État qui seront jamais remboursées et cetera. Donc vous savez que leur bilan, c'est de la saloperie. Donc vous achetez un actif qui est dans dans le passif de personne quoi. C'est donc je par exemple de 80, j'avais recommandé de vendre l'or en 80. Euh dans ma vie précédente. Euh j'avais perdu le tiers de mes clients à Genève ce jour-là. D'ailleurs, ils disaient "Vous êtes complètement fou parce que l'or faisait son plus haut ce jour-là, pas loin." Et puis je suis redevenu positif sur l'or, je crois en 2000, un peu après la crise sur l'euro quoi. Donc c'est quoi ? 2010, 12, 2014, 15, ça doit faire 10 ans que je dis aux gens, bon moi, et je me tue à dire aux gens que l'or, c'est l'étalon de valeur, hein, un étalon de valeur et un étalon de par exemple le mètre. Euh il fait pas un jour 1,50 m et le lendemain 50 cm, ce que je veux dire, il fait 1 mètre quoi. Je me tue à dire aux gens, l'or ne monte pas ou ne baisse pas. L'or, 1 gramme d'or, ça vaut 1 gramme d'or, point barre. Et vous avez l'impression que le reste monte, mais c'est en fait parce qu'il baisse. C'est-à-dire que toutes les monnaies baissent par rapport au gramme d'or, c'est tout. Donc elles ne montent pas, elles se pètent la gueule. Si vous mesurez le 150 % à 100 en or, à la place de le mesurer en en dollar, en dollar, ben vous voyez qu'il a fait, il est il est 30 % plus haut que son plus bas, que son son plus haut qu'il a 21000, quoi. Donc c'était pas la peine de se fatiguer à chercher des actions puisque l'or fait mieux. Et là, 4000 dollars de l'once, vous restez à c'est toujours 1 gramme d'or tant que les banques centrales continuent à faire n'importe quoi. Je vous signale qu'un zéro coupon à 20 ans chinois jusqu'à tout récemment sur les 20 dernières années a fait aussi bien que l'or.
Et à quel moment vous changeriez de position sur l'or ? Bah si si on commence si on si on recommençait à me payer décemment sur mon épargne. C'est-à-dire qu'il faut que les taux réels, il faut que grosso modo le taux à 10 ans soit sur le PIB au moins la croissance du PIB et il faut qu'il y ait à peu près 200 points de base entre le court terme et le long terme. Donc j'ai une courbe de taux pentue avec 200 points de base et les taux longs accrochés 200 points de base, 2 % de plus, voilà, 2 % par exemple aux États-Unis, ça va, les taux à 5 et demi, on est à 4,10, donc il manque encore un petit peu. Mais si on monte à 5 et demi, vous voulez, le budget américain saute parce qu'avec la dette qu'ils ont aujourd'hui et quasiment tout à court terme, je vois pas comment ils vont s'en sortir. Pareil pour la France d'ailleurs.
Vous êtes nombreux à vous poser des questions autour de l'argent pendant cette période de Noël. Ça tombe bien, j'ai écrit un bestseller sur le sujet, vendu à 50 000 exemplaires. Investir pour être libre. Ce livre, c'est un condensé de tout ce que je sais et de tout ce que j'ai appris sur le sujet durant toutes ces années. Comment gérer un budget ? Comment placer son épargne ? Comment limiter les impôts ? Comment préparer sa succession ? Et surtout, comment transformer l'argent en un outil pour atteindre vos objectifs. Ce livre, c'est un investissement dans vos connaissances, mais c'est aussi un beau cadeau pour votre famille ou pour des amis. Si ça vous intéresse, rendez-vous dans toutes les librairies de France, sur la Fnac ou sur Amazon. Allez, on retourne au toc.
Dans un article du 2 juin 2025 sur votre site l'Institut des Libertés, vous disiez que les marchés obligataires anglais, français, américains sont devenus ininvestissables. Il faut donc y avoir ni cash ni obligations dans ces trois pays qui souffrent d'un déficit d'épargne gigantesque. Oui. Pour lutter contre ce phénomène, vous préconisez un investissement dans les obligations chinoises. Oui, ça c'était Oui, bien sûr. Oui, mais ça comme maintenant, elles sont elles sont passées de 5 à 1,3. Donc ça commence, je suis un peu moins chaud sur les obligations chinoises parce qu'on a gagné beaucoup d'argent. Elles sont montées de 25 % en capital, une obligation à duration constante à 10 ans contre une perte de 25 % sur les trois autres là. Donc vous avez fait 50 % d'écart en en quoi en 2 ans ou 3 ans. Euh maintenant, je me dis qu'il faudrait peut-être aller regarder un peu du côté de l'Amérique latine où il y a des rendements absolument extraordinaires. Brésil tout ça vous donne ça vous donne du 6 % d'excès, je crois. Ou alors vous allez sur les pays marginaux en Asie du style de l'Indonésie parce que là comme la Chine est en train d'organiser une zone monétaire autour d'elle-même, on peut penser qu'ils vont stabiliser les taux de change cas petit à petit et que donc les taux longs indonésiens vont aller doucement vers les taux longs chinois quoi. Il va y avoir une convergence des taux quoi. Donc il y a des choses à faire dans les marchés obligataires, mais c'est plus aussi évident qu'il y a 2 ans ou 3 ans quoi.
Il y a un autre facteur qui est important, c'est que la croissance monétaire du dollar, elle est plus forte que la croissance de l'économie américaine. Toujours ? Oui, bien sûr. Ce qu'on appelle le débasement monétaire. Ou pourquoi c'est une information qui qui compte ça selon vous ? Pour euh pour les investisseurs ? Mettons que vous ayez euh qui est un diplôme d'agrégation de math et puis vous dites s'il n'y en a pas assez, il faut qu'on améliore le nombre. Ce qu'a fait Monsieur Chevenement avec le bac. On va maintenant faire baisser la qualité et on va avoir maintenant 1000 normaliens qui vont avoir l'agrégation de math. Est-ce que vous croyez qu'ils seront si bons professeurs ? Les 900 qui qui avaient pas le qui pouvaient pas y arriver avant et qui maintenant on leur donne le titre d'agrégé, leur sert à rien. Donc si vous produisez une valeur de 100 et que une valeur de 200 pour la monnaie, ben ça veut dire qu'il y a un loup quelque part. Ça veut dire que votre monnaie vaut pas grand-chose quoi.
Et ça ça va être quoi la l'impact à moyen long terme sur sur les sur les marchés ? Pour les marchés, c'est très simple. C'est-à-dire vous avez à peu près, moi je me je m'y perds maintenant, je crois que c'est 1500 trillions de dettes de dettes mondiales. Je crois que c'est quelque chose comme ça. Et le marché des actions, ça représente à peu près 1000 trillions. Donc les marchés obligataires, c'est 50 % de plus que les marchés des actions. Bon, vous êtes un type normal, vous dites "Je ne peux pas je ne peux pas mettre mon cash en euros parce qu'il faut être cinglé. Je ne peux pas mettre mon cash en obligations françaises parce qu'il faut être cinglé aussi." Donc ça vous laisse simplement deux actifs que vous pouvez acquérir, les actions et l'or. C'est-à-dire que structurellement les actions et l'or vont monter vis-à-vis des obligations. Ça ça contredit un peu la théorie historique du 60 % action, 40 % obligation. Le portefeuille que quelque part on nous mettait dans le berceau et qu'on nous disait qu' allait nous porter jusqu'à la...
Vous mettez dans le berceau. Vous êtes jeune mon garçon. Vous êtes très jeune. Euh ça vient d'un... Vous souvenez les quatre cadrans ? Bien sûr, je les ai juste après. Vous les avez juste après. Bon, les quatre cadrans, vous savez, vous avez donc action, action, or, cash, obligation. Bon, très bien. Si vous avez pas d'inflation pendant 40 ans, qu'est-ce qui se passe ? C'est que les deux cadrants du haut, vous avez besoin de l'or et vous avez besoin du cash, vous n'en avez jamais besoin parce qu'il y a jamais d'inflation. Donc pendant tout le 19e, on a été en déflation. Donc le portefeuille de base était toujours en obligation et en action. 60/40 puisqu'elles étaient corrélées négativement et qu'il y en avait un qui montait, l'autre baissait, ainsi de suite. Ça marchait très bien. Bon, mais à partir du moment où vous avez une période inflationniste de débasement de la monnaie, la partie obligataire, vous ne voulez plus l'avoir. Et donc c'est ce qui s'est passé. Nous, on a créé toute une série de papiers au milieu des années 2012-2013 en disant le portefeuille 60/40 que tout le monde a parce qu'il marche depuis 40 ans, ça va plus marcher. Moi, j'étais dans les années 70 où il y a eu une très forte inflation. Celui qui avait le 60/40, il a perdu 40 % de son capital en 10 ans, quoi. En terme réel. Euh celui qui avait été 60 % en bas d'action et 40 % en or, il s'en est sorti comme un dieu. Donc ce que je veux dire, c'est que cette idée que le 60/40, c'est perpétuel, c'est perpétuel si les si les banques centrales ne font pas n'importe quoi. Vous pouvez faire un 60/40 si vous voulez aujourd'hui en Chine, mais vous ne pouvez pas le faire en France.
En France, justement, il y a récemment eu un un député qui a pris la parole à l'Assemblée nationale. Ça m'inquiète. [Rires] Voilà, ça commence bien. Et il a commencé enfin, il a traité les actionnaires de de parasites. Or des millions de Français sont actionnaires via les PEA, via les assurances vies, les parts salariales et cetera. Qu'est-ce que ça vous inspire ce genre de déclaration ? Une grande lassitude de voir à quel point les gens qui nous gouvernent sont incompétents et ne comprennent rien à l'économie. La quasi totalité et y compris de la droite française, il n'y a pas vraiment de différence. La quasi totalité des élites françaises se sont converties au marxisme, dans lequel vous avez le capital d'un côté qui est dans l'ensemble très méchant, c'est très et de l'autre côté le travail qui est dans l'ensemble est très gentil. Et si vous mettez du capital et du travail ensemble, vous allez avoir de la croissance. La réalité, c'est que la croissance vient d'un mec qui se met au milieu qui arbitre le risque qui s'appelle l'entrepreneur qui crée une entreprise qui crée de la valeur. C'est ce que vous avez fait. He, vous avez été entrepreneur vous ? Ouais, je suis toujours. Vous l'êtes toujours ? Bon, c'est on peut une fois qu'on l'a été, on s'arrête jamais, he, c'est terrible ça. On en prend le goût et c'est fini. Donc ce que disait Schumpeter, c'est que vous aviez l'entrepreneur au milieu qui allait chercher le capital dont il avait besoin, le travail dont il avait besoin et qui par une opération absolument magique transformé un + 1 en 4. Vous voyez ce que je veux dire ? C'était et donc celui qui crée de la valeur, l'entrepreneur. Et toutes les études sociologiques de qualité faites autour de la loi de Pareto, vous savez la loi des 80/20 montre que 80 % de la valeur dans un pays est créée par 20 % des gens et que dans ces 20 % des gens, 80 % est créé à nouveau par 20 % des gens. Donc vous avez à peu près 4 % des gens qui font 60 % de la valeur. 20 % de 20 %. 20 % de 20 %. Donc c'est ce qu'on raconte dans les évangiles. Vous n'êtes pas un spécialiste avec la parabole des talents. Le le fonctionnaire lui, il va enterrer son talent à chaque fois. Mais les deux autres entrepreneurs qui les doublent, ils le font bien. Donc l'entrepreneur, c'est le paratonnerre à risque dans le système. C'est celui qui prend le risque. Il y en a 5 sur 6 qui échouent. C'est dramatique d'ailleurs, mais c'est comme ça. Ils ont droit à rien. Ils n'ont pas droit au chômage. Ils ont droit au cadavre. Ils échouent et celui qui réussit, tout le monde le traite de salaud parce qu'il gagne trop d'argent. C'est complètement invraisemblable parce que je vous donne un exemple. Tout le monde a gueulé parce que Monsieur Arnault avait gagné je sais pas combien l'année dernière ses bénéfices ou j'en sais rien. Bon, je suis bien content qu'il ait gagné de l'argent cet homme parce que il a créé plein d'emplois en France. Mais surtout ce qui est étonnant, c'est que EDF, qui est géré par ces génies comme le député dont vous parliez là, a perdu 23 milliards d'euros à cause de manœuvres complètement invraisemblables de bêtises du gouvernement français et qu'il n'y a pas une commission d'enquête sur pourquoi EDF, qui avait tout son matériel amorti, comment EDF peut perdre 23 milliards d'euros ? C'est même pas possible ce que je veux dire. C'est donc il faudrait il faudrait que ce député se penche sur tous ces gens qui dépensent de l'argent de nos impôts et qui ne servent à rien. Là, il se penche sur les gens qui les actionnaires, ils prennent un risque. La société peut faire faillite. Lui, ce brave garçon, il est probablement fonctionnaire, puis il est passé à à l'Assemblée. Et donc quand il sera s'il est battu, ce qu'il mérite d'ailleurs d'être, il retournera sans doute à son poste de travail de précédent où sa carrière aura avancé comme si rien ne s'était passé. Donc vous avez un gars qui ne prend aucun risque dans sa vie, qui se permet de porter des jugements de valeur sur des gars qui en prennent et qui mettent la vie de eux et de leurs enfants et de leur famille en jeu. Euh comment dire ? Il y a des claques qui se perdent. Moi ce que je dis toujours, vous un vieux joueur de rugby, c'est que de temps en temps l'entraîneur nous disait "Il va falloir ouvrir la boîte à claques." Quand j'entends ces gars à l'Assemblée, j'ai vraiment envie d'ouvrir la boîte à claques. J'ai envie de leur mettre des claques tellement ils sont nuls.
La dernière fois, vous m'aviez dit qu'on était dans une trappe à France. On continue plus que jamais. La trappe à dette, c'est simplement ce qu'on appelait en en langage de tous les jours autrefois quand on était en cavalerie. Vous vous empruntez pour payer les intérêts de la dette. Et donc la dette monte encore plus vite, mais vous empruntez pour payer les intérêts en espérant que personne ne remarquera. Donc aujourd'hui, ben les intérêts de la France est dans ce qu'on appelle un déficit primaire, c'est-à-dire que elle est en déficit hors service des intérêts. Bah ça veut dire qu'on est cuit quoi. Si votre dette s'accroît de aller 5, 6 % par an et que votre richesse s'accroît 2 % par an, vous avez cadencer les pendules des deux exponentiels, à un moment vous allez avoir un problème. Vous savez pas quand, mais c'est absolument inévitable.
Justement là pour le le projet de loi de finances 2026, vous avez vu que déjà les rentrées de TVA sont en baisse de 10 milliards, on ne sait pas pourquoi on a perdu 10 milliards. Ouais, mais c'est qui est la première recette de l'État. C'est la première. Mais pourquoi ? Parce que les gens vont plus acheter. Évidemment, c'est très étonnant d'ailleurs que ça n'a pas été simplement mis sur la table. Ça vient de là en fait. C'est juste la baisse de la consommation. C'est la baisse de la consommation. Vous avez qu'à voir partout les gens qui s'en vont partout. Allez vous allez vous balader avenue Victor Hugo. Euh il y a une boutique sur deux qui est fermée. Fermée. C'est dans le 16e. Pour ceux qui savent pas, dans le temps, c'était Victor Hugo, c'est là. Donc c'est là où il y avait vous allez vous promener pour aller voir les jolies boutiques quoi. Il n'y en a plus.
Et c'est quoi du coup le il y a la partie recette, il y a la partie dépense aussi qui a été peut-être peu travaillée mais sur la partie recette, on a vu qu'il y avait l'impôt sur la fortune improductive qui avait été proposé, la hausse de la CSG. Ça va être quoi l'impact sur les les finances des Français ? Écoutez, je sais pas parce que tout ça me fatigue à un point considérable, mais ce que je peux répondre, c'est ça, c'est ils ont beaucoup étudié ce sujet dans tous les pays du monde. Je ne connais pas un seul cas d'un d'un pays retournant à l'équilibre budgétaire par une augmentation des impôts. Qu'est-ce qu'il faut faire du coup ? Bah, il faut baisser les dépenses. Et ça, il y a des exemples de pays qui l'ont fait avec succès ? Tous, tous ce qui a marché, les seuls qui ont marché, c'est des gars qui ont baissé les dépenses. C'était Chrétien au Canada, c'était Thatcher en Angleterre, c'était Est-ce que c'est Milei en Argentine ? Que fait Milei en Argentine, il y a plus que 7 ministères en Argentine. Il en a supprimé 25. Combien on a de ministères aujourd'hui ? 34. On est ruiné, on a 34 ministères. Non mais ils sont fous quoi. Ils sont fous comme des lapins tous. Et il y a je crois plus de 1000 autres autorités, grands conseils et cetera qui coûtent quelque chose comme ça en 30 milliards d'euros par an. Et il y en a j'ai vu qu'il y avait un grand conseil sur la lutte contre le bruit. Je suis sûr qu'il doit y avoir des voitures de fonction, des secrétaires, des bureaux. Puis vous en avez un autre qui est un grand conseil pour les relations entre le Parlement et le Sénat. Euh il ne peut pas se téléphoner ces deux couillons [Rires] là. Ouis, je veux dire, mais vous imaginez pas ces grands conseils, ces grandes autorités, mais à quoi ça sert ? Le en France existe toujours le Plan ? Mais c'est le seul pays au monde où il y a encore un service du Plan. Vous savez, en fait, on est fou quoi. Il faut supprimer tout ça. Moi, j'ai été dans les affaires toute ma vie. Quand vous prenez une affaire, la première des choses que vous regardez, vous demandez au comptable, donnez-moi les 10 plus grosses dépenses. Puis vous regardez les 10 plus grosses dépenses et vous dites "À quoi ça sert ?" Et si le type il sait pas à quoi ça sert, vous la supprimez, quoi. Et pourquoi c'est si compliqué ça ? Parce que c'est ça paraît évident. Mais c'est là où ils ont mis tous leurs copains. Vous savez, c'est une République de copains, la France. Donc vous avez mis votre petit ami, votre maîtresse, votre fils dans toutes ces hautes autorités, ces grands conseils ou vous-même d'ailleurs à la retraite, votre meilleur ami parce qu'il a été battu aux élections et donc vous avez une résistance féroce parce qu'à ce moment-là vous attaquez les onsi la branche sur laquelle on est assis en fait quelque chose. Ben voilà, faut pas s'imaginer qu'on est gouverné par des gens qui veulent le bien commun. On est gouverné par des gens qui sont là. C'est ça la grande différence avec mon enfance où quand j'étais enfant, il y avait des hauts fonctionnaires comme Guillaume de l'Ouvrier qui était des j'appelais des moindres soldats si vous voulez terminer pauvre, mais c'était incroyable le boulot qu'il faisait. Et puis aujourd'hui, ben toute la haute fonction publique est devenue corrompue et ça c'est nouveau parce que dans l'histoire de France, bon les politiciens étaient toujours vaguement corrompus parce que ça va avec le terrain, ça c'est pas grave, mais les hauts fonctionnaires, ils étaient absolument, ils étaient intouchables, enfin, ils étaient impeccables, impeccables, impeccables, c'était. Et puis depuis Mitterrand, j'en ai vu beaucoup parmi mes amis qui ont gagné beaucoup d'argent, hein. Et j'ai pas très bien compris pourquoi c'était pas bien d'être. Il pourrait reprendre, il donne, il demandait des stock-options, on leur donnait cette société nationalisée se faisait racheter par une grande société américaine et hop, leurs stock-options étaient exercées et ils touchaient 250 millions et l'administration des finances leur donnait le droit d'aller toucher les 250 millions à Londres pour pas avoir d'impôt dessus. Mais je l'ai vu 10 fois.
Pourquoi vous restez Charles ? Parce que j'aime ce pays. Parce que j'aime ce pays. Je pense que c'est des gredins qui gouvernent, ils foutent tout par terre et que si le Titanic doit couler, je vais être sur le pont en train de chanter avec tout le monde. Ce n'est qu'un de revoir mon Dieu. Voilà, c'est ça. Parce que je trouve qu'arrivé à un certain âge, euh vous ne voulez pas être enterré à Los Angeles ou mourir dans un hôpital qu'on veut. Vous voulez mourir chez vous tranquillement. Enfin, j'ai une passion pour ce pays. Oui, j'aime j'aime y vivre et j'essaie d'aider les gens à comprendre ce qui se passe. Ce que j'essaie de faire, c'est j'essaie de leur apprendre à gérer leur épargne pour qu'ils échappent à ces à ces à ces malfrats.
Justement, si là vous adressez un jeune qui veut commencer à investir aujourd'hui dans une France qui est en difficulté, qui a un gros il a plein de trucs à faire. Ben qu'est-ce qu'il fait ? Qu'est-ce qu'il fait ? Alors, il regarde le monde, ce qu'il fait avec mon aide d'ailleurs s'il veut. Et vous vous rendez compte que dans les il était en train de se passer un phénomène absolument gigantesque, c'est que on n'a plus besoin du dollar pour acheter du pétrole. Donc là, le monopole du dollar sur le commerce du pétrole est terminé. Pourquoi c'est important ça ? Ben parce que autrefois si vous ne pouviez pas avoir de dollars, vous ne pouviez pas acheter de pétrole et vous creviez. Donc les États-Unis contrôlaient tout le monde par le dollar et comme ils avaient fait extraterritorialisé leur dollar, si par exemple la France faisait du commerce avec le Soudan, ils n'aimaient pas ça et ils mettaient 12 milliards d'amendes à la BNP. Donc on fait ce qu'ils ont fait. Donc on était en quelque sorte, on n'avait pas de souveraineté dans l'utilisation de la monnaie du commerce international. La souveraineté était entière pour les États-Unis. À partir du moment où vous pouvez payer avec votre propre monnaie, la France peut faire tout le commerce qu'elle veut avec le Soudan si elle le fait dans sa monnaie. Et donc à ce moment-là, ça change tout. Ce qui veut dire qu'aujourd'hui vous allez avoir, regardez ce qui s'est passé, la guerre ukrainienne, qu'est-ce que ça fait ? Les Européens disent avec le talent qui les caractérise, Russes, vous sortez des pieds, on vous achète plus rien. Les Russes, ça les embête parce que ils vendaient qu'à deux personnes. Ils vendaient aux Allemands d'un côté, aux Chinois de l'autre. Donc tout le monde a dit si vous vendez maintenant qu'aux Chinois, vous allez devenir une colonie de la Chine, ils vont être obligés de céder. Mais les Russes, ils sont d'excellents joueurs d'échecs. Ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont fait d'immenses lignes verticales qui parlent de mouvement clair tout en haut et qui descendent jusqu'à l'Inde, de canaux, de routes, de tout. Ce qui fait que pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, toutes les matières premières du nord de l'Asie vont arriver dans le sud de l'Asie en passant par la terre et non pas par la mer. Donc les Américains ne peuvent pas l'empêcher et qui vont payer avec leur monnaie. Il n'y a plus de contrainte du commerce extérieur sur la quasi totalité en Asie des pays qui ont des excellents départs monstrueux. D'ailleurs, ça veut dire qu'on va avoir un boom en Asie mais inimaginable. Vous n'imaginez même pas ce qui va se passer. Et ce boom va être centré sur Hong Kong parce que tout ce commerce se fera certainement pas en dollar. Ce qui est beaucoup plus malin parce que la Chine a ce coup de pouce d'avoir deux monnaies. Elle a le et elle a le dollar de Hong Kong. Et elle a une place financière qui est en dollar de Hong Kong. Donc maintenant dans 15 ans, la place financière qui dominera le monde, c'est Hong Kong. Vous le savez déjà quoi. C'est ce qui est arrivé aux voitures va arriver à Wall Street pareil.
Et donc ça ça veut dire quoi sur les investissements que devrait faire ce ce jeune qui débute ? Bah ça veut dire un truc terrible. Vous regardez aujourd'hui tout ce qui dépend de l'État français, c'est dans une merde noire. Vous regardez les grandes sociétés françaises, vous prenez les grandes sociétés industrielles. Vous avez un indice MSCI européen des sociétés industrielles. Les sociétés industrielles françaises sont 26 % de l'indice. Combien font les sociétés allemandes ? Probablement 40, 21. C'est-à-dire que l'appareil industriel français est beaucoup plus important que l'appareil industriel allemand. Mais ils n'ont pas eu une usine en France parce qu'ils sont orientés évidemment vers l'international. Ils ont été forcés parce qu'on ne pouvait pas gagner d'argent en France. Et donc si vous pensez qu'il va y avoir un boom comme ça en Asie avec un effet de networking incroyable et que Kliquid ne va pas gagner d'argent, que Schneider ne va pas gagner d'argent, que Saint-Gobain ne va pas gagner d'argent, vous allez bosser dans une société et vous dites "Est-ce que pourriez me nommer à Hong Kong s'il vous plaît ?" Et vous allez être au cœur de la croissance. Ça va être incroyable et pas un pays mieux placé que au monde n'est mieux placé que la France pour faire ça. Sauf si on reste avec cette imbécillité à Bruxelles. Mais ça c'est autre chose.
Il y a un autre pays qui vous plaît je pense, c'est la Norvège. Bah la Norvège, c'est un pays intéressant, mais ils ont un fonds souverain gigantesque. Le plus grand du monde. Ils ont le plus grand du monde. Mais il y a aussi ce qui s'était passé ce qu'on avait appelé la malédiction du pétrole, c'est que ça développe des mentalités de... Tout à fait. On a fait une vidéo sur le sujet d'ailleurs. Ah oui, c'est possible. Qu'est-ce qui s'est passé en Hollande ? Quand votre travail ne vaut plus rien parce que vous avez hérité de votre papa, vous n'avez pas le moral quand même. Il faut pour qu'un homme soit heureux qu'il va que lui il valorise son travail et que les gens autour de lui il le valorisent. C'est que si tout vient d'un chèque qui arrive de l'État parce qu'il y avait ils ont eu du pot d'avoir du gaz en dessous de
La Norvège, ça détonne pas. Alors, je vais dire quelque chose sur les fonds souverains. C'est des braves politiciens en France qui disent : "Il faut faire un fond souverain." Mais bougez pas, la BP 20, moins de 30 milliards. Moins de 30 milliards. Mais pour qu'on fasse un fond souverain, il faut qu'on ait un excédent d'épargne. Faudra commencer par là. Ouais.
Si on n'a pas d'excédent d'épargne, euh, ça veut dire qu'on va, on va emprunter de l'argent aux gens, comme ça, à gauche là, à moi et à vous. On va nous le piquer d'ailleurs. Et ensuite, on va le confier à un inspecteur des finances qui va le brûler en faisant n'importe quoi. Quoi ? Non. Donc, il faut commencer par avoir l'excédent d'épargne et de là, on passe au fond souverain.
Je peux vous raconter une petite histoire comment s'est créé le fond souverain d'Abou Dhabi, vous savez ? Parce que c'est un vieux copain qui s'appelle Baldarmaki qui l'a créé, que je connais depuis 40 ans. Il était tranquillement en 73 en train de faire ses études de médecine aux États-Unis. C'était une bonne famille d'Abou Dhabi. Il reçoit un coup de téléphone du cheikh qui lui dit : "Abou Dhabi, j'ai un problème. Il y a plein de pognons qui arrivent dans les banques. Je sais pas pourquoi et je sais pas quoi en faire." C'est un bon problème, ou un bon problème. C'était le moment où le pétrole était passé de 1 à 30, vous savez, c'était ça. Donc, il y avait du pognon qui arrivait. Oui, ça c'est sûr.
Et alors, il rentre parce que souvent le cheikh dit de rentrer. Il rentre et il crée ADIA. Maintenant qu'il y a 1200, 1300 milliards de dollars d'investissement, ce qui est gigantesque. Mais ils ont commencé par avoir des excédents d'épargne. Hm.
Si vous avez pas d'excédents d'épargne, est-ce que vous allez le prendre le pognon ? C'est-à-dire que la plupart de ces, de ces bons aryens dans l'assemblée et cetera, confondent impression d'argent et épargne. Vous pouvez avoir une épargne minable, on est en déficit d'épargne, mais si la banque centrale imprime de l'argent, ça donne l'impression aux gens qu'on peut faire un fond souverain en lui donnant des billets. Mais c'est des diplômes tout à l'heure, ça veut rien dire. L'épargne, c'est une réalité physique. L'argent, c'est un mythe. Si vous imprimez tout l'argent que vous voulez, il vaudra rien. C'est comme au Zimbabwe. Sinon, ça vaut des... C'est comme au Zimbabwe où les les les billets valent des trillions. Ouais, les billets valent des trillions. Vous, ça, j'ai vu ça.
Donc, si vous voulez, comment marche le système économique, les gens comprennent pas. C'est que vous avez un stock d'épargne qui est fait par des petites fourmis travailleuses là. Vous savez, ouais, vous et moi, allez, on n'est pas des biens, on est sérieux. Et puis vous avez des espèces de fous qui s'appellent les entrepreneurs qui ont besoin, qui ont besoin de cet argent, mais qui probablement, il y en a 5 sur 6 qui vont rater. Et au milieu, vous avez besoin d'un système financier qui transforme cette épargne, qui la prend, qui la transforme et qui la confie pour en faire des investissements productifs, des centrales nucléaires et des choses comme ça. À ce moment-là, ça marche. Mais si le système financier est capturé par l'État et le transforme, on va faire des obligations et on fera des transferts de consommation, vous allez nulle part. Il faut qu'il y ait la trans... ce qu'on appelle l'approfondissement capitalistique qui déclenche la hausse de la productivité qui permet aux gens d'avoir des hausses de niveau de vie. À partir du moment où l'État capture tout pour faire des transferts sociaux, vous pouvez plus avoir de croissance.
Est-ce que vous avez vu cette statistique qui dit que 80 % de la hausse des pensions des retraites seraient allées, in fine, dans de l'épargne ? Donc, c'est-à-dire que les retraités auraient, on a, on se serait endetté pour augmenter les pensions et qu'en fait, on aurait mis 80 % de cet argent en banque. C'est un des, une des choses qui m'amuse le plus, ça.
J'ai des copains qui viennent de me voir parce que ils aiment bien avoir des conseils gratuits et ils me disent : "Charles, qu'est-ce que je dois faire de mon épargne ?" Je leur dis : "Très bien, dis-moi où tu l'as mis et d'abord, pourquoi tu as besoin de mes conseils ?" Il me dit : "Parce que la France va faire faillite." Je dis : "C'est pas complètement impossible." Alors, qu'est-ce que tu as dans ton épargne ? "J'ai une assurance vie." C'est très bien. Et qu'est-ce que tu as dans ton, dans ton assurance vie ? "Des obligations de l'État français." Je leur dis : "Vous êtes quand même les rois des cons, parce que vous êtes, vous avez l'État français qui fait faillite, vous voulez vous protéger, vous faites pas ce qu'il vous donne un petit avantage fiscal, vous allez là-dedans et vous allez ensuite acheter une obligation de l'État qui va faire faillite. Mais on peut pas être plus con." Et c'est ce qu'ils font tous. Bah, c'est ce qui est dans le fond en euro. C'est la majorité de l'épargne qui est dans les assurances. 200 milliards, c'est un truc. Il devrait pas y en avoir. La seule façon qu'on ramène ces hommes, pas les Bourbons, à la raison, c'est si les Français vendaient ces 1200 milliards d'euros. Et à ce moment-là, il cesserait de nous augmenter les impôts, il comprendrait, commencerait à couper les dépenses. Mais tant que on leur file des pognons, il le, ils vous le rendent, c'est sans espoir, quoi.
Il y a un autre pays qui, euh, qui je pense vous vous plaît bien et qui est un pays assez intéressant. C'est un de nos voisins. Il est au cœur de l'Europe. Pourtant, il est très à part. Historiquement, c'était plutôt un pays de de mercenaires. C'était, c'est un pays qui s'est construit sur une certaine neutralité. La Suisse. La Suisse, voilà, vous l'avez deviné. Industrie bancaire très forte. Euh, pas si forte que ça, moins, moins, moins, moins puissante en en pourcentage du PIB que la France, mais avec une industrie bancaire privée extrêmement réputée et surtout une neutralité et une capacité à faire de la politique en direct avec les référendums. Euh, ben, c'est-à-dire qu'ils ont pas de politique. La beauté des Suisses, si vous voulez, c'est que personne ne connaît les hommes politiques. Personne ne connaît les hommes politiques parce que les Suisses votent surtout. Ça, tout part de la commune. Alors donc, la commune décide de ce dont elle va s'occuper et elle décide par référendum. Donc, puis s'il y a des trucs que la commune sait pas bien faire, par exemple, l'entretien des voies entre Bâle et Zurich, voyez, donc ça va aller au canton. Alors là, canton, il s'en occupe un peu. Notre département, le, un peu plus gros, entre la région, ça va au canton. Bah, il s'occupe des trucs. Et puis ensuite, troisième étape, si les cantons savent pas faire les affaires étrangères ou des choses comme ça, ça va à la confédération. Alors, qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? Vous avez un vote qui se fait à la proportionnelle intégrale et il y a 13 partis. Donc, tout le monde a ça, tout le monde a le proportionnel intégral. Et ce qui se passe après, c'est rigolo, c'est que ce qu'ils appellent le merveilleux compromis. Les Suisses, ils ont besoin de désigner sept ministres. Il y a que sept ministères en Suisse. Il y a jamais eu un de plus, hein. Sept. Donc, ils disent au premier parti, celui qui a le plus de voix : "Toi, tu désignes deux ministres." Au parti après, le second, deux ministres, le troisième, deux ministres, le quatrième, un ministre. Ils sont tous désignés comme ça et ensuite, on les met dans une pièce comme celle-ci, les sept là, et ils décident de quoi ils vont être ministres parce que personne ne les nomme. C'est les sept qui disent : "Toi, apparemment, tu es commerçant, tu dois comprendre l'économie, donc toi, tu seras ministre de l'économie. Moi, ce que je veux dire, c'est comme toi, tu es docteur, tu t'occuperas de la santé, quoi." Et c'est à peu près ça, quoi. Et c'est cette... Donc, présente des projets et cetera. Le parlement fait des lois et si par hasard la population n'aime pas la loi, il y a un corps, moi qui se lève et qui dit : "On va faire un référendum s'il a assez de voix pour annuler cette loi qui est complètement idiote." C'est-à-dire que tout part de la base, rien au sommet. On a, ça fait longtemps qu'ils ont pas eu de génie. Alors, ils avaient créé une espèce d'énarque il y a 40 ans pour gérer un peu tout ça là. Euh, elle existe toujours, c'est un sous-département de l'université de Lausanne où on apprend comment faire le concours administratif pour être receveur des postes, quoi. C'est, c'est à peu près ça, quoi. Donc, la Suisse, c'est ce merveilleux pays où personne ne connaît le nom de son politicien, quoi. Il vote sans arrêt, surtout.
Qu'est-ce qu'on devrait récupérer chez eux et importer en France ? Ben, ce qu'on, ce qu'on peut récupérer chez eux, c'est simplement aussi, par exemple, la meilleure des choses, c'est la Constitution. La Cinquième est une abomination puisque tout l'ordre du jour politique appartient à l'exécutif. C'est même pour de, c'est l'exécutif qui donne des ordres au parlement pour dire : "Vous allez discuter de ça, pas d'autres choses." C'est, c'est incroyable. Comme le budget actuellement. Comme le budget actuellement. Alors que ce qu'on peut faire, c'est tout simplement dire : "Bah, on devrait faire un référendum d'initiative populaire citoyen, comme vous voulez, pour que la population dise aux hommes politiques ce qui les intéresse eux." Parce que les, les hommes politiques, ils parlent de ce qui les intéresse eux, les hommes politiques, mais de ce qui intéresse les Français, pas du tout. Parce que là, on pourrait dire : "On aimerait que vous faire un référendum, je sais pas, sur l'immigration par exemple, ou sur des sujets comme ça." Et à ce moment-là, ça réintroduirait le politique dans le système et ça réintroduirait le souverain.
Parce que moi, quelque chose qui me fait rigoler, c'est que par exemple, en France, on rend la justice. Si vous êtes condamné, c'est au nom du peuple français. Bon. En Angleterre, vous êtes condamné, ce qui est beaucoup mieux, au nom du roi d'Angleterre, c'est plus chic. Mais alors, à partir du moment où une décision de justice est prise par une Cour de justice européenne, la Cour européenne est loin de l'âme et cetera, et que vous êtes condamné par elle, cette justice rendue au nom de qui ? Qui est le souverain ? C'est-à-dire qu'ils sont en train de monter des systèmes juridiques à l'extérieur qui n'ont plus de souverain et qu'eux nomment. C'est-à-dire qu'on peut plus les déloger. On est en train d'arriver dans un système où le souverain, d'après tous ces gars-là, c'est plus le peuple, c'est le droit, le droit que eux font. Donc, on est en train de rentrer dans un gouvernement des juges qui n'a plus rien de démocratique. Regardez le Conseil constitutionnel qui annule un vote du parlement parce que c'était pas bien vis-à-vis de, de droits de l'homme. Mais attendez une seconde, le parlement, il est souverain. Non, le Conseil constitutionnel, qu'est-ce que c'est ? Une assemblée de sept vieux crétins qui ont eu, qui ont tous des casiers judiciaires parce que pour être conseiller constitutionnel, il faut avoir un casier judiciaire. Roland Dumas, Dupré, euh, ils ont tous des casiers judiciaires. Donc, un gendarme ne peut pas avoir un casier judiciaire, mais les gars du Conseil constitutionnel, ils en ont tous un. Donc, vous vous dites, il y a une mafia criminelle qui a pris le pouvoir et qui se débrouille pour le garder en utilisant le droit et non plus le vote. Bah, c'est honteux. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire qu'il y a eu une, on est en train, on n'est plus du tout dans un système de démocratie, mais plus du tout.
Vous avez vu le, peut-être le rapport de Mario Draghi qui avait mis en exergue pas mal de choses. Il devrait être en prison, celui-là. Pourquoi Mario Draghi ? Parce qu'il a fait des, au moment où l'Italie devait rentrer dans le, l'euro, il a fait des accords de swap avec, comment ça, je crois, je sais plus, c'était Morgan Stanley, l'un des deux, dans lequel il a caché une partie importante de la dette parce que tout le monde savait qu'elle était là, c'était pour qu'il puisse rentrer parce qu'il avait moins de 70 % de dette alors qu'il en avait 110, quoi. Et puis ensuite, quand la dette réapparue, on a payé 3, 4 milliards à Morgan Stanley de pénalité parce que ça avait coûté de l'argent, ce truc-là. Donc, Mario Draghi, si vous voulez, en fait, il en fait en écriture publique en Italie pour rentrer dans le, logiquement, il devrait être en prison. Mais pas du tout. Il a été nommé président de la commission après avoir été le patron du service des finances de l'Italie, président de la BCE, et puis ensuite gouverneur de la BCE, puis ensuite, il a été premier ministre, et puis maintenant, il est, il est au conseil de qui ? Goldman Sachs, probablement. Ben, évidemment, si vous trouvez que ça ne mérite pas la prison, tout ça, c'est que vous avez une idée un peu de ce que c'est l'éthique, quoi.
Vous l'avez dit tout à l'heure, c'est les, c'est les entrepreneurs qui créent de la valeur. Il y a que, c'est quoi les, selon vous, les les pays, les trois pays, s'il fallait en citer que trois, qui traitent le mieux les entrepreneurs aujourd'hui ? Alors, le plus étonnant, celui qui va toujours, parce que j'ai beaucoup, j'ai beaucoup travaillé avec lui aussi, c'est les États-Unis, parce qu'il y a quelque chose de très extraordinaire aux États-Unis où ils ont très bien absorbé cette notion, c'est que si vous cassez la gueule en France en tant qu'entrepreneur, vous êtes barré à la Banque de France, c'est fini, vous êtes foutu. Aux États-Unis, est-ce que vous prenez un type comme Steve Jobs ? Vous savez, les critères d'Apple, tout le monde me dit : "Quel entrepreneur inouï." Mais ce qu'il a d'extraordinaire, c'est le nombre de fois où il s'est cassé la gueule. La majorité du temps d'ailleurs, la majorité, il s'est ramassé des gamelles, mais il s'est fait virer de sa propre boîte. Il s'est fait virer de sa propre boîte qu'il avait créée. Qui l'avait créé ? Et puis il est revenu. Et puis il est revenu après avoir créé les, les trucs de dessin animé. Et donc, donc, c'était un type, il est devenu riche avec Pixar. Bonjour, beau comme tout, une belle bête. Moi, j'ai des chiens aussi, toujours avec au bureau avec moi. Et donc, ce qu'a d'étonnant, si vous voulez, c'est que quand vous allez aux États-Unis, vous vous pétez la gueule et vous distinguez par : "Mon grand, ça, ça va mieux aller la prochaine fois. Et la prochaine fois, tu viens me voir, je te filerai du pognon à nouveau." Donc, il y a cette compréhension presque instinctive aux États-Unis que pour réussir, la contrepartie, c'est qu'on est chaud. Quand j'étais gamin, quand il y a quelques années, j'allais skier comme un cochon d'ailleurs. J'ai commencé à skier, j'avais 50 ans, donc je suis pas bon. Et j'avais une petite fille qui skiait avec nous, et notre moniteur là, et toute fière à la fin de la journée, elle a dit : "Moniteur, je suis pas tombée une fois." Et il lui a dit : "C'est que tu as pas vraiment essayé. Ça veut dire que tu as fait aucun progrès pendant la journée." Mais la contrepartie de l'entrepreneur, c'est qu'il accepte de se camelier. D'ailleurs, c'est l'humain qui meurt le plus tôt dans les statistiques démographiques parce qu'il vit tout le temps étant mort de trouille en se disant : "Ça va pas durer, ça va pas durer, ça va pas durer." Donc, les États-Unis, un pays, les États-Unis, c'est ça, c'est tout à fait remarquable.
Euh, Hong Kong, c'est poil votre patrie de cœur, j'ai l'impression. Patrie de cœur, c'est Hong Kong. C'est le pays qui devrait pas marcher, il y a rien. Et ça marche au teneur de Dieu parce qu'il fut une paix royale, quoi. C'est, et ça a été créé par les Anglais. Et ce qui est curieux, c'est que pendant que l'Angleterre était en train de s'enfermer avec le parti travailliste, c'est tout, il nommait des gouverneurs de bonne qualité à Hong Kong qui faisaient exploser Hong Kong. Il y en avait un que j'aimais particulièrement, c'est l'histoire. Il y a des fonctionnaires qui viennent lui dire : "Monsieur le gouverneur, monsieur le gouverneur, on a un problème, on a un problème." Et il dit : "Ah, moi, qu'est-ce que c'est ?" C'est : "Ils disent, on a un gros déficit extérieur, c'est une balance commerciale déficitaire." Alors le gouverneur le garde, dit : "Je vais prendre une mesure importante, hein, vous vous en souviendrez." Tout le monde lui : "Qu'est-ce que vous allez faire, Monsieur le gouverneur ?" "Je vous interdis de publier les statistiques [rires] du commerce extérieur parce qu'à partir du moment où vous avez des statistiques du commerce extérieur, tous les cornio vont commencer à crier pour avoir des droits de douane, des des subventions, des trucs, des machins." Et Hong Kong n'a jamais eu de... J'adore Hong Kong parce que tout marche. Les, les gros, ce qui est terrible à Hong Kong, c'est qu'ils pensent tous qu'ils parlent anglais. Et alors, ils vous parlent anglais et vous avez des grands moments de solitude en disant : "Alors, je vais aller demander à mon fils, qu'est-ce qu'il m'a dit, parce que lui, il comprend les Chinois quand ils parlent anglais, je comprenais pas toujours." Et alors, vous leur dites, vous leur expliquez ce que vous voulez qu'ils fassent, ils disent : "Kandou, kandou." Ils peuvent le faire, ils peuvent le faire. Ils ont pas compris ce que vous avez dit, mais ils vont le faire quand même. Et s'ils ne le font pas, ce sera un cousin, ce sera un frère. Il y a pas de droit du travail à Hong Kong, il y a un droit des contrats. Vous passez un contrat avec votre société, s'il y a un problème, vous allez devant les tribunaux de commerce et c'est traité. Donc, il y a pas de droit, il y a pas, il y a pas de... Et tout marche. Les hôpitaux, le port, les transports en commun, c'est propre. Il y a jamais de criminalité. Enfin, c'est, c'est Hong Kong, si vous voulez, c'est, c'est un brûleur d'énergie, tellement, tellement rien ne devrait marcher et tout et tout marche. Mais il y a toutes les populations de la terre qui sont là. Vous avez des Indiens, des, vous avez tout. Et quand j'y étais, il y a 20 ans, il y avait 5000 Français. Aujourd'hui, il y en a 20000. Il y a beaucoup plus de Français qu'aujourd'hui que que d'Anglais en. Pourquoi ? Parce que c'est la patrie des entrepreneurs. Vous essayez un truc, mais par contre, si vous nagez pas, vous coulez, hein. [rires] Il y a pas de filet. Il y a pas de filet. C'est fou comme ça stimule, comme vous apprenez vite à nager, quoi. C'est...
Vous avez dit tout à l'heure le mot droit de douane, ça a été quand même un thème récurrent avec Trump qui a imposé des droits de douane à tout le monde, notamment à la Chine, qui peuvent aller jusqu'à 60 %. La Chine du coup a relancé, a lancé un plan de de relance massive pour compenser la perte des marchés américains. Comment vous lisez toute cette situation autour de ce thème droit de douane avec Trump ? L'empire américain est en train de s'écrouler. C'est une réalité. Ils ont plus le monopole sur l'énergie, ils ont les armes que font les Russes sont les meilleures. Ils vont perdre la guerre en Ukraine. Enfin, bref, c'est en train de s'écrouler de tous les côtés. Donc, quand un empire s'écroule, le rôle d'un grand leader national comme Atatürk en Turquie, quand c'est l'empire turc s'est écroulé, c'est d'extraire la nation de l'empire qui s'écroule. Et c'est un, c'est un boulot, c'est un boulot qui est très difficile. Ça, c'est un peu ce qu'a fait de Gaulle au moment de la décolonisation. Il a essayé d'extraire la France de l'empire qui s'est écroulé. Bon, ce qu'essaie de faire Trump, c'est d'extraire, euh, les États-Unis de l'empire qui s'écroule. Et alors, quand vous êtes un empire, comme tout le monde dans votre empire fait du commerce dans votre monnaie, d'ailleurs, si vous ne le faites pas, quand quand des types comme Kadhafi ou Saddam Hussein ont essayé de faire du commerce en autre chose que le dollar, leur espérance de vie a chuté très rapidement. Voyez, c'est donc, s'ils imposent l'usage de leur monnaie, le cours forcé en quelque sorte par la, par la force littéralement. Maintenant, ils peuvent plus le faire. Alors, on a le problème, c'est que par exemple, la quasi-totalité des banques centrales dans le monde avait besoin de faire des réserves de change en dollars pour acheter leur énergie. Pas pour acheter des produits aux États-Unis, c'était pour acheter l'énergie. Aujourd'hui, vous n'avez plus besoin de dollars pour acheter votre énergie, mais il y a 5000 milliards de dollars de réserve qui sont dans les banques centrales aujourd'hui qui ne servent plus à rien. Et donc, le gros problème de Trump, c'est de se dire : "Comment je vais réussir à faire rentrer ces 5000 milliards aux États-Unis sans déclencher un cataclysme quoi ?" C'est, alors ce qu'il fait, c'est qu'il, il dit : "Comme on produisait plus rien aux États-Unis, puisque l'empire produisait pour eux, ils avaient plus besoin. Il y avait les Japonais qui faisaient les voitures, les autres, ils disent : "Bah, on va forcer les Japonais, on va mettre des taxes pas possible sur les Japonais, déjà ça fera rentrer quelques milliards de dollars." Et puis ensuite, la deuxième chose que je ferai, c'est : "Je dirai aux Japonais : Bah, je continuerai à vous mettre des droits de douane de plus en plus élevés, sauf si votre usine de voiture, vous les rapatriez, vous les rapatriez enfin, vous les expatriez du Japon, vous les mettez chez moi." Les délocaliser, les délocaliser, ça prend encore quelques milliards de dollars. Et puis, vous dites aux gens : "Vous savez, euh, nous, les États-Unis, on est quand même le meilleur dans tout ce qui est technologie. Il y a pas, il y a pas photo. Donc, on est en train d'inventer un truc qui s'appelle l'intelligence artificielle. On va dominer ça, mais alors vous allez voir, ça va être écrasant." Et donc, si vous voulez, dans vos portefeuilles, participer à l'intelligence artificielle, c'est 5 milliards de, 5000 milliards de dollars qui sera, qui sera à l'extérieur, vous devriez les mettre dans les, dans dans Nvidia, quoi. Et donc, il espère faire rentrer ça comme ça, petit à petit, et que le prix des actifs américains monte et que lui, il développe la base, qu'il, ça lui laisse le temps de développer la base. Ça peut marcher, mais ça va être sportif, hein.
Vous avez parlé de l'intelligence artificielle. Ce qui est très paradoxal, c'est que quelque part, on parle beaucoup de Nvidia, mais Nvidia ne fabrique pas les les puces. C'est TSMC qui est une entreprise taïwanaise qui est à 100 km de la Chine. Exactement. Qui est à côté de la Chine. La Chine qui pourrait un jour décider d'envahir Taïwan. Jamais. Pourquoi jamais ? Pour une raison très simple, c'est que vous regardez, c'est une raison géographique. Vous regardez, Taïwan, c'est très beau. Formosa, ça voulait dire la belle île en portugais, je crois. C'est une île superbe, mais c'est une série de falaises face à la Chine avec simplement trois plages. Donc, si vous voulez un débarquement, bonne chance les gars, parce que les trois plages, les trois plages en question, elles sont surveillées. C'est pas, j'imagine. Et puis, c'est à 100 km, c'est pas 15 km comme, ou 20 km comme le Pas-de-Calais, quoi. Et enfin, dans les 600 dernières années, la Chine n'a jamais déclenché une guerre. Dans l'ordre hiérarchique, vous avez tout en haut le mandarin, le type qui est très compétent là. Puis vous avez le commerçant, puis vous avez l'agriculteur, et puis tout en bas, vous avez le soldat qui était vraiment la dernière des... Donc, les Chinois n'ont pas un grand respect pour le soldat, quoi. Et donc, il a fait pendant 500 ans, ils n'ont pas eu de guerre. La Chine n'a jamais attaqué personne de son histoire depuis 500 ans, quoi. C'est bon, ils ont pris, ils ont pris le Tibet parce qu'ils considéraient que c'était eux, mais et surtout parce que ça contrôle toutes les eaux qui vont vers l'Asie. Donc, ça, ça bouge beaucoup les autres. Les Indiens, ils aiment pas avoir les Chinois qui contrôlent le Gange, quoi.
Je vais vous raconter une histoire qui était une histoire. Il y a 20 ans ou 30 ans, je sais plus, j'ai rencontré à Taïwan le ministre des Affaires étrangères de Taïwan. Je lui ai dit : "Alors, vous, comment ça va avec la Chine du frère ?" Ça va. Et je dis : "Qu'est-ce qu'ils vous ont mis comme ligne rouge que vous devez pas franchir parce que s'ils tapent, tant pis ?" Il dit : "Ça, nous, on a mis de qui risque pas de changer. La première, si on devient force nucléaire, ils rentrent dedans. Si on développe une bombe atomique, ils rentrent dedans, mais tout de suite. Deuxièmement, si on déclare notre indépendance, ils rentrent dedans." Mais sans... C'est une autre histoire qui est connue. C'est Malraux qui était allé reconnaître la Chine pour de Gaulle et cetera, et qui demande à Zhou Enlai, qui était le grand diplomate de l'époque, était un type très brillant. Il lui dit : "Alors, Monsieur le Premier ministre, qu'est-ce que vous pensez de la Révolution française ?" Et Zhou Enlai le regarde, lui dit : "C'est un peu tôt pour répondre." Ils n'ont pas la même notion du temps que nous. Dès le moment où vous admettez qu'un jour Taïwan et la Chine, ils seront ensemble un jour. Mais surtout, vous demandez personne, ils veulent pas qu'on précise parce qu'ils ont pas du tout envie que. Et voilà. Et puis les Chinois, ils trouvent que c'est beaucoup plus, moins cher d'acheter tous les, tous les, tous les ingénieurs de TSMC et de faire à Shanghai que de commencer une guerre, quoi.
Comment vous voyez la, l'IA et l'impact que ça a sur les marchés financiers ? Il y a quand même des valorisations qui sont gigantesques. Vous l'avez dit, Nvidia, euh, un poids énorme. 5000 milliards de dollars, c'est n'importe quoi. Quoi, c'est la plus grosse société de l'histoire maintenant. De l'histoire. Et surtout, je crois que c'est la société qui, elle est passée de 2000 milliards de dollars à 5000 milliards de dollars en l'espace d'un an et demi ou quelque chose comme ça. C'est la plus grosse. C'est quoi la capitalisation boursière de la bourse de Paris ? Ça doit être 3000 milliards. 2300 milliards de mémoire. Voilà. Voilà. Donc, ouais. 3000 milliards de dollars. Donc, en en un an et demi, vous avez une valeur qui, qui a pris la valeur de toutes les valeurs françaises. C'est complètement idiot, quoi. C'est complètement imbécile. Comment ça va se finir cette histoire ? En 1989, les valeurs japonaises qui étaient dans une très belle bulle faisaient 52 % de l'indice mondial. Les valeurs japonaises, les banques japonaises faisaient 25 % de l'indice mondial. Aujourd'hui, le Japon doit être à 7, 8 % de l'indice. Il a peine à repasser ses plus hauts récemment, c'était il y a 30 ans. Ça s'est pété la gueule de façon gigantesque, mais le reste est monté. Donc, ce que je dis aux gens, c'est : "Vous savez qu'il va y avoir un boom gigantesque en Asie. Vous savez que ce boom va être centré à Hong Kong." Donc, vous achetez les banques de Hong Kong parce que même elles gagneront de l'argent. Les marchés baissés, réussir à gagner de l'argent, ce qu'il y a pas. Et puis, de l'autre côté, ce que vous faites, c'est que vous achetez Schneider, euh, Air Liquide, et que vous avez deux sortes de croissance : la croissance par l'invention, la croissance schumpétérienne, ou la croissance par une meilleure utilisation du travail, du capital et des hommes. C'est la croissance ricardienne. Et bien, euh, les gens depuis 15 ans ont gagné de l'argent uniquement avec la croissance schumpétérienne. Et je me tue à leur dire : "Les 15 prochaines années, ça va être une croissance ricardienne." Donc, celle-ci va se dégonfler, celle-là va monter, et ça va être égal.
Charles, j'ai envie de vous proposer un exercice. On va imaginer que dans 60 secondes, vous allez perdre la parole à tout jamais et toute votre œuvre sera détruite sans laisser de trace. C'est quoi la pensée la plus utile que vous vous partagez, que vous voulez partager à ceux qui nous regardent et qui nous écoutent ? Si vous vous emmerdez, faites autre chose. Ne restez pas dans un endroit où vous vous ennuyez. On n'est pas, la vie est une maladie sexuellement transmissible et qui se terminera mal. Elle est mortelle, généralement. Elle est mortelle et donc, elle est courte. Et donc, surtout, surtout, surtout, vous acceptez pas un, qu'on atteigne, qu'on atteigne à votre liberté, et deux, de vous emmerder. Amen.
Je vous propose de finir par le chronofinéraire. Je vous propose deux options. Vous me donnez celle que vous préférez avec une explication très courte. Le pétrole à 200 dollars ou bloqué sous les 100 dollars ? C'est, c'est embêtant si vous voulez, mais moi, j'aurais plutôt tendance à rester à dire : "Bloqué sous les 100 dollars", parce que on sous-estime tous sans arrêt les progrès invraisemblables que fait la Chine dans la création d'énergie. Et si c'était avec nous, il serait à 200 dollars déjà. Mais avec la Chine, je suis bluffé parce qu'ils font dans le domaine énergétique.
L'or à 6000 dollars ou retour sous les 3000 ? Alors, il y a une autre solution pour que les États-Unis s'en sortent, c'est qu'ils ont un stock de dette gigantesque. Vous savez qu'il y a, et en particulier 20 ou 25 % de cette dette est détenue par les étrangers. Donc, mettons qu'il y ait 8000 milliards de dollars de dette détenue par les étrangers en dehors des États-Unis. Et si le dollar ne vaut plus rien, les, les États-Unis peuvent décider de faire passer l'or de 4000 à 18000, où leur stock d'or couvrirait leur dette extérieure. Donc, la réponse à votre question, c'est 18000.
Bourse mondiale. Enfin, les marchés actions au plus haut, c'est une opportunité ou ça demande de la prudence ? Ils sont pas au plus haut. Si vous voulez mesurer contre l'or, ils sont, ils sont au plus bas.
Investisseur débutant, vous lui recommandez un ETF monde ou le portefeuille Antragile ? Je lui recommande de se mettre, de choisir 10 valeurs qui ont rien à voir avec les États, et ce n'est pas tellement facile parce que, par exemple, les pharmaceutiques, ça touche à l'État et cetera. Donc, 10 valeurs plutôt industrielles. C'est-à-dire, je crois qu'on va réassister dans le monde au grand retour de l'industriel après la tech. Après la tech, parce que maintenant, c'est bien joli, mais si vous voulez mettre en réseau la moitié du, du, du, du genre humain dans un rayon qui fait 4000 km autour de Hong Kong, c'est 52 % de la population, 80 % de la croissance et à peu près 85 % de l'épargne mondiale qui est là. Si vous voulez qu'il commence à se parler les uns aux autres là, il va falloir des investissements absolument gigantesques qui dépendront des investissements, des inventions qui ont déjà été faites, mais qui auront besoin d'ingénieurs pour les mettre en place. Donc, j'ai l'impression, si vous voulez, si j'avais un jeune en France, je lui dirais : "Si tu veux rester en France, tu fais ingénieur, et si tu veux te barrer, tu fais ingénieur, quoi." Mais tu fais plus finance.
Le leadership mondial dans les 10 prochaines années, vous le voyez plutôt à Washington ou à Pékin ? Non, il va y avoir un triumvirat mondial qui fait Moscou, Pékin, Delhi, et c'est là, c'est là où va se passer. C'est-à-dire que ce sera un triumvirat. Et pour la première fois depuis très, très, très longtemps, les pays sont sur la terre ferme. C'est, vous savez qu'en géopolitique, où vous dominez par la mer, où vous dominez l'Asie. Et donc, là, on est en train de passer d'une domination par la mer qui est arrivée des Anglais, puis ensuite aux États-Unis, à une domination par sur la terre par ces trois pays. Et ça, c'est sympa parce que ça va tout changer.
Selon vous, la plus grande menace, c'est la dette ou c'est la démographie ? C'est nos hommes politiques.
Merci Charles. Merci beaucoup. [musique]