Transcription
Topi trotterellano tra tromboni tritati. Je m’en allage tranquillement après avoir récupéré tous mes articles.
Rainrot, un mot que l’on voit de plus en plus souvent sur internet et qui est peut-être la plus grande épidémie des 10 dernières années, et non le Brain Rot. Ce n’est pas encore une énième vidéo sur les réseaux sociaux qui veulent vous rendre accro, là c’est autre chose. Écoute, parce que seulement 15 % d’entre vous regarderont cette vidéo jusqu’à la fin, parce que réfléchis 2 secondes : la plupart d’entre vous auront disparu, attirés par une autre notification. Parce que tu vas te déconcentrer pendant 30 secondes, tu auras perdu le fil et tu passeras à autre chose, à un nouveau contenu frais, à un nouveau shot de dopamine. Mais non, je ne t’en veux pas, je comprends, parce que ton cerveau, mon cerveau, en fait le cerveau de chacun, est en train de griller comme on a jamais vu avant dans l’histoire de l’humanité.
Est-ce que tu ressens cette impatience quand une vidéo met plus de 5 secondes à démarrer ? Tu ouvres ton téléphone sans même y penser, juste pour scroller sans but, sans réflexion. Félicitations, tu es victime du Brain Rot. Mais c’est quoi ça ? Comment est-ce que ce truc est en train de totalement ravager le cerveau des enfants de 10 ans et même de la génération Z ? Parce que le Brain Rot, c’est une nouvelle mutation d’Internet. J’ai enquêté pour savoir d’où ça vient, qu’est-ce que c’est et qu’est-ce que ça fait sur ton cerveau. Mais plus fascinant, c’est que tu vas avoir des gens qui gagnent de l’argent grâce au Brain Rot. Donc comment font-ils pour exploiter cette faille et s’enrichir ? Rainrot, ça veut littéralement dire pourriture cérébrale, ou même putréfaction du cerveau. Donc on est bien clair sur la définition du terme.
Et le Brain Rot décrit les garçons et les filles qui ne sont plus simplement sur internet, mais qui existent à travers leur écran ; ceux qui ne consomment pas internet comme un moyen de se divertir, mais qui en ont fait un mode de vie. Ces gens qui ne peuvent passer 2 minutes sans checker leurs notifications, ceux qui parlent en même temps, qui n’ont plus d’opinion propre, juste des prises de position recyclées qu’ils ont vu passer sur TikTok. Le contenu Brain Rot est créé dans un seul but : faire des vues et créer de l’engagement. La guerre entre les pommes et les poires a été déclarée hier soir, et on vous explique tout. Tout aurait commencé dans la… De nombreux créateurs ont percé le secret pour rendre leur contenu addictif à regarder : en regardant ce contenu rapide, coloré et stimulant, ça trompe le cerveau en le faisant croire que c’est quelque chose qu’il faut absolument continuer à regarder. Et il s’avère que notre cerveau est câblé pour continuer à regarder le contenu Brainrot. C’est cette diarrhée visuelle qui t’inonde de vidéos sans intérêt : toujours les mêmes trends, toujours les mêmes sons, toujours la même dopamine facile qui vide ton cerveau. Seven Up, only up, Skibid, Morgan, makeup, j’organise les mariages, je suis dans la cuisine, tu bouffes ce que je te prépare.
Ce n’est pas juste que ce contenu est à faible effort et hyper répétitif, c’est que plus tu le consommes, plus il te consomme. Tu finis par penser comme un algorithme, et là d’un coup on veut une réponse immédiate à tout, on perd patience, et que quelque chose demande un peu d’effort, on supporte plus l’ennui. C’est laisser internet devenir notre cerveau. Récemment, le Brain Rot est devenu une préoccupation grandissante pour les parents et les enseignants, et même tous les professionnels de santé. Des chercheurs de DOF press ont mené une étude sur 1051 jeunes adultes âgés de 18 à 27 ans, et l’étude a trouvé une corrélation directe entre les réseaux sociaux et des compétences médiocres, et le fait d’être pas très bon, de pas avoir de bonnes compétences. Ceux qui passent plus de temps sur leur écran avaient une capacité pour planifier, pour résoudre des problèmes et prendre des décisions qui étaient vraiment moins bien, sans parler d’une très mauvaise mémoire. Le World Psychiatrie Journal a également mené des recherches approfondies sur les effets négatifs d’Internet sur le développement cérébral et la cognition, parce que il s’avère que le contenu Brain Rot est littéralement, dans certains cas, en train de faire pourrir le cerveau. Et des études montrent que ceux qui passent un temps excessif dans des environnements virtuels sont plus susceptibles d’avoir une matière grise réduite dans le cerveau. En terme simple, la matière grise nous aide à contrôler nos impulsions, prendre des décisions, et cetera, plein de choses. Et ces données sont basées sur une tranche d’âge plus ancienne, imagine juste les effets que ça peut avoir sur l’épidémie des iPad Kids qu’on avait parlé un peu plus tôt, c’est-à-dire les enfants iPad qui ne peuvent pas vivre sans être devant un écran. Pas étonnant que des parents et des profs s’inquiètent, surtout quand le contenu Brainrot est directement ciblé pour la génération Alpha, donc les enfants nés à partir de 2010. Une étude portant sur 7097 mères et enfants a trouvé que les enfants avec plus de temps d’écran présentaient plus de problèmes de développement cérébral et même de développement tout court. Les enfants d’un an exposés à plus de 4 heures d’écran par jour montrent des retards en communication et en résolution de problèmes à l’âge de 2 ans. Autrement dit, le téléphone les rend débiles.
Mais malgré tout ça, on continue, et surtout les plus jeunes, à se ruer vers ces contenus Brainrot, et c’est parce que le contenu est presque spécifiquement pensé pour qu’on ait envie de le voir. Les créateurs tirent profit de la courte durée d’attention de la génération Alpha en réalisant du contenu addictif, et ça c’est déjà directement lié avec le scrolling infini des réseaux sociaux où tu peux regarder des vidéos sans jamais t’arrêter. Avec tout ça en tête, il y a une question qui se pose : comment sommes-nous arrivés là, sur internet ? On baigne tous dans une culture remplie de mêmes et de références. C’est la base de la communication en ligne : les mêmes, les refs, c’est un langage qui permet de communiquer avec peu de mots, mais beaucoup de sens. Mais alors, où est le problème ? Et même à la base, ce sont des blagues visuelles qui détournent une phrase, une image ou une situation pour exprimer quelque chose de plus large. Mais un bon même, c’est plus qu’une blague aléatoire. Par exemple, le même “This is Fine” qu’on peut utiliser pour illustrer une situation catastrophique où tout le monde fait semblant que tout va bien ; ou le même WC et Soyjac, ils servent à caricaturer des comportements sociaux, souvent avec une critique derrière ; ou le Galaxy Brain, une façon d’ironiser une idée qui se veut intelligente mais qui est en réalité absurde. C’est du contenu actif : ton cerveau doit comprendre la référence et l’interpréter pour l’utiliser correctement. Et les refs, bah c’est l’étape d’après : c’est quand un même ou une phrase devient tellement connu qu’on l’utilise hors de son contexte d’origine. C’est la phase où tout devient une private joke.
Et maintenant, le Brain Rot. Le Brain Rot, c’est plus qu’un simple usage des mêmes et des refs ; c’est quand ils deviennent ton seul mode de penser. Tu ne parles plus, tu spammes des refs ; tu ne réfléchis plus, tu copicoles un commentaire déjà vu ailleurs. Le Brain Rot n’est pas seulement un style de langage, c’est une façon de consommer du contenu. Le Brain Rot : on ne regarde plus un contenu, on vit le contenu. Et tu vas voir qu’il y a des gens qui l’ont vécu à fond, à tel point qu’il y en a qui ont totalement changé leur vie avec toute cette culture du Brain Rot. On va y revenir un petit peu après. Le Brain Rot, c’est tout un langage, comme les mots cringe ou même le mot ratio sur X, quand quelqu’un poste un commentaire et qu’il a plus de like que le créateur du poste. Plus j’ai creusé pour savoir un petit peu ce que c’était cette tendance du Brain Rot, pourquoi on entend de plus en plus parler du Brain Rot, et en fait tu vas voir que ce qui est fascinant, c’est que les gens ont conscience que ça veut dire putréfaction du cerveau, et ils l’utilisent parce qu’ils savent que leur cerveau est ravagé. En clair, c’est la phase terminale de l’addiction au contenu. En clair, le Brain Rot, c’est quand tu as accepté que tu étais foutu, que tu étais addict au contenu, que tu étais addict à tout le temps aller sur les réseaux sociaux, et donc tu as accepté ton destin, et maintenant tu es Brainrot, et tu le cries sur tous les toits. Et ça devient un langage hyper ironique, parce que le sarcasme permanent devient la norme. Et plus tu consommes ce genre de contenu, et plus ton cerveau se formate à ce mode de pensée rapide et binaire. C’est un nouveau langage, une nouvelle façon de penser, un mode de communication qui a muté grâce à internet. Et le pire, c’est que plus personne ne trouve ça bizarre. Oh, parce que ce langage, c’est du fast-food verbal. L’humour internet a évolué vers une absurdité totale, car un cerveau est surchargé de dopamine et il a toujours besoin de plus d’intensité. Et c’est comme ça qu’il y a des tendances comme le Skibid Toilette qui apparaissent, qui n’ont aucun sens, mais qui font des millions de vues sur YouTube et TikTok.
Les gars, le Skibid Twilight, c’est quoi ? C’est un mec qui prend des modèles 3D de jeux vidéo, qui les met en scène dans des montages qui partent dans tous les sens. Et sur YouTube, il a 45 millions d’abonnés, et ces vidéos tapent des 40 millions de vues. […] Il faut se reconvertir les gars, les vidéos n’ont absolument aucun sens, et les enfants regardent ce contenu en boucle. L’objectif, c’est de produire toujours plus de contenu addictif, avec des images et des vidéos satisfaisantes, des voix générées par… aussi sûrement des textes générés par… produire un maximum de contenu en très peu de temps. Prenez des vidéos Minecraft en fond, vous mettez une phrase, une blague, vous racontez une histoire par-dessus, et c’est parti : “Notre relation ne marchera pas, je romps avec toi, je suis vraiment désolé. Ok, je sais que tu es super triste et que tu pleures actuellement.” Sinon vous pouvez prendre une vidéo de Subway Surfer, et c’est pareil. Mais attends, on a atteint le pic ultime du Brain Rot avec quelque chose, et en plus c’est français ! Ça a pris tellement d’ampleurs que les Américains commencent même à en parler et à tomber sur ce contenu. Voici Laakaland, un compte TikTok… ah non non non… des centaines de comptes qui publient des vidéos de chats qui n’ont aucun sens. Si tu reçois cette vidéo, c’est que ton ami t’aime beaucoup, mais aussi qu’il jette sur toi une malédiction : la malédiction de Larry le malicieux, il va venir te toucher la nuit. Non non, qui ont vraiment aucun sens. Histoire d’horreur, essaie de ne pas avoir peur. Ii goupi, par curiosité, regardez juste le compte de LaaKaland avec plus de… c’est ou même de reels qui sortent chaque jour. Il y a même un lore, donc toute une histoire et un background derrière tout ça. Il y a pas que LaaKaland hein, on peut aussi parler d’autres choses qui est apparu : c’est la guerre des fruits, et je parle pas d’Oasis, mais d’images générées par IA sur des batailles entre des pommes et des poires, avec en commentaire des gens qui jouent le jeu. Alors OK, ouais, on a atteint un stade où internet est parti en vraie totale. On se demande toujours ce que l’internet va faire de pire, n’est-ce pas ? Et en vrai, je suis d’accord, qu’on peut regarder ça un petit peu, c’est amusant quoi. C’est amusant de voir tout ça, c’est amusant de voir à quel point on peut aller loin. Mais il faut quand même aussi parler des dérives, parce que le pire dans tout ça, c’est que même ceux qui critiquent le Brain Rot, ils participent. On est tous dedans d’une manière ou d’une autre. Et plus on est exposé à ce mode de pensée, plus il devient notre façon normale de communiquer.
Mais si tu as 22, 23 ans, tu veux de l’argent, tu arrives pas à en faire, ou tu sais pas comment faire, et ben c’est que tu es très très con. Je t’explique ce qu’il faut faire, c’est simple : sans sortir de chez toi, sans sortir de chez toi, tu vas sur internet, tu regardes des vidéos de comment faire des montages, typ… tu crées un compte, tu clipes tous les… que truc de… des streamers, les gros streamers : Bam, du Naskid, du Meja, du Amine, et cetera. Là où certains voient une crise de l’attention, d’autres voient une opportunité en or. Parce que c’est pas un accident, c’est le contenu Brain Rot, il est partout, il est conçu pour être irrésistible. Chaque minute que tu passes à scroller, c’est de l’argent qui tombe dans les poches des plateformes et des créateurs. Les géants de la tech ont bien compris que notre cerveau adore cette gratification instantanée. Ils ont conçu ces algorithmes qui récompensent les vidéos les plus engageantes, et dans ce jeu, c’est le Brain Rot qui est le champion absolu. TikTok a un taux de rétention moyen plus élevé que Netflix et YouTube. L’algorithme favorise les vidéos qui génèrent un maximum d’engagement dans les premières secondes, et il y a un scan infini qui donne l’impression qu’il est toujours mieux juste après. Résultat : plus de temps passé sur l’appli, plus de pub affichée, plus de revenus. Et les créateurs de Brain Rot ont donc adapté leur contenu à cette logique : cut ultra rapide, couleur flashy, bruit en fond, même absurde. C’est un piège à dopamine qui rend le cerveau accro. J’ai déjà parlé plutôt du cas de Dafuck Boom et du Skibid Toilette. C’est un créateur qui est anonyme et qui a lancé une série complètement absurde de vidéos avec des toilettes qui chantent et se battent en 3D. 45 millions d’abonnés sur YouTube, des vidéos qui explosent des 100 millions de vues en quelques jours, et plein de produits dérivés, des sponsors, et un public ultra fidèle, surtout chez les beaucoup plus jeunes.
Et avec IA, plus besoin d’un cerveau humain pour créer des contenus Brain Rot. Des bots génèrent des vidéos à la chaîne, prêtes à être balancé sur TikTok, YouTube Shorts et les Reels. Ces comptes sont littéralement en train de ruiner TikTok avec des vidéos 100 % IA. Si tu me crois pas, regarde juste les vues : 264 millions de vues, 54 millions de vues, et les autres comptes c’est pareil : 52 millions, 40 millions. Tout ce qu’ils font, c’est ce genre de vidéo IA. Ça prend une trentaine de minutes, et la plupart des outils sont gratuits. Et bien sûr, les vidéos font plus d’une minute. Et le business model est assez simple : création automatique de vidéos avec de l’IA, voix générée, montage automatique, histoire absurde, publication massive sur plusieurs comptes pour tester ce qui marche, et rachat de comptes viraux pour les monétiser avec des pubs et des placements de produits. Et ces vidéos où une voix raconte une histoire pendant qu’une partie de Subway Surfer tourne en boucle… certains de ces comptes font plus de 10 millions de vues par jour uniquement avec ce contenu automatisé. Et derrière, c’est des entrepreneurs qui peuvent racheter des comptes, les revendre pour plusieurs milliers d’euros, et toujours gagner plus d’argent avec le Creator Programme de TikTok, et cetera. Mais ce qui est encore plus fou, c’est que même les critiques du Brain Rot, bah on font un business, parce qu’on a des comptes YouTube, des comptes TikTok qui dénoncent le Brain Rot en utilisant du Brain Rot. Et dans une moindre mesure, moi aussi j’en fais partie, parce que on doit faire des vidéos qui sont plus rapides, plus coupées, avec plein d’effets sonores pour parler du Brain Rot, parce que c’est l’ironie suprême : le contenu devient lui-même du Brain Rot, car c’est la seule façon d’être entendu. Si le Brain Rot existe et qu’il explose, c’est pas un hasard, c’est une industrie entière qui repose dessus. C’est pour ça que les mêmes d’aujourd’hui ne veulent plus rien dire, mais ils te font quand même rire, juste parce qu’ils vont vite et qu’ils sont objectivement absurdes. On a entraîné notre cerveau pendant des années à se concentrer de moins en moins. On est arrivé au point où on se souvient même plus de ce qu’on vient de voir cinq scrolls plus tôt. Les heures passent et tout est oublié. La spirale a toujours été là, mais TikTok l’a poussé à un niveau extrême. Et à cause de cet algorithme infernal, tout est devenu une compétition de stimulation : faut capter l’attention juste pour la capter. Maintenant, tout doit être coupé, monté, rythmé, avec des effets sonores à gogo. Regarder un contenu brut, sans montage frénétique, est devenu presque douloureux. Et c’est pour ça que les vidéos de MrBeast explosent et que les trucs les plus débiles cartonnent.
On va continuer à scroller, swiper, regarder, consommer, jusqu’à ce qu’on lève les yeux et qu’on se demande : “Mais qu’est-ce qui se passe ? Pour quoi faire tout ça ?” On aime ces applications parce que de temps en temps on tombe sur quelque chose de vraiment drôle, captivant ou qui est vraiment divertissant, quelque chose de plus stimulant que tout ce qu’on peut vivre dans le monde réel, parce qu’on fuit sa vie, et surtout on accède à ces stimulations sans aucun effort. Notre cerveau le sait et devient accro. Il sait que s’il reste là sans rien faire, il sera récompensé à nouveau. Mais pourquoi on ne gagne rien ? On est juste là. Quand on trouve enfin un truc qui nous plaît, ça change rien, on regarde, on kiffe un instant, puis on oublie. C’est du vide, un infini de scroll sans but. Mais l’excuse qu’on se donne toujours avant d’y retourner, c’est un peu plus ça, ça fera pas de mal.
Et si tu es encore là à ce stade de la vidéo, j’espère que ton cerveau n’est pas complètement grillé, parce que le Brain Rot, cette [… ] d’addiction, elle est terrifiante, parce qu’elle est vicieuse : on la voit même pas comme une addiction. En pire, on sait que ça en est une, et on trouve quand même des excuses pour continuer. On sabote volontairement, encore et encore, tout ça pour quelques secondes de stimulation en plus, pour fuir ce qu’on devrait vraiment faire. Et certains vont sûrement me dire : “Euh, oh frérot, t’inquiète, c’est pas si grave, détends-toi.” Mais si, c’est grave, ça touche directement notre existence. Si tout ce qu’on regardait en boucle était utile, alors OK, mais on sait tous que c’est pas le cas. On le sait, on sait qu’on ne tire rien de tout ça, on sait que ça sert à rien, on sait que aussitôt regardé, aussitôt oublié. Pourtant, on continue. Quand on était gosses, on regardait les fumeurs et les alcooliques avec un air dégoûté : “Jamais je finirai comme eux.” Mais regarde-nous, on a juste troqué la clope contre un écran.
Pourquoi c’est aussi grave ? Parce que les effets ne sont pas immédiats, ça ne nous détruit pas en une nuit. Et comme tout le monde le sait, on se dit que c’est normal. Mais la vérité, on est en train de perdre notre temps, notre énergie, notre concentration, notre vie. Tu veux accomplir quelque chose, faire un truc cool de ta vie, bah tu dois apprendre à te focus. Mais avant ça, tu dois d’abord savoir ce que tu veux vraiment, et ça ça demande du temps, de l’énergie mentale. Tu peux pas être partout à la fois, penser à 1000 trucs et espérer avancer. Les gens qu’on admire aujourd’hui ou dans le passé ont tous quelque chose en commun : l’hyperfocus. Ils ont choisi une voie et s’y sont tenus, et ont avancé sans se griller le cerveau. Bien sûr, un peu de stimulation, c’est pas le problème, mais un peu, c’est pas 3 heures de scroll chaque jour, où les heures deviennent des jours, les jours deviennent des semaines, et les semaines deviennent des mois, et avant même de le réaliser, des années ont passé, et tout ce contenu qu’on a consommé, 99,99 %, ne nous aura rien apporté. Et on se rassure en se disant : “Mais j’apprends des trucs…” Mais stop ! Arrête ! Peut-être que tu tombes sur une vidéo éducative une fois par semaine, mais la vérité, c’est que la majorité de ce que tu regardes, c’est du vent, du pur divertissement vide. Et pendant ce temps, bah la vie, elle passe. Qu’est-ce qu’on est en train de faire ? Est-ce qu’on va mieux ? Si tu as déjà accompli tout ce que tu voulais dans ta vie, ou que tu travailles vraiment pour y arriver, OK, cette vidéo ne te sert pas. Mais si c’est pas le cas, on est comme ces gamins scotchés à leur iPad, sauf qu’on est juste plus vieux, avec plus de responsabilités, peut-être même pire, parce qu’on sait que c’est mauvais, mais on continue quand même. Il y en a qui jurent qu’ils ne passent que 15 minutes, 30 minutes par jour en ligne. Si tu passes vraiment que 30 minutes, ou même une heure par jour à te distraire sans réfléchir, alors cool. Mais c’est faux si tu comptes tout le temps passé à scroller, regarder des vidéos, jouer, envoyer des messages : tout ce qui ne te rapproche en rien de tes objectifs réels, ça s’additionne vite. Tu peux facilement perdre plusieurs heures par jour. Donc non, c’est pas juste un peu de stimulation, c’est plus de stimulation que n’importe quel humain dans l’histoire. Et c’est pas aussi simple que juste poser son téléphone et l’éteindre. Même à ce moment-là, on y pense encore. Moi, je me souviens quand je jouais à Smash Bros ou à des jeux de combat, je pensais toujours au combo et au succès à débloquer, même en dehors du jeu. Je me rappelle quand j’ai joué à Zelda Breath of the Wild à sa sortie en 2017 : pour compléter le jeu à 100 %, il fallait collecter 900 noix Korogu, des petits objets à trouver un peu partout sur la carte. J’ai mis plus de 200 heures à tous les trouver. Je regardais des tutos YouTube pour trouver les plus difficiles, et je fouillais partout. Il était 2h, 3h du mat, j’étais toujours en train de charbonner pour avoir ces noix à la con. Et quand j’ai réussi, j’ai ressenti une seconde de satisfaction, puis j’ai regardé autour de moi et j’ai réalisé que dans ma vie, bah j’ai fait vraiment rien, accompli… j’ai fait pareil aussi sur LoL, où j’ai poncé le jeu pour avoir un skin Prestige de Riven. Et une fois que j’ai eu ce skin Prestige, qu’est-ce qui s’est passé ? Rien. J’étais là, à regarder un écran, rien construire de réel, et j’ai ressenti du vide. Je ne peux pas parler pour tout le monde, mais je suis sûr que je suis pas le seul à avoir ressenti ça.
Parce que c’est quoi le but ? Où est le bénéfice ? Est-ce qu’on gagne vraiment à faire ça ? Sommes-nous juste tous accros ? Pourquoi est-ce qu’on accepte que notre état naturel doit être d’être sur le téléphone, de toujours avoir une stimulation, qu’elle soit sonore, visuelle ? Exactement pareil que les personnes qui disent qu’elles ne peuvent pas vivre sans musique, parce qu’elles doivent tout faire avec de la musique. Qu’est-ce qu’on accomplit concrètement quand on est distrait sans réfléchir ? Bien sûr, toute la vie doit pas être charbonnée, stop. Mais combien de divertissements il nous faut par jour ? Parce qu’on transforme chaque moment légèrement ennuyeux en pur spectacle. On ne supporte pas 5 minutes avec nos propres pensées sans chercher notre téléphone. Plein de monde ne supportent pas de se doucher sans mettre de la musique. On priorise ça sur notre propre santé, nos propres objectifs et les choses qui comptent vraiment, et à long terme, ça peut mal tourner. Comment, selon toi ? Je me rappelle d’être tombé sur une vidéo d’un mec qui parlait de gestion du temps. Il expliquait qu’il y a 168 heures dans une semaine. Si tu dors 8h par jour, c’est 56h. Si tu travailles 40h par semaine, c’est 40h, 45h bref, il reste 72h à 80h par semaine. Il disait : “Pourquoi ne pas prendre un deuxième boulot et bosser 80 heures par semaine pour avancer ?” À la louche, au plus bas, tu penses que tu peux faire quoi avec 70 heures par semaine ? Tu peux faire un deuxième job, c’est peut-être pas la meilleure idée, tu peux lancer un business, tu peux te divertir, tu peux passer du temps avec tes proches. Et ce qui m’a frappé, c’est quand même la phrase derrière : “Combien de temps de divertissement tu as besoin, sérieusement ?” Si tu es adulte, tu es loin des objectifs que tu te fixes et des rêves que tu as envie d’accomplir, combien d’heures il te faut juste pour être tranquille, pour ne pas avancer dans… sur tes objectifs ? Dois-tu vraiment continuer à scroller alors que je regarde les mêmes contenus depuis des mois ? Si tu passes un peu plus de 3h par jour sur ton téléphone, ça fait 100h par mois, 100h. Pourquoi il en faut encore plus, surtout si ça bouffe ta motivation, ta discipline et ta force mentale ? Pourquoi on continue ? Parce qu’on pense à court terme, on veut un soulagement immédiat plutôt que s’attaquer au vrai problème. Au lieu d’étudier, on scrolle ; au lieu de faire du sport, on swipe ; au lieu de dormir, on partage un are même à son pote. Mais soyons honnêtes, au bout d’un moment, tout ça c’est même plus amusant. Les moments où on est censé s’amuser, ce sont juste des heures passées devant un écran à ne rien faire. Et comme tout ce qu’on voit c’est des conneries, on finit par devenir aussi cons : les ados de 12 ans, les enfants iPad, mais aussi les jeunes adultes. Mais en plus, aujourd’hui, toutes les sphères de la vie deviennent du Brain Rot. Gardez juste la politique, et à tel point c’est débile aujourd’hui, c’est lunaire à quel point la politique est aujourd’hui en France, aux États-Unis, ou quoi. Les débats, les engueulades… TPMP était devenu là où il y avait le plus de débats à TPMP. Les gars, on continue de se comparer aux autres, de stalker la vie de gens qu’on ne rencontrera jamais. Et le pire, c’est que l’algorithme, c’est exactement comment nous garder : on ne regarde même pas ce qu’on voulait voir, on se nourrit du contenu que l’algo choisit pour nous. Et chaque année, ces algorithmes deviennent de mieux en mieux, de plus en plus addictifs. Et des millions de personnes vont passer leur existence à scroller, juste à consommer. C’est que le début, parce que l’IA et la réalité virtuelle vont commencer à décoller, et elles, elles ne feront que s’améliorer. Et pourtant, les gens adorent stimuler 24 heures sur 24. Si tu es encore là à ce stade, c’est que tu vois probablement le problème, mais la majorité des gens non. Très peu feront l’effort de réduire ces stimulations, la plupart ne se rendent même pas compte de ce qui se passe, ou alors ils ressentent un malaise, mais l’ignorent en consommant encore plus. Si tout le monde recherche le confort et ne plus rien accomplir, alors où est la vraie réussite ? Où est la vraie estime de soi ? Et où sont les vraies vies ? Donc qu’est-ce qu’on fait ?