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Patrick Burensteinas : l'Alchimie, l'âme-or, la Vie...

Le CHOU1:54:16

Transcription

[Musique]

Comment je suis venu m'intéresser à l'alchimie ? Je suis un peu comme Obélix, je suis tombé dans le chaudron quand j'étais petit. Je me souviens d'avoir fait un exposé sur l'alchimie, je devais être en 4e. Et puis après, ça m'a quitté. Et moi, ce qui m'intéressait, c'est de savoir comment l'univers fonctionnait. Donc, c'est pour ça que j'ai fait de la physique. D'abord, j'ai vu le monde d'une manière, je dirais, d'abord rationnelle. Et puis après, je l'ai vu d'une manière un peu plus romantique parce qu'on est arrivé, je suis arrivé à des limites, des limites de matière.

Aujourd'hui, je ne fais plus que de l'alchimie. Voilà, parce que je suis écrivain, je suis conférencier, j'amène des gens en visite dans des lieux pour leur décrypter les lieux. Entendons bien le terme décrypter, sortir de la crypte. J'utilise beaucoup la langue des oiseaux, c'est ce que je suis en train de faire là, c'est-à-dire la manière d'entendre les mots autrement. Je fais des films, enfin, je participe à des films. J'ai fait la série de DVD "Le Voyage Alchimique de la Grande Place de Bruxelles à Saint-Jacques". J'ai fait des documentaires sur le Bugarach. J'ai des guides, j'ai fait un guide sur Chartres, cathédrale alchimique et maçonnique. Là, je viens d'en sortir un autre sur le Mont-Saint-Michel pour expliquer aux gens comment se promener à l'intérieur et comment voir ce qui est un peu secret, un peu caché, comment vivre aussi les choses. Puis j'en ai d'autres prévus : Carnac, Bourges, enfin, un certain nombre de choses. Et je suis un saute-coupe que je vous donne là. Je suis en train de faire une série pour la télévision, voilà, une fille. Donc, où on va partir sur trois saisons de cet épisode de 52 minutes et un enquêteur qui va être enquêteur malgré lui et qui va découvrir des choses étonnantes.

La première scène, par exemple, imaginez, c'est mon héros qui est en train de lire un livre de Jules Verne dans son salon, comme ici. Et puis, il y a de l'eau qui goutte sur son livre. Alors il regarde, il a sa femme qui lui dit : "Il y a une fuite, qu'est-ce qui se passe ?" Alors il monte au-dessus, il tape, il tape parce que c'est son voisin quand même, puis ça répond pas. Alors on appelle les pompiers, la police, et ils défoncent la porte. Et là, on voit ici, dans le salon, son son voisin qui est couché par terre avec des poissons autour, il est noyé dans son salon. Voilà. Donc, ça va commencer comme ça, et puis ça va déboucher sur un certain nombre de choses assez étonnantes.

Voilà, j'ai un roman aussi sur lequel je... deux romans sont sous le coude, qui est "La Bibliothèque d'Alexandrie n'a pas été détruite en vrai, et je sais où elle est". Et donc, je vais vous expliquer à travers ce roman comment, pourquoi, et qu'est-ce qui s'est passé. Donc, voilà un peu ce que je fais, ce que je fais.

J'ai travaillé pour des universités en anthropologie, en histoire de l'art, pour expliquer qu'est-ce qu'il y a sur les vitraux. Parce qu'il y a plein de symboles sur les vitraux. Alors on comprend facilement les symboles religieux, mais les symboles un peu ésotériques, un peu magiques, les compagnons, ce qu'ils ont mis dedans, et même la nature du travail, le verre, comment le verre fait... Je suis un alchimiste opératif, et j'en suis fier. C'est-à-dire que je mets la main à la pâte, je mets la main à la matière. Et par exemple, on peut faire des vitraux en métal, c'est-à-dire qu'on peut prendre un métal et le rendre transparent. Alors évidemment, ça change tout. Parce que quand la lumière passe à travers de la silice, ce qui est du verre standard, elle n'est pas modifiée, elle n'est pas altérée, il ne se passe rien. Mais quand elle passe à travers un métal, imaginez ce qui peut se passer. On peut imaginer que les métaux ont des caractères, que ces caractères dépendent à des émotions, et que si on fait des vitraux avec ces métaux, la lumière qui va passer à travers va se charger de ça, et donc on va être éclairé différemment. Et c'est comme ça qu'on faisait les vitraux. On en a perdu le secret, mais pas nous. Donc, on est capable de faire ce genre de chose. Voyez à quel point c'est magique, à quel point c'est incroyablement extraordinaire. Pour moi, il y a une réalité non ordinaire, aussi tangible que celle-là, aussi tangible que celle-là. C'est dommage de se priver de la moitié de l'univers. Donc, j'ai décidé de pas le faire. C'est pour ça que je fais de l'alchimie.

Donc, voilà qui qui qui je je pense être, hein. Il y a sans doute des tas de choses que j'ignore, c'est pas grave.

Alors, on observe un phénomène particulier que tous les physiciens observent. Quand on travaille sur la matière pour savoir de quoi est fait, par exemple, un atome ou une molécule, on l'a fait exploser. Et quand on l'a fait exploser, les trajectoires partent au hasard. C'est comme quand on jette un pot de fleur par terre, les les morceaux partent au hasard. Et là, on s'est aperçu que c'était quasiment vrai. Mais quasiment vrai, c'est-à-dire qu'il y avait quelques trajectoires qui n'étaient pas au hasard et qui dépendaient de l'expérimentateur. Et ça, c'était pas possible parce qu'on est dans un espace de confinement absolu, donc l'information ne peut pas circuler. Et pourtant, il y a quelque chose qui se passe. On appelait ça le coefficient de charme. Alors ce qui veut dire qu'il y avait une interaction entre l'homme et la matière d'une manière complètement incompréhensible.

Alors, j'ai cherché d'une manière physique et je n'ai pas trouvé de solution. Et puis, un jour, je suis tombé sur un vieux livre que j'ai ici d'ailleurs, qui est un vieux livre de Jolivet-Castello qui s'appelle "L'Âme de la Matière". Et c'est un livre de 1894, donc bien avant qu'Einstein parle de la relativité. Et il disait : "Voilà, il y a quelque chose d'impalpable associé à la matière sur laquelle on peut avoir une action et qui donne une réaction." J'ai dit : "Bah, c'est ça, c'est exactement ce que j'ai vu." Et il parlait d'alchimie.

Alors, quand quand j'ai vu ça, j'ai dit : "Qu'est-ce que c'est que ce fatras de superstition moyenâgeuse et tout ?" Sauf que il donnait des expériences. Alors je me suis dit : "Je vais les faire, mais je vais les faire pour prouver que ça marche pas." Sauf que ça a marché. Il s'est passé des trucs que je n'ai pas compris. Et là, j'avais deux hypothèses, deux solutions. Soit je disais : "Tout ça, c'est dangereux, je veux pas savoir." Soit je disais : "Je veux savoir." Et j'ai mis le doigt dedans. Évidemment, quand j'ai mis le doigt dedans, et ben, je n'ai jamais pu le retirer.

Donc, voilà ce qui m'a conduit à cette vision de l'univers. Qui est quand on parle d'alchimie, on parle de laboratoire, et on entend "labore oratoire", moitié dans la matière et moitié dans l'esprit. Qui était quelque chose d'absolument inenvisageable pour moi parce qu'on m'avait appris qu'une expérience scientifique, c'était quelque chose qui était reproductible par n'importe qui dans les mêmes circonstances. Et là, c'est faux. Puisque l'expérimentateur a une place dans l'expérience. Ce qui veut dire que l'expérience dépend de l'expérimentateur et pas de l'expérience. Qui veut dire, ça change légèrement ma vision du monde parce qu'on se dit : "Si c'est vrai pour l'expérience, pourquoi ça ne serait pas vrai pour tout le reste ?" Et donc, ben voilà pourquoi j'ai fait de l'alchimie. Et je veux dire, ça m'a infiniment plus satisfait parce que c'est très romantique aussi, et c'est une vision du monde très colorée, très bonne. On a envie de discuter avec la matière, on a envie d'avoir un dialogue. Les choses ne sont plus inertes autour de nous, elles sont toutes animées. Imaginez un monde complètement animé où chaque chose vous parle. C'est un peu Disney, hein, c'est magique. Donc, voilà. Et voilà pourquoi je me suis donc intéressé à ça.

Il y a l'explication, je dirais, historique. L'explication historique, c'est effectivement, ça vient de ça. Les premiers qui nous parlent de ça, c'est les Égyptiens, même s'il y a des traces avant. Les premières traces qu'on a, c'est les Sumériens. Ils parlent de choses, on parle de transmutation. Et il y a quelque chose de fondamental, c'est que nous transmutons, nous nous transformons pas, hein, c'est différent. Transformer, c'est prendre une forme pour faire une autre forme. Transmuter, c'est pour prendre une forme et la faire disparaître. Alors finalement, le but de l'alchimie, c'est de faire disparaître l'univers. Juste ça. Quand on arrive dans ce monde, on apparaît. Quand on quitte ce monde, donc, on disparaît. Donc, on fait paraître. Et la question, c'est : "On est quand ?" La clé pour nous, c'est une voie mystique, métaphysique, même si elle s'appuie sur de la matière, qui est cette disparition. Mais ça veut dire que ça part du principe initial qui est à la fois physique et métaphysique. Avant le début, il y a tout et rien. Un éternel moment présent. Ça pas, on sait pas, puisque on n'est pas dedans. Nous, et puis pour une raison qu'on ignore, il y a une singularité qui apparaît, c'est-à-dire un mouvement, une agitation. On peut dire : "Tout est immobile." D'ailleurs, pour le croyant, c'est la définition de Dieu, c'est celui qui est, mais à tous les temps. Il n'est pas au passé, il n'est pas au futur, il est au présent. Donc, et en plus, il bouge pas parce que Dieu est forcément immobile parce que pour bouger, il faut moins deux. Le mouvement est relatif. Si on est un, pas de mouvement. Donc, on a cette bulle qui apparaît, puisque le mouvement va créer une bulle. Et cette bulle fait que maintenant, il y a une différence entre le dedans et le dehors. Quand on nous dit dans les textes : "Il sépara la lumière des ténèbres, il y eut un début, il y a une fin." On nous a menti. On aurait dû nous dire : "Il y a eu un dedans, il y a eu un dehors, et une peau entre les deux."

Donc, l'idée de l'alchimiste, c'est de faire un trou dans la peau, dans la bulle, pour que maintenant ce qui est à l'extérieur, s'appelle la lumière. Ça ne peut plus s'appeler l'unité puisqu'il y a un truc qui est différent. Donc, il va faire un trou dans la bulle pour que la lumière qui est à l'extérieur rentre à l'intérieur. Et quand il y aura plus de différence entre l'intérieur et l'extérieur, l'unité sera retrouvée. Voilà à quoi ça sert. C'est pour ça qu'on dit souvent : "L'alchimiste, il cherche à faire de l'or." Mais c'est une erreur. Parce que l'or, on doit entendre le mot "AOR", qui est le mot hébreu qui veut dire lumière. Et c'est ça qu'on cherche.

Donc, comment on va faire la bulle ? Finalement, c'est notre univers. On peut imaginer qu'il y en a plein, plusieurs. Ce qui veut dire que vous pouvez constater déjà quelque chose, c'est qu'il y a plusieurs bulles, mais un seul océan. Que les bulles peuvent être séparées les unes des autres, mais mais l'océan jamais. Donc, ça veut dire que l'océan, la lumière, sera toujours plus proche de un que les bulles, qui elles sont fractionnées. Et c'est pour ça qu'on dit dans les textes : "Il sépare la lumière au singulier des ténèbres au pluriel."

Alors ce qui veut dire que les bulles, c'est pas seulement l'univers, c'est aussi tout ce qui est autour de nous. Nous sommes une bulle, et la peau, c'est notre ego. Et le but du jeu, ça va être de faire des trous dans l'ego, faire des trous dans la bulle. Et pour ça, on va utiliser un outil, on va utiliser un clou. Et le clou, c'est la pierre philosophale. La pierre philosophale, c'est jamais qu'un clou qui va faire des trous dans la bulle. Et c'est pour ça qu'on nous dit toujours : "Persévérer, percez, et vous verrez, percevoir." Percevoir pour voir. Et on rajoute : "Qu'est-ce que tu perçois ? Qu'est-ce que tu perçois ?" Et ben, celui qui perçoit, c'est celui qui se perçoit. On peut dire que plus on va faire de trous, plus la lumière va rentrer et sortir. Et ça va être très intéressant parce que justement, on va éclairer.

Alors, il y a un paradoxe, c'est que plus on éclaire, moins on voit la lampe. Voyez, imaginez. Alors moi, mon ego, qui est là, il va dire : "Ça se peut pas, c'est moi qui l'ai fait." Alors dès que je dis ça, ça se referme. C'est plus la lumière qui passe. Et au lieu d'éclairer, je suis obligé de briller. Et pour briller, j'ai besoin du regard des autres. Et c'est pour ça qu'on dit : "Le maître parle de la voix, et le gourou parle de lui." Donc, ça, c'est l'essence même de l'alchimie, c'est ce qui m'intéresse le plus.

Alors, d'un point de vue historique, j'y reviens. Les Sumériens nous parlent de ça dès le début. Et pourquoi on n'a pas de trace avant ? Parce qu'il n'y a pas d'écriture avant, pas d'écriture qu'on peut comprendre. Peut-être qu'il y en a eu d'autres d'ailleurs, c'est probable. Parce que quand les Sumériens racontent cette histoire avec l'écriture, elle est déjà très construite, ils ne l'inventent pas. Donc, ça veut dire qu'elle vient d'ailleurs, elle vient d'autres choses. Mais ça, on ne sait pas. On a des bases solides. Donc, ce qui veut dire qu'on parle que de ce qu'on peut prouver, en tout cas historiquement.

Alors ensuite, les Égyptiens récupèrent ça. Et là, c'est intéressant parce que c'est eux qui vont donner le nom. Entendez, les Égyptiens ne s'appellent pas les Égyptiens, nous les appelons les Égyptiens. Mais eux, ils s'appellent les Kémis, c'est-à-dire les habitants de la terre de Khem. Et Khem, ça veut dire la terre noire. Et donc, ils habitent cette terre noire. Il se trouve que pour faire la pierre philosophale, il faut décomposer la matière. Imaginons que la lumière est dans chaque chose. Donc, pour aller la trouver, il va falloir faire des trous dedans, il va falloir la tuer. Évidemment, nous, on va dire : "Tuer la matière, c'est l'oxydation." Et nous, on va dire : "Oxydation, c'est oxydé." Et oxydé, c'est bien de faire des trous dans la matière, parce que quand vous avez un métal qui est dur, puis que vous l'avez oxydé, bah, il est tout mou parce qu'il y a des trous dedans. Évidemment, quand il y a des trous dedans, il est moins dense. Et s'il est moins dense, il laisse passer la lumière. Vous voyez, on a à la fois une vision physique et à la fois une vision métaphysique. Et le premier travail, justement, ça va être la décomposition de la matière. Et donc, on va appeler l'œuvre noire, parce que quand on décompose une matière, elle devient noire et elle perd sa forme. Donc, comme elle perd sa forme, on dit qu'elle est volatilisée. Alors que le symbole, un volatile noir, forcément, on a dit que c'est un corbeau. Et c'est pour ça que le premier œuvre, ça sera un corbeau. Et comme les Égyptiens sont faits de cette connaissance et qu'ils travaillent sur cette connaissance, et bien, ils travaillent sur la terre noire dans un temple secret et souterrain qui est le temple d'Hermopolis. Voyez, on a presque le mot Hermès déjà.

Alors, ils travaillent dessus. Et bien plus tard, il y a les Grecs qui s'intéressent à ça. Et les Égyptiens, alors, disent : "Pas de problème, on vous donne ces secrets, mais faut pas raconter à tout le monde." Et eux, évidemment, c'était les Japonais de l'époque, ils racontent à tout le monde. Alors les Égyptiens leur disent : "Puisque c'est comme ça, et ben, on vous met à la porte et on vous raconte rien du tout." Alors, ils ne sont jamais allés dans le temple d'Hermopolis. Ils savent qu'il existe, ils savent qu'il y a des grands secrets dedans, mais ils n'ont jamais mis les pieds dedans. Alors, ils en ont déduit qu'il y avait un Dieu qui s'appelait Hermès. Et les Grecs inventent donc, inventent de toute pièce, le Dieu Hermès, qui est le dieu de l'hermétisme, et donc des choses cachées. Et comme il y a trois grands secrets, parce que tout ce qui est autour de nous, pour l'alchimiste, est réparti en trois parties. Vous savez, quand on dit : "Tiens, c'est quoi ça ?" C'est la matière. Et vous entendez : "L'âme à tiers." Donc, s'il y a un tiers d'âme, il y a deux tiers d'autre chose. Et c'est pour ça qu'on fera toujours trois passages. Et c'est pour ça qu'on trépasse aussi. Trépasse, c'est faire trois passages. Donc, comme ils disent : "Les Égyptiens ont trois secrets." On va l'appeler Hermès le Trois Fois Grand, Hermès Trismégiste. Mais il n'existe pas, c'est une invention des Grecs.

Ensuite, beaucoup plus tard, on a les Perses qui récupèrent ça, on a les Arabes qui récupèrent ça avec un immense alchimiste qui s'appelle Jaber Ibn Hayyan. Il invente des choses formidables. Et on a le mot "Al" au-dessus, Dieu, "Al-Khem", donc la terre, au-dessus la terre noire de Dieu, "Al-Khemia". Et là, on voit le mot qui arrive, "Al-Khemia", qui est quasiment fait, et qui veut dire : "Trouve ce qui est au-dessus, la lumière qui est à l'intérieur de la terre noire." Et ce Jaber Ibn Hayyan, lui, il travaille sur les secrets de la terre. Alors, il se dit : "Si la terre, elle est comme le corps, elle doit bien avoir des veines et des artères, elle doit bien avoir du sang." Il trouve, il trouve le sang de la terre, trouve un liquide. Et lui, il décide, il se dit : "Mais ce liquide, il est son et noir. Comment je vais trouver son esprit ?" Alors, il dit : "Je vais inventer une machine, et cette machine, je vais mettre dedans le sang de la terre, puis je vais chauffer, puis je vais chauffer. Il y a son essence qui va sortir." Et il vient d'inventer l'alambic, le distillateur de Dieu. Et grâce à ça, il fait des élixirs, les boissons des dieux. Et il se trouve que ce qui sort de l'autre côté, c'est quelque chose de transparent, très volatile, puisque c'est un spiritueux, un esprit. Et on en met encore dans nos voitures, puisqu'on appelle ça de l'essence. C'est bizarre quand même qu'on appelle ça de l'essence. Alors, il venait d'inventer la distillation. Et le sang de la terre, c'est du pétrole à l'époque.

Et puis, l'histoire continue. Ça arrive chez nous au Moyen-Âge, amené par les Italiens, par les Vénitiens, évidemment, qui ont besoin de grands secrets, dont le verre, le verre de Venise. Hein, entre parenthèses, il y a un secret, c'est des nains qui vont chercher la matière première. Toute une corporation de nains vénitiens qui a une corporation secrète et qui va creuser à l'intérieur des montagnes pour chercher la matière première pour faire du verre. Et ça, ça a laissé toutes les légendes des nains qui creusent les montagnes. Et c'était des vrais nains, hein. Et ces nains-là, ils effrayaient les gens, évidemment, pour pas qu'on aille leur piquer leur minerais. Et donc, ça a laissé toutes ces histoires. Et c'est devenu une corporation excessivement puissante, mais qui gardait le secret. Et si un parlait, était tué. Et le... il était tué avec un poignard de verre. Vous voyez, toutes ces histoires, on est quasiment dans les contes de fées, alors que c'est, c'est des vraies histoires qui sont passées.

Et puis, ça arrive en Occident. C'est les moines qui utilisent ça déjà, parce qu'ils ont rien d'autre à faire, c'est le temps, ils ont la culture, ils ont le savoir-faire. Et avant l'Inquisition, avant l'Inquisition, il se passe quelque chose. À l'Inquisition, qui nous met tous dans l'obscurantisme. Mais avant l'Inquisition, il était bien pour un moine de montrer que Dieu est dans chaque chose. Donc, l'alchimie va complètement dans ce sens-là, puisqu'on cherche la lumière. Et donc, ils commencent à faire de l'alchimie. Mais on a un moine qui s'appelle Basile Valentin, et lui, il fait la même chose que Jaber Ibn Hayyan, mais beaucoup plus tard. La distillation arrive en Occident beaucoup plus tard. C'est sans doute pour ça que les musulmans ne boivent pas d'alcool, parce qu'ils l'ont eu en premier, ils en ont vu les effets. Et ça arrive beaucoup plus tard. Et ce moine, lui, il travaille sur les plantes. Puis il se rend compte qu'il y a des choses qui sortent de ces plantes. Et il redécouvre l'alcool. Et dans le nom "alcool", il cache le nom de la matière première du grand œuvre. Parce que pour faire une pierre philosophale, faut partir d'un métal, faut partir de quelque chose. Et lui, il le sait, et il a envie de le dire, mais il n'a pas envie de le dire n'importe comment. Alors, il invente le mot "alcool", qui n'existe pas et qui n'a aucune étymologie. Alors lui, la matière première, il sait ce que c'est, c'est un métal. On ne l'utilise pas comme métal. Il sait qu'on le trouve en Afrique du Nord. Et ce métal qu'on trouve en Afrique du Nord, on le réduit en poudre, on le grille au four, puis on se décore les yeux avec le col. Alors lui, il dit : "Le col de Dieu, alcool." Et le col, c'est de l'antimoine. Donc, à l'intérieur, il avait caché le nom de la matière première.

Alors, il y en a un autre que j'aime beaucoup, qui s'appelle Arnaud de Villeneuve. Lui, il travaille sur les plantes aussi, puis il distille. Puis ça sent bon. Ah, il dit : "C'est pas mal ce truc-là." Et il goûte. Puis il se dit : "Bah, ça a drôlement bon goût." Il en regarde la formule. Et comme il travaillait sur le Grand Art, l'Art Magnus, et bien, il vient d'inventer l'art maniaque. Eux.

Alors, on a aussi, je remonte un peu dans l'histoire, hein, parce qu'il y a bien sûr des chimistes femmes. Et ce que j'ai adoré dans cette voie, adorer, hein, vous entendez adorer, c'est-à-dire ce qui apporte la lumière aussi. Ce que j'ai adoré dans cette voie, c'est qu'elle est ouverte à tout le monde, quel que soit le pays, la religion, le sexe, les convictions. On s'en fout complètement. Il n'y a jamais eu nous de guerre de religion. On a appris chez tout le monde. Et ça, c'est quand même assez extraordinaire. Et c'est pour ça que c'est, je sais pas, c'est la plus belle des voies ? Non, évidemment, toutes les voies sont bonnes dès l'instant qu'elles conduisent à la lumière. Mais disons que c'est une voie très, très, très engageante.

Et au 2e siècle, il y a une femme qui fait cette expérience-là. Elle dit : "Dans les plantes, doit y avoir quelque chose." Et puis, pour séparer, souvent la notion du feu à cette notion de séparation. Donc, elle dit : "Je les brûle." Bon, je les brûle, mais je trouve des cendres. Donc, je trouve un principe. Mais peut-être d'autres. Mais les autres qui partent dans la nature. Alors, elle se dit : "Je vais mettre dans un ballon, puis je vais brûler." Bon, effectivement, il y a les cendres, puis il y a des vapeurs, puis autre chose. Ah, un autre principe, ça, c'est intéressant. Alors, après, elle se dit : "Mais si je les brûlais pas, si je les mélange avec de l'eau ?" Qu'elle mélange avec de l'eau, ça bout, ça fait ce qu'on appelle des teintures. Et puis, après, elle se dit : "Mais ce qui sera absolument génial, c'est tout ce que j'ai compris là, maintenant, je vais le faire en une seule fois. L'eau qui est dedans, je vais la mettre dehors, je vais mettre les plantes dedans, je vais voir ce qui se passe." Ça bout. Et ce qui fait que les plantes ne brûlent jamais, puisque on ne peut pas monter à plus de 100 degrés avec de l'eau. Mais par contre, on peut en extraire les principes. Et bien, elle s'appelait Marie la Juive. Elle vient d'inventer le bain-marie.

Donc, on arrive à un certain nombre de choses. Donc, on est au Moyen-Âge. Je reviens au Moyen-Âge. Un alchimiste très célèbre, elle n'est pas connue pour ça, Hildegarde von Bingen. Mais c'est une des seules femmes qui laisse des traités de musique et des traités sur les plantes. Donc, pourquoi c'est une des seules femmes dont on connaît ? Parce qu'on est principalement dans une société patriarcale. Et même si les femmes trouvent quelque chose, c'est généralement les hommes qui récupèrent ça. Mais il y avait beaucoup ce qu'on appelait des sages-femmes. Ces sages-femmes, c'est des femmes qui guérissaient avec les plantes. Alors, dans les mauvaises périodes, on les considérait comme sorcières, et c'était le bûcher. Mais on était bien content de les trouver quand on avait besoin. C'était surtout des femmes qui travaillaient avec les plantes. Parce qu'en alchimie, il y a plusieurs voies. Il y a la voie sèche, la voie humide, et la voie royale. La voie sèche, c'est une voie métallique. Imaginez, on met du métal, ça chauffe, ça bout, ça devient rouge, on fait couler. C'est là, il y a tous les hommes qui salivent, et les femmes qui disent : "Ça m'intéresse pas." Et puis, il y a une autre voie. On va prendre un ballon, on va mettre des liquides dedans, on va chauffer avec les mains, ça va monter progressivement, ça va durer longtemps. Là, il y a toutes les femmes qui font : "Wouah !" Puis tous les hommes qui font : "Ça ne va pas être pratique." Donc, on voit bien qu'il y a des voies qui vont être plus masculines ou féminines. Ça ne veut pas dire qu'un homme ne peut pas faire la voie humide, et qu'une femme ne peut pas faire la voie sèche. Mais on va avoir un peu ces ces ces visions des choses là. Et la voie royale, c'est celle du milieu. Si on trouve la pierre philosophale à l'intérieur de soi, sans toucher à aucun laboratoire, à aucune matière. Mais c'est la plus difficile. Ça voit des prophètes. Il y en a pas beaucoup, hein. Parce que finalement, la pierre philosophale se fait en trois étapes. On décompose la matière, on sépare le subtil de l'épais, on recompose la matière. Elle devient alignée et transparente. Et la troisième partie, la vraie lumière passe à travers. Et à ce moment-là, on a fini la pierre philosophale. Et ça porte trois couleurs. Quand on décompose, c'est noir. Quand on recompose, c'est blanc. Et quand la lumière descend dedans, c'est rouge. Donc, on va voir ces trois couleurs et ces trois étapes.

Donc, on est toujours au Moyen-Âge, et on va arriver à des périodes plus plus modernes. Et là, on va voir au 18e siècle, plein de modernes, plein de modernes relativement, qui vont s'intéresser à l'alchimie. Alors, on est un peu à la croisée entre la chimie et l'alchimie à ce moment-là. Et c'est un peu là où on se... et on imagine que l'alchimie est une protochimie. C'est faux, c'est autre chose. L'alchimie, j'en parlerai après, mais ça n'a rien à voir avec la chimie. Les alchimistes, ils ne cherchent pas à faire des produits, ils cherchent à faire disparaître la matière. Par conséquent, ils trouvent des produits. Ces produits servent à la chimie, mais ce n'est pas le but. Alors que le but de la chimie, ça n'a rien à voir avec une vision métaphysique. On combine des choses pour fabriquer des produits. Et le but de la physique, c'est : on modifie la structure atomique de l'intérieur. La chimie, c'est en périphérie ce qui se passe. La physique, c'est dedans ce qui se passe. Et l'alchimie, c'est au-dessus ce qui se passe. Ça n'a rien à voir.

Pour vous donner une autre définition qui va nous rendre cette fois complètement fou, c'est pas grave, on est là pour ça. Pour l'alchimiste, en réalité, tout ce qui est autour de nous, c'est des ombres. On peut dire qu'il y a la lumière qui est dehors, il y a un obstacle, et s'il y a un obstacle, forcément, il y a une ombre projetée. Donc, l'intérieur de la bulle, il y a que des ombres. Et la différence entre la chimie et l'alchimie, c'est que les chimistes travaillent sur les ombres, et l'alchimiste travaille sur l'obstacle. Une différence très nette.

Si je peux prendre un corps qui est ici, je peux prendre ce fil qui est là, par exemple. Si je veux le détruire, je vais le casser, je vais le chauffer, mettre de l'acide dessus, faire tout ce que je peux, mais ces composés seront toujours là. Donc, en réalité, je ne l'ai pas détruit, j'ai fait que le déplacer. Par contre, si je fais un trou dans qui protège, qui le projette... joli lapsus... s'il fait un trou dans l'obstacle qui le projette, alors là, il disparaît vraiment.

Alors, c'est presque un peu plus compliqué que ça, mais un peu plus simple encore. C'est qu'en réalité, pour l'alchimiste, chaque objet est la projection de ses ombres, pas seulement une. Et ce qui veut dire que la purification, nous, ce qu'on essaie de faire, c'est de retirer les ombres. Et plus je retire une ombre, plus je vois la lumière à travers. Et la pierre philosophale, qu'est-ce que c'est ? C'est une matière dont j'ai retiré six ombres. Ce qui veut dire qu'il ne reste plus qu'une ombre ténue. Vous l'entendez comme vous voulez. Et à travers cette ombre, je vais voir la lumière.

Alors, pourquoi je ne retire pas la dernière ? Parce que si je retire la dernière, il n'y a plus de matière du tout. Donc, moi, j'ai pas accès. Et c'est ça la purification. Et c'est pour ça qu'on parle des sept métaux, parce qu'en réalité, les sept métaux ne sont que le même avec des ombres différentes. Si j'ai sept ombres, c'est du plomb. Si je retire une ombre, ça devient de l'étain. Si je retire une autre ombre, ça devient du fer. Si je retire une autre ombre, et s'il reste une seule ombre, ça devient de l'or. Et c'est pourquoi l'or est un métal précieux, parce qu'il est près des cieux. Et le but de l'alchimiste, ce n'est pas de transmuter cette fois le plomb en or, mais c'est de transmuter le plomb en lumière. Et ce qui veut dire que quand il aura son or, il va retirer une dernière ombre, et l'or va devenir cette fois lumière. Et là, il va se passer quelque chose, c'est que toute la bulle qui est ombre, dès l'instant que je vais faire un peu de lumière, et ben, pour tout le monde, la bulle devient un peu plus petite. Et ce qui veut dire qu'à la fois en faisant de l'alchimie et en faisant disparaître la matière, on fait avancer tout le monde. Et c'est pourquoi aucun alchimiste ne fabriquera du plomb en or et le gardera en or, parce que sinon, ça fait le contraire, on a piégé de la lumière. Et à ce moment-là, la bulle devient plus grande pour tout le monde. Donc, on fait avancer le chaos. Donc, ce n'est pas seulement ça, ça ne peut évidemment pas être mercantile, parce que les conséquences sont universelles. En tout cas, nous, on y croit universel. Vous l'entendez universel, le sel vert, qui est uni. Donc, on verra que la couleur verte est quelque chose d'excessivement important, puisque nous, on est dans cette bulle et on y croit au sens littéral, on y croit. Et ça veut dire que si je vous demande : "Vous, d'où vous venez ?" Vous allez dire : "De quel endroit vous venez ?" Hein. Mais si vous habitez à un endroit, c'est quelque part, il y a un envers, forcément. Et ben, la quête de l'alchimiste, c'est la quête de l'envers, et pas la quête de l'endroit. Et c'est pour ça que l'envers est vert. Et chaque fois qu'on aura cette couleur verte, et bien, on nous parlera de l'envers, donc de la connaissance des choses cachées. Quand Goethe écrit "Le Serpent Vert", et bien, il a une idée derrière la tête. Quand Faust parle de du du diable, de Lucifer, et notre Lucifer, en réalité, la couleur du diable, la vraie couleur du diable, c'est le vert. C'est le pervers, forcément. Le diable vaut vert, c'est pas moi qui le dit. Alors, après, la chrétienté arrive dessus, elle dit : "Non, c'est infernal, c'est les flammes et tout." Mais pas du tout, c'est sa vraie couleur, c'était le vert. D'ailleurs, il y a des corporations au théâtre, par exemple, on ne porte pas de vert, ça porte malheur. Pourquoi ? Parce que dès qu'on va avoir le vert, le pervers, lui, peut arriver.

Alors là, on est au 18e siècle, et on voit tous ces modernes qui parlent de ça, qui font des sociétés secrètes, qui commencent à travailler là-dessus. Puis après, on arrive un peu à notre époque. Et là, on arrive à quelque chose de fondamental. On est euh, en 1912, 1913, et on découvre quelque chose de formidable : la radioactivité. Et la radioactivité, c'est vraiment la transmutation, ça, puisque c'est des corps, la transmutation radiochimique, qui changent d'état en fonction de leur structure atomique. Ça veut dire qu'on se rend compte qu'il y a des corps qui perdent des électrons, et perdant leurs électrons, c'est plus le même élément. Si ça, ce n'est pas de la transmutation. Et à tel point que j'ai un "Science et Vie" ici de 1913, où on parle des travaux de Becquerel. C'est "Science et Vie", hein, c'est pas un truc extraordinaire, hein. Et on parle des travaux de Becquerel, et le titre de l'article, c'est : "On a redécouvert le secret des alchimistes." Et pendant 10 pages, il parle de transmutation. Et la gravure en tête d'article, c'est un laboratoire d'alchimiste. Donc, à cette époque-là, pour eux, c'est c'est complètement évident que les alchimistes parlaient de transmutation radiochimique, que on a juste redécouvert, et que, et que finalement, c'est pas si extraordinaire que ça, l'alchimie, ça existe.

Et puis, après, on arrive un peu plus tard, le rationalisme et tout. Non, non, non, tout ce qui ne peut pas être démontré, il faut bien entendre le terme. J'aime beaucoup ça. On monte les choses, et pour trouver comment ça marche, on les démontre. Donc, ce qui veut dire que pour comprendre quelque chose, on doit passer au-delà des apparences, même dans notre expression. Donc, à partir de ce moment-là, on est ici dans la période moderne. Et puis, contrairement à ce qu'on pourrait croire, bah, il reste des alchimistes.

Alors, la question, c'est : pourquoi Lucifer a un rapport avec le vert ? Il y a une vieille, vieille, vieille, vieille histoire. L'histoire de l'ange des... vous savez, en réalité, il n'est pour rien. Lui, il était près de la porte. C'est l'Éternel qui dit : "Un ange qui est qui est là, toi, tu vas aller tenter les hommes." Ça, c'est une première explication. C'est son métier, donc il sert à ça. Donc, pour voir, c'est c'est Dieu qui lui dit de faire ça. Donc, il n'est pour rien, il n'est pas méchant non plus, hein. Mais tous les archanges, pour les reconnaître, ils ont un signe distinctif. On a Gabriel, c'est le lys, par exemple. Saint Michel, Raphaël, il tient un enfant par la main. C'est pour qu'on les reconnaisse, parce que ce sont des archétypes. En vrai, ils existent pas. Et un archétype, pour qu'il fonctionne, faut qu'il soit signé, pour qu'on puisse le retrouver. Et Lucifer, lui, porte une émeraude au front. Et cet émeraude lui donne la connaissance.

Des choses cachées, évidemment. Quand cet an déchu, Achu ou déçu, on sait pas, il est tombé sur la terre et il a laissé cet émeraude sur la terre. Et celui qui la trouve a la connaissance des choses cachées. Donc, c'est pour ça qu'il y a un rapport entre le verre et Lucifer. Et à tel point, c'est que cette pierre est devenue la pierre des papes. Les papes portent une émeraude parce qu'elle donne la connaissance des choses cachées. Et après, on a dit des forces infernales, mais c'est pas infernal du tout. Parce qu'en réalité, Lucifer, c'est la matière, c'est ce qui est autour de nous. D'ailleurs, quand il est parti, il n'est pas parti tout seul, il est parti avec un tiers des anges, la matière qui est là. Donc, à partir de ce moment-là, on l'a associé à cette couleur-là. Et à chaque fois qu'on aura cette couleur, la chrétienté nous dit, c'est Lucifer, c'est méchant, c'est tout. Nous, on dit, non, non, non, non, c'est quelque chose de caché, c'est quelque chose d'occulté, mais c'est pas forcément quelque chose de méchant.

Et à partir de ce moment-là, cette couleur, dans toute l'histoire de notre culture, hein, je parle de la culture judéo-chrétienne occidentale, cette couleur nous a donné cette clé à travers les ouvrages, à travers même la musique, à travers les vitraux. Les dragons sont verts, et puis à travers les contes de fées, on va voir, vous avez toujours des grenouilles. Les grenouilles sont vertes, et en plus, ce n'est pas des grenouilles, c'est des reinettes. Voyez, donc, c'est une reinette, c'est une petite reine. Donc, c'est quelque chose d'al, c'est normal que la petite reine, quand on l'embrasse, il y a un prince charmant. Donc, ça va nous donner des tas de clés qui sont intéressantes dans tous les contes de fées.

Je pense à Poséidon, donc, et vert aussi, hein, le dieu de la mer. Et ce dieu de la mer, il a un trident, et le trident, c'est comme celui du diable. C'est bizarre, le diable a un trident, on peut un trident. Alors, ce trident, en réalité, représente le feu, parce qu'il vient d'une lettre hébraïque, le Shin. Et donc, à chaque fois qu'on va le retrouver, ça va nous donner une clé pour les alchimistes. Ça va être quelque chose de très intéressant, parce que s'il y a un feu et Poséidon, il est là, c'est qu'il y a un feu caché dans l'eau. Et dans l'eau verte, donc, dans l'eau verte, il y a quelque chose de rouge qui est caché. Alors, ce n'est pas lui directement. Vous savez que Poséidon, il est sur un char et que le char est traîné par des choses. Alors, il est traîné par des tritons. Alors, les tritons, vous l'entendez comme vous voulez, est-ce que c'est Triton, trois couleurs, ou Triton, trois notes de musique ? Puis autour de lui, il y a ses filles, et c'est les filles, il y en a six, c'est normal, parce que c'est sirènes. Donc, sirènes plus une, parce qu'on marche toujours par sept. Celle qui nous manque, c'est la reinette. Donc, sirènes et une reinette. Donc, on va avoir évidemment ces histoires.

Et ce feu, il est caché où ? Vous allez voir encore avec le rapport avec cette couleur verte. Et bien, Poséidon, il a une fille, et cette fille, c'est Vénus. Et Vénus, souvenez-vous du petit Chéli, elle sort des eaux dans une coquille Saint-Jacques. Donc, ce qui veut dire, ce qu'on va aller chercher, on va chercher à Saint-Jacques, on va chercher dans l'eau verte à Saint-Jacques, Vénus. Mais Vénus, elle s'appelle Aphrodite, et Aphrodite, c'est Aphros, et Aphros, c'est l'écume en grec. Donc, on va chercher une écume dans l'eau verte à Saint-Jacques. Voilà, c'est un mode d'emploi à travers la couleur. Donc, on va retrouver toujours ça.

Alors, pour revenir à l'exemple que je donnais tout à l'heure, Lucifer, c'est l'ombre. Satan, c'est l'obstacle. La différence, d'ailleurs, ce qu'on reproche à Satan, c'est de se détourner du regard de l'Éternel. Évidemment, dès qu'il se détourne, il projette une ombre. Et c'est pour ça que la seule quête qu'on doit faire, c'est se retourner. Le chemin initiatique est court, il faut juste se retourner. C'est pour ça qu'on parle de retour aux sources. On en venait donc, on va juste avoir ce mouvement. Et c'est pour ça que le profane marche et l'initié démarche. La démarche étant le mouvement immobile. On n'a pas besoin de bouger, on a juste besoin de se retourner. Donc, voilà le rapport avec la couleur verte. On pourra en parler pendant des siècles, parce que ce mot, c'est bien la vérité. Vous entendez la couleur dedans. Donc, les vertus, on entend aussi la couleur. Et puis, si je suis dans la bulle, soit je marche vers l'intérieur, et c'est verrou, soit je marche vers l'extérieur, c'est ouvert. On parle toujours de la même musique.

Et on parle de clés, cette fois, qui sont très, euh, très intéressantes. La pomme a un rapport avec la magie et avec le symbolisme, sans aucun doute. Déjà, ça commence avec une mauvaise histoire, hein, l'histoire avec la pomme d'Adam et Ève. Ce n'est pas vrai, parce qu'en Judée, saint-m, Marie, il y avait aucune chance qu'il y ait des pommes. Donc, ce n'était pas une pomme, c'était une grenade. D'ailleurs, elle nous a sauté à la figure. Pourquoi c'est une grenade ? Parce qu'elle fait un à l'extérieur et des grains à l'intérieur, dans des petits compartiments. C'est la bulle, c'est la bulle avec tout ce que nous sommes à l'intérieur. Donc, ça se comprend qu'elle donne le monde. En réalité, on était dans le paradis, c'est le paradis, c'est le jardin, c'est tout est beau. Pourquoi ? Parce qu'on n'a pas perdu la vue, on regarde. C'est ce qu'on a perdu ici, on a arrêté de regarder.

Donc, à tel point, c'est quand on est chassé du Paradis, on dit, ils sont chassés tout nus. Ce n'est pas vrai, ça, c'est une erreur de traduction. En réalité, il est dit dans les textes deux choses. La première, c'est qu'on les a couverts de peau. En réalité, on a mis une tunique de peau, c'est que c'est le corps finalement. Et maintenant qu'on a une peau, on est obligé de faire un effort. C'est ça l'arbre de la connaissance, c'est que maintenant, pour être heureux, faut qu'on ait une raison, alors qu'avant, on était heureux sans raison. Et il y a quelque chose d'une traduction qui est encore plus forte, qui dit dans les textes, quand on peut le traduire autrement, parce que l'hébreu, on peut le comprendre de plusieurs manières, et c'est dit, on a été habillé de tunique d'aveuglement. C'est textuellement ce qui est marqué. Donc, voilà, on a cessé de voir pour ne regarder que nous-mêmes.

Alors, c'est ça la connaissance. Et pourquoi c'est devenu la pomme ? Parce qu'après, quand les Grecs et les Latins prennent ça, ils disent, c'est tous les fruits, et tous les fruits, c'est Pomone. Évidemment, tu es, on a la musique de la pomme qui arrive. Et puis, quand ça arrive chez les Latins, la pomme, le fruit, ça se dit Malum. Ah, la pomme, le malum, ça y est, c'était foutu. On a dit, donc, la pomme, c'est associé au mal, donc elle a donné le mal et tout. Mais ce n'est pas vrai. Ça ne s'est pas passé comme ça. Enfin, ça, on sait rien comment c'est passé sur une histoire, mais disons que cette histoire, ce n'est pas ce qu'on a voulu nous dire. On a voulu nous dire autre chose.

Alors, ensuite, cette pomme peut être quand même le fruit de la connaissance, parce que quand on coupe, on coupe une pomme, pas comme ça, mais comme ça. Dedans, il y a une étoile à cinq branches. Et l'étoile à cinq branches, c'est ce qu'on cherche. Quatre éléments naturels, quatre directions, et le cinquième qui est au-dessus des autres. Le cinquième est la quintessence. C'est représenté par une étoile à cinq branches, au nombre d'or. Le nombre d'or, c'est un nombre très particulier, c'est le N, le nombre de la beauté. Ça veut dire, c'est le nombre qui fait voir la lumière à travers. Donc, évidemment, quand on le met sur un mur, je vais faire une fenêtre au nombre d'or, même si c'est sur le mur que je la dessine et qu'il y a pas de trou, ben je verrai la vraie lumière quand même derrière. Donc, ce sera pas une lumière visible, ce sera une lumière invisible, la vraie lumière, celle qui est à l'extérieur de la bulle. Mais comme au début des temps, la création, c'est un trou dans la bulle, il y a quand même ce faisceau qui arrive. C'est la première lettre de l'alphabet hébraïque, le Aleph, qui veut dire le mince filet de lumière. Tout commence par ce mince filet de lumière qui rentre, une cascade à l'intérieur de la bulle. Ben, à chaque fois que je fais quelque chose au nombre d'or, pouf, il y a un trou, puis il y a un jet qui jaillit.

La pomme, évidemment, va avoir ce sens-là. Et après, ça a été, on voit par exemple dans les tableaux primitifs du Moyen-Âge, la Vierge donne à l'enfant une pomme. Alors, évidemment, ça l'a foutu mal. Donc, plus tard, 12e, 13e siècle, on a repeint dessus et on a fait un globe crucifère, c'est le globe avec la croix dessus. Ça veut dire que la Vierge donne la chrétienté sur le monde. Mais ce n'était pas vrai à l'origine. C'est normal qu'elle lui donne la connaissance du monde. Donc, c'est normal qu'elle lui donne une pomme.

Alors, on trouve ça chez les Celtes, c'est Avalon. Avalon, c'est l'île des pommes. Mais ce n'est pas n'importe quelle pomme, c'est des pommes qui poussent dans un chêne. Alors, des pommes qui poussent dans un chêne. Alors, où va-t-on là ? Ça existe plus, c'est de la science-fiction. Et pourtant, quelque chose de très important dans la quête qu'on suit, c'est le mot Gal. Gal, ça veut dire pierre. Galou, le chemin des pierres. Galerie, faire des trous dans la pierre. Donc, à chaque fois qu'on va voir cette racine, le Graal, par exemple, la musique, Gal, ça veut dire la lumière dans la pierre. C'est pour ça que le pèlerinage commence en Gaule. Vous entendez la musique, se termine en Galice, quand on fait Saint-Jacques de Compostelle, parce que on va chercher quelque chose là-bas. Il y a une clé supérieure aussi, c'est que on fait un chemin, et pour faire un chemin, on lève le talon. Et quand on lève le talon, il y a un os, et cet os, il s'appelle l'astragale. Astre égal, ça veut dire l'étoile dans la pierre. On arrive où ? Compostelle. Compostelle, là, donc, ça veut dire qu'on part avec le talon, on a déjà l'astre dans le pied, puis on va chercher la lumière qui est tombée à l'intérieur de la pierre. Donc, la racine Gal va être très importante. Et les Celtes travaillent tous avec une langue, la langue gaélique. Donc, les pays garliques, donc, les pays de la pierre.

Alors, nous, évidemment, c'est Avalon, ces pommes dans les chênes. On regarde des chênes en Bretagne, en Haute ou Basse Bretagne, et puis on s'aperçoit que certains chênes, il y a un parasite dessus. Vous savez, ça fait comme des vieilles pommes ridées, et on appelle ça la gale du chêne. Ah, voilà les pommes qui sont dans le chêne. Et dans cette gale du chêne, aujourd'hui, il y a un produit qu'on appelle l'acide gallique. Et cet acide gallique, il a comme particularité d'ouvrir la matière. Ah, bah voilà, ça y est, on a le secret. On va aller à Avalon pour trouver des pommes qui révèlent le secret de la matière. Et qui c'est qui fait ça ? C'est un type qui est à la limite des deux, il s'appelle Merlin. Al, s'appelle Merlin, c'est forcément un enchanteur. Merlin, l'oiseau, hein, et donc, il connaît la langue des oiseaux. Puis il arrive entre deux mondes. Il habite au Finistère, là où la terre se finit. Et puis, évidemment, lui, il fait le passage entre les vivants, entre l'Orient, l'or riant, et où on est Occident. On est Occident, forcément. Donc, l'Ouest, c'est l'endroit Occident où on est mort. C'est pour ça que quand on demande à un vieux Breton, comment tu vas, s'il va pas bien, il dit, je rame vers l'Ouest. D'ailleurs, ça a laissé dans le la discussion commune, quand on dit à quelqu'un, tu vas bien, il dit, je suis à l'Ouest. Qu'est-ce que ça veut dire être à l'Ouest ? Ça veut dire que je suis au bord de la mort.

Et alors, lui, ce Merlin, il fait le passage entre l'Orient et l'Occident. Mais pour ouvrir ces portes-là, il faut des clés. Les clés, on les a sur nous, clavicule, petites clés. Et grâce à son marteau, son Merlin s'appelle encore comme ça aujourd'hui, et bien, il ouvre la porte d'Orient, la porte d'Occident, et il affronte évidemment, c'est le doublement des chevaliers. Et c'est pour ça qu'on a toute l'histoire des Chevaliers de la Table Ronde avec Merlin, du passage de l'Orient et l'Occident, et la quête de la pomme.

Alors, cette pomme, on va la retrouver bien sûr dans Blanche-Neige. Blanche-Neige, déjà, elle s'appelle Blanche-Neige, donc, ça veut dire qu'elle est pure, celle-là. Et comment elle naît ? Il y a sa mère qui est devant une fenêtre d'ébène, de neige, puis elle se pique le doigt, puis elle dit, j'aimerais bien avoir une fille qui a la peau blanche comme la neige, les lèvres rouges comme le sang, et les cheveux noirs comme les ébènes. Noir, blanc, rouge, ça doit bien nous raconter un truc, hein. Et tout va tourner autour de l'histoire de la pomme. Cette pomme, blanche et rouge, souffre et mercure, mortelle ou immortelle, parce que quand elle croque la pomme, elle tombe comme morte. Ça veut dire qu'elle n'est pas vraiment morte, c'est une mort apparente. Ce qu'on doit comprendre, mort des apparences, ce qui veut dire que si tu es capable de tuer les apparences, tu vas voir la lumière qui est derrière. Voilà encore la pomme qui arrive ici.

Bon, je parlais du jardin des Hespérides avec la pomme, je parlerai des pommes d'or, hein, quand comment dirais-je, Hercule va faire ses épreuves. Il en fait 12, d'ailleurs, de trucs. Et puis, ces épreuves, au début, c'est une brute épaisse, quand même, hein, c'est de l'os compact, je concentre, il a aucune logique. Il tombe sur la biche aux pieds de renne, c'est-à-dire, c'est juste l'animal qui court le plus vite du monde. Il dit, je vais la battre à la course. Donc, évidemment, il court après, c'est évident qu'il l'a pas. Et là, il se dit, ben, je vais attendre qu'elle dorme, puis quand elle va être couchée, cette fois, je vais la voir. Ah, ça y est, il commence à avoir un éclair de génie, il a reçu une petite partie de lumière.

Et puis, après, il va prendre les pommes, la pomme de la discorde, où c'est les déesses qui sont ensemble, et puis il y en a une qui n'est pas invitée. Alors, comme elle n'est pas invitée, elle met une pomme d'or en disant, je l'offre à la plus belle, puis jette au milieu de l'assemblée des déesses. Alors, évidemment, c'est un peu la guerre. Donc, cette pomme va avoir toujours, dans un bon sens ou dans un mauvais sens, un acte magique très puissant. Il faut savoir aussi que le terme pomme, ça ne s'adresse pas seulement à la pomme, ça s'adressait à tous les fruits. On parlait au Moyen-Âge de pomme d'orange, d'ailleurs, ça a laissé pomme d'api, pomme de pain. C'est vraiment, on doit comprendre quand on dit pomme, d'un point de vue symbolique, tous les fruits, puisque ça vient directement de Pomone, qui est la muse de tous les fruits.

C'est des principes simples, forcément simple. On cherche l'unité, l'unité, c'est un et un, c'est simple. D'ailleurs, quand on travaille avec des plantes, on appelle ça des simples. On appelle ça, ça, des compliqués. Nous sommes compliqués, c'est pour ça que les voies sont difficiles. Entre parenthèses, les voies sont très faciles, nous sommes compliqués. Donc, au lieu de faire un chemin, on disait ça avec les Jésuites. C'est un Jésuite qui demande son chemin, et puis il y a un paysan qui dit, vous trouverez pas tout droit. Donc, nous, on est comme ça, un peu. Quand c'est simple, c'est le syndrome de la mouche. Vous savez, la mouche qui se tape sur le carreau, puis la fenêtre est ouverte à côté, puis on la regarde, puis on dit, ce pauvre bête quand même. Alors, on décide de devenir le dieu des mouches, et puis on prend la mouche, puis on l'amène à l'endroit où c'est ouvert, puis qu'est-ce qu'elle fait ? Elle vient se taper sur le carreau. Heureusement, nous, on fait jamais ça, bien sûr. On fait ça tout le temps.

Donc, l'idée, ça va être comment percevoir l'univers, percevoir encore cette chose-là. Alors, les principes de l'alchimie philosophique, si on les appliquait dans notre vie, on serait tous heureux. Déjà, ça serait pas mal. On n'a pas forcément envie, parce qu'on est enfermé dans notre ego. Après, il y a des principes mécaniques, c'est-à-dire, l'alchimie permet de fabriquer des produits, et ces produits peuvent être curatifs. Par exemple, ça peut être une hygiène de vie, ça peut être une manière de vivre. Par exemple, là, j'ai parlé d'alchimie métallique, mais on peut parler d'alchimie végétale. Il y a toujours les trois principes. Je ne les ai pas décrits, mais je vais en profiter pour le faire. Il y a ce qu'on appelle le sel, le soufre, et le mercure.

Si je prends une plante, que je la calcine, que je la brûle, il restera toujours des cendres, et dans les cendres, il restera toujours des sels. Ça, c'est ce qu'on appelle le sel, justement. Le sel, c'est le principe de base, c'est la structure. Si je prends la même plante et que j'évapore avec de l'huile, par exemple, ou avec de l'eau, il y a une huile qui va se mettre à la surface, c'est les huiles essentielles, c'est le principe actif. Le soufre, c'est l'énergie masculine, c'est une énergie qui va de l'intérieur vers l'extérieur, qui jaillit. Et donc, c'est le principe actif de la plante. Ça sera les huiles essentielles, qui sont quand elles sont bonnes, rouges. Ça, c'est le principe rouge. Et le dernier principe, c'est l'esprit de la plante, la partie la plus volatile, celle qui contient le message. Et ça, quand je vais prendre la même plante, je vais distiller, j'aurai de l'alcool. L'alcool de la plante, ça va faire un mercure.

Alors, voyez, le sel, c'est les cendres, le sel. Le soufre, c'est les huiles essentielles. Et le mercure, c'est l'alcool. Ben, voilà, à partir de ça, je peux faire des principes curatifs. La première chose qu'on va faire, le mercure, j'ai oublié de vous dire, c'est l'énergie féminine, celle qui va de l'extérieur vers l'intérieur. Donc, pour faire un bon produit, je peux utiliser un des trois principes. Déjà, ça dépend si je veux travailler sur le corps, ça sera le sel. Si je veux travailler sur ce qui circule dans le corps, ça sera le soufre. Ou si je veux travailler sur l'esprit, le message, ça sera le mercure. Donc, je peux choisir de travailler avec une partie, mais je peux choisir aussi de faire des mélanges.

Donc, par exemple, je sais pas, je vais soigner quelqu'un avec du millepertuis. C'est interdit aujourd'hui, mais il y en a dans les champs. On va pas dire pourquoi, parce que ça rentre en concurrence avec le Prozac. C'est un antidépresseur puissant. Évidemment, quand vous pouvez faire ça vous-même et que ça coûte rien, les laboratoires, ça leur fait pas plaisir. Donc, ils disent, on va l'interdire, comme ça, ils vont être obligés de prendre du Prozac. Donc, ce que je vais faire, je vais prendre millepertuis. Écoutez, millepertuis, celui qui est percé mille pois, donc, c'est des feuilles avec plein de trous. Et donc, je vais prendre les fleurs de ce millepertuis-là, et puis je vais mettre dans l'huile, par exemple, puis je vais mettre au soleil, puis ça va devenir rouge. Ça y est, c'est le soufre de la plante que je viens d'extraire. Et cette huile rouge va me permettre de traiter les dépressions. Je prendrai quelques gouttes. C'est interdit tout ce que je vous dis, hein, faut pas le faire, hein. Mais bon, sinon, je vais aller en prison. Mais je prendrai juste ces gouttes-là, en laissant 14 jours au soleil. En réalité, on s'en fout, on dit 14 jours, c'est plus symbolique, mais ça va monter au rouge, un rouge puissant. Et donc, je vais récupérer ça, et quand je vais récupérer ça, ça va déjà être un principe actif.

Alors, après, pour multiplier ce principe, je vais le mélanger avec l'esprit, parce que comme ça, ça ira plus vite dans mon corps, puisque ça va être conduit par le messager. Donc, le messager, c'est de l'alcool. Alors, j'ai deux possibilités. Si je suis un bon alchimiste, je fais de l'alcool avec cette plante-là. Donc, j'aurai l'alcool de cette plante. Mais cet alcool que j'ai tiré de la plante, il n'est pas pur, il y a quelque chose dedans. Et ça, Basile Valentin nous l'explique. Donc, on va prendre cet alcool et on va le distiller plusieurs fois. Et au bout d'un moment de distillation, il va se passer quelque chose. Il y a une huile verte et nauséabonde qui va sortir de cet alcool. Et les anciens appelaient ça l'huile de mort. Alors, évidemment, quand j'ai retiré l'huile de mort, il reste l'eau de vie. Et c'est seulement à ce moment-là que l'alcool devient de l'eau de vie, et on dit qu'il devient philosophique, c'est-à-dire que maintenant, l'esprit peut descendre dedans.

Alors, qu'est-ce que je vais faire ? Je vais prendre mon alcool et je vais prendre mon huile, et je vais les mélanger à volume égal. Finalement, c'est l'homme et la femme que j'associe. On appelle ça les noces chimiques. Symboliquement, on voit ça, c'est un homme et une femme qui se tiennent par le cou, mais qui se battent. C'est-à-dire, je veux, je veux pas, je veux, je veux pas. Mais un jour, je voudrais bien quand même. Parce que ça va prendre du temps, et ça va prendre une température particulière, qui est 40 degrés Celsius, parce que pour que la noce chimique se fasse, pour qu'il s'épouse, il faut qu'il soit confortable. Et donc, on voit aussi toutes les histoires des contes de fées, le roi et la reine, l'enfant qui va naître, ce genre de choses. Et à un moment, il va se passer quelque chose. L'alcool va surnager sur l'huile. Donc, ça va être rouge et blanc, un peu comme la pomme de Blanche-Neige, d'ailleurs, c'est ce qu'on sait de ce dont on nous parle. Et le rouge qui est en bas va passer au-dessus, et l'alcool va se teinter, et on va appeler ça une teinture. Et quand on va prendre ce produit, il est une puissance de 10 plus fort que l'huile essentielle. Donc, voyez, la posologie va évidemment chuter. Mais ça veut dire que je fais beaucoup plus de produits avec beaucoup moins de matière.

Mais il manque un corps, il manque le sel. Donc, si j'associe maintenant le sel à ça, j'ai pris ma teinture et je rajoute le sel de la plante dedans, à 10 dilutions, j'augmente d'une puissance de 10. Vous voyez que je finis par avoir un produit excessivement actif avec presque plus de matière première. Donc, à la fois, c'est rentable, c'est intelligent, c'est pas toxique, et ça peut faire beaucoup de choses. Donc, voilà des principes alchimiques.

Alors, aujourd'hui, il y a plein de gens qui vendent des produits alchimiques, mais c'est assez peu probable, parce que voyez, le temps que ça prend, il va falloir extraire le principe de la plante, il va falloir fabriquer l'alcool, il va falloir faire la teinture, et la teinture, elle va se faire en quelques mois, de trois mois, ça ne fait pas comme ça. Donc, ça veut dire que les produits alchimiques vrais, faits selon l'art, seraient tellement chers qu'on ne peut que les donner, on ne peut pas faire autrement. Si on comptait le temps qu'on passe dessus, les produits, la manière, ça serait impossible. Donc, bah voilà. Donc, c'est pour ça qu'il y a.

Donc, voilà quelques applications. D'autres applications très techniques. Le métal, par exemple, passe de l'état solide, ensuite à l'état liquide, et ensuite à l'état gazeux quand je chauffe. Mais imaginez, c'est une plateforme pétrolière, il y a des robinets, il y a le feu. S'il y a le feu, faut que les robinets tout de suite, ils se ferment, ils ont pas le temps de fondre, parce que s'ils fondent, ils gouttent. Si ça gout, imaginez le pétrole qui est dedans, ça prend feu, c'est fini. Il faudra que ça s'occulte tout de suite. Donc, il faudrait que le métal passe de l'état solide à l'état gazeux tout de suite. C'est impossible, sauf que les alchimistes savent le faire. Donc, on pourrait imaginer une application industrielle qui permettrait de fonctionner comme ça.

Un autre exemple. On parlait d'Afrique un peu tout à l'heure. Les Africains ont manque de calcium. Donc, comment on va faire pour leur donner du calcium ? Je vous disais que l'Europe donne du lait en poudre pour donner du calcium, ce qui est une mauvaise idée. Déjà, il faut mettre de l'eau dedans, ainsi de suite. La bonne idée, c'est de dire, nous, on va faire un calcium qui est biodisponible. Pour qu'il soit disponible, il faut qu'il soit reconnu par le corps. Pour qu'il soit reconnu par le corps, il faut qu'il soit végétalisé. Par exemple, c'est pour ça que une plante qu'on ne peut pas assimiler, on va l'assimiler à travers une vache, parce que la vache, elle, elle va assimiler le principe de la plante, elle va le mettre dans son organisme, et nous, quand on va manger la vache, et bien, on va manger le principe de la plante qui ne serait pas, si je mangeais la plante comme ça, déjà, j'en aurais pas les vertus, elle serait peut-être même toxique. Donc, il y a une transformation, quelque fois même une transmutation, qui va faire que ça devient assimilable.

C'est pareil, par exemple, vous mangez du fer, enfin, vous manquez de fer, vous allez pas manger un clou, parce que si vous le faites, ça va, il va pas se passer quelque chose. Alors, nos grands-mères nous disaient, on va chauffer le clou, puis vous le jetez dans l'eau, ça fait, puis vous buvez l'eau. Et là, évidemment, il va se passer quelque chose, parce que par la chaleur, on va ouvrir le métal. Et dès qu'on va le mettre en l'eau, l'eau, c'est un mercure, c'est un messager. Quand vous mettez des feuilles de thé dans de l'eau, l'eau a bien goûté, donc, ça veut dire qu'elle prend bien le message. Bah, là, ça va prendre le message du fer. Et donc, quand je vais boire l'eau, là, je vais recevoir du fer.

Donc, pour nos amis africains, on a pensé à la même chose, en disant, le calcium, il y en a partout. Il y a les coquillages, il y a les coquilles, même des vieilles, hein, même des trucs qui ont été mangés il y a 100 ans, ça n'a pas d'importance. Comment on va récupérer le calcium qui est dedans ? Alors, pour dissoudre le calcium, un acide, c'est bien, mais un acide, ça peut être minéral, l'acide sulfurique, par exemple. Et l'idée, c'est de prendre un acide organique. Et à ce moment-là, dès l'instant que je vais dissoudre avec un acide organique, bah, la solution va être assimilable. Nos grands-mères faisaient ça aussi, peut-être vous l'avez fait, quand les enfants manquaient de calcium, on prenait des coquilles d'œuf et on mettait dans du jus de citron, ça bouillait, et puis après, on retirait les coquilles d'œuf, on buvait le jus de citron. En réalité, on prenait un citrate, cette fois, de calcium, on faisait un vrai produit qui a été, qui peut être reconnu par le corps. Maintenant, puisque c'est un acide organique qui l'a fait.

Alors, donc, on a monté ce système chez eux. Prend du vinaigre, on met des coquilles dedans, on laisse en digestion, et puis ensuite, on évapore, et on récupère ce qui a été digéré, on réduit en poudre, on prend à cette teneur de calcium, et on récupère le vinaigre, et on recommence. Ce qui veut dire qu'en gros, évaporation, le soleil, le vinaigre, c'est le même. Il y a juste les coquilles qui changent. Donc, ça coûte rien. Donc, voilà, c'est humaniste. Ça, c'est des principes alchimiques qui sont appliqués et applicables dans la vie de tous les jours. Imaginez faire un traitement qui coûte rien, ça se peut pas. On peut fabriquer un traitement qui vaut rien, mais on va le vendre. C'est pas la même chose. Mais on est aujourd'hui dans une civilisation, on soigne pas une civilisation, on guérit. On n'a pas besoin de guérir les gens. Les gens qui sont guéris, ce n'est pas des clients potentiels. Par contre, des gens qu'on soigne, alors là, c'est bien. Plus ça dure longtemps, mieux c'est, parce que ça veut pas dire que tous les laboratoires, c'est des gens qui sont méchants. Ça veut pas dire que c'est, c'est vrai qu'ils ont une logique qui n'est pas une autre logique, une logique commerciale. Les gens, ils font de l'argent, il est complètement logique et normal pour les gens qui font ça de faire des produits qui vendent. C'est comme un boucher, il donne sa viande, un boulanger, il fait son pain, il le vend. Donc, dans la logique, ça se comprend. Ça ne veut pas dire que c'est une logique humaniste, ça ne veut pas dire que ça sert l'humanité. Mais je suis sûr qu'il y a des gens qui sont très contents qui travaillent dans un laboratoire en disant, nous, on aide les gens quand même, et puis on gagne de l'argent. Alors, c'est sûr qu'il y a des requins, mais il y en a partout, hein, même dans les côtés New Age, même dans les côtés, il y a des gens qui font de l'argent aussi avec ça. Et ça ne veut pas dire que c'est mieux. Donc, ce n'est pas si simple, finalement. On n'est pas dans un monde manichéen. On a cette vision nous, c'est un peu la vision des Américains, où il y a les gentils, puis il y a les méchants, puis les gentils doivent avoir des têtes de gentils, puis les méchants, ils doivent avoir des têtes de méchants. Mais ça existe pas en vrai. Ça, c'est pour ça que les doctrines extrême-orientales sont bien plus fines, c'est que le oui et le non n'existe pas, parce que ça dépend des circonstances. On a tous été le meilleur et le pire pour quelqu'un. Tous. Donc, on dit dans la langue des oiseaux, le jugement. Donc, faut pas utiliser.

Alors, les principes alimentaires de l'alchimie, c'est ce que je disais, il y en a pas. Parce que ce n'est pas ce qui rend qui est important, c'est la manière dont on va le traiter, finalement. Moi, si je deviens bio, si je deviens, je fais attention à ce que je mange, je fais attention à ce que je respire, je fais attention à ce que je porte, je fais formidable, mais je suis condamné à disparaître, parce que ce monde, il ne va pas changer. Si je ne m'adapte pas à ce monde, je disparais. Quand on dit, regardez, les religieux vont dire ça, ce monde est bien fait, regardez comme c'est merveilleux, ça prouve que Dieu est derrière tout. Les oiseaux, ils sont dans l'air, derrière les poissons, ils sont dans l'eau, c'est quand même bien fait. Ce qui est vrai, en plus. Sauf que c'est les survivants. C'est tous ceux pour qui le monde était pas bien fait, bah, ils sont morts. Donc, évidemment, maintenant, on trouve un monde où tout le monde est adapté. Mais pourquoi ? Parce que tous ceux qui n'étaient pas adaptés, bah, ils ont disparu. Donc, à partir de ce moment-là, si on ne s'adapte pas au milieu, et bien, on va disparaître.

Peut-être qu'on prépare l'avènement d'une future race qui va être dans la radioactivité, l'oxyde de carbone, les rayonnements électromagnétiques, et qui vont trouver ça très bien, qui vont être très sages, très merveilleux, très fantastiques. J'oublie pas qu'il y a quelques centaines de millions d'années, il y avait une race qui vivait sur terre, enfin, sur mer, plutôt, par rapport à l'eau à l'époque, et cette race, elle était tellement bien qu'elle se reproduisait comme une malade. Mais alors, elle se reproduisait, puis alors, elle a pollué, elle a pollué, elle a fait un gaz mortel, un gaz tellement mortel que eux, ça les a tués presque tous. Il y a juste une poignée qui a pu se sauver, ils sont allés se cacher au fond des mers. Alors, ce ne sont pas les Atlantes, c'est des bactéries anaérobies. Et le poison extraordinaire qu'elles ont fait, qui bouffe tout ça, bouffe même le métal, c'est l'oxygène. Ce qui veut dire que c'était leur déchet. Mais ce qui veut dire que s'ils n'avaient pas pollué, nous, on n'existerait pas. Qu'est-ce qui est juste ? Nous sommes les enfants de la pollution. Eux, ça les a détruits, puis nous. Alors, oxygène, entendez bien le mot, oxy, ça veut dire tuer, gène, ce qui fabrique. Donc, c'est le gaz qui fabrique la mort, quand même. Et nous, on se baigne là-dedans, on est heureux là-dedans.

La planète bleue, on a peur des extraterrestres, on dit, ils vont tous venir ici, parce que s'il y a une planète bleue, c'est merveilleux, elle, c'est la plus belle de l'univers. En réalité, sur les cartes galactiques, c'est marqué, surtout s'il y a une planète bleue, n'y allez pas. Il y a des fous là qui sont adaptés à un poison mortel. Donc, si vous y allez, vous avez intérêt à vous protéger. Et puis, en plus, nous, on n'est pas au centre de la galaxie, hein. Vous voyez, on est dans une petite galaxie spirale, là, puis on est au bout du bout du bout, permettez-moi l'expression, on est dans le trou du cul du monde. Donc, si vous voulez dire, s'il y a des extraterrestres qui viennent, ils viennent faire un safari par là, c'est sûr, c'est le seul truc qui intéresse, mais rien d'autre.

Alors, nous, comme on est très anthropocentrique, on imagine que tout l'univers n'a qu'un seul but, c'est soit de nous détruire, soit de nous aider. Mais globalement, ils sont fous, complètement. On est un grain de sable au milieu de nulle part. On posait la question à Stephen Hawking, qui est un physicien merveilleux, et on lui disait, vous pensez qu'il y a de la vie dans l'univers ? Alors, il dit, il y a deux hypothèses. Soit il y a de la vie partout, soit il y a de la vie nulle part, et on est tout seul. Et ces deux hypothèses m'emplissent également de terreur. Et puis, on disait aussi, et si extraterrestres viennent ? Si extraterrestres viennent, ça veut dire que s'ils arrivent chez nous, d'où ils sont venus, c'est qu'ils ont une technologie qui est beaucoup plus importante que la nôtre.

Notre, ça fera un peu comme les Espagnols quand ils sont arrivés voir les Indiens, et ça ne s'est pas très bien passé pour les Indiens. Donc, peut-être qu'on a intérêt, assez caché aussi, à l'intérieur.

Donc, vous voyez que cette, cette vision de l'humanité est assez, euh, relative finalement à l'intérieur des choses. Alors, ces principes de, de s'adapter à l'univers fait que finalement, si je suis bien adapté, que je suis bien partout, je peux manger n'importe quoi.

Un exemple, je vais vous donner un excellent produit, et vous le mangez à contre-cœur, ils vont vous rendre malade. Pourtant, le produit est très bon. Alors, c'est quoi qui vous rend malade ? Si ça marche dans ce sens-là, pourquoi ça marche dans l'autre sens ? Si je prends un mauvais produit, le nombre de trucs affreux qu'on a mangé sans même savoir que c'était mauvais, et qu'on est passé à travers sans s'en rendre compte.

Alors, l'adepte par contre, c'est-à-dire l'alchimiste qui arrive au bout, lui, c'est pas un problème parce qu'il va tout transmuter, n'importe quoi. Donc, la question ne se posera pas.

Alors, maintenant, c'est sûr que je vais préférer manger un fruit qui est sur l'arbre que un truc qui est en culture hydroponique. Pour des tas de raisons, déjà des tas de raisons que le fruit dans l'arbre, pour moi, il a un esprit. Donc, ça, c'est important de se nourrir de l'esprit des choses, pas seulement de la matière. Que celui qui est fait hydroponique, il a jamais connu la terre. Donc, ce qu'il y a dedans, en plus, il a été manipulé. Qu'on a mis un gène de scorpion dedans pour pas qu'il s'abîme. Ce qui est le cas, entre parenthèses. Il y a un truc quand même, hein. Vous avez des fraises, vous avez une pomme. Prenez une pomme d'un verger normal et une pomme de supermarché. Vous mettez deux à côté, puis vous attendez deux jours, trois jours. La pomme normale, puis l'autre, elle bouge pas, elle est encore brillante, merveilleux. Il y a un truc pas possible autrement.

Alors, évidemment, on va intégrer dedans un gène qui empêche la décomposition. Chez la pomme, il y en a pas. Donc, les scorpions sont des animaux qui résistent à tout, des explosions nucléaires, n'importe quoi, ils sont toujours là. Donc, on s'est dit, s'il résiste à tout, on va prendre un bout de ça, on le mettre, et ça va résister à tout. Ce qui est vrai. Mais ça veut dire aussi que le, le côté organoleptique, le goût dépend de la décomposition, puisque il y a des sucres qui vont se combiner, parce qu'il y a des odeurs qui vont se mettre, ces volatiles, des choses comme ça. S'il y a pas de décomposition, il y a rien. Je veux dire, on mange un corps en plastique.

Alors, c'est pour ça que j'en mangerai pas. J'aime bien avoir le goût, parce que je me fous qu'une pomme soit pas calibrée. Parce que, mais encore une fois, on est dans une politique globale, dans le sens où la ménagère qui va avoir le choix entre un kilo de pommes à 15 € et un kilo de pommes à 2 €, et qui doit nourrir sa famille, quel est son choix ? Qu'est-ce qui va se passer ? Je veux dire, le fait qu'on mette sur des choses bio et tout, c'est un scandale. On ne devrait pas mettre ça. C'est sur le reste qu'on devrait mettre. Merde, c'est c'est pas normal que la normalité devienne une exception.

Alors, ça, c'est un choix politique. Mais je veux dire, les politiques, ils sont là parce qu'on les a mis là. Je veux dire, ils ont aucun pouvoir en vrai. C'est un peu comme moi qui vous parle ici. Moi, je suis le le gestionnaire d'une copropriété. Ici, il y a plein de trucs bizarres, et s'ils sont pas contents de moi, ils vont me virer. Donc, c'est sûr qu'on peut râler contre plein de choses, mais on peut aussi faire des choses. Alors, chacun à sa mesure. Si on n'est pas content de quelque chose, et il faut aussi, je veux dire, nous, on a la chance, on a le loisir de pouvoir acheter de bons produits, de pouvoir vivre dans des lieux confortables, parce qu'on a la chance de pouvoir le faire, peut-être par notre travail aussi. Mais il y a des gens qui ont pas le choix.

Et à partir de ce moment-là, quand quelqu'un dit de bon sens, qui fait des OGM, je parle pas de Monsanto qui eux font de l'argent, mais il y a des gens, des chercheurs qui disent, nous, on va faire des tomates qui vont être comme ça, comme ça, on va nourrir le monde, et ils le pensent en vrai. Donc, de ce côté-là, je veux dire, ça se discute aussi, c'est pas si simple.

C'est aussi la même manière. Alors, moi, je pense que la bonne nourriture, c'est celle qui vous rend heureux déjà. Et bien manger, c'est avant tout être bien heureux. Je, si on est bien dans sa tête, si on est bien avec les autres, c'est convivial. En plus, en français, je, tous fait à table, on va dans d'autres pays, on mange, et puis on va faire autre chose. Mais nous, ça fait partie de notre culture. Donc, cette culture de la table, du beau, du bon, du bienfait, bah allons-y, allons-y. C'est à nous d'en parler, c'est à nous de donner envie aux gens.

Pour l'artisanat, c'est la même chose. C'est, on va acheter, je sais pas, un couteau qui est fait au Pakistan, on dire, ah, c'est affreux ces trucs. Déjà, ça leur donne du boulot, tant mieux pour eux. On va payer ça 10 €, ça va être cassé au bout de, mais on l'a acheté quand même parce que c'était pas cher. Et puis, un autre côté, il y a un artisan qui va faire un truc, une lame qu'il a forgé lui-même, un truc, il va vous vendre 550 €. Et vous, vous dire, non, il y a une trop grande différence. Sauf si l'artisan, il explique, il dit, voilà, c'est pas un objet que vous achetez, c'est une histoire. Et cet objet-là, non seulement il va fonctionner, non seulement vous allez être fier, vous allez garder toute votre vie, puis vous allez le transmettre. Bah, si on est capable d'expliquer ça, les gens achètent forcément. Et l'artisan, il vit forcément.

Pour moi, la nourriture, c'est la même chose. Les bons restaurants qu'on aime bien, c'est quand on voit la cuisine, par exemple, on les voit faire, puis quand le chef vient vous expliquer ce qu'il a fait, déjà, c'est déjà, ça va passer, c'est déjà bon. Puis si c'est beau en plus, alors là, c'est le summum du bonheur. Je veux dire.

Alors, après, on truc, c'est quand on voit McDo qui fait des pubs, on voit, ça a l'air vachement bon, on voit, il y a des couleurs, truc, c'est merveilleux. Puis on nous dit, c'est de la bonne viande, c'est du bon pain, c'est, voyez, on joue sur ce truc-là. C'est pas vrai. Par contre, là, c'est du marketing. Mais on devrait pouvoir comprendre qu'on peut faire en vrai, au même coût, et que les gens sont heureux pareils. Et est-ce vraiment nécessaire de mettre de la farine de poisson dans du pain, par exemple, alors que c'est de la farine, de l'eau ? C'est vraiment nécessaire ?

Donc, il y a une logique. Je pense que les voies, comme les voies, c'est une voie initiatique, doit aussi apprendre. On a un, un devoir d'éducation. C'est pas tout de mettre sur le marché des bons produits, c'est, on doit expliquer aux gens comment ils sont faits, comment vous allez les manger. C'est, c'est du début à la fin. Manger quelque chose, c'est important, c'est ce qui rentre à l'intérieur du corps. Donc, c'est, c'est qu'est-ce qui rentre, d'où ça vient, comment c'est fait, qu'est-ce que ça va vous faire ?

Moi, je vous raconte une histoire. Quand je vous vois un produit, on voit quand on a dans un verger, le type qui a fait lui-même ses trucs, comment il parle de ses produits. Rien. Quand il, il en parle, on prend 2 kg déjà, on a rien mangé, mais on salive déjà. Donc, il s'est passé quelque chose. Il faut que ça soit vrai. Il faut que le décor colle au produit. Et là, ça marche.

Alors, ce qu'on fait dans notre société, dans notre civilisation, le décor, il va bien. Mais le produit, par contre, on voit avec les emballages, on voit avec les trucs. Regardez, quand vous achetez des yaourts ou n'importe quoi, les emballages, ils sont à l'ancienne, ils sont avec des nappes à carreaux, ils sont avec une ferme derrière, ils sont, c'est, c'est ce qu'on désire ça. Et on fait croire aux gens ça. Là, c'est une imposture. Et je pense que c'est là qu'on a le devoir de faire quelque chose.

Le le premier travail de l'alchimiste, c'est la contemplation. La contemplation, ça veut dire l'ouverture du temple. Mais le temple, il est pas dans un temple, il est partout. On a aucun mérite à aller chercher la beauté où on croit qu'elle est. Elle est partout. Mais c'est à nous juste de se déciller et de regarder. C'est quand la dernière fois qu'on s'est arrêté pour regarder quelque chose ? Aujourd'hui, quand je mange, je regarde ma fourchette. C'est pas un fou furieux, celui-là. Mais je pense à celui, il y a quelqu'un qui a fait cette fourchette quand même. Et quand je la regarde, c'est quand même incroyable, c'est quand même d'une beauté hallucinante.

Le chaos n'existe pas. Quand on va dehors, on voit un papier froissé par terre, on dit, ah, on aurait pu le mettre à la poubelle, c'est sale quand même. Mais il est beau, le papier. Si vous le regardez vraiment, il a des formes, il a quelque chose. Là, disait à juste titre, la beauté dans l'œil de celui qui regarde. Mais c'est vrai. Mais la laideur aussi, hein. L'enfer et le paradis n'existent pas, hein. Si tout est affreux autour de vous, vous êtes dans l'enfer. Si tout est beau autour de vous, vous êtes dans le paradis, hein. Mais c'est pas un endroit, c'est un envers.

Voilà quelques considérations sur la nourriture, la foi qui est celle de l'esprit et celle du corps. Il y a, il y a des choses qui sont très importantes pour nous, plus importantes que la matière elle-même, c'est l'esprit qui est dedans. Et d'ailleurs, on le voit, on peut le démontrer. L'esprit, il vient, il est partout. On appelle ça, nous, on appelle ça la lumière. La vraie lumière, c'est pas la lumière du soleil, c'est autre chose.

Quand vous regardez l'univers, par exemple, c'est tout ce qui est noir. Pour voir la lumière, il faut faire une photo négative de l'univers. Les étoiles sont des machines à fabriquer de la matière, hein. On part d'hydrogène qui vaut un, on combine pour faire de l'hélium, puis plus les étoiles sont massives, puis elles sont capables de combiner beaucoup de choses, donc elles font tous les éléments. Donc, donc, ça veut dire qu'on part du simple pour faire du compliqué. Et on peut dire que les trous noirs, c'est le contraire, c'est des machines à transmuter la matière en lumière. C'est-à-dire que les trous noirs concentrent l'énergie.

En réalité, c'est pas vrai. Pour l'alchimiste, c'est pas vrai. On a Newton qui parle de la loi de gravitation universelle en disant, tous les corps s'attirent. Mais en réalité, c'est pas ce qu'il veut dire, parce que c'est un alchimiste, Newton, quand même, faut pas oublier. Le père de la physique moderne est un alchimiste. Tout ce qu'il a cherché, c'est de l'alchimie, hein. On a vendu ses effets il y a quelques années, des caisses où c'est que des livres d'alchimie. Évidemment, pendant des siècles, sa famille a caché ça parce que ça la foutait mal, mais c'était sa seule motivation. Mais c'était un esprit éveillé dans des tas d'autres choses.

Et donc, il dit pas, tous les corps s'attirent, mais il dit, en réalité, tous les corps sont repoussés au même endroit par quelque chose. Ça marche pareil. Et ça rejoint la physique moderne, quand même, parce que ça veut dire qu'il y a quelque chose qui pousse dans l'univers. On le voit avec les galaxies qui accélèrent, alors qu'elles devraient ralentir. S'il y avait un Big Bang, l'énergie cinétique du départ part, mais au bout d'un moment, quand il y a plus d'énergie cinétique, la loi de gravitation fait que ça doit revenir. C'est pas vrai, elles vont de plus en plus vite. Donc, si elles vont de plus en plus vite, c'est qu'il y a un truc qui pousse. Aujourd'hui, on appelle ça l'énergie noire. Nous, on appelle ça la lumière.

Ce qui veut dire que chacun d'entre nous, si on a un poids, en vrai, c'est pas parce qu'on est attiré par la terre, mais parce qu'on est repoussé par la lumière. Voyez, ça marche. Il y a juste un vecteur à changer. Mais ça relie la physique et la métaphysique. Parce que ça veut dire que si je suis capable de plus faire résistance au passage de la lumière, j'ai plus de poids. Ça veut pas dire que j'ai plus de masse. Donc, je peux marcher sur l'eau, c'est facile.

Donc, on voit cette relation entre les deux, avec cette énergie qui pousse. Ce qui veut dire que cette énergie, le parcours, l'univers est ce qui veut dire que cette énergie, c'est une énergie qui nous dédensifie, donc qui est bonne pour nous puisqu'on est dense. Et où on va la retrouver ? Bah, comme elle arrive, on va avoir des aliments. C'est soufre, mercure. Les fruits qui sont à l'extérieur vont être mercure, c'est-à-dire que l'énergie arrive directement dessus. Les tiges, les feuilles vont être soufre, et les racines vont être sel. Donc, on va pas les cueillir pareil, on va pas les manger pareil, puis ça va pas servir à la même chose, puis on va pas les digérer pareil.

Quand je prends un fruit, par exemple, étant très mercure, il est très volatile, donc je vais le digérer très vite. Évidemment, un fruit qui est sur l'arbre, il a son esprit. Par contre, dès que je le cueille, il perd son esprit. Donc, j'ai intérêt à le manger tout de suite. Et c'est pour ça que c'est bien meilleur quand on mange sur l'arbre que quand on.

Alors, évidemment, un, une culture hydroponique, il y a pas d'arbre, il y a pas d'esprit, il y a juste de la matière. Donc, d'un point de vue de masse biologique, ça va me servir à quelque chose, mais d'un point de vue d'esprit, ça va me servir à rien. Et c'est pour ça que je vais les cueillir le matin, et je vais les cueillir quand il y a pas d'eau dessus. On cueille jamais des plantes quand il y a de l'eau dessus, parce que l'eau, c'est un mercure, donc ça va pomper l'esprit. Donc, évidemment, moi, je vais retirer l'eau, donc l'esprit sera dans l'eau, plus dans la plante. Donc, je vais attendre qu'il y a plus d'eau pour que l'esprit reste dedans.

Les tiges par contre, je vais les cueillir l'après-midi. Je parle d'heures solaires, hein. Pourquoi ? Parce qu'ils sont plus denses. Et les racines, je vais y cueillir au crépuscule, puisque l'énergie va être à l'intérieur de la terre. Et quand je vais cueillir une racine, c'est ça vit dans la terre, c'est la seule chose qui est en contact en permanence avec la terre. Ce qui veut dire que dès que je la sors, son esprit, il va se cacher dans la terre. Et c'est pourquoi quand on cueille une racine, on doit la laisser sur la terre une nuit. Vous savez, les paysans qui laissent les patates dessus. Vous pourrez faire l'expérience. Vous prenez deux carottes qui sont en terre, vous sortez les deux, vous en laissez une sur la terre, vous cachez pour pas que les lapins les mangent. Vous ramenez l'autre chez vous. Puis le lendemain matin, vous allez chercher l'autre carotte et vous goûtez les deux. Elles ont pas le même goût. Qu'est-ce qui s'est passé ? L'esprit qui était parti dans la terre, la première carotte, il revient pas dedans. Mais la deuxième carotte, quand je laisse une nuit dessus, il revient dedans. Et ça veut dire qu'à partir de ce moment-là, je vais avoir à la fois la masse, la matière, mais aussi l'esprit. Donc, ça va être complètement différent dans les goûts, dans les vertus que ça va avoir.

Et c'était ça le sens du sacrifice aussi, quand les gens sacrifient des légumes, des plantes, des on dit, c'est complètement idiot. Le le lendemain matin, on revient, bah, c'est là. Donc, les dieux, ils ont rien mangé, hein. Mais on peut imaginer que si ça existe, si j'étais un dieu, moi, c'est pas la matière qui m'intéresse, c'est l'esprit. Donc, je mange l'esprit. Puis moi, quand je récupère les fruits, moi, homme, je mange de la matière, mais elle a plus d'esprit. Et c'est pour ça que ça marche, c'est pour ça qu'il va se passer quelque chose. Donc, on va avoir des matériaux, des légumes avec de l'esprit. Et à ce moment-là, quand on va manger, et il va se passer autre chose. Donc, on, on tient toujours compte de ça, de sel, soufre, mercure, quand on va avoir les aliments.

Alors, ça marche aussi pour la viande, ça marche aussi pour n'importe quoi. Se pose la question du végétarisme. Est-ce qu'on doit être végétarien ? Tout ? Non. On est équipé pour manger de la viande, on mange de la viande, on n'a pas besoin tout le temps. Par contre, on peut imaginer que notre vie, c'est une courbe de Gauss, c'est-à-dire qu'on n'est pas agité, on est agité, on n'est pas agité. Donc, évidemment, quand je suis pas agité, j'ai pas besoin de beaucoup d'éner, de matière énergétique. Mais par contre, quand je vais être agité, je vais en avoir besoin. Puis après, quand je vais pas être agité, je vais pas en avoir besoin. Donc, mon alimentation va changer, mon comportement en fonction de qui je suis.

Plus je suis capable de capter de l'énergie autrement, moi j'ai besoin d'en transformer. Parce que finalement, manger, c'est jamais que transformer de la matière en énergie. Et ce qui veut dire que si j'ai un bon rendement, bah, d'abord biologique, bah, j'ai pas besoin de manger beaucoup pour avoir beaucoup d'énergie. Puis après, métaphysique, si je suis capable de capter de l'énergie autrement, bah, c'est sûr que j'ai moins besoin de manger. Donc, on va voir des mystiques qui se nourrissent pas, par exemple. En réalité, ils se nourrissent, mais ils se nourrissent pas de la même manière. Et on le voit d'ailleurs, on mange moins l'été que l'hiver. On va dire, pourquoi ? Ah, parce que c'est l'été, il fait plus chaud. Mais ça justifie rien. Ça justifie que l'été, on capte beaucoup plus d'énergie, parce qu'il y en a. Donc, comme je capte beaucoup plus d'énergie, bah, d'instinct, j'ai besoin de manger des trucs plus légers, puisque j'ai moins besoin de transformer de l'énergie. Et comme notre corps fonctionne par stratégie, il va se dire, je vois pas pourquoi je vais me casser la tête à faire rentrer des trucs lourds pour les digérer, alors que je capte de l'énergie comme ça.

Donc, on a une intelligence du corps qui va faire ça. Après, culturellement, après, on a tous les problèmes de névroses diverses. Il faut que je mange, il faut que je mange. Et là, ça va pas être bon pour mon organisme. Ou alors, c'est la récompense. Je fais un régime, par exemple, j'ai passé une mauvaise journée, donc j'ai le droit de manger du chocolat, parce que j'ai passé une mauvaise journée, donc j'ai le droit à une récompense, même si c'est pas bon pour moi.

Donc, on parle toujours de la même chose. Ce regard, voir la beauté des choses. Si je vois la beauté de ma nourriture, déjà le fait de la regarder, je vais pas la manger comme un goinfre. Et puis instinctivement, à un moment, je vais me sentir dans un état où ça va pas être nécessaire. Notre corps nous le dit. Il nous le dit tout de suite quand il est plein, il crie. Et il crie d'une manière très particulière. Le nez se remplit. Ça vous arrive ? Vous mettez à table, puis tout d'un coup, on a le nez qui est plein. Qu'est-ce qu'on fait ? On se mouche, puis on continue à manger. On a tort à ce moment-là. On devrait s'arrêter. C'est-à-dire que le corps a dit, ça y est, tu es plein. Alors nous, évidemment, on, c'est un bon repas, on va pas laisser ça, on va manger. Mais il nous donne des indications si on le regarde, si on l'écoute.

Donc, voilà le rapport que l'alchimie peut avoir avec la nourriture. On peut faire des des plats curatifs, on peut rendre bien malade avec des plats pour qu'on se rendrait pas bien avec des plats. Et puis, il y a pas de règle, encore une fois. Est-ce qu'on doit manger de la viande ? Est-ce qu'on doit pas manger de viande ? C'est sûr que un animal qui est plein de souffre, c'est-à-dire plein de parce que pour l'homme, le soufre, c'est l'émotion. Hein, le sel, c'est son corps, le soufre, c'est l'émotion, et le mercure, c'est son esprit. Et quand on a trop de soufre, on souffre forcément. La souffrance, le soufre en soi. Donc, l'idée, ça va être de faire sortir ce soufre. On a besoin de soufre pour vivre, c'est agitation. Mais on doit pas en faire trop, parce que sinon cette agitation se retourne contre nos organes et on en meurt.

Donc, c'est pour ça qu'on utilise le souffle pour le soufre. C'est pas un hasard si ces mots sont si proches. Et le souffle est toujours sinusoïdal, parce que l'énergie dans notre monde, sans résistance, fonctionne d'une manière sinusoïdale. Si je prends un tapis, je le secoue, je peux secouer comme je veux, il fera toujours ça, sauf s'il a un caillou dessus. Donc, l'idée, c'est utiliser le souffle. Bah, fait naturellement, j'ai une émotion, je pleure, je ris, j'ai un spasme. C'est toujours le souffle. Et on va faire un échange de souffle et de soufre en permanence.

Alors, nous, dans notre société, au lieu de régler notre problème nous-même, on le refile à quelqu'un d'autre. C'est la patate chaude, papier collant, on appelle ça la culpabilité. On joue qu'avec ça. Moi, je veux pas traiter mon soufre, je vais dire, c'est de ta faute. P, c'est l'autre qui va le prendre. Les enfants font ça naturellement. Je lui dis un truc qui plaît pas, évidemment, quand il fait ça, ça m'énerve, c'est normal, parce qu'il vient de me rebalancer du du soufre, moi. Et cette énergie n'a que deux manières de sortir, thermique ou dynamique. Ça chauffe ou ça bouge. C'est la première loi thermodynamique de l'univers. Donc, il m'envoie cette émotion, j'ai deux possibilités, ça chauffe, je deviens tout rouge, dynamique, je mets une tarte. En réalité, je viens de lui rendre le soufre qu'il vient de me faire. Et lui, qu'est-ce qu'il fait ? Il braille. Donc, ça veut dire qu'il me renvoie le soufre.

Alors, évidemment, moi, je m'excuse, mais je peux le faire que parce que je l'ai fait, parce que maintenant, j'ai plus de soufre. Et ça marche dans des choses banales de tous les jours. Vous allez au théâtre, par exemple, la pièce vous a plu, vous applaudissez. Mais applaudir, c'est jamais que renvoyer du soufre. Alors, ils en veulent pas, ils saluent. Donc, moi, je réapplaudis, puis je salue. Puis quand on a épuisé le soufre, on applaudit plus, il salue plus, puis tout le monde chez soi. Mais si ça nous plaît pas, on jette des tomates. C'est pareil, c'est une manière de renvoyer le soufre. Donc, on va toujours avoir ce rapport entre le souffle et le soufre à l'intérieur de notre corps.

Donc, l'idée, c'est d'être capable d'exprimer son souffle plutôt que le garder en permanence. Et donc, on va utiliser des tas de techniques, des tas de méthodes. Alors, quelques fois psychanalytiques, mais nous, on fait pas ça. C'est un peu le principe aussi de l'alchimiste. Il invente un truc, il pratique ce truc, puis il donne, puis il va faire autre chose.

Alors, la Trame, j'ai, j'ai inventé ça dans les années 80, parce que je travaillais déjà au laboratoire, donc Creusot, et je me suis rendu compte qu'on peut purifier la matière. Et je me suis dit, ça marche sur la matière, ça doit bien marcher sur l'homme, puisque finalement, pour moi, encore une fois, tout ce que je dis, n'engage que moi. Une maladie est une résistance au passage de l'information. Donc, pourquoi notre corps, quand même, il est cohérent ? Je rappelle que notre corps, c'est 40 milliards de milliards de cellules, à peu près. Je parle juste des animaux, là. Je parle même pas des végétaux et des minéraux qui sont dans notre corps, hein. Ça veut dire qu'il y a plus de cellules dans notre corps que d'habitants sur la terre, chacun de nous, hein. Et puis, je sais pas si vous avez essayé de faire des, déjà une réunion de 10 personnes pour la semaine d'après, c'est pas facile, hein. Nous, on réussit à réunir 40 milliards de milliards de cellules. Quand je me réveille le matin, j'ai quasiment la même tête que le soir. Donc, c'est incroyable. Il y a forcément un plan qui dit à chaque cellule, voilà quelle est ta place et voilà à quoi tu sers. C'est obligé, sinon ça serait, on sera une masse de n'importe quoi et puis il y aura des bouts qui partiraient dans tous les sens. C'est tellement vrai que si je prends une poignée de mes cellules, puis que je leur donne à manger, elles vivent très bien sans moi. Donc, pourquoi restent ? Pourquoi, quand je suis mort, elles s'en vont ? C'est comme si c'était une copropriété avec des bestioles qui étaient de partout et qui sont dit, ça serait vachement plus sympa de rester ensemble que de vivre chacun de notre côté. Et c'est sans doute comme ça que ça a commencé. Il y a des cellules qui étaient semblables, puis il y en a deux qui sont dit, ça va être cool d'être ensemble parce qu'on va être plus fort. Puis celle qui était autour ont dit, ah, c'est génial votre truc, on peut venir. Donc, tout, on fait un truc. Mais après, il se pose un problème, c'est que ceux qui sont dedans voient pas ce qu'il y a dehors. Alors disent, moi, je reste pas là, je m'en vais. Alors, il y en a qui disent, attendez, attendez, attendez, on va se calmer. Nous, moi, je suis une cellule extérieure, je vois bien, je vais rentrer à l'intérieur, je vais vous raconter ce qui se passe, puis après, je vais ressortir, puis je vais revoir. Mais il faut que ça aille vite, hein, parce que sinon, s'il met 2 heures pour arriver les événements, et on vient d'inventer le système nerveux.

Après, celles qui sont à l'extérieur se disent, on mange, il y a plein de trucs, mais celles qui sont dedans, on meurt de faim ici, on reste pas. Attendez, attendez, attendez. Alors, il y en a d'autres qui disent, nous, on va prendre à manger, puis on va vous l'amener sur notre dos. Puis en passant, on va faire pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, je vous l'amène. On vient d'inventer le système sanguin. Et ainsi de suite. Donc, on voit que la colonie secrète se spécialise en fonction de ce qu'on a besoin de faire. Et quand il y a plus à manger à un endroit, faut bien se déplacer. Donc, il y a des cellules qui vont porter les autres, puis qui vont dire, allez les copines, on y va, puis on va tout. Et on vient d'inventer un système locomoteur. Et c'est comme ça qu'on s'est construit. Donc, de plus en plus complexe, parce que l'adaptation au milieu l'a fait, et parce qu'il y a évolution aussi.

Je me suis toujours posé la question, mais pourquoi les animaux, leur seule philosophie, c'est manger ou être mangé ? Donc, c'est pas très intéressant, hein, comme pour trouver la lumière. Mais si, parce que manger quelque chose, en réalité, c'est pas le détruire, c'est l'intégrer à sa colonie. Nous, on est plein ici, j'ai un bout de carotte ici, un morceau de viande ici, un truc. Tout ce que j'ai mangé, je l'ai décomposé pour le recomposer. Donc, finalement, j'associe plus grand. Et l'évolution, c'est qu'on va associer de plus en plus grand, jusqu'à être capable de passer au-dessus. On peut pas, quand on est petit, puis plus on est gros, à un moment, il y a une transition qui se fait, et il peut se passer autre chose. On peut changer de monde, changer d'univers. Donc, on a une évolution horizontale et ensuite une évolution verticale. Nous, il se trouve qu'aujourd'hui, on fait le pont, le pontif, pas le pontifiant, j'espère. Et donc, on va faire ce passage.

Donc, cette colonie-là, pour rester cohérente, il y a un plan. Et il se trouve que pour certaines circonstances, par exemple, j'ai trop d'émotion, je sais pas où les mettre. Et ces émotions, elles vont se cristalliser. C'est de l'énergie, hein. L'énergie ne peut pas disparaître comme ça. Elle va se cristalliser, par exemple, dans un muscle. Évidemment, si elle se cristallise dans un muscle, les cellules qui sont là, toute l'énergie qui arrive, ça les énerve. Donc, je vais faire une inflammation, je vais faire une agitation, puis après, ça, ça va faire des cailloux qui sont à différents endroits. Et dès l'instant que j'ai un caillou à un endroit, le signal, il circule plus. Si je secoue mon tapis, puis que je mets un caillou, je fais secouer, l'onde va bien aller jusqu'au caillou, mais ça va pas aller plus loin. Mais ce qui veut dire qu'il y a plus de message maintenant à cet endroit. Alors les cellules qui sont dessous, elles se disent, il y a pas d'ordre, il y a pas de patron, on va vivre notre vie. Donc, elles décident soit de rien, l'organe cesse de fonctionner, soit de faire ce qu'elles ont envie de faire, donc elles font n'importe quoi qui a plus rien à voir avec le corps.

Donc, l'idée que j'ai eu à ce moment-là, c'est de dire, et si je secouais le tapis suffisamment fort ? Si je secouais le tapis, le caillou s'en va, l'onde revient, les cellules sont là, il dit, eh, ah, un message. Et j'en fais. Voilà, c'est ça la Trame. Et donc, j'ai fait essai-erreur, c'est-à-dire que je sais que nous sommes tridimensionnels, on n'est pas plat, que l'onde circule de trois manières forcément, comme ça, comme ça, et comme ça. Donc, par conséquent, comment je vais secouer le tapis selon ces trois axes ? Alors, j'ai essayé des gestes. Il faut savoir que c'est pas du massage, c'est pas mécanique, c'est induire une onde. Et j'ai fait essai-erreur, il est sorti 16 gestes au bout d'un certain nombre d'essais-erreurs qui permettent d'agiter ces trois axes d'une manière cohérente. C'est ça la Trame.

Alors, évidemment, je l'ai, je l'ai pas fait pour inventer une technique thérapeutique. Moi, je fais de l'alchimie, hein. Je connais rien d'autre. Donc, les trois œuvres à l'intérieur du corps, décomposition, recomposition, puis ça circule. Donc, il y a des gestes qui permettent de décomposer le corps, il y a des gestes qui permettent de recomposer le corps, et il y a des gestes qui font que, bah, ça circule à l'intérieur. Donc, d'abord, je l'ai expérimenté avec mes proches, forcément. D'ailleurs, il y a des histoires croustillantes avec ça, puisque je faisais ça avec mes enfants, et ça marche, hein. C'est pas un système de croyance, non plus, hein. On dit pas aux gens, vous devriez croire pour que ça marche, c'est mécanique. Donc, quand ça marche.

Donc, j'ai mon fils qui à l'école se blesse, donc il va à l'infirmerie, et l'infirmière fait les machins, il a toujours mal. Il lui dit, mais c'est pas comme ça qu'on fait, mon père, il fait pas comme ça, il fait juste deux trois machins, puis ça, je suis guéri. De la chance de pas avoir eu les gendarmes à la maison. Mais pour dire que j'ai essayé sur mes proches, puis après, j'ai essayé sur les proches des proches, puis après sur les proches des proches des proches. Puis après, bah, comme j'étais à l'époque, j'avais une entreprise, j'ai dit, ben, ma vie, c'est pas ça, quoi. Moi, je fais de l'alchimie, puis je vais utiliser la Trame. Donc, j'ai donné mon entreprise à mes mes employés, ils en sont pas revenus encore. Je suis parti les mains dans les poches. Et puis, bah, j'ai dit, je vais faire ça pour les gens, sans savoir ni comment, ni. Et puis, c'est ça s'est fait, ça s'est fait. Et puis, je l'ai fait pendant un certain nombre d'années, j'ai vu à peu près 20 000 patients, ce qui donne un peu de recul dessus. J'ai travaillé avec des hôpitaux, je peux pas les nommer ici, sauf aux États-Unis, où j'ai travaillé en Californie, à San Diego, parce que c'est, il y a aucun problème dans l'université, avec des vrais tests, avec des sur des dépressions installées entre 3 et 5 ans, avec un groupe témoin, un vrai, un vrai protocole, hein. Il y a une thèse de doctorat qui a été faite d'ailleurs dessus, et on s'apercevait qu'il y avait une vraie, une vraie activité. Voilà.

Puis une fois que j'ai eu fait ça, et que j'en ai eu fait pour un certain nombre d'années, j'ai dit, ça va, je veux faire autre chose. Donc, j'ai donné ça à des associations, une association en France et une association au Canada. Et bah, il se débrouille avec. Et il y a aujourd'hui 400 et quelques thérapeutes qui font ça dans le monde.

Alors, pourquoi j'ai fait ça aussi ? Parce que c'est une médecine de pauvre. Moi, je travaillais pour l'Afrique, et l'idée, c'était avec un acupuncteur et la Trame, on traite n'importe quoi au fin fond de la jungle. Ces gens qui ont aucun moyen, ces gens qui ont aucune structure, là, juste les mains et rien d'autre. L'acupuncteur, juste ses aiguilles et rien d'autre. Et on traite, je sais pas dire tout. Quelqu'un se coupe un bras, pas arriver, non plus. Mais disons qu'on traite beaucoup de choses. C'est pas de la magie, c'est pas une croyance, c'est mécanique. Donc, ça marche. Ça marche sur les animaux, on peut pas négocier avec un animal. A mal quelque part, on fait, tu as plus mal ? Ça marche pas. Donc, ça marche sur les enfants. Les enfants, on peut pas négocier non plus avec. S'il a mal quelque part, on peut lui dire, tu as plus mal ? Non. Puis se rendent compte que, ben, il se passe quelque chose. Donc, c'est ça a été ma première motivation. Et ça marche parce qu'on allait les mains dans les poches, les gens avaient un problème, on pouvait régler le problème. Attention, en aucun cas, ça veut dire qu'il faut pas utiliser la médecine, qu'il faut pas utiliser la chirurgie, qu'il faut pas utiliser les antibiotiques. Nous, tous en train de râler, on est tous new age, machin, sur les trucs. Mais je veux dire que moi, j'ai.

Un bras coupé. Je suis content de trouver la chirurgie. J'ai une infection. Bah, attends, puis je prendrai des antibiotiques. Parce que on n'éteint pas un feu de barbecue comme un feu de forêt. Donc, qu'il y ait une synergie, c'est intéressant. Mais on ne peut pas devenir dogmatique en disant d'un coup : "Ah, ça y est, j'ai inventé un truc, arrêtez tout le reste, parce que c'est la panacée !" Non, c'est ça fonctionne en synergie. Et ça peut même, ça m'est arrivé de d'utiliser la trame en post-opératoire ou en préopératoire pour préparer le terrain, pour que la personne soit décontractée, pour qu'elle soit détoxifiée, pour, par exemple, pour éliminer les effets d'une anesthésie générale. Le produit qu'on utilise, faut un an à peu près pour l'éliminer. Bah, quand on va faire une trame, et ben effectivement, on l'élimine plus vite. La chimio, par exemple, et ben on résiste beaucoup plus à une chimio après passer à cette technique. Mais ça ne veut pas dire qu'il faut pas faire de chimio. Chacun fait ce qu'il veut, je veux dire, personne, si c'est ses compétences, c'est pas ses compétences, ne peut dire "faut faire" ou "faut pas faire ça". Et je comprends parfaitement les les les médecins qui ralent quand ils ont fait 10 ans d'études et puis il a un type qui a fait un stage de 3 jours et qui peut se prétendre de faire la même chose. C'est quand même un problème. Donc, mais par contre, l'autre côté ne doit pas être dogmatique non plus en disant : "Bah, il y a peut-être des techniques qui semblent être qu'on appelle douces, qu'on appelle..." Ce qui est toujours un peu bizarre. Vous savez, on dit : "On traite avec les plantes, c'est de la médecine douce." Non, pas du tout. On peut parfaitement tuer les gens avec des plantes, il y a aucun problème. Il n'y a pas de "douce", il n'y a pas d'"il y a seulement ce qui est adapté au moment." Donc, voilà pourquoi j'ai fait la trame, voilà comment j'ai fait la trame, et puis voilà comment elle est exploitée.

Alors, comment se lancer dans la voie royale sans faire d'expériences ? Est-ce qu'il y a des livres ? Alors, il faut partir du principe que l'alchimie est une tradition orale. Donc, par conséquent, 99% des vraies choses dites sont transmis de bouche à oreille. Alors oui, il y a des livres, mais il y a deux types de livres. Il y a soit des pense-bêtes pour ceux qui savent, soit, fatalement, n'importe quoi écrit par ceux qui savent pas. Il y a des livres anciens qui sont nuls. Faut pas croire que parce que c'est ancien, ils ont compris quelque chose. Il y a aussi des âmes anciennes. Donc, on peut tomber sur des livres qui racontent n'importe quoi. Et puis, il y a des gens aussi qui ont écrit des livres. Moi, je suis aujourd'hui convaincu que les livres d'alchimie ne sont pas faits pour apprendre l'alchimie, mais ils sont faits pour nous mettre dans un état où on peut recevoir quelque chose. Ça veut souvent rien dire. La pratique d'un livre d'alchimie, il y a peut-être 10 lignes en vrai, mais l'ambiance, les symboles, la sensation fait que "Wouah, tiens, il se passe un truc." Et c'est le plus important pour moi, c'est vraiment ce à quoi ça sert.

Alors, pour faire l'alchimie, il faut s'entendre sur le terme. Il y a trois possibilités. Il y a des gens qui parlent d'alchimie, il y a des gens qui font de l'alchimie, puis des alchimistes. C'est pas les mêmes. Donc, c'est un peu comme tout, hein. Et là, on peut s'intéresser à l'alchimie d'un point de vue culturel. Tiens, c'est une tradition, tiens, ils ont fait des trucs, ils ont inventé des trucs sympas, parce que c'est vrai, hein. Mais souvent, c'est un peu croustillant de raconter l'histoire. Quand les alchimistes chinois, il y a un problème avec l'alchimie, c'est qu'on doit chauffer par moment à très haute température et tout fond. Donc, ils ont essayé n'importe quoi. Puis un jour, ils sont tombés sur une terre qui, au lieu de fondre, s'est vitrifiée. Ils venaient d'inventer la porcelaine. Et donc, ils ont laissé la porcelaine à l'humanité, mais c'est pas ce qu'il cherchait, ils sont tombés dessus. Bon, ça, c'est des histoires d'alchimie qui sont intéressantes, mais c'est connexe, c'est pas de l'alchimie.

Donc, si on veut être un alchimiste, il faut commencer par la philosophie de l'alchimie. Quand on parle de "pierre", on parle de "pierre philosophale", on ne parle pas de "pierre technique". L'alchimie s'appelle le grand art par la grande méthode. Donc, on ne va pas apprendre une méthode. Est-ce que on peut décider que quelqu'un devient un grand artiste ? Non. Il peut faire une école de dessin, il va avoir les justes proportions, mais ce n'est pas pour ça que ça va être un génie, que ça va lui tomber dessus. Il faut qu'il ait quelque chose de plus. Et ce quelque chose de plus, ce n'est pas quantifiable, ce n'est pas mesurable. On ne sait pas quand ça tombe. Je pense que l'alchimie, le seul but de l'alchimie, c'est d'exprimer la beauté. Donc, c'est de voir à travers les choses. Finalement, la pierre philosophale, on l'a dès le début, mais on ne la voit pas. Mais elle est là. Et je pense que la quête, c'est cette capacité de voir la beauté en chaque chose. Alors, des fois, ça prend une vie, des fois, ça prend 6 mois, des fois, ça prend 3 mois. Des fois, il y a des fenêtres qui s'ouvrent à un moment, il se passe "Wouah", tiens, on comprend pas, on a tous les poils qui se dressent de partout, on est... Et là, la pierre, elle est là, déjà. Alors, après, faut que ça reste.

Donc, nous occidentaux, on va utiliser des méthodes parce qu'on a besoin de méthodes. Nous, faut que ça marche, j'investis, faut que j'aie un retour. Alors que les Orientaux, les extrême-orientaux, pas du tout. Ils peuvent être dans la contemplation. Nous, on s'ennuie très vite. Et celui qui s'ennuie est ennuie forcément. Donc, on est des boulimiques, faut qu'on remplisse, faut qu'il y ait des trucs, faut qu'il y ait des machins. Alors que c'est le contraire. On doit apprendre, je pense, à s'arrêter et à regarder. C'est ça l'alchimie. C'est rien d'autre, finalement. C'est pour ça que souvent, ceux qui font l'alchimie font aussi un pèlerinage. Le pèlerinage de Saint-Jacques, on fait pour des tas de raisons, hein. Les gens qui font pour des raisons religieuses, il y en a qui font pour l'exploit, il y en a qui font pour oublier quelque chose, il y en a... Mais je pense que le but de ce pèlerinage, c'est d'apprendre à regarder, c'est tout et rien d'autre. Celui qui se dit : "Moi, je vais faire 30 km par jour jusqu'au bout", il peut rester chez lui, hein. Il fait ça sur un tapis, ça va marcher pareil, hein. Celui qui part comme ça et qui dit : "Je vais faire 30 km par jour", puis un moment, il voit un endroit, il fait "Wouah", puis s'assoit. Ça y est, il a fait un pas sur le chemin. Et puis, il continue son chemin. Puis en Espagne, il y a un endroit, il y a un arbre presque minéral, puis devant, il y a des petits vieux qui sont comme ça, et cet arbre, il s'appelle "La Porte du Temps". Et quand on passe là, on ne mesure plus le temps de la même manière. Ah, on a fait un chemin. Puis après, on continue. On arrive à une ville qui s'appelle Noya, et Noya, c'est le féminin de Noé. C'est là où est l'arche. L'arche, c'est le lien, finalement. Et là, il y a des... un cimetière avec des tombes où rien n'est marqué, et on met son nom dessus. C'est quelque chose quand même, hein. Mettre son nom, son nom, son nom à soi sur une tombe, voire son nom sur une tombe, il se passe un truc, hein. Là, on se dépouille. D'ailleurs, c'est un pèlerin. Le pèlerin, c'est celui qui se pèle, qui retire ses potes. C'est le chemin qu'on indique. Et une fois qu'on a fait ça, on fait comme Merlin. On arrive au bout du pèlerinage, qui n'est pas Saint-Jacques. Puis souvenez-vous du début, la coquille Saint-Jacques. On trouve des coquilles où il y a la mer. Et la mer, c'est l'endroit où la terre se finit, à Fisterra, comme le Finistère, même endroit. Là, on s'assoit et on regarde juste le soleil descendre dans l'eau. C'est fini. C'est là la fin du pèlerinage. D'ailleurs, la borne zéro du pèlerinage, elle est là, elle n'est pas à Saint-Jacques. Et quand on est là, bah, on est immobile, silencieux, aligné. On a trouvé la pierre. Tout ça, c'est l'alchimie. L'alchimie, c'est la contemplation. La matière, finalement, c'est juste quelque chose pour perdre notre agitation.

Quand je travaille sur mon creuset qui bouillonne, est-ce que c'est le métal qui bouillonne ou est-ce que c'est moi qui bouillonne à travers lui ? C'est très étrange quand même. Parce qu'on prend du métal pur, pur à 99%, on met dans le creuset. Quand on travaille, il y a des scories dedans après. Mais elles viennent d'où les scories ? Elles ne viennent pas du métal, il était pur. Donc, on peut imaginer qu'on purifie le métal, puis qu'après on se purifie soi-même. Parce que ça ne se passe pas bien. Faut pas croire que l'alchimiste, ça va être génial, ça va être merveilleux, ça se passait tout le temps. C'est... on imagine ça. C'est comme quand on voit, je sais pas, un peintre en train de peindre et qu'on le voit, ça a l'air simple, ça a l'air beau. Et puis, on se dit : "Ah, c'est génial ! Oh, je rentre chez moi, j'achète une palette, des machins, je fais tout." Et puis moi, quand je commence, ça ne fait pas pareil. Donc, généralement, je revends tout deux jours après. Mais l'alchimie, ça va être la même chose. Ça va brûler, ça va sentir mauvais, on va se laisser tomber le creuset sur le pied, ça va pas marcher, ça va pas faire ce qu'on veut, ça va pas fondre, ça va pas... Ça se passe bien. Alors, nos émotions, notre vanité, notre ego, ça vous imaginez ce qui se passe là-dedans ? Et à un moment, on en peut plus, on balance tout, on dit : "C'est des conneries tout ça." On ferme son labo, on jette la clé, je reviendrai plus jamais. Puis les émotions passent, et puis deux jours après, on vient rôder autour, ça sera peut-être le bonjour. Puis on prend la clé, et puis on rentre dans le laboratoire, et on recommence, et on recommence, et on recommence, et on recommence. On fait 1000 fois la même opération. Et si on n'attend rien, on trouve tout. Mais si on attend quelque chose, on pourra trouver que ce qu'on attend.

Donc, tout ça, c'est l'alchimie. Le vrai secret de l'alchimie, c'est qu'il n'y en a pas. C'est : "Apprenez à contempler." C'est une école de contemplation. C'est une école de trouver la beauté du monde, la beauté des autres, de cesser de se couper des autres, de cesser de se couper du monde. C'est... vous ne pouvez pas savoir quel bonheur total c'est de regarder les gens. Généralement, on se... on se repousse des gens. "Ah, il est moche, il n'est pas comme moi, il fait du bruit, ils sont mauvais." Mais quand on les regarde en vrai, ce n'est pas vrai. Ça, c'est une illusion. Les gens sont beaux quand on prend la peine de les regarder. Ils sont beaux quand on prend la peine de regarder les objets. Tout est beau. Alors, c'est l'extase en permanence. C'est... tout est beau. J'ai pas besoin de courir après les choses, puisque tout est beau. J'ai pas besoin d'aller au bout du monde, puisque ici tout est beau. Donc, c'est ça l'alchimie.

Alors, vous voulez faire de l'alchimie ? Regardez. Percevez. Vous verrez. Persévérez. Regardez la beauté du monde. Regardez la beauté des gens. Nous, on n'arrête pas de nous dire que ce monde est affreux, qu'on va tous mourir. Mais ce n'est pas parce qu'on nous le dit que c'est vrai. Quand on voit les informations, bien sûr qu'il y a des trucs horribles. Mais il y a toujours eu des trucs horribles. Sauf que maintenant, on les voit. Ça veut dire qu'aujourd'hui, on partage le stress du monde entier. Comment voulez-vous qu'on s'en remette ? Quand on vivait dans un lieu et qu'on avait le problème avec ses voisins, avec la vache du voisin, un truc comme ça, c'était gérable. Mais là, il y a une catastrophe à l'autre bout du monde, on nous la montre. On ne peut pas s'en sortir. C'est malheureux, c'est triste, c'est affreux, mais ça nous regarde pas. Qu'est-ce qu'on y fait ? Fait rien. D'ailleurs, c'est les gens qui sont sur place qui doivent... Bien sûr qu'on peut aider, bien sûr qu'on peut avoir de la compassion, mais on n'y peut rien. Donc, comment voulez-vous gérer tout ça ? C'est impossible. Donc, la clé, c'est vraiment : "Bah, faisons ce qu'il y a autour. Soyons bienfaisant." C'est tellement simple. Un sourire à quelqu'un, ça coûte rien du tout. Regardez quelqu'un. Quand quelqu'un vous bouscule, il a des raisons de le faire. Lui, il est dans son truc, il n'est pas méchant. Je veux dire, ça ne veut pas dire que ça excuse tout, hein. Mais ça veut dire qu'on pardonne tout. Pardonner, c'est donner une part. Mais il y a des choses qui sont inexcusables. Je veux dire, s'il y a des gens qui agressent quelqu'un, je ferai ce que je peux pour... Si on m'agresse, si on agresse ma famille, s'il y a des choses qui sont... C'est évident. Ce n'est pas non plus "on aime tout le monde, New Age et tout", ce n'est pas du tout ça. Ce n'est pas de ça que je parle. C'est vraiment ce fait que, il suffit de rien, de rien, pour être heureux dans ce monde. De rien. Voir. Regarder. Juste se regarder. C'est... c'est hallucinant comme on fait plus. Donc, ça coûte rien. Ça coûte rien. Il y a un émerveillement dans chaque chose. Ça, c'est aussi quelque chose d'important.

Vous voulez faire de l'alchimie ? C'est retrouver sa faculté d'émerveillement. On dit en alchimie : "Travail de femme et jeux d'enfants." Ça veut dire que, on arrive dans ce monde, on doit être comme un enfant. On... "Wouah, c'est..." On est un touriste, on arrive là, pouf, comme sur une autre planète. Et puis, on se dit : "Ah, j'ai jamais vu ça. Ah, j'ai jamais regardé." Alors, on a l'air un peu niais, hein, parce qu'on est comme ça, un peu bête partout. Mais c'est communicatif, en plus. C'est... c'est forcément communicatif. Donc, voilà. Comme disent les Soufis : "N'écoutez aucun conseil, même..." [Applaudissements] Celui-là.

Alors, évidemment, on n'a pas un chapeau pointu, une grande barbe. Notre laboratoire, il n'est pas au fond d'une cave. Mais on a la même aspiration. Fonctionne de la même manière. On fait partie d'une tradition. On respecte la parole des anciens. On a des livres anciens, et pas des livres modernes, parce que souvent, les gens écrivent dessus pour faire de l'argent. Et alors que nous, on cherche de l'or. Voyez ? Donc, ça ne peut pas le faire. Donc, souvent, c'est des ignorants en réalité. Bon, je dis ça, je suis méchant, ce n'est pas vrai. Mais le... souvent, les livres d'alchimie aujourd'hui, c'est des historiens de l'alchimie qui écrivent des livres. Mais ils ne font pas d'alchimie. Alors, pour eux, ça n'existe pas. C'est comme quelqu'un, un non-croyant, qui fait des livres sur l'histoire des religions. C'est respectable d'un point de vue intellectuel, mais en aucun cas, ça ne conduit sur une voie. Donc, il faut savoir que cette voie, elle existe toujours, qu'elle se transmet toujours, qu'elle se transmet comme elle s'est transmise. Que c'est une voie bonne, altruiste. On apprend comment aimer le monde, comment être bon, parce que finalement, ça sert à ça. Et ça nous permet de nous rendre compte, finalement, que l'enfer et le paradis n'existent pas. Ça dépend du regard qu'on a. C'est ça, finalement, la finalité. On peut trouver tout beau, tout extraordinaire, tout merveilleux. Pour ça, faut apprendre à regarder de nouveau. Plus on regarde, plus jamais rien... Je me promène dans le métro, je vois les gens qui sont nés sur leur portable. Mais personne ne se regarde. Alors, les gens sont beaux en vrai, mais ils sont beaux quand on les regarde. Les objets sont beaux, ils sont beaux quand on les regarde. Et retrouver la beauté du monde, c'est la quête de l'alchimiste en vrai. C'est le bonheur. Et le bonheur, c'est la bonne heure. Et la bonne heure, c'est le moment présent. Parce que quand on fait un cadeau avec quelqu'un, c'est toujours un... [Musique] [Musique] présent. Voilà.

C'est le Mutus Liber. Donc, le livre muet de l'alchimie, qui est tout mode d'emploi du grand œuvre, mais évidemment décrit d'une manière allégorique. Alors, ça, c'est l'édition de 1702, originale, bien sûr. C'est un des trois exemplaires qui existent au monde. Il y a une autre édition de 1677, qui est celle de La Rochelle. Donc, on s'aperçoit aussi quelque chose de fondamental, c'est que bien qu'elle soit numérotée, ce n'est pas l'ordre des pages. C'est qu'on a décidé finalement de brouiller un petit peu les pistes en mettant un ordre qui n'était pas le bon ordre. Alors, il est évident que je ne veux pas vous donner le bon, puisque ça fait partie de la recherche. Mais il faut savoir que ce n'est pas l'ordre. Autre chose aussi, c'est que tout a de l'importance. Le nombre d'étoiles, par exemple, qui a ici, bah, c'est... il n'y a rien au hasard. Le fait que ça soit ouvert ici, puis qu'on voit un croissant de lune, ce n'est pas au hasard. Les références ici qu'on a des textes sacrés, enfin, sur la Bible, la Genèse et autres, ce n'est pas non plus un hasard. Donc, il faut regarder très précisément ces gravures pour avoir un peu le sens. On voit ici, par exemple, les boutons de rose, il y en a un qui est vers le bas, un qui est face à nous, ce n'est pas non plus au hasard.

Alors, après, il y a d'autres styles de représentation, comme celle-là, où là, on voit en bas deux personnages en train de travailler sur le four ici. Et finalement, on voit que la même forme ici se retrouve là. Donc, finalement, ce qui se passe dans le ballon, c'est imagé ici. Ça, c'est ce qui se passe à l'intérieur. On voit ici Neptune ou Poséidon avec un trident. On voit ici un personnage qui porte une lune, un personnage qui porte un soleil. Donc, on voit que finalement, Neptune représentant l'eau, représentant le feu caché dans l'eau. Donc, ça, ce sont des allégories qui vont nous donner un mode d'emploi. Remarquez qu'il n'y a qu'un seul soleil, puis qu'il est bien content là. On a un résumé un petit peu de tout l'œuvre. On voit des phases successives de ce qui se passe. Il y a plein, plein de détails ici. Il y a des oiseaux qui sont en train de voler, on les voit monter, c'est comme s'ils s'envolaient. Puis un oiseau, il s'envole, puis il se pose. Donc, c'est une allégorie du Solvé et Coagula. Ça s'évapore et ça se cristallise. Et puis, on a des... des espèces de jeux de... de pistes. On voit ici, il y a un pêcheur, mais en réalité, le pêcheur vient jusqu'ici, il attrape une sirène. Donc, on ne le voit pas directement, mais on voit que le but du pêcheur, c'est d'attraper la sirène. On voit ici un bélier qui est en haut, on voit ici une rose, enfin des roses qui sont qui apparaissent. On voit ici un bélier et un taureau avec des constructions derrière. Donc, ça, ce sont des indications de saison. Entre le bélier et le taureau, c'est maintenant mars, avril, mai. Vous voyez, on a un petit peu toutes les informations. Et ça se fait entre la lune et le soleil. Le recueil de la rosée. Voilà, c'est complètement clair. Remarquez que... que toute cette partie-là, on la retrouvait cachée ici à l'intérieur. Donc, on voit bien que c'est le résumé de l'œuvre. Là, c'est très pratique. On voit, on a mis des draps sur des piliers, des poteaux, et puis on attend que la rosée. Et pourquoi c'est la rosée ? Parce que c'est entre la lune et le soleil, donc c'est à l'aurore, entre le moment où le soleil se lève et la lune se couche, pardon. Et puis, on voit que c'est entre le bélier et le taureau, puisqu'on les voit ici. Puis on voit qu'il récupère l'eau ici, puis qu'il les met dans un grand plat. Alors, après, ça peut être une allégorie. Peut-être que c'est de la vraie rosée, peut-être que ce n'est pas de la vraie rosée. En tout cas, c'est quelque chose à capter qui descend du ciel.

Alors là, on voit qu'on a récupéré du liquide. Que ce liquide, on évapore. On récupère ce qui a été évaporé ici. Puis à l'intérieur du ballon, ici, on voit qu'on gratte et qu'on gratte. Ici, on a des sels. Et ces sels, évidemment, on les donne à un drôle de personnage lunaire qui est en train de tenir un enfant. Et puis, on voit que le ballon qu'on avait mis de côté ici, il n'est pas perdu, hein, puisqu'on a récupéré des sels d'un côté, mais on va récupérer le contenu du ballon qu'on va mettre dans un four. Mais ce n'est pas directement sur la flamme, puisqu'on voit que le four chauffe ici, et que c'est l'air chaud qui va arriver ici. Donc, c'est des... des modes d'emploi très pratiques. Alors, on voit d'autres modes d'emploi qui semblent être la même chose, puisqu'on a récupéré des choses qui étaient là-dedans, qu'on mélange avec un liquide qui était d'un autre côté. Puis, il y a des choses qui apparaissent à l'intérieur. On récupère des sels. Là, on voit le symbole des sels, c'est ces espèces comme des petites tartelettes qu'on voit ici. Alors qu'ici, on voit une fleur. Puis on voit un personnage. Alors, il faut savoir que ce personnage, il est martial, on voit, c'est un guerrier, hein. Et puis, il est solaire. Donc, tout ça, ça va nous donner des indications métalliques, puisque les métaux, finalement, on ne les nomme jamais par leur nom, mais par les dieux qui les représentent. Par exemple, quand on parle de mercure, on verra le... du mercure. Quand on voit de l'argent, ce sera la lune. Là, c'est une autre opération de l'œuvre. On voit qu'on a récupéré des sels, ces petits tas de sels qui sont là, on les a mouillés avec un liquide. Et puis, une fois que c'est mouillé avec le liquide, on le remet dans le ballon, et puis on le remouille, et puis on gratte. On voit que c'est des opérations successives. Ça, c'est le mode d'emploi. Puis ça, c'est ce que ça fait. On voit Saturne qui mange les enfants. Si, c'est toujours Saturne qui mange ses enfants, mais qui est arrosé par quelque chose. C'est toujours Saturne qui mange ses enfants, mais qui coupe quelque chose. Et puis, on a une femme lunaire. Donc, c'est des modes [Musique] d'emploi.

Là encore une fois, on voit une coupe, c'est la coupe de ce qui se passe en bas. Et là, on voit que à l'intérieur, ce n'est plus Neptune, ce n'est plus Poséidon, c'est Mercure. Donc, c'est autre chose. Et puis, on a toujours le soleil et la lune. On voit qu'il est là, et on voit que le soleil qui est ici, il est moins souriant. Et puis, on voit des oiseaux ici. Ces oiseaux qui semblent dire, c'est des volatiles, ça descend. Puis il y en a des oiseaux ici qui tiennent dans le bec des rameaux. Ça tombe bien, parce que c'est la saison des rameaux. Là, on voit encore le recueil de quelque chose. Il y a des plats ici qui recueillent quelque chose. Ce n'est pas des draps, cette fois. Et puis, ce qu'on a recueilli, on le met dans les ballons et on le présente à Mercure. [Applaudissements]

Là, on voit qu'on mélange des sels. J'ai un sel d'une nature, un sel d'une autre nature. On nous montre ici qu'il faut mettre les deux. On met les deux à l'intérieur de quelque chose, et on va lutter, c'est qu'on ferme d'une manière hermétique. On voit que... on chauffe cette partie, on voit souffler dessus, c'est comme un tube de verre. On chauffe, puis après, on va serrer le pinceau. Ensuite, une fois que ça, c'est fait, on met ça dans le four. Et là, c'est ce qui se passe dans le four, en réalité. Ce qu'on voit ici, c'est la coupe de ça qu'on voit face à nous. Et ça, c'est ce qui se passe. On voit, c'est un mariage entre deux personnages, une femme lunaire et un homme soleil. Alors là, c'est quelque chose qui... qu'on semble avoir déjà vu, hein, puisqu'on a déjà vu les oiseaux, on a déjà vu Mercure avec nos personnages. Mais regardez la tête du soleil, il a changé d'attitude, il regarde ailleurs. Et puis, les... ce qu'on voit dessous, n'est plus tout à fait pareil que ce qu'on voyait. C'est une opération qui continue. Et on s'aperçoit ici qu'on chauffe, mais c'est un tout petit feu. Voyez, c'est... c'est une gravure qu'on a déjà vu exactement pareil, sauf qu'elle n'est pas pareil. Par exemple, on constate que les plats sont à moitié pleins, alors que quand on voyait la gravure ici, on voit qu'ils sont complètement pleins. Si je fais passer ici, on voit bien qu'il y a une différence entre les deux. Même si en bas, on semble faire exactement la même chose. Oui, on fait exactement la même chose, et pourtant, il y a une différence. Voyez, des fois, les différences sont subtiles, mais essentielles, parce qu'on n'aurait pas pris la peine de rajouter une gravure qui sert à [Applaudissements] rien.

Là aussi, on voit une opération qu'on a déjà vu. On voit qu'on mélange des sels, on voit qu'on les associe ensemble, on voit qu'on lutte, on voit qu'on met au four, on voit que c'est l'intérieur. C'est exactement la même gravure, sauf qu'il va y avoir des variantes. Voyez, ça semble être exactement la même gravure, mais il va y avoir des variantes. Alors, la variante qu'on peut voir, déjà, les rayons, ce n'est pas les mêmes. On voit autour, voyez, qu'ici ils sont beaucoup plus petits, et là, ils sont beaucoup plus rayonnants. On voit que la coupe de l'œuf ici, elle est beaucoup plus grande, et surtout, on voit qu'il y a des chiffres qui n'apparaissent pas là. Donc, ça veut dire, ce n'est pas tout à fait la même opération. C'est... c'est ce qu'on appelle la multiplication. Ça, c'est pour obtenir la pierre. Ça, c'est une fois qu'on a la pierre, on va multiplier, on va lui donner une capacité de plus en plus grande à chaque [Applaudissements] fois. C'est vraiment l'obtention, la fin de l'œuvre.

Ici, on voit trois feux, trois opérations qu'on est en train de faire ici, d'une manière bien précise. Puis on voit ce qui se passe à l'intérieur de ce creuset. On voit qu'on est sur un feu vif, et puis on nous dit combien de temps ça va durer, parce que les petits signes qu'on voit ici, là, c'est des significations de nuit ou de jours. Si c'est en bas, c'est des nuits. Si c'est en haut, c'est des jours. Donc, là, on nous parle de trois nuits philosophiques. Alors, une nuit philosophique, c'est quand ça passe du jour à la nuit. Donc, quand ça passe du sombre. Et puis, ici, on voit quelque chose de très particulier qui est à l'intérieur de notre ballon. On a un sel qu'on a tamisé d'un côté, un sel qu'on a tamisé de l'autre côté. On les a associés ici au milieu par le feu, puisqu'on a une pince là. Et on voit qu'on a le symbole du mercure, mais il y a un rond avec un point dedans, qui est le symbole de l'or. Donc, et puis dessous, il est marqué des choses intéressantes : Ora, qu'on voit "léger, léger, léger, reléger, labora, et veignèe". On prie, et puis bah, il se relie, relie, lit, ou relie, on l'entend comme on veut, hein. Est-ce que c'est lire, ou est-ce que c'est lié ? Travaille, labora, et une veignèe, et invente. Il se passera quelque [Applaudissements] chose.

Ça, c'est un résumé de l'œuvre, en réalité. Ça, ce n'est pas le... ce serait mieux au début qu'à la fin, même si on le trouve à la fin. On voit qu'on a un personnage qui est couronné, donc, avec des personnages qui portent des passiflores, la fleur de la passion. Et puis, on voit l'homme et la femme qui ont travaillé, la lune et le soleil, qui sont partis d'un cadavre, finalement, d'une terre morte. Et quand on met des lauriers, c'est parce que l'or y est. On entend la musique, donc, ça veut dire que la lumière y est à l'intérieur. À remarquer que par rapport au premier, il n'y a pas de boutons aussi de rose. Je regarde la première page ici, ça semble être la même chose, mais on voit que c'est plus abouti ici. Voyez, que les feuilles sont plus... qu'on a des roses, là, c'est juste des petits boutons qu'on a. Donc, voilà le fameux Mutus Liber.

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