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Police de Marseille contre chauffards, malfaiteurs et trafiquants

Police Action52:15

Transcription

[Musique] Un beau weekend de septembre à Marseille, au cœur de la cité phocéenne. Des kilomètres d'autoroute et un labyrinthe de tunnels: un cauchemar pour de nombreux automobilistes. C'est aussi le terrain de chasse des CRS autoroutiers. Une trentaine de policiers à moto, sur les dents depuis quelques semaines à cause de chauffards. [Musique] Insaisissables. Il est 15h ce samedi. Un incident vient de se produire sous un tunnel de la A55. Les brigadiers Labass et Berbas foncent sur les lieux, mais rapidement, ils sont ralentis par un trafic inhabituel. «À mon avis, on aura pas le temps d'y aller», «On va essayer quand même.» Les policiers tentent de rejoindre le tunnel au plus vite, mais déjà des centaines d'automobilistes marseillais se retrouvent pris au piège à cause du fameux incident. Une scène incroyable, filmée quelques instants plus tôt par les caméras de l'autoroute. Alors que le trafic est fluide, soudain, un scooter des bois suivi par un cortège d'une trentaine de voitures: un cortège nuptial. Ces automobilistes s'apprêtent à fêter un mariage d'une manière inédite, mais surtout illégale. [Musique] Les invités de la noce, feux de détresse allumés, s'arrêtent en plein milieu du tunnel. Certains ont loué de belles berlines allemandes et des sportives italiennes. En quelques secondes, tout le monde sort des voitures et se met à danser autour de la 4x4 de luxe du jeune marié. Une entrave à la circulation et une mise en danger de la vie d'autrui, passible de 2 ans de prison: une lourde peine qui ne semble pas dissuader ces délinquants d'un nouveau genre. À l'arrière, sirène hurlante, les brigadiers Labass et Berbas tentent de se frayer un passage au milieu de l'embouteillage. En les entendant, les noceurs remontent aussitôt dans leur voiture et repartent tranquillement. Les policiers parviennent tout de même à rattraper le cortège. «Ils sont là, c'est tout ça», mais il est trop tard. C'est toutes voitures car pour interpeller ces délinquants, il aurait fallu les prendre en flagrant délit, et surtout… Alors que le trafic repart sous le tunnel, les policiers ne veulent prendre aucun risque ce jour-là. Impuissants, ils doivent laisser filer la trentaine de voitures, mais ce n'est que partie remise. [Musique]

Une semaine après l'incident, au QG des CRS de Marseille, David, le patron des motards, a convoqué une dizaine de ses hommes pour préparer une opération coup de poing. On relève les numéros des véhicules en tête de cortège, ce qui obstrue la circulation. Des policiers à cran, car fêter son mariage sur les voies rapides est en train de devenir la nouvelle mode dans les cités de Marseille. Atteste cette autre vidéo captée par les caméras de l'autoroute. Cette fois, comme des agents de la circulation, les conducteurs de scooter en tête du cortège stoppent carrément la file d'accès à l'autoroute sur la droite. Des automobilistes obligés de s'arrêter pour laisser passer le grand 4x4 américain du jeune couple. Là encore, le cortège s'immobilise un peu plus loin, provoquant un embouteillage monstre à l'entrée du tunnel. Imprévisible et dangereux, ce genre de blocage se multiplie depuis l'été dernier. Sur les réseaux sociaux, c'est la surenchère: les chauffards se filment, c'est au mariage qui fera le plus de buzz. Comme ici, où une cinquantaine de fêtards entravent la circulation pour danser sur le bitume. Seulement, parfois, la situation dégénère. En juillet dernier, au péage de Marseille, une voiture sortie d'un cortège fonce sur un policier pour la stopper. Le fonctionnaire a dû dégainer son arme; le conducteur a écopé d'un an de prison ferme. «Tu te positionnes sur Charles Livon, accès A55, TPC pour enrayer le phénomène.» David et une dizaine de ses hommes vont donc tenter d'intervenir ce samedi-là. Des forces de l'ordre mises à rude épreuve par ces nouveaux délinquants de l'autoroute.

Les autoroutes: chaque jour, 1 million et demi d'automobilistes sillonnent ces 11 000 km de bitume. Le réseau français est le plus vaste d'Europe. Des flots d'usagers qui empruntent les grands axes pour aller au travail ou partir en vacances. Ils côtoient, sans le savoir, des trafiquants et des délinquants qui utilisent eux aussi ces voies rapides et mettent parfois leur sécurité en péril. Dans le nord de la France, depuis des mois, les gendarmes tentent d'arrêter ce qu'on appelle les passeurs. «Tout le monde converge, top départ!» Chaque nuit, ils organisent le flot des clandestins, destination l'Angleterre. «À terre! Allez à terre! Tout le monde à terre! À terre!» Des forces de l'ordre confrontées aussi à des malfaiteurs très organisés: les voleurs de cuivre. Ils dépouillent des kilomètres de câble électrique pour revendre le métal à prix d'or. Aux environs de Marseille, les CRS des autoroutes leur livrent une guerre sans merci. «Attention! Tou… ah! C'est le pied-de-biche, les gars, il est là! Ils ont fracturé…» Des policiers qui tentent aussi de neutraliser un autre genre de délinquant imprévisible: des voyous de la route qui terrorisent les [Musique] usagers. «Il vient de casser la barrière en marche arrière! Qu'est-ce qu'il arrive? Qu'est-ce qu'il arrive? Vite!» Chauffards, trafiquants… Pendant un an, nous avons partagé le quotidien des policiers et des gendarmes dans leur traque le long des grands axes, sur ces autoroutes de tous les dangers.

6h du matin. Nous sommes sur l'A26, dans le nord de la France, à quelques kilomètres d'Arras. Une longue journée s'annonce pour l'escadron de [Musique] gendarmerie, car déjà un homme se présente: un chauffeur de poids lourd anglais qui vient chercher l'aide du gendarme Coulombel, l'officier de permanence. Un chauffeur très inquiet: «J'ai un gros problème.» Direction le parking de l'aire d'autoroute. Alors qu'il y dormait à bord de son camion, l'homme a été réveillé par des bruits suspects à l'arrière. «J'ai senti comme des espèces de mouvements.» «C'est ce camion-là.» Les gendarmes demandent au routier de soulever la bâche de sa remorque, et voilà ce qu'il découvre: deux hommes apparaissent au milieu du [Musique] chargement. «Vous parlez anglais? Vous êtes juste quatre», car deux autres passagers fantômes sont là, cachés depuis plusieurs heures, eux aussi. «Personne d'autre, fini!» Le gendarme Coulombel préfère tout de même contrôler la remorque, et la surprise: entre les sacs de marchandises, une dizaine de nouveaux clandestins surgissent. «C'est bon, c'est vide, comme d'hab… j'allais dire comme d'habitude, c'est de plus en plus courant, quoi!» Des étrangers qui sont introduits dans un camion de nuit. Le chauffeur fait sa pause; ces hommes sont des sans-papiers en transit. «Vous venez d'où? Irak? Iran? De quel pays? Afghanistan?» «Donc là, voilà, on a les Afghans.» En grimpant dans les camions à l'insu des routiers, ces migrants espèrent rallier l'Angleterre par l'autoroute, puis le tunnel sous la Manche: l'Angleterre où ils pourront décrocher des papiers plus facilement. Le chauffeur, lui, a eu la peur de sa vie. «C'est dangereux pour vous?» «Oui, regarde, regarde le nombre qu'ils sont! Je suis seul, et puis je dors! Ils ont des couteaux, ils vont sur le toit, ils coupent la bâche, et ils entrent.» Des interpellations de clandestins, les gendarmes de l'A26 en font quasiment toutes les semaines désormais. Conscients de l'ampleur de ce trafic sur les autoroutes du Nord. [Musique]

Car pour conduire tous ces clandestins vers le paradis anglais, des trafiquants opèrent tous les jours le long de ces voies rapides. Voici des images amateurs tournées par des usagers. On peut y voir des migrants arpenter la bande d'arrêt d'urgence au ras des voitures régulièrement. La presse locale se fait l'écho d'accidents mortels: une dizaine de migrants ont été fauchés sur ces voies l'an dernier. Des clandestins et leurs passeurs qui vivent à deux pas de [Musique] l'autoroute. Voilà ce qu'on découvre, par exemple, non loin de cette aire de parking poids lourd, dans les champs: un camp de clandestins. Il y en aurait une quinzaine comme celui-ci le long des autoroutes du Nord. Le drapeau érythréen flotte au-dessus de ce camp de fortune. L'Érythrée, un petit pays d'Afrique déchiré par la guerre, que fuient de nombreux migrants en ce moment. Une cinquantaine de personnes habitent dans ces cabanes rudimentaires: des hommes et des femmes, parfois des familles. Tous se sont endettés pour payer les 20 000 € du voyage. Alors, comme Kissnet, cette Érythréenne de 35 ans: «Une fois arrivé ici, il faut passer à tout prix.» Chaque nuit, les trafiquants tentent de les faire monter dans les camions. «Vous savez, quand vous ouvrez le véhicule de quelqu'un, vous êtes comme un voleur. Allez jusqu'au camion, ce n'est pas dur, mais ouvrir et monter à l'intérieur, c'est beaucoup plus difficile. C'est difficile de vous expliquer comment on fait concrètement. Vous ouvrez les camions et vous partez. Oui, c'est à peu près ça.» Et pour cause: les fameux passeurs, en fait… Ils se fondent au milieu des clandestins, impossible de les distinguer: même origine, mêmes vêtements. En revanche, ce sont eux qui ont les téléphones, les armes et surtout l'argent pour assurer le business. Certains trafiquants peuvent ainsi gagner jusqu'à 10 000 € par mois en passant une trentaine de clandestins. La préfecture a beau détruire ses camps, il repousse un peu plus loin. Alors, dans quelques jours, l'escadron de l'autoroute A26 va tenter une opération coup de poing.

Retour à Marseille. Ce samedi-là, nous retrouvons les policiers des autoroutes, confrontés aux chauffards qui profitent des mariages pour semer la pagaille sur les voies rapides. «On va aller faire un tour, limite de secteur sur le 14e, hein, on va aller voir ça.» Alors que ces hommes partent en direction de l'autoroute, David, le patron des CRS motards, habillé en civil, va tenter de repérer discrètement les noces qui pourraient dégénérer. «C'est les quartiers chauds, les quartiers chauds de la ville.» Direction la mairie des quartiers nord. C'est de là que sont partis les derniers cortèges qui ont bloqué un tunnel le weekend dernier. «Et ben, le but d'aller devant la mairie du 13e, c'est de voir s'il y a des mariages, s'il y a des mariages en cours. Donc ça nous donnera une idée, éventuellement, du nombre de personnes et du nombre de véhicules qu'on est susceptible de retrouver sur notre secteur.» Il est midi juste, à la sortie de l'autoroute A7. Le brigadier vient mener sa petite enquête, alors que la mairie est encore vide. «Bonjour monsieur, la police de la route, la CR autoroutière Provence. Est-ce que vous pouvez nous dire où sont affichés les bans, savoir s'il y a des mariages éventuellement aujourd'hui, cet après-midi?» «C'est le mariage, c'est la fête! Et moi… les mariages de 14h à 16h.» «De 14h à 16h? Voilà. Il y a combien? 9? D'accord. Bon, ben merci de l'information, et peut-être à cet après-midi alors.» «Et ben voilà, je serai là. Allez, ça va! Allez, merci! Au revoir!» Pas moins de 9 cérémonies célébrées ce samedi: autant de cortèges susceptibles d'envahir l'autoroute toute proche. Mais alors que David est sur le point de rejoindre l'autoroute, soudain, il tombe sur ce cortège de mariage qui, manifestement, n'a pas attendu la mairie pour commencer les festivités. «Donc là, à partir de ce stade, plus rien n'est respecté: les lignes blanches, les sens interdits, les feux rouges… Là, la loi de la République ne s'applique plus sur le territoire, là, c'est le premier mariage du jour, et déjà le ton est donné.» David et ses hommes ne vont pas avoir un instant de répit.

Il est 15h sur l'autoroute A7. Une quinzaine de policiers SCR trafic dans l'attente d'un cortège qui passera par là. Quand, tout d'un coup, à la sortie de ce tunnel, des scooters des bois… Alors qu'ils n'ont rien à faire sur ces voies rapides, l'un des policiers donne l'alerte. «Il a vu des scooters qui sont passés avec des individus sans casque derrière la limousine des mariés, qui ralentissent le trafic. N'osent pas s'arrêter sous les yeux des forces de l'ordre.» La présence de Thierry et de ses collègues ne semble pas dissuader les convives de faire la fête à la sortie du [Musique] tunnel. «Voilà, je pense que le mariage est fini. C'est un petit, petit cortège.» Petit cortège, mais pas le temps de souffler pour les policiers. Au même moment, David, le motard en civil qui patrouille sur l'A7, revient à toute vitesse vers les quartiers Nord, car une autre noce est en train de sortir de la [Musique] mairie. Et en arrivant, voilà ce que David découvre: le cortège fait le mariage à sa manière. Des concours de roues arrière au ras des voitures, des jeunes femmes assises sur les portières… Le policier préfère ne pas intervenir pour l'instant. «Je suis seul, et je suis en civil, donc j'interviens pas là.» Le code de la route n'existe plus; les convives commettent infraction sur infraction. Et sur ce rond-point, à l'entrée de l'autoroute, les jeunes chauffards commencent à bloquer les autres usagers pour laisser passer la 4x4 des mariés. Pour tout, été minutieusement préparé, les mariés sont [Musique] ravis, qui oublient un peu vite les nombreux automobilistes coincés à l'arrière. «Je n'aime pas voir ça.» Pour David, le policier en civil, une seule priorité maintenant. «Regarde, regarde devant! Évitez à tout prix que ces jeunes chauffards ne bloquent l'accès sur laquelle ils vont s'engager.» David alerte aussitôt tous ses collègues. «Entrée d'un cortège sur chaussée descendante, autoroute A7!» Malgré le trafic à 90 km/h, les jeunes gens commencent à mettre leur plan à exécution. À quatre de front, ils ralentissent peu à peu le trafic. «Je te dis, là, on risque notre vie là! On est à 45 à l'heure sur l'autoroute! La circulation était fluide, et ça déboule à 90 derrière nous là!» D'ailleurs, certains usagers, comme le conducteur de cette voiture noire, refusent de se faire coincer. À chaque instant, on frôle l'accident. «Ça, c'est pas la guerre, ici! On voit les gens excédés qui ont été pris dans les bouchons, les gens finissent par péter les plombs et se l'allumer dans le cortège, et ça multiplie encore le risque d'accident.» Sur l'A55, on va s'engager dans le tunnel de la Joliette. «A55, entrer dans la Joliette, la Joliette…» Le fameux tunnel où des vidéos de mariage ont été tournées ces dernières semaines. Et en approche, c'est le conducteur de cette moto verte, à la tête du cortège, que les policiers doivent maintenant neutraliser pour éviter un blocage. David et plusieurs de ses collègues, qui arrivent enfin en renfort, vont rattraper le jeune chauffard et l'obliger à s'arrêter. Quelques secondes plus tard, le jeune homme, un brin énervé, est stoppé dans son élan. Mais un motard redémarre aussitôt en trombe, car malgré cette interpellation, voilà ce qui est en train de se passer sous le tunnel: certains de ses camarades, loin d'être refroidis, sont bien décidés à organiser le blocage. L'une de leurs voitures se met même en travers de l'autoroute, mais très vite, ils doivent décamper, certains en marche arrière, car des motards de la police leur fondent dessus. Et une entrave à la circulation est passible de 2 ans de prison ferme. Une intervention rapide qui sème la confusion sous le tunnel. Le mariage, encadré par les policiers, ne peut [Musique]… Un cortège également attendu à la sortie. C'est là, positionnés depuis le début de l'après-midi, profitant du ralentissement, le policier relève quelques plaques d'immatriculation avec son téléphone portable. «Ils rigolent! Le comportement est toujours le même, à savoir que: pas de casque, circulation ralentie, pas bloquée sur ce coup-là. Et puis bon, on voit bien quand il nous voit le comportement qu'ils ont, ils nous nargue! Ça les amuse, ça les amuse! On a l'impression que la loi n'est plus respectée.» C'est le bilan de l'opération: conducteurs de deux roues verbalisés et de possibles convocations par la justice pour entrave à la circulation. Ce samedi à Marseille, il aura fallu une quinzaine de policiers pour mettre en échec ces nouveaux délinquants de [Musique] l'autoroute.

Les CRS autoroutiers, dans les Bouches-du-Rhône, doivent lutter sur tous les fronts, car depuis quelques semaines, d'autres malfrats… Des voleurs un peu particuliers qui prospèrent sur les autoroutes de la région. 8h du matin, non loin de Marseille, c'est l'heure de pointe sur l'A7. Les CRS roulent sur la bande d'arrêt d'urgence. Marc vient d'être appelé par des agents de [Musique] maintenance. Toute la nuit, la voie rapide a été plongée dans le noir: plus de lumière, même les bornes SOS sont hors service. Marc cherche à savoir si un local technique a été visité. «C'est la panne de courant en [Applaudissements] général, apparemment.» Des inconnus ont pénétré dans un autre local technique un peu plus [Applaudissements] loin. «Des cabanes techniques sont disposées tous les 500 m. Ils permettent d'accéder au câble électrique qui court sous les voies.» «Ah là, c'est ouvert! Voilà, et visiblement, celui-ci a été visité la nuit précédente.» Cible des malfrats: ces gaines électriques constituées de cuivre. Le cours du métal a flambé ces derniers mois et peut rapporter une petite fortune à la revente. «C'est du cuivre, ça! C'est des petits câbles… Ils prennent quand même, vu le prix du métal!» Mais cette nuit-là, les voleurs ont juste sectionné les câbles pour préparer le vol. Ils devraient repasser plus tard pour les emporter. «Voyez là, tout est prêt, en fait, pour pour qu'ils puissent opérer. Ils ont, ils ont sectionné à la cabane comme ça là, qui était un peu plus haut, ils ont sectionné ici. Après, de nuit, ils vont venir soit ici, soit là-haut, tirer le câble à l'intérieur de la gaine, couper au fur et à mesure et l'embarquer.» Seulement, les voleurs de cuivre peuvent revenir chercher leur butin à n'importe quel moment. Marc décide d'installer une équipe en [Musique] planque. 23h, c'est l'équipe de nuit: Cyr, Christophe et Karim qui assure la première surveillance. Direction l'A7, vers le local technique fracturé le matin même. «Voir au niveau du grand portail là, si on peut remonter la colline pour se mettre en planque au-dessus.» Arrivés sur place, dans la pénombre, les policiers cherchent la cache idéale. «À flanc de colline, on va se mettre derrière l'arbre, on est masqué là, il y a la borne juste là-bas.» Il faut maintenant attendre les voleurs. Les policiers sont à quelques mètres du [Musique] local; le cœur palpite à fond. «On se dit qu'à tout instant, ça peut, ça peut survenir.» «La tente va durer une heure.» Soudain, une silhouette apparaît. Les policiers entendent des hommes; ils parlent une langue [Musique] étrangère. Cyr et Christophe décident d'intervenir pour prendre les voleurs en flagrant délit. [Musique] «Va, ça y est!» En prenant la fuite, l'un des voleurs tombe nez à nez avec Christophe. «Interpellé! Tu as rien sur toi, pas d'armes! C'est la police!» «Également, combien ils étaient? Deux ou trois?» Seulement, aucune trace de ces deux complices qui ont réussi à s'enfuir. «Tu as entendu tout le métal par terre! On attend nos collègues, on va tout réviser!» Les policiers fouillent la colline pour trouver les preuves du vol. «Faut réviser là, les gars! Attention! Attention! Ne touchez à rien! Ah! C'est le pied-de-biche, les gars, il est là! Ils ont fracturé!» «Et ben voilà, tout le matériel!» Surpris en plein travail, les truands ont abandonné leurs outils. «Parfaitement! Là, tu as la pince, tournevis, et voilà le feu, les gars! Super bonne intervention! Ça, c'est de la bombe!» Mais le meilleur est à venir: caché sous les arbres, les policiers découvrent cette voiture: à l'arrière, le butin des [Musique] voleurs. Le patron des CRS de l'autoroute, arrivé sur place, fait l'inventaire. «Faites-moi le point précis. Donc, matériel découvert, estimation du poids… Difficile à dire, je dirais dans les 200 kg environ de cuivre. Tous les morceaux sont identiques? Ouais, la section… Ils sont découpés là, prêts à être transportés.» «Et vous avez trois longueurs qui se trouvent plus loin, d'environ une dizaine de mètres chacune, qui sont prêtes à être découpées, en fait. Je pense que c'est ici qu'ils découpaient leur câble avant de le transporter.» Ok, mais ce n'est pas tout: voici les factures des sociétés qui leur ont acheté la ferraille. «Ce sont des factures d'achat, donc de ferraille. Ça va permettre de savoir comment cette société a la ferraille, et si éventuellement elle aurait une identité des individus, si elle les connaissait déjà, et sous quel nom.» Les preuves s'accumulent; le voleur interpellé est conduit au poste de police de l'autoroute pour être interrogé. De fil en aiguille… Les policiers vont tenter de découvrir qui sont les commanditaires de ces voleurs de cuivre.

Retour au poste des CRS de Marseille. Cyril et Christophe ramènent l'homme interpellé et les outils trouvés sur place. «Attention! Si ça vous tombe sur le pied, ça…» Quant au butin, c'est en le passant à la pesée que les policiers vont découvrir qu'ils l'ont largement sous-estimé. «Ça fait quoi là? On est à 450 kg! 450 kg de câble, dont beaucoup de cuivre!» Cette petite virée nocturne aurait pu rapporter plus de 5000 € au malfaiteur. Le lendemain matin. «Passe-moi les clichés, s'il te plaît. C… je prends…» Monsieur qui avait travaillé sur l'affaire la veille va interroger le voleur, pas très bavard. Seulement, qu'il est originaire de Roumanie. «Bonjour madame! Bonjour!» Une interprète a été convoquée pour faciliter l'audition. «C'est vous, vous avez commis les infractions de vol aggravé en réunion et avec des dégradations. Qu'est-ce qu'il a à dire à ce sujet?» «Ce sont les deux, les deux autres dont il ne connaît pas le nom, ce sont eux qui l'ont entraîné parce qu'il ne savait pas où, où il allait.» L'individu reporte la faute sur les deux hommes qui ont réussi à prendre la fuite. Mais ce qui intéresse Marc, c'est surtout de savoir comment ces voleurs revendent le cuivre sans être inquiétés. «Con… nom… pas expliqué… mais c'est pas lo… mer… les pour…» Pour le policier, c'est un grand classique. «Le système est bien organisé, c'est lui généralement… Il y en a un, un peu plus ancien, entre guillemets, un patriarche qui ouvre un compte en banque, c'est lui qui s'occupe de la revente de la ferraille à son nom, et par contre, il ne met pas les mains dans les opérations de vol. Donc comme ça, il reste, il reste clean au niveau, au niveau de la facture, puisque… qui s'occupe du vol, lui ramène le, lui ramène le cuivre. Donc on sait qu'ils opèrent comme ça, mais c'est, c'est, c'est assez compliqué à prouver.» Un système qui fonctionne avec des ferrailleurs peu regardant sur la provenance du cuivre: une combine qui permet à certaines bandes organisées de gagner jusqu'à 200 000 € en liquide par an. Le lendemain, en comparution immédiate, le voleur de l'autoroute a été condamné à 4 mois de prison ferme pour complicité de vol.

Nous retournons dans le nord de la France, près d'Arras, où l'heure est venue d'intervenir pour les gendarmes confrontés au trafic de clandestins. «Allez messieurs! Donc ce soir, 23h, le capitaine Duceil a convoqué une vingtaine d'hommes en tenue de camouflage. Ce soir, on est sur une opération sur l'aire de Don, l'autoroute A26, est propice à la remontée d'étrangers. Institution régulière vers la Grande-Bretagne pour se faire… On va essayer de désorganiser la filière des passeurs clandestins ce soir.» Pour interpeller les passeurs, pas de voiture: les gendarmes de l'autoroute vont se planquer dans des camions banalisés, prêts à intervenir. «Tout de suite à gauche, et vous remontez jusqu'à… ok.» Équipés d'une caméra de vision nocturne, les militaires peuvent observer les allées et venues. Un routier est d'ailleurs en train de vérifier, si le temps d'aller payer… Aucun clandestin ne s'est glissé sous ses essieux. «On a vu donc sur les grillages et sur tous les poids lourds qui sont à l'entrée du parking… vous sur le reste… ok… pour tout le monde, c'est parti! On patiente d'ici une bonne demi-heure, ça devrait commencer à bouger. Allez, silence radio pour tout le [Musique] monde!» La tente va durer 2h, par une température [Musique] glaciale. Quand soudain, sur l'écran de contrôle, un homme [Musique] apparaît. «Charlie Delta, on a les choufs en visuel qui arrivent! Alors je sais pas par quel itinéraire, mais ça y est, ça arrive, hein!» Un chouffeur, un guetteur, venu en éclaireur sur l'aire d'autoroute. Dans son sillage, les clandestins. «Standby! Standby! Pour l'instant, les migrants se regroupent à l'arrière d'un camion. Le passeur vient de forcer la porte, il est en train de faire monter… Là, il est en train de faire monter… On a tout en image!» Voici le passeur. Le capitaine a sous les yeux celui qui dirige ce trafic d'êtres humains depuis des mois. «Encore une image! Là, il est en train de travailler! Le passeur qui repousse violemment les clandestins trop pressés. C'est lui qui choisit ceux qui paient le plus. Monte avant! C'est un enfant! Ça, c'est une femme! C'est une femme! Allez, vas-y! Referme! Blanche! Bonne! Referme! Referme! Referme! C'est bon! Vas-y, ferme!» Le passeur vient de fermer la porte. Le capitaine décide d'intervenir. «Allez les gars, faut y aller! Allez! Top départ! Top départ! Tout le monde converge! Top [Musique] départ!» Les clandestins tentent de s'enfuir, mais la vingtaine de gendarmes est rapidement sur eux. «À terre! À terre! Allez à terre! Tout le… à terre! À terre!» «Passeur, il est pas là! Les clandestins sont là, mais le passeur, lui, vient de prendre la fuite vers la forêt bordant l'autoroute.» «Le passeur, il doit être pas là!» Les gendarmes fouillent chaque [Musique] fourré. «L-i… police! Police!» «Allez! Fin de l'opération!» Le passeur présumé est arrêté. «Allez, go!» Ce soir-là, une centaine de clandestins ont bien failli rejoindre le paradis britannique. Ils ont pourtant tout tenté. «Toi! Toi! Ouais! Salut! Ouais!» Les gendarmes doivent maintenant s'assurer que l'homme arrêté est bien le trafiquant qui sème la pagaille sur les autoroutes de la région. [Musique]

Il est 14h au QG de l'escadron des gendarmes du Pas-de-Calais. L'audition de l'homme interpellé peut commencer. C'est le major Maillot qui va tenter d'en savoir plus. Une audition sensible à 8 clos. Au bout d'une demi-heure, mauvaise surprise pour les gendarmes: le suspect ne serait qu'un clandestin prêt à tout. La nuit précédente, il aurait accepté de remplacer les vrais passeurs pour payer son passage moins cher. «Une prochaine fois, il a un petit rôle. Bon, on avance, puisque bon, d'autres noms sont donnés sur des passeurs un peu plus importants. Euh, donc là, on parle, je pense, parler d'un, d'un réseau très organisé. Ça signifierait quoi? D'autres appellations sur le, le leur grand camp de base, euh, où des passeurs seraient retranchés?» Ok. L'homme a donné un signalement précis de deux individus: les vrais chefs du réseau, d'après lui. Dès le lendemain, le capitaine Duceil va investir le camp des clandestins. 7h du matin, le capitaine et ses hommes débarquent dans le camp en bord d'autoroute. «On y va! Riel! Salut! Merci! Ouais! Bah écoute, à bientôt! Ouais, ça roule! Ciao! À plus! Bye! Bon, on y va!» Un camp qui prend de l'ampleur.

Au fil des jours, de petites maisons en bois ont même remplacé les taudis. Contre la vie du préfet, la commune, inquiète des conditions d'hygiène, a fait un [Musique] geste.

Allez les gars, allez, mettez-moi un coup de sifflet là-dedans, deux coups de sifflet là, on va les réveiller un petit peu. Allez, c'est bon, c'est bon. Dans le camp encore endormi, les gendarmes veulent retrouver les chefs du réseau au plus vite. Le capitaine fait aligner les hommes qui répondent au signalement donné par l'homme de main appréhendé la veille. Il, il, il place la cicatrice où, comment il dit que la cicatrice est où ? Au-dessus de la… Pas gros, maigre, gros, grand ? Ouais, grand. Grou ? Oui, je pense à lui. I ! Allez, attends. Ce premier suspect est interpellé. Vous avez quelque chose sur vous ? Non. Un autre individu est également placé en garde à vue, Héritréen lui aussi. Et en poursuivant sa perquisition, le capitaine découvre ses affaires qui apparemment n'appartiennent à personne. Non. Pouvez me compter combien de mondes de billet là au total ? Il y en a pour 1600 € en liquide, probablement l’argent des passeurs. 450 ? Un passeur, ça a de l’argent et ça a des téléphones. Zmoi la viande ! Et justement, caché sous de la viande, quatre téléphones pour communiquer avec les autres membres du réseau, mais aussi des cartes de crédit et des cartes d’identité. Bah, il confisquent les papiers, ils font payer et il ne restituent, il ne restituent les papiers qu’une fois que le passage est effectif. Ça contraint les étrangers à rester sous leur, entre guillemets, sous leur domination. C’est, c’est un réseau de passeurs, ce ne sont pas des enfants de cœur.

Retour au poste, les gendarmes vont maintenant auditionner les deux hommes, les chefs présumés du trafic de clandestins, deux Héritréens qui risquent de lourdes peines de prison. Mais il reste très calme, celui-ci. Par exemple, a déjà un gros casier judiciaire. J’ai déjà fait des mois de prison à Béthune. J’ai été pris sur le même parking avant. J’ai déconné, j’ai aidé les gens à monter, après la police m’a arrêté. Ok, je reconnais, c’est mal, mais là je ne suis pas inquiet. Il m’ont arrêté pour rien. Vous avez vu, c’est au stand qu’ils m’ont pris. L’homme n’était pas sur l’aire d’autoroute, il n’a pas été pris en flagrant délit. Il le sait parfaitement. Les gendarmes n’ont pas grand-chose contre lui. Regarde la vidéo, s’ils ont filmé le parking, regarde si tu vois mon visage ou mon corps, je suis sûr de ne pas y être. S’il regarde vraiment, je suis libre. Alors le capitaine va tenter de le faire craquer. Il décide de confronter les deux passeurs à l’homme qui les a dénoncés. [Musique] Dans le bureau, l’attention est palpable. Nous ne sommes pas autorisés à [Musique] filmer. Fin de l’audition. Pendant les échanges, le capitaine Ducel a remarqué que l’homme qui a déjà fait de la prison semble terroriser les deux autres en sa présence. Celui qui l’avait accusé s’est d’ailleurs rétracté. Il fait peur à tout le monde, il est dangereux, lui ? Non, il est méchant. Oui, il est capable de faire beaucoup de mal. Mais les gendarmes n’ont aucune preuve contre lui. Malgré 9 mois d’enquête, le capitaine doit relâcher celui qui organise peut-être le flot des migrants vers l’Angleterre. Veux aller ? Il est libre de partir. On merci beaucoup. Bye bye. L’homme ne s’attarde pas, le sourire aux lèvres. Quant à l’autre individu, celui qui semblait détenir les téléphones et l’argent, dès le lendemain en comparution immédiate, il a été condamné à 3 ans de prison ferme. Chaque mois, 1500 clandestins transiteraient ainsi par le nord de la France. [Musique] Retour sur Marseille et son réseau [Musique] d’autoroute. Depuis 19 ans qu’il le sillonne, Marc, l’un des enquêteurs de la fameuse CRS, croise toutes sortes de délinquants. Et ce matin-là justement, il vient d’être appelé sur une affaire plus qu’inquiétante. Direction le péage tunnel du Prado, en plein cœur de la ville.

Alors, c’est là que ça s’est passé ? Une altercation entre automobilistes a dégénéré. La barrière a été réparée déjà, apparemment. Marc vient recueillir les premiers éléments auprès du responsable du péage. Bonjour. La police d’autoroute et son enquête commence plutôt bien grâce aux nombreuses caméras. Bonjour, bonjour, bonjour. CD ? La bande vidéo qui est prête. Toute la scène a été filmée. Il est 23h30 ce soir-là, un motard arrive au péage et s’arrête pour payer. Soudain, une voiture arrive derrière lui, beaucoup trop vite. La même scène sur la caméra opposée. En haut à gauche, le motard est en train d’arriver quand brusquement la voiture le [Musique] renverse. À gauche de l’écran, un employé du péage surgit pour porter secours au motard. Par miracle, il est sain et sauf, mais très vite la situation dégénère. À gauche, le chauffard, sorti de sa voiture, prend les deux hommes à parti. Et ce n’est qu’un [Musique] début, car Marc va bénéficier d’un autre élément précieux, une bande son. Voyant les choses s’envenimer, l’employé du péage a eu le réflexe de tout enregistrer sur ce dictaphone. Le conducteur sent qu’il est coincé, il s’en prend au motard qui est pourtant sa victime. Pas tu, que de moi, pas de, tu veux que de moi ? L’homme coincé entre les barrières s’agite de plus en [Musique] plus. Platok ! Le chauffard de lui menace le motard les yeux dans les yeux. Tu as compris, regarde-moi, tu as compris, regarde-moi dans les yeux, les fous ! Mais la police est sur le point d’arriver. Ils arrivent aussitôt. L’homme rentre dans sa voiture. Allez, le monsieur veut prendre la fuite. Le motard s’inquiète pour sa moto, mais l’employé ne se laisse pas impressionner. Il va rentrer dans, il va rentrer dans ma… Il [Applaudissements] Le chauffard ne veut pas croiser les policiers. Barrière ! Il a reculé en force et se présente sur la voie d’à côté. L’employé vient se mettre contre la voiture, mais le chauffard démarre violemment en bousculant l’employé. Depuis plus aucune trace du chauffard. Les CRS de Marseille doivent le retrouver au plus vite, car l’homme leur semble [Musique] dangereux.

Retour au PC des CRS de l’autoroute. Grâce à la plaque d’immatriculation relevée sur la vidéo, Marc va rapidement retrouver l’identité du chauffard. Donc, je viens d’avoir un nom, prénom, avec une adresse, et l’homme n’est pas inconnu des services de police. C’est même plutôt le contraire. Selon Marc, il a un CV impressionnant. Mais l’enquêteur doit vérifier un dernier élément. Alors, quelques heures plus tard, il va convoquer un témoin. Oui, oui. On va faire cette présentation de planche photo. C’est l’employé du péage, celui que le chauffard a failli [Musique] écraser. On a peut-être moyen d’identifier photographiquement avant d’aller chercher la, la personne qui vous a agressé. Le portrait de son agresseur présumé est glissé dans cette série de photos. Donc voilà une planche de, de [Musique] la… Quelle ? Numéro 5. Numéro 5. Il a pas l’air d’avoir d’hésitations, semblait relativement ferme. Pas de doute pour moi, c’est monsieur numéro 5. L’employé du péage a reconnu le chauffard au premier coup d’œil. Il lui a fait face une dizaine de [Musique] minutes. Il était très agressif, il tapait sur sa capot, très énervé. Donc, essai d’intimider le motard par des menaces de mort. Si tu… Pein, je vais te tuer. Tu… Vous accompagnez. Merci à vous. Le chauffard est formellement identifié. Marc veut l’interpeller au plus [Musique] vite. Le lendemain matin, les CRS de l’autoroute passent à l’action. Direction les quartiers nord de Marseille. Il est à peine 7h, Marc et une dizaine de collègues arrivent dans la cité endormie. C’est dans cet immeuble qu’habite le chauffard. Voici donc la voiture qui a renversé le motard. Les policiers vont maintenant appréhender son propriétaire. Les CRS arrivent devant la porte, l’occupant ouvre sans la moindre résistance. Bonjour monsieur, on vous demande de nous accompagner. Oui, bien sûr. Et voici le fameux chauffard. Contre toute attente, il est très calme. Un garde à vue : des violences volontaires avec arme par destination et un accident matériel avec l’… En revanche, il ne se démonte pas. Monsieur, je vais vous dire, on, on, on va en parler, on va parler, on va parler tranquillement. Est-ce que vous prévenez un avocat de la mesure ? Non, pas du tout. Parce que défendre, et vous allez voir que malgré les charges qui pèsent contre lui, le chauffard du péage du Prado va tout tenter pour s’en sortir. À [Musique] nouveau. L’après-midi même, devant Marc qui commence à l’interroger, l’homme habitué aux gardes à vue ne semble pas prêt à reconnaître sa culpabilité. Moi, ce que je veux vous dire, il faut pas que je sois victime aussi, parce que ils veulent se faire passer pour des victimes, parce que moi je sais, je connais, moi je, je suis à Marseille, je suis pas bête. En attendant, c’est bien contre lui que la société de péage a porté plainte. Si le motard renversé n’a pas donné suite à l’affaire, craignant des représailles, l’employé lui a bien failli être écrasé. Mais le chauffard se justifie. Le, c’est comme, c’est le, c’est le monsieur de la sécurité, c’est l’arbitre, c’est lui le chef là, il s’est pris pour Superman aussi. M’a menacé, qui ça ? De contre moi. Obligé de menacer. Il vous a menacé ? Il m’a pas menacé, mais c’était de contre moi, donc je… Jouast ? Non, c’est mon droit. Je vous demande donc une défense qui laisse Marc perplexe. Sans compter que l’homme n’aurait jamais dû se trouver volant ce soir-là. Donc apparemment, vous avez plus de points sur votre permis ? Me pas, j’ai qui m’a pas normal. Quelqu’un qui triche. Malgré tout, le chauffard campe sur ses positions. L’employé du péage l’aurait menacé. Marc décide d’organiser une confrontation. Une heure plus tard, le chauffard se retrouve juste à côté de sa victime, l’employé du péage. Cette fois, il se montre plus conciliant. Pourquoi, quand il vient vers, vers vous, il est devant la voiture et vous démarrez comme s’il n’est pas là ? Parce que je, je sais pas, pour, j’ai pas… Euh…serme… PAsie. L’employé du péage lui affirme n’avoir jamais menacé l’individu. Pas plus l’autre. Donc, je vous ai pas agressé, je me suis pas… agressé, mais j’ai moi je me, je me suis pas… Sécurité, c’est pour ça que je suis parti. Dans ces petits souliers. Le multirécidiviste tente une dernière manœuvre. Je m’excuse auprès du monsieur. Voilà, je m’excuse, je m’excuse, je vous excuse, je vous… ais obligé… Il y a quelques jours, c’est des menaces, tout le monde a bien fait des menaces, j’ai… arrière, encore une fois, je m’excuse pour mes… C’est bon. Le policier est satisfait. Le face à face entre les deux hommes s’est déroulé plutôt courtoisement. Je dis que mes confrontations bien vont presque… Jugé en comparution immédiate, le chauffard a copé 4 mois de prison ferme. Une délinquence qui ne laisse aucun répit aux forces de l’ordre : alcoolémie, délit de fuite, agression. Chaque jour, plus de 1500 délits sont commis sur les routes françaises, mais parfois le pire ne peut être évité. L’an dernier, 40 % des accidents mortels sur autoroute ont été causés par des chauffards.