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Le français de l'actu (B2/C1) - Les élections municipales en France

Parler français avec Marianne15:57

Transcription

Dimanche dernier, le 22 mars, c'était le 2e tour des élections municipales en France. Tu n'as peut-être pas suivi cette actualité parce que tu avais d'autres chats à fouetter.

Alors, c'est une expression que je déteste, mais je te l'explique quand même parce que tu peux l'entendre dans ta vie quotidienne. Avoir d'autres chats à fouetter, ça veut dire avoir d'autres choses à faire, avoir d'autres préoccupations. C'est vrai que dernièrement, l'actualité internationale a été très chargée et que les élections municipales françaises t'ont peut-être semblé moins prioritaires, ce qui se comprend tout à fait.

Dans cet épisode, j'aimerais tout de même te parler de ces élections et te montrer pourquoi elles peuvent t'intéresser si tu cherches à comprendre la France. Je vais te donner quelques informations sur le contexte politique du pays et, bien sûr, du vocabulaire spécialisé de niveau avancé qui te sera utile pour parler de tous types d'élections en français.

Dans une première partie, je vais d'abord te présenter le fonctionnement de ces élections municipales. Qui les Français élisent-ils à ce moment-là et comment ? Ensuite, je t'expliquerai pourquoi ce sont des élections qui sont importantes en France. Je te donnerai dans une troisième partie les résultats de ces élections de mars 2026. Et enfin, on va voir ce qui a été spécifique, particulier cette année par rapport aux élections précédentes.

Pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je suis Marianne, professeure de français langue étrangère, et ici, je te propose de découvrir un nouveau sujet d'actualité en français toutes les deux semaines. À chaque fois, la transcription est en accès libre. Pour l'obtenir, il te suffit de cliquer sur le lien qui est en description. Allez, tu es prêt ou prête ? On y va.

Le français de l'actu. Le français de l'actu. Réfléchis à des sujets actuels en français.

On commence par un petit point technique. Je vais d'abord te présenter le fonctionnement des élections municipales en France. Ce n'est pas la partie la plus marrante, mais c'est important que tu saches comment ça fonctionne globalement avant d'entrer dans l'analyse.

En France, les élections municipales ont lieu tous les 6 ans. Elles permettent de renouveler les conseils municipaux. Un conseil municipal, c'est un ensemble d'élus qui dirige une commune, c'est-à-dire qui prend des décisions importantes dans une commune. Et qu'est-ce qu'une commune ? C'est le mot que j'utiliserai dans cet épisode pour parler de ville et de village.

Les conseils municipaux sont donc élus grâce à ces élections. Mais comment sont-ils élus ? Quand on vote aux élections municipales, on ne vote pas pour une personne, mais pour une liste de personnes. En général, le premier nom de la liste qui recueille le plus de voix devient le maire ou la maire de la commune. C'est le chef ou la chef du conseil municipal. Recueillir, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire collecter, obtenir.

Le maire est choisi dans la liste qui obtient le plus de voix. Sauf exception, le conseil municipal n'est pas composé d'une seule liste. Il est composé de plusieurs listes représentées en fonction des résultats obtenus. La liste qui arrive en premier a au moins la moitié des sièges. C'est un mécanisme qu'on appelle la prime majoritaire, et les autres sièges sont répartis entre les listes qui ont obtenu plus de 5 % des voix.

Une petite précision, vu la taille de ces villes, les élections de Paris, de Marseille et de Lyon se passent selon des modalités un peu différentes. Mais je ne vais pas entrer dans le détail ici parce que ce serait trop long et que j'ai encore beaucoup de choses à te dire. Si le sujet t'intéresse, rejoins la communauté du podcast "Le français de l'actu" où je te présente les résultats de l'élection à Paris. Pour t'abonner, tu peux cliquer sur le lien qui est en description.

Reprenons. Le dimanche 15 mars 2026, les Français sont allés voter et neuf maires sur 10 ont été élus dès le premier tour. C'est le cas en particulier dans les nombreuses communes où il y a peu d'habitants et où seulement une ou deux listes de candidats se présentent aux élections. Une semaine plus tard, le dimanche 22 mars, un deuxième tour a permis d'élire les maires et les conseils municipaux restants, en particulier dans les grandes villes.

Je te l'ai dit en introduction, les élections municipales sont des élections importantes en France. En général, elles intéressent et elles mobilisent les électeurs. Et peut-être que c'est le cas dans ton pays aussi. Dans le contexte français, elles sont importantes pour trois raisons.

D'abord, il faut savoir que la France compte de très, très nombreuses communes. Au 1er janvier 2025, il y en avait 35 000. Sur ces 35 000 communes, près de 90 % rassemblent moins de 3 000 habitants. Donc le maire et son équipe sont en général connus des habitants. Ce sont des personnes qu'on a déjà vues, qu'on rencontre sur les marchés, avec qui on peut discuter, et cetera. Ce sont aussi les femmes et les hommes politiques qui sont en première ligne quand il y a des tensions ou des problèmes à régler. Ils sont les premiers à devoir affronter ces situations.

Ensuite, les élections municipales intéressent les Français parce que le maire et son équipe s'occupent de sujets très concrets qui touchent au quotidien des gens. Pour te donner quelques exemples, c'est le conseil municipal qui décidera de la construction d'une école, d'équipements sportifs, de certains logements, de la création de parcs, et cetera. C'est également lui qui prendra les décisions concernant la cantine scolaire pour les enfants, la police municipale ou encore les pistes cyclables. Autrement dit, quand une décision politique est prise à l'échelle de la commune, ça se voit, c'est très concret.

Enfin, les élections municipales sont intéressantes parce qu'elles peuvent donner des indices, des informations sur le climat politique actuel du pays. En l'occurrence, c'est-à-dire dans le cas présent, pendant ces élections, on a en réalité beaucoup parlé des prochaines élections présidentielles qui arriveront en 2027. Un journaliste du journal Le Monde a même parlé de "répétition générale" de l'élection présidentielle. Une répétition générale, c'est quand on répète une dernière fois un spectacle de danse ou de théâtre avant la première représentation devant le public.

Ces élections peuvent donc nous donner quelques grandes tendances au niveau national. Mais attention, elles ont aussi une logique propre par rapport aux élections présidentielles. Au niveau local, on vote souvent pour une personne ou un groupe de personnes, pas pour un parti. Donc si je donne ma voix pour la liste de Monsieur Dupont du parti Tartempion, ça veut dire que je le soutiens lui, mais ça ne signifie pas forcément que je voterai pour son parti aux élections présidentielles. Par ailleurs, beaucoup de candidats, en particulier dans les petites communes, ne sont pas étiquetés, ils n'ont pas d'étiquette. Ça veut dire qu'ils ne sont pas affiliés à un parti et donc qu'il est difficile de tirer des conclusions au niveau national.

Alors maintenant que tu es un expert ou une experte des élections municipales et de leurs implications pour les Français, voyons de plus près les résultats des dernières élections. Tu t'en doutes, ce sont des élections qui sont un peu difficiles à analyser parce qu'il y a énormément de communes et, dans les jours qui ont suivi les élections, j'ai pu lire dans la presse des analyses contradictoires. Je vais essayer de te donner les informations les plus claires possibles sur les principaux partis. Je ne vais pas être exhaustive, mais je t'encourage bien sûr, si ça t'intéresse, à poursuivre ton exploration du sujet dans les médias francophones.

Les résultats de ces élections peuvent être présentés en trois groupes. On a d'abord un premier groupe composé des partis traditionnels, qu'on appelle aussi les partis de gouvernement : le Parti Socialiste à gauche et Les Républicains à droite. Ces deux partis perdent du terrain aux élections nationales, comme par exemple aux élections présidentielles et législatives. Ils semblent être en perte de vitesse, c'est-à-dire de moins en moins forts. Mais ces élections locales ont montré qu'ils sont encore bien présents dans les communes. À gauche, le Parti Socialiste n'a pas eu d'aussi bons scores qu'aux dernières élections en 2020, mais il a conservé le pouvoir dans des villes emblématiques comme Paris, Lyon, Marseille, Lille, Nantes, et cetera. La droite, quant à elle, a gagné les élections dans de nombreuses villes moyennes et dans quelques villes qui historiquement étaient à gauche, comme Brest, Limoges, Clermont-Ferrand, Tours, et cetera.

Passons au deuxième groupe, le groupe des partis radicaux : La France Insoumise à l'extrême gauche et le Rassemblement National à l'extrême droite. Ces deux partis ont de bons scores au niveau national, mais une faible implantation locale. Ça veut dire qu'ils n'ont pas beaucoup d'élus dans les conseils municipaux. L'objectif de ces élections était donc pour eux d'être plus présents au niveau local. C'est un pari qui est plutôt réussi pour La France Insoumise, qui a obtenu de bons résultats à Paris ou dans des villes de la banlieue parisienne comme La Courneuve ou Saint-Denis. De son côté, l'extrême droite continue de se développer, en particulier dans le Sud-Est et le Nord-Est de la France. Le Rassemblement National, qui est le principal parti d'extrême droite en France, a gagné les élections dans quelques petites et moyennes villes, mais ils ont perdu dans les grandes villes où une victoire était possible, comme à Marseille, à Nice et à Toulon.

Passons au troisième et dernier groupe, le camp présidentiel. Le camp présidentiel, c'est le parti d'Emmanuel Macron qui s'appelle Renaissance et qu'on peut situer plutôt au centre droit. Ce parti avait eu des résultats corrects aux élections municipales de 2020, mais ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui. On compte 200 maires de ce parti sur un total de 35 000 communes. Leur présence locale est donc devenue marginale.

Dans cette dernière partie, on va aller plus loin dans l'analyse de ces résultats. Les élections municipales de mars 2026 sont spécifiques pour trois raisons.

D'abord, la première particularité de ces élections, c'est que la participation a été faible. Autrement dit, il y a eu une abstention élevée. Concrètement, 57 % des électeurs sont allés voter. Si on enlève les élections de 2020 et le contexte de la pandémie de COVID-19, c'est le plus faible taux de participation pour des élections municipales depuis 1958. D'habitude, ce sont des élections qui mobilisent beaucoup. Donc on peut se demander ce que ça veut dire sur le rapport des Français à la politique et à la démocratie.

Ensuite, les débats sur les alliances entre les partis sont une autre grande spécificité de ces élections. Après le second tour, on a beaucoup parlé dans les médias des alliances entre le Parti Socialiste ou les écologistes d'une part, et La France Insoumise d'autre part. Les tensions sont très fortes entre ces partis et les rares alliances n'ont pas toujours été bien acceptées par les femmes et les hommes politiques et par les électeurs. Ces coalitions ont d'ailleurs abouti à des échecs dans de nombreuses villes, sauf à Nantes ou à Grenoble, par exemple. À droite, la question des alliances avec l'extrême droite s'est également posée. Au final, très peu de listes ont fusionné, mais quand ça a été le cas, ça n'a souvent pas fonctionné non plus. Donc peut-être que ces résultats mitigés, en demi-teinte, auront un impact sur les alliances qui seront faites ou pas au moment des élections présidentielles de 2027.

Enfin, ce qui est très particulier, très spécifique dans cette élection, c'est que le soir du 22 mars, tous les partis se sont auto-félicités pour leurs très bons résultats. Ils se sont félicités. Et c'est vrai qu'à part le camp du président Macron, pour qui ces élections sont une vraie défaite, aucun grand parti n'a vraiment perdu. Mais ça veut dire aussi que personne n'a vraiment gagné ces élections. Le principal enseignement de ces élections municipales, c'est que le vote des Français est très fragmenté, très éclaté entre les différents partis. Le paysage politique devient de plus en plus difficile à lire et il n'est pas certain qu'il s'éclaircisse avant les élections présidentielles.

On arrive à la fin de cet épisode. Merci beaucoup de l'avoir écouté jusqu'au bout. J'espère qu'il t'aura apporté le vocabulaire et les informations nécessaires pour que tu continues à explorer ce sujet, si tu le souhaites, dans les médias francophones. N'oublie pas que la transcription est gratuite et que tu peux la télécharger en cliquant sur le lien en description. On se retrouve dans deux semaines pour un nouvel épisode sur l'actualité en français. À bientôt.