Transcription
Vous pourrez penser que, petite plaque d'eczéma à un endroit, on va mettre une crème corticoïde et puis tout va bien aller. Mais il n'y a aucune raison que ça aille bien. C'est-à-dire qu'on découvre une flaque d'eau dans votre maison et vous vous dites, bon, c'est qu'une petite flaque d'eau, j'avais passé la serpillière. Et cette flaque d'eau, elle est bienvenue de quelque part. Donc, vous allez assécher la flaque d'eau, mais quelque temps plus tard, si c'est une tuile sur le toit qui est percée, si c'est une fenêtre qui est ouverte, etc. Si la cause n'est pas déterminée, la flaque d'eau va revenir. Et il arrive très souvent que les patients se désespèrent, sont allés voir le médecin qui a mis un traitement, ça a très bien marché, mais ça a récidivé.
Bienvenue dans le podcast Simp Biologie, Santé, Nutrition. Le podcast où nous discutons avec des experts de ce que notre corps et notre biologie nous disent à propos de notre santé et nos besoins en nutrition. Je suis Nicholas Balon-Perin, le fondateur de Symp, et je serai votre hôte tout au long de ce podcast. Chez Symp, nous vous permettons de réaliser des analyses biologiques ciblées selon vos inconforts, pour comprendre leurs causes et les soulager avec une nutrition personnalisée adaptée à vos besoins.
Eh bien, bonjour à tous. Merci de vous joindre à nous pour un nouvel épisode. Pour ceux qui nous suivent depuis le début, vous verrez que c'est la première fois que l'on fait ici un épisode en distanciel. Mais cela ne sera pas pour vous décevoir, je pense, parce qu'aujourd'hui nous avons la chance d'accueillir le professeur Philippe Humbert. Bonjour professeur Humbert.
Bonjour Nicolas. Merci de vous joindre à nous aujourd'hui. Je sais que vous êtes assez occupé. J'ai entendu dans une interview précédente que les prochaines places chez vous sont disponibles quand ça ? En consultation ? Malheureusement, en 2027. Mais quand il y a vraiment des grosses urgences, on est obligé de faire venir des patients le dimanche. Et donc effectivement, ça nous laisse peu de temps pour se ressourcer.
Oui, c'est ça. D'autant plus que j'apprécie et je pense que nos auditeurs aussi apprécieront le temps que vous nous accordez ici. Vous êtes médecin spécialisé en dermatologie, médecine interne, allergologie, endocrinologie et oncologie. Oui, oncologie pour les maladies cancéreuses de la peau. Vous êtes aussi l'un des premiers à avoir fait le lien entre la peau et les organes internes. Aujourd'hui, c'est la raison pour laquelle on voulait absolument vous avoir sur ce podcast. C'est pour discuter des liens qu'il peut y avoir entre la peau et ce qui se passe à l'intérieur, notamment au niveau du microbiote intestinal. On va parler du microbiote cutané et comprendre ce qui se passe au niveau intestinal. Les liens entre ce qu'on peut voir au niveau intestinal et au niveau de la peau. Peut-être avant de commencer et de sauter directement dans le sujet, j'aimerais peut-être vous demander si ça ne vous dérange pas de vous présenter un petit peu, d'expliquer un petit peu votre parcours. Et surtout, comment est-ce que vous en êtes arrivé là à pouvoir vraiment tisser les liens entre toutes les parties différentes du corps qu'on a malheureusement parfois tendance à regarder de manière trop isolée ?
Oui, merci beaucoup. J'ai fait médecine par passion depuis tout petit enfant. Je voulais être médecin et le plus beau des médecins, c'est le médecin de la médecine générale, le médecin généraliste. Et puis, lorsque vous faites vos études, vous êtes également attiré par la médecine hospitalière et surtout par l'enseignement. Et donc, j'ai fait un parcours hospitalier de façon à devenir professeur. Et pour cela, il faut faire des recherches. Il faut passer une thèse de science. Il faut montrer quand même beaucoup d'éléments de capacité à la fois de recherche et d'enseignement. Et j'ai choisi une spécialité qui était la dermatologie. Cette spécialité permettait d'être assez large, puisqu 'on fait de l'allergologie, de la chirurgie dermatologique, des maladies de peau en relation avec des maladies internes. Et puis, j'ai également eu la chance de faire une formation dans le service d 'un professeur, professeur Jean-Louis Dupont, qui m 'a donné la passion de la médecine interne. Et c'est grâce à lui que je suis devenu vraiment un interniste qui permet justement d'associer les connaissances internes de tous les organes avec les maladies de la peau. Et donc, petit à petit, on est venu me voir pour des maladies de la peau avec des liens internes. Et aujourd'hui, je ne vois quasiment que des problèmes internes, digestifs, pulmonaires, neurologiques. Et avec les connaissances, on essaie de faire face et de trouver des solutions pour les personnes qui sont en errance médicale depuis des années. Et aujourd'hui, je suis installé depuis cinq ans en libéral après avoir quitté l'hôpital. Et je consacre la totalité de mon temps à ces malades qui sont en détresse terrible. Quand vous voyez une femme de 30 ans qui est paralysée, une femme de 17 ans qui est paralysée d'un bras et à qui on a dit il n'y a plus rien à faire. Et quand vous l'interrogez et que vous l'examinez, vous avez des pistes et qu 'en approfondissant ces pistes, vous traitez et le bras se met à rebouger. La personne qui était en chaise roulante se met à remarcher. C'est assez extraordinaire, assez incroyable. Et tous ces témoignages m'ont beaucoup encouragé à poursuivre dans ce sens.
Tout à fait, c'est assez impressionnant. Quand vous voyez presque uniquement des problèmes internes, est-ce que la personne vient avec initialement un problème externe et puis on se rend compte qu'il y a un problème interne ? Ou aujourd'hui c'est vraiment devenu qu 'on vient vous voir pour tout type de problème ?
Jusqu'à l'année dernière, on venait me voir pour tout type de problème. Un problème sur la peau, chronique, un psoriasis, une urticaire. Et ma façon de voir les choses, de voir les maladies qui ne sont pas celles que l'on a habituellement. C'est-à-dire qu'habituellement on va traiter la peau en donnant des pommades ou avec des médicaments qui agissent spécifiquement sur la peau. À chaque fois qu'il y a une maladie comme cela, l'urticaire, le psoriasis, j 'ai cherché des maladies internes qui sont connues d'ailleurs comme étant les facteurs à l 'origine des maladies ou étant des complications, etc. Et ceci permet d'avoir des résultats bien meilleurs et des résultats durables surtout. Et puis petit à petit, j'ai traité des personnes qui avaient des problèmes digestifs. Et petit à petit, j'ai reçu des gens qui avaient mal au ventre, qui avaient des diarrhées, de la constipation. Et des vies impossibles. Quand j'ai vu une dame qui venait de Quimper, qui allait à celles toutes les trois semaines, imaginez ce qu'elle verrait pour cette femme. J'ai essayé de faire le maximum pour trouver l'origine de la maladie et essayer de la traiter. Donc petit à petit, on vient pour des choses de toutes sortes, internes, parfois externes, mais souvent internes.
Oui, et ce qui fait qu'il y a une particularité dans ce que vous faites, ou en tout cas des choses que j 'ai déjà entendues que vous disiez, c'est de considérer au final la peau comme un organe, et non plus comme quelque chose d 'isolé, comme quelque chose uniquement de surface, mais comme un organe qui vit et qui vit surtout en interaction avec le reste du corps.
Exactement, totalement.
Qu'est-ce qui... Bon, ici on va peut-être rentrer un petit peu dans le vif du sujet, mais quand on parle d'organe, on entend de plus en plus parler de l'axe intestin -cerveau, qui est maintenant quelque chose que tout le monde connaît, on a déjà entendu parler du deuxième cerveau, mais on entend aussi maintenant parler de l'axe intestin-peau-cerveau. Est-ce que c'est quelque chose que vous utilisez ou que vous voyez, que vous arrivez un petit peu plus à théoriser aujourd 'hui dans votre pratique ?
Oui. Alors, petit à petit, si vous voulez, ma méthode ça a été de dire, ce qui m'intéresse c'est pas la maladie de la personne, c'est de quoi souffre cette personne en général. Elle vient pour un psoriasis, mais est-ce qu'il y a une souffrance morale, une dépression, est-ce qu'il y a des troubles digestifs, des ballonnements, des gaz, de la diarrhée, des constipations, des douleurs ? Est-ce qu'il y a des troubles neurologiques ? Et quand on met tout ça autour de la maladie psoriasique, on va s'apercevoir qu 'il y a des pistes d'action intéressantes qui vont améliorer le psoriasis. Et c'est ainsi que, par exemple, dans le psoriasis, on s'est aperçu que le gluten joue un rôle très important. Et si vous traitez une maladie psoriasique sans avoir évalué l'hypothèse qu'il y ait une intolérance au gluten, vous n'avez plus de chance d'avoir de très bons résultats. Donc l'axe cerveau-intestin-peau est bien entendu au cœur de toutes les consultations. Parce que le questionnement va commencer du haut jusqu'en bas. Est-ce que vous avez mal à la tête ? Est-ce que vous avez des problèmes de vue ? Est-ce qu'il y a des problèmes dans la bouche, des affres, des choses comme ça ? Et petit à petit, vous réunissez des éléments que vous réunissez autour du tube digestif, autour du cerveau et autour de la peau.
Oui, c'est d'ailleurs ce que j 'aperçois derrière vous, c'est un des livres que vous avez écrits qui est « Votre peau me dit tout de vous ». Donc vous, vous commencez, vraiment, vous voyez quelqu 'un et c'est un petit peu la base du diagnostic, mais c'est l'idée de comprendre, voilà, j'observe quelque chose sur la peau, jusqu'où est-ce que je peux aller pour comprendre, y compris aller de nouveau jusqu'à la nutrition, ce fameux sujet qui revient un petit peu partout et qu 'on a parfois, j'ai l'impression, un petit peu oublié, mais aujourd'hui j'ai l'impression qu'on revient un petit peu à la base de tout débat qui est la nutrition, au final.
Oui, effectivement, alors là c'est, une personne vient pour un problème de peau et grâce à cette pathologie de la peau, on va lui découvrir une maladie interne, une maladie du foie, une maladie du pancréas, une maladie de l'intestin. Donc ça, c'est également très important de se dire, utilisons tous les signes que nous donne la peau, mais également tous les signes que nous donne l'interrogatoire général du patient et l'examen clinique complet, ça c'est, bien sûr, on ne peut pas se passer d'un examen clinique complet pour aller voir ce que cette maladie de peau nous dit de l'intérieur. Et parfois il est beaucoup plus important de traiter la pathologie interne que la pathologie externe. Et souvent quand on traite la pathologie interne, eh bien la pathologie externe va guérir par elle-même.
On va revenir du coup sur le sujet du gluten et du lait de vache aussi, qui est un sujet dont on parle beaucoup. Je pense que vous avez un avis assez tranché sur la question. Mais peut-être juste, j'aimerais revenir sur quelque chose que vous avez dit, quand vous voyez un psoriasis ou de l'eczéma, on a tendance à, aujourd'hui j'imagine, je vais voir mon médecin, je mets une crème dessus, est-ce qu'il y a des cas où ça devrait quand même se passer comme ça ? Et est-ce qu'il y a certains cas où il faut creuser différemment ? Quel est un petit peu, de votre expérience, le pourcentage de cas ? Est-ce que ça vous arrive encore de dire, dans ce cas-ci, si c'est quelque chose qui est apparu de manière aiguë, on va mettre une crème et ça part ? Ou est-ce qu'il y a toujours quand même un travail de fond plus au niveau nutrition à faire ?
Cette question est très importante. C'est vrai qu'on pourrait penser que, petite plaque d'eczéma à un endroit, on va mettre une crème corticoïde et puis tout va bien aller. Mais il n'y a aucune raison que ça aille bien. C'est-à-dire qu'on découvre une flaque d'eau dans votre maison et vous vous dites, bon, c'est qu'une petite flaque d'eau, j'avais passé la serpillière. Et cette flaque d'eau, elle est bienvenue de quelque part, donc vous allez assécher la flaque d'eau, mais quelque temps plus tard. Si c'est une tuile sur le toit qui est percée, si c'est une fenêtre qui est ouverte, etc., si la cause n 'est pas déterminée, la flaque d'eau va revenir. Et il arrive très souvent que les patients se désespèrent, sont allés voir le médecin qui a mis un traitement, ça a très bien marché, mais ça a récidivé. Et donc, ils n'ont plus envie de revoir le médecin et ils gardent leur maladie. Et donc, je fais le même travail pour une pathologie qui apparaît, a priori bénigne et extrêmement sain, le travail de fond. Alors, bien évidemment, si vous avez un eczéma de contact et que vous portez une boucle d'oreille, et que vous avez un eczéma à l'endroit de la boucle d'oreille, ce n'est pas compliqué, c'est un eczéma au nickel, vous faites enlever la boucle d'oreille, vous traitez l'eczéma, tout rentre dans l'ordre. Vous expliquez aux patients qu'il ne faut plus porter de nickel. Mais la plupart des problèmes cutanés vont être liés à la pathologie interne. Et notamment, je me suis aperçu depuis très longtemps que les parasites intestinaux, et nous allons y venir bien sûr tout à l'heure, jouent un rôle très important dans les eczémas, mais également dans d'autres maladies de la peau comme l'urticaire et même comme le psoriasis. Et ces parasites internes qui sont dans l 'intestin sont méconnus et on ne les trouve pas et donc on considère qu'ils n 'existent pas. Or, l'expérience et puis tout ce qu 'on a pu trouver dans la littérature médicale prouvent qu'ils ont un rôle très important.
Ces parasites, donc justement, vous avez écrit un livre qui n'est pas le livre qu 'on voit derrière vous, mais qui est encore un autre livre qui s'appelle, que vous avez peut-être à portée de main, Les Parasites. Est-ce que vous pouvez un petit peu nous... Je promis, on reviendra au gluten et au lait de vache. J'imagine qu'il y a des auditeurs qui attendent qu'on arrive sur ce sujet.
C'est lié.
C'est lié, les deux choses sont liées.
Ah ben voilà. Voilà, c'est-à-dire que pour avoir des parasites intestinaux qui s'incrustent, qui restent, il faut que la paroi intestinale intérieure soit abîmée. Et elle est abîmée par quoi ? Par une maladie inflammatoire de l'intestin qui est due le plus souvent au lait de vache et au gluten. Alors, les signes n'apparaissent pas étroitement, directement. Je prends un bol de lait et je vais avoir des troubles digestifs. Non, les choses sont plus sournoises. La maladie se met en place progressivement. Et c'est ainsi qu'on va découvrir, par exemple, en regardant le carnet de santé d'un enfant qui lait ou que l 'adulte qu'il est maintenant est intolérant au lait de vache. Qu'est-ce qui nous fait penser à cela ? Eh bien, c'est tout simplement le fait qu'il a eu des otites, des angines, des rhinopharyngites dans la petite enfance, qu'il a même été opéré des amygdales, des végétations. Eh bien, ceci a été parfaitement établi par le Dr Rancé de Toulouse, une pédiatre immunologue d'il y a une quinzaine d'années, qui a établi que ces signes étaient liés à une intolérance aux protéines de lait de vache. Non pas aux lactoses, attention, mais aux protéines de lait de vache. Eh bien, je prévoyais tout à l'heure un petit garçon qui venait pour des molluscum contagiosum. Vous savez, ces petits boutons dus à des virus sur les jambes. Eh bien, on aurait pu donner un petit traitement pour détruire ces petits virus. Simplement, en regardant le carnet de santé, j 'ai découvert tout cela. Il avait eu des otites, des bronchites, etc. Mais surtout, j'ai vu aussi que la courbe de croissance s'était cassée à un moment donné. Pendant trois mois, il n'a pas pris de poids. Puis ensuite, il a continué à reprendre du poids. Cette cassure sur la courbe de croissance est très importante. Cela prouve bien que son intestin est malade. Et donc, s'il a des molluscum, c 'est une maladie virale. On sait aujourd'hui que les vers intestinaux diminuent l 'immunité à l'égard des virus. C'est le cas du virus herpès, du papillomavirus. Imaginez une femme qui a un cancer du col dû à papillomavirus. Il est très important de lui traiter les parasites intestinaux qu'elle a forcément. D'ailleurs, plusieurs gynécologues l'ont dit. Eh bien, ce petit garçon, le fait qu 'il avait ce petit virus molluscum, plus cette cassure de la courbe, plus les otites, m 'a fait dire qu'il était intolérant au lait de vache et qu'il avait des parasites. Donc, mon traitement a consisté à arrêter le lait de vache, traiter les parasites et mettre le petit traitement classique que l'on met sur les petits boutons pour qu'ils disparaissent. Je n'aurais pas pu traiter autrement que cela.
Tout à fait. Du coup, ça commence vraiment par démarrer sur ce qui se passe dès l'enfance.
Dès l'enfance. Et dès l'enfance, les personnes qui sont intolérantes au lait de vache, c'est assez fréquent en fait. Mais on ne s'en doute pas puisque les manifestations, ça va être des otites, des rhinopharyngites, des angines. Quel est le rapport avec l'alimentation et le lait de vache ? A priori, rien. Sauf que les études épidémiologiques ont permis d 'établir ce lien étroit.
Oui, je ne me souviens plus du pourcentage, mais le pourcentage de la population européenne qui est intolérante au lait de vache est assez énorme. Peut-être que vous pouvez rappeler, pour les personnes qui nous écoutent, on a fait tout un podcast là-dessus. Pour ceux qui veulent le retrouver, je pense qu'on va venir mettre le lien ici au-dessus sur tout ce qui est allergie, intolérance, essayer de faire un petit peu le tri entre les différents types d'allergies, la différence entre une allergie et une intolérance. Est-ce que vous pouvez peut-être essayer de résumer un petit peu tout ça pour que ce soit frais pour les personnes qui nous écoutent ?
L'intolérance, c'est un mécanisme dont on ne connaît pas bien la forme. Quel type de mécanisme ? Est-ce qu'il y a des anticorps ? Est-ce que ce sont des cellules qui attaquent ? Peu importe. Ce qui compte, c'est qu'on sait qu'il y a un organe cible, c 'est l'intestin, et il y a quelque chose qui attaque l'intestin, c'est le lait de vache. Lorsqu'on a des allergies au lait de vache, on peut avoir des réactions d'urticaire, des réactions immunologiques immédiates, immunoallergiques immédiates. Ça, c'est l'eczéma de contact autour de la bouche quand on boit du lait de vache. Ça, c'est un problème d'allergie. Mais en revanche, si vous avez un eczéma du nourrisson, par exemple, au sixième mois un enfant est couvert d'eczéma, là, ça veut dire que c'est une intolérance aux protéines du lait de vache. À tous les coups, c'est le cas. Malheureusement, ça a beau être dit, répété, ce n'est pas pris en compte parce qu 'on continue à privilégier la peau. C'est-à-dire qu'on a beaucoup de mal, parmi les médecins et parmi les dermatologues, de s'imaginer qu'un problème de peau peut venir de l'intérieur, de l 'intestin. Et donc, dans 90% des cas, on ne recommande pas l'arrêt du lait de vache, alors que l'arrêt du lait de vache va arrêter et guérir l'eczéma dans un délai de trois semaines à un mois. Et on va remplacer ce lait de vache, ou d'ailleurs ce lait de mer, puisqu 'on peut avoir la même toxicité avec du lait de mer, on va le remplacer par un lait non allergénique et l'enfant sera très bien nourri, voire même va être mieux nourri parce que cet enfant va devenir petit à petit cachectique, puisque le lait abîme l 'intestin et donc l 'intestin ne fait plus son travail et n'absorbe plus correctement les vitamines, les nutriments, etc.
Oui, c'est ça, parce que du coup, je pense qu'une chose qui est importante à retenir là-dedans, c'est que l 'allergie, la vraie allergie, on va voir la réaction immédiate, tandis que l'intolérance, on ne va pas voir la réaction suite à l 'ingestion, mais à l 'arrêt plutôt. C'est avec l'arrêt qu'on peut identifier.
Oui, c'est une bonne définition, tout à fait.
Et comment est-ce qu'on peut, surtout chez le cas des enfants, comment est-ce qu'on repère peut-être un enfant qui ne digère pas bien le lait de vache, ou encore pire, qui ne digère pas bien le lait maternel, parce que vous avez dit que certains enfants seraient intolérants au lait maternel. Qu'est-ce qu'on peut recommander déjà pour observer, pour s'en rendre compte, et qu'est-ce qu'on fait quand on s'en rend compte, et puis surtout, quelles sont les solutions dans ces cas-là ?
Oui, alors les premiers signes, ça va être la régurgitation. Le nourrisson va régurgiter le lait. Et donc, j'imagine que c'est l 'estomac qui se gonfle, peut-être par une réaction quand même de type allergique, peu importe, se gonfle comme s'il était bourré d 'urticaire, et donc le volume de l'estomac est plus petit et le lait va ressortir. Qu'est-ce que l 'on voit dans ces cas-là ? On voit que l 'on dit à l 'enfant ou à la mère, c'est un problème de clapet, c'est un problème de lait, on va l'épaissir, on va faire ceci, et qu'est-ce qu'on fait ? On aggrave les choses en donnant un lait plus épais, un lait qui va peut-être contenir des céréales, et ça on va aggraver le problème. Non, un enfant qui régurgite est un enfant qui est, a priori, intolérant aux protéines de lait vache. Deuxième symptôme, les coliques du nourrisson. Le petit nourrisson d'un mois ou deux qui se tortille dans son lit et qui a mal après le biberon, il est probablement intolérant. Et croyez bien que, pourtant j'étais impliqué là-dedans, mais j'étais jeune interne quand ma première fille est née, elle avait cela, des régurgitations et des coliques du nourrisson, et j'ai mis au moins deux mois avant de me dire, mais bon sang, c'est le lait auquel elle est intolérante. Donc ensuite, dès qu'on a changé de lait, tout s'est bien passé. Et puis, lorsque ça continue, si on n 'arrête pas tout cela, les événements s'arrêtent et c'est d'autres qui vont survenir, qui vont être des épisodes ORL infectieux, l 'enfant a toujours la rhinite, le nez qui coule, il a des otites, il a des angines, on le met sous l 'antibiotique, etc. Et personne ne pense au lait. Et parfois il y a constipation, mais il y a des adages qu'il faut savoir retenir. Tout enfant qui a été opéré des amygdales et des végétations est a priori intolérant aux protéines de lait de vache. Tout enfant qui est constipé est intolérant aux protéines de lait de vache. Quand vous connaissez ces adages, vous avez peu de chances de vous tromper. Bien entendu, il peut y avoir des exceptions, et le médecin doit être vigilant à ce sujet. Mais c'est quand même la première chose à faire. Et cette cassure de la courbe de croissance est très importante. Imaginez un enfant qui ne prend pas un seul gramme entre l'âge de 6 mois et de 9 mois, là où il devrait prendre un kilo par mois, c'est catastrophique. Mais personne ne le remarque, parce que c 'est dans les courbes. Et les courbes, ce n'est pas ça, ce n'est pas le fait d'être au milieu, c'est le fait de suivre une courbe parallèle à celle-ci. Mais si elle est cassée, là c'est très inquiétant.
Oui, et donc du coup, qu'est-ce qu'on peut faire dans ce cas-là ? Parce que ce n'est pas du lait sans lactose. Ce que vous avez dit, je crois que c'est important de le noter aujourd'hui, c'est que ce n'est pas le lactose qui pose problème. Parce que le déficit en lactase qui donne la tolérance au lactose, c'est une maladie génétique qui est assez rare, c'est quelqu 'un qui manque d'enzymes, la lactase. On peut le voir chez des petits-enfants, mais c'est quand même extrêmement rare. Et on le voit beaucoup plus chez des adultes, puisque la quantité de lactase fabriquée par notre organisme devient de plus en plus faible. Donc on peut voir des personnes véritablement intolérantes au lactose, il suffit à ce moment-là de leur donner une petite capsule de lactase et tout rentre dans l'ordre. Ils achètent ça en pharmacie, on s'aperçoit tout de suite qu'ils vont bien digérer le lait. Mais le problème, il est tout autre. Et pour illustrer cela, je vais vous parler de l'histoire d'une maman qui allaitait son enfant. C'est très bien. Elle était même présidente d'une association pour conseiller l'allaitement maternel. Donc elle allait partout faire des conférences en disant l'allaitement maternel c'est très bien, c'est ce qu'il faut pour les enfants. Et bien entendu, je suis d'accord avec elle. Sauf que son enfant s'est mis au troisième mois à faire un eczéma généralisé, ouvert d'eczéma des pieds à la tête. Et la maman traite tant bien que mal l 'eczéma, continue l'allaitement maternel et au sixième mois, l'enfant pesait le même poids qu'à trois mois. Imaginez, à six mois, il pesait le poids d'un enfant de trois mois. Cela voulait dire qu'il avait une malabsorption considérable, que son intestin ne travaillait pas bien et qu'il était en grave danger. Et que si on n'intervenait pas rapidement, il pouvait y avoir un danger. On a eu beaucoup de mal à convaincre la maman parce que pour elle, l'allaitement maternel ne peut pas être la cause, il est trop bien. Sauf qu'effectivement, il faut toujours considérer un enfant en bonne santé, le lait de mer, c'est très bien. Un enfant malade, si la maladie vient du lait de mer, il faut arrêter le lait de mer. On a réussi à la convaincre, on a arrêté le lait de mer, on a donné un lait qui ne contenait pas ces protéines trop immunisantes pour l'enfant, caséine, lactogluine, lactalbumine. On donne ce qu'on appelle des hydrolisas de protéines. Le médecin prescrit un lait approprié, les protéines sont toutes coupées, et donc l'enfant ne fait plus de réaction à l 'égard de ces protéines, et donc l'eczéma va disparaître et il n'aura plus de troubles digestifs et ORN.
Et si on se doute de cela, je pense que c'est un autre livre que vous avez écrit, qui s'appelait « Avez -vous un bon médecin ? » Parce que là, la question se pose, ce n'est pas quelque chose de commun, ce n'est pas quelque chose qu'on entend souvent. Je n'ai pas l'impression que c 'est un réflexe du corps médical d'aller vers ces pistes-là. Comment est-ce que je fais si je vois que mon enfant est couvert d'eczéma, ou que sa courbe de croissance est cassée, et que je me pose la question d 'est-ce qu'il ne faudrait pas ce lait, comment est-ce qu'on appelle ça ? C'est un lait hypoallergénique ou non allergénique ?
Anallergénique, ça veut dire non allergénique.
Comment est-ce qu'on se le procure, ou comment est-ce qu'on fait pour retrouver les bonnes pistes lorsqu'on se pose des questions à ce niveau-là ? Je pense que c'est un petit peu le sujet du livre également que vous aviez écrit.
C'est simple, vous avez établi ce diagnostic d'intolérance aux protéines de lait de vache, ou de lait de mère, puisqu'à priori le nourrisson n'est allaité que par cela pendant les six premiers mois. Et donc vous changez le lait, vous prescrivez ce lait non allergénique, et non pas hypo. Attention, hypo c'est en prévention. Le grand frère a fait de l'eczéma par intolérance au lait de vache, on va lui donner au petit enfant suivant du lait hypo allergénique. Mais quand il faut le traiter, c'est du lait non allergénique. On va donner ce lait, et on va s'apercevoir qu'en 4-5 jours, l 'enfant va aller beaucoup mieux. Au début, il ne va pas beaucoup aimer le lait parce qu'il n'a pas beaucoup de goût, donc on autorise de mettre un petit peu de sucre, on autorise de mettre un petit peu du lait précédent pour mélanger, et petit à petit, en 4-5 jours, on arrête le lait précédent et on ne met que ce lait non allergénique. Il y a des noms, Novalia, Alternova, etc. Trigestimile, Peptis Junior, il y a beaucoup de lait de cette nature-là. Eh bien, en 4-5 jours, l'enfant va retrouver de la vigueur, il va être éveillé, il va retrouver de la joie, il va reprendre du poids petit à petit, et au bout d'un mois, il va retrouver son poids et il n'aura plus mal au ventre, et surtout il n'aura plus de problème de peau. Alors on peut avoir des problèmes d'intolérance sans avoir de problème de peau, bien entendu, et si l'enfant a des colites, comme on l'a décrit tout à l'heure, des régurgitations et des angines, il est intolérant aux protéines de la vache également, très certainement.
Pour revenir peut-être un peu sur le sujet des parasites, vous avez parlé justement de cette inflammation intestinale qui faisait que la barrière allait plus facilement laisser passer ces parasites. Comment est-ce que vous utilisez cette inflammation intestinale, ou comment est-ce que ça fait partie d'une consultation d'un dermatologue ? C'est ça qui est assez fou. Est-ce que vous pouvez peut-être expliquer pour ceux qui nous écoutent, on en parle souvent de l'inflammation intestinale, mais je pense que ça fait toujours du bien de rappeler un petit peu ce que c'est, ce qui la cause et ce que ça peut générer derrière, notamment ces parasites.
Vous avez raison, les parasites, ce sont des petits ascaris, des petits tricocéphales, il y a des vers qui peuvent être très longs, il y a des vers qui sont tout petits, on appelle ça des vers ronds, et on les avale en mangeant des fruits, des légumes, de l'alimentation qui a été touchée par des mains éventuellement qui étaient porteuses de vers ou de larves de ces parasites. Donc ils vont s'introduire dans l'intestin et ils vont descendre, et si l'intestin est sain, si l'intestin n'est pas abîmé, les vers n'ont aucune raison de s'arrêter, ils vont partir, s'éliminer avec les matières fécales et on n'y verra rien. En revanche, si la muqueuse est irritée, abîmée par le lait de vache ou le lait maternisé ou le lait de mère, si la muqueuse est abîmée, les vers vont commencer à se coller. C'est en tout cas mon hypothèse. Les parasites vont se coller très haut dans l'intestin grêle, tout au-dessus, et petit à petit il va y avoir un vers, deux vers, dix vers, cent, deux mille, mille, enfin bref, on a pensé que chez un adulte infesté il pouvait y avoir jusqu'à cinq mille parasites dans l'intestin. Alors quand on les cherche dans les selles, on ne les trouvera pas parce que la plupart du temps ils sont collés, très fermement collés, et ils ne descendent pas. Donc n'attendons pas, n'allons pas les chercher dans les selles. Chez les tout petits enfants, il est vrai que je donne toujours un traitement antiparasitaire, même s'ils ont quatre, cinq ou six mois. Pourquoi ? Parce qu'il y a des parasites qui se transmettent facilement par la main des parents, par les choses. La maman peut mettre son doigt dans la bouche de l'enfant qui peut éventuellement avaler des parasites, et comme l'enfant fait une réaction de type immunoallergique avec cet eczéma, je me dis que le caractère eczéma pourrait être introduit au parasite. Parce que je suis convaincu que les parasites induisent des réactions de type immunoallergique. Donc il y a le lait de vache qui donne les signes plutôt métaboliques, malabsorption, douleur, troubles du transit intestinal, constipation ou diarrhée, et les parasites vont donner le caractère d'eczéma ou d'urticaire, parfois, et des démangeaisons. Si bien qu'aujourd'hui, chez un adulte, chez un enfant, toute personne qui se gratte, qu'il ait ou non des boutons, sans boutons ou avec des boutons, la première cause à envisager c'est les parasites. Bien entendu, le rôle du médecin c'est de vérifier au préalable que la personne n 'a pas de ganglions, parce qu'il y a une autre maladie qui donne des démangeaisons, c'est la maladie de Hodgkin. Donc le médecin fait son travail. De toute façon, c'est ce que je disais dans mon premier livre « Avez-vous un beau médecin ? » que l'on voit là-bas derrière, c'est que pour avoir une bonne consultation médicale, il faut être examiné des pieds à la tête. Donc un enfant se gratte, le médecin va l 'examiner et il va regarder s'il y a des ganglions ou pas. Si son examen est rassurant, il peut se dire que cette démangeaison provient de parasites. Et il pourrait s'en apercevoir en regardant les prises de sang antérieures. Car malheureusement, les prises de sang, quand elles sont faites, on ne regarde pas suffisamment les résultats. Et je vois tous les jours des personnes avec des prises de sang d'il y a 5 ans, 10 ans, 15 ans, qui ont des anomalies qui n'ont pas été relevées par le médecin. Et ces anomalies, c'est un nombre augmenté de certains globules blancs qu'on appelle éosinophiles. Donc ces globules blancs, soit le médecin les connaît un peu et il dit que c 'est un marqueur d'allergie. Non, c'est un marqueur de parasite. Mais si au moment où on a fait la prise de sang, il n'y a pas de symptômes qui laissent penser qu'il y a des parasites, le médecin ne va pas faire attention à cela. Et comme au moment où la maladie apparaît, les globules blancs ne sont plus augmentés parce qu'ils suivent des courbes qu'on appelle la courbe de la vieille et ils peuvent être tout à fait normaux puis réaugmentés plus tard, etc. Il faut s'appuyer sur les prises de sang antérieures et regarder ce nombre pour être sûr qu'il y a bien des parasites. Et donc, on a une personne qui se gratte ou une personne qui a de l 'urticaire, mais on sait aujourd'hui qu'un adulte qui a de l 'urticaire, si on lui donne un médicament antiparasitaire les yeux fermés, eh bien il va guérir dans 80% des cas, 80% des sujets vont guérir de l'urticaire. Ça c'est une étude qui a été faite en Allemagne, qui a démontré, ça montre vraiment la fréquence, la prévalence de ces parasites dans l'intestin des personnes et ces parasites vont se manifester d'une certaine façon. Chez certaines personnes, ça va donner des gaz, de la diarrhée, des démangeaisons, bien sûr partout, mais parfois particulièrement à l'anus, mais pas toujours. En revanche, si vous avez des démangeaisons à l'anus, alors là vous avez quasiment le jackpot, vous êtes sûr qu'il y a des parasites intestinaux. Mais ces parasites vont en dire plus, ils disent qu'il y a une maladie de l'intestin due au lait de vache, mais chez l'adulte, ils peuvent dire aussi qu 'on a une maladie inflammatoire de l'intestin, une mysie, qui est beaucoup plus grave, un peu comme une maladie de Crohn, vous voyez, et au cours des maladies de Crohn, je suis convaincu que les parasites jouent un rôle très important. Malheureusement, ce n'est pas encore dans l 'air du temps, parce qu'on ne s 'occupe pas de ces parasites au cours des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin.
Oui, donc il y a un petit peu deux volets, le volet qui va plutôt causer la symptomatique, qui sont les parasites qu'on a laissés passer, et puis il y a l'autre volet, et c'est là un petit peu où on rentre dans le sujet de l'importance de la nutrition, qui est d'empêcher le passage de ces
Parasites. J'ai l'impression que, si j'ai bien compris, c'est un petit peu un plan en deux phases : de vérifier la présence de ces parasites, et quand ces parasites ne sont plus présents, d'éviter qu'ils reviennent en tout cas, en jouant sur avoir un intestin sain. C'est ça, en réparant l'amygdale, oui.
Quand vous dites que les parasites passent, vous voulez dire qu'ils s'installent en fait, parce qu'ils passent très souvent, mais ils jouent leur rôle en étant collés dans l'intestin. Mais dans leur vie, dans leur cycle de vie, en effet, ils traversent l'intestin, et ils remontent par le poumon, pour redescendre par l'œsophage, et revenir à nouveau dans l'intestin. Donc oui, effectivement, ces parasites s'amusent à traverser la barrière intestinale, surtout quand cette barrière intestinale est abîmée par le lait de vache, par le gluten, ou par une maladie inflammatoire de l'intestin.
Oui, ce qui peut s'expliquer peut-être pas mal de maladies pulmonaires liées, ou de problèmes pulmonaires liés aux microbiotes. On en parle, il y a justement un beau reportage qui est sorti là-dessus, qu'Arte a sorti, des chercheurs allemands qui parlent justement de l'augmentation des problèmes pulmonaires pouvant être liés à la fragilité du microbiote, et donc du coup à cette perméabilité intestinale. Et du coup, comment est-ce qu'on... Donc ça revient un petit peu à un adage qu'on peut connaître, qui est que pour avoir une belle peau, il faut bien manger, ou que la qualité de notre peau reflète un petit peu la qualité de notre alimentation. J'imagine que c'est quelque chose avec lequel vous êtes d'accord.
Oui, bien entendu, la peau va tout de suite être le reflet d'un trouble d'absorption, de carence par exemple, ou d'un trouble d'immuno-allergie alimentaire, ou de troubles métaboliques ou d'atteintes métaboliques par des aliments. Donc sur la peau, il est exceptionnel qu'on ne retrouve pas quelque chose d'intestinal, j'allais dire, devant une maladie de la peau.
Du coup, pour vous, quels sont les aliments ou les habitudes qui sont les plus nocifs pour la peau, que ce soit sur la qualité, la beauté, un aspect peut-être un peu plus esthétique, mais qui est important, parce que, comme dit votre livre, votre peau me dit tout de vous, que quand l'esthétique disparaît un petit peu, c'est généralement qu'il y a une problématique derrière, ou plutôt dans les problèmes plus dermatologiques de l'eczéma. Imaginez, vous avez un intestin qui ne travaille pas bien, il va y avoir des carences, que l'on ignore le plus souvent, carences en vitamine C. Or la vitamine C est indispensable pour la peau. Pour avoir une belle peau, pour éviter les rides, et pour ne pas vieillir. La vitamine C a d'autres fonctions bien évidemment. On va voir également des déficits en vitamines du groupe B, B9 et B12, ces vitamines qui sont absorbées à un endroit particulier de l'intestin grêle, que l'on connaît bien. Eh bien, si cet endroit de l'intestin est malade, les vitamines vont baisser. Et qu'est-ce qui se passe quand on a une vitamine B12 basse ? On peut avoir des globules rouges anormaux, et donc même de l'anémie, on peut avoir des troubles neurologiques, des problèmes de neuropathie périphérique, un certain nombre de choses. Vous voyez, il arrive parfois qu'une personne arrive avec des fourmis dans les jambes qui témoignent d'une maladie neurologique périphérique et qu'à partir de là, on remonte à une carence en vitamine B12 et que depuis cette carence en vitamine B12, on remonte à la maladie inflammatoire de l'intestin.
Alors, le point fondamental aujourd'hui de notre alimentation qui crée ces maladies intestinales est le gluten. Nous avons parlé du lait de vache et en général, ces personnes sensibilisées au lait de vache, sensibilisées au sens fragile du lait de vache, vont être fragiles à l'égard du gluten et notamment d'un gluten transformé qui est apparu sur le marché en 2010 puisque le gluten d'aujourd'hui ne contient plus 12 chromosomes mais 44, il y a eu des mutations géniques qui ont conduit à cela et on a pratiquement un organisme génétiquement modifié on pourrait dire. Donc ce gluten peut devenir extrêmement toxique, d'autant qu'il est mis en quantité plus importante dans les farines d'aujourd'hui et on se rend compte qu'un grand nombre de personnes vont être sensibles à ce gluten et dès lors qu'on aura arrêté le gluten, beaucoup de symptômes vont disparaître. Symptômes neurologiques dans certains cas, symptômes digestifs, abdominaux.
Alors ce que je dis dans mon livre et ce qui est très intéressant c'est qu'effectivement ce gluten va faire le lit aussi des parasites donc de la modification du microbiote parce qu'il est vrai qu'on parle beaucoup de microbiote mais quand on parle de microbiote on parle très peu de parasite, pratiquement pas. On pense que co-bactéries et nous avons fait des conférences en même temps avec le professeur Perlmutter et d'autres conférenciers qui parlaient du microbiote et c'est vrai que quand je venais parler des parasites c'était un complément puisqu'on n'en parlait pas dans les conférences antérieures. Donc ça c'est intéressant de considérer tout cela.
Ce que je voulais dire également c'est que j'ai pu repérer très tôt en 2016 environ, que on pouvait déceler les personnes qui avaient un liquigut, un intestin poreux perméable. Ce sont des personnes qui sont hyperlaxes qui font soit des entorses, qui ont eu soit des hernies, hernies discales, hernies inguinales ou qui sont hyperlaxes et comment je fais voir cela en essayant d'approcher le pouce de l'avant-bras. Il y a des personnes qui touchent vraiment leur avant-bras ou qui sont très parallèles. Ces personnes-là sont à coup sûr porteurs d'un liquigut et c'est ce liquigut qui va faire le lit de l'intolérance au lait de vache et au gluten. Et puis en 2010, je vous l'ai dit, arrive le gluten transformé sur le marché.
En 2015, un médecin, docteur Benjamin Lebvoll, écrit un article en disant, écoutez je vais dire quelque chose qui va peut-être fâcher tout le monde mais il y a la maladie cœliaque qui touche, je crois, une personne sur 100 due au gluten. C'est une maladie très sévère si on ne supprime pas le gluten. Et il y a aussi une maladie qui est liée au gluten mais qui n'est pas la maladie cœliaque, je vais l'appeler la maladie non cœliaque. Et bien entendu, il a eu très peu d'écho parce que personne ne veut y croire. On a des habitudes dans le monde gastro-entérologique pour penser que le gluten, s'il n'y a pas d'anticorps, s'il n'y a pas ceci, cela, il ne joue pas de rôle défavorable. Donc, on a vu des médecins qui ont contredit ce médecin en disant maintenant on regarde, les anticorps sont négatifs pourquoi dis-tu ça ? Mais lui, il avait une attitude pragmatique, il a dit j'arrête le gluten et je vois ce que deviennent les gens. Et quand on arrête le gluten, les personnes allaient beaucoup mieux. Donc c'était évident que le gluten jouait un rôle.
Et bien, j'ai pu grâce à l'observation que j'ai faite de tous ces malades découvrir que toutes les personnes sensibles au gluten avaient en regard des coudes la peau très rêche en regard des genoux, une peau épaisse striée très rugueuse et que l'on voyait même sur la face antérieure des cuisses des petits points que j'appelle la kératose folliculaire et qui sont les signes de cette intolérance au gluten. Et donc ça m'a fait progresser énormément parce que je peux l'affirmer en examinant quelqu'un qui vient pour quelques symptômes que ce soit dire attention, vous êtes intolérant au gluten. Qui de plus comme vous dites est un poison qui a apparu par la suite dû à sa transformation.
Est-ce que vous observez dans votre pratique ou dans les discussions que vous avez avec vos confrères une augmentation des cas de problèmes de peau depuis l'apparition de ce nouveau gluten ? Bien sûr, parce que on sait aujourd'hui que le gluten va être impliqué dans un grand nombre de cas de maladies psoriasiques. C'est quand même un facteur causal important. Le gluten va être impliqué dans pas mal de pathologies, même auto-immunes. Prenez une personne qui a une pemphigoïde, une personne âgée qui a une maladie bulleuse, des bulles sur la peau, des cloques sur la peau dues à des anticorps, on s'aperçoit que cette auto-immunité peut être favorisée par le gluten. Dans toutes les circonstances de pathologie de la peau, il faut envisager l'hypothèse du rôle délétère du gluten. Beaucoup de personnes qui sont en échec thérapeutique, qui ont pourtant des bons traitements, des immunomodulateurs, mais qui ne guérissent pas, sont des personnes chez qui l'arrêt du gluten va être déterminant.
Comme vous disiez avec le lait, c'est assez facile de faire le test. Oui, c'est facile. On dit à la personne vous arrêtez pendant un mois et vous voyez les résultats. Et cette intolérance, je considère qu'on peut espérer qu'elle disparaisse au bout d'un an. C'est-à-dire qu'au bout d'un an, sans gluten, sans lait de vache, la muqueuse va se réparer. Et donc on va redevenir tout neuf au bout d'un an et on pourra remanger quasiment normalement, en faisant quand même attention à limiter énormément les quantités de gluten et de lait de vache. Mais on pourra reprendre un petit morceau de fromage de vache, on pourra reprendre un petit morceau de gâteau, très certainement au bout d'un an. Et donc ce n'est pas à vie. Cette intolérance n'est pas à vie. Mais on ne peut pas faire autrement aujourd'hui que d'espérer la guérison d'intestin simplement en supprimant le gluten et le lait de vache. S'il y avait un médicament pour le faire, on le privilégierait, mais il n'existe pas.
Et est-il possible de privilégier certaines farines plus anciennes, qui ne vont pas contenir cette transformation ? Ou est-ce que même dans ce qu'on appelle aujourd'hui farine plus à l'ancienne ou méthode maison ou autre, au final c'est devenu la norme dans l'agroalimentaire ? Est-ce que c'est quelque chose que l'on sait ou on ne sait pas trop ? Vous avez raison, effectivement les blés anciens sont moins riches en gluten et le gluten n'est pas transformé. Et donc ils sont tout à fait souhaitables. Simplement comme il faut dans un premier temps arrêter tout gluten que ce soit, on va arrêter tout gluten et on remplacera par une petite épaule d'autres farines qui n'ont pas beaucoup de gluten. Mais dès qu'on pourra reprendre au bout d'un an, oui on pourra conseiller les blés anciens, tout ce qu'on aurait pu espérer que ces sociétés qui vendent le gluten et les farines au boulanger aient contacté. On aurait aimé qu'ils ne fassent pas leur propre marque de blé et de gluten parce que celle-ci est également produite avec des pesticides vous le savez très bien, pour tuer les pucerons et tout ce qui pourrait gêner la pousse du blé. C'est une question effectivement économique on nous a dit qu'il fallait, pour nourrir la planète et qu'on n'avait pas le choix, il fallait faire comme cela. Bon mais néanmoins on a un blé qui n'est pas qui n'est pas des plus satisfaisants pour notre intestin. Après ça c'est un autre débat mais le constat est tout de même là.
J'aimerais revenir sur une chose que vous avez dit par rapport à l'identification de cette intolérance au niveau des prises de sang. Parce qu'aujourd'hui on entend beaucoup, et nous on nous pose souvent la question aussi chez nous, est-ce que vous faites les tests allergéniques ou tests d'allergie d'intolérance ? J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de brouillard autour de ça et de l'utilité avérée au nom de ces tests d'allergie et dans quel cas ?
Oui. Alors si vous voulez, on ne peut pas s'appuyer sur la biologie uniquement. Elle peut nous aider, nous donner de l'orientation mais c'est la pratique qui le dit. Imaginez quelqu'un à des anticorps IgE contre la pêche et quand ils mangent une pêche tout se passe bien. IgE qui sont ? Comment ? IgE ce sont les ? IgE c'est les anticorps des allergies immédiates. Donc quand on fait de l'urticaire en mangeant du chocolat ou quelque chose, on peut avoir des IgE à l'égard de certaines molécules, de la noisette ou des choses comme ça. Mais ces IgE ne veulent pas dire que vous soyez malade quand même de la pêche en particulier ou de la pomme etc. Donc on ne va pas interdire des aliments à des personnes sur la base d'une prise de sang. Il faut que l'histoire clinique soit concordante. C'est qu'effectivement quand je mange des fruits de la famille de la pêche, je fais des réactions. C'est concordant avec les prises de sang. Mais si la personne vous dit je fais des réactions quand je mange de l'œuf ah mais vos anticorps sont négatifs. Est-ce que la personne est allergique à tolérance ou elle ne l'est pas ? Bien évidemment elle l'est puisqu'elle prend un œuf, elle fait une réaction et la prise de sang est négative. Ça peut être possible. Pourquoi ? Ça peut être possible parce que imaginons que ce soit une réaction par des anticorps. Les anticorps peuvent être dans l'intestin et ne pas circuler dans le sang. Donc on mange l'œuf, il va dans l'intestin, on fait une réaction depuis l'intestin et pourtant les anticorps ne circulent pas dans le sang. Les anticorps peuvent être également dans la peau par exemple et pas dans le sang. Et puis ça peut être un autre mécanisme. Donc on va se fier surtout à qu'est-ce qui se passe quand vous prenez tel aliment. Et si la biologie concorde c'est plus facile mais malheureusement ça peut nous aider mais attention on ne peut pas en déduire. Ça peut aider certains médecins qui sont sceptiques par contre parce qu'en général on a quand même des bonnes concordances biologiques. Donc le médecin qui hésite, qui dit je ne sais pas s'il a tolérance gluten mais qu'on voit que dans la prise de sang il y a tous des IgG parce que maintenant on dose des immunoglobulines G qui sont des anticorps qui en principe ne sont pas responsables de réactions immunoallergiques bien si on voit que ces anticorps sont très positifs ça va peut-être convaincre le médecin que le patient est bien intolérant au gluten. Mais j'allais dire on n'a pas besoin de ça et dans la plupart des cas je ne me fie pas à ça.
A quoi je me fie pour savoir si la personne a des intolérances digestives ? Au fait que son intestin n'absorbe pas bien. Donc si cette personne a une carence en vitamine B9 une carence en vitamine A en vitamine B12 je sais que la partie terminale de l'intestin grêle, l'iléon est malade. Qu'est-ce qui rend cette partie terminale de l'intestin malade ? La maladie de M. Leibvold dû au gluten et au lait de vache ou également la maladie de Crohn qui touche l'iléon le plus souvent. Dans tous les cas c'est une maladie inflammatoire dans l'intestin et dans tous les cas on a intérêt à faire l'arrêt du lait de vache et du gluten pendant une période, vérifier que la personne va aller mieux. Pour vous l'intérêt c'est plutôt de regarder au niveau de la clinique voir si la personne ne supporte vraiment pas un aliment en l'arrêtant et du coup plutôt travailler sur la perméabilité intestinale pour s'assurer que le reste fonctionne bien éviction de ce qui pose réellement problème dans la pratique parce que c'est vrai que nous on voit aussi un petit peu autour de nous énormément de personnes qui ont une liste d'éviction et en fait ils ne savent plus manger. C'est ça. C'est terrible. Ils ne peuvent plus manger effectivement donc il faut vraiment les aider, les conseiller pour cela.
Ce que vous avez dit également c'est que cet intestin poreux, perméable, liquide, il faut qu'on puisse le corriger après. Une fois qu'on a supprimé les aliments caustiques qui abîment vraiment l'intestin et bien au bout de 3-4 mois on pourra commencer à donner des produits internes qui vont renforcer la barrière intestinale pour justement éviter qu'elle ne soit trop fragile. Je pense par exemple à la glutamine qui est un acide aminé que l'on peut prendre à ce moment-là. Il y a plusieurs phases, il y a le moment aigu, il faut arriver à des résultats rapidement en 2 ou 3 mois, corriger les déficits nutritionnels, les déficits vitaminiques, etc. et supprimer les douleurs, les ballonnements, les gaz, les douleurs internes et après, tout en poursuivant l'arrêt de l'élevage du gluten, mettre ces produits qui vont renforcer la barrière intestinale pour que quand on arrêtera le régime, au bout d'un an, la barrière soit bien renforcée.
J'avais un peu une autre question à vous poser, même si j'ai l'impression que ça va nous ramener sur le même sujet, mais c'est un petit peu pour vous, qu'est-ce qui est dans votre carrière, avec votre expérience, qu'est-ce qui pour vous est la chose qui est la plus sous-estimée ou ce vers laquelle vous pensez qu'on a le plus de progrès à faire au niveau de la médecine et de la prise en charge du patient ?
Votre question tombe bien parce que j'aurais voulu vous parler de ça. En effet, parce que tout à l'heure, j'ai eu un collègue du sud de la France, de Nice, qui m'appelle et qui me dit, j'ai lu votre livre Les Parasites et ça m'a convaincu que j'avais des parasites, moi qui avais mal au ventre, des diarrhées, des choses comme ça et des démangeaisons en même temps et donc j'ai traité et je vais bien, je n'ai plus de troubles digestifs et tout va bien. Je lui ai parlé bien sûr du gluten et du lait de vache, il m'a dit oui, ça j'avais déjà observé, j'avais déjà arrêté, mais il restait probablement les vers qui... Et il me dit, mais moi je suis un médecin qui travaille dans une institution, il me dit, nous on nous demande de suivre les recos, les recommandations, il n'y a rien de pire. La médecine est passée par deux étapes terribles, une étape des dix dernières années qui était l'évidence based medicine, qui a fait beaucoup de mal, c'est-à-dire qu'on avait considéré qu'il y avait des aliments d'évidence qui pouvaient dire qu'il y avait telle ou telle maladie, mais on ne s'occupait pas du malade et c'était l'évidence based medicine. Il fallait que tout soit démontré. Donc si ce n'était pas démontré, ça n'avait aucun intérêt. Or il y a beaucoup de choses en médecine qui ne sont pas démontrées et qui ont beaucoup d'intérêt. Et puis aujourd'hui, les recos, c'est si vous avez des parasites dans les intestins, vous devez faire une parasitologie d'aisselle. Non, pas du tout. On sait très bien que depuis longtemps, quand on cherche les parasites dans l'aisselle, on ne va pas les trouver. Donc le médecin qui fait la reco et qui cherche les parasites, il ne va pas en trouver et il ne va pas traiter son malade, alors que le malade se gratte de partout et il a tous les signes d'une parasitose, vous voyez. Donc ça, il faut faire attention, il faut faire de la médecine ciblée et individuelle.
Ce qui pêche aujourd'hui en médecine, je l'ai beaucoup dit dans mon premier livre « Avez-vous un bon médecin ? » parce qu'il y a 40 histoires fantastiques de personnes qui sont malades de toutes sortes. Ce n'est pas du tout le type digestif, c'est vraiment tout type de maladie. Mais on a pu résoudre le problème que si on interrogeait correctement la personne, si on l'examinait des pieds à la tête, vous vous rendez compte d'une jeune femme qui se grattait pendant un an et qui vient à la consultation et quand on la déshabille, on trouve des ganglions partout, elle avait donc une maladie de Hodgkin. Je lui dis « Mais comment se fait-il que votre médecin n'a pas trouvé cette maladie ? » Il me dit « Mais mon médecin ne m'a pas déshabillé, il ne m'a pas examiné, il a regardé ma peau sur l'avant-bras. » Ce n'est pas possible de faire de la médecine comme ça. Malheureusement, aujourd'hui, on conduit nos médecins, qui pourtant étaient passionnés et veulent faire de la médecine, à rester derrière l'ordinateur et ne pas déshabiller leur malade. Donc, un interrogatoire très approfondi qui pose des questions, surtout même s'il n'y a pas de raison de les poser, un examen clinique tout le monde déshabillé en sous-vêtements et on examine et on voit des choses qu'on ne verrait pas autrement et surtout on regarde toutes les prises de sang, même antérieures, même celles que l'on croit normales. « Oh docteur, je n'osais pas porter mes prises de sang, elles étaient toutes normales. Il n'y a rien de plus pour me mettre en colère parce que je sais que dans ces prises de sang je vais trouver des anomalies. » Et quand la personne me les dépose le lendemain, effectivement je lui dis « Regardez-là, regardez-là, regardez-là. » « Ah oui, mais on m'a pas dit, on n'a pas vu. » Je dis « Oui, mais voilà. » Il faut qu'un médecin prenne le temps de tout regarder et après vous faites vos prescriptions, bien sûr de diagnostics, biologiques ou autres, et ensuite les traitements. Mais la base de la médecine c'est de passer du temps. Or, on ne rémunère pas les médecins correctement, si bien qu'ils ne peuvent pas passer du temps avec leur patient, et c'est au détriment de la santé. Et je suis sûr que si on faisait une analyse très importante sur les prises de sang qui ne servent à rien, parce que quand un médecin fait une prise de sang, 80% des dosages qu'il fait ne servent à rien. Pensez-vous, on dose l'urée, on dose la créatinine chez quelqu'un qui n'a aucune raison d'avoir une insuffisance rénale, on dose le cholestérol, les triglycérides à quelqu'un qui vient pour un mal de hanche par exemple, ou quelque chose comme ça, ça n'a aucune valeur, et cette prise de sang est la même partout. Je ne sais pas pourquoi c'est la même, ce qu'on a dit aux médecins, appuyez là-dessus et vous aurez. Par contre, il faut doser le lysozyme, il faut doser l'alpha 2 macroglobuline, il faut doser la vitamine B12, la vitamine B9, la vitamine A, toutes des choses qui vont nous indiquer des éléments du diagnostic.
Oui, donc pour conclure un petit peu, c'est vraiment avoir une vision plus globale, mais qui, comme vous le dites très bien, malheureusement, n'est pas toujours possible dû au système dans lequel on peut se trouver. Ce n'est pas non plus jeter la faute sur les médecins, c'est un petit peu le système dans lequel ça se... il se trouve au final. Bien sûr, je pense que les médecins veulent bien faire, mais ils sont confrontés à un afflux de malades, ils doivent essayer de rendre service à beaucoup de gens, et puis ils n'ont pas le temps pour le faire. Donc ils font le moins mal possible. Et croyez bien que quand ils peuvent prendre le temps, ils font de la bonne médecine.
Vous avez peut-être une... pour terminer, une dernière anecdote peut-être du livre... Donc ce sont 40 histoires, c'est ça que vous avez dans votre livre ? Oui, Avez-vous un bon médecin ? Alors c'est un livre qui est fantastique, toutes les personnes qui viennent me voir l'ont déjà lu et ils ont compris comment on fait le diagnostic. Alors je vais vous raconter une histoire qui a un intérêt avec les parasites également. C'est un monsieur qui est le père d'un de mes confrères dermatologues. Ce monsieur a 75 ans et il a une... il est tout rouge des pieds à la tête, tout rouge des pieds à la tête, et il a des ganglions et donc ça évoque une lymphome, une maladie des globules blancs, un lymphome malade. Et donc les prises de sang sont en faveur d'un lymphome malade, il y a des globules blancs particuliers qui circulent dans le sang. Et bien j'interroge ce patient et entre autres je note que dans les prises de sang antérieures il avait une augmentation des fameux globules blancs éosinophiles. Je me dis, bon sang, il a probablement contracté une maladie parasitaire. Et je discute avec lui et il m'apprend qu'il est chasseur et donc qu'il a des chiens. Et je me dis, bon sang, il doit avoir une toxocarose, maladie parasitaire qui est dans l'intestin du chien et qui donne chez l'homme des larves qui vont circuler dans le sang. Je lui dépiste cette maladie parasitaire, c'est en fait des larves qui pénètrent dans le sang à travers l'intestin, et ce que j'ai découvert ces derniers temps, c'est que si les larves traversent, c'est que vous aviez une maladie inflammatoire de l'intestin, une sorte de maladie de Crohn, donc ça fait beaucoup avancer la médecine, rien d'y penser à ce diagnostic. Eh bien, il avait ce parasite, on traite le parasite, et en 15 jours sa maladie de peau, ses ganglions disparaissent, il n'avait pas du tout de lymphome, imaginez si on avait fait une chimiothérapie, ça aurait été catastrophique. Donc là, tout l'intérêt toujours de prêter attention, de ne pas se jeter sur les diagnostics comme cela.
Également dans le livre, je raconte l'histoire d'une tante à mon épouse qui vient me voir en me disant, c'est terrible, j'ai un cancer de la vésicule biliaire, un cholangiocarcinome, un truc terrible, gravité extrême, et elle me dit qu'est-ce que vous en pensez ? Je dis, montrez-moi un petit peu vos examens. Et je trouve des anomalies dans les prises de sang qui me laissent penser encore à des parasites. Et je me dis bon sang, cette maladie qui touche le foie de la vésicule biliaire, est-ce que ça ne serait pas de la douve ? Je ne suis pas spécialiste de la douve, mais je l'évoque. J'appelle deux confrères, une hépatologue et un chirurgien hépatique. Je leur montre les sérums et tous les deux me rappellent le soir et me disent, c'est une douve. La patiente est envahie par des douves et on a cru que c'était un cancer de la vésicule biliaire. Donc, heureusement, la personne a pu être traitée pour ses douves et elle n'est pas morte de son cancer qu'elle n'avait pas d'ailleurs. Donc, tout est assidu, tout est important à considérer, ne rien laisser au hasard et surtout, ce que je voudrais dire aux patients, s'ils veulent un bon diagnostic par médecin, il faut qu'ils viennent avec tous leurs éléments, tous les rapports médicaux qu'ils ont eus, toutes les prises de sang et qu'ils exposent, qu'ils préparent leur consultation. Et ça sera l'objet de mon prochain livre, Comment bien préparer sa consultation pour être sûr que le médecin ne passera pas à côté du diagnostic.
Vous m'avez tendu la perche avec le cerveau tout à l'heure, il faut dire qu'effectivement la souffrance morale, la dépression jouent un rôle très important et là encore on avait une femme qui a fait à 65 ans une éruption très grave qui laisse penser qu'elle avait une maladie de Hodgkin aussi et bien en questionnant sur sa vie elle se met à pleurer, elle nous dit il s'est passé quelque chose de très grave quand j'avais 14 ans et votre mari est au courant ? Non. Ma fille ? Votre fille est au courant ? Non. Elle est psychiatre ? Non, je n'ai rien dit. Et on discute, on discute elle arrive à nous avouer que son propre père l'avait emmené à Paris pour visiter la tour Eiffel et qu'en fait il l'avait emmené dans un hôtel et il avait abusé d'elle. Et cette femme de 65 ans, toute sa vie a gardé ce choc du viol qu'elle a subi de son père et elle continue à voir son père, elle continue à lui parler parce qu'elle me dit je ne veux pas qu'il me déshérite c'est un drame quotidien. Et bien on a fait prendre en charge cette douleur morale, cette souffrance morale par l'équipe du CAVASEM le centre d'aide aux victimes d'agressions sexuelles qui se trouve dans les hôpitaux par le mari, par la fille. Et bien en 15 jours la malade a vu disparaître sa maladie considérée comme un lymphome. Rendez-vous compte. Bien entendu, ça ne veut pas dire que tous les lymphomes soient liés à ça, mais on doit s'occuper de tous les éléments extérieurs quand on a une maladie et pas cibler seulement la maladie.
Oui c'est sûr qu'on peut se comprendre de plus en plus les mécanismes via lesquels le cerveau va jouer sur l'intestin et inversement l'intestin va aussi jouer sur le cerveau. Et je pense que c'est quelque chose qui est bidirectionnel et dont il est parfois compliqué de trouver la cause, comme dans l'exemple que vous donniez ici. Et il faut du temps. Il faut du temps et de la passion et ça je pense que la passion les met de Saint-Laurent et le temps il faut leur donner. Je vous remercie une fois de plus. Je pense qu'on va mettre le lien dans les commentaires. Je remercie aussi à toutes les personnes qui nous écoutent. N'hésitez pas à liker l'épisode, à le partager autour de vous à des personnes qui pourraient bénéficier de son contenu et à vous abonner à la chaîne.
Effectivement, si vous permettez un petit mot, les personnes si elles veulent avoir beaucoup d'informations, il faut qu'elles me suivent sur Facebook, parce que je donne beaucoup, beaucoup d'informations et puis je vais organiser des petites sessions d'informations où les personnes peuvent s'inscrire pour essayer de les aider à avancer dans le cheminement du diagnostic sans pouvoir les voir personnellement mais qu'ils puissent indiquer des éléments à leurs médecins pour avancer. Tout à fait. Donc on mettra aussi, je vous enverrai les liens, on mettra ceux-ci en description également. Merci beaucoup. Je vous remercie. Encore merci à vous et bonne soirée à ceux qui nous écoutent. Bonne soirée. Merci. Bonjour. En ce moment, vous pensez sûrement à une personne qui pourrait bénéficier du contenu de cet épisode. Si c'est le cas, je vous invite à le lui partager. Je vous remercie pour votre soutien.