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Paul Dena : le phénomène français du MMA qui “éteint” ses adversaires

Quotidien8:24

Transcription

Voici Ines Reg, manifestement, vous vous êtes déjà rencontrés dans les coulisses. Oui, exactement. C'est bien bonjour. Et voici une partie d'équipe et le public. Tous les fans de MMA vous adorent. Est-ce que vous pouvez vous présenter aux autres et commencer peut-être par la Bretagne ? Pourquoi la Bretagne ? Vous avez un lien avec la Bretagne ? Oui, si si. Ah, vous êtes Breton. Oui, mais ça, ça n'est pas ça qui me définit. Ah, d'accord. OK. Ben faites ce que vous voulez, bien sûr.

Bah, je me présente Paul Dona. Euh Bruno Noren, exactement. [rires] Paul Deina Vero. J'ai commencé les sports de combat assez jeune, à 5 ans. J'ai fait du judo pendant quelques années. Après, j'ai fait de l'aïkido, qui est un sport qui ressemble un peu au taekwondo. Et ensuite, j'ai découvert le MMA à 16 ans. Je me suis dit, c'est ça qu'il faut que je fasse. Donc, j'ai fait ça pendant plusieurs années. Je suis parti en Irlande pour m'entraîner parce qu'au départ, c'était interdit en France. Ça a mis quelques années à être légalisé. Je suis parti dans une salle qui s'appelle le SBG, là où Conor, la grande star du MMA mondial, s'entraînait. Et je me suis entraîné là-bas quelques années. Ensuite, je suis revenu.

Voilà, exactement. Et donc, je suis revenu. C'est votre idole ? Oui, oui, ce n'est pas mon idole, mais c'est une des personnes qui m'inspire le plus dans le monde du MMA. Après, il y a pas mal de sportifs, surtout français, qui m'inspirent énormément. Mais à la base, c'est comme ça que j'ai découvert le MMA avec ce sportif-là. Et puis, je suis revenu en France en 2021 pour, bah, m'entraîner à la maison. Et puis, depuis, j'ai ma salle, j'ai mon coach, j'ai construit toute mon équipe. Donc, et puis, j'ai une belle organisation aussi dans laquelle je combats, l'Hexagone MMA. Donc, donc je suis vraiment heureux d'être ici maintenant.

Alors, vous avez 23 ans, vous avez été champion de France de MMA amateur en 2023, médaillé de bronze au championnat d'Europe en 2024. Vous êtes passé [applaudissements] pro. Euh, alors Maya, tu t'es passionnée pour la manière dont Paul Dena se met en scène ? Oui, parce qu'en fait, c'est votre originalité. Vous êtes à la fois un combattant et un influenceur déterminé à augmenter la médiatisation du MMA. Et ça marche, puisque vous êtes ici avec nous aujourd'hui. Votre secret pour toucher les gens, c'est de leur raconter des histoires. À vos débuts en 2019, on suivait surtout vos galères et vos entraînements rigolos, mais depuis, vous avez fait monter les enchères au point que vos réseaux ressemblent parfois à des méga productions américaines. Dans la catégorie de moins de 61,2, c'est [musique] dans la soirée. [musique] Aujourd'hui, vous totalisez 8300 followers à travers différentes plateformes, et ce, sans lâcher ce qui fait votre ADN : la sincérité face au doute, l'excitation face au combat, et bien sûr, votre obsession pour le prochain repas quand vous êtes au régime. Vous documentez tout, parfois minute par minute. [musique] Il y a des images auxquelles on s'attend, comme les inévitables face-offs. D'habitude, c'est dramatique, mais avec vous, c'est plus taquin. "Tu vas dormir, visage contre ta famille." Et puis, il y a aussi tout ce qu'on n'attend pas, comme la pédagogie, puisque vous présentez chacun de vos adversaires en expliquant pourquoi le match sera intéressant. Et vous osez aussi des passages de fiction. "Bonjour maître, je combats le 9 janvier au Zénith de Paris chez Hexagone, et je crois qu'on va avoir un chaos sur les bras." "Je sais, on devrait pouvoir courir." Ce sens du spectacle, vous le poussez jusque dans votre look ultra travaillé. Peaky Blinders ou la France [musique] des années 50, je ne sais pas. Mais le petit gilet cravate vous va à merveille. Avec vous, il y a donc un message, un style, du storytelling, et quand même un gros paquet de muscles. Donc, en gros, le full package du sportif des années 2026. Merci. [applaudissements]

Alors, est-ce qu'on peut parler du chaos ? Oui, bien sûr, le chaos. Vous ne dites pas "mettre KO quelqu'un", vous dites "éteindre". On l'a entendu, je crois, dans quand vous faites comme ça, vous dites "éteindre un adversaire". Oui, pour moi, ça me parle plus. Ce sont des mots qui me parlent plus. Dans la cage, quand on rentre, ce sont des mots un peu triviaux, mais c'est soit tuer, soit se faire tuer quand on rentre dans la cage. Et donc, ouais, là, c'était ça. Ça remonte à quelques années, j'étais plus mince, mais ouais, je cherche à éteindre, terminer l'adversaire, faire le show. Le MMA, c'est quand même un sport de spectacle, donc je cherche à mettre KO l'adversaire et le mettre hors d'état de nuire. Et et qu'est-ce qu'on qu'est-ce qu'on ressent quand on quand on éteint donc quelqu'un ? Moi, je prends pas particulièrement de plaisir à éteindre, à me battre, mais je prends du plaisir à donner du show aux gens. Et quand je ressens la foule qui est galvanisée, ça me fait vibrer. C'est surtout ce moment-là où, en tout cas, j'ai atteint mon objectif. J'ai dit que j'allais éteindre, je l'ai fait. Le public est content et fier de moi. J'espère. Là, dans la nuque, le coup de poing, il peut mourir. Alors non, il ne va pas mourir. Et c'est vrai que dans le feu de l'action, on me l'a reproché, et ce n'était pas Non, mais ce n'est pas grave. Mais c'est juste dans le flux de l'action, en fait, c'est tellement plein d'adrénaline, on est là pour terminer l'adversaire. C'est-à-dire qu'au premier round, j'ai mis deux fois knockdown, donc je n'ai pas pu le terminer. Et là, je me suis dit, c'est une troisième fois, il tombe. Cette fois, la troisième fois que vous dites "terminé", c'est terminé, c'est que l'arbitre intervient, il dit "c'est fini". Voilà, exactement. Et donc, c'est les deux fois d'avant, c'est je ne l'ai pas pu le terminer. Donc, je me suis dit, cette fois-là, il ne va pas me la faire, cette fois-ci, je vais le terminer. Donc, c'est vrai que j'ai mis un petit coup derrière la tête qui, normalement, n'est pas autorisé. On ne peut pas taper derrière la nuque et sur la colonne vertébrale, et dans les parties, et les doigts dans les yeux. Voilà. Donc, dans les yeux, la nuque, les parties. Mais sinon, au sol, vous pouvez le Au sol, on peut y aller, envoyer la purée. [rires] La purée d'éponge. Ouais, ouais, bien sûr, on avait compris. Et donc, du coup, pourquoi ? Pourquoi ? [rires] Attends, je vais mourir. Mon esprit est [rires] Tu as compris quoi ? De quoi tu parles ? Non, toi. Pourquoi alors ? Pourquoi ? Pourquoi ? Quoi ? Pourquoi tout ça ? Pourquoi tout ça ? Parce que alors, d'accord, le show, mais la boxe thaï aussi, c'est du show. La boxe, là, là, il y a de la violence, il y a de l'agressivité, il y a la domination. C'est plus complet, c'est plus complet. Il y a plus de moyens de s'exprimer, et je trouve ça plus stratégique. Boxe thaï, c'est coudes, genoux, jambes. Là, même on peut aller au sol, on peut frapper au sol, on peut rester debout, c'est très stratégique. On peut vraiment aller dans plusieurs compartiments. Et sur hyper violence, parfois, vous dites pas "Putain, là, c'est trop, je suis, j'ai tapé trop fort. J'ai tapé trop fort, il m'a tapé trop fort." Mais comme j'ai dit au début, c'est soit moi je l'éteins, soit il va m'éteindre. Donc, c'est pareil quoi, il faut accepter ça. Ouais, c'est ça. Faut faire avec.

Il y a quand même parfois une utilisation aussi qui peut être politique de la violence. On a vu les images que j'ai montré tout à l'heure. Vous avez l'air de répondre à quelqu'un qui peut-être vous aurait approché pour vous récupérer. Euh, non, pas une personne. Vous dites "représente pas les blancs". Là, ce n'est pas par rapport au MMA, c'est par rapport au fait que je suis fier du de d'être, voilà, du drapeau, et que parfois, comme plusieurs sportifs, je pense, on essaie d'être, comment dire, récupéré, merci, par des partis politiques. Et en l'occurrence, moi, c'était un certain parti politique, et j'ai voulu mettre les choses au clair. Et juste, ce n'était pas une personne en particulier, c'était plutôt sur les réseaux sociaux, certaines personnes qui voulaient me récupérer. Je suis juste fier de la de la devise Liberté, Égalité, Fraternité.

On peut parler de vos vacances de Noël ? De Oui, bien sûr, parce qu'il y a des images, vous les avez, vous les avez documentées. Vous avez bouffé donc du poulet, des brocolis, des brocolis. Vous aviez ça là, cette espèce de gilet en, pour j'imagine, pour transpirer. C'est ça. Un sac pour transpirer. Vous avez mangé ça ? Ça, c'est le, ça, c'est le réveillon. Ouais, c'est ça. C'était quelques semaines avant, mais en fait, avant les combats, moi, je combats en moins 61 kg, et je pèse, on va dire, 74 kg en général. Ouais. Et donc, je Il faut perdre combien ? Bah, là, je pour les combats, je perds, ouais, 12, 13, 13 kg. Ouais. Ouais. C'est Et donc, et c'est quoi cette crème là ? Donc, d'abord, je fais la diète, je perds le, je fais une diète, je perds le poids. Et ensuite, on a la, on appelle le cutting, la déshydratation. Donc, on va se surhydrater quelques jours avant. Je vais boire beaucoup d'eau. Et ensuite, je mets une crème qui s'appelle Soued, c'est pour, c'est pour suer plus. Ensuite, on met une combinaison de transpiration qui est encore un peu comme un sac poubelle pour après, on va faire du vélo. Bah, comme là, pour suer, et je vais perdre des litres d'eau juste avant la veille de la pesée. Donc, si je combats le vendredi soir, le jeudi matin [rires] je Ouais. Non, mais du coup, le lendemain, vous récupérez ? Je récupère beaucoup de poids. Ouais. Donc, par exemple, le jeudi matin à 9h, j'ai la pesée, donc je vais peser 61 kg, et le lendemain, dans la cage, je peux peser 69, 70. Je vais reprendre 8, 9 kg. Ah ouais. Oh, le lendemain ? Ouais. Comment ? J'ai dit le lendemain, parce qu'au début, je voulais qu'il nous donne la technique. Je me dis, si on a une soirée, en fait. Mais le lendemain, c'est nul. La crème, le sac plastique, [applaudissements] hop, on fait du vélo, et voilà. Si seulement ça marchait comme ça. Ouais. Grave. Ah.