Transcription
Bonjour, en ce jour de la Toussaint, je poursuis sur les mémoires transgénérationnelles et j'aimerais aborder une problématique très importante, qui est celle des deuils non traversés, qui peuvent peser très lourds aussi bien sur la génération directement concernée que sur les générations suivantes. Pour l'amour des morts, aussi bien que pour l'amour des vivants, il va être fondamental de faire le deuil de nos défunts.
Je vais citer les principales problématiques que j'ai repéré en lien avec la non-acceptation de la mort d'un proche ou un deuil non terminé, et après, je donnerai des exemples plus concrets dans les prochaines vidéos.
Déjà, il y a ces personnes qui, suite à la mort d'un être cher, vont être plus proches du mort que des vivants, et qui vont s'interdire d'être en vie, ainsi qu'à leur entourage, par exemple à leur enfant. Et c'était assez fréquent dans les générations antérieures, vous savez, ces femmes qui portaient le noir, qui portaient le deuil tout le reste de leur vie après la mort d'un enfant ou d'un mari, par exemple. Elles vendaient donc être comme des mortes vivantes, s'interdisant d'être pleinement en vie, ainsi qu'à leurs enfants vivants, si elles en ont, comme si on n'avait pas le droit de continuer de vivre, d'avoir de la joie, d'avoir du plaisir, si un être cher est mort. Et cette croyance peut se transmettre aux futures générations aussi.
Il y a beaucoup de problématiques liées à la mort des enfants en bas âge. D'abord, le parent peut être ravagé, ne pas accepter le départ de son enfant, ce qui est normal au début, mais après, il va falloir traverser son deuil, car par exemple, un autre enfant peut vouloir porter le chagrin de son parent pour l'aider à tenir debout.
Aussi, si la mort d'un proche n'est pas acceptée au niveau de l'inconscient familial, on peut demander à une personne de la génération directement concernée ou des générations suivantes de porter la mémoire du mort. À l'extrême, des parents qui ont perdu un enfant peuvent même vouloir, consciemment ou inconsciemment, faire un autre enfant pour remplacer celui qui est mort, et c'est ce qu'on appelle un enfant de remplacement, ce qui est extrêmement délétère pour l'enfant qui vient et qui doit avoir le rôle de remplacer celui qui est mort.
Toujours en cas de deuil non fait, s'il y a une mort dramatique par maladie grave, par suicide, par accident, ou la mort d'un enfant en bas âge, ça peut faire des sauveurs chez les frères et sœurs ou dans les générations suivantes. Donc des personnes qui vont avoir des comportements de sauveur et qui peuvent embrasser des professions comme médecins, infirmiers, psychiatre, dans une recherche inconsciente et totalement irrationnelle de vouloir sauver la personne possédée.
Donc, en cas de mort d'un être cher, il va être essentiel d'accepter la réalité de cette mort, d'accepter le départ de cet être, de prendre à bras le corps toutes nos émotions de chagrin, peut-être de culpabilité, et de demander à personne de remplacer cette personne. Défense.