Transcription
Et on arrive sur la dernière vidéo de ce chapitre, les circularisations. C'est une vidéo importante puisque vous tombez dessus assez souvent à l'examen. Veillez à bien maîtriser ces aspects-là qu'on va étudier dans cette vidéo.
On attaque avec la première question. Puisque la confirmation directe auprès des tiers est une procédure d'audit qui présente la meilleure force probante, comme nous l'avons vu dans la première vidéo du chapitre, est-ce que vous pouvez nous définir cette procédure, s'il vous plaît ?
La procédure de confirmation directe ou circularisation consiste à obtenir de la part d'un tiers une déclaration directement adressée au commissaire aux comptes concernant une ou plusieurs informations. On a vu que c'était la technique d'audit qui présentait la meilleure force probante, puisque premièrement, c'est un document écrit, la réponse elle est écrite, elle n'est pas donnée à l'oral. Deuxièmement, c'est un tiers externe à l'entreprise qui communique l'information. Et troisièmement, cette information, le courrier de réponse, est directement envoyé au commissaire aux comptes sans passer par l'entreprise auditée.
Cette procédure de circularisation, procédure de confirmation directe ou procédure de confirmation de tiers, a fait l'objet de nombreuses recommandations et nous vous proposons une synthèse de la procédure dans cette vidéo.
Est-ce que vous pouvez nous préciser les tiers qui peuvent faire l'objet d'une circularisation ? Généralement, on va venir circulariser des créances et des dettes. Tout tiers peut être circularisé, mais vous avez dans ce tableau les quatre catégories de tiers qu'on va circulariser généralement dans une entité auditée. Premièrement, on va circulariser les banques et ça généralement de manière exhaustive, c'est-à-dire que si vous avez des comptes bancaires à la BNP, à la Société Générale, au Crédit Agricole, et bien on va circulariser l'ensemble des banques. Pareil pour les avocats, on va venir circulariser l'ensemble des avocats, attention, qui gère des litiges. Les clients et les fournisseurs, on ne peut pas tout circulariser, on va circulariser uniquement un échantillon.
Rappelons que l'audit, c'est une mission qui émet une assurance raisonnable et non absolue, car on va utiliser des techniques de sondage ou d'échantillonnage. Ici, la population client ou la population fournisseur, elle est généralement constituée d'un nombre important de personnes. Donc, pour pouvoir émettre notre opinion sans avoir des travaux gargantuesques à réaliser, on va sélectionner certains clients ou sélectionner certains fournisseurs. Alors que pour les avocats et les banques, elles sont généralement d'un nombre réduit, restreint, et les risques attachés à chacun de ces tiers sont plus importants. Donc, on va sélectionner de manière exhaustive l'intégralité des banques et l'intégralité des avocats.
Chaque tiers qu'on va circulariser ne nous permet pas de valider la même assertion. Quels sont les objectifs d'audit de la circularisation ? Banque, et bien la banque, c'est un poste qu'on met plutôt à l'actif, les comptes bancaires. Première assertion à l'actif, c'est l'existence, de valider l'existence des soldes bancaires. La circularisation des banques permet de valider l'exhaustivité des emprunts et des charges d'intérêts attachés au compte de résultat. On va avoir aussi l'exhaustivité, la présentation, l'intelligibilité des engagements hors bilan qu'on pourrait mentionner, par exemple, dans la circularisation banque. On va avoir l'ensemble des cautions, des garanties, des sûretés qui sont prises par l'entreprise. Et enfin, le point le plus important, en fait, dans la circularisation bancaire, c'est d'avoir le nom des signataires bancaires qui peut engager la société financièrement, qui peut faire un virement, qui peut faire un chèque, qui peut signer, qui a la signature bancaire. Et donc, ça, c'est les droits.
Pour les avocats, l'objectif des avocats, c'est de circulariser les avocats qui gèrent des litiges pour s'assurer de l'exhaustivité du montant et de la correcte imputation de ces provisions dans les comptes. Les clients, l'assertion principale, c'est l'existence des clients. C'est l'assertion principale d'un actif, c'est de s'assurer qu'il n'y ait aucun actif fictif, donc de fausses créances dans les comptes. Pour les fournisseurs, là, l'assertion ne sera pas la même. Ce qu'on veut valider, c'est qu'il y ait tous les fournisseurs, qu'on n'ait pas oublié. Et bien là, l'assertion, c'est l'exhaustivité des dettes fournisseurs ou des achats.
Pour sélectionner ces tiers, on aura différentes techniques pour pouvoir identifier ou sélectionner les tiers qu'on reprendra par la suite. Quand nous avons une population et des tiers à circulariser, par exemple nos fameux clients ou nos fameux fournisseurs, deux critères doivent être considérés avant de sélectionner les tiers à circulariser. L'importance relative, c'est-à-dire est-ce que mon tiers est significatif. Généralement, on va se rendre compte qu'un nombre réduit de clients représente le plus gros volume de soldes de créance clients à la clôture et donc seule la circularisation de ces tiers-là peut être représentative. Et deuxième critère, c'est la relativité du risque, c'est-à-dire est-ce qu'elle est la nature de risque qu'on a identifié lors de notre phase de planification. Est-ce que l'audit du cycle client est un audit qui présente un risque élevé ou non ? Ça, ça dépendra de notre analyse du risque inhérent et du risque lié au contrôle. La relativité du risque dépend donc de la nature du risque qu'on a identifié à chaque cycle.
Quelles sont les étapes clés d'une procédure de circularisation ? La première étape, c'est de choisir la date de la circularisation. Pour la plupart des tiers qui sont appelés à être confirmés, généralement les banques ou les avocats, on va retenir la date du 31 décembre. Et même pour les clients, les fournisseurs, on va plutôt retenir la date du 31 décembre. Il est possible de retenir une autre date que la clôture, par exemple, si on a fait des travaux de contrôle interne, on pourrait retenir le 30 novembre si on a validé le contrôle interne, s'assurer que les procédures sont efficaces.
Après avoir sélectionné la date à laquelle la procédure va être réalisée, donc généralement la date de clôture, il faut choisir les tiers à circulariser. Comme on l'a vu tout à l'heure, les banques et les avocats vont être circularisés dans leur intégralité. Les clients et les fournisseurs, eux, vont devoir être sélectionnés selon la taille de la population. C'est la deuxième étape de la procédure de circularisation. On reviendra tout à l'heure sur la méthodologie de sélection d'un client ou d'un fournisseur qui fait souvent l'objet d'une question à l'examen du DSCG.
Une fois la date sélectionnée et les tiers sélectionnés, et bien il faut demander l'accord de la direction sur la procédure de circularisation. Il faut se concerter étroitement avec la société pour obtenir son accord sur l'utilisation de la confirmation directe. En effet, on va faire sortir de l'entreprise des informations confidentielles sur le montant des créances, le montant des achats, le nom des fournisseurs, des informations qui peuvent être sensibles. Ici, on est obligé d'obtenir son accord pour respecter le principe de secret professionnel. Un regard croisé entre la procédure de circularisation et le secret professionnel qu'on a vu dans notre chapitre 2 pourrait totalement être une question posée à l'examen du DSCG.
La direction, on va concrètement venir voir la direction, on va lui dire voilà, on a sélectionné ces 10 clients à circulariser, est-ce que vous nous donnez votre accord pour circulariser ces clients ? Soit la société va dire oui, donc on va procéder à la mise sous pli et l'envoi des courriers de circularisation. Soit l'entité va refuser. Alors attention, ce n'est pas forcément une mauvaise chose tout de suite de se dire l'entreprise, l'entité auditée, la direction, le DAF refuse qu'on circularise un fournisseur. Il faut se demander est-ce que le refus est fondé sur des motifs valables ? Si le directeur vous dit oui, vous allez circulariser pas 10 clients mais 9 clients, sauf ce dernier client-là, parce qu'avec ce client-là, on a un contentieux, ça ne sert à rien de lancer une procédure de circularisation, c'est devant les tribunaux. On a une procédure devant les tribunaux pour le règlement. Si vous circularisez, ça va venir envenimer la relation. Et bien dans ce cas-là, et bien on circularisera les neuf, on ne va pas circulariser le 10ème client et on va mettre en œuvre une procédure alternative, une procédure complémentaire. Et bien quand on va analyser les litiges avec les clients par la lecture d'une autre circularisation, la circularisation sur avocat par exemple, et bien on regardera ce sujet-là. Donc si le refus est fondé, on va mettre en œuvre des procédures différentes, ce qu'on appelle des procédures alternatives ou supplémentaires.
Si par contre, la direction vous dit non, je ne veux pas du tout que vous circularisiez aucun client, ou même aucun tiers, là le refus n'est pas fondé sur des motifs valables. Donc ça va avoir une incidence sur l'opinion. On l'a vu dans le chapitre 3, lorsque on vous empêche de réaliser des diligences, deux opinions s'offrent au commissaire aux comptes : soit l'émission de la certification avec réserve pour limitation si l'empêchement est circonscrit à un poste, soit une impossibilité de certifier. Donc là, on pourrait très bien avoir un regard croisé entre les circularisations et l'opinion du commissaire aux comptes.
Si on obtient l'accord de la direction, on va préparer et envoyer les demandes de circularisation. C'est l'occasion de vous présenter les deux formes de circularisation, les deux formes de confirmation directe. Soit on peut être sur une confirmation fermée, c'est-à-dire qu'on va demander au tiers de donner son accord sur une information fournie. Par exemple, c'est plutôt utilisé pour les clients. On va dire, pouvez-vous nous confirmer que votre solde client est de 10 000 € ? Une circularisation fermée. La réponse, ça va être oui ou non. Si c'est oui, ça permet de valider l'existence de nos clients.
La circularisation ouverte, quant à elle, on va demander au tiers de fournir lui-même l'information. Dans ce cas-là, on va demander plutôt à un fournisseur, pouvez-vous nous communiquer le grand livre de notre compte dans votre comptabilité ? Ici, on est ouvert, c'est lui qui fournit l'information. Ça nous permettra de rapprocher nous-même avec la comptabilité et on sera ici plus sur une validation de l'exhaustivité.
Dans tous les cas, qu'on soit sur une circularisation ouverte ou fermée, la personne qui va procéder à la mise sous pli et à l'envoi direct auprès des tiers, c'est le commissaire aux comptes, en tout cas son équipe d'audit. Ce n'est pas le client qui doit envoyer la procédure de circularisation, les courriers auprès des tiers. En effet, il va falloir prouver que c'est bien nous qui l'envoyons, parce que si on demande au client de le faire, on a aucune preuve que cette procédure a bien été réalisée. Le client, l'entité auditée, pourrait très bien ne pas envoyer les courriers et du coup qu'on ne puisse pas réaliser cette mission.
Alors quand je vous dis courrier, par la poste, on peut envoyer par la poste, mais on peut aussi envoyer par mail. On est en 2024, c'est totalement possible.
Après l'envoi des courriers de circularisation, le tiers va répondre au commissaire aux comptes. Il va répondre directement au commissaire aux comptes, c'est en ça que, on est sur une très bonne valeur probante. Le commissaire aux comptes va débouiller et traiter les réponses. Ces réponses-là vont être traitées au fur et à mesure de leur arrivée. Généralement, vous allez circulariser vos tiers et vous allez recevoir petit à petit les réponses des différents tiers, soit par voie postale, on aura mis une enveloppe retour, ou alors par mail, directement, ça sera beaucoup plus efficace, beaucoup plus rapide.
Il est possible que la réponse du tiers ne matche pas, ne concorde pas avec ce qui est présent en comptabilité. Donc ces réponses non confirmées seront analysées. Généralement, pour par exemple des clients ou des fournisseurs, il peut y avoir des chevauchements date. Le fournisseur a reçu le règlement en début d'année N+1, alors que nous, on avait envoyé le règlement le 31 décembre. Donc ça peut créer un décalage de la comptabilité. Il va falloir analyser ces chevauchements, ces erreurs, et puis potentiellement identifier qu'il reste, qu'il y a une anomalie, qu'il y a vous avez trouvé peut-être, il manquait une charge ou un produit, et donc procéder à cet ajustement. Quand il y a des différences, généralement vous allez demander au comptable de l'entreprise de procéder lui-même au rapprochement des soldes afin d'identifier la raison, la source de cet écart.
Cela suppose donc la réponse du tiers. Il est possible que le tiers en question ne réponde pas. Ce qu'il faut obligatoirement faire lorsqu'on a lancé une procédure de circularisation, c'est de relancer au minimum une fois chaque tiers. Une fois que la relance a été effectuée, et bien il se peut que le tiers ne réponde pas non plus. À nouveau, vous avez lancé votre procédure de circularisation début janvier, vous avez demandé aux tiers de répondre d'ici fin janvier, ils n'ont pas répondu. Fin janvier, vous avez relancé chacun des tiers, et à mi-février, vous n'avez toujours pas eu de réponse. C'est la date de votre intervention chez le client. Et bien là, en fait, quand vous avez lancé une procédure, le H2A considère qu'il faut aller jusqu'au bout de la procédure. Donc vous ne pouvez pas dire dans vos travaux, j'ai lancé une procédure, j'ai relancé, j'ai pas eu, tant pis, je fais plus rien. Non, sinon ça serait trop simple et on dirait que personne, personne répond et on a mis en œuvre une procédure et c'est nickel. Non, une fois qu'on est engagé, il faut aller jusqu'au bout. Une fois que vous êtes engagé sur circulariser 10 clients, vous allez jusqu'au bout de la circularisation. Et bien si le tiers, le client, là par exemple, ne répond pas à la procédure, il faut lancer ce qu'on appelle des procédures de substitution ou procédures alternatives.
En fait, on ne peut pas se limiter à ne rien faire. Par exemple, si vous êtes sur les clients, la procédure alternative sera la suivante : il n'a pas répondu à la procédure, donc vous devez vous-même contrôler que les créances existent. Premièrement, pour auditer que les créances existent vraiment, vous pouvez contrôler, analyser les règlements sur la période postérieure. Si vous avez une créance de 100 000 € et que le 15 janvier, cette créance est à 10 000 €, on peut dire que les 90 000 qui ont été réglés, et bien ils sont, ils existent, ils sont bien réels. On part du principe, bien sûr, que si un client a payé sa créance, c'est que forcément ça existe vraiment. Vous ne payez pas quelque chose si ça n'existe pas. Mais vous avez vu que dans notre exemple, il y avait 10 000 qui n'avaient toujours pas été réglés lorsqu'on avait réalisé nos travaux.
Alors là, comment contrôler l'existence des 10 000 de créances clients qui restent ? Bien, la deuxième procédure alternative, qui nécessite un travail beaucoup plus lourd, c'est de contrôler pour les 10 000 € en rapprochant les bons de commande, les bons de livraison et la facture, en s'assurant que dans les états, il y a bien des états qui soient signés, reçus par le client, pour avoir une bonne force probante.
Qu'il soit dans le refus du client de circulariser tel ou tel tiers, qu'il soit dans l'obtention d'une réponse d'un tiers et des réponses favorables ou des écarts qui ont été analysés, et derrière, ou qu'il soit dans des procédures alternatives mises en place, on voit que on doit en tirer une synthèse. Dans la note de synthèse, on va mentionner la synthèse de nos travaux et on doit conclure sur notre opinion. On voit qu'ici, cette procédure d'audit nous permet d'étayer notre opinion de commissaire. On a obtenu un faisceau d'indices suffisant pour indiquer que nos travaux nous permettent de certifier ou non les comptes.
L'une des questions qui tombe souvent à l'examen, c'est de sélectionner des tiers à circulariser. Pourriez-vous nous donner un exemple de choix de client ? La sélection de tiers à circulariser fait l'objet de nombreuses questions à l'examen. Jusqu'ici, vous avez été uniquement interrogé sur la sélection de clients à circulariser. Je vous propose dans cette vidéo un exemple pour illustrer les critères de sélection.
Sélection de clients à circulariser. Avant de vous lancer tête baissée dans un choix de client, par exemple de dire magasin F, magasin O, magasin P, il faut absolument prendre le recul de se dire, c'est quoi notre objectif d'audit ? C'est quoi les assertions qu'on souhaite valider ? Ici, on veut valider des créances clients. Les créances clients sont un poste de l'assertion principale dans les actifs, c'est de valider qu'il n'y ait aucun actif fictif. Donc l'assertion principale, c'est l'existence. L'objectif donc de la circularisation client, c'est de s'assurer avant toute chose qu'il n'y a pas de client fictif, de fausse facture non payée. Sachant que l'assertion, c'est l'existence d'un solde, l'existence d'un actif, il faudra principalement réaliser notre sélection sur la base des soldes. C'est-à-dire que la colonne débit-crédit, ici, elle nous est complètement inutile, sachant qu'on veut valider si le solde existe à la clôture. Donc vous pourrez dans votre sujet barrer la colonne débit et crédit.
Quels sont les quatre critères de sélection ? Et à chaque critère, on va lui attribuer des clients à circulariser. On vous dit le critère numéro 1, pour essayer d'avoir une couverture d'audit satisfaisante, pour avoir une représentation importante des clients en sélectionnant le moins de clients possible. On vous dit sélectionner les principaux soldes débiteurs. Ici, les principaux soldes débiteurs nous amènent à circulariser le client dans l'ordre décroissant, c'est-à-dire le plus important, le magasin J qui a une créance de 34 000 € et le magasin A qui a une créance de 26 000 €. On voit que si on circularise ces deux tiers, on a un pourcentage d'audit relativement satisfaisant, une couverture d'audit satisfaisante.
Deuxième critère, il faut analyser les clients qui ont un solde créditeur. L'objectif ici est d'identifier des soldes qualifiés d'anormaux. Ici, le solde anormal, et bien c'est normalement, on a une créance envers un client, on ne doit pas de l'argent à un client. Donc ici, le solde anormal, c'est le magasin P qui fera l'objet d'une circularisation aussi. Voyez, principaux soldes débiteurs parce que client, c'est naturellement débiteur, et par contre, les soldes créditeurs, bah, on va voir le nombre, mais ici, il y en a qu'un seul, on va auditer le magasin P.
Troisième critère, les soldes ou opérations anciens, c'est-à-dire ceux qui ont plus de trois, plus de six mois. Ici, on vise à se poser la question, est-ce que pour ma créance client, je n'ai pas un risque de non-recouvrement ? Et donc, ça va avoir un impact sur l'évaluation de ma de mes créances clients et le fait de devoir passer éventuellement une dépréciation sur les créances clients. Donc là, dans tous les magasins, on voit que tous les magasins, on est sur une balance plutôt saine, c'est-à-dire que la plupart des clients ne sont, ont une échéance de moins de trois mois ou alors sont échus, c'est-à-dire que on est en attente de règlement, mais c'est conforme aux délais fixés, délais de règlement client fixés dans les conditions générales de vente. Sauf pour un client, le magasin J, et on s'aperçoit qu'il y a plus de 29 000 € qui sont en attente et c'est échu depuis plus de six mois. Ça veut dire que ça fait plus de six mois que le client devait payer. Là, il y a potentiellement un risque de recouvrement sur cette créance-là. Donc on va la sélectionner au travers de ce critère numéro 3. Donc là, notre magasin numéro I a été sélectionné deux fois, pour le critère numéro 1 et pour le critère numéro 3.
Et enfin, moi, je suis une entité auditée, je sais que vous allez lancer une procédure de circularisation client, je connais vos critères, vos principaux critères, le 1, le 2, le 3. Et bien, je vais créer, pas une grosse fausse facture, mais je vais créer plein de petites fausses factures avec une multiplication de comptes clients. Et bien, pour éviter cet écueil et de contrôler de manière exhaustive et de contrôler que l'entité auditée ne fraude pas, ne crée pas de fausses factures, et bien vous pouvez aussi rajouter une sélection aléatoire dans le cadre de vos critères de sélection. À l'examen, on vous demandera souvent de sélectionner quatre tiers ou cinq tiers. Dans ces tiers à circulariser, n'est pas comprise la sélection aléatoire. Donc vous pourrez, selon les critères 1, 2 et 3, sélectionner les cinq tiers demandés et vous ferez une remarque à la fin. Vous mettrez : "Remarque : il serait pertinent, afin de couvrir le risque de fraude, de sélectionner aléatoirement un client."
Vu qu'on veut valider l'existence et qu'on est sur les soldes, on partira sur une circularisation fermée. On dira au tiers : "Veuillez nous confirmer que vous avez bien vous une dette, vu que nous avons une créance." Année, créance de 10 000 €. La réponse, ça sera oui ou non. Toutes les informations figurant sur la gauche de cet écran doivent être mentionnées dans votre copie afin de justifier vos critères et les raisons pour lesquelles vous avez sélectionné les tiers.
Est-ce que ce sont les mêmes critères pour un fournisseur ? Et bien non, monsieur Moïb. Les dettes fournisseurs ne se sélectionnent pas du tout comme des créances clients. Et ça, il faut revenir à l'origine, c'est-à-dire quel est l'objectif d'audit de l'audit des fournisseurs ? Et bien, on n'a pas du tout la même. Pour rappel, les assertions, vous l'avez, on l'a vu dans la première vidéo, les créances clients, on était sur un poste d'actif, s'assurer qu'il n'y ait aucun actif fictif, c'était l'existence. Alors que les dettes fournisseurs, on n'est plus sur un poste d'actif, mais on est sur un poste de passif, on est sur un poste de dette. Et là, la question qu'on se pose, c'est est-ce qu'on a bien toutes nos dettes ? Est-ce qu'on a l'exhaustivité des dettes ? Étant donné qu'on n'a pas la même assertion, qu'on n'a pas le même objectif d'audit, on ne sélectionnera pas nos tiers de la même façon. Quand on était sur l'existence tout à l'heure, on a, on circularisait sur la base des soldes. Ici, on se pose pas la question de est-ce que le solde il est bon à la fin d'année, on se pose la question est-ce que c'est exhaustif ? Et ça, pour avoir l'exhaustivité, l'entièreté des choses qui ont eu lieu pendant l'exercice, ce n'est pas dans la colonne solde qu'on va l'avoir, mais c'est dans la colonne mouvement. Donc là, on ne va pas faire une sélection sur la base des soldes créditeurs, mais sur la base des mouvements créditeurs. Et là, c'est le principal piège si on veut faire une symétrie par rapport aux créances clients.
Premier critère de sélection, c'est les fournisseurs qui présentent un gros volume d'opérations, c'est-à-dire ceux qui ont les principaux mouvements créditeurs. Ici, l'objectif de sélectionner un petit nombre de fournisseurs et c'est d'avoir une bonne représentativité des mouvements créditeurs sur l'exercice. Selon ce critère numéro 1, on devrait retenir le fournisseur Châtelet pour 80 000 €, le fournisseur République pour 70 000 € et le fournisseur Opéra pour 65 000 €. C'est ceux qui présentent les plus gros mouvements créditeurs. En effet, si on sélectionne ces trois-là, on voit bien qu'on a, avec trois fournisseurs, 47 % de l'ensemble des flux d'achat réalisés sur l'exercice. Donc c'est un scope, une couverture d'audit.
Deuxième critère, et là on est sur des soldes débiteurs. Attention, on est revenu sur la notion de solde parce qu'ici, on est sur un solde anormal. Donc là, normalement, un fournisseur ne nous doit pas d'argent. Donc le solde débiteur, c'est un solde qui est anormal. Selon ce critère-là, solde débiteur, on devrait sélectionner Bercy et Place d'Italie. Ici, si on sélectionne ces deux fournisseurs, on a 100 % des fournisseurs débiteurs qui sont sélectionnés.
Enfin, pour couvrir le risque de fraude, vous pouvez sélectionner un fournisseur aléatoire. Là, la fraude, ça ne va pas forcément être du même ressort que pour les actifs. On ne va pas créer de fausses factures d'achat pour gonfler le bilan, mais c'est plus pour peut-être éventuellement déceler une fraude qui viserait à créer des fausses factures fournisseur en ayant un règlement avec par exemple le RIB d'un salarié de l'entreprise, quelqu'un qui a créé une facture dont l'objectif était finalement de détourner de l'argent. Donc cette fraude-là, c'est une autre fraude qu'on peut déceler à travers la sélection aléatoire.
Ici, dans cette procédure-là, vu qu'on est sur de l'exhaustivité, on ne va pas demander de confirmer un montant précis. On va demander directement au tiers de nous donner l'information lui-même. Donc on partira plus sur un courrier de circularisation ouvert. On voit bien à travers ces deux exemples chiffrés que l'assertion d'audit, l'objectif d'audit est différent qu'on se place au niveau des créances et des dettes. Donc la méthodologie de sélection des tiers n'est pas la même, et la méthodologie de courrier qu'on va envoyer, ouvert ou fermé, n'est aussi pas la même et doit s'adapter à notre objectif d'audit qu'on a formulé dans la phase de planification.
Merci pour votre écoute et voilà, nous arrivons à la fin de ce chapitre sur les circularisations et je vous remercie d'avoir suivi la totalité de ce programme. Je vous invite bien sûr à travailler avec les supports de cours, les exercices qu'on vous a mis à disposition sur votre espace de formation. N'hésitez pas si vous avez des questions à nous les poser dans le groupe WhatsApp de travail et je vous dis bonne chance à tous.