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La véritable histoire d'Elon Musk

Gaspard G26:08

Transcription

Tesla, Paypal, SpaceX, the Boring Company, l'entreprise ennuyeuse, génie, gourou de l'attaque, le type qui donne comme prénom un nom de code à son enfant, nouvel homme le plus riche du monde. J'ai appris tellement de choses en préparant cette vidéo sur lui. Chers amis, bonsoir. Je m'appelle Gaspar G, j'ai 24 ans, et vous écoutez l'histoire d'Elon Musk. Cet épisode est rendu possible grâce à NordVPN, je vous en parle en fin de vidéo.

[Musique] [Musique]

L'histoire d'Elon Reeve Musk commence le 28 juin 1971 à Pretoria, en Afrique du Sud. Sa mère, May Musk, est canadienne. Elle a un passé de mannequin et s'est reconvertie en nutritionniste. Son père, Errol Musk, lui, est sud-africain. Il est ingénieur mécanicien, promoteur immobilier et possède une mine d'émeraudes en Zambie. C'est avec son père qu'il apprend les tâches manuelles, à fabriquer des objets, à faire attention au détail et à se salir les mains. On raconte d'ailleurs que le jeune Elon fabrique des petites fusées en carton dès son enfance.

C'est donc à Pretoria que notre histoire commence, que le jeune Elon grandit et forge ses premières armes. Il faut bien dire qu'à l'école, Elon Musk n'est pas le meilleur élève. Il n'impressionne personne, il est même plutôt timide, il n'est pas très sportif, assez rêveur, introverti. En fait, il est assez différent des autres enfants à qui il grandit dans cette Afrique du Sud du début des années 80, en pleine apartheid. Pour rappel, depuis les années 50, s'est développé une politique de ségrégation ethnique dans le pays, qui consiste à établir des zones spécialement réservées aux Blancs et d'autres spécialement réservées aux Noirs. Elon Musk grandit donc dans l'univers des Afrikaners, les Blancs d'Afrique du Sud, qui élèvent souvent leurs enfants dans la violence et la dureté. Son caractère entre un peu en contradiction avec ce qu'on peut attendre d'un jeune garçon à l'époque, d'autant plus qu'il est atteint du syndrome d'Asperger, une forme d'autisme sans déficience intellectuelle ni retard de langage, comme il le révélera plus tard.

Le jeune Elon lit beaucoup, et c'est en se plongeant dans des univers loin de son quotidien qu'il se sent vraiment à sa place. Il lit des BD sur l'espace ou des livres comme Le Seigneur des Anneaux, par exemple. Elon rêve d'ailleurs de partir loin, très loin. Mais il y a bien une personne avec qui il aime passer du temps, c'est son petit frère, d'un an de moins, Kimbal Musk. Les deux petits gars sont assez fusionnels, ils se comprennent, ont à peu près les mêmes envies. Il y a aussi Tosca, la petite dernière, née en 1974, qui vient souvent jouer avec ses grands frères. Ainsi, Elon, Kimbal et Tosca grandissent dans une fratrie soudée, jusqu'à ce qu'un événement vienne perturber leur petit équilibre. En 1980, leurs parents divorcent. Les petits partent alors vivre avec leur mère, mais assez vite, Elon, l'aîné de la fratrie, décide de rejoindre Errol, son père, pour vivre avec lui.

C'est le début d'une période difficile et étrange de vie commune entre un père et son fils. Étrange, le mot est faible. Elon Musk raconte que chez son père, il subit des violences physiques et psychologiques, et dans cette lourde atmosphère, son envie de s'en aller se renforce. Il veut partir à l'aventure, découvrir des mondes encore inexplorés. Alors qu'il a 10 ans et se promène avec son père dans un supermarché de Pretoria, il déambule sans trop savoir ce qu'il cherche et entre par hasard dans un magasin de musique. Le petit n'est pas trop intéressé par les disques et par les instruments, mais un tout autre objet, tout au fond de la pièce, retient son attention : un ordinateur. Elon Musk se souvient encore du modèle, c'est un Commodore VIC-20. Voilà un monde exploré. Rappelez-vous, nous sommes dans les années 1980, c'est le début de cette nouvelle technologie. Le jeune curieux se tourne vers son père : "Il faut absolument cet objet." Errol est moyennement chaud, il ne comprend pas ce qu'un enfant de 10 ans peut bien avoir envie de faire avec un objet pareil et aussi compliqué. Mais après un caprice du jeune Elon, l'ordinateur est dans le sac.

Il faut bien comprendre qu'à l'époque, un ordinateur ressemble à un écran noir avec des lignes de code. Pour l'utiliser, il faut apprendre à coder, et pour ça, il faut engloutir des milliers de pages de manuels compliqués. Vous devinez la suite : à 10 ans, Elon Musk s'enferme dans sa chambre, nuit et jour, et entre dans le monde secret de l'informatique. Il l'explore. Deux ans plus tard, il en sait suffisamment pour tenter sa chance. Le jeune Musk prend le téléphone de la maison et contacte un magazine informatique, il veut leur envoyer un programme. Surpris par la voix d'enfant au bout du fil, le responsable du magazine hésite, il croit d'abord à une blague, mais accepte la proposition en échange de 500 dollars. Elon Musk, 12 ans, envoie son premier programme de 167 lignes de code à des professionnels. Et alors, ce programme, c'est un jeu. Après tout, ce n'est encore qu'un enfant. Un jeu qu'il a appelé "Blastar", et qui est très inspiré du jeu à la mode de l'époque, Space Invaders. Bon, le jeu n'est pas exceptionnel, mais sa réalisation reste une prouesse. Et les 500 dollars en poche, Elon Musk ne court pas s'acheter des bonbons ou des baskets. Il sait qu'il a des progrès à faire et réinvestit tout cet argent dans du matériel informatique et dans des manuels. Il veut encore s'améliorer. Bon instinct.

Elon Musk grandit, progresse, mais à 14 ans, en 1985, le petit génie est un peu en crise d'ado. Même s'il est épanoui dans sa chambre, ça ne s'arrange pas à l'école. Ses camarades continuent de se moquer de lui, de son esprit rêveur, ils le bousculent et l'appellent "Muskrat", comprenez le rat musqué en anglais. Ce n'est pas très sympa comme surnom. Et à la maison, ce n'est pas mieux, l'ambiance est lourde avec son père. Une seule solution : relire le Guide du voyageur galactique de Douglas Adams. Il voyage, il rêve de ciel, d'espace et d'étoiles.

En grandissant, Elon Musk a une nouvelle idée : ouvrir une salle d'arcade avec son frère Kimbal et ses cousins. Encore une fois, ils font tout seuls, il s'occupe de tout, il trouve un local, un bail commercial, des fournisseurs, mais il a 16 ans. 16 ans, il est peut-être allé un peu vite pour valider le projet. Il faut la signature d'un adulte, et ni son père ni son oncle ne sont partants pour le suivre. Leur projet d'entreprise tombe à l'eau. Et à la fin de son adolescence, une nouvelle idée lui trotte dans la tête : partir aux États-Unis. Elon Musk veut vivre son propre rêve américain. En fait, il ne se sent pas à sa place en Afrique du Sud, qu'il trouve trop fermée, trop violente. Ah, l'Amérique, celle qui a conquis l'espace, la Lune, celle où tout est possible. Voilà son nouvel objectif. Et ça tombe bien, puisque peu avant ses 18 ans, il est censé être appelé par le gouvernement sud-africain pour faire son service militaire. Mais au même moment, une nouvelle loi passe : les ressortissants canadiens d'Afrique du Sud peuvent transmettre leur nationalité à leurs enfants. Le jeune Elon saute sur l'occasion. Rappelez-vous, sa mère est canadienne, mais lui pas encore. Alors, ni une ni deux, il fait toutes les démarches pour devenir canadien, sans regret. Il prépare sa valise : quelques polos, quelques romans, des manuels, son ordinateur, évidemment. Elon Musk saute dans un avion direction Montréal. Enfin, il s'en va.

Nous sommes en 1988. Le voilà arrivé sur le sol canadien. Pas le même climat, mais ce n'est pas grave, c'est l'aventure. Dans la poche de son manteau, un papier avec l'adresse d'un oncle. Elon s'y rend et trouve une maison vide, l'oncle a déménagé. Le voilà seul à Montréal. Il marche direction une auberge de jeunesse. Il n'a pas de projet particulier, il est libre, après tout, il a du temps devant lui. Ainsi, il vadrouille dans le Québec pendant un an. Il fait des petits boulots, peut bien payer, transporte des sacs de gras, il nettoie des chaudières. Et pendant ce temps, en Afrique du Sud, son père n'en pense pas moins, il trouve qu'Elon est un fuyard et coupe son argent de poche.

Assez vite, Elon Musk veut reprendre les études. Après une année de césure et de balade, il quitte Montréal pour Kingston, direction l'université de Queen's. Il y étudie pendant trois ans et en parallèle, il commence à travailler dans le domaine de l'informatique pour payer ses études. Il aime cette période. En plus, Kimbal, son frère, la rejoint au Canada pour étudier.

Nous arrivons en 1992. Elon Musk a fini ses trois ans d'études et veut désormais pleinement vivre son rêve américain. Alors, il refait sa valise et part vers l'université de Pennsylvanie pour étudier la physique et l'économie pendant trois ans encore. Pendant ses études aux États-Unis, Musk a bien changé. Maintenant, il est plus à l'aise, il est bon élève et a des amis. En 95, après trois années en Pennsylvanie bien réussies, Elon Musk obtient une bourse pour entamer un doctorat en physique énergétique à la prestigieuse université de Stanford, au sud de San Francisco. Une belle aventure l'attend. Rendez-vous compte, c'est l'une des meilleures universités au monde. Elon Musk fait donc sa rentrée à Stanford. Il y retourne le lendemain, et c'est tout. C'est tout, il n'y sera resté que deux jours. Il le sent, quelque chose de grand se prépare. Il a un rêve secret : utiliser l'explosion d'Internet pour monter sa première entreprise.

Nous sommes en 1995. Elon Musk débarque dans le monde des affaires, et il en est convaincu, Internet va changer le monde. Elon et Kimbal Musk ont une idée bien précise : ils veulent créer une plateforme en ligne qui pourra aider les entreprises à entrer en contact les unes avec les autres, un peu comme les Pages Jaunes, mais sur Internet. Une idée assez révolutionnaire. En 1995, leur problème, c'est l'argent, mais ils ont prévu le coup. À Queen's, ils se sont fait un petit carnet d'adresses, ils commencent à connaître du monde. Alors, comme à l'époque de son premier jeu vidéo, Blastar, Elon prend son téléphone et tente sa chance. Il appelle une connaissance et essaie de lui vendre le projet. Il est assez doué pour ça, et finalement, un fonds d'investissement canadien accepte d'investir 3 millions de dollars. C'est le début de la première entreprise d'Elon Musk : Zip2.

Elon prend assez vite la direction de la boîte, et tout naturellement, il en organise le développement : matériel, publicité, et surtout, employés. Zip2 fonctionne plutôt bien, et Elon Musk se révèle très exigeant, on dit même un petit tyranique avec ses équipes. En fait, celui qui explique encore le mieux cette période, c'est son frère Kimbal : "Depuis tout petit, Elon travaille d'une manière assez énorme. Il faut le dire, il a dévoré les manuels de code, il lit deux livres par jour et apprend par cœur une encyclopédie." Kimball confie que son grand frère avait un côté "monsieur je sais tout", un peu insupportable. Cette quantité de travail qu'il s'impose à lui-même, il l'exige aussi de ses collaborateurs. Le rythme est effréné, c'est dur, mais ça marche.

Quatre ans plus tard, en 1999, Elon et Kimbal Musk ont bien développé toute une entreprise informatique. Compaq propose de les racheter pour 310 millions de dollars. Évidemment, c'est surtout le fonds d'investissement canadien qui empoche, mais Elon Musk prend 15 millions de dollars en passant. Confortable à 28 ans. Ici encore, son état d'esprit n'a pas trop changé depuis l'époque de Blastar. Pour l'instant, pas question de se payer des voitures de luxe, il faut tout réinvestir très vite, utiliser la technologie, changer le monde en devenant millionnaire.

Elon Musk a étrangement beaucoup plus de contact avec son banquier, mais il trouve que les virements bancaires sont longs et ringards. Alors, il imagine un nouveau concept : il veut créer une banque en ligne. Ah, l'idée est simple : il développe un programme dans lequel il suffit d'entrer l'adresse mail du destinataire, et paf, le virement est fait. C'est comme ça qu'est né X.com, la première vraie banque en ligne. Bon, alors l'idée est bonne, mais ça pose d'importants problèmes de sécurité pour l'époque. En revanche, Elon Musk va faire un très gros coup avec X.com. Il a entendu parler d'un autre service de paiement prometteur, fondé en 98, qu'il envisage de racheter. Après tout, pour l'instant, ça ne vaut rien, ce petit service de paiement simplifié que personne ne connaît s'appelle PayPal. En fait, les locaux de PayPal sont à quelques mètres de ceux de X.com, sur le même trottoir, à Palo Alto, une ville de la Silicon Valley. Un jour, Elon Musk décide de partir à la rencontre des trois fondateurs d'à côté, trois geeks passionnés de code et persuadés que leur technologie va changer le monde. Elon est curieux, il veut qu'on lui explique ce système. Voilà ce qu'on lui dit : "Le principe de PayPal, c'est de pouvoir s'envoyer de l'argent entre propriétaires d'ordinateur. Le projet final, c'est de développer un système de paiement en ligne complètement sécurisé." Elon Musk est conquis. Riche depuis peu et prêt à investir de l'argent, alors le voilà actionnaire de PayPal.

Je sais très bien ce que vous allez vous dire : contrairement aux idées reçues, Elon Musk n'a pas créé PayPal. Il l'a développé, développé, c'est le moins qu'on puisse dire. En un an, le service devient fiable, rentable et utilisé dans tous les États-Unis. Alors Elon fait un calcul assez simple : X.com ne fonctionne pas, PayPal lui est un grand succès, il faut les fusionner. En février 2001, à presque 30 ans, il est donc à la tête d'une seule entreprise : PayPal. Les choses vont alors plutôt bien pour Elon, surtout que le gamin a trouvé l'amour auprès de Justine Wilson, qu'il avait rencontrée sur les bancs de l'université et qu'il a épousée en 2000. Côté business, en octobre 2002, il reçoit une proposition : l'entreprise eBay veut acheter la petite pépite du paiement en ligne pour la modique somme d'1,5 milliard de dollars. Ça y est, il se rapproche des géants, ça ne se refuse pas. La vente est conclue, Elon Musk empoche 175 millions de dollars.

Alors que tout semble lui sourire, un drame se joue dans sa famille. Son premier fils, Nevada Alexander, né en 2002, meurt des suites d'un arrêt respiratoire à seulement 10 semaines. On ne sait pas si c'est ce drame qui l'a forcé à se construire une carapace, mais en tout cas, à partir des années 2000, l'image publique des Musk change. Il commence à se créer un personnage : le patron extraverti, original. Cette fois, il s'autorise quelques folies : une voiture de sport McLaren, un grand appartement à Palo Alto, et puis un petit avion privé sympa. Un peu bling-bling, le look, mais un bling-bling maîtrisé. Son argent, il s'en sert surtout pour investir.

L'année 2002 est un moment assez particulier dans la vie d'Elon Musk. Il est célèbre, riche, PayPal est vendu, et sa vie privée vient d'être chamboulée. Il doit prendre un nouveau départ. Alors, ses rêves d'enfants le rattrapent. Il se tourne vers les étoiles, il rêve d'espace. Une idée lui vient : il a été récemment assez déçu par les activités de la NASA. Il trouve que depuis les années 70, la conquête de la Lune, de l'espace, elle est un peu ramollie. L'insatiable Elon Musk se dit qu'il faut faire mieux, et que lui, il compte faire mieux. Alors, sans se poser trop de questions, il fonde une entreprise aérospatiale privée : SpaceX. Depuis longtemps, il a un désir secret : être sur Mars. SpaceX doit devenir un vrai projet qui pourra faire le travail que ne fait pas la NASA. Il pense par étapes : il faut construire un lanceur qui puisse envoyer des volubilités, réussir à mettre les fusées sur orbite, et à terme, rejoindre Mars. Avec le projet SpaceX, Elon Musk entre dans une autre dimension. Définitivement, il veut changer le monde. Développer une entreprise dans le domaine aérospatial, c'est long, très long. Alors, en attendant, Elon Musk décide d'investir un peu d'argent dans le capital d'une autre entreprise, une entreprise qui fabrique des voitures électriques haut de gamme. Ça s'appelle Tesla. Je sais ce que vous allez vous dire : encore une fois, non, il n'a pas créé Tesla, il a juste intégré l'aventure en 2004. Pour lui, la voiture électrique est vouée à un grand avenir, donc il investit directement 50 millions de dollars.

En 2004, il apprend en plus un heureux événement, enfin, deux heureux événements : il vient d'avoir des jumeaux avec Justine Griffin, et Xavier. Donc, autour de 2005, Elon Musk prend beaucoup d'importance. Il veut devenir l'entrepreneur du futur, découvrir d'autres planètes, libérer les humains des hydrocarbures. Il veut devenir un super-héros, quoi. Un peu comme les personnages de son enfance. "Je crois que lorsque j'étais petit, je me disais : si tu peux devenir un sorcier, ça peut être super cool, mais ce n'est pas vraiment possible dans la vraie vie. Alors, je crois la chose la plus proche de ça, c'est d'être ingénieur." Mais avant, en 2006, Justine lui annonce non pas un, ni deux, mais trois heureux événements. Elon Musk devient cette fois papa de triplés : trois garçons, encore, Kai, Saxon et Damian.

Un super-héros. À partir de 2007, Elon Musk commence à jouer avec cette image dans les médias. On le compare à Tony Stark, alias Iron Man, ce super-héros milliardaire. D'ailleurs, Elon Musk va même rencontrer Tony Stark en personne, enfin, Robert Downey Jr. En 2007, l'acteur américain prépare son rôle pour incarner le prochain Iron Man. Curieux, il se rend aux locaux de SpaceX pour découvrir cette mystérieuse usine. Il est accueilli par Elon Musk lui-même, qui lui fait visiter les lieux. Il y découvre la fabrication des fusées Falcon avec des machines futuristes. On est presque dans Star Wars. Cette rencontre renforce la proximité entre Elon Musk et celle de Tony Stark, à tel point qu'Elon Musk fera même des apparitions dans certains films Iron Man. Musk vit le rêve américain.

En 2008, les affaires le rattrapent. La crise des subprimes commence, l'économie américaine s'effondre, et Elon Musk flanche. Il s'enferme, veut plus parler à personne, et divorce de Justine Wilson. En fait, Tesla ne marche pas très bien à l'époque. Seul un modèle existe, c'est le Roadster, et il se vend très mal. Et il faut dire quand même qu'il coûte 1 million de dollars. Le bazar. Et côté SpaceX, c'est pas la joie non plus. Sa fusée, la Falcon 1, ne fait qu'essuyer des échecs. Trois lancements tentés, trois lancements ratés. Il n'a presque plus d'argent et bientôt la clé sous la porte. Au fond, il ne lui reste qu'une chance. Elon Musk organise une quatrième et dernière tentative de lancement de Falcon 1 en orbite. Le peuple américain, médusé, se réunit pour observer l'événement. 3, 2, 1... Falcon 1 décolle. Elon Musk a les yeux rivés sur la fusée. Ça y est, l'espoir est de retour.

Fort de ce succès, il affirme que SpaceX est désormais un acteur incontournable de l'aventure aérospatiale. Son téléphone sonne. La NASA lui propose un contrat de 1,5 milliard de dollars pour organiser des allers-retours entre le Cap Canaveral, une base de lancement de fusées en Floride, et l'ISS, la Station Spatiale Internationale. La NASA vient de lui sauver la vie. Et en fait, ce gros contrat lui permet aussi d'essayer de sauver Tesla. Il investit énormément dans ses voitures électriques et peut enfin lancer une vraie production industrielle pour l'entreprise. Surtout, il peut développer un nouveau modèle de voiture, plus abordable que le Roadster, et qui va devenir le classique de la marque : la Tesla Model S. Côté marketing, il joue sur l'ambiance futuriste, pas de concession. Tesla, on achète plutôt en ligne, et les voitures doivent souvent être mises à jour. En gros, pour avoir accès aux nouvelles fonctionnalités de la voiture, il suffit de lancer la mise à jour, et paf, le lendemain matin, vous avez plein de surprises.

Entre 2009 et 2012, il s'investit corps et âme dans les affaires, même si entre-temps, il épouse l'actrice Talulah Riley en 2012. C'est officiel : SpaceX ravitaille l'ISS, Tesla est entré en bourse. Elon Musk est l'un des hommes les plus puissants du monde. À cette date, le magazine Forbes estime sa fortune à 2 milliards de dollars. En fait, c'est surtout l'entrée en bourse de Tesla qui est à l'origine de sa richesse. Si l'action Tesla chute, sa fortune, composée d'actions Tesla, chute aussi. Malgré ses succès, Elon Musk n'est pas encore complètement reconnu dans le monde des affaires. On se moque de lui, on le prend pour un illuminé. Mais en 2013, le magazine international Fortune le nomme homme d'affaires de l'année. Alors, on commence à se dire que c'est du sérieux. Il développe en parallèle d'autres projets comme Hyperloop, un train subsonique qui permettrait de voyager dans des capsules à 1000 km/h. Évidemment, encore aujourd'hui, ça reste au stade de projet. Il s'intéresse aussi à l'intelligence artificielle en créant en 2015 le centre OpenAI. Alors, pour info, Elon Musk défend le développement de l'intelligence artificielle à condition qu'elle ne sorte pas du contrôle humain. Il parle souvent d'un futur apocalyptique dans lequel les machines se retourneront contre nous. Il n'a pas oublié ses lectures d'enfance.

L'année 2016 est assez chargée pour Elon Musk. Déjà, l'action Tesla n'a fait que monter en bourse, sa fortune est estimée autour de 15 milliards de dollars. Il en profite pour monter deux nouvelles entreprises : Neuralink, un projet critiqué dont le but est d'implanter des puces dans les êtres vivants, soit pour soigner des problèmes de motricité, soit pour contrôler des objets à distance, un peu flippant. L'autre entreprise, c'est The Boring Company. En fait, ce nom est un jeu de mots entre "to bore" qui veut dire creuser en anglais, et "boring" qui veut dire ennuyeux. Et avec cette boîte, il travaille sur ses idées les plus folles : tunnels de circulation sans limite de vitesse sous les grandes villes, et même un lance-flammes avec lequel il s'affiche sur les réseaux. Nouvelle polémique pour l'entrepreneur. Le "flame thrower", pour l'anecdote, il appelle l'objet le "Not a Flamethrower", petite provocation à "Assos Musk".

En 2016, alors qu'il est toujours resté loin de la politique, Elon Musk se rapproche de Donald Trump qui est en campagne. Il joue après lui un peu son rôle de conseiller tech. En fait, les deux hommes ont plusieurs points communs : ils sont hommes d'affaires ultra riches, ils sont provocateurs, et ils sont hyper actifs sur Twitter. Cependant, Musk s'éloigne de Donald Trump quand celui-ci remet en cause l'accord de Paris sur le climat. Elon Musk tient à son image de protecteur de la planète. À la fin de l'année, il signe son deuxième divorce avec Talulah Riley, avec qui il a été marié de 2010 à 2012, puis de 2013 à 2016. Après ce divorce, il commence à entretenir une relation avec une nouvelle femme que vous devez sûrement connaître maintenant : l'actrice américaine Amber Heard, l'ex-femme de Johnny Depp. Bon, ça n'a pas duré très longtemps entre eux.

Je trouve ça marrant de vous le dire. En 2018, Elon Musk a donc 47 ans. Il est la star des hommes d'affaires. Tous les shows de Tesla sont de grandes kermesses, et ce malgré quelques échecs.

[Applaudissements] [Musique] [Applaudissements]

Elon Musk se fait également remarquer alors qu'il est invité sur le plateau du célèbre podcasteur américain Joe Rogan et qu'il fume du cannabis en plein direct. Alors, vous vous en doutez, ça avait fait pas mal polémique. Cette même année, sa relation avec la chanteuse canadienne Claire Boucher, alias Grimes, est dévoilée. Deux ans plus tard, en mai 2020, le couple accueille un heureux événement. Cette fois, un seul, et devinez quoi ? C'est encore un garçon. Et je sais pas si vous êtes prêts pour le prénom du nouveau-né, mais le prénom du petit va être une nouvelle polémique mondiale : X Æ A-12, surnommé X. Un nom de code. Elon Musk est bien d'une autre planète.

Nous sommes alors en 2020. SpaceX est suffisamment développé pour devenir le partenaire numéro 1 de la NASA. À ce moment, il est le 8e homme le plus riche du monde avec 72 milliards de dollars. Son épopée continue. Au début de l'année 2021, la bourse s'envole. Elon Musk a 49 ans, et il devient officiellement l'homme le plus riche du monde : 190 milliards de dollars. Sa seule réaction sur Twitter : "Ça fait bizarre. Bon, au boulot."

Alors, c'est quoi les petits plaisirs quand on est l'homme le plus riche du monde ? On achète quoi ? Et bien, je vais vous le dire. Le 14 avril 2022, Elon Musk annonce avoir envie de racheter Twitter, rien que ça. Au moment où je tourne cet épisode, l'opération à 44 milliards de dollars n'est pas encore complètement bouclée. Elon Musk a annoncé que son objectif principal était de sauver la liberté d'expression, car Twitter, selon lui, est la place publique numérique où sont débattues des questions vitales pour l'avenir de l'humanité. Bon, et ça n'arrive quasiment jamais, mais la situation a changé depuis le tournage de l'épisode. Elon Musk ne veut plus racheter Twitter. Selon lui, l'entreprise n'a pas fourni toutes les informations demandées lors de ce rachat, notamment concernant le nombre de comptes inauthentiques actifs sur le réseau. Vous savez, sur chaque plateforme, il y a des bots qui font un peu gonfler le nombre d'utilisateurs. Bon, ici, Musk aimerait savoir combien. À l'heure où je tourne cet eratom, ça vient de tomber : Twitter a attaqué en justice Elon Musk, et le procès aura lieu en octobre. Affaire à suivre. Fin de cet aparté, et on retourne au studio.

Le rachat de Twitter n'est pas la seule grande annonce qu'Elon Musk fait en 2022. Cette même année, le couple se sépare, annonce la naissance d'un nouvel enfant : une fille cette fois, la première des huit enfants du milliardaire, née quelques mois auparavant en décembre 2021 d'une mère porteuse et prénommée Exa Dark Sideræl, surnommée Y.

Alors, jusqu'où ira l'homme le plus riche du monde ? Entre tourisme spatial, transport électrique, transport supersonique, il divise. Certains le trouvent provocateur, dangereux. D'autres le trouvent visionnaire, génial. Chacun se fera son avis sur ce jeune geek sud-africain devenu homme le plus riche de la planète. C'était l'histoire d'Elon Musk.

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