Transcription
Il est d'autorité publique qu'après une journée bien remplie de jeux, de lumière, de rire et de nourriture, un nouveau-né — et oui, on parle bien de bébé ici — va, à un moment donné, tout simplement commencer à pleurer.
Et ce n'est non pas parce que quelque chose en particulier ne va pas, mais tout simplement parce qu'il est submergé d'expérience. Dans cette situation, le réflexe classique d'un parent qui connaît son rôle est d'offrir une sieste à l'enfant pour permettre à son cerveau de digérer les nouvelles choses qui viennent d'être ingérées.
Ce qui est intéressant maintenant, c'est de mettre ça en perspective vis-à-vis de nous-mêmes. Parce que si je te demandais de regarder ton agenda, il y a de fortes chances que, toi comme moi, on ait tendance à vite oublier cette sagesse par moment.
Que ce soit entre le travail, les réunions, nos projets, la vie sociale, familiale, les amours, nos passions, le sport, et j'en passe, nous surchargeons nos journées de tâches et de nouveautés constantes.
Et c'est seulement quand on est au bord du gouffre qu'on se demande : "Eh bien, pourquoi est-ce que je me sens comme ça ?" Bien joué, Sherlock. Bref, c'est un voyage en quête d'exploration où on ne prend pas le temps d'apprécier le paysage et où on se précipite d'une destination à une autre, nous faisant le plus souvent abandonner à mi-parcours.
Dans ce grand jeu qu'est la vie, peut-être que la solution n'est pas toujours d'en faire plus. Et peut-être, juste peut-être, que la solution est d'en faire moins. Parce que bon, je ne t'apprends rien si je te dis qu'on a souvent tendance à faire un lien biaisé entre l'idée de faire plus dans un domaine pour réussir dans un autre.
Le piège vient majoritairement de l'idée que rester constamment occupé ou prendre davantage de responsabilités, c'est bien, parce que ça donne un peu un sens à la vie. Remplir chaque heure de nos journées, c'est la clé pour un jour être heureux.
Et en faisant ça, on ferme les yeux sur la réelle étendue de nos capacités pour finir par se demander d'où vient le stress qu'on ressent. Jusqu'à arriver à un point où tous nos engagements nous amènent à prendre des décisions qu'on va appeler des grosses décisions de merde, que ce soit au niveau du travail, des amis, voire même de ce qu'on va manger pour le dîner.
Car on expérimente ce qu'on appelle la fatigue décisionnelle, théorisée à la fin des années 90 par le psychologue américain Roy Baumeister. Tout part d'un principe assez simple et compréhensible : à l'instar du corps, le cerveau se fatigue après trop d'efforts.
Comme Internet le dit, et comme ChatGPT le confirme, un humain moyen prend environ 35 000 décisions par jour. Bon, on ne va pas faire attention à ce chiffre et on va se dire qu'il est cohérent via une suspension consentie de l'incrédulité collective.
Quoi que, si quelqu'un pouvait me faire une démonstration de si oui ou non c'est cohérent, ça me ferait assez rire. Même si la majorité de ces décisions sont prises de manière inconsciente, parfois elles nous amènent à saturation et se manifestent souvent de deux manières différentes : via la paralysie décisionnelle ou encore la décision active.
En gros, soit tu ne sais pas quoi manger au dîner et finalement tu ne manges pas, soit tu ne sais pas quoi manger au dîner et donc ça sera de la malbouffe, comme d'hab. Pour faire face à ça, il y a des classiques comme déléguer les décisions les plus mineures à d'autres, ce qui est très, très, très loin d'être faisable pour tous.
Ou alors, répéter certains types de décisions pour ne plus se prendre le chou, comme s'habiller tout le temps avec le même skin, un peu comme le font Barack Obama ou Bill Gates, en tout cas selon Google.
Sinon, il y a une autre astuce que tu connais sûrement : c'est celle de prendre les décisions les plus critiques en début de journée, le moment où ton cerveau est ce qu'on va appeler le plus frais.
Sachant que la fatigue décisionnelle a aussi un impact sur ta maîtrise de soi et tes émotions, c'est notamment une des raisons qui te poussaient à devenir de plus en plus insupportable au fur et à mesure que ta journée de cours progressait quand tu étais à l'école.
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Enfin bref, arrivé ici, je vais faire un truc dont je ne suis pas forcément le plus fan : partager une citation d'Alan Watts à propos du fait que le sens de la vie est simplement d'être vivant. C'est tellement évident et simple, et pourtant tout le monde court dans tous les sens, paniqué, comme s'il fallait accomplir quelque chose au-delà de soi-même.
Parce que oui, une des façons pour nous, Monsieur et Madame Tout-le-Monde, d'échapper aux pièges d'une vie complexe et fatiguante, c'est peut-être de prendre un peu plus au sérieux ce qu'il reste de notre enfance au fond de nous.
Et donc de prendre les choses qui nous arrivent de façon calme et juste, simple. Alors évidemment, c'est de la généralisation. Ça ne veut pas dire qu'il faut devenir simplement un branleur et ne plus rien faire, ou alors tout prendre et le simplifier à outrance.
Mais j'espère bien que vous m'avez compris, que ce soit en apprenant à dire non ou en limitant le nombre de personnes et d'engagements dans nos vies. Bref, en se concentrant sur moins de choses, mais en s'assurant qu'elles comptent vraiment.
Parce que réduire nos obligations, ce n'est pas de la fainéantise, c'est de la clarté. Et voici concrètement, et selon moi, mais pas que, évidemment, les choses à faire pour simplifier nos vies.
Au-delà des tâches et des responsabilités excessives, il y a un autre facteur qui contribue à notre épuisement : le flot constant d'informations que nous consommons chaque jour, et notamment les mises à jour incessantes des actualités.
Je ne veux pas trop généraliser par peur qu'un vrai expert vienne m'expliquer que j'ai complètement tort, mais il me semble logique d'affirmer que pendant une grande partie de l'histoire, l'information restait quelque chose de rare.
Les nouvelles étaient quelque chose qu'on apprenait occasionnellement, et elles étaient souvent importantes. Je vais mettre souvent entre des grandes guillemets imaginaires, parce que je n'y étais évidemment pas.
Mais aujourd'hui, les actualités sont une marchandise toujours disponible et surtout toujours urgente. Il y a du bon, mais parce qu'elles sont omniprésentes, nous avons été conditionnés à penser que nous devons rester informés de tout ce qui se passe dans le monde.
Le résultat ? Souvent de l'anxiété et une surexcitation mentale, et surtout parfois des débats relous en repas de famille. Le problème, c'est que toutes les informations ne sont pas nécessaires, et la plupart sont totalement hors de notre contrôle.
Tu te stresses à propos d'événements mondiaux tout en négligeant ton entourage immédiat et toi-même. Bref, l'une des choses les plus saines que nous puissions faire est de limiter notre consommation d'informations.
Non pas parce qu'on ne se soucie pas de ce qui se passe, mais parce qu'on doit tout simplement donner la priorité à notre bien-être mental et limiter la quantité d'informations qui entre afin de libérer de l'espace pour faire de la place à ce qui compte vraiment.
Donc, en une phrase, soyons intentionnels dans ce que nous laissons entrer dans notre esprit. Et en dehors de ce qu'on fait rentrer dans nos esprits, il faut aussi faire attention à ce qu'on fait rentrer dans nos journées.
Et là encore, je vais utiliser une citation, cette fois de Nietzsche, beaucoup plus bancale, dont la source est floue et qui pourrait faire bondir plus d'un, dont moi la première fois que je l'ai lue.
Mais qui, en gros, dit : "Écoute, BG, si tu n'as pas les deux tiers de ta journée de libre, même si tu es le président, tu restes un esclave."
Et maintenant, prenons cette citation avec des pincettes. Bien qu'accomplir toutes nos tâches prévues soit théoriquement possible sur une journée — enfin, ça dépend pour qui, mais tu m'as compris — il est fort probable que ce ne soit pas la chose la plus conseillée à faire.
Et que suivre des routines où tout s'enchaîne toutes les 30 minutes et où il est nécessaire de vivre avec un chronomètre dans le popotin, ce n'est pas très, très simple.
Donc ici, ce que je recommande, c'est ce que j'appelle la règle de 3. Alors, je ne sais pas si ça existe, et j'imagine que oui sous un autre nom. En tout cas, c'est comme ça que je m'organise personnellement, notamment dans ma vie entre mon travail, YouTube, le sport, mes activités, projets, ma vie sociale, familiale, et les moments où j'ai juste envie de rien devant une série.
Le principe est simple : pour planifier ce que je souhaite faire, je décompose tout en quatre échelles : une échelle macro, une échelle méso, une échelle micro et une échelle nano.
L'organisation macro est liée aux objectifs que je veux accomplir sur une échelle de 1 an et plus. J'y inclus généralement trois tâches qui sont la priorité sur une durée donnée, pas plus.
L'organisation méso est liée aux objectifs que je veux accomplir sur une échelle de 3 mois à 1 an. C'est souvent d'ailleurs la décomposition des choses qu'il faut que je fasse pour accomplir les trois tâches du niveau macro, ou alors exceptionnellement un nouvel objectif que je sais possible d'accomplir sur cette échelle de temps, genre je ne sais pas, par exemple un semi-marathon.
Dans tous les cas ici, il n'y a pas plus de six tâches maximum. L'organisation micro se joue entre 1 à 3 mois, même chose qu'en haut, mais pour décomposer le niveau méso ou alors pour avoir un nouvel objectif faisable sur ce laps de temps.
Et ici, c'est pas plus de neuf tâches maximum. Enfin, le niveau nano correspond aux objectifs sur un jour ou une semaine, tout simplement, et la même chose qu'en haut, mais avec 12 tâches maximum.
Bon, alors évidemment, ce n'est pas universel et je pense que ça mérite un énorme travail d'adaptation pour chacun, mais c'est comme ça que je fais depuis quelques années. Jusqu'à maintenant, ça fonctionne plutôt bien.
Alors oui, parfois je suis frustré parce que je me dis que je pourrais faire plus, mais avec le temps, j'ai compris qu'il valait mieux que j'accomplisse tout et que je garde en moi cette sensation d'en avoir en réserve plutôt que l'inverse.
Le sommeil, c'est le conseil le plus important de cette vidéo, sans aucune forme de blague. C'est 7 heures minimum. C'est parfois la vraie cause invisible de beaucoup de nos soucis, et on a tendance à sous-estimer son impact sur nos vies.
C'est pour ça que je t'invite aussi à faire quelque chose que tu faisais naturellement enfant, quand tu avais passé la première partie de la journée à te dépenser : une petite sieste. 15 minutes, c'est suffisant, 30 minutes max pour éviter de se dérégler.
Enfin bref, parfois on ne prend pas assez en compte les bénéfices de faire des petites siestes. Donc n'hésite pas, fais dodo. Puis le dodo, c'est bien, mais accompagné de ce qu'on va appeler de la réflexion intentionnelle, c'est mieux.
Alors ça, c'est assez simple. N'hésite pas à prendre parfois 10 à 15 minutes dans tes journées pour te poser seul avec tes pensées et noter tes réflexions, pensées non résolues ou préoccupations silencieuses qui sapent ton énergie.
Alors oui, c'est une forme de méditation, journaling, tu appelles ça comme tu veux, mais tu m'as compris. Souvent, la vie va si vite qu'on prend rarement le temps de digérer ce qui nous arrive.
Et cette course nous laisse avec un bagage mental, c'est-à-dire des idées inachevées, des inquiétudes non exprimées et un sentiment diffus de mal-être. Et si on ne prend pas volontairement le temps d'y réfléchir, eh bien, ce désordre ne fait que s'accumuler.
Laisser les choses s'accumuler, peu importe le contexte, c'est néfaste. Donc la réflexion est un tri sur la façon dont on se sent et dont on voit le monde.
Et le tri, c'est cool. Une réalité à ne jamais oublier, c'est qu'il n'existe pas de guide de la vie parfaite. Même cette vidéo n'en est pas un du tout.
Certains te diront de te surpasser, d'autres de ralentir. Pour toi, réussir, c'est conquérir le monde et viser la célébrité. Pour d'autres, c'est rester dans leur calme et atteindre la longévité.
En fait, la seule vérité est qu'il faut vivre selon nos propres standards. Parce qu'essayer de suivre les règles de tout le monde ne mène qu'à la frustration.
Et que la vie n'est pas une compétition pour savoir qui suit le plus de conseils. C'est trouver ce qui fonctionne pour toi et juste t'y tenir.
À titre personnel, je pense que les plus grandes récompenses de la vie ne se trouvent pas dans la poursuite incessante, mais plutôt dans les moments calmes où nous sommes pleinement présents.
Des moments qui passent souvent inaperçus quand on est trop occupé à courir après autre chose. Alors à nouveau, peut-être que la solution n'est pas d'ajouter plus à nos vies, mais de retirer ce qui ne nous sert pas.
Et surtout, peut-être qu'il nous faut vraiment plus de siestes. Salut !
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