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ABC de l'Alchimie : des erreurs à éviter pour se conduire dans le labyrinthe hermétique - partie 2

Ordre Martiniste Opératif1:03:21

Transcription

[Musique]

Ce sujet est sans doute l'une des plus grandes énigmes de l'œuvre. Le Spiritus Mundi est notre grande inconnue, sans lequel rien ne peut se faire.

Certains disent qu'il s'agit de la rosée, mais comme nous l'avons vu, il n'est pas question ici de la rosée vulgaire, cette humidité qui tombe durant la nuit sur le sol et que certains récoltent avant le lever du soleil. Les philosophes ont usé de métaphores pour cacher les matières de l'œuvre et leurs effets. Notre rosée désigne à la fois notre matière, la façon de l'appliquer, son origine philosophique et son effet dans l'œuvre.

Jean Laplace, dans ses commentaires du Mucus Lieber, nous dit à juste titre à propos de la rosée que plusieurs alchimistes ont regardé la rosée des mois de mai, septembre comme la matière de l'œuvre hermétique, fondée sans doute sur ce que plusieurs auteurs ont avancé que la rosée était le réservoir de l'esprit universel de la nature. Mais quand on médite sérieusement sur les textes des vrais philosophes, dans lesquels il parle de leur rosée, on est bientôt convaincu qu'il ne parle qu'en parce que par similitude et que la leur est une rosée proprement métallique.

Il y en a également qui parle du Spiritus Mundi comme une information ou quelque chose qui n'est pas de ce monde, comme s'il s'agissait d'une espèce d'énergie qui viendrait de l'invisible ou de l'air extérieur et qui pénétrerait dans l'œuvre. Ils parlent de créer une coupe, donc un contenant, pour accueillir sa Spirou tous Moundy ou cet élément étranger qui viendrait d'un autre monde. C'est un peu la même philosophie que celle qui voudrait que les astres ou nos émotions aient une influence sur notre œuvre.

En réalité, y compris l'esprit universel que nous cherchons, provient de cette unique et première matière dont nous dit Hermès tout a été fait par adaptation. Fulcanelli nous dit à ce sujet dans les Mystères des Cathédrales que l'esprit universel corporifie dans les minéraux sous le nom alchimique de soufre, constitue le principe et l'agent efficace de toutes les teintures métalliques. Puis il rajoute à un autre endroit qu'il est donc nécessaire que le corps périsse, qu'il soit crucifié et qu'il meure, selon veut extraire l'âme, vie métallique et rosée céleste qu'il tenait enfermé.

Donc, c'est par ce que nous travaillons sur la substance première présente dans toute chose de façon différenciée, mais subsistante dans notre matière, premièrement sa forme la plus pure, encore indifférenciée, que notre esprit est qualifié d'universel. L'artiste capte l'esprit du monde en l'extirpant de notre matière, en la dégageant de sa gangue. Il ne faut donc un adjoint, né pour la dégager, et un récipient pour la conserver, que certains philosophes comme Bâsdorf nomme filet ou lion vert, d'autres comme Fulcanelli vase. Certaines illustrations la représentent comme une fontaine, un bain, une goutte ou encore un matras. L'appeler une coupe est également approprié, car le sang du Christ n'est-il pas contenu dans la coupe du Graal ? La coupe et le sang, le récipient et le contenant sont une et même chose, provenant d'une seule et même racine.

Oui, nous sommes d'accord pour dire que la coupe contient une essence qui n'est pas de ce monde, car elle n'est pas manifestée telle qu'elle sous notre plan. C'est l'artiste qui la rend manifeste, et qu'il s'agit d'une naissance divine qui s'éloigne fortement du plan des manifestations qui tombent sous nos sens au quotidien. L'artiste la ressent par ses effets vibratoires et énergétiques. Il observe son activité au sein de son laboratoire, mais il est conscient que la véritable sujet de l'œuvre est d'une origine plus divine, humaine, et c'est lui qui sera son guide tout au long de l'œuvre, à la fois intérieurement et extérieurement.

Voyons maintenant l'alchimie du côté du candidat qui débute son cheminement. Il nous est arrivé souvent de tomber sur des vidéos qui nous expliquent qu'il est impossible de faire la pierre si on désire la pierre. En ce sens, ils affirment que désirer posséder la pierre philosophale est le résultat d'une volonté nourrie par les peurs, que tant que nous serons dans un désir de possession, nous serons dans la dualité et qu'il ne sera impossible alors d'atteindre le but.

Chercher alors, voici une affirmation très audacieuse, d'autant plus que si vous lisez les textes des anciens maîtres, Fulcanelli, le sens, l'alerte, enjeu, Maurien, Limoges, dédié, Arnaud de Villeneuve, le fil allaite, ou encore Nicolas Flamel, pour nommer que quelques-uns des plus sérieux, tous nous mentionnent avoir voulu posséder la pierre, qu'il est bon de vouloir quelque chose d'aussi sain, et que c'est à force de persévérance que Dieu a fini par leur faire miséricorde et leur accorder la révélation de la matière première et de leur fontaine mystérieuse. Comment voulez-vous réaliser quelque chose sans avoir aucune volonté pour le faire ? D'où vient, d'après vous, la nécessité de l'effort constructif ? Est-ce que vous êtes plutôt du genre à subir les événements, ou est-ce que vous prenez des initiatives et prenez le taureau par les cornes ?

Alors, essayez cette philosophie dans votre vie, n'ayez aucune volonté et regardez comment les choses se passent. Bien sûr, inutile d'être un génie pour comprendre quel en sera le résultat. Cette pensée est tellement anti-initiatique que sont les presque révoltant. Toute la démarche initiatique consiste à entraîner la volonté, à lire le mental, atténuer les défauts et maîtriser sa personnalité et son astral. Il s'agit d'agir dans le monde avec une volonté éclairée. La volonté est un acte conscient. Vous voulez quelque chose, vous en êtes conscient et vous faites des démarches pour. Si ce n'est pas votre conscience qui dirige votre vie, qui en est le gouverneur ? Alors vos désirs, vos passions, seriez-vous alors ballotté à droite et à gauche par vos émotions ? Voulez-vous vraiment vivre suivant quelque chose d'aussi éphémère que vos émotions et désirs temporels, ou est-ce que vous voulez vous diriger, ou diriger votre vie, vers des principes et une quête plus noble, plus lumineuse, et vers la permanence et la stabilité des vertus ?

Eh bien, réfléchissez-y et vous verrez rapidement que le cheminement spirituel et initiatique ne se fait pas tout seul. La volonté de parcourir doit être mue par quelque chose qu'on appelle le pur désir, celui de se réaliser, de se connaître soi-même et de connaître Dieu, de participer de concert aux grands mouvements et principes immuables de la création. Oui, il s'agit bien d'un désir, d'un sentiment noble, d'une passion éclairée que certains ont nommée feu sacré et qui animent l'initié ou l'élu et le pousse à entreprendre ce grand cheminement qui est le grand œuvre intérieur ou extérieur, dans lequel il applique sa volonté à l'objet de sa recherche et de sa quête. De plus, ceux qui ont un minimum de base en magie savent que la volonté bien dirigée est la clé de tout être, de tout acte magique efficace. La volonté animée par la pensée, le verbe et l'action du mage engendre une spirale de vibration qui trouve son chemin dans l'invisible et rejoint l'égrégore concerné.

Avec des propos si maladroits, on ne s'étonne pas que cette même personne nous raconte qu'il rate ses rituels magiques. Avec des principes aussi douteux et une philosophie aussi contre-productive, c'était de toute façon la seule issue possible, car celui qui réussit le grand œuvre a la connaissance des petits mystères de la nature et des grands mystères de l'homme. Il est facile par la suite de composer un rituel magique, au mieux théorique, qui obéisse aux grands principes universels. Donc, si vous ne désirez pas la pierre, il n'y a aucune raison pour vous d'entreprendre le grand œuvre. Si vous n'appliquez pas votre pensée, votre désir et vos actes à l'étude, à la prière, à la méditation, au travail, vous n'arriverez jamais à rien.

Ceux qui pensent que le désir de la pierre mène à la corruption n'ont tout simplement pas la bonne philosophie, ou autrement dit, n'ont rien compris à notre philosophie. Mais peut-être repensent-ils cela parce qu'il considère notre pierre comme un caillou comme les autres. En réalité, quand on pense qu'on peut faire la pierre à partir de n'importe quelle matière, ce n'est pas étonnant. Or, pour le philosophe du feu, la pierre philosophale est la manifestation de l'état christique dans la matière même. C'est le couronnement du savoir et de la maîtrise de l'artiste. Cette pierre est l'aboutissement d'un esprit parfaitement élevé au rang du démiurge incarné. Elle renferme la fréquence vibratoire de Dieu et contient en elle une énergie capable d'agir sur tous les règnes de la nature et d'amener la conscience de l'opérateur au même degré de perfectionnement.

Comme nous allons le voir, et nous devons insister dessus, il n'y a qu'une seule et unique matière qui renferme la substance sacrée dont nous avons besoin. Quant au problème de la dualité, qui en réalité n'en est pas un, le grand œuvre tout entier est le témoin même de la nécessité de la dualité dans le processus initiatique et dans le perfectionnement de toute chose. Si la pierre n'était qu'esprit ou que corps, l'œuvre alchimique elle-même serait impossible à réaliser. Mais ce n'est pas le cas, car la pierre est à la fois un corps, âme et esprit, qui ne forment qu'une seule chose. L'un est nécessaire à l'autre pour se perfectionner.

Fulcanelli nous dit avec raison dans les Demeures que là où est la lumière, là aussi doit être nécessairement le véhicule de cette lumière. Et il nous dit, en parlant de deux matières de l'œuvre, que si les réactions sont nécessairement provoquées par l'une, elles ne s'exercent qu'en rompant l'équilibre de l'autre. Voilà qui est quand même assez explicite. Nous laissons à votre jugement final la considération de cette dualité et sa rejeté ou au contraire, est-elle un élément inhérent au cheminement et au perfectionnement de la conscience ?

Les maîtres nous répètent à foison que l'alchimie est un don de Dieu, qu'il le donne à qui le veut, à qui il le juge bon. En ce sens, il mentionne également la nécessité pour le candidat à la science d'être pur dans son désir et d'avoir déjà accompli un minimum de travail sur soi, quant à l'orgueil, l'envie, la jalousie ou tout autre défaut ou vice qui ferait barrière à la lumière révélatrice. C'est pour cela que les philosophes disent que leur science est réservée à une élite. Bien sûr, on parle ici d'élite spirituelle, et c'est de là que vient également la notion d'élu. Le candidat qui reçoit la révélation de la matière première est considéré comme un élu de l'irrégoral chimique. Il peut à ce moment débuter son cheminement sous le sentier du grand œuvre. À partir de là, il se relie par son travail et son étude à la chaîne de maîtres qui l'ont précédé, ce qui fait qu'à aucun moment l'élu n'est seul sur son sentier.

De nombreux auteurs comme Nicolas Flamel, Cyliani, Bernard Loteri, Visan, pour n'en citer que quelques-uns, affirment avoir reçu leur révélation par les rêves. En effet, les rêves constituent une ressource importante pour l'artiste, mais ceci est un aspect que nous allons développer plus loin dans cette conférence. Nous allons maintenant laisser la parole aux philosophes et nous ouvrons le bal avec Fulcanelli.

On sait que l'alchimie est fondée sur les métamorphoses physiques opérées par l'esprit, dénomination donnée au dynamisme universel émané de la divinité, lequel entretient la vie et le mouvement, provoque l'arrêt ou la mort, évolue la substance et s'affirme comme le seul animateur de tout ce qui est. L'esprit agent universel constitue dans la réalisation de l'œuvre la principale inconnue, dont la détermination a sur le plein succès. Mais celle-ci, dépassant les bandes de l'entendement humain, ne peut être attris, ne peut être acquise que par révélation divine. Dieu, répètent les maîtres, donne la sagesse à qui lui plaît et la transmet par l'Esprit Saint, lumière du monde. C'est pourquoi la science est dite un don de Dieu, autrefois réservé à ses ministres, d'où le nom d'art sacré, tel qu'elle portait à l'origine.

Ajoutons qu'au Moyen Âge, le don de Dieu s'appliquait au Secretum Secretorum, ce qui revient précisément au secret par excellence, celui de l'esprit universel. Et Jean d'Espagne nous dit dans l'œuvre secrète de la philosophie d'Hermès : "La connaissance et la lumière de cette science sont un don de Dieu, qu'il révèle par une grâce spéciale à qui il plaît. Que personne donc n'embrasse cette étude s'il n'a le cœur pur et si dégagé de l'attachement aux choses de ce monde et de tout désir coupable. Il ne s'est entièrement voué à Dieu."

Et dans le même sens, le sens elle rien tourangeau, je le regardais parlant de Bernard le Trévisan comme trompeur et amusant des lecteurs, mais à l'instant même, je l'excusais sur ce que cette science était un don de Dieu, qu'il distribue lui-même à qui il veut pour la comprendre. Si Dieu me le permet, ayant donc recours à lui et tâchons de fléchir sa miséricorde.

Les Mangeons de Saint-Didier nous parle également tout au long de cet ouvrage, tout au long de ces ouvrages, dont voici quelques extraits : "Mais souvenez-vous, enfants de la science, que la connaissance de notre magister vient plutôt de l'inspiration du ciel que des lumières que nous pouvons acquérir par nous-mêmes. Cette vérité est reconnue de tous les philosophes. Il ne vous reste qu'à prier Dieu qu'il veuille bien vous faire parvenir la possession d'un joyau qui est d'un prix inestimable. Ayez la droiture dans le cœur et proposez-vous dans votre travail une fin honnête, autrement Dieu ne vous accordera rien, car il ne communique aussi grand don qu'à ceux qui veulent en faire bon usage et il en prive ceux qui ont le destin de s'en servir pour commettre le mal. La connaissance de ce secret est plutôt un don du ciel qu'une lumière acquise par la force du raisonnement qui lit cependant les écrits des philosophes, qu'il médite et surtout qu'il prie. Il n'y a point de difficultés qui ne soit éclaircie par le travail, la méditation et la prière."

Enfin, terminons avec Louis Figuier, qui adresse dans son ouvrage Alchimie et les Alchimistes ses encouragements : "Fils de la science, il ne reste plus, dit l'Arabe Albert, qu'à louer et à bénir en cet endroit le très haut et très glorieux Dieu Créateur de toutes les natures, de ce qu'il a daigné nous révéler les médecines que nous avons vu et connu par expérience, car c'est par sa sainte inspiration que nous sommes que nous nous sommes appliqués à les chercher avec bien de la peine. Courage donc, fils de la science, cherchez et vous trouverez infailliblement ce don très excellent de Dieu, qui est réservé pour vous seul. Et vous, enfants de l'iniquité, qui avez une mauvaise intention, fuyez bien loin de cette science, parce qu'elle est votre ennemi et votre ruine, qu'elle vous causera très assurément. Que la providence divine ne permettra jamais que vous jouiez de ce don de Dieu, qui est caché pour vous et qui vous est défendu."

Donc, nous voilà maintenant rendus à la partie de nos parlions depuis le début sans avoir pour autant eu l'occasion de développer dessus. C'est maintenant le moment d'en parler. Donc, nous avons déjà dit à plusieurs reprises que la matière des philosophes est unique. Elle est appelée matière première, car c'est la matière vile et vulgaire que l'artiste va élire au commencement de son œuvre et duquel il va extirper nos premières matières. Donc, si la matière première peut se trouver dans la mine et être achetée pour une somme dérisoire au marché, les premières matières, elles, sont préparées par l'artiste. Elles sont appelées première matière et non matière première, car c'est avec quelques débuts toutes choses.

Donc, Hermès nous enseigne dans sa Table d'Émeraude que "comme toutes les choses sont et proviennent de l'un et par la médiation d'un, ainsi toutes les choses sont nées de cette chose unique par adaptation." Et c'est exactement pour cette raison que notre première matière est la source de toute vie, car toute chose a été faite à partir de cette substance, simplement par adaptation. C'est une matière indifférenciée, à la fois mâle et femelle, contenant toute potentialité, y compris celle d'être amenée à la perfection. Seule cette matière permet la réalisation du Grand Œuvre, car c'est la base dont Dieu s'est servi pour créer toutes choses. C'est la seule substance qui, parce qu'elle n'est pas encore différenciée, peut être développée jusqu'à l'état christique.

Le règne minéral, végétal ou animal, eux, ils sont soumis aux limites de leur propre nature, c'est-à-dire qu'un gland donnera toujours un chêne et pas autre chose. Deux chiens qui s'accouplent ne donneront pas autre chose que notre chien. L'esprit qui leur a été insufflé est déjà différencié et orienté vers le règne qui lui est propre. Ces matières ne peuvent donc pas servir au grand œuvre, quand bien même vous feriez l'extraction de l'esprit d'une plante pour soi-disant la réincruster, vous n'aurez à ce moment-là que l'esprit à l'origine de cette espèce, soit un esprit déjà orienté et donc impropre à l'œuvre. Ce n'est pourtant pas bien compliqué à comprendre.

Voici ce que nous dit Limousin le Saint-Didier très clairement et très simplement : "Toutes choses sont d'elles, par elles et en elles. Puisque vous avez déjà vu que la pierre n'est pas seulement la première matière de tous les êtres contenus sous le genre minéral et métallique, mais encore qu'elle est unie à la matière universelle dans toutes choses ont pris naissance." Il est donc une matière unique au monde qui renferme en grande quantité et surtout dans les bonnes proportions cette substance première et universelle dont l'artiste a besoin.

À ce sujet, il y a un minéral connu des vrais savants qui le cachent dans leurs écrits sous divers noms, lequel contient abondamment le fixe et le volatile. Le Breton nous dit également dans cette clé : "Il se trouve certains minéraux qui contient quantité de pur Mercure et de pur Soufre, et dans la préparation n'est pas même difficile à un bon artiste." Le minéral unique qui abonde en l'un et l'autre esprit, aisé à séparer, est caché sous presque autant de noms différents qu'il y a de choses au monde.

Panapolis nous dit également : "L'univers est un, car il est composé d'une seule substance indifférentielle d'origine. C'est par cette substance unique que l'univers s'est constitué et c'est à cette substance unique que l'univers se ramènera par dissolution. Si cette substance ne contenait pas l'univers, c'est-à-dire si elle ne la recevait pas en potentialité, cet univers n'existerait pas."

Donc, les philosophes enseignent de prendre cette matière dans le règne minéral, et pour une raison bien évidente : le règne minéral est le premier règne à faire son apparition, que ce soit sous forme de poussière d'étoiles ou sous une forme plus agglomérée, comme nous l'avons sur terre. Donc, si nous cherchons l'origine de la vie, il semble logique que nous commencions nos recherches au premier règne créé. Dans ce règne, il est une matière dans Fulcanelli nous dit avec raison qu'elle n'est pas complètement métal, ni complètement minérale, mais qu'elle tient le milieu entre les deux, et qui contient la plus pure et la plus proche substance de l'origine premier, qui est le point de départ pour le développement du règne et aussi celui des autres règnes. C'est à partir de cette matière que l'esprit se différencie et s'oriente par adaptation selon les nécessités de la nature et de l'homme. C'est à partir de ce fait que les philosophes nous disent que cette matière se trouve en toute chose, en tout lieu et en tout temps, et chez toutes les personnes.

Sur ce point particulier, je vous invite à lire Global sur les trois parties de l'œuvre minérale, ainsi que Marc Antonio Crasselam dans la Lumière sortant par soi-même des ténèbres. Donc, le principe de la génération des métaux est attesté par l'ensemble des bons philosophes, et toute notre démarche philosophique et expérimentale repose sur la compréhension de ce principe. Il faut soit être aveugle, ignorant, ou faire preuve de mauvaise foi pour se convaincre, après avoir lu les textes classiques de la littérature alchimique, que notre matière première se situe hors du règne minéral.

Limoges Saint-Didier nous dit encore, en s'adressant à ces derniers : "Que ceux qui sont assez malheureux pour perdre leur temps à travailler sur des matières étrangères ou éloignées, se trouvent assez éclairés par la lecture de ce livre, en parlant de son livre, pour connaître la vraie et unique matière des philosophes." Et nous espérons également qu'à la suite de cette vidéo, vous aurez également suffisamment de perspicacité, de clairvoyance pour orienter vos recherches selon la philosophie naturelle, si vous décidez et vous désirez entreprendre le grand œuvre.

Voyons un peu également ce que les autres philosophes nous disent sous cette mystérieuse matière. Alexander Roub, dans Mystic et Alchimie, nous dit : "L'on connaît les vrais philosophes à la matière qu'ils emploient sur le pour le magistère. Ceux-là sont dans l'erreur qui se sert de diverses matières pour composer leur mercure, c'est-à-dire de matière de diverses natures. Elle est une, et quoiqu'elle se trouve partout et en tout, elle ne peut se tirer que de sa propre mine."

Citons également à nouveau Limousin de Saint-Didier : "C'est un grand point de trouver la véritable matière qui est le sujet de notre œuvre. Il faut percer pour cela mille voiles obscures dont elle est enveloppée. Il faut la distinguer par son propre nom entre un million de noms extraordinaires dans les philosophes l'ont diversement exprimé."

Enfin, terminons avec Fulcanelli : "La matière philosophale est donc d'origine minérale et métallique. Partant, il ne faut la chercher que dans la racine minérale et métallique, laquelle, dit Basile Valentin au livre de 12 clés, fut réservée par le créateur et promise à la génération seule des métaux. En conséquence, celui qui cherchera la pierre sacrée des philosophes avec l'espoir de rencontrer dans ce petit monde, ce petit monde, dans les substances étrangères au règne minéral et métallique, celui-là n'arrivera jamais au terme de ses dessins."

Nous voyons donc à l'unanimité des maîtres passés qui sont reconnus au moins pour avoir réussi leur œuvre, que la matière première est d'origine minérale et métallique. Bien entendu, après, chacun est responsable de sa propre voie. Libre à vous de prendre votre matière première dans le règne végétal ou animal, mais tant que vous ne travaillez pas sur cette unique et sur cette unique matière et particulière, vous faites tout autre chose, sauf de l'alchimie. Pourquoi ? Parce que le Grand Œuvre commence avec l'obtention des premières matières pures et dégagées de leur gangue. C'est souvent, en fait, à partir de cette matière pure et épurée que les auteurs ont commencé la plupart de leurs écrits.

Il n'y a donc une matière qui puisse fournir la substance primordiale que nous cherchons, et toutes les opérations que décrivent les philosophes sont obscures pour ceux qui travaillent sur les autres matières, mais deviennent cependant très claires pour celui qui œuvre sur la vraie matière, car il n'y a que cette matière qui puisse coïncider et correspondre exactement aux opérations philosophiques que les auteurs décrivent. Tous les autres souffleurs tentent moult opérations sophistiquées avec plein alambic cornu ou autre outil moderne, croyant suivre par cette voie la voie des philosophes, alors qu'ils ne se rendent même pas compte qu'ils œuvrent selon les principes et les opérations de la chimie moderne. Et souvent, puisqu'il n'arrive pas à faire coïncider leurs résultats aux descriptions des philosophes, ils finissent simplement par apprendre uniquement ce qui leur plaît dans les écrits et élaborer par la suite leur propre conclusions. Cela marque l'œuvre et, comme nous le voyons souvent, leurs conclusions n'ont aucun fondement réel, aucune cohérence et aucun appui sérieux.

Il y en a certains aussi qui sont plus attirés par le côté fantastique et merveilleux de l'œuvre. Ils laissent de côté leur esprit critique et leur faculté d'analyse et font leur propre interprétation de l'œuvre selon leur propre émotions et sentiments du moment. Bien évidemment, on ne saurait parvenir à la connaissance du grand œuvre et des lois immuables de la nature uniquement à partir de sensations et d'émotions éphémères. Si le sentiment de la foi et de la certitude est appréciable, il doit nécessairement être accompagné d'un contrôle de la pensée et de la logique. Au laboratoire, comme nous l'avons déjà expliqué, l'alchimie est un art à la fois gnostique et mystique.

Enfin, pour finir avec ce sujet, nous attendons bien souvent l'antimoine vulgaire, désigné comme première matière. Et pour vous éviter du trouble et surtout préserver votre santé, nous vous disons tout de suite que ce n'est pas une matière convenable pour le grand-père. Nous avons fait de gros efforts au sein des volets alchimiques que nous proposons sur notre site pour doubler, pour déblayer la science et vous éviter des erreurs coûteuses et grossières. Nous vous parlerons de ces volets et surtout de comment ils peuvent vous aider dans vos travaux lorsque nous aborderons ce chapitre.

Il y a un instant, nous avons parlé de la matière première, telle que l'alchimiste peut la trouver dans sa mine, et nous avons mentionné que les premières matières qui découlent de cette matrice sont en vérités les véritables matières de l'œuvre. Nous avons dit déjà dans le premier chapitre de cette conférence que le grand œuvre est une autogénèse, c'est la création d'un nouveau monde suivant les lois immuables de l'univers et de la nature. Mais pour toute génération, les philosophes nous disent que nous avons besoin de deux matières de même espèce mais de nature contraire, soit un mâle et une femelle. Dans l'œuvre en question, le soufre joue le rôle du mâle et le mercure celui de la femelle.

Nous n'allons pas trop nous étendre sur cette partie, car la littérature des philosophes est tout de même assez abondante sur le sujet. De plus, tout au long de nos volets alchimiques qui sont disponibles sur notre site, nous vous aidons à identifier les matières, à identifier les opérations, ainsi que les proportions adéquates pour l'œuvre. À ce sujet, nous dirons simplement que dans l'œuvre, il y a plusieurs mercures qui varient en puissance et en effet, donc ils n'ont pas le même rôle ni le même effet selon les différentes phases du travail. Nous avons également plusieurs souffres qui interviennent. Les philosophes les nomment différemment selon leur intervention dans l'œuvre et selon leurs effets, ce qui fait que beaucoup confondent les agents simples avec les agents philosophiques. Il faut donc être particulièrement attentif lors de nos lectures à ce sujet.

Beaucoup de personnes également, dès qu'ils entendent le nom de mercure ou de soufre, pensent qu'il s'agit du soufre et du mercure vulgaire. Or, il n'en est rien. Il est coutume pour les philosophes d'utiliser des noms vulgaires pour désigner les matières du grand œuvre, qu'elle soit les matières des philosophes ou les matières philosophiques, et bien sûr, selon l'état dans lequel il se trouve et la phase de l'œuvre qu'il décrivent, ils peuvent leur donner une multitude de noms différents. Nous en avons déjà parlé précédemment à plusieurs reprises et cité également plusieurs auteurs à ce sujet. Nous aurons encore l'occasion d'en reparler également dans le chapitre sur l'héritage des philosophes.

Parmi les affirmations les plus grossières et les plus absurdes, certains vont nous dire que le soufre n'est pas une manifestation physique, que son extraction est philosophique, et ils entendent par là qu'il ne s'agirait pas de matière tangible. Et ils nous disent également que quel que soit la matière sur laquelle nous travaillons, le soufre a toujours la même couleur, soit le rouge. Bon, en ce qui concerne les différentes matières premières, nous en avons déjà longuement parlé. Si vous nous avez déjà compris, le reste coule de source.

En ce qui concerne les couleurs, les auteurs parlent généralement de trois couleurs principales dans l'œuvre, soit le noir, le blanc et le rouge. S'il y a ni dans son livre Hermès dévoilé, en mentionne d'autres qui apparaissent au cours de l'œuvre, et Fulcanelli dans ses deux livres nous enseigne également qu'il y a plusieurs couleurs intermédiaires. Certains philosophes parlent du soufre en le qualifiant de plumes de paon ou de caméléons, parce que nos difficultés, mais c'est le cas aussi du mercure qui prend des couleurs différentes au cours de l'œuvre. Donc, il nous faut comprendre ici comment la génération se fait pour comprendre d'où provient la couleur du mercure et réciproquement, d'où provient la teinture de la pierre.

Les Mangeons de Saint-Didier nous dit avec raison dans l'autre tient de DOX et de pyrophiles que ces absurdités viennent en premier lieu de l'ignorance des artistes qui n'ont point autant de connaissances qu'il devrait en avoir de la nature, ni de ce qu'elle est capable d'opérer en chaque chose. Et en second lieu, cela vient d'un manque de pénétration d'esprit qui fait qu'il se laisse aisément tromper aux expressions équivoques que les philosophes se servent pour cacher aux ignorants la matière et ses véritables préparations. Ces deux grands défauts sont cause que ces artistes prennent le change et s'attachent à des sujets auxquels ils voient quelques-unes des qualités extérieures de la véritable matière philosophique, sans faire réflexion au caractère essentiel qui la manifeste au sage. Et sur ce sujet, nous ne pouvons qu'être d'accord avec lui.

Enfin, pour conclure, nous affirmons également que le soufre comme le mercure sont des matières qui sont tangibles dans l'œuvre, que l'artiste peut isoler, peut toucher et peut faire passer de puissance en acte.

Nous allons maintenant toucher un mot sur nos dissolvants ou mercure. Comme nous l'avons dit, il y en a plusieurs qui interviennent dans l'œuvre, et chacun d'entre eux a un rôle spécifique et recèle un degré de puissance différent. Il vous appartient cependant de faire le travail nécessaire pour les identifier et comprendre leur rôle dans les opérations. En ce sens, nos documents chimiques peuvent vous aider à avoir beaucoup plus clair dans vos études. Nous avons suffisamment répété certains principes pour que vous puissiez comprendre que l'origine de tous les dissolvants est notre matière première. Les philosophes se plaisent à dire qu'il n'y a rien d'autre qui ne doit être ajouté à l'œuvre que ceux qui proviennent de notre matière première, en particulier lorsqu'ils nous disent que "nature se réjouit en nature, surmonde nature et contient nature", une citation qui est d'ailleurs bien souvent trop mal comprise.

Replay nous informe en réalité qu'il n'y a qu'un seul corps immonde qui entre dans l'œuvre, et c'est notre lion vert. Et nous dirons même que notre lion vert, bien qu'il ne possède pas le degré de maturité suffisante, provient tout de même de cette unique matière. Ainsi, ceux qui pensent que l'œuvre peut se faire à partir de n'importe quelle matière, nous disent également que "chaque espèce possède son propre orchestre". Cette affirmation n'est pas fausse, mais par là, il se contredisent eux-mêmes. L'alcaise dont il faut mention ne peut pas être à la fois universelle et orientée ou définie à une espèce propre. L'alcaisse, le dissolvant dont nous servons, provient de sa propre matière, comme nous l'avons dit. Il faut cependant un peu d'artifice pour l'extraire, mais pour cela, contrairement à la plupart des artistes modernes, il ne faut ni acide fort, ni natron, ni sel corrosif, autre substance chimique trop intense, autrement nous brûlons notre matière et la rendant impropre au travail.

Ce qui veut dire que quand bien même l'artiste travaillerait sur la bonne matière, en utilisant un premier dissolvant non approprié ou trop concentré, il ne parviendrait pas à extraire nos principes. Pour résoudre cette énigme, la lecture des philosophes devrait vous aider, ou si vous intégrez notre Grande Loge Hermétique, ce point également sur lequel nous pourrions discuter lors de nos tables rondes.

Entre alchimie et fils de la science, voici un autre thème qui nous fait dresser les cheveux sur la tête, tellement nous entendons d'affirmations sans fondement sur la conduite du grand œuvre. Certains nous disent donc qu'il qu'on doit juste disposer nos matières et tout se fait tout seul. D'autres nous disent qu'en fait, on doit juste faire les imbibitions. D'autres encore, nous livrent carrément des recettes de chimie moderne dans leur vidéos sur leur blog. À cela, Jacques Tesson répondit à ses paroles pleines de vérité : "Ceux qui veulent faire notre œuvre par digestion, par distillation vulgaire et par sublimation semblable, et d'autre part trituration, tout cela sont hors du bon chemin, en grande erreur et peine, et privés de jamais parvenir, pour ce que tous ces noms et mots et manière d'opérer sont noms, mots et manière métaphoriques."

Nous en avons déjà parlé un peu plus haut du fait que les opérations dont parle les philosophes sont très éloignées des opérations du même nom qu'utilisent la chimie. En réalité, la description qu'ils font des opérations sont applicables uniquement au sujet des sages, ce qui rend l'identification de la matière première difficile, car souvent, par diverses matières, nous pouvons obtenir les couleurs de l'œuvre qu'il décrivent. Le noir, par exemple, s'obtient pratiquement avec toutes les matières. Le blanc et surtout le rouge sont aussi faciles à obtenir, même avec des matières qui diffèrent de celles de l'œuvre, et c'est particulièrement ceux qui sèment la confusion dans l'esprit des artistes et des chercheurs.

Mais il faut comprendre une chose, c'est que le Grand Œuvre coïncide dans toutes ces opérations avec toutes les descriptions qu'en font les vrais philosophes. Donc, encore une fois, vous ne pouvez pas simplement prendre ce qui vous intéresse et rejeter le reste. Il faut, comme le dit le fil à l'être, que la lumière se fasse sur les écrits des auteurs. Et mieux vaut prendre l'exemple du sancelle rien tout en jour et d'abord entendre et concilier dans son esprit tous les auteurs, au moins sur la première étape, avant d'entreprendre quoi que ce soit dans l'œuvre. Cela nous paraît bien évidemment beaucoup plus sage.

Nous verrons si, lorsque nous parlerons de nos cours sur l'alchimie, que ceux-ci sont faits pour vous faciliter la tâche et surtout pour vous mettre en résonance avec l'égrégore alchimique, ce qui est un aspect primordial pour comprendre notre philosophie et être prédisposé aux révélations nécessaires. Alors, bien entendu, nous l'avons déjà dit, nous le répétons, le Grand Œuvre ne se fait pas tout seul. Et bien sûr, les imbibitions ne sont pas les seules manipulations que l'artiste doit entreprendre sur la matière. Les philosophes parlent souvent de sept opérations et de la répétition de plusieurs opérations. Toutes ces opérations, cependant, se résument en deux principes qui sont solubles et coagulables. De plus, le fait que les philosophes aient autant écrit sur les opérations de l'œuvre devrait vous mettre tout de même la puce à l'oreille que l'œuvre nécessite de nombreuses manipulations et que l'intervention de l'artiste est nécessaire. L'artiste doit jouer son rôle de créateur et en contrôler les aspects s'il veut mettre à l'épreuve sa compréhension et valider sa connaissance. Ce sont pourtant des principes qui sont simples et claires à comprendre.

Certains souffleurs vont jusqu'à prétendre que moins l'homme intervient, plus la nature opère, et que c'est là le véritable œuvre. Pour nous, ceci ne comprennent absolument pas ce que les auteurs entendent par l'œuvre de la nature et envisagent en réalité une voie qui est contraire au cheminement initiatique que propose l'alchimie. À ce sujet, nous aurons l'occasion d'en reparler justement dans le chapitre suivant.

Pour finir ce chapitre, terminons avec ces citations de Limoges de Saint-Didier qui résument parfaitement tout ce que nous venons de dire : "La matière n'a besoin que d'être dissoute et ensuite coagulée. La miction, la conjonction, la fixation, la coagulation et autres semblables opérations se font presque d'elle-même, mais la solution est le grand secret de l'art. C'est ce..."

Le point essentiel que les philosophes ne révèlent pas pour arriver à cette fin, plusieurs opérations sont requises qui ne tentent toutes qu'à un même but. Elles ne sont, dans le fond, considérées par les philosophes que comme une seule et même opération diverse.

Nous voici rendus maintenant à parler de la fameuse pierre philosophale, ou comme dit Vulcanelli, "Pierre qui porte la marque du soleil", ce qui cabalistiquement est riche de sens pour le philosophe. Notre propos ici reste toujours de proposer aux auditeurs une alternative plus philosophique et plus proche de la Science Hermétique, afin d'essayer d'aiguiller au mieux le chercheur sincère.

Donc, comme nous l'avons déjà dit au départ, la pierre philosophale est en réalité le couronnement du savoir de l'artiste. Sa réalisation est la preuve tangible de la compréhension des mécanismes occultes de la nature et des grands principes de l'univers. La pierre philosophale est le témoin de l'avancement spirituel de l'initié, car son état vibratoire hautement christique reflète celui de l'adepte, non pas d'une manière métaphorique, mais parce qu'il se produit une théorie réelle et tangible entre l'élu et la matière divine du Grand Œuvre.

À ce sujet, on aura l'occasion d'en reparler dans le chapitre approprié. Disons que la matière permet, entre autres, d'un point de vue de l'avancement de la conscience, de mesurer notre propre progression spirituelle. Son action en tant que médecine et en tant que poudre de transmutation est un effet non négligeable d'un point de vue philosophique et scientifique, car elle permet bien entendu de valider l'œuvre et de confirmer que nous avons bel et bien la pierre avec toutes ses qualités.

La foi, le doute, les perceptions intérieures et les productions de la pensée doivent absolument être validés par le laboratoire. À ce sujet, dans "Le Mystère des Cathédrales", la science que nous étudions est aussi positive, aussi réelle, aussi exacte que l'optique, la géométrie ou la mécanique. Ces résultats sont aussi tangibles que ceux de la chimie. Si l'enthousiasme, la foi intime, ils sont des stimulants, des auxiliaires précieux. S'ils entrent pour une part dans la conduite et l'orientation de nos recherches, nous devons cependant en éviter les écarts. Il est subordonné à la logique, au raisonnement. Soumettons-les aux critérium de l'expérience.

Nous avons vu passer quelques tentatives de production de la pierre philosophale, notamment un petit caillou rouge qu'un certain artiste aurait produit, selon ce qu'il aurait compris du Splendor Solis, en fermant simplement de façon hermétique un flacon de verre. De cette façon, et sans aucune intervention de sa part, il en ressort un caillou rouge, et il nous explique qu'il a fait apparaître de la matière là où il n'y en a pas, et que c'est scientifiquement inexplicable.

En réalité, d'une part, il devrait savoir que pour le philosophe, il n'y a rien de vide, et que pour reprendre une expression bouddhiste, le vide est en réalité plein de vacuité. Nous avons cité précédemment un philosophe qui nous expliquait que là où se trouve la lumière, se trouve nécessairement également son véhicule. Ce que cet artiste nous expose et nous explique n'est, en fait, qu'une simple condensation de l'air, d'abord en eau, puis en pierre, dont la couleur, en réalité, est simplement celle des impuretés contenues dans le flacon, à l'eau soit à l'origine, ou dans l'air. L'air, même si nous ne le voyons pas, transporte en son sein non uniquement de l'oxygène, de l'azote, du CO2, mais aussi de nombreux polluants et autres gaz.

Le principe qui est proposé ici, en fermant le flacon hermétiquement, est en fait le même principe que ceux qui construisent des écosystèmes sous verre. Il n'y a rien, que ce soit dans la technique, le résultat ou la logique derrière cette expérience, qui ne fasse du sens au point de vue de la Science Hermétique, pour toutes les raisons que nous avons précitées, soit dans ce chapitre, soit dans les chapitres précédents.

Donc, comme nous l'avons déjà expliqué, et comme nous le verrons aussi plus loin, pour éviter le plus possible les mauvaises interprétations et les voies erronées, il faut absolument que les auteurs coïncident sur les mêmes points dans le domaine de la science. Cela s'appelle la reconnaissance par les Pères, et c'est une condition nécessaire pour qualifier un art ou un domaine de science. Quand bien même ce jeune homme affirme pouvoir formater ce résultat, nous pouvons déjà certifier que cette tentative ne donnera absolument rien à définitif. Là prend tout son sens l'expression : "Tout ce qui brille n'est pas de l'or."

Passons maintenant à l'œuvre de la nature. Donc, à ce sujet, on nous dit avec raison que l'alchimie est l'œuvre de la nature. Mais force est de constater que dans le bout de nature, la plupart ne voit que la nature physique et manifestée. Or, l'alchimie est avant toute une science spirituelle. La grande inconnue du problème, au final, c'est l'Esprit divin, et tout l'œuvre consiste dans l'évolution de ce seul esprit, car c'est lui qui agit sur la matière, et non pas l'inverse.

Nous observons au sein de l'œuvre l'action de l'Esprit dans et sur la matière. Les philosophes nous disent à foison que les corps n'ont point d'action entre eux, que ce sont les esprits qui agissent. Le Grand Œuvre est donc un travail essentiellement focalisé sur l'esprit ou mercure, à tel point que, comme nous dit Fulcanelli, la science en entier lui doit son nom. Donc, si le Grand Œuvre est de la nature, il s'agit donc essentiellement de l'œuvre de l'Esprit universel qui œuvre au travers de la nature dans ses opérations et dans les processus de transmutation entre la vie et la mort.

Nous l'avons déjà mentionné précédemment, il ne s'agit donc pas seulement de la nature visible, mais aussi de comprendre les phénomènes occultes et invisibles qui sont véritablement le véritable moteur des mouvements de la nature. Donc, réaliser le Grand Œuvre, c'est comprendre et connaître la nature et ses lois, et reproduire à une échelle réduite un nouveau monde, une nouvelle création, partant de la même matière dont Dieu se servit pour créer notre monde, et en suivant les mêmes lois et principes. Voilà tout.

Voyons ce que disent certains philosophes sur le sujet. Alexandre Rouba, qui veut œuvrer, doit, selon Michael Mayer, réunir quatre choses : la nature, la raison, l'expérience et l'étude des nombreux textes. Ce sont pour lui les quatre roues du char philosophique. Que l'empreinte dépende de la nature, montre le chemin à qui veut le suivre, et que sa canne soit sa raison, et ses lunettes son expérience, et que l'étude des textes lui soit cette lanterne qui ouvre l'entendement et qui éclaire les lecteurs avides de science.

Dans "Les Demeures Philosophales", c'est pour détourner l'apprenti du chemin de l'erreur que les auteurs lui enseignent de toujours suivre la nature, parce que la nature n'agit que dans l'espèce qui lui est propre, ne se développe ni ne se perfectionne qu'en elle-même et par elle-même, sans qu'aucune chose hétérogène vienne à avis sa marche ou contrarié l'effet de son pouvoir générateur.

Zozime de Panopolis : "Chaque chose se fait selon une méthode. Sans méthode, la combinaison et la décomposition de toutes choses et la connexion de l'ensemble ne se produisent pas. La méthode est conforme à la nature, donnant et enlevant le souffle, et conservant ses ordonnances en les accroissant et en limite, enfin en s'accordant par la séparation et l'Union toutes les choses. Pour dire bref, si la méthode est bien respectée, transmute la nature, car la nature retournée se retourne elle-même. Tel est le caractère de l'excellence de l'univers et de sa connexion."

Certaines personnes nous disent également que nous-mêmes ne pouvons pas réaliser la pierre philosophale, mais que notre rôle est simplement d'assister la nature dans sa manifestation. Donc, nous allons commenter cette allégation afin de l'expliquer au regard de tout ce que nous venons de dire.

Tel que les philosophes le disent, la pierre est véritablement le but du Grand Œuvre. Il faut bien comprendre une chose, c'est que quand les auteurs parlent de la pierre, ils n'envisagent pas seulement le côté matériel de celle-ci, mais surtout ce qu'elle représente au point de vue vibratoire et dans ses réalisations. En vérité, à aucun moment les philosophes ne séparent les opérations du Grand Œuvre avec leur penchant spirituel. Nous en avons déjà beaucoup discuté tout au long de cette vidéo.

L'œuvre alchimique ne se fait pas toute seule, contrairement à ce que les ignorants affirment. L'homme doit retrouver tout au long de ce merveilleux cheminement son état d'être divin, son rôle de créateur et de thaumaturge que cet art sacré que l'hermétisme lui donne le privilège d'exercer. Cet art, dit-on, donne la connaissance parfaite, parce que ce n'est qu'avec une compréhension exacte des opérations de la nature, des lois universelles auxquelles elle est soumise, que la pierre philosophale est réalisable.

Donc, à cet instant, l'artiste n'y joue pas un rôle secondaire par rapport à la nature. Il comprend sa véritable place au sein de l'œuvre, et il n'est pas passif, simplement à regarder la nature opérer. Au contraire, il utilise les opérations de la nature et les reproduit au sein de son laboratoire pour le succès du Grand Œuvre. C'est pour cela que le Grand Œuvre ne saurait se faire sur un coup du hasard. L'œuvre obéit à des lois immuables, divines, qui donnent le mouvement à tout l'univers et en dirige l'évolution.

C'est pourquoi il n'y a qu'une seule façon de faire la pierre, puisque la vérité est une et unique, et opère d'une façon une et immuable. Ainsi, cette science était considérée par les anciens comme don de Dieu, car il n'y a que par sa lumière que l'entendement se fait dans l'esprit de l'homme, et qu'il peut à cet instant percevoir, au milieu des multiples possibilités illusoires, la seule possibilité qui fait coïncider ensemble tous les philosophes, et qui mène bien sûr l'œuvre à son terme, tel que la nature le requiert.

Donc, notez bien que la pierre n'est pas une production de la nature. En tout lieu que vous recherchez à droite, à gauche, vous y trouverez quantité de minéraux et de métaux, mais nullement la pierre philosophale. Donc, cela devrait déjà vous faire comprendre que le Grand Œuvre n'est pas une production de la nature, mais bel et bien une voie qui ne peut être entreprise que par l'homme.

Si la nature poursuivait elle-même la cuisson du mercure, et qu'elle la mettait et qu'elle l'amènerait à sa perfection, il en sortirait de l'or, de l'or métallique, car dans les opérations de nature, comme le disent les philosophes, nature vise toujours la perfection, et la perfection métallique qu'elle produit réside dans l'or métallique. Mais l'œuvre des philosophes intervient sur une matière qui n'existe pas telle qu'elle dans la nature, mais que l'art extrait de sa gangue et manifeste à la vue, et par l'intermédiaire de l'homme. Cette matière sacrée va être amenée à une perfection que la nature seule ne saurait lui donner. Autrement, notre pierre existe déjà tel quel, déjà produit par la nature.

Donc, une fois de plus, nous allons citer Limousin de Saint-Didier qui exprime très précisément ce que nous voulons dire ici : "Le seul philosophe est capable de produire la nature depuis une imperfection indéterminée jusqu'à la plus que perfection. Il est donc nécessaire que notre magistère produise quelque chose de plus que parfait, et pour y parvenir, le sage doit commencer par une chose imparfaite, laquelle, étant dans le chemin de la perfection, se trouve dans la disposition naturelle à être portée jusqu'à la plus que perfection par le secours d'un art tout divin qui peut aller au-delà du terme limité de la nature. Et si notre âme pouvait rendre un sujet plus que parfait, on ne pourrait non plus rendre parfait ce qui est ce qui est imparfait, puisque notre philosophie sera une pure vanité." Ce sont donc de dire n'importe quoi.

Évaluons précisément ce que nous cherchons dans l'œuvre, comprenant son but hautement divin, et utilisons bien entendu un esprit éclairé pour comprendre la sagesse que nous ont transmis les anciens maîtres. Lorsqu'on nous dit que seul très peu d'alchimistes ont réussi la transmutation, en vérité, c'est tout simplement parce qu'il n'y a eu que très peu de véritables alchimistes. Les autres qui espèrent faire de l'alchimie un art spéculatif font en réalité tout autre chose que la psychologie, la magie, le symbolisme. Mais en réalité, tant qu'on n'a pas œuvré sous la vraie matière et par la suite éveiller l'esprit divin qui est enclos dans cette matrice unique, vous ne travaillez pas en alchimie. Vous gravitez autour, fascinés par le merveilleux, et satisfaits dans vos propres interprétations, illusions aussi décalées qu'il soit.

Mais soit, comme nous l'avons dit depuis le début, chacun est en réalité libre de choisir sa voie et de se plaindre celle-ci. Il n'y a aucun problème. Nous espérons simplement que ceux qui abordent cette science avec sérieux et dédication trouveront dans cette conférence un guide sérieux pour éclairer au moins leurs premiers pas. À ce sujet, nous vous invitons d'ailleurs à réécouter cette conférence régulièrement au fur et à mesure qu'avancent vos recherches. Pour ceux d'entre vous qui veulent aller plus loin, nos cours sur l'alchimie sont là pour ça. Ils sont faits précisément pour les chercheurs sincères et sérieux, et nous vous expliquerons dans le chapitre approprié ce qu'ils peuvent vous apporter.

Enfin, voyons maintenant deux dernières affirmations courantes à notre époque que nous allons relever. Nous en avons déjà beaucoup dit jusque là sur les principes de base et la philosophie qui doit conduire à la recherche de l'artiste. Il sera ainsi plus aisé de nous suivre maintenant.

Donc, lorsque l'on dit que le but de l'alchimie est de trouver la pierre philosophale pour ensuite trouver la lumière, les souffleurs modernes entendent que la pierre est une simple étape de la réalisation de soi, que le grand mystère réside en fait au-delà de la réalisation de la pierre. Il est donc évident que pour ceux qui n'ont jamais eu la matière des philosophes en main, ils ne peuvent pas entrevoir l'aspect, l'aspect hautement divin de l'œuvre, car cette substance divine sur laquelle les vrais savent travailler est le grand mystère que recherche l'alchimiste.

Bien entendu, quand on prend pour philosophie qu'il existe une multitude de voies, une multitude de matières différentes, que l'œuvre se fait toute seule, et qu'on a pratiquement rien à faire, on ne peut pas aboutir à la pierre des philosophes, et on est obligé de justifier autant d'ignorance par des affirmations tout aussi fallacieuses. Mais encore une fois, ce n'est pas parce qu'on n'a pas réussi soi-même l'œuvre qu'il faut rejeter sur sur quoi se mettre d'accord les philosophes qui eux ont réussi.

Voici ce que dit Philadelphe à propos de ces gens-là : "Quelques ignorants qui jouent aux chimistes s'imaginent que l'œuvre entier du début à la fin n'est que plus récréation où l'on ne trouve que du plaisir et discrète, que la difficulté réside au-delà de ce travail. Qu'ils profitent donc tranquillement de cette opinion dans l'ouvrage qu'ils estiment si facile, ils rencontreront que du vent grâce à leurs opérations oisives."