Transcription
Salut à tous. Aujourd'hui, retour non pas sur un personnage, mais sur une ribambelle de personnages totalement loufoques et stupides, désignés sous le nom de Lapins Crétins.
Alors, d'après quelques sources internet qui semblent concorder, ce serait lors d'une réunion chez Ubisoft, à la recherche des ennemis pour leur prochain jeu Rayman, que Michel Ancel dessine sur un cahier de croquis un étrange lapin bourreau. Une petite bouille espiègle. Ce personnage plaît à tel point que l'équipe s'amuse à le modéliser en 3D. C'est l'hilarité générale, tout le monde y sent immédiatement le potentiel comique du personnage.
Ainsi donc, deux jeux débarquent sur nos consoles portables. D'abord sur Game Boy Advance, avec un jeu de plateforme au final assez classique. C'est à se demander si les Lapins Crétins n'ont pas été ajoutés à la va-vite en fin de développement. Leurs apparitions sont assez anecdotiques, que ce soit comme simple adversaires ou à travers le décor, une fois par niveau, on peut en sortir leur tête de terriers. Dans un jeu totalement oublié aujourd'hui.
L'autre, c'est sur la DS qu'ils débarquent. Leur humour est un petit peu plus présent que mon arrière-plan ici. On peut les voir sauter avec une bouée de la cascade. Amusant, mais en vérité, encore une fois, si les Lapins Crétins n'étaient pas présents dans le jeu, ce serait quasiment pareil. Mais maintenant, de toute évidence, ces lapins ne s'intègrent pas très bien au sein d'un jeu de plate-formes.
Michel Ancel l'avait immédiatement compris pour le titre principal sur Wii. Avec son équipe, ils ont abandonné la plateforme pour partir sur tout autre chose : un party game. Rayman contre les Lapins Crétins. Le scénario est tout bête. Rayman a été enlevé par une horde de lapins extraterrestres, semble-t-il. À ces bébêtes, Rayman, enfermé dans sa cellule, est autorisé à sortir que pour divertir ces lapins à travers des mini-jeux, 75 pour être précis. L'inspiration du célèbre Wario Ware, avec des épreuves farfelues qui s'enchaînent, est plus qu'évidente.
Le titre profite de la console qui reconnaît les mouvements de la manette pour proposer des épreuves toutes plus ridicules les unes que les autres : engraisser un lapin en dessinant son pas, refermer la porte des toilettes des lapins qui s'en trouve, son arrêt, traire une vache, électrocuter, enfin, deux lapins jouer au dentiste en retirant des vers. Enfin, honnêtement, dans la forme, c'est un party game assez classique.
Il n'y a pas d'énormes défauts, s'il en était, un mode et stable, le rythme est moins d'être aussi endiablé que dans un Wario Ware, et un multijoueur décevant. Les jeux sont pensés pour être pratiqués en solo. Avec un ami, il faudra donc alterner, jouer chacun son tour, et espérer réaliser un score plus élevé que l'adversaire. Un regrettable pour un party game.
Mais à côté de ça, il y a quelque chose qui rend ce jeu attachant. Mais vous l'aurez deviné, c'est la présence des Lapins Crétins. Certes, tout le monde n'accrochera pas à cet humour burlesque, se rapprochant des comédies à base de tarte à la crème du début de l'histoire du cinéma. Mais je vous mets au défi de ne jamais décrocher un sourire face à ces boules de poils qui ne nous laissent pas une occasion de nous démontrer leur stupidité. Aller comme principal moyen d'expression. Ce n'est pas mieux.
Si les épreuves sont drôles, c'est en grande partie par leur présence. Le fait de leur tirer dessus avec des ventouses, de devoir les guider alors qu'ils n'y voient rien, de leurs parodies comme celui-ci où vous auriez tous reconnu les choristes. Il faut repérer les lapins qui chantent. Il est indéniable que Rayman contre les Lapins Crétins se démarque des party games via justement cet humour. C'est loin d'être un grand jeu, mais ça tape dans l'œil à la fois des journalistes et des joueurs, à tel point qu'une suite est mis en chantier et que l'année suivante débarque Rayman contre les Lapins Encore Plus Crétins.
La formule n'est plus la même. Ici, les lapins envahissent notre planète. Les retrouver dans deux environnements va donner lieu à tout un tas de situations cocasses, prétexte à des mini-jeux. Le principal changement provient du fait que les jeux sont enfin pensés pour être joués à plusieurs, jusqu'à quatre simultanément, comme un vrai party game. Il était temps.
On choisit son mini-jeu et on se lance dans la partie : apporter autant de bouffe aux clients possible sans en faire tomber, faire du boucan au bar en agitant la Wiimote et arrêter dès que le patron débarque, observer une scène de crime et reconnaître le suspect parmi plusieurs, être réglé son siège du photomaton à la bonne hauteur et prendre la meilleure photo possible. Oui, vraiment, les Lapins Crétins sont amusants, pas uniquement parce qu'ils se tapent dessus, mais pousse des hurlements à tout bout de champ, mais parce qu'ils se retrouvent dans des situations parfois tout à fait ordinaires qu'ils parviennent à rendre ubuesque. Ce contraste crée de l'humour et rend le jeu, en plus d'être fun, drôle.
Et aussi, peut-être un peu, on va y revenir, parce que Rayman est finalement très effacé dans cet opus. Il peut être l'un des personnages jouables, mais honnêtement, les Lapins Crétins lui volent la vedette. Enfin, et c'est mon dernier point, nous sommes sur Wii. La plupart des mini-jeux sont très simples à pratiquer, même pour ceux qui n'ont pas l'habitude de tenir une manette. Toute la famille peut facilement se réunir autour des jeux et en rire.
Hélas, pas encore plus crétins ajoute ce qui manquait aux précédents titres : ce côté convivial. Ce doit d'avoir un party game. Et l'épisode DS va suivre la marche. Enfin, abandonner la plateforme. Ici, on oublie carrément Rayman. On incarne un lapin qui découvre donc les us et coutumes des terriens : observer, faire des constellations, pratiquer des sports comme la boxe, réaliser des graffitis, du rodéo aux États-Unis, etc. Des jeux qui met principalement en avant les fonctionnalités tactiles de la DS qui s'avère tout à fait sympathique.
Ces lapins plaisent au public et honnêtement, c'est totalement justifié. Ils sont bien exploités par Ubisoft qui poursuivent donc avec un troisième épisode. Après avoir envahi la Terre, et voilà, à présent dans notre télévision. Et bah, la formule s'essouffle. Alors clairement, le but est de parodier nos émissions de télé. Il y a une épreuve et le joueur qui le remporte a la télécommande et peut donc choisir le prochain programme, donc le mini-jeu. C'est très référencé et l'humour reste omniprésent. Il est par exemple possible pour un joueur qui a du retard dans un des jeux, de réclamer une coupure publicitaire, ce qui sera prétexte par un autre jeu. Dans ce, les jeux de mots sont légion et plutôt bien pensés, comme ici, dentifrice pour les classes.
Le jeu reste convivial, mais on perd un peu de la magie des premiers opus. Ça y est, du troisième, c'est normal. Une certaine répétitivité se faire sentir. La forme a changé, mais le fond reste identique. Et secouer la Wiimote dans tous les sens pour remporter l'épreuve commence sérieusement à lasser.
L'épisode sur DS est encore plus. Ils seront, commence vraiment à tourner en rond avec des mini-jeux qui se ressemblent tous plus ou moins. Certains font clairement dénués d'intérêt, comme celui-ci : tourner le disque dans le bon sens pour ambiancer le lapin thermique. C'est nul. Et surtout, tous sont trop longs. Regardez celui-ci, il faut envoyer entre lapin avec la tique sur les notes de musique pendant 180 secondes. Trois minutes à faire ça, c'est long. Wario Ware, c'est trois à quatre secondes par épreuve. Ouais, non, désolé, cet opus, je n'ai vraiment pas apprécié.
Seulement, il va y avoir un épisode sur Wii. Imaginez, dirigé par le célèbre papa de Rayman, Michel Ancel. Les Lapins Crétins : La Grosse Aventure. Les lapins ont une idée en tête : rejoindre la Lune pour s'y installer. Leur plan est simple : accumuler une montagne de déchets ou d'objets en tout genre pour former une sorte de tour qui leur permettraient de la rejoindre. Il s'agit donc d'une succession de niveaux ouverts, comme un supermarché, bien, un hôpital, une centrale nucléaire, j'en passe, où l'on contrôle notre lapin qui conduit un caddie, alors qu'un autre ramasse les objets en pointant la télécommande sur l'écran. Il est possible d'envoyer les lapins kamikazes sur les objets ou adversaires.
Difficile de définir ce jeu qui se situe quelque part entre le jeu de course, le jeu de plateforme, le party game, le tout saupoudré d'un peu de Katamari Damacy pour ceux qui connaissent ce jeu, un personnage qui fait rouler une boule sur laquelle tout s'accroche. Alors attention, il ne s'agit pas d'un classique de la console. Le jeu est malheureusement trop facile et se termine plutôt rapidement. Mais le concept, en plus d'être drôle, et la pince incarnée parfaitement dans cet univers, est extrêmement original. Les Lapins Crétins expriment enfin dans ce titre, à pleinement et librement, toutes leurs folies et ça fonctionne. On prend plaisir à se balader dans ces univers, à incarner ces lapins et observer l'étrangeté de l'espèce humaine et de tous ces objets qu'elle semble engranger. Petit, l'aventure est courte, le jeu a un fort potentiel de rejouabilité pour parvenir à dénicher tous les objets de chaque niveau. Là, vraiment bravo Ubisoft d'avoir indéniablement réalisé l'un des jeux les plus excentriques de la Wii.
Ah, j'aurais souhaité vous dire que c'est la fin de cet épisode. Pensez à vous abonner, de mettre un pouce bleu, et à la semaine prochaine. Mais ce n'est pas le cas. Il y a une suite qui me déplaît quelque peu. Mais alors que je viens tout juste de les féliciter, je vais à présent devoir émettre une vive critique à l'encontre d'Ubisoft. Il y a un truc que je regrette avec cette firme, c'est que lorsqu'ils trouvent quelque chose qui fonctionne, ils ont tendance à le surexploiter jusqu'à la moelle. Prenez les Assassin's Creed, j'adorais les premiers épisodes et on a commencé à en voir débarquer un chaque année, dont certains forcément assez mauvais. Et moi perso, ça m'a totalement éloignée de la licence. Pourquoi privilégier la quantité à la qualité ? Même chose pour les Far Cry, et il y en a eu trop, certains, on s'en serait vraiment bien passé. Et que dire des Tom Clancy ? C'est vraiment un truc qui me saoule avec Ubisoft. Et devinez ce qu'ils ont fait avec les Lapins Crétins ? Et bien, exactement ça.
Déjà, nouveau party game sur la Wii. Pourquoi un tel retour en arrière ? Et l'épisode avec la télé avait déçu la plupart des joueurs. Cette fois-ci, les lapins sont dans un musée et quand ils rentrent, tout rentre. Ça se déroule une épreuve. La plupart sont assez proches du jeu de plateforme, mais la mayonnaise ne prend plus du tout. Même l'humour des lapins commence à devenir lourdingue. Ici, ayant un épisode pour le Kinect de la Xbox, Lapins Crétins : Partent en Live. Il s'agit de mini-jeux basés sur la reconnaissance de mouvements. C'est amusant de découvrir les fonctionnalités du Kinect, non ? On a très vite fait le tour. Un autre sur la PS4 pour la PlayStation Camera, Les Lapins Crétins : Invasion. Les jeux se ressemblent tous énormément. Il s'agit pour la plupart de reproduire les pauses des lapins.
Ubisoft souhaitait aussi être présent avec les Lapins Crétins pour le lancement de la Wii U. Ce sera le cas avec le jeu Lapins Crétins Land. Très certainement le plus mauvais des party games avec nos boules de poils. D'ailleurs, il n'est plus proche du jeu de l'oie que d'autre chose. Ils passent plus de temps sur ce minuscule plateau que dans des jeux. Mais le pire dans ce, c'est du un contre un. Impossible de jouer à quatre simultanément. Ou leur avait déjà reproché avec le tout premier Lapins Crétins sur Wii, ils reproduisent l'erreur. Moi, j'y comprends rien. Et Lapins Crétins : La Grosse Bagarre sur 3DS en party game solo des plus classiques. La plupart des mini-jeux consistant à appuyer au bon endroit sur l'écran tactile. Et des titres sur mobile comme Lapins Crétins : Crazy Run ou encore un jeu de cartes où dans la pince à prendre dans les Mythes Heroes. Et je les ai même pas précisé, mais cette période correspond aussi à une surexploitation des lapins, que ce soit via dérivés ou à travers d'autres médias et des séries télé. L'attraction qui leur est consacrée au Futuroscope. Oui, on commence à les voir partout. Mais pour nous, les joueurs, depuis La Grosse Aventure sur Wii, on n'a rien de valable à se mettre sous la dent.
Jusqu'à la sortie de la Switch, où nous allons assister à l'un des crossovers les plus improbables de l'histoire du jeu vidéo : les Lapins Crétins avec Mario dans Mario + Rabbids Kingdom Battle. Ubisoft a obtenu de la part de la firme du plombier la possibilité d'exploiter les personnages de l'univers Nintendo. Sur le scénario, c'est justifié par le fait que les lapins débarquent dans la chambre d'une ado geek qui a un casque de réalité capable de fusionner des objets. Comme les fans du plombier, voilà les Lapins Crétins, le Royaume Champignon réunit ceux qui sèment la zizanie, puisque Bowser Jr. profite de l'occasion pour lever une armée de lapins corrompus pour conquérir enfin le royaume. Et il savait, quel est le pire dans tout ça, c'est que ça fonctionne extrêmement bien.
Le principe est simple. Le jeu se divise en deux phases : à l'exploration à base de recherche de collectables et de résolution d'énigmes, et les combats sous forme d'un jeu de stratégie, plus précisément un tactical. On sélectionne trois personnages, sachant que chacun a ses propres capacités. Au tour par tour, on les déplace sur la zone de combat, on lance ou non son attaque, qu'on les a préalablement équipés d'une arme chacune. Là encore, ayant leurs caractéristiques, le tout étant d'être donc plus stratège, buzz organisé que son adversaire. Et c'est la grande force du jeu, son accessibilité. Les règles sont nettement simplifiées en comparaison des titres du genre, couplées à la présence tout de même d'un réel challenge. Il faudra vraiment faire preuve de stratégie pour voir le bout de l'aventure. Enfin, ce que beaucoup leur reproche, les lapins ne sont pas lourdingues. Et peut-être que la présence de Mario et ses acolytes permet d'équilibrer leur humour. Les gags sont assez épars et reste amusant. Oui, je peux dire un Mario des Lapins Crétins Kingdom Battle fait partie des meilleurs jeux de la Switch. Et où Ubisoft est sorti de cette profusion de jeux et ces party games qui finissaient par tous se ressembler pour proposer un véritable bon jeu innovant et amusant avec les Lapins Crétins.
Je sais pas de quoi est fait l'avenir. Très récemment, un trailer a été diffusé. Artix Game avec les Lapins Crétins va débarquer sur Switch. Impossible avec le peu d'images que nous avons, sans faire pour le moment une idée précise. Je croise les doigts pour qu'ils aient une véritable proposition intéressante. En tout cas, à mon goût, si les lapins sont parvenus à devenir si populaires, ce n'est pas un hasard. Ils ont su briller de leurs idioties et attirer le public, notamment lorsqu'ils se sont enfin séparés de Rayman. En vérité, c'est un élément qui gênait le plus à travers les premiers opus. Ce mélange entre un univers certes enchanteur, mais assez sérieux de Rayman, et cet esprit totalement absurde des Lapins Crétins n'était pas optimal. Quelque chose ne fonctionnait pas.
Psy, lorsque dans Rayman contre les Lapins Encore Plus Crétins, Rayman est reléguée au second plan, que l'humour des lapins commence à s'imposer. Puis, lorsque sur DS, on laisse carrément Rayman de côté pour enfin, dans La Grosse Aventure, imaginer une épopée intégralement menée par les lapins, que leur humour sera le mieux exploité. Malheureusement, Ubisoft se perdra ensuite à travers une profusion de titres avant un retour en force avec Kingdom Battle. Mais j'en reste convaincue, c'est en s'affranchissant de Rayman que ces drôles de lapins ont su gagner le cœur des joueurs et devenir les héros les plus loufoques du jeu vidéo, au point de partager une aventure avec l'un des plus illustres personnages du média. Chapeau.
Ah ah.
1. Avant.
1. À.
Oui.
[Musique]
À.
À.
On.
1. [Musique]
Oh.