Transcription
[Musique]
Alors, bonjour à tous. Je m'appelle Alex et donc je suis un des pasteurs de cette église et je veux pas vous faire peur, mais on est tous en situation très délicate ce matin, très délicate. Et je vais vous expliquer pourquoi.
On a été jusqu'ici à l'écoute de textes bibliques, des textes qui se présentent à nous comme étant inspirés par Dieu et qui nous parlent de qui est Dieu, de qui nous on est, de ce que Dieu attend de nous. Bref, qui nous parle du sens même de la vie et qui nous aide à comprendre l'univers.
Et puis au cœur de ces écrits et au cœur de tout ce qui se passe ici ce matin, ben il y a l'annonce d'une nouvelle absolument incroyable, c'est que ce Dieu unique et vivant, créateur du cosmos, l'être suprême qui est au-dessus de toute réalité, et ben il nous présente à nous ces créatures, un moyen de survivre à la mort et d'entrer dans la joie de son paradis pour toujours. Un moyen qui nous est présenté comme un don de sa part en vertu seulement de sa miséricorde et de sa grâce envers nous.
Et puis dans la réunion de ce matin, on a pris part à un truc de fou, une assemblée de gens ici présentes qui collectivement font profession de foi chrétienne et ben ils ont uni leur voix dans des champs. Ils ont uni leur cœur dans la prière. Ils ont présenté un culte d'adoration à ce grand Dieu unique et vivant. Et d'après la Bible, un temple spirituel a été constitué ici ce matin et des sacrifices spirituels ont été offerts à Dieu et ont été rendus agréables à Dieu par son propre fils Jésus-Christ et par l'action spéciale de son Saint-Esprit. Et nous tous ici ce matin, on a été participant de ces choses. On a goûté à quelque chose de fou et ça nous met dans une situation ultra délicate en fait. Parce qu'on a reçu ce matin une sorte de patate chaude et elle est si chaude que ça engage notre vie tout entière selon ce qu'on va en faire maintenant.
Je veux juste que vous mesuriez ça avant qu'on lise ensemble le texte qui va nous intéresser ce matin parce que justement c'est un texte qui va nous dire quelles sont les bonnes conséquences qu'on devrait tirer de cette expérience inouïe qu'on a faite ce matin et qu'on fait en fait chaque dimanche ici et qu'on fait plus largement en prenant part à la vie d'une église chrétienne. Et le message de ce texte qu'on va lire, il est tout simplement le suivant. On serait fou. On serait fou de ne pas prendre avec le plus grand sérieux tout ce qu'on reçoit à travers notre participation à la vie de l'église. On serait fou parce que jamais on sera de nouveau dans une situation aussi privilégiée et jamais une meilleure opportunité nous sera présentée que celle qui est mise juste là sous nos yeux à porter demain dans l'église de Jésus-Christ.
Lisons le texte. On est dans la suite de notre étude d'un livre de la Bible qui s'appelle La lettre aux Hébreux qui se trouve dans le Nouveau Testament, la partie plus récente de la Bible, en tout cas la moins ancienne de la Bible qui a été écrite après la naissance de Jésus. Et on est au chapitre 6 et la dernière fois, on s'était arrêté au verset 3. Donc on va continuer à partir du verset 4 et on lira jusqu'à la fin euh du chapitre 6.
Hébreux chapitre 6. Verset 4 à 20.
Quant à ceux qui ont été une fois éclairé, qui ont goûté le don céleste et sont devenus participants à l'Esprit Saint, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir et qui sont tombés, il est impossible de les ramener à une nouvelle repentance car il crucifi de nouveau pour leur part le fils de Dieu et le déshonore publiquement. En effet, lorsqu'une terre abreuvée de pluie fréquente produit des plantes utiles à ceux pour qui elle est cultivée, elle a part à la bénédiction de Dieu. Mais si elle produit des épines et des chardons, elle est réprouvée près d'être maudite et finit par être brûlée.
Quoique nous parlions ainsi, bien-aimé, nous sommes convaincus que vous êtes dans des conditions meilleures et favorables au salut. Car Dieu n'est pas injuste pour oublier votre action, ni l'amour que vous avez montré pour son nom par les services que vous avez rendus et que vous rendez encore au saint. Mais nous désirons que chacun de vous montre jusqu'à la fin le même empressement en vue d'une pleine espérance, en sorte que vous ne soyez pas non chalant, mais que vous imitiez ceux qui par la foi et l'attente patiente reçoivent l'héritage promis.
En effet, comme Dieu en faisant la promesse à Abraham ne pouvait jurer par un plus grand que lui, il jura par lui-même en disant : "Certainement, je te comblerai de bénédiction et je multiplierai ta descendance." Et c'est ainsi qu'après avoir patiemment attendu, Abraham obtint ce qui lui avait été promis. Car les hommes jurent par ce qui est plus grand queux. Et le serment, en confirmant leurs paroles, met un terme à toute contestation. En ce sens, Dieu voulant donner aux héritiers de la promesse une preuve supplémentaire du caractère immuable de sa décision, intervint par un serment afin que par deux actes immuables dans lesquels il est impossible que Dieu mente, nous ayons un puissant encouragement. Nous dont le seul refuge a été de saisir l'espérance qui nous était proposée. Cette espérance, nous l'avons comme une ancre solide et ferme pour notre âme. Elle pénètre au-delà du voile, là où Jésus est entré pour nous comme un précurseur devenu souverain sacrificateur pour l'éternité selon l'ordre de Melkizedec.
Prions avant d'aller plus loin. Ouais, Seigneur, merci beaucoup pour la chance qu'on a ce matin d'être ici, de pouvoir chanter, prier, mais aussi lire ce texte, lire ta parole et nous laisser instruire par elle. Seigneur, on te prie, s'il te plaît, de nous aider à comprendre. S'il te plaît, Seigneur, par ton Saint-Esprit, ouvre notre intelligence, ouvre notre cœur, rends-nous docile à l'écoute de ta voix, Seigneur. On a besoin de ton aide pour cela, particulièrement dans les dans les minutes qui vont suivre. Amen.
Le texte qu'on vient de lire, c'est un des principaux passages du Nouveau Testament qui nous aide à comprendre ce que c'est que l'apostasie. Et juste une petite définition, l'apostasie, c'est tout simplement le fait de renier la foi alors qu'on professe d'expérience de la vie chrétienne. Vous avez sûrement déjà observé des gens qui se disaient chrétiens pendant un temps, qui étaient peut-être même pendant un temps très engagés dans la vie de leur église et puis à un moment donné ces gens ont fini par tout quitter, par tout laisser tomber. Et on a l'impression que ces gens ben on a l'impression qu'ils avaient la foi pendant un temps et puis qu'ensuite il ils semblent avoir perdu la foi. Et c'est ça en gros qu'on appelle l'apostasie. C'est c'est rien de plus compliqué que ça. Et donc notre passage peut nous aider à comprendre comment ça peut arriver mais surtout le but est de nous montrer comment on peut éviter que ça n'arrive. Et pour ça ce passage nous parle de trois choses successivement. D'abord un grand danger, puis des signes rassurants et enfin une garantie certaine. Un grave danger. Des signes rassurants et une garantie certaine.
Alors ne vous endormez pas tout de suite dans ce pendant ce message parce qu'il y a vraiment une bonne nouvelle dans ma prédication mais elle arrive à la fin. Donc si vous vous endormez, vous risquez de la louper.
Premièrement, donc un grave danger. Un grave danger. La première chose qu'on doit retenir de ce passage, c'est que c'est hyper hyper grave de prendre part à la vie de la communauté des croyants, mais en même temps de ne jamais avoir un cœur qui se tourne vers Dieu, de prendre part à la vie de la communauté des croyants, mais de ne jamais avoir un cœur qui se tourne vers Dieu. C'est hyper grave.
Les premiers versets de notre passage, les versets 4 à 8, figurent en fait parmi les passages les plus troublants de la Bible, surtout du Nouveau Testament, de cette partie de la Bible écrite après l'époque de Jésus. Je vais pas rentrer dans tous les détails, mais si ces quelques versets en les écoutant ou en les lisant, si ces quelques versets vous ont secoué, s'ils vous inquiètent, s'il vous angoissent un petit peu ces quelques versets, en fait c'est plutôt normal. C'est le but. En fait, l'auteur, il veut qu'on prenne la mesure de deux choses. Premièrement, à quel point c'est significatif de prendre part à la vie d'une église chrétienne. Et deuxièmement, à quel point c'est grave de se détourner de la foi quand on a été dans cette situation.
Notez la force du langage employé pour décrire l'expérience qu'on fait quand on prend part à la vie d'une église. Une église où on professe Dieu. Une église où on affirme l'autorité infaillible de la Bible comme parole de Dieu. Une église où on enseigne l'Évangile et où on administre les sacrements selon l'ordre de Jésus-Christ. Et bien l'auteur dit que dans ce cas, quand on prend part à la vie d'une église comme ça, et bien il dit qu'on a été éclairé. Il dit qu'on a goûté le don céleste. Il dit qu'on a goûté la bonne parole de Dieu et même les puissances du siècle à venir. Et même, il dit qu'on est devenu participant à l'Esprit Saint.
L'auteur décrit ici une relation qu'on pourrait qualifier de d'au moins formelle avec l'église de Jésus-Christ. C'est-à-dire, comme je l'ai dit, c'est le fait de prendre part à la vie de l'église, comme c'est le cas pour chacun de vous avec l'église Lyon Gerland. L'auteur ici dans ces quelques versets, il parle pas de conversion hein, il parle pas de nouvelle naissance, il parle pas de régénération, il parle pas de prédestination, d'adoption, d'union spirituelle à Jésus-Christ. Il parle pas de circoncision du cœur, il parle pas de justification, il parle pas du salut dans l'éternité et cetera. Il parle du fait de prendre part non pas à la substance du salut, la substance spirituelle du salut, mais il parle de de du fait de prendre part aux moyens externes de l'administration des promesses de Dieu. Ces promesses qui ont été confiées à l'église pour que l'église les administre au monde. Il parle tout simplement de la participation à la vie apparente de l'église visible. L'église telle qu'on peut la voir de nos yeux. L'église à laquelle Dieu a confié l'administration de ses promesses. OK ?
Et pour comprendre ça, il faut comprendre que dans la Bible, le peuple de Dieu, hein, cette communauté de personnes qui est réputée être la maisonnée de Dieu ou le peuple de Dieu, la famille de Dieu, et ben ce peuple, il est constitué de gens dans la Bible qui ont une relation spirituelle vivante avec Dieu, mais pas seulement. Ce peuple est aussi constitué de gens qui n'en sont pas encore là et peut-être même de gens qui n'en arriveront jamais là. Mais tous ces gens ensemble, tous ensemble prennent part à une réalité commune. C'est la vie de cette communauté, la vie de cette institution voulue par Dieu, la vie de cette église qui est celle de Dieu.
Et donc votre présence ici ce matin, votre participation à un culte chrétien, c'est tout sauf anodin. Si vous venez régulièrement, c'est encore moins anodin que si c'est juste la première fois que vous venez ce matin. Si vous êtes baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, si vous allez dans un groupe de maison, si vous êtes même membre de l'Église, c'est encore moins anodin. Mes amis, vous vous êtes approché de Dieu. Vous avez pris à manger et à boire sur la table dressée par Dieu pour ses invités. C'est pas anodin et c'est très significatif de prendre part à la vie d'une église chrétienne. Mais par conséquent, c'est aussi très grave de se détourner de ça quand on a été dans cette situation.
Le langage employé par l'auteur, il est encore très fort pour parler de de ceux-là qui se détournent. Il parle de ceux qui sont tombés au verset 5 et il veut dire par là non pas des des gens qui trébuchent hein, des gens qui chutent ponctuellement, mais il veut dire des gens littéralement qui tombent à côté, c'est-à-dire qui tombent dans le fossé, qui font naufrage, qui tombent du train qui est en marche. Dans le texte en grec, c'est un terme très précis qu'on trouve qu'ici en fait dans le Nouveau Testament. C'est pas juste chuter de manière ordinaire, c'est tomber définitivement. Et donc c'est c'est des gens qui se détournent de la foi et de l'église qui quittent le navire. Et cela dit-il et ben il crucifie de nouveau le fils de Dieu et le déshonore publiquement.
L'idée c'est que ces ces gens-là, ils ont été à un moment donné informés de la mort et de la résurrection de Jésus. Ils ont même été pendant un temps observateur, peut-être même goûteur, si j'ose dire, de la vie de l'esprit de Jésus qui vit dans l'église. Et en se détournant de de tout ça, c'est comme si ces gens-là, ils avaient pris Jésus ressuscité. Ils sont au courant que Jésus est ressuscité, qu'il est mort et qu'il est ressuscité. Ils ont pris part extérieurement à la vie de son esprit dans son église. Mais c'est comme si il prenait Jésus ressuscité et qu'il le remettait sur la croix. C'est un affront terrible et une humiliation atroce. Parce que là dans ce cas, c'est plus Jésus qui se fait crucifier par des gens réputés pour être ses ennemis, mais il est crucifié maintenant et recrucifié par des gens réputés pour être ses disciples. Je dis bien réputé pour être ses disciples parce qu'on parle de quelque chose d'externe.
L'apostasie, ça désigne pas du tout la perte du salut. Comme si quelqu'un qui serait né de nouveau pouvait perdre cette vie nouvelle qui est celle de l'Esprit Saint, c'est-à-dire la vie de Dieu. Une vie donc éternelle et indestructible parce que c'est la vie de Dieu. Donc l'apostasie, c'est pas perdre cette vie nouvelle, ce qui n'est pas possible. Mais l'apostasie, ça désigne le fait d'avoir été dans l'église et de se détourner de Jésus au bout d'un moment et de le faire en connaissance de cause. Mais voilà, ça existe l'apostasie et c'est super grave. C'est un grave danger et ça doit nous secouer et nous inquiéter et nous angoisser un petit peu ce matin. Non pas pour qu'on vive dans la peur, mais pour qu'on vive dans la vigilance, qu'on reste éveillé, qu'on fasse attention de pas glisser dans l'indifférence, dans la nonchalance, qu'on fasse attention à ne pas se mettre à juste écouter d'une oreille, à considérer simplement la vie de l'église comme un accessoire sympa mais sans plus.
Vous voyez la lucidité de l'auteur de notre passage. Il dit que la vie de l'église c'est comme un jardin. On plante, on cultive, on arrose, mais il se trouve que parfois une terre bien entretenue, protégée, abreuvée de pluie fréquente et bien une terre comme ça ne va produire finalement parfois que des mauvaises herbes. Des mauvaises herbes. Verset 7. Je sais pas pourquoi, mais quand je plante des piments chez moi, ben j'ai beau traiter tous mes semis exactement de la même manière, dans les mêmes conditions, et bien certains d'entre eux à la fin, on dirait que j'ai planté des pissenlits et pas des piments. Et c'est pareil dans l'église. Dans l'église, il s'y passe la même chose pour tout le monde. Ce sont les mêmes messages, la même louange, les mêmes sacrements, la même convivialité, le même évangile. Et certaines terres abruvées de ces pluies fréquentes à la fin ne vont produire que des pissenlits, des chardons, des ronces, des épines. Ce genre de terre là, dit l'auteur est réprouvé, près d'être maudite et finit par être brûlée. Au verset 8, voilà, ça arrive dans l'église parfois et ça n'arrive pas qu'aux autres. Ça arrive aussi à l'église Lyon Gerland et on doit s'en rendre compte et on doit faire attention.
Vous voyez, c'est hyper hyper grave de prendre part à la vie de la communauté des croyants mais en même temps de ne pas avoir et de ne jamais avoir un cœur qui se tourne vers Dieu. C'est un grave danger.
Mais l'auteur ne s'arrête pas là. Il veut que il veut pas qu'on vive non plus dans l'hyper vigilance qu'on pourrait qualifier de paranoïa presque ou de stress permanent sans savoir où on va. En fait, il veut quand même qu'on ait un certain sentiment de sécurité. Et donc deuxièmement, deuxièmement des signes rassurants. Des signes rassurants.
La deuxième chose qu'on doit retenir de ce passage après donc avoir pris la mesure de la gravité de notre situation en tant que participant à la vie de la famille de Dieu, la deuxième chose c'est que Dieu nous donne quand même des indices qui peuvent nous aider à évaluer la disposition de notre cœur envers lui, envers Dieu. C'est ce qu'on voit au verset 9 à 12. Si notre cœur est bien disposé envers Dieu, et ben ces indices vont nous encourager, nous rassurer dans la vie chrétienne. Et ces indices, ce sont nos bonnes œuvres qui sont les fruits ordinaires de la vraie foi.
Regardez ce que dit l'auteur de notre passage. Alors, il a conscience d'avoir dit quelque chose d'assez perturbant, hein, voire d'inquiétant pour ses destinataires. Et donc, il amène maintenant des éléments pour les rassurer, hein. Sûrement qu'il y en a qui se disent à ce stade là de son discours "Ou là là si ça se trouve un jour malgré toute la conviction que j'ai aujourd'hui si ça se trouve un jour je vais me détourner de Dieu si ça se trouve c'est moi qui vais commettre l'apostasie un jour et finir réprouvé maudit et brûlé". Mais l'auteur intervient là à ce moment-là et il dit "Pas de panique, vous, je vous connais et je crois sincèrement qu'il y a de bonnes raisons de penser que la plupart d'entre vous avez une vraie foi, vie spirituelle de Dieu en vous et vous allez par conséquent persévérer jusqu'à la fin."
Quelles sont ces bonnes raisons que l'auteur observe chez ses destinataires ? Ce sont les bonnes œuvres que ces destinataires ont produites. C'est le témoignage de leurs actes. Verset 10, c'est votre action. L'amour que vous avez montré pour le nom de Dieu par les services que vous avez rendus et que vous rendez encore au saint. Les saints, ça désigne les chrétiens, les autres personnes qui professent la foi en Jésus. Vous comprenez ? Ils ont montré leur amour pour Dieu, quelque chose qui était à l'intérieur d'eux. Ils l'ont montré par les services qu'ils ont rendu au saints. Autrement dit, l'amour fraternel manifesté en pratique est un excellent indicateur de la disposition de notre cœur envers Dieu et donc de la vie spirituelle qu'on a en soi ou qu'on a pas en soi.
On est, voyez-vous, cette espèce de terre abreuvée de pluie fréquente et ce qui pousse en nous en fonction de si c'est bien ou si c'est pas bien et ben ça manifeste le genre de terre qu'on est ou le genre de plante qu'on est. Je voudrais paraphraser quelqu'un que j'ai entendu hier au synode de notre union d'église qui a dit que Dieu ne nous demandait pas de manger cinq fruits et légumes par jour, mais par contre, il nous demande de produire neuf fruits et légumes par jour. L'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi. Il s'agit évidemment d'un passage bien connu du Nouveau Testament qui décrit le fruit de l'esprit, les fruits et légumes de l'esprit, si j'ose dire, c'est-à-dire le fruit du Saint-Esprit de Dieu qui agit avec efficacité dans la vie des personnes qui ont reçu la vie spirituelle de Dieu et qui par conséquent ont la vraie foi. Et ce qui est frappant, c'est que ce fruit de l'esprit concerne essentiellement des qualités relationnelles. Des qualités relationnelles. Jésus lui-même a dit à ceux-ci : "Vous vous connaîtrez que vous êtes mes disciples si vous avez de l'amour les uns pour les autres." Dans un autre passage, c'est un de ses apôtres, l'apôtre Jean, qui dit "Si quelqu'un dit j'aime Dieu et qu'il haïse son frère, c'est un menteur."
Donc voici un moyen très pratique de nous examiner nous-même en fait pour diagnostiquer la disposition de notre cœur vis-à-vis de Dieu. La question se pose à nous tous ce matin, nous tous qui prenons part à la vie de l'église Lyon Gerland, est-ce que j'observe le fruit de l'esprit dans ma vie ? L'esprit qui se manifeste concrètement à travers des des actes, des paroles, des affections intérieures envers le reste de la communauté où Dieu m'a placé qui se manifeste par l'écoute de mes frères et sœurs, par la prière pour eux, par ma solidarité avec eux dans les réunions de de ma communauté, mon assiduité qui est témoignage de mon amour de mes frères parce que je je peux les voir à ces réunions, les encourager. Parce que l'esprit de Dieu se manifeste par mon désir de les de les aider, par de l'hospitalité, par mon service dans la vie de l'église selon les aptitudes et les richesses que Dieu m'a confié. Est-ce que je vois ça dans ma vie ? Est-ce que je progresse dans ce domaine ? Plus largement, est-ce que au fur et à mesure de ma participation à la vie de l'Église de Jésus-Christ, est-ce que j'observe des progrès en général dans ma vie chrétienne ?
On reconnaît l'arbre à ses fruits et certes ça vaut pour évaluer l'authenticité de la foi des autres, he, parfois quand on est amené à le faire dans certains cas notamment dans le cadre de la discipline d'église qui est exercée au nom du Seigneur par les les ministres que que que Jésus a institué pour son église. Mais ce principe, l'arbre se reconnaît à ses fruits. Ces fruits, ils s'appliquent d'abord à nous-même. On peut reconnaître quel arbre on est par les fruits que nous on porte. Vous savez, un jour, je me suis ridiculisé parce que j'ai envoyé à Nico et à Hélène qui sont un cher frère et une chère sœur de de l'église, je leur envoyé une photo d'une fleur jaune que j'avais vu pendant une rando dans le massif de la Chartreuse et je leur ai demandé si c'était du génépi. J'étais trop fier, je trouvais du génépi. Évidemment que non, c'était pas du tout du génépi. Mais depuis, il se moque de moi en m'envoyant régulièrement des photos de bouton d'or et de tournesol et de pissenlit en me disant "Tiens, on a trouvé du génépi, Alex, tu vas être content." Normalement, on reconnaît l'arbre à ses fruits. Normalement, on reconnaît la plante à ses fleurs et on reconnaît aussi la foi à ses œuvres.
C'est aussi ce que dit notre confession de foi dans l'article sur les bonnes œuvres justement qui dit ceci : "Ces œuvres bonnes faites par obéissance au commandement de Dieu sont les fruits et les témoignages d'une vraie d'une foi vraie et vivante. Par elle, par les œuvres, les croyants manifestent leur reconnaissance, fortifient leur assurance, édifient leurs frères, embellissent la profession de l'Évangile." Et l'article sur l'assurance du salut qui vient un petit peu après dit aussi que cette assurance là, l'assurance qu'on a une vraie foi et qu'on est authentiquement attaché à Dieu par la vie spirituelle qui nous a donné, bien cette assurance. Notre confession de foi dit que c'est une certitude établie notamment sur l'évidence des grâces promises. L'évidence des grâces promise. Ça veut dire qu'on devrait tous être incités à transformer l'inquiétude du premier point de ma prédication, un grave danger. À transformer cette inquiétude en examen de soi pour voir ce qu'il y a en nous comme on le voit dans ce deuxième point. Parce que Dieu nous donne quand même des indices qui peuvent nous aider à évaluer la disposition de notre cœur envers lui.
Et l'auteur nous dit clairement quelle est son intention en secouant ses destinataires de cette manière. Il le dit au verset 11 et 12. Il veut qu'il reste vigilant. Il leur dit "Moi, je vous dis ça parce que je veux que vous restiez vigilant." Il veut pas qu'il glisse dans la nonchalance comme comme il il l'appelle. C'est ce qu'on a vu vous rappeler il y a 2 semaines. Il veut les stimuler à cet état de vigilance qu'il appelle l'empressement ou la foi et l'attente patiente comme nous l'a rappelé Floriant la semaine dernière. C'est par ce type d'avertissement précisément que Dieu nous garde éveillé, hein. Il il nous pique un petit peu. Il nous pince pour pas que pour pas qu'on s'endorme. Quand on quand on reçoit justement ces avertissements par la foi et de cette manière, par sa grâce, Dieu nous dispose à nous appuyer sur lui et à porter constamment nos espoirs vers ce qui ce que lui-même, pardon, nous présente comme garantie de notre salut.
Et c'est pourquoi il y a une troisième partie à à ce passage et à ce message. Troisièmement et dernièrement, une garantie certaine. Une garantie certaine, hein. La troisième et dernière chose qu'on doit retenir de ce texte, c'est justement que Dieu nous présente tous les moyens qui nous sont nécessaires pour qu'on puisse avancer avec assurance vers le paradis. Tous les moyens qui nous sont nécessaires à nous pour qu'on puisse avancer avec assurance vers le paradis. Dieu nous a donné ses moyens.
Il y a vraiment une trajectoire didactique tout à fait délibérée chez l'auteur qui qui est d'alerter d'abord sur le grave danger de de l'apostasie comme on l'a vu, puis ensuite de rassurer ses destinataires en leur disant qu'ils en sont quand même pas là. Et enfin en troisième lieu de leur donner ce sur quoi ils peuvent vraiment s'appuyer pour se savoir en sécurité.
Alors comment avoir cet empressement, cette foi, cette attente patiente par lesquelles on va recevoir l'héritage promis ? Ben dans notre texte, vous avez vu, l'auteur nous ramène en arrière dans le temps jusqu'à Abraham. Et ce qui est super intéressant entre parenthèses parce que ça montre que l'héritage que nous on attend en tant que chrétien, c'est le même que celui qui a été promis à Abraham pratiquement 2000 ans avant que l'auteur n'écrive ses lignes. Autrement dit, il y a bien un seul salut que Dieu présente aux humains depuis toujours et un seul moyen d'obtenir ce salut, c'est le moyen de la foi. Que ce soit à Abraham, à Moïse, au roi David ou à nous, Dieu a toujours présenté le salut par sa grâce, par le moyen de la foi en vertu de l'œuvre du personnage qui devait venir et qui est venu et qu'on appelle le Messie. Et on va y revenir dans un instant, mais je veux vraiment souligner cette unité organique entre tous les croyants de toute l'histoire dans le grand projet de grâce de Dieu qui est par conséquent unifié et cohérent. Mais je ferme euh la parenthèse. Mais je veux que vous y pensiez à chaque fois que vous voyez qu'un auteur du Nouveau Testament pour parler de l'espérance des chrétiens se réfère à au patriarche, qui se réfère à David, à Abraham, à Moïse pour parler de notre espérance en tant que chrétien.
Bref, l'auteur nous ramène donc jusqu'à Abraham pour nous rappeler quelque chose de super important, c'est l'infaillibilité. L'infaillibilité de la promesse de Dieu. En gros, Dieu a promis de se charger du salut des croyants et on peut être absolument sûr qu'il le fera. Et ça, ça doit nous inciter à nous reposer de tout notre poids sur lui. Pourquoi est-ce qu'on peut en être sûr ? Et si ce matin vous vous en êtes pas sûr, écoutez bien parce que je vais vous dire sur la base de ce passage comment on peut être sûr de la promesse de Dieu.
Pour deux raisons, nous dit l'auteur. Premièrement, parce que Dieu l'a dit. Et puisque Dieu est Dieu, il est immuable. Et puisqu'il est immuable, sa parole est immuable. Elle ne change pas. Et donc, on peut dire que parmi les choses que notre Dieu omnipotent ne peut pas faire, il y a des choses que Dieu ne peut pas faire. Et bien mentir, s'en est une. Dieu ne peut pas mentir parce que ce serait en contradiction avec sa nature et donc ce serait une absurdité. Et ça, ce serait déjà suffisant pour qu'on ait des garanties. Si Dieu dit un truc, on sait que ça va arriver parce que il ne change pas.
Mais parce qu'on est un petit peu lent à comprendre et lent à croire et parce que notre cœur indocile a du mal à faire confiance à Dieu et à faire confiance à sa parole. Et bien Dieu a ajouté une deuxième chose pour nous. Il a ajouté un serment. Il a pas seulement promis quelque chose mais il a ajouté à sa promesse un serment. Mais un serment n'a de valeur de persuasion que si on engage quelque chose de plus important que l'objet de la promesse, vous suivez ? Ou de plus important que celui qui fait la promesse. Par exemple, si je promets de vous donner ma voiture à la fin du mois, vous pourriez douter que je vais le faire. Alors, je vous dis "Voilà, je mets 20 € sur la table. Si je te donne pas ma voiture, tu peux garder les 20 €." Ça n'aurait pas beaucoup de valeur, vous comprenez ? De la même façon, je pourrais vous dire "Écoute, je te jure que je vais te donner ma voiture et je te le jure sur la tête du hamster de mon voisin." Ça suffirait peut-être pas non plus pour vous convaincre, mais si je vous disais "Je promets de te donner ma voiture et je mets ma maison sur la table pour te le garantir" ou bien "Je jure de te donner ma voiture et je te le jure sur ma tête à moi." Ce serait un peu plus convaincant.
Dans notre passage, l'auteur nous dit que Dieu a fait le serment ultime parce qu'il a juré par lui-même. Au verset 13, il a juré par lui-même. Il faut bien comprendre ce que ça veut dire. Ça veut dire qu'il y a rien, il y a rien de plus fiable. Il y a rien de plus digne de confiance, de plus certain dans tout l'univers, dans toute votre existence, dans tout ce que vous pourriez jamais entendre ou lire ou voir ou découvrir tout au long de votre vie. Il y a rien de plus sûr, il y a rien de plus solide. Il y a rien de mieux garanti que la promesse de grâce de Dieu. Dieu n'a pas juré par lui-même que le soleil se lèverait demain. Donc, c'est moins sûr que le soleil se lève demain que le fait que Dieu tienne sa promesse.
Cette promesse de grâce qui est la promesse du salut. La promesse de l'héritage présentée aux humains par la grâce seule de Dieu et qu'on reçoit par le moyen de la foi seule. Cette promesse, c'est ce qu'il y a de plus sûr au monde parce que Dieu s'est mis lui-même sur la table comme garantie. Il a juré sur lui-même. Il s'est engagé lui-même par serment. Et c'est la raison pour laquelle on voit dans l'histoire chaotique de la relation entre Dieu et son peuple, on voit que Dieu demeure toujours, toujours, toujours fidèle à sa promesse et à son projet. Il ne reviendra jamais en arrière.
Et c'est la raison pour laquelle Dieu a supporté le coup entier du salut qu'il avait promis. Dieu s'est mis lui-même sur la table et il s'est mis lui-même sur la terre et il s'est mis lui-même sur la croix, pourrait-on dire. En jurant par lui-même, Dieu déclarait qu'il était prêt à payer le prix ultime pour réaliser le salut des croyants. Ce prix, c'était le prix de lui-même. Et il y a pas de prix plus grand qu'on puisse concevoir que l'offrande de Dieu. Dieu a donc pris la nature d'un homme en la personne de Jésus le Messie et il est allé au bout de son engagement. Il a assumé sa promesse et son serment en s'offrant lui-même pour supporter la peine de nos péchés qui nous séparaient de lui. Il a payé la rançon, il a réglé la dette, il a supporté le coût du salut de tous ceux qui se confient en lui. Et la preuve historique que cette offrande de Jésus sur la croix a été efficace, c'est qu'il est ressuscité le 3e jour. Tout s'est passé exactement comme Dieu l'a voulu. Il a parfaitement tenu sa promesse. Vous voyez ?
Et pour cette raison, nous dit l'auteur de notre passage, il y a qu'une seule chose à faire en fait pour être sûr d'être sauvé. Verset 18. Saisir l'espérance qui nous est proposée, c'est-à-dire la prendre à pleine main, la serrer contre nous, l'accueillir, la prendre à notre compte sans réserve. C'est notre seul refuge dit-il. Mais cette espérance est une ancre solide et ferme. Verset 19. Une ancre solide et ferme. Les termes là, ça veut dire indestructible et inamovible. Et cette ancre, c'est Jésus qui est allé la planter au-delà du voile, c'est-à-dire dans le lieu très saint, le lieu spécial de la présence de Dieu. Ce que l'auteur veut dire, c'est que Jésus par sa mort et sa résurrection et par son ascension auprès de Dieu le Père, il est allé mettre dans le paradis l'autre bout de cette ancre qui est aujourd'hui reliée à notre âme si on est croyant. Et c'est une ancre indestructible et inamovible.
Et donc l'auteur veut qu'on réfléchisse à ça et qu'on s'appuie de tout notre poids sur la promesse de Dieu, sur son serment et sur son intervention dans notre monde par Jésus-Christ le Messie pour obtenir l'assurance de notre salut. Et c'est ça la bonne nouvelle, c'est qu'on n'est pas obligé d'avoir peur. On n'est pas obligé de vivre dans l'angoisse permanente, de savoir si on est en paix avec Dieu ou non. En fait, Dieu nous présente tous les moyens qui nous sont nécessaires pour qu'on puisse avancer avec assurance vers le paradis.
Alors, certes, on est dans une situation délicate ce matin, je l'ai dit en introduction, une situation très délicate parce qu'en prenant part à la vie d'une église chrétienne, on a goûté la bonne parole de Dieu. On a goûté les puissances du siècle à venir. On a été participant de la vie du Saint-Esprit qui est là présent et agissant au milieu de nous. Et Dieu a projeté sa lumière sur nous. Et donc, on a reçu une patate chaude, si chaude que ça engage notre vie toute entière selon ce qu'on va en faire maintenant.
Et donc ce texte a voulu nous faire réfléchir à notre situation dans l'église, à la disposition de notre cœur vis-à-vis de Dieu et à la sécurité parfaite qui nous est présentée dans l'Évangile auprès de Jésus-Christ. L'auteur veut qu'on fasse tous partie de ceux qui par l'attente patiente reçoivent l'héritage promis. Il veut qu'on se rende compte que jamais on sera de nouveau dans une situation aussi privilégiée et jamais une meilleure opportunité nous sera présentée que celle qui est mise juste là sous nos yeux à porter demain dans l'église de Jésus-Christ. Est-ce qu'on se rend compte de ça ce matin ? On serait fou de ne pas prendre avec le plus grand sérieux tout ce qu'on reçoit à travers notre participation à la vie de l'église ?
Est-ce que ça va changer quelque chose à votre relation à Dieu et à son église dorénavant à partir d'aujourd'hui ? Voici trois pistes très rapidement pour terminer.
Premièrement, s'il y a encore des domaines de votre vie que vous essayez de garder pour vous hors de portée de Dieu, et bien je vous assure que c'est futile et même c'est contradictoire avec le salut que Dieu nous présente en Jésus. Pour saisir l'espérance qui nous est proposée, il faut lâcher tout le reste. On est obligé de lâcher tout le reste. Et peut-être qu'aujourd'hui, c'est le moment pour vous de tout lâcher et de recevoir Jésus et de vous reposer entièrement sur lui.
Deuxièmement, la parole de Dieu est une bonne parole à travers le culte et les groupes de maison, mais aussi à travers les accompagnements individuels, l'étude personnelle de la Bible. Dieu nous transmet une richesse incroyable. Cette parole vise à nous transformer pour notre bien. Peut-être qu'à partir d'aujourd'hui, on peut on pourrait apprécier davantage et accueillir plus volontiers cette puissance que Dieu veut déployer dans notre vie, notamment à travers le ministère de son église. Et si vous aimez savoir en pratique comment vous pourriez progresser dans ce domaine, n'hésitez pas à en parler à un ami chrétien ou à moi-même ou un des responsables de de l'église et on serait vraiment heureux de de cheminer avec vous.
Et puis troisièmement, à travers le ministère de son église, Dieu nous administre aussi des choses comme le baptême et la sainte cène qui sont des signes et des sceaux de son alliance de grâce, c'est-à-dire de de ses de ses promesses de grâce. La sainte cène qu'on va prendre dans un instant nous atteste de l'infaillibilité des promesses de Dieu. C'est ça l'intention de la sainte cène quand Jésus l'a institué. Et peut-être qu'aujourd'hui, on peut réfléchir tout spécialement à ça en prenant le pain et le vin dans quelques instants. C'est Dieu qui nous les donne ces éléments-là comme la signature de son serment. Et donc ce sacrement fait partie des moyens que Dieu nous présente pour entretenir l'assurance de notre salut et rappeler à tous ceux qui se confient en lui que par la foi et l'attente patiente, ils vont recevoir l'héritage promis. Amen.
Je vous invite à prier. Merci Seigneur pour ta grâce qui nous est présentée en ton fils Jésus-Christ. Merci pour la fiabilité euh et l'infaillibilité de tes promesses. Seigneur, aide-nous à nous reposer de tout notre poids sur ces promesses, sur ton œuvre, sur la personne de Jésus-Christ, ton fils. Seigneur, augmente notre notre assurance, s'il te plaît. Aide-nous à avancer avec assurance vers le lieu très saint, le lieu de ta demeure qui sera aussi le lieu de de la nôtre. Et c'est au nom de de Jésus qu'on a compris cela. Amen.