Transcription
De transmutation que j'ai obtenu une propre de continuer mais en quête de traquer la vérité, surtout cet ailleurs qu'on nomme paranormal.
Lors, cette matière si rare, si précieuse, n'a jamais cessé de faire rêver l'homme depuis la nuit des temps. Il est symbole de richesse et de pouvoir. On a voyagé, pillé, massacrés pour lui.
J'ai souvent songé à ces histoires d'alchimistes, ces vieux sages du Moyen-Âge qui prétendaient pouvoir transmuter le métal en or. Aujourd'hui, on pense qu'il ne s'agit que de légende. Mais à travers les âges, dans l'ombre, cette mystérieuse confrérie a continué d'exister. Que font ces alchimistes contemporains ? Ont-ils vraiment la recette magique pour fabriquer de l'or ? Difficile à croire à l'heure du tout scientifique.
J'ai quand même eu envie de partir à leur rencontre. On m'avait dit qu'il nous faudrait un guide, un maître, quelqu'un pour m'aider à comprendre cet art si mystérieux. L'alchimie est en fait une véritable discipline. On pourrait croire que les adeptes travaillent à l'aveuglette, mais non. Ils perpétuent un savoir-faire, une tradition qui a ses règles, ses codes. En deux mots, un mode d'emploi.
Tant pis si je suivais bien le vrai but des alchimistes, leur quête d'absolu, leur Graal profane, portait ce nom énigmatique : la Pierre Philosophale. L'endroit où une meuf et venir était déjà un indice. Nicolas Flamel, l'alchimiste. Son histoire, transmise depuis 700 ans, intrigue et fascine. Au 14e siècle, cet écrivain public disposait d'une telle fortune, donnant sans limite aux églises et aux hôpitaux, qu'on le soupçonnait d'avoir réussi à changer les métaux en or. Ce qui est très amusant, c'est que son nom n'est pas un pseudonyme et que son nom déjà amène à faire comprendre qu'il véhicule toute la tradition alchimique. Pourquoi ? Parce que Nicolas vient de en grec qui veut dire la victoire de la pierre. Donc, le vainqueur de la pierre. Flamel par le feu. Décidément, mystère et énigmes s'offraient à moi.
Avant tout, je devais reprendre les bases, trouver ce fameux mode d'emploi. Les alchimistes. Patrick m'avait prévenu, tout était dissimulé, mais il m'avait parlé d'ouvrages de référence. Des indices clés seraient cachés parmi eux. La Table d'Émeraude, un texte qui remonte au 4e siècle après Jésus-Christ. Cette Table d'Émeraude est un des premiers textes alchimiques dont nous pouvons disposer dans notre bassin méditerranéen. Ce texte, en réalité, est attribué à un personnage historique, au légendaire Hermès Trismégiste, qui est le père de la philosophie hermétique. Son nom indique, c'est donc de là que viendra le mot hermétique, un terme qui, je le sentais, caractérisait parfaitement l'univers que j'étais en train de découvrir. Derrière les phrases énigmatiques de cette Table d'Émeraude, il y aurait des indices quant à la marche à suivre pour trouver le chemin vers la Pierre Philosophale, le fameux Grand Œuvre.
La simple Table d'Émeraude, qui est en fait une une page, en fait, résume déjà tout le Grand Œuvre. Il dit d'ailleurs que toute la philosophie de l'œuvre est comprise ici et même les trois parties de l'œuvre. D'ailleurs, il parle de trois parties. Bon, résumons. Pour atteindre la Pierre Philosophale, l'alchimiste doit passer par trois grandes étapes. Trois, chacune d'elles consiste en une série d'expériences plus complexes les unes que les autres. Cette Table d'Émeraude, où chaque phrase semble avoir un double sens, indiquerait les procédés. C'est totalement précis pour un alchimiste qui met son des bandes moratoires et qui n'est pas simplement un historien. Pourquoi ? Parce qu'à ce moment-là, il se rend compte qu'il va rendre subtil ce qui n'était pas excessivement. C'est le premier grand objectif de l'alchimiste, à savoir comment, où se trouve cette prima materia, cette matière première.
Alors ça, c'est une question évidemment extrêmement importante. J'allais enfin savoir quelles matières premières utilisent les alchimistes. Antimoine. Le nom de ce métal peu connu revenait souvent. Au début du siècle, gisements d'antimoine étaient encore nombreux. Les alchimistes s'approvisionnaient par des mines situées dans le Massif Armoricain et le Massif Central, la Corse. La plupart ont fermé depuis, mais les initiés, apparemment, ont encore leur repère secret. Il y a encore des mines. Les alchimistes connaissent très, très bien. Ils y vont donc, soit le Massif Central, il y avait une mine en Bretagne il n'y a pas si longtemps, et puis on peut arriver aussi à se procurer du minerai de très bonne qualité qui peut venir aussi d'Orient ou d'Extrême-Orient.
Que font les alchimistes avec cette antimoine ? Là aussi, des éléments de réponse invisibles pour moi seraient cachés dans les murs de la cathédrale. L'antimoine est donc bel et bien à l'origine du travail de l'alchimiste. La France a d'ailleurs occupé le premier rang mondial des producteurs d'antimoine jusqu'en 1908. Aujourd'hui, on utilise en alliage avec le plomb dans l'industrie automobile, les plastiques et caoutchouc comme retardateurs de flamme. Du tout cela est bien trial pour les initiés. Ce métal aurait surtout des caractéristiques intéressantes pour le Grand Œuvre.
Plus j'avançais dans mes recherches, plus je prenais conscience de la complexité de la chimie. Seuls les adeptes avaient l'air de comprendre, de savoir lire, de décrypter les textes, comme si le mode d'emploi est un jeu de piste exclusivement réservé aux initiés. C'est une science qui a volontairement été occultée. Occultée dans le sens étymologique, rendre au culte. Le manifeste des alchimistes est rendre manifeste le culte. Cette discipline est particulièrement sacrée. Elle est spirituelle, donc il est évident que l'on ne va pas livrer cela comme ça en pâture à n'importe quel investigateurs. C'est une vraie, une véritable quête du Graal, en fait, une quête spirituelle bien plus profonde et complexe que je ne l'imaginais en ne voyant en l'alchimiste qu'un vulgaire faiseur d'or. J'avais tout faux.
Cette deuxième entrevue avec Patrick m'avait apporté plus de réponses. J'ai commencé à percevoir, ressentir, comprendre ce qu'il essayait de me transmettre. Et j'aime bien penser que des milliers de personnes passent devant ce porche chaque jour sans qu'aucune ne suspecte les messages qui s'y cachent. J'allais me rendre compte qu'il y avait d'autres cathédrales avec les mêmes rébus, les mêmes usages gravés ailleurs, à Bourges, Chartres, à bien ces grandes cathédrales gothiques semblaient avoir servi de repère sacré pour les alchimistes.
Le Spiritus Mundi. Cette formule avait un côté surnaturel. Deux mots latins qui, je me rendais compte, étaient essentiels pour les alchimistes. L'âme du monde, selon heureux, l'énergie cosmique, presque divine, qui serait là parmi nous comme une sorte de force invisible. Dans le mou, libère un autre ouvrage de référence. Des illustrations indiqueraient même comment capter ce mystérieux Spiritus Mundi, cette énergie, ce lien mystérieux avec le cosmos. C'était donc ça, l'ingrédient qui permettrait à l'alchimiste de transformer ces matériaux en quelque chose que lui seul peut obtenir.
D'autres recherches allaient me conforter dans cette idée. Le savoir-faire de l'alchimiste viendrait bien de cette communion à l'univers avec la nature. En fait, un alchimiste, déjà, il se sent irrésistiblement attiré par les mystères de la nature. C'est un amoureux de la nature, donc il y a déjà, en fait, un respect de la nature, des lois de la nature. Donc, on les observe, on essaye, on les étudie, on essaye de les connaître. Dans les anciennes allégories, on voit que Dame Nature est représentée par une femme à la tenue vaporeuse qui est là, donc nimbée de rosée, qui se promène, et nous, nous sommes un peu l'ermite, nous sommes vernis qui essayons de don boîte et nos pas dans les siens.
Feront ses dimensions spirituelles, cette plongée en soi-même, était-elle commune à tous les alchimistes ? Quel pas apprenait dans leur pratique ? La spiritualité en matière de chimie est totalement essentielle. D'ailleurs, même l'alchimiste qui ne travaille qu'aux fourneaux est un alchimiste qui fait qu'il est dans le monde, dans le domaine spirituel. Donc, qu'il prie, on sait pas qui il priait, comment il priait, mais peu importe. Il est spiritualisé, il est verticalisé. Voilà. Il peut pratiquer un yoga, il peut être chrétien, musulman, taoïste, peu importe où, ce n'est pas important. Mais en tout cas, il y a cette alliance au monde vivant. La nature et ma formation m'ont toujours à douter, à chercher d'autres preuves.
Un autre adepte lui prétendait carrément avoir trouvé cette fameuse matière universelle, l'élixir de longue vie. Cet adepte, c'est Patrick Rivière, un alchimiste auteur de plusieurs ouvrages sur la question. Il organise régulièrement des stages et voyage souvent pour partager sa passion. Cette fois, je touchais au concret. Il a accepté de me montrer ses trouvailles. Direction le centre de la France, en plein Limousin. La douane de tout, je découvris un décor de circonstance. C'est ici que Patrick Roy a réussi à terminer sa quête, réaliser le Grand Œuvre.
Je l'avoue maintenant, je souriais sous cape. Ça m'a pris plus de 20 ans, pas loin de 25 ans pour arriver au terme. C'est un souvenir qu'on ne peut pas chasser de son esprit, en tout cas, qui ne se diluera jamais, qui ne disparaîtra jamais. Bien sûr, ça a été une nuit emplie de choses quasi miraculeuses, enfin, des choses tout à fait étonnantes. Il y a eu cette nuit-là, d'ailleurs, un orage qui a éclaté, et puis à un moment donné, on sent très bien qu'on accède à une autre réalité. Il se passe autre chose. Et alors après, enfin, c'est une autre histoire. Une histoire que Patrick avait du mal à me raconter. Ce qu'ils avaient vécu semblait hors des mots, n'appartenant qu'à lui.
Mais l'essentiel était ailleurs. Il a accepté de montrer sa Pierre Philosophale et son fameux élixir. Évidemment, je ne peux assister à toute l'expérience, était confidentielle et très longue à mettre en œuvre, mais il me montrerait la dernière étape, la dernière opération que l'on appelle la grande collection. Dure une semaine. Ça s'appelle la grande corruption, pourquoi ? Parce qu'on réalise un œuf et s'étoffe après la semaine. Des semaines donneront maturité, en fait, naissance à la Pierre Philosophale qui sera en fait le phénix rouge qui renaît de ses cendres. On sait que c'est la Pierre Philosophale parce que si on tente la transmutation après l'avoir fermenté, on voit si ça marche, si ça ne marche pas. Et si la transmutation est bonne, même si on n'obtient que quelques grammes d'or, mais si c'est de l'or va entre 18 et 24 carats, bon, on sait que ça a marché véritablement. C'est une preuve.
Pour Patrick, l'or n'est pas l'essentiel. Ce qu'ils recherchent avant tout, c'est ce fameux élixir. C'est pas là, c'est suprême, l'or potable, comme on dit en langage d'alchimiste. Nous allons tirer de ce phénix rouge directement, immédiatement, donc du feu, l'or potable. L'or potable, c'est un embrun intimiste, ce qui est extrait directement de la Pierre Philosophale, c'est-à-dire quelques grains de pierre rouge dans un alcool très fort va donner cette liqueur de réorique, qui est la liqueur d'or. C'est l'élixir de vie, c'est ce que l'on appelle l'élixir vitae, l'élixir de longue vie. Un antioxydant absolument extraordinaire. Ça stimule toutes les défenses immunitaires de l'être, donc ça agit dans toutes les sphères de l'être, et peut-être pas seulement sur le corps physique, mais aussi sur le corps éthérique, voir le corps astral de l'être, à condition de spiritualiser la question.
Je ne comprenais pas tout, mais je percevais l'essentiel. L'élixir était à ses yeux extraordinaire, et moi, je mourrais d'envie de savoir ce qu'il y avait vraiment dedans. Contre toute attente, il accepta de me le confier pour le faire analyser, et il nous donna même un morceau d'or, preuve qu'il aurait réussi la transmutation. Voilà. Alors, de transmutation que j'ai obtenu. Quand on voit encore d'ailleurs quelques rougeurs, en fait, qui sont produites par la pierre. Fine dizaines de grammes, on fait, je crois, 9 g et quelques. Il est très, très pur. Si tu veux l'expérimenter, et bien écoute, je te le confie. J'aurais partais donc enthousiaste avec ce morceau d'or et l'élixir. Désormais, j'en avais vu assez, j'étais prêt.
Quelques semaines plus tard, direction le CNRS de Strasbourg. Tous les échantillons avaient été analysés, et j'avais rendez-vous avec la directrice de recherche qui s'en était chargée. Nous avons commencé par le fameux élixir de Patrick Rivière. Que donnent les résultats ? Ça n'est absolument pas magique. C'est la dissolution d'un minerai d'antimoine. Il y avait donc rien de magique dans ce flacon, apparemment. Seulement quelques traces de métaux, des minéraux, potassium, magnésium, mais rien d'exceptionnel. L'antimoine est présent dans la nature sous forme de minerais, et ces minerais contiennent des impuretés avec du cuivre, des métaux, de l'argent. Il y a également du soufre. Donc, si on utilise un minerai, on va se retrouver forcément avec des impuretés. Et la liste des métaux que j'ai trouvé là-dedans pourrait correspondre à différents minerais, dont un minerai d'antimoine. C'est pas du tout impossible.
Elle était ferme, certes, mais employait le conditionnel. Et le morceau d'or. À l'or, prélever une partie de l'échantillon pour l'analyser. L'échantillon contient donc de l'or. C'est relativement proche de 24 carats. Cette fois, c'était bien de l'or, mais je n'avais pas assisté à l'expérience. Rien ne me prouvait que Patrick Rivière l'ait obtenu par transmutation. Obtenir ce genre d'échantillons contenant de l'or est totalement impossible si on ne met pas d'or au départ. Pour obtenir ce genre d'échantillons sans or, ça s'appelle de la transmutation. C'est un terme scientifique, et la transmutation ne peut se faire que dans un accélérateur de particules ou dans des cœurs de centrales nucléaires. À distance, sans objet, son pipe, sans 100 % aux appareils de mesure, transmet pas à la matière. L'échantillon, cela était fourni, pèse environ 18 g. Là, il y a un principe de physique et chimie qui est extrêmement simple. Rien ne se perd, rien ne se crée. On ne peut pas créer d'or comme ça. Donc, si on a 18 grammes d'or, c'est qu'on est parti de 18 grammes d'or.
Et désormais, je comprenais enfin. J'avais l'impression d'avoir changé. Certaines phrases me revenaient à l'esprit. On sent très bien qu'on accède à une autre réalité.