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Philippe Caverivière et son chien : le meilleur des spectacles !

Quotidien8:37

Transcription

Le problème de ce spectacle, c'est qu'à la fin, je rentre sur scène, je suis applaudi correctement, dignement. Lui, il arrive, c'est un triomphe et tous les soirs, ça me fait mal. Je l'aime, hein, mais ça me fait mal qu'il soit plus applaudi.

Alors, on vous avait reçu en juin 2023. Ouais, j'avais déjà dit, je vais faire un spectacle. Alors, ouais, on avait évoqué une rumeur, une rumeur de spectacle. La rumeur de ce spectacle. Vous aviez dit oui, pourquoi pas ? Mais pas il aura donc fallu attendre presque 3 ans. Oui, mais mais il est bien du coup. 3 ans, au bout de 3 ans d'écriture, ça a été quoi les phases ? Les phases, ça a été euh le doute, la terreur.

Euh oui, c'est long parce que je suis allé voir tous les copains du du commandeur. Les merci parce que je vous ai croisé chez le, alors le Mercier, c'était un moment assez spécial euh parce que j'avais croisé Valérie plusieurs fois et elle sort de scène, machin, elle arrive, elle voit Yann, elle fait "Oh Yanne Barzan !" Après elle voit Camille Combal, elle fait "Oh Camille !" Après elle va en face de moi, elle fait "Oh" et là ma femme dit "Mais tu m'as dit que tu la connaissais." Ouais, mais elle s'en rappelle plus trop. Et euh donc j'ai eu des mamans de. C'est vrai, il s'est passé ça. Ben oui, c'était des petites ondes comme ça et j'ai vu Manu Payet, j'ai vu Nawel Madani et à chaque fois les gens quand ils sortent d'un spectacle, ils se disent "Putain, c'était super." Et moi, je me dis [ __ ] merde, c'était super quoi les fonds. Et je me suis dit, c'est trop, la discipline, elle est trop compliquée. Et après, à force de réfléchir, on s'est, on a trouvé une autre forme de spectacle et un autre, un autre ton qui est proche de celui de la radio et qui est en même temps intime. Donc on s'est dit "OK, là, on peut y aller."

Alors, combien de fois on vous a dit "Tu crois que c'est une bonne idée ?" Alors, j'adore le titre du du spectacle parce qu'en fait, c'est quelque chose que j'ai raconté à cinq personnes dans ma vie. C'est un truc très intime que je raconte sur scène. Et quand je le raconte sur scène, à la fin du spectacle, il y a un souffle dans le public parce que c'est une révélation. Je ne le dirai jamais en promo. Et euh et du coup, alors je vais peut-être me faire allumer avec Philippe Cavrivière. "Tu crois que c'était une bonne idée ?" Sur scène ? Bien sûr. Sur les réseaux sociaux, il y a ça qui vient. Mais j'aime que le titre du spectacle ne soit révélé qu'aux gens qui viennent. Et le titre est chouette quand quand il arrive. Donc c'est un bon teaser, je crois. Oui, oui, c'est un bon teaser. Bah oui, c'est un bon teaser. Mais on a rien de, on a rien d'autre. De quoi ? Ben non, il n'y a pas d'image parce que là, j'ai démarré il y a une semaine les salles jolies. J'ai démarré à la Rocky Balboa dans les petites salles de 100, 120, 150 pour apprendre le le métier et le week-end dernier, je suis rentré sur une scène de 500 et après il y aura du 1000, du 100. Ouisénite. Ouais. Et c'est plein tout 26, c'est plein et c'est assez fou. C'est assez bizarre.

Donc, est-ce que je peux vous montrer une photo ? Ah, pourquoi ? Pourquoi je vous montre une photo de Françoise Sagan ? François Sagan parce que c'est une de mes autrices préférées parce que c'est euh une femme tellement moderne, tellement fragile euh parce que c'est les livres de Françoise Sagan est à la maison et posé entre autres "Bonjour tristesse", mais tous les autres aussi, "Les Vents bleus", "La Chamade", "Un peu de soleil dans l'eau froide", "Aimez-vous Brahms", c'est tous ces bouquins. Et parce que j'aime la fragilité du personnage et sa force en même temps. J'aime, j'aime ça. Et on m'a envoyé une bio de Desproges. En fait, elle a tout fait pour que Desproges ne soit pas viré de "L'Aurore". Il était, il était à deux doigts d'être licencié. Elle a écrit, elle a dit "J'aime ce journal." Ouais, elle, "J'aime ce mec." Elle, elle l'a sauvé. Et on connaît tous le sketch avec Desproges et Sagan et elle était extrêmement drôle. Il y avait, il a besoin d'attention, extrêmement relou. Donc voilà. Et il y a cette phrase aussi, "On ne sait jamais ce que le passé nous réserve." Une phrase d'elle qui est un peu le fil conducteur du spectacle. Sublime. Oui. Oui.

Parce que Paul, il a écrit un livre sublime, "La Collision", sur où il parle de sa maman. Donc les plus grands auteurs, ils ont écrit sur leur maman, Romain Gary, Albert Cohen, tout ça. Et et moi, ouais, je trouve cette phrase sublime. C'est ce qu'on cherche tous, là. Il va nous, tu vas nous [ __ ] la promo. Mais qu'est-ce qu'il a ? Mais qu'est-ce qu'il, mais qu'est-ce qu'il veut ? On cherche, enfin, vous avez voulu donner à manger. Bah oui, c'est de la de la croquette de canard. C'est bio, tout va bien. De toute façon, il est déjà gros. La veto m'a dit qu'il une petite boîte avec des. Oui, c'est pour qu'on ait la paix un peu. Non, ce qu'on cherche tous les tous les auteurs, c'est en quelques mots de de qui a 25 idées derrière. Et en fait, cette phrase, elle est sublime. "On ne sait jamais ce que le passé nous réserve." Tout est dans l'enfance. Tout est dans l'enfance. Et c'est ce que je, c'est ce dont je parle sur scène. Ouais. Oui.

Parce que, on ne l'a pas dit, on ne l'a pas évoqué, mais le spectacle est très intime et vous évoquez notamment. Oui, mais oui, mais il le provoque aussi. Il le provoque. Viens là. Il est gentil. Il est gentil. Il est gentil. Oui, mais parce qu'on s'est fait cambrioler et il ressemble au cambrioleur. Donc oui, ce n'est pas lui. Oui, peut-être c'est lui. C'est le rouge de la caméra qui le fait. Peut-être c'est lui. Viens ici, toi. Il se barre. Allez.

Alors, qu'est-ce que je peux dire sur la sur l'intimité du spectacle ? He, alors c'est pour ça qu'il n'est pas sur scène tout le long du spectacle et qu'il vient qu'à la fin. Viens Loulou. Virgile. Virgile. Tiens là. Ça suffit. E tu nous laisses travailler un peu. Ouais. Voilà. Voilà. Voyez, je n'ai pas de croquettes. Autorité naturelle. Non, mais on parlait d'intimité. Vous évoquez, on n'en a pas parlé, mais vous évoquez la la mort de votre sœur, elle avait 7 ans et vous quatre. La mort, vous en aviez parlé ici, la mort de votre mère aussi il y a presque 20 ans. Pourquoi c'était important d'être aussi intime sur ça ? J'en parlais à, j'en parlais à Patrick Timsit parce que j'ai dû saouler tous les tous les copains du show avec ça et et je lui disais, alors le spectacle, il parle de la mort de ma mère. Elle me dit "Ah ouais, bien." Et je dis, j'ai aussi un truc sur la mort de ma sœur. Ah, elle me dit "Les gens vont se marrer." Et pourtant, on se marre et on rit des drames parce que j'ai un humour un peu noir euh sur RTL et cetera. Donc là, je me sers à moi sur mes drames personnels. Et en fait, je n'aime que les résilients. J'ai une admiration folle pour des gens comme Olivier Goyard, pour Philippe Croison et j'adore, j'adore les gens qui vannent avec les drames. Là, il y a, il y a 15 jours, fin du spectacle, il y a les gens se se lèvent et il y a un mec qui est avec sa femme qui est handicapée et moi, je le vois et il fait semblant de l'engueuler, il fait "Bah voilà, elle se lève pas, tu vois." Et ça, j'adore. C'est d'une élégance. C'est d'une élégance de faire une vanne. Et elle l'a regardé, elle s'est marrée. Il y a une complicité sur le handicap sur une vanne. Je lui dis "Mais c'est d'une élégance ultime." Olivier Goyard, il m'a tagué sur les réseaux sociaux. Il a mis "Définition de l'optimisme : être malade de Charcot depuis 4 ans et prendre une place pour le spectacle de Philippe Cavrivière dans 5 ans." Il a pris sa place pour venir me voir. Et je me dis, quand un mec fait une vanne avec son drame perso, moi, ça me, ça me bouleverse. Donc je me suis dit, je vais essayer de faire ça.

Est-ce que vous avez eu peur d'évoquer ça sur scène ? Que ce soit les drames, vos drames personnels ou l'humour noir comme ? Non, je vais dire un truc de zinzin. Euh euh Paul, il va comprendre, vous aussi, mais il a perdu sa mère. Donc quand on perd sa mère, on a 8 ans. Moi, j'en avais 36, mais on a 8 ans quand on perd sa mère. Euh ma sœur, j'étais tout petit, j'avais 4 ans. Quand je vais sur scène, elles sont avec moi. C'est un truc euh de qui sonne totalement zinzin. Je suis apaisé. Je partage avec les les gens qui sont dans le public. Je n'ai pas le trac. J'y vais avec envie et je les sens près de moi. Et à la fin du spectacle, je rencontre les gens et les gens me disent "J'ai vécu ça, j'ai vécu un drame." Et je me suis rendu compte que j'écrivais et je fais des blagues pour ces gens-là, en fait.

Est-ce qu'il y a de la politique ? Il y a de la politique parce que on s'est, il y a, il y a, ce n'est pas lui, c'est un autre cambrioleur. Euh il y a de la politique parce que on s'est dit, on va, on va quand même les amener par la main avec ce qu'ils connaissent de moi, mais j'aime les emmener ailleurs. J'adore euh je sais plus qui disait ça au restaurant, qui un mec qui regarde le menu et qui dit "Ça, je connais pas du tout. Je vais prendre ça, ça va être très bien." Moi, je suis le con qui prend tout le temps la minestrone. J'ai encore fait ça ce midi. Mais j'aime les gens qui disent "Ah [ __ ] vous m'avez emmené ailleurs. En fait, je vous connaissais de la radio, sur la politique et cetera, mais vous m'avez emmené ailleurs." Et ma vie n'a pas un grand intérêt. C'est d'une arrogance de parler de soi. Mais ce qui me plaît, c'est qu'à la fin du spectacle, les gens disent "Ça m'a parlé, ça m'a parlé, ça a résonné avec mon histoire." Yeah.