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Se faire respecter au travail

Noah • Stratégie Sociale2:56

Transcription

Pourquoi est-ce que je fais tout bien mais on ne me respecte pas au travail ? Je rends service à tout le monde, je dis oui à tout et je suis fiable. Mais on me coupe la parole, on ne me consulte pas sur les décisions importantes et on ne me considère jamais comme quelqu'un de stratégique.

Salut, c'est noa. Aujourd'hui, on répond à vos messages et on commence par décrypter le paradoxe de la fiabilité. Ce que tu vis ici, c'est ce qu'on pourrait appeler une application un peu brutale de l'Identity Economics de George Akerlof. En voulant être utile, tu as acheté l'identité de l'exécutante indispensable. et en économiste qui est indispensable à la maintenance n'est jamais considéré comme stratégique.

D'ailleurs, Akerlof nous explique que les individus ne sont pas évalués sur leur productivité réelle, mais sur la catégorie identitaire dans laquelle ils se rangent. Et ici, en disant oui à tout, tu as juste signalé à ton institution que ta valeur, [musique] elle est dans le service, pas dans la direction.

Ici, le piège c'est que plus tu es fiable dans l'exécution, plus tu deviens coûteuse à déplacer. Pourquoi est-ce que ton manager te donnerait un rôle stratégique alors que tu es la seule personne qui fait tourner la machine ? Et ça sans se plaindre. Pour l'institution, te promouvoir ce serait un risque opérationnel. Et là, tu es la victime de ta propre efficacité.

Un autre des pièges dans lesquels tu es tombé, c'est de croire que le respect, c'est une récompense pour tes services rendus. Entreprise, le respect, c'est une concession faite à ceux qui représentent un coût s'ils ne sont pas écoutés. Mais je te laisse pas comme ça. Alors, pour briser ce plafond vert et reprendre ton autorité, voici quelques clés.

En premier, crée de la friction sélective. Arrête d'être la solution par défaut à tous les problèmes. La prochaine fois qu'on te demande un service qui sera hors de ton scope, ne dis pas oui, dis je peux le faire mais ça va retarder tel autre sujet que je traite. Force l'institution à choisir entre ton exécution et ton impact. Celui qui dit oui à tout n'a aucun poids politique parce que son opinion, elle est déjà acquise.

Ensuite, change ton langage de propriété. Arrête de dire "Oui, je rends service" ou "J'ai aidé." Dis plutôt j'ai arbitré ou alors où j'ai validé la direction. Remplace le vocabulaire du support par celui de la décision. Tu dois forcer ton entourage à te ranger physiquement et verbalement dans la catégorie des décideurs, pas des assistants.

Et enfin, pratique [musique] la retraite stratégique. Il faut que tu identifies une réunion où d'habitude tu es consulté uniquement pour faire le compte-rendu ou valider les détails. Tu [musique] prends cette réunion et tu vas pas. Tuenvoies une note synthétique à la place parce que tu dois réussir à leur faire sentir que ton temps est une ressource rare et chère. Le respect n'est partie de la rareté mais jamais de la disponibilité totale et l'institution ne te donnera jamais de pouvoir si tu agis comme si tu n'en avais pas besoin.

C'est exactement ce qu'on déconstruit en session stratégique. Je ne suis pas là pour te [musique] donner des conseils de politesse, mais pour t'aider à décrypter les biais et les concepts qui t'enferment dans ce rôle, le rôle de bon élève. Je clarifie avec toi ton positionnement actuel et on établit un plan d'action pour derrière débunker ton identité perçue, forcer le respect de tes paires et en fait opérer ensuite. Si ça t'intéresse, le lien pour la réserver est dans ma bio et d'ici là, arrête d'être utile et commence à être indispensable.