Transcription
Bonjour et bienvenue dans cette vidéo. Dans laquelle on va parler du F35 et de la manière dont il s'est imposé, de la manière dont les coûts explosent, rendent l'avion aujourd'hui inabordable pour un nombre croissant de pays.
Mais je veux surtout parler du retour d'expérience de tous les pays qui ont eu l'occasion d'exploiter l'avion depuis maintenant plus d'une décennie pour certains, et comment les pays qui ont fait l'erreur de passer à l'acte d'achat pourraient aujourd'hui éviter de rentrer dans cette catastrophe annoncée qu'est le F35, et qui va peser sur leur budget pendant des décennies et des décennies.
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Allez, on retourne à notre vidéo. On revient sur le F35 et d'abord la manière dont il s'est imposé progressivement dans tous les pays. Le premier évidemment, c'est la Grande-Bretagne qui est le seul partenaire de rang 1, puisqu'ils avaient besoin de développer un avion à décollage court et à atterrissage vertical pour remplacer le Harrier, qui était un avion britannique qui équipait grosso modo tous les pays occidentaux qui avaient besoin d'un appareil qui peut décoller de ses porte-avions sans catapulte. Donc pour les Anglais, il n'y avait pas réellement le choix. C'était réellement eux qui apportaient une technologie qui était indispensable pour leur propre aviation, mais pour tous les autres clients du monde. Et donc c'est pour ça qu'ils sont monopolistiques et qu'il n'y a pas le choix. Tous les pays qui ont des porte-aéronefs de cette catégorie ont dû acheter du F35.
En 2007, il y a les Pays-Bas avec une évaluation qui regroupe 700 critères et, accrochez-vous, le Rafale au standard F4 qui gagne cette compétition contre le F35. Mais qu'est-ce qui va se passer ? Ben, le gouvernement néerlandais va imposer son choix du F35 pour acheter l'avion par la suite. Et ça, ce sont des fuites de documents internes des Pays-Bas qui ont confirmé cette supériorité du Rafale sur le F35 d'après les critères d'évaluation des Pays-Bas. Et c'est les éléments que vous voyez en ce moment à l'écran.
En 2008, il y a plusieurs achats. D'abord, il y a la Norvège et là, on découvre qu'en réalité, les Norvégiens voulaient acheter le Gripen, mais il y a eu de telles pressions diplomatiques des États-Unis qu'ils ont fini par céder et par acheter du F35, qu'ils ne souhaitaient pas acheter. Et ça, on le sait, grâce au Wikileaks, dans lequel les échanges diplomatiques américains montrent justement à quel point ils ont pu mettre la pression pour faire changer de décision pour la Norvège, alors qu'il ne devait pas acheter cet avion.
Ensuite, on a l'Australie, dans lequel l'achat est purement politique, confirmé par deux anciens chefs d'état-major de l'armée de l'air qui se sont exprimés comme quoi l'avion n'était pas adapté aux besoins de leur pays. Donc, on voit pas bien de quelle manière il aurait pu gagner les compétitions. Quand vous avez les chefs d'état-major de l'armée de l'air qui disent que l'avion ne correspond pas à leurs besoins, mais avec l'histoire des sous-marins, les Australiens, ils sont habitués à se faire arnaquer par les Américains, à se faire tordre le bras contrairement à leurs besoins.
Ensuite, on a l'Italie. L'Italie, ils n'ont pas réellement le choix, puisque eux aussi ils ont un avion qui puisse décoller d'un porte-aéronef.
Ensuite, en 2010, on a Israël. Israël, eux, c'est un pays qui est tellement soumis aux États-Unis que finalement, bah, ils n'ont pas réellement le choix, tout comme les autres : le Japon, la Corée du Sud. Sauf qu'Israël, ils ont obtenu quand même de pouvoir développer leur propre système, c'est-à-dire qu'ils intègrent une partie de l'avionique. Ils ont aussi le logiciel de préparation de mission qui ne remonte pas aux États-Unis. C'est le seul pays qui est réellement souverain dans l'utilisation du F35.
Pour le Japon, eux, bah, ils en ont besoin parce qu'ils ont aussi une version navale, encore une fois, monopole du F35. Et pour la Corée du Sud, là, c'est tellement de la soumission. Je vous rappelle et je vous renvoie vers ma vidéo dans laquelle je parle du Rafale. Le Rafale a gagné la compétition en Corée du Sud en 2003, mais les Américains ont tordu le bras à la Corée du Sud pour imposer leur F35. Donc là, encore une fois, la Corée du Sud n'a pas acheté l'avion qu'ils avaient choisi et qu'ils avaient estimé adapté à leurs besoins locaux.
Ensuite, en 2016, on a le Danemark et justement, ça va lancer une grande polémique dans le pays, puisque le gouvernement est accusé d'avoir surévalué les performances du F35 tout en ayant réduit les coûts estimés d'exploitation. Et on parle quand même de 2016, les coûts, ils ont encore plus explosé depuis. Ce qui fait que le parlement a réussi à obtenir la publication du rapport d'évaluation, mais le rapport d'évaluation, il a finalement été classifié avec tellement d'éléments qui étaient caviardés qu'il n'a pas eu de possibilités de réellement savoir s'ils avaient truqué ou pas l'évaluation. Mais il y a peu de doute quand même dans le milieu militaire. Sachant qu'aujourd'hui, d'un point de vue diplomatique, ils ont acheté un avion à un pays qui menace militairement une partie de leur territoire avec évidemment le Groenland. Vous vous doutez bien que ça ne fait pas que des heureux.
En 2018, c'est la Belgique, mais la Belgique a ensuite une fuite qui montre que le choix du F35 avait été fait dès 2015. Donc, c'est une fausse compétition qui avait été mise en place et faire venir d'autres compétiteurs, notamment le Rafale, c'était juste pour essayer de faire baisser le prix du F35, mais en réalité, le choix, il était déjà fait.
En 2020, c'est la Pologne. Là, on parle d'un pays qui est tellement soumis aux États-Unis qu'ils font un achat de gré à gré directement au fournisseur, sans appel d'offre ni compétition. Donc là, ils n'essaient même pas de faire baisser les prix. Eux, ils y vont directement comme ça, dans la soumission.
En 2021, il y a la Suisse, avec des critères de souveraineté qui sont très importants. À peu près tout le monde était convaincu que le Rafale allait gagner. Je le rappelle, à l'époque, je travaillais chez Air & Cosmos. On avait reçu de la part d'industriels français la confirmation que le Rafale avait gagné la compétition en Suisse. Et bizarrement, voyage de Joe Biden sur place, on retarde la publication des résultats de quelques semaines et pouf, on se retrouve avec le F35 qui gagne la compétition pour un avion, je le rappelle, qui était censé principalement être orienté pour faire de la protection du ciel suisse, et il se retrouve avec un avion qui est conçu pour faire de la pénétration en basse altitude dans un espace hautement contesté. Si jamais ils veulent bombarder Lyon comme ça, les Suisses, ils pourront le faire. Donc personne ne croit que l'avion soit adapté, mais surtout que ce soit le moins cher, parce que c'est ça qu'ils prétendent. Le F35 était le moins cher, y compris face au F18. Et on sait que le F18, quand il était vendu traditionnellement par les Américains, on connaît le coût de vente du F18 et le coût de vente du F35. Prétendre que le F35 était moins cher que le Rafale, pourquoi pas ? Moins cher que le F18, on sait que c'était un mensonge.
Ensuite, il y a les Émirats. Les Émirats également qui font ce choix en 2021. Sauf que, il découvre de par les Israéliens qui s'inquiétaient d'avoir cet avion qui soit en leur main, il découvre que les Américains peuvent réduire les capacités de furtivité de l'appareil. Et donc ça amène les Émirats à annuler. C'est les seuls qui ont été malins dans ce domaine, ils ont annulé leur contrat d'achat du F35 pour se retourner vers le Rafale au standard F4, dont ils sont très contents évidemment aujourd'hui.
Et ensuite, on a la Finlande la même année, qui va faire une a priori une analyse technique correcte avec un gros point pour la guerre électronique offensive. Et ça, faut le dire, sur ce point-là, c'est probablement l'avion qui est en compétition qui est le plus performant. Mais par contre, les Finlandais ont continué à croire les annonces américaines et de Lockheed Martin en termes de coûts d'exploitation de l'avion, ce qui en réalité va le rendre hors de budget pour l'État finlandais et pour l'armée finlandaise.
En 2022, il y a l'Allemagne. L'Allemagne pour ses bombes atomiques américaines dans le cadre de l'OTAN, elle devait avoir un renouvellement de leur flotte et ils voulaient acheter du F18. Et quand les Américains ont vu que les Allemands allaient prendre le F18 pour pouvoir embarquer leur bombe atomique, qu'est-ce qu'ils ont fait ? Et ben, ils ont retiré le F18, les avions qui pouvaient porter la bombe atomique B61. Comme ça, monopole, les Allemands n'ont pas eu le choix. Ils étaient obligés d'acheter du F35 alors qu'ils ne voulaient pas, là aussi.
Ensuite, il y a le Canada. Le Canada, c'est un vrai sketch. Choix en 2022, mais en fait, le F35 avait déjà été choisi sans compétition en 2010, sauf qu'il y avait eu des surcoûts qui avaient été découverts et qui avaient été cachés par le gouvernement pour faire accepter l'avion. Donc, il y a une compétition qui est relancée en 2015 et le gouvernement libéral de l'époque dit que le F35 ne peut même pas participer à la compétition, puisque l'avion n'est pas adapté aux besoins du Canada et que de toute façon, il est plus cher. Sauf que, il y a des pressions de Washington qui aboutissent à réintégrer l'avion dans la compétition et à mettre aussi des critères d'évaluation qui sont tellement orientés que tous les compétiteurs internationaux, tous les concurrents du F35 finissent par se retirer. Le Rafale, l'Eurofighter, et il ne reste plus que le Gripen face au F35, qui évidemment va l'emporter.
En 2023, c'est la République tchèque. Là aussi, pas d'évaluation, budget ultra limité pour le pays. Du coup, ils n'achètent que 24 avions, ce qui est parfaitement insuffisant pour défendre leur territoire, pour assurer la maintenance, la formation, la défense aérienne, les éventuelles missions et projections extérieures. Donc l'avion est tellement cher qu'ils n'en achètent pas assez pour leurs besoins, mais ça passe crème encore une fois, choix du gouvernement sans aucune compétition.
Et en 2024, on a la Grèce. La Grèce est un cas particulier. Théoriquement, ils font face aux systèmes de défense aériens S400 qui sont exploités par la Turquie, donc d'origine russe. Et au début, il devait acheter justement du F35 pour faire face, sauf qu'il se rendent compte avec l'Ukraine que le F35 n'est pas indispensable pour détruire la défense aérienne ennemie. Mais néanmoins, ils vont acheter une petite vingtaine de F35 pour pouvoir compléter la flotte de Rafale, même si encore une fois, le Rafale a priori d'après leurs propres évaluations internes aurait été suffisant. Et donc, ils ont quand même acheté les deux avions puisqu'ils s'étaient engagés en cette voie. Mais c'est quand même une volonté forte de la part des politiques.
Et on a également en 2024 la Roumanie qui achète l'avion. Roumanie, on voit déjà la difficulté qu'ont les pays, on va dire riches comme la Norvège, la Suisse. La Roumanie achète également du F35. C'est un choix politique encore une fois, sans évaluation, sans compétition, sans mettre de pression au niveau des coûts, c'est le contre-coup de la guerre en Ukraine. Ils vont, ils ont voulu aller vite, très vite. Du coup, ils ne se sont pas vraiment donné la possibilité de prendre un peu de hauteur et de recul. Et donc, ils ont acheté cet avion qui, on le verra, va poser beaucoup de problèmes.
Mais donc, vous voyez globalement, le F35, il s'est imposé dans de nombreux pays alors qu'il n'était pas l'avion préféré ni des militaires, ni des techniciens, ni de ceux qui voulaient s'en servir, mais il a été de nombreuses fois imposé par des gouvernements locaux. Alors parfois, c'est tout simplement parce que ces pays sont tellement soumis, que ce soit le Japon, Israël, la Pologne, ou alors des pressions diplomatiques comme avec la Norvège. Parfois, c'est des passages en force du gouvernement comme en Belgique, comme aux Pays-Bas, comme en Grèce, en Australie et probablement en Suisse également. Et parfois, c'est simplement parce que l'avion est en monopole sur le décollage court et atterrissage vertical, comme en Grande-Bretagne, en Italie ou au Japon.
Sauf que dans la totalité de ces pays, on a maintenant un retour d'expérience et on peut le dire en regardant dans les yeux à ceux qui continuent à acheter du F35 : les budgets ne sont pas tenus, les budgets explosent. Et là, je vais vous donner quelques chiffres. Il y en a certainement d'autres, mais quelques chiffres qui, à mon avis, sont les plus parlants.
D'abord, la Norvège. Il y a un surcoût de 16,5 milliards d'euros pour l'exploitation de l'avion, d'après le rapport officiel de l'exécutif.
En Grande-Bretagne, le coût est passé, attention, accrochez-vous, de 18 à 71 milliards de livres sterling, d'après le National Audit Office.
En Australie, ils sont passés de 30 à 43 milliards de dollars pour un avion qui vole 25 % de moins que ce qui était prévu et donc il ne peut pas assurer son contrat opérationnel.
Au Japon, il y a eu un surcoût de 50 % sur les premiers avions qui ont été livrés.
Aux Pays-Bas, les surcoûts ont amené le parlement à annuler l'achat de l'avion en 2010, mais le gouvernement a imposé quand même son choix. Puis en 2013, la Cour des comptes a révélé une nouvelle explosion du coût de l'avion de 70 %, ce qui imposait de réduire la taille de la flotte. Et au lieu d'avoir les 85 appareils qui étaient initialement souhaités, la flotte devenait tellement petite pour rentrer dans l'enveloppe budgétaire qu'il ne pouvaient même plus respecter leurs engagements dans le cadre de l'OTAN en terme de flotte aérienne. Et donc, qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ben, ils ont dû remettre de l'argent et donc ils ont 52 avions qui vont leur coûter plus cher que les 85 avions initialement prévus.
Ça, c'est pour les pays qui exploitent déjà du F35 aujourd'hui et qui ne sont pas au bout de leur surprise. Ensuite, il y a les pays qui n'ont pas encore le F35 et qui ont déjà également des mauvaises surprises.
Par exemple, les Suisses qui avaient cru qu'ils allaient signer un contrat à prix fixe. Comment est-ce que, une seconde, qui que ce soit peut croire que le gouvernement avait avalé cette proposition ? Un contrat à prix fixe sur un avion dans lequel les équipements ne sont pas encore définis. Le F35 définitif, les équipements ne sont pas connus, il n'a pas fini d'être évalué, ils n'ont pas fini de valider le radar, ils ne savent pas quels seront les équipements, enfin le refroidissement. Il manque énormément de choses. Donc faire croire à la population que ça allait être un contrat à prix fixe, votre gouvernement s'est foutu de vous, les Suisses. Et je vous renvoie vers cette super analyse faite par mon ami Bruno de Bruno Aviation. Je vous renvoie également vers sa chaîne que je vous mets en commentaire de cette vidéo, dans lequel il a analysé tous les rapports techniques sur le F35 américain, également des vidéos qui sont dédiées spécifiquement à la Suisse. Vous allez vous régaler si vous aimez ce sujet. Et vous avez maintenant la Suisse qui se voit exiger de la part des États-Unis une surévaluation de 1,2 milliard de francs. Rien que ça. Soi-disant… enfin, les excuses sont bidon, de toute façon personne n'y croyait. Le problème, c'est que du coup, ça sort de l'enveloppe budgétaire. Donc dès que ça sort au-delà de 10 % de l'enveloppe budgétaire initiale, a priori, il peut y avoir une nouvelle votation cet automne. Or, comme la Suisse, le gouvernement veut imposer cet avion, il n'y aura pas de votation malgré d'ailleurs le référendum qui devait avoir lieu et que le gouvernement a refusé de mettre en place. Et donc, ils en sont à se poser les questions de réduire la flotte de F35 qui est déjà très, très réduite pour un avion qui ne vole pas autant que ce qu'il souhaiterait pour simplement rester dans l'enveloppe prévue. C'est juste aberrant.
Vous avez aussi le Canada. Le Canada qui n'a toujours pas touché ses avions et attention, on est passé de 29,3 milliards de dollars canadiens prévus à 73,9. 23 à 73,9. Mais tout va bien. Acheter du F35, ça marche bien, il n'y a pas de problèmes. Et les Canadiens n'ont pas vu la couleur du premier avion.
Et je passe sur les petits détails comme la Belgique et l'Allemagne qui ont des infrastructures supplémentaires à ce qui était prévu initialement, qui vont coûter respectivement 300 millions d'euros à la Belgique et 645 millions d'euros à l'Allemagne, juste pour des infrastructures pour qu'elles soient adaptées pour intégrer, accepter le F35. C'est juste aberrant. Et tout ça, c'est des surcoûts avant même d'avoir commencé à exploiter l'avion, en réellement regardant combien est-ce qu'il va coûter.
Parce que je vous rappelle quand même ce que disent les États-Unis. Là, on parle que des clients, mais les États-Unis eux-mêmes, le programme total du F35, il était à 1000 milliards de dollars à l'origine pour acheter 2860 avions, c'est passé à plus de 2000 milliards pour acheter seulement 2456 avions. C'est-à-dire qu'on a 400 avions de moins pour un doublement du prix. Et que dit la Cour des comptes ? Dit que, bah, de toute façon, vu que l'avion coûte toujours 42 000 dollars de l'heure de vol et qu'il n'atteindra jamais le coût d'exploitation qui a été promis, jamais cet avion ne sera soutenable pour les États-Unis.
Donc, quand vous avez les États-Unis, la Norvège, la Suisse, des pays riches, les Pays-Bas qui vous disent "Bah non, le F35 c'est vraiment trop cher pour nous", et que d'autre côté, vous avez la Roumanie, la Finlande, la République tchèque, et même il y a des rumeurs au Maroc, mais il faut être… Comment ces pays peuvent croire que l'avion sera soutenable pour leur aviation ? Comment est-ce qu'on peut croire que les responsables militaires de ces pays ont fait ce choix ?
Mais la plus belle perle, c'est quand même les Allemands qui nous l'ont offerte, puisque le contrat secret allemand a fuité. Il a été analysé par le journal Stern et il y a quand même quatre points fondamentaux qui ont été découverts, je vous les lis.
Le gouvernement américain se réserve le droit de suspendre ou d'annuler totalement ou partiellement la fourniture de services associés aux avions. En gros, ils arrêtent de voler.
L'Allemagne doit prédéclarer chaque mission aux États-Unis avant exécution.
Les données d'utilisation des avions, c'est-à-dire la télémétrie, la configuration d'émission, la configuration des capteurs, tout doit être uploadé sur un cloud américain Amazon Web Services accessible aux autorités américaines.
Et les Allemands ne sont pas autorisés à inspecter le code informatique embarqué dans l'avion, ni ces logiciels, ni même pour trouver les logiciels espions que les Américains ont placés à l'intérieur, et contre et pour lesquels ils ont déjà fait des investissements importants pour éviter que des informations remontent sans le consentement d'utilisateur. On est… c'est ubuesque.
Donc là, on parle d'un contrat avec l'Allemagne. Donc si vous pensez que la Belgique ou les Pays-Bas ou le Canada, vous êtes mieux traité que les Allemands, vous pouvez vous mettre le doigt dans l'œil. Il n'y a que les Émirats qui ont compris que ce n'est pas souverain. Donc, ce n'est pas un avion. Pour moi, est-ce que vous croyez que les militaires de vos pays qui veulent vous défendre, est-ce que vous croyez qu'ils auraient choisi cet avion en connaissance de cause, ou alors est-ce qu'ils se sont fait tordre le bras par le gouvernement avec des surcoûts qui sont absolument colossaux ?
Donc la question, c'est qu'est-ce qu'on fait maintenant que vous vous êtes fait imposer ce choix anti-défense, anti-souverain et anti-économique ? Il n'y en a pas 50. Il n'est pas trop tard pour annuler, il n'est pas trop tard pour faire demi-tour. Regardez les avions comme le Rafale, comme le Gripen. Le Brésil qui a acheté du Gripen, le Rafale qui a été acheté par l'Inde après une compétition opérationnelle officielle, après avoir éliminé tous ses compétiteurs avec des coûts qui sont maîtrisés à 20 000 € de l'heure de vol, ils en sont contents, ils le disent, ils l'expriment. L'Égypte en est contente, ils en ont racheté encore alors que ce n'était pas prévu à l'origine. Le bon retour d'expérience fait que d'autres pays comme l'Indonésie vont choisir cet avion. Les Émirats ont choisi cet avion parce que les contrats sont respectés par les pays comme la France ou par la Suède. Ce sont réellement des exportations qui fonctionnent bien. Les pays acheteurs sont contents. Il y a la possibilité de faire la même chose. Il y a la possibilité de renoncer.
Si on ne peut pas renoncer à la totalité de la flotte, par exemple au Canada, s'ils renoncent à la totalité du programme d'achat des 88 avions, ça va leur coûter 10 milliards de dollars, en incluant le coût justement de la perte de plusieurs milliers d'emplois qui sont liés à l'industrie qui a été impliquée sur le programme. En Suisse, ils disent qu'ils perdraient 700 millions de francs tout de suite si jamais ils devaient renoncer à l'avion. Mais je dis pas de renoncer à la totalité de la flotte. Le Canada qui doit acheter 88 avions, s'ils en prennent que 36 par exemple, et que derrière ils achètent une cinquantaine d'avions réellement adaptés aux besoins du Canada, avec un long rayon d'action, avec qui n'a pas besoin d'être furtif quand il va faire de l'interception, ça va coûter infiniment moins cher d'annuler ces contrats d'aujourd'hui. Oui, perdre quelques milliards maintenant, mais économiser des dizaines de milliards sur les 50 ans qui viennent.
Si la Belgique ou la Suisse aujourd'hui, ils se limitent à une douzaine d'avions, ce qui est la flotte de F35 qui va être achetée par Singapour. Donc, c'est soutenable d'avoir une petite flotte comme ça, et que le reste, ils le compensent en achetant 20, 30 Gripen si vous voulez, des Rafales si c'est… je suis content pour le Rafale, mais en achetant une vingtaine d'autres avions. Là, vous faites des économies. Oui, vous allez perdre quelques milliards tout de suite. Vous allez économiser énormément d'argent sur plusieurs décennies ensuite. Et il y a un super exemple, c'est la Grèce. Qu'a fait la Grèce ? Elle a quand même acheté sa vingtaine de F35, dont aujourd'hui beaucoup d'acteurs militaires grecs pensent qu'il pourrait se passer. Mais certes, ils ont fait leur achat, une petite vingtaine, et le reste, c'est du Rafale. C'est un avion qui sait tout faire mieux que le F35, qui coûte deux fois moins cher, plus de deux fois moins cher à l'exploitation, dont les coûts sont maîtrisés, dont la souveraineté est assurée. Donc, il n'y a pas de question à se poser.
Ne soyez pas dupes. Quand je vois que la Belgique vient de d'annoncer qu'ils vont repasser commande pour 11 avions, pourquoi est-ce qu'ils en achètent plus ? Simplement parce que l'avion vole tellement mal et tellement peu qu'ils sont obligés d'en acheter davantage pour assurer leur contrat opérationnel. C'est inacceptable. Ne vous faites pas plier le bras par un gouvernement qui ne comprend pas les enjeux. Les militaires, vous devez pas accepter cette situation. Il faut absolument être capable de se lever, de faire face, de faire front, de faire un bad buzz médiatique contre ces gouvernements qui veulent leur imposer des choix qui leur sont imposés par les États-Unis.
Et puis, quand on voit ce que les États-Unis nous font avec les taxes douanières vers le Canada, vers l'Europe, on ne peut pas continuer à sourire et à se faire tabasser comme un enfant battu qui continuerait à aduler celui qui le tabasse. C'est pas acceptable. Et on a réellement aujourd'hui la fenêtre de tir, elle est courte. On parle de 1 an, 2 ans maximum, mais si le choix n'est pas fait tout de suite, ce sera trop tard et on sera bloqué pendant des années avec un avion qui est moins bon que ce qui était prévu, plus cher que ce qui était prévu et une soumission éternelle aux États-Unis. Et ils ont réussi ce qu'ils souhaitent, c'est de détruire l'industrie des pays qui sont autour d'eux pour qu'on soit ad vitam æternam accrochés aux États-Unis.
Donc, faites le choix rapide maintenant. Il est encore temps de se prendre en main pour la souveraineté de vos pays et la souveraineté industrielle et pour le bien de votre défense. Je l'ai déjà dit, le F35, il est censé servir de colonne vertébrale à la défense de tous nos pays. On a une sacrée scoliose pour la dimension technique. Et je vous renvoie encore une fois vers les vidéos que je vous mettrai en commentaire de cette vidéo, parce que on a vraiment beaucoup étudié ce sujet déjà par le passé.
Allez, merci à Seb qui m'a aidé aussi à préparer ce dossier et vraiment, il y a tous les liens pour aller voir tout ce que j'ai dit aujourd'hui. Accrochez-vous, les prochaines années, elles vont être serrées dans l'aviation militaire. À bientôt.