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Israël - L'effondrement diplomatique le plus rapide de l'hitoire !

MoneyRadar17:03

Transcription

Israël est en train de perdre ses alliés. Supprimer tout simplement une mesure du budget de la défense 2027 qui vise à renforcer la coopération militaire et technologique entre Washington et Jérusalem. Je ne parle pas des soutiens de façade ou des abstentionnistes polis lors des votes à l'ONU, mais de ses piliers, ceux qui lui vendaient des armes, qui bloquait chaque résolution au conseil de sécurité et qui recevait Netaniaahu à bras ouverts.

En 2011, quand la Palestine a demandé à intégrer l'UNESCO, 11 démocraties occidentales ont voté contre l'Australie, le Japon, la Corée du Sud, l'Allemagne, les Pays-Bas, le Canada, tous alignés derrière Israël. En 2024, même question. Est-ce que la Palestine peut siéger aux Nations-Unies ? Cette fois, la moitié de ces pays a changé de camp et l'autre moitié s'est abstenue de voter.

Ce qui se passe depuis octobre 2023 n'a pas d'équivalent dans l'histoire diplomatique d'Israël. Des ambassadeurs sont rappelés sur quatre continents. Des accords de défense sont suspendus par des gouvernements. Un premier ministre est sous mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale. À la, une procédure lancée pour génocide rassemble des pays comme les Pays-Bas et l'Afrique du Sud contre un adversaire commun. Et enfin, les termes du dernier accord entre Washington et Teran ont été négociés sans Israël. Ambiance.

Guerre au Liban, frappe sur l'Iran, le tout animé par un Donald Trump qui soutient toujours publiquement Israël tout en traitant en état de fou dans la presse américaine. Alors non, le monde entier ne tourne pas le dos à Israël. C'est pire que ça. Seulement ses alliés, lentement les uns après les autres. Dans cette vidéo, je vais me pencher sur les relations de l'État d'Israël qui apparaît de plus en plus isolé sur la scène internationale. Et pour comprendre ce qui se passe, je vais vous amener jusqu'à ce moment précis où soutenir Israël a cessé d'être un réflexe pour devenir un poids politique.

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Après plus d'une trentaine d'accords annoncés par Donald Trump. Enfin, en juin 2026, le cessez-le-feu est décrété à Gaza. Bon, OK, c'est pour l'annonce parce que sur le terrain, les frappes israéliennes n'ont jamais vraiment cessé. Les bombardements sur le Liban continuent au moment où je vous parle et plus de 1000 Palestiniens ont été tués depuis la trêve d'octobre 2025. Le bilan à Gaza dépasse 70000 morts en 2 ans et demi, environ 160000 blessés. Les combats laissent un territoire privé de 70 % de ses infrastructures.

Mais Gaza, ce n'est qu'un front. En octobre 2024, Tsahal a ouvert une guerre éclaire au Liban, bombarder Beyrouth, éliminer Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah et tirer, on en reparlera, sur un des casques bleus européens. Quelques semaines plus tard, frappe directe sur l'Iran et en toile de fond une série post-Assad où personne ne sait qui contrôle quoi. Très vite, le conflit dépasse largement les frontières d'Israël et en moins de 2 ans, il s'est mis à dos une bonne partie de son voisinage. Et pour la première fois, la communauté internationale a pu assister aux événements en direct. Filmé par les téléphones de 2 millions de Gazaouis et 9 millions de Libanais. Pour de nombreux dirigeants politiques, Israël avait le droit de se défendre mais il est allé trop loin et les réponses diplomatiques sont arrivées en rafale.

D'abord, la Bolivie a rompu les relations. Ensuite, la Colombie a rappelé son ambassadeur puis coupé les ponts. Le Chili, le Honduras, le Brésil, pareil. La Slovénie qui déclare deux ministres israéliens persona non grata. L'Espagne pose un embargo total sur les armes et appelle avec l'Irlande au boycott européen. L'Italie suspend son accord de défense. Le Royaume-Uni gèle 30 licences d'exportation. La Turquie, la Jordanie, Bahreïn, l'Afrique du Sud, le Belize, le Tchad, le Canada, les Pays-Bas, la Belgique et le Japon. Ça fait beaucoup de drapeaux. La présence d'une partie d'entre eux ne surprend personne. La Bolivie n'a jamais été une alliée d'Israël. La Turquie d'Erdogan non plus. Le Brésil de Lula encore moins. Mais l'Italie, le Royaume-Uni, le Canada, les Pays-Bas, le Japon, ce sont des partenaires militaires, des pays qui achetaient du matériel de défense israélien et en vendait en retour depuis des décennies. Ceux-là n'ont pas bougé par idéologie. Ils ont bougé parce qu'un événement précis les a forcé à le faire.

Et cet événement, c'est le Liban. 10000 soldats européens sont déployés dans le sud du Liban sous mandat de l'ONU. Le 10 octobre 2024, un char israélien ouvre le feu sur le quartier général de la FINUL à Nakura dans le sud du pays. Deux casques bleus indonésiens sont blessés. Le lendemain rebelote, des tirs sur une autre position du Sri Lanka touchés et un drone de Tsahal survole l'intérieur de la base jusqu'à l'entrée du bunker. En novembre, huit roquettes frappent le QG du contingent italien à Chama. Quand Tsahal tire sur une base FINUL, elle tire sur des militaires européens en uniforme envoyés par leur parlement. Pour le ministre italien de la défense, Guido Crosetto, ce sont là des actes intolérables. Il convoque l'ambassadeur d'Israël à Rome. Il accuse Tsahal d'utiliser les bases de l'ONU comme bouclier. Mais l'ONU elle-même, pourtant alliée de Netanyahu, dénonce publiquement l'attaque.

6 mois plus tard, en avril 2026, l'Italie suspend le protocole de coopération militaire qui l'a lié à Israël depuis 2003. Israël minimise, ce n'est qu'un texte symbolique, dit-on. Peut-être. Mais le symbole justement est énorme. Une première ministre d'extrême droite européenne qui lâche Israël sur la défense, ça ne s'était jamais vu.

La France joue sa partition habituelle. Emmanuel Macron hausse le ton, refuse des licences d'exportation d'armes, prononce le mot embargo devant les caméras et puis temporise. Paris n'a jamais fermé son espace aérien aux cargaisons militaires, contrairement à ce qu'on a pu lire. et la France freine. L'Espagne de Pedro Sanchez va plus loin. Embargo sur les armes d'octobre 2023, consolidé par une loi en septembre 2025. Interdiction d'importer des produits issus des colonies en Cisjordanie. Madrid pousse l'Union européenne à faire pareil pour l'instant sans succès. L'Allemagne et quelques pays de l'Est bloquent encore.

Et puis il y a la Cour internationale de justice. En 2024, la Cour internationale de justice examine la plainte de l'Afrique du Sud et rend une ordonnance. Le risque de génocide à Gaza est plausible. Elle impose des mesures conservatoires qu'Israël ignore. Il y a quelques mois, en mars 2026, les Pays-Bas, l'Islande et la Namibie ont déposé des déclarations d'intervention du côté sud-africain. Mais la réaction la plus inattendue vient des États-Unis. Au Sénat, 40 élus votent en faveur d'un texte qui vise à bloquer les ventes d'armes à Israël. Bien sûr, avec 40 %, le texte ne passe pas, mais le signal est sans précédent. Depuis la création de l'État hébreu, jamais autant de sénateurs américains n'avaient remis en cause le chèque militaire.

Washington reste le premier fournisseur d'armes d'Israël et de très loin. Mais jusqu'à maintenant, personne n'aurait pu imaginer que ça s'arrête un jour. Du côté démocrate, le sénateur Chuck Schumer parle de Netanyahu comme un obstacle pour la paix. Côté conservateur, le 18 juin, le vice-président Pence a publiquement conseillé au gouvernement israélien de ne pas s'attaquer au seul allié puissant qui lui reste encore.

Les embargos, les ruptures, les procédures, le vote au Sénat et la colère de Washington. Tout ce qu'on vient de voir s'est produit en à peine 2 ans. Pourquoi maintenant et pas il y a 10 ans quand Gaza était déjà sous blocus ? La vitesse du décrochage s'explique par la combinaison de trois éléments.

Le premier de ces éléments tient dans une poche, c'est un téléphone. Gaza en 2008, en 2014 et en 2021, c'était des guerres couvertes par des journalistes, filtré par des rédactions et cadrées par des correspondants. Gaza en 2023, c'est 2 millions de civils avec une caméra dans la poche. Les images arrivent brutes sur TikTok, Instagram ou Telegram sans montage et sans commentaire. Un immeuble qui s'effondre à Jabalia à 15h et sur les écrans européens à 15h03. Les chancelleries savent gérer un article du New York Times, mais une marée d'images en temps réel filmée par ceux qui meurent en dessous, c'est une autre histoire. La réalité de la guerre apparaît alors crue dans toute son horreur et la rapproche du quotidien.

Le deuxième élément, c'est l'âge. Pendant des décennies, le soutien occidental à Israël reposait sur un socle émotionnel. La mémoire de la Shoah, la culpabilité européenne et le récit d'un petit pays à l'histoire biblique entouré d'ennemis depuis la nuit des temps. Ce socle tient encore chez les plus de 50 ans, mais chez les moins de 30 ans, il s'est effondré. Aux États-Unis, sur six jeunes adultes, cinq ont une opinion négative d'Israël. Et le fait le plus sous-estimé par les médias français. La fracture traverse la communauté juive américaine elle-même. Des organisations comme Jewish Voice for Peace ou If Not Now rassemblent une nouvelle génération de juifs américains en rupture complète avec la politique de Netanyahu. Ce n'est plus seulement Israël contre le monde arabe.

Enfin, le troisième élément qui a fait chuter sa côte dans le cœur de ses alliés, c'est le mandat d'arrêt. Depuis novembre 2024, Netanyahu est recherché par la Cour pénale internationale pour crime contre l'humanité. Conséquence concrète, tous les États signataires du statut de Rome dont la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie sont théoriquement obligés de l'arrêter s'il pose le pied chez eux. Fini les visites d'État, les poignées de main à l'Élysée et les sommets à Berlin. Un premier ministre en exercice qui ne peut plus mettre les pieds chez ses propres alliés. Je cherche un précédent.

À ces trois éléments viennent s'ajouter la famine organisée utilisée comme levier à Gaza et les 289 journalistes tués depuis 2023. Israël bombarde le programme nucléaire iranien depuis 2025, puis en 2026 avec le soutien des États-Unis au motif que l'Iran approche de la capacité nucléaire. Mais le pays possède aussi 90 têtes nucléaires alors qu'elle n'a jamais signé le traité de non-prolifération, refuse toute inspection de l'Agence internationale de l'énergie atomique et maintient une politique officielle d'ambiguïté. Ni confirmer ni démentir. Cinq pays au monde sont dans ce cas. Israël, l'Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et le Soudan. Mais la différence de traitement est flagrante et le poids de mesure fait monter la colère, surtout dans le Sud global.

À ce sujet, en novembre 2023, le ministre Ami Eliyahu a mis les pieds dans le plat quand il a déclaré que l'usage de l'arme nucléaire à Gaza était une possibilité. Il a été suspendu de ses fonctions mais la phrase a fait le tour du monde. Enfin, la politique coloniale intensive menée en Cisjordanie et dans Jérusalem Est qui menace même le Liban fait l'objet d'un rejet de plus en plus ferme de la part de nombreux chefs d'État. La Chine par exemple, même si les relations commerciales sont au beau fixe, Pékin soutient officiellement la solution à deux États, critique fortement les opérations israéliennes à Gaza et s'oppose aux annexions ou à l'extension des colonies.

La présence de 700000 colons a été déclarée illégale en juillet 2024 par la Cour internationale de justice. Mais Israël oppose son droit à la souveraineté et ignore la décision. Depuis, le gouvernement a approuvé 15 nouvelles colonies et plus de 80 avant-postes. Le régime israélien a même obtenu le label apartheid décerné par les ONG Amnesty International, Human Rights Watch et B'Tselem et par la Cour internationale de justice. À un moment, les diplomates n'ont plus beaucoup d'arguments à mettre en avant. Alors, les dirigeants ont fait un calcul rapide. Défendre Israël maintenant, c'est perdre des voix. Et soudain, le soutien est devenu moins ardent.

Face aux menaces d'isolement qui pèse sur elle depuis sa naissance, Israël n'est pas resté les bras croisés. Depuis longtemps, elle œuvre pour s'intégrer à l'économie mondiale et elle a choisi plusieurs domaines stratégiques. Elle a par exemple développé sa propre industrie de défense au point de devenir l'un des 10 premiers exportateurs d'armes au monde. Iron Dome, drone tactique ou système antimissile. Israël fabrique presque tout en local. Seul les bombes lourdes et les avions de chasse restent américains.

En parallèle, les accords d'Abraham signés en 2020 avec les Émirats, Bahreïn, le Maroc et le Soudan devraient offrir un plan B. Si l'Europe s'éloigne, le Golfe prend le relais. Mais le plan a pris l'eau avec Gaza. La normalisation saoudienne est gelée. La pression populaire dans les pays arabes rend tout rapprochement toxique et la Turquie d'Erdogan se montre hostile. L'Inde de Modi ou l'Argentine de Milei reste fidèle, mais aucun ne pèse assez pour remplacer Washington.

Non, Israël n'a pas perdu le soutien de son allié et partenaire économique principal comme on peut l'entendre et Donald Trump reste officiellement le président le plus pro-israélien de l'histoire américaine. Mais la relation a changé. D'égal à égal en 2023, le dernier allié est devenu patron en 2026 et ordonne maintenant que la paix revienne.

Début juin, le contenu d'un appel téléphonique entre les deux chefs d'État est révélé. Devant l'insistance de Netanyahu à poursuivre les bombardements au Liban, le président américain a perdu son sang-froid. Il s'emporte, traite son homologue de fou, lui rappelle que sans lui, il serait en prison. Enfin, et lui lance que tout le monde déteste Israël à cause de sa guerre au Liban. Deux semaines plus tard, Trump négocie puis signe un accord avec les Iraniens sans consulter Jérusalem. Ça a jeté un froid.

Pressé de toutes parts de mettre fin à une guerre qu'il a contribué à déclencher et qui a plongé l'économie mondiale dans le chaos, le président américain a dû faire de grosses concessions. Pour ouvrir Hormuz, il a accepté de reporter la question du nucléaire de 2 mois. Officiellement pour des motifs techniques, le temps de trouver une solution pour diluer le stock d'uranium enrichi. Il a aussi accepté d'investir 300 milliards de dollars pour reconstruire l'Iran. Il a accepté l'idée d'un péage d'un dollar par baril qui passe par le détroit d'Ormuz, partagé avec Oman et qui devrait être mise en place dans 60 jours, sauf contre-ordre. Il va falloir que les compagnies s'acquittent d'un droit de péage. Et c'est pas rien. D'après les spécialistes, ça serait 2 millions de dollars par pétrolier, c'est-à-dire 1 dollar par baril transporté. Enfin, il a abandonné l'idée de renverser le régime des Mollahs. Rien pour satisfaire Jérusalem, rien sur les proxy, rien sur le Hezbollah ou le Hamas, rien sur la bombe atomique, rien pour sécuriser le territoire israélien. Mais il s'attend à ce que Bibi fasse des efforts lui aussi.

Face à Israël, la route se sépare en trois chemins. Le premier amène à un cessez-le-feu qui tient à la fin des combats et à la reconstruction. L'image d'Israël aura beaucoup souffert des choix de Benjamin Netanyahu, mais l'isolement sera tout relatif. Les accords d'Abraham seront maintenus. L'Europe continuera de gronder si besoin, mais sans jamais mordre. Et Washington maintiendra sa protection en échange d'un droit de regard total sur la politique étrangère israélienne.

La deuxième route mène à la reprise des combats et à la rupture avec l'Europe. Il faudra alors s'attendre à des sanctions commerciales, embargos généralisés sur les armes, exclusion des programmes de coopération scientifique et autres blocages administratifs en pagaille. Ce scénario devient réaliste si l'accord s'effondre et que Gaza replonge dans la guerre ouverte. L'opinion publique européenne ne pardonnera pas un deuxième round.

Enfin, la dernière voie, c'est celle du réalignement avec le reste du monde. Israël va devoir voter en octobre 2026. Si Netanyahu perd, un gouvernement plus modéré pourrait rouvrir le dialogue, geler les colonies, relancer la diplomatie avec les Saoudiens et les autres pays arabes et obtenir leur coopération. L'arbitre, c'est Washington et pour le moment, Washington continue de soutenir la candidature de l'actuel premier ministre, mais plus inconditionnellement. Et celles-là, pas question de les ignorer sans quoi Israël se retrouvera vraiment très seule.

Ce sujet touche beaucoup d'entre vous personnellement, libanais, palestiniens, iraniens, israéliens et juifs de la diaspora. Et vos commentaires sont très précieux. J'espère vous lire un maximum et je compte sur vous pour me corriger si j'ai dit une bêtise. Un grand merci et n'oubliez pas l'offre de notre partenaire. Restez curieux, je vous dis à très bientôt sur Myiradar.

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