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L’IA menace-t-elle la musique ? La réponse du DG de Spotify, Antoine Monin

Quotidien17:57

Transcription

Vous venez de l'industrie musicale et de la télé, et je l'ai dit, vous êtes leader et pourtant vous n'êtes pas américain. Comment ça se fait ?

C'est vrai que c'est rare, et merci de le souligner parce qu'on ne le dit pas assez souvent, mais Spotify est une entreprise suédoise qui a été créée il y a 20 ans à Stockholm, dans une petite cuisine, par Daniel et Martin Lawrence. Et je crois que la particularité justement, quand on est une petite entreprise suédoise, c'est que tout de suite on doit imaginer rêver grand. La Suède, c'est un petit pays. Euh, c'est un peu plus de 100 millions d'habitants. Donc tout de suite, il faut rêver grand. Et ça, je crois, a été la force de Daniel et Martin au début, de tout de suite vouloir aller conquérir des marchés comme les États-Unis, l'Angleterre, l'Europe. Et donc, vous l'avez dit, aujourd'hui Spotify, c'est 750 millions d'utilisateurs dans le monde, 280 millions... Voilà, un peu plus, ça tient pas, mais un peu plus. Voilà. Paul va faire la saga tout à l'heure de Spotify.

Sur votre secteur, vous dominez donc Apple, YouTube et Amazon. C'est quoi la recette ? Vous l'avez donné en partie, mais est-ce que... Non, mais comment une plateforme peut se différencier sachant qu'un titre de Daft Punk est pareil sur Apple Music, sur Amazon Music ou sur Spotify ?

Bah, il y a, il y a aussi, il y a deux éléments clés dans la recette : l'innovation, l'innovation, l'investissement. Ça, c'est ce que Daniel a beaucoup porté. Donc, avoir une plateforme innovante, on innove tout le temps, on sort tout le temps des nouvelles fonctionnalités, mais aussi l'attachement à la culture, et on croit fondamentalement que la culture est locale. Donc, on a des milliers d'employés dans le monde. Je salue les 130 employés de l'entreprise en France. 130 employés en France qui tous les jours s'occupent d'offrir quoi ?

Bah alors, ils programment de la... Ils font quoi les 130 ? On leur dit bonjour, mais on les salue. Non, ben, ils bossent tous les jours pour qu'on offre la meilleure expérience possible à notre utilisateur. C'est eux qui font des recos, qui font, qui font des recos, qui optimisent, qui innovent les podcasts, la musique, les audiobooks, des sélections le vendredi, tout ça. Exactement. Voilà. Et en fait, ils font une, ils font une play spéciale pour Yann et ses équipes. Mais voilà, non, c'est c'est vraiment ce mélange des deux là, de ces deux éléments : l'innovation, l'investissement, mais aussi l'attachement à la culture et les équipes qui travaillent derrière.

Alors, la saga Spotify avec toi, Paul. Oui. Antoine Monin, si j'en crois votre LinkedIn, vous êtes rentré chez Spotify il y a 8 ans. Mais votre LinkedIn, c'est pas, c'est pas suédois, je crois, non ? LinkedIn, c'est pas suédois, mais il l'utilise. Mais votre entreprise, elle a 20 ans, et je vais raconter cette saga en six dates clés.

Bienvenue en 2006 à Stockholm, la capitale de la Suède. C'est ici que Spotify est lancé. On l'a dit, au même moment en France. Souvenez-vous, c'est cette pub qui nous mange le cerveau : "ADP". Et oui, le piratage, c'est le fléau qui frappe l'industrie musicale. Alors, ces deux hommes, Martin Laurenson et Daniel E... Spotify. Voici le logo de l'époque et ses locaux suédois. Spotify mise sur un mot qui va révolutionner le début du siècle : le streaming.

On a lancé Spotify avec l'idée de proposer une vraie alternative au piratage, et depuis, notre obsession est simple : comment concevoir le meilleur produit possible pour le combattre ? En Europe, vous grossissez très vite. En 2011, Spotify devient une licorne, valorisée à 1 milliard de dollars. Mais évidemment, le marché que vous convoitez, c'est les États-Unis. Vous y arrivez en 2011, et vous voulez inonder tous les téléphones des Américains.

Spotify continue de grossir. Pour les artistes, l'outil est devenu indispensable. À l'époque, l'abonnement est à 9,99 €, mais seul 46 centimes reviennent aux artistes. Beyoncé, Adèle le dénoncent, mais celle qui ira le plus loin, c'est Taylor Swift en 2014. C'est la polémique. Malgré tout, elle remporte un prix aux American Music Awards. Sans vous nommer, elle remet une pièce dans la machine. Ce que vous faites quand vous sortez acheter de la musique, des albums, en fait, vous dites que vous croyez en la même chose que moi : la musique a une valeur. On doit la consommer en achetant des albums, et des albums, la consommer comme de l'art.

Daniel E, le PDG de Spotify, contre-attaque. Qu'est-ce que je regarde comme vidéo ? Bah, ce qui est sûr, c'est que je regarde pas les derniers clips de Taylor Swift. La guerre est ouverte, ce qui n'empêche pas Spotify de voir grand. En 2018, la petite startup suédoise rentre à la Bourse de New York.

Tout semble sourire à Spotify jusqu'en 2022. À l'époque, l'épidémie de Covid bouscule encore le monde, et vous lancez un partenariat estimé à 100 millions de dollars avec Joe Rogan, un podcasteur américain d'extrême droite. Une vraie star qui enregistre 190 millions de téléchargements sur son émission. Problème : des contre-vérités sur l'épidémie de Covid sont lâchées. Neil Young, la star de la folk, quitte votre catalogue. Dans une lettre publiée sur internet, il dira : "Ils peuvent avoir Young, pas les deux." Ils ont choisi de continuer avec Rogan parce qu'il leur rapporte des millions de dollars, et ils pensaient que je ferais ma carrière en arrière. Non, mais je reviendrai jamais. Bon, et ben, il est revenu en 2024. Même si vous continuez votre partenariat avec Joe Rogan, Taylor Swift aussi est revenue sur Spotify. À la fin, c'est toujours vous qui gagnez.

Oui, tout le monde revient. Non, mais beaucoup de choses ont changé pendant tous ces, ces 20 ans. Je pense qu'il y a un sujet sur lequel il faut revenir, c'est la rémunération des artistes. Oui, mais on va revenir, mais juste, si on pouvait revenir sur Taylor Swift aussi. Ah non, mais Taylor Swift, vous avez les coulisses du truc. Non, je pense qu'à l'époque, il faut le savoir. Moi, ça fait 30 ans que je travaille dans l'industrie musicale. Il y a 15 ans, c'était compliqué de savoir quel est le modèle qui allait permettre de recréer de la valeur pour l'industrie musicale. Et on était tous en train de chercher des solutions, et on n'était pas forcément certains que ce soit celle-là. Je vais être très honnête avec vous, il fallait convaincre. C'est ce que Daniel et Martin ont fait à longueur de temps. Et donc, il fallait convaincre, il fallait grossir. Il y a 15 ans, Spotify, il y avait pas la taille qu'il avait aujourd'hui, et donc ne pouvait pas reverser autant d'argent qu'il en reverse aujourd'hui aux artistes.

On reviendra sur ce point, il est important. Aujourd'hui, voilà, Spotify a fait sa preuve pour des artistes comme Taylor Swift, comme Neil Young et cetera, que c'était une plateforme qui permettait de toucher un public immense dans le monde, d'avoir une carrière qui grandissait, de vendre des billets de concert, mais aussi de gagner beaucoup d'argent grâce au streaming.

Alors, vous parlez de la rémunération. Vrai ou faux : Spotify est la plateforme qui reverse le moins aux artistes ?

Alors, c'est complètement, mais tellement faux, c'est-à-dire que c'est absolument le contraire. Mais je sais pas, j'ai lu ça dans la presse. Ouais. Alors en fait, on a tous, toutes les plateformes... Voilà. Mais cette présentation là est totalement inexacte, parce que ça, c'est... C'est pas, ils sont pas très bien. L'économie, c'est un autre truc, c'est compliqué. Donc, ça, c'est un chiffre qui peut changer d'un mois sur l'autre, d'un pays à l'autre, d'un artiste à l'autre. C'est pas comme ça que ça marche. Toutes les plateformes ont le même système. On reverse toutes 2/3 à 70 % de tout notre chiffre d'affaires. 2 tiers à 70 % entre 2 tiers à 70 % entre de notre chiffre d'affaires. On reverse 70 % de notre chiffre d'affaires aux ayants droit de la musique, tous. OK. Que ce soit Taylor Swift ou le petit groupe de rock indé, ils reçoivent la même chose. Rever 70 % de notre chiffre d'affaires aux ayants droit de la musique. C'est qui les ayants droit ? Les maisons de disque, les labels et les organismes de gestion collective comme la SACEM. Donc, l'entreprise qui fait le plus de chiffre d'affaires dans le monde, c'est Spotify, et c'est donc celle qui mécaniquement reverse le plus de droits aux labels, aux ayants droit, à la SACEM et aux artistes.

Quelques chiffres : 300 millions d'euros en 2024 pour les artistes français, reversés par Spotify. Aucune autre plateforme n'arrive même à la moitié de ça. 11 milliards de dollars reversés l'année dernière aux ayants droit de la musique et aux artistes. Aucune plateforme n'arrive à ce niveau-là.

Qui est le plus rémunéré aujourd'hui sur Spotify ?

Alors, je ne vais pas dire quel est l'artiste le plus rémunéré. Ça... Bah, en plus, c'est important. C'est le plus écouté. Non, mais on ne peut pas le savoir, parce que nous, on reverse aux... Mais aux maisons de disque. Vous avez une idée avec vos stats, j'imagine. Oui, mais ça va dépendre du contrat qu'elle a avec sa maison de disque. Cet artiste-là ou cet artiste-là. Vous, vous reversez pas aux artistes en direct ? Pas directement. On reverse aux maisons de disque et aux ayants droit. Mais je... Comment vous calculez la rémunération ? En fonction des écoutes, du nombre d'écoutes, non, c'est le... En fonction, en fait, on répartit 70 % de notre chiffre d'affaires et on le reverse. Alors oui, en proportion des écoutes des artistes. Voilà. Donc, en fait, c'est assez simple. D'ailleurs, pour toutes les plateformes, c'est pareil. Un artiste qui a 1 % des écoutes, il a 1 % des revenus.

Et c'est des écoutes individuelles ou si j'écoute trois fois la même chanson en boucle, elle est... Je paye trois fois. Vous payez trois fois l'article. Alors déjà, vous ne payez pas trois fois plus quand vous êtes... Vous rémunérez trois fois la maison de disque. Non, ça va être la répartition qui va être divisée en plus de streams. En fait, c'est une clé de répartition. C'est pour ça que pour certains médias, c'est un peu difficile à comprendre. Économiquement, c'est assez complexe, mais toutes les plateformes ont le même système. On a exactement le même système. Il n'y en a pas une qui est plus vertueuse que l'autre. C'est la loi, ou non ? C'est en fait, quand ça s'est créé il y a 15, 20 ans avec les ayants droit, les maisons de disque, on a dû trouver des accords. Les maisons de disque, elles n'ont pas fait 12 accords différents avec 12 plateformes. Elles ont dit : "Voilà comment on va faire." On s'est tous mis à peu près d'accord sur les mêmes conditions, et le système est le même pour toutes les plateformes. Donc, on a tous le même modèle. Il n'y en a pas une qui est plus vertueuse que l'autre. Par contre, il y en a une qui génère plus d'argent parce qu'elle a aujourd'hui une taille incroyable, et c'est Spotify. Et aujourd'hui, mais il n'y a aucun contest là-dessus, la... L'entreprise qui reverse le plus d'argent aux ayants droit, aux artistes, c'est Spotify.

Et donc, il y a plus de tension avec les majors ? Ah non, aucune. Aucune. Ah non, aucune. Au contraire.

L'algorithme, comment il peut être de mon côté ? Si je fais une chanson, voilà, je suis pas connu, je fais une chanson, je la... Je la mets sur Spotify. À quel moment je peux espérer être un peu connu ? Elle peut... Est-ce qu'elle peut être écoutée par quelqu'un ?

Bah alors, c'est, c'est un challenge, hein. Voilà, il faut, il va falloir... Ou alors, c'est vraiment comme YouTube, je mets une vidéo et puis personne ne regarde. J'en parlais tout à l'heure, il n'y a pas que l'algorithme, il y a les 130 personnes qui sont à Paris et les milliers de personnes qui sont dans le monde. Donc, il y a plein de vecteurs différents pour se faire connaître. Donc, déjà, nos équipes musicales, elles écoutent tout ce qui sort. C'est assez dingue. On a plusieurs centaines d'éditeurs musicaux dans le monde. Donc, déjà, ils vont faire des playlists de nouveautés pour aider le consommateur à s'y retrouver dans ce qui sort. Donc, on va les accompagner, on va éditorialiser, en fait, la plateforme pour qu'il s'y retrouve. Et ensuite, va aussi avoir les algorithmes qui fait une playlist juste pour toi. Voilà. C'est ça. Ouais, exactement. En fonction de tes goûts et cetera, de vos goûts pour le matin, pour le midi, pour le soir. Exactement.

Ça veut dire que là, votre algorithme a des infos sur moi ? Celle que tu lui donnes. D'accord. Sur mes goûts ? Oui. Pas d'autres, pas d'autres infos ? Absolument celle que tu lui donnes. D'accord.

L'intelligence artificielle et la prolifération de faux chanteurs et de faux musiciens. Comment vous gérez ça ?

Alors, pareil, il va falloir mettre un peu de nuance là-dedans. Faux chanteur, faux musicien. L'intelligence artificielle, c'est une révolution technologique dans la musique, comme la musique, elle en connaît depuis très, très longtemps. On ne va pas revenir sur le synthétiseur, le sampleur, l'ordinateur, le vocodeur. À chaque fois, il y a des outils nouveaux pour produire de la musique. Derrière l'intelligence, il y a quand même des gens qui ouvrent un ordinateur, qui font un prompt, qui donnent des signaux pour faire un titre. Et nous, on croit fondamentalement en quelque chose, c'est dans le talent et la créativité humaine. C'est vous n'avez pas de talent, vous pouvez utiliser tous les outils que vous voulez, vous n'aurez pas de talent et vous ne sortirez pas du lot. Par contre, les artistes qui ont vraiment du talent et de la créativité vont utiliser ce nouvel outil, l'adapter comme les artistes l'ont fait avec le sampleur, comme ils l'ont fait avec le synthétiseur. Imaginez, il y a 20 ans, on mettrait l'étiquette en disant : "Attention, ce titre a été fait avec un synthétiseur." Mais là, c'est un changement de nature quand même. Ce n'est pas juste une évolution dans les instruments qu'on utilise. Mais il y a toujours eu des révolutions comme ça technologiques très importantes. Il faut le savoir. C'est-à-dire que quand à un moment on a dit aux musiciens : "Vous avez plus besoin d'instrument pour faire de la musique", ça a été la même révolution, et on a entendu des cris d'orfraie, je vous le jure. Ah non, non, mais je vous le jure, le synthétiseur, il est très mal vu. Le vocodeur, on n'en parle pas, le sampleur, ça a créé des questions pas possibles. Mais il y avait toujours un humain derrière. Là, ce qui est en train de révolutionner... On parle de 25 % de de musique générée par IA.

Oui. Spotify. Alors, alors attention, attention. Après, il y a un autre sujet, c'est : il faut que cette musique soit légale. C'est-à-dire qu'il faut que cette musique, ce soit pas de la musique qui est utilisée pour faire du frauduleux stream. Il faut pas que ce soit de la musique qui soit en violation du droit d'auteur. Donc, en fait, ce qu'on fait, sur quoi on fait très attention, c'est de bien détecter les musiques qui respectent les artistes, le droit d'auteur. Mais il y a toujours un humain derrière. Je suis désolé. Il y a quelqu'un qui ouvre un ordinateur, qui donne un prompt, de prompt, de prompt, de prompt, et à un moment, il y a quelqu'un qui va créer une œuvre. Est-ce qu'elle aura un intérêt ou pas ? Ça, c'est l'art, c'est l'utilisateur qui va le, qui va le déterminer. Mais on ne va pas juger l'outil que utilise l'artiste. Et aujourd'hui, il faut le savoir, il y a eu des articles très récents, intéressants, par exemple dans Le Monde, qui disaient qu'aujourd'hui, il y a de plus en plus d'artistes qui utilisent en partie des outils d'IA, en partie dans l'aide à la création, dans l'aide à la composition, dans l'aide au mixage, et cetera. Donc, si demain, vous avez un album 100 % IA sur Spotify, qu'il fonctionne, que les utilisateurs l'écoutent, vous n'allez pas freiner sa promotion sur la plateforme. Considérer que parce que le public l'a adopté, c'est un bon album. Mais même la définition de 100 % IA, elle n'est pas très claire, parce qu'aujourd'hui, on a du mal à dire est-ce que c'est 100 %, 80 %, 90 %, et qui va mettre la règle, et où, et comment. Si un artiste décide de composer sa musique avec l'IA mais d'écrire lui-même les paroles, qui sommes-nous pour juger ? Donc, vraiment, on va se mettre sur un sujet très important qui va être la légitimité des contenus, éviter la fraude, éviter le spam et respecter le droit d'auteur. Ça, c'est le fondamental. Mais à partir de là, l'outil que l'artiste veut utiliser, c'est l'outil que l'artiste veut utiliser.

Mais vous savez, ça me rappelle un truc. Quand le streaming est arrivé, on disait : "Les gens vont rester enfermés chez eux, ils vont écouter de la musique enfermés chez eux, ils n'iront plus dans les concerts." Vous avez vu les concerts ? La folie Céline Dion, il faudrait qu'elle en fasse 40, dès la Défense Arena. Aujourd'hui, le besoin de connexion... On voulait pas prononcer les mots Céline et Dion aujourd'hui. Ouais, c'est vrai qu'hier vous avez rempli votre quota. Euh, non, mais donc, on voit l'engouement du public pour les artistes, il est de plus en plus fort, et Spotify d'ailleurs contribue aux ventes de billets de concert, contribue aux ventes de vin, et cetera. Donc, moi, je suis très, très confiant pour l'avenir de la création humaine et des artistes.

Vrai ou faux : On arrête de découvrir de nouveaux artistes à partir de 26 ans.

Faux. Ah, c'est faux. D'accord. Enfin, moi, j'en découvre encore, j'ai plus de 26 ans, ouais, et j'en découvre encore tous les jours. OK. Donc, c'est, donc, c'est faux. Hop, de mon point de vue. Oui.

Le 8 avril prochain, première cérémonie des Spotify Podcast Awards, présenté par... Tokar ? Pablo Mira. Pourquoi ce choix ?

Euh, parce qu'il est encore temps de changer. Alors, vrai, le 8 avril, cérémonie, et faux, ce n'est pas un toc-toc. Alors, alors, ça, c'est vous qui, qui voilà, c'est vous qui le dites. Il est encore le temps de changer ou pas ? Mais il est là. Bah, je sais pas. Vous êtes libre ou pas ? À moi ? Ah non, mais non, mais il le fera très bien, en fait.

Qui vote pour les Podcast Awards ? Les fans. C'est les fans sur Spotify. Alors, ça, c'est aussi le principe de cette cérémonie, c'est qu'on va rassembler les créateurs et les fans. Et aujourd'hui, il y a eu plus de 550 000 votes sur la plateforme Spotify. C'est les fans des podcasts et des podcasteurs et des créateurs qu'on choisi dans quelle catégorie pour lequel il votait. Voilà, on est à plus de 550 000 votes. Donc, on a aucun fan, puisque Guillaume Meurice et Ambre Chalumeau ne sont pas nommés. Là, là, scandaleux. On ne peut rien faire, monsieur le président. Euh, on verra après l'émission. D'accord. Non, je, non, malheureusement, je crois que c'est trop tard.

Si je fais un podcast, je touche quoi ? Et vous, vous touchez quoi ?

Euh, moi, rien. Par contre. Rien, non. Euh, par contre, ou là, il était, il était rapide ce nom. Non, non, non, non, rien. Par contre, vous avez la rémunération aujourd'hui, la rémunération qu'on est en train de mettre en place pour les créateurs de podcast est assez similaire à celle de la musique. Il y a deux canaux : la publicité. Donc, si vous avez de la publicité que vous mettez dans vos podcasts, bah, vous récupérez le revenu de cette publicité à 100 %. À 100 %. Si nous, on fait l'intermédiaire en régie, on prendra une commission. Ah, voilà. Ouais. Mais c'est rare. En général, les podcasteurs gèrent eux-mêmes leur régie, et on est en train, également, de mettre en place un programme qui s'appelle Spotify Partner Program. Et là, une partie des revenus des abonnements est également reversée au podcasteur. Donc, pareil, double, double source de revenu : publicité ou code par des abonnements.

Il y en a beaucoup, dans les podcasts ? Il y en a 17 000 actifs en France. Bon, 7 millions dans le monde, quand même. Ouais, mais il y a celui de côté. Il y a beaucoup de gens qui parlent, quoi. Il y a beaucoup de gens qui ont plein de trucs à dire, mais il y a aussi beaucoup de gens qui les écoutent. Oui, oui, oui, aussi.

Toutes les données sont où ? Dans le cloud. Oui, mais au bout d'un moment, c'est quelque part. Ouais. C'est pas dans l'air. C'est-à-dire, ben, c'est-à-dire que toutes les données, toutes les chansons qui sont dans Spotify, tous les podcasts qui sont dans Spotify, ils sont où ? Ah, bah, on est, c'est stocké dans des serveurs. Euh, ça, c'est, c'est toute la technologie derrière le truc. C'est, on, c'est vrai qu'on a 120 millions de morceaux de musique, on a 7 millions de podcasts, on a 500 000 audiobooks. Il faut de la place. Et, et vous savez où c'est ? Physiquement, géographiquement ? Ouais. Ah, bah, c'est dans plusieurs endroits dans le monde. C'est plusieurs, c'est plusieurs serveurs qui... Je peux écouter, j'écoute une chanson qui peut être, je sais pas, en Australie, j'en écoute, et celle d'après, elle sera au Mexique.

Alors, alors, c'est intéressant, parce que justement, une des obsessions de Daniel, quand il a créé Spotify, c'était le temps de latence entre le moment où vous appuyez sur play et le moment où le morceau commence. Et c'est là, en partie, que Spotify a gagné dans l'innovation et l'investissement. Et justement, pour pouvoir faire ça, alors par contre, moi, je bosse dans la musique, pas dans la techno. Voilà. Non, mais vous êtes le patron, vous êtes le patron. Vous devez savoir où c'est. En tout cas, c'est justement d'avoir des serveurs et du stockage qui soient suffisamment performants pour qu'au moment où vous voulez écouter quelque chose, vous n'ayez pas, vous n'ayez pas la petite roue qui tourne là. Voilà, ça mouline, c'est mouline. Non, ça mouline pas. Donc, ça, c'est pour ça que beaucoup d'investissements en technologie, euh, et en innovation pour s'assurer que la plateforme est très performante. Et c'est vert, tout ça ?

Alors, non, mais c'est important. Ah oui, oui, oui, c'est pour ça que je vous pose la question. Alors, on fait beaucoup de progrès justement sur la consommation d'énergie des services de stockage. On est en train, on est sur une trajectoire zéro carbone aussi. C'est important pour Spotify. La trajectoire. Mais oui, oui, mais ouais, mais c'est l'objectif, et, et pour l'instant, on tient la ligne.