Transcription
Si vous comprenez ce que je vais partager avec vous dans les prochaines minutes, il se peut que vous ne regardiez plus jamais votre corps de la même manière. Ce que vous appelez fatigue, douleur, maladie ou même vieillissement ne commence pas toujours là où l'on vous a appris à chercher. Pendant des siècles, nous n'avons observé que la surface en croyant que le corps était l'origine de tout ce qui nous arrive. Mais ce n'est qu'une partie de l'histoire. La véritable cause apparaît avant le symptôme, avant la douleur et même avant qu'un diagnostic n'existe. Elle ne commence pas uniquement dans la matière, elle commence dans l'énergie.
Lorsque vous comprenez cela, vous cessez de voir le corps comme une machine qui s'use simplement avec le temps. Vous commencez à le voir tel qu'il est réellement. Le corps n'est pas un objet immobile. C'est un flux continu d'énergie qui se réorganise à chaque instant. Lorsque cette énergie circule en harmonie, nous appelons cet état la santé. Lorsque ce flux est interrompu, la vie commence peu à peu se rigidifier. C'est ce que j'essaie d'expliquer depuis des décennies. Non pas parce qu'il s'agit d'une théorie de plus, mais parce que le comprendre peut transformer complètement la manière dont vous percevez votre corps, ainsi que la façon dont vous choisissez de vivre.
Pendant longtemps, on nous a appris à croire que le corps humain est une structure solide, de la chair, des eaux, des muscles, des organes, une machine biologique opposée de différentes parties qui fonctionnent ensemble. Et lorsqu'une de ces parties cessait de fonctionner correctement, nous supposions que le problème se trouvait uniquement à cet endroit, comme si réparer une pièce suffisait à comprendre le fonctionnement de l'ensemble. Pourtant, plus j'ai observé la nature en profondeur, plus une réalité que peu de personnes prennent le temps d'envisager est devenue évidente. Rien de ce que nous appelons matière ne demeure véritablement immobile. Tout vibre, tout se transforme, tout est en mouvement permanent, même si nos yeux sont incapables de le percevoir.
Il aime ce qui semble parfaitement solide et constitué à son niveau le plus profond d'un immense espace où l'énergie ne cesse jamais de se réorganiser. L'atome que nous avons longtemps imaginé comme une petite sphère compacte est en réalité presque entièrement vide. Ce que nous appelons matière n'est qu'une organisation extrêmement précise de l'énergie en mouvement. C'est alors que j'ai compris que le corps humain ne devait peut-être pas être considéré comme un objet, mais comme un processus. Un processus vivant en évolution et en transformation permanente. Vos cellules se renouvellent, votre sang se renouvelle et vos tissus se transforment continuellement. Même les pensées que vous entretenez influencent la manière dont ce processus s'organise. C'est pourquoi lorsqu'on me demandait où commence réellement la santé, je ne pouvais jamais répondre en désignant un seul organe. Avant l'organe, il existe un schéma. Avant la matière, il existe le mouvement. Et ce mouvement est ce que les traditions orientales appellent depuis des milliers d'années, l'énergie vitale.
Je voudrais que vous reteniez une idée très simple mais capable de changer complètement votre perspective. Vous ne possédez pas de l'énergie. Vous êtes de l'énergie temporairement organisée sous la forme d'un corps. Maîtrisez cette énergie. Beaucoup de personnes entendent ces mots et imaginent qu'ils font référence à l'acquisition de pouvoirs extraordinaires, à la maîtrise de quelque chose d'invisible ou à l'imposition de leur volonté sur leur propre corps. Pourtant, ce n'est jamais ce que j'ai voulu dire. L'énergie ne répond pas à la force, elle ne répond pas à la pression. L'énergie répond à l'équilibre car toute la nature fonctionne selon ce même principe. Maîtriser l'énergie ne signifie pas la contraindre à faire ce que vous désirez. Cela signifie cesser de faire tout ce qui empêche le corps de suivre son cours naturel.
Observez votre respiration. Lorsqu'elle est rapide, courte et superficielle, votre énergie se disperse, le corps reste en état d'alerte et l'esprit perd sa clarté sans même que vous vous en rendiez compte. Il est également essentiel de prêter attention à ce que vous introduisez dans votre corps. Chaque aliment n'apporte pas seulement de la matière, il transmet aussi une direction, un mouvement et une qualité énergétique qui influence l'ensemble de l'organisme. Il en va de même pour les émotions. Une émotion vécue en pleine conscience finit par se transformer. En revanche, une émotion refoulée ne disparaît pas. Elle demeure en vous et modifie lentement l'équilibre du corps. Puis vient l'agitation permanente. Nous vivons comme si accélérer signifiait forcément avancer. Pourtant, plus vous accélérez votre propre vie, plus votre énergie se fragmente. Et une énergie fragmentée ne peut jamais soutenir un corps en bonne santé très longtemps. C'est pourquoi j'ai toujours enseigné que la véritable transformation ne commence pas par l'ajout de quelque chose de nouveau dans votre vie, elle commence par l'élimination de tout ce qui perturbe constamment l'ordre naturel du corps. Lorsque vous cessez de lutter contre votre propre nature, l'énergie n'est plus gaspillée. Elle retrouve sa direction, retrouve sa force et peu à peu, le corps commence à se souvenir de l'état pour lequel il a toujours été conçu.
Toute la nature fonctionne selon ce même principe. Peu importe que vous observiez les saisons, l'océan, une graine ou le corps humain, tout existe grâce à l'équilibre entre deux forces complémentaires. En Orient, nous appelons ces forces le yin et le yang. Elles ne sont ni des idées abstraites, ni de simples concepts philosophique. Ce sont les deux mouvements fondamentaux qui soutiennent la vie. L'expansion et la contraction, le repos et l'action, le froid et la chaleur, l'intérieur et l'extérieur. La santé n'apparaît jamais lorsque l'une de ces forces domine l'autre. Elle naîe lorsque toutes deux coopèrent en parfaite harmonie. Cet équilibre est le langage naturel du corps.
Lorsque l'excès de yin prédomine, l'énergie perd sa direction. Le corps se disperse, la vitalité diminue et la personne a le sentiment d'avoir perdu son propre sang. Lorsqu'il y a un excès de yang, c'est l'inverse qui se produit. Tout devient rigide. Des tensions apparaissent, les tissus se durcissent et une pression constante s'installe que le corps supporte bien longtemps. Au fil des années, j'ai compris que les maladies naissent rarement d'un seul événement. Elles apparaissent lorsque cet équilibre est rompu à de multiples reprises jusqu'au moment où le corps n'est plus capable de compenser. C'est pourquoi je n'ai jamais considéré la santé comme une lutte contre la maladie. Je l'ai toujours comprise comme un retour à l'ordre que la nature cherche à préserver en chacun de nous. Lorsque vous commencez à regarder votre vie sous cet angle, vous cessez de vous demander uniquement ce que vous devez éliminer. Vous commencez à vous demander ce dont votre corps a réellement besoin pour retrouver son équilibre. Car la maladie n'est pas une punition. C'est une conversation que le corps a commencé bien avant et que peut-être vous n'avez jamais pris le temps d'écouter.
La plupart des gens pense que la maladie apparaît du jour au lendemain comme si le corps était parfaitement sain et qu'au réveil la personne devenait soudain quelqu'un de différent. Pourtant, la nature fonctionne rarement ainsi. D'après mon expérience, tout commence bien plus tôt. Tout débute par un léger déséquilibre que presque personne ne remarqu. Une fatigue persistante, une tension [raclement de gorge] qui revient sans cesse, une émotion qui ne parvient jamais à se résoudre complètement. Au début, on perçoit à peine la moindre modification dans la circulation de l'énergie. Puis le blocage apparaît. Si ce blocage persiste trop longtemps, l'énergie commence à se condenser et ce n'est qu'à ce moment-là que le corps exprime enfin ce qu'il essayait depuis longtemps de communiquer en silence. C'est pourquoi je dis toujours que le corps commence par murmurer. Si vous ne l'écoutez pas, il finit par crier. Non pas pour vous punir, mais parce qu'il ne trouve plus d'autres moyens de se faire comprendre.
C'est précisément cette compréhension qui a complètement transformé ma manière de concevoir l'alimentation. Pour moi, la nourriture n'a jamais été une simple combinaison de nutriments. Elle a toujours été de l'énergie prenant une forme concrète, une information qui entre dans le corps à chaque boucher. Chaque aliment possède une qualité qui lui est propre. Certains favorisent l'équilibre naturel de l'organisme. D'autres créent un excès de la dispersion ou de la rigidité. Avec le temps, ces petits choix façonnent bien davantage que notre apparence physique. Ils déterminent aussi la manière dont notre énergie circule. C'est pourquoi j'ai toujours défendu une alimentation simple, naturelle et en harmonie avec les rythmes de la nature. Plus nos habitudes alimentaires deviennent artificielles, plus il devient difficile pour le corps de se souvenir de l'ordre pour lequel il a été conçu. Chaque repas est bien plus qu'un simple choix de saveur. C'est une décision qui rapproche votre corps de l'équilibre ou qui peu à peu l'en éloigne.
Pendant de nombreuses années, j'ai observé que la plupart des gens cherchaient à retrouver leur énergie à l'aide de techniques compliquées, tout en oubliant le mécanisme le plus simple et le plus puissant dont ils disposent depuis leur naissance, la respiration. La respiration est le pont entre le corps visible et ce que vous ne pouvez pas voir. Chaque inspiration met en mouvement bien plus que l'air. Elle guide également le flux de l'énergie à l'intérieur de vous. Lorsque vous respirez de manière rapide, superficielle et uniquement avec la poitrine, l'énergie perd sa stabilité. L'esprit s'accélère, le corps reste en état d'alerte et peu à peu, vous commencez à vivre déconnecté de votre propre sang. En revanche, lorsque la respiration descend naturellement jusque dans l'abdomen, quelque chose commence à se réorganiser sans le moindre effort. Le corps cesse de lutter, l'esprit se détend et l'énergie retrouve un endroit où s'établir.
Je voudrais que vous fassiez cette expérience dès maintenant. Portez votre attention quelques centimètres sous votre nombril. Respirez lentement et naturellement sans rien forcer. Ressentez comment votre abdomen accompagne chaque respiration et comment le poids de votre corps repose sur la terre. Ce geste peut sembler très simple, mais cet endroit est considéré depuis des siècles comme le centre de l'énergie vitale. Les anciens l'appelaient le dentian. Non pas comme un symbole, mais comme le point à partir duquel une personne apprend à vivre avec stabilité. L'être humain moderne passe presque tout son temps plongé dans ses propres pensées. Il vit prisonnier de ses préoccupations, de ses attentes et d'un flux incessant d'idées. Et lorsque toute l'énergie reste concentrée uniquement dans l'esprit, le corps perd ses racines. C'est pourquoi j'ai toujours enseigné qu'avant d'essayer de changer de vie, il faut d'abord réapprendre à habiter son propre corps. Car un arbre dont les racines ne sont pas profondes n'a pas besoin d'un ennemi pour tomber. Le vent suffit, il en est de même pour nous. Un esprit agité ne pourra jamais soutenir une énergie stable. Mais lorsque le corps retrouve son centre, le calme cesse d'être un effort pour devenir son état naturel.
L'énergie ne dépend pas uniquement de ce que vous mangez ou de la manière dont vous respirez. Elle répond également à toutes les émotions que vous traversez au cours de votre vie. La peur provoque la contraction. La colère crée de la pression. La tristesse affaiblit l'énergie, la gratitude rétablit l'ordre et le calme permet à chaque chose de retrouver sa juste place. Le problème n'a jamais été de ressentir ses émotions. Elles font partie de la nature humaine. Le véritable problème apparaît lorsque vous luttez contre elle, que vous les cachez ou que vous essayez de vous convaincre qu'elle n'existe pas. Toute émotion qui ne trouve pas l'espace nécessaire pour être pleinement vécue demeure dans le corps, cherchant un moyen de se manifester. Et plus elle reste refoulée longtemps, plus elle perturbe l'équilibre naturel de votre énergie. C'est pourquoi je n'ai jamais parlé de contrôler les émotions. J'ai toujours parlé de les comprendre, de les observer sans les nourrir ni leur résister, sans en faire une identité permanente. Lorsque vous cessez de lutter contre ce que vous ressentez, quelque chose commence à se détendre en vous. L'énergie recommence à circuler et le corps cesse de gaspiller sa force à soutenir ce qu'il a porté bien trop longtemps. Souvenez-vous toujours de cette idée. Ce que vous niez demeure. Ce que vous observez avec une attention véritable commence lentement à circuler de nouveau.
Après tout ce que nous avons abordé jusqu'à présent, une question s'impose peut-être naturellement. Si le corps est énergie, comment pouvons-nous apprendre à la guider ? La réponse risque de décevoir ceux qui recherchent des méthodes compliquées. Car guider l'énergie n'a jamais signifié la dominer par la force ni lui imposer notre volonté. L'énergie ne répond pas au contrôle, elle répond à la cohérence. Et la cohérence apparaît lorsque nous cessons de vivre en contradiction avec les lois qui soutiennent la vie. Respirez profondément. Nourrissez-vous avec équilibre. Réduisez les excès de stimulation. Apprenez à écouter les signaux de votre corps avant qu'il ne soit obligé de crier. Retrouvez un rythme de vie plus proche de la nature. Aucune de ces attitudes ne paraît extraordinaire lorsqu'on les considère séparément. Pourtant, réunie, elle transforme complètement la direction de votre énergie. C'est pourquoi je dis toujours que guider l'énergie ne consiste pas à ajouter quelque chose de nouveau. Cela consiste avant tout à cesser de saboter ce que le corps sait déjà accomplir.
Naturellement, le plus grand obstacle n'a jamais été le manque de connaissance. Le véritable obstacle a toujours été le mode de vie que l'être humain moderne a choisi d'adopter. Nous vivons entourés d'écran qui se disputent notre attention, d'un rythme qui interrompt notre respiration, d'aliments qui stimule davantage qu'il ne nourrissent et d'un bruit permanent qui ne nous laisse presque plus d'espace pour nous écouter nous-mêmes. Peu à peu, nous cessons d'habiter notre corps pour vivre uniquement dans notre esprit. Lorsque cela se produit, beaucoup de personnes pensent avoir perdu leur énergie. Pourtant, l'énergie ne disparaît jamais. Elle cesse simplement de se rassembler. Elle se dispersse entre des centaines de pensées, de préoccupations et d'habitudes qui consument silencieusement notre vitalité.
Si un jour vous décidez de mettre ces enseignements en pratique, n'attendez pas des transformations spectaculaires. Observez les petits changements. Remarquez comment votre respiration se transforme lorsque vous retrouvez le calme. Observez la manière dont votre corps réagit lorsqu'il recommence à être nourri avec respect. Voyez comment votre esprit se transforme lorsque vous cessez de lutter constamment contre vous-même. Car peut-être que la véritable transformation n'a jamais consisté à devenir quelqu'un d'autre. Peut-être a-t-elle toujours consisté à retrouver l'équilibre que votre corps connaissait avant que le bruit du monde ne le fasse oublier ? Et peut-être qu'au moment où vous comprendrez que l'énergie a toujours cherché à vous ramener vers cet état d'harmonie, vous découvrirez que le chemin n'a jamais été à l'extérieur de vous. Il a toujours été en vous attendant simplement le moment où vous décideriez de l'écouter à nouveau.