Transcription
Hallo tout le monde. Aujourd’hui, on se retrouve pour parler d’un point que je considère très très important. Il s’agit de voir, selon moi en tout cas, les piliers pour l’accessibilité numérique, alors à la fois des sites web et cetera, mais aussi des jeux vidéos. Selon moi, il existe donc trois piliers qui sont essentiels et qui sont préalables à tout travail finalement et également avant même toute considération strictement technique, hein, sur les compétences pour créer des contenus, des jeux vidéos, des interfaces, des sites web accessibles.
Et bien, je crois qu’il faut d’abord placer dans l’ordre les choses dont je vais vous parler aujourd’hui. C’est parti. Donc tout d’abord, il y a selon moi la sensibilisation. Évidemment, les gens ne peuvent pas traiter d’un sujet dont ils ignorent totalement l’existence. Donc sensibiliser, c’est parler des choses, c’est partager, c’est montrer, c’est démontrer, c’est faire tester, mettre en situation les gens. En gros, pour moi, c’est tout ce qui va réduire la distance entre la situation de handicap. Alors en l’occurrence là, on parle de numérique, hein, et puis les personnes, bah, qui n’ont pas de besoins spécifiques liés à l’accessibilité en numérique et en jeux vidéo.
Moi, je suis encore surpris aujourd’hui de constater que il y a plein de gens qui ne savent pas ce que c’est qu’un lecteur d’écran. Donc il faut, il faut accompagner, il faut continuer d’en parler, il faut expliquer. Beaucoup beaucoup de gens ignorent, quand on leur pose la question. Alors par exemple, on a des, des choses comme l’audio description. Aujourd’hui, de plus en plus de gens savent ce que c’est si on leur demande et en force, si c’est une personne malvoyante ou non voyante qui leur pose la question, ils vont vite être capable de répondre précisément ce que c’est et puis il voit ça à la télé régulièrement. Il y a des annonces visuelles et audio qui disent « Ce programme est proposé en audiodescription ». Donc voilà. Par contre, l’accessibilité numérique, les lecteurs d’écran, toutes ces considérations là, c’est encore très très très méconnu. Donc premier point, la sensibilisation.
Ensuite, un point qui est essentiel, qui est extrêmement négligé. Alors vraiment, c’est, c’est voilà, c’est majoritairement totalement, bah, ignoré quand même, c’est l’enseignement parce que coder des jeux vidéos accessibles, créer des interfaces accessibles, bah ça nécessite d’y avoir été sensibilisé. Et pour les gens qui fabriquent ces jeux vidéos, ces interfaces, et bien évidemment si on ne l’aura jamais appris, si on ne leur a jamais expliqué, si on ne l’aura jamais démontré, bah ils vont être bien en peine de le faire. Et puis c’est surtout que ça va même pas forcément leur venir à l’esprit, à moins que l’étape 1 que je vous ai dit, de la sensibilisation, qui faisait dans leur parcours rencontrer cela. Alors le côté enseignement, c’est bien plus vrai aujourd’hui euh au sujet de l’accessibilité des jeux vidéos que de l’accessibilité numérique en général, des interfaces, de l’accessibilité numérique, site web et cetera. Alors tout simplement parce que depuis quelques années commence à y avoir des cursus, des formations, des professionnels qui émergent. C’est-à-dire que par exemple typiquement sur LinkedIn, il y a, j’en sais rien, 5, 6 ans, le profil d’experts en accessibilité numérique, c’était extrêmement rare et marginal. Aujourd’hui, il y a, il y a beaucoup de gens qui proposent leurs services et qui font, bah qui voilà, qui, qui parlent du sujet, qui le mettent en avant en lumière et c’est très bien. Cependant, pour les jeux vidéos, alors là on est extrêmement loin du compte. C’est encore très naissant, très balbutiant et justement, justement parce que entre autres, bah, il y a pas de formation à l’accessibilité numérique, il n’y a pas de cours d’enseignement ou extrêmement peu, évidemment il y en a et bah d’ailleurs je vais vous en reparler spécifiquement dans une prochaine vidéo, mais du coup il y a un travail énorme à faire. Donc sensibiliser pour que les gens sachent que ça existe, y compris les, les gens qui bossent dans l’informatique, dans l’audiovisuel ou tout simplement toutes les entreprises, toutes les personnes qui ont un site web ou qui vont proposer un contenu.
Ensuite, bah il faut aussi qu’il existe des formations, qu’elle soit accessible, qu’elle soit de qualité, ça va s’en dire. Et puis, euh, et et là, bah effectivement, c’est un coup fort à frapper. Ça c’est un investissement sur le moyen long terme, enseigner. Évidemment, ça va pas donner des fruits tout de suite, mais c’est ce qui va faire que, je l’espère, dans les années à venir, nous aurons beaucoup plus de contenu de multimédia, de numérique et de contenu interactif, bah qui seront de plus en plus accessibles. C’était donc le, le second pilier, hein, je m’étends pas trop dessus comme je vous l’ai dit, j’en parlerai ultérieurement.
Et puis enfin, le troisième pilier dont je voudrais vous parler, c’est d’impliquer le public concerné. C’est-à-dire qu’à partir du moment où on a été sensibilisé, on sait que ça existe et on comprend pourquoi il faut faire les choses et on a l’envie de le faire. Ensuite, on acquiert des compétences pour écrire, coder, concevoir, accessible. Donc ça, on peut s’autoformer soi-même, hein. Et bah notamment dans les jeux vidéos, c’est un peu ce qui arrive systématiquement puisque il y a très très peu de, de, de cursus, de discipline d’enseignement dans ce domaine, même si heureusement on trouve de très très bonnes ressources sur internet sur le sujet, mais du coup c’est de l’autoformation finalement. Donc une fois qu’on a été sensibilisé, qu’on ensuite on développe les compétences et on met vraiment, on va vraiment mettre les mains dans le, dans le cambouis, hein, dans voilà pour créer ces contenus accessibles. Et bien la dernière chose qui est également essentielle, ben c’est d’intégrer. Alors si par exemple on travaille sur de la déficience visuelle, de la malvoyance, non voyance, évidemment il faut intégrer des personnes mal et non voyantes le plus tôt possible, si possible à toutes les étapes bien sûr, mais bon c’est pas toujours réalisable. Mais pour tester à minima ou pour penser les choses, c’est encore mieux. Et bien évidemment les impliquer parce que je le répète toujours, se bander les yeux quand on est voyant et tester une interface, ça ne suffit pas. Même si on fait quelque chose d’accessible, on se bande les yeux, on teste, ah super, ça parle, ah j’arrive à identifier les éléments écran et tout. L’usage concret d’une personne en situation de cap de handicap au quotidien, elle a pas les usages qu’une personne qui simule, qui essaie. Alors c’est très bien de le faire. Ça part d’une bonne volonté et ça peut dépanner, ça peut permettre de gagner du temps, ça peut permettre de commencer le travail, mais il faut très vite le passer à l’épreuve d’une utilisation intensive parce que je sais pas qu’est-ce que je peux vous donner comme exemple. Euh, par exemple les lecteurs d’écran, souvent on va mettre, on va raccorder à un lecteur d’écran un contenu numérique, c’est-à-dire que le contenu sera compatible pour que les lecteurs d’écran externes au programme, au site web soit lu automatiquement par des logiciels que nous, qui avons besoin de, de ça, on les possède déjà ces logiciels, mais eux ils font juste leur accordement. Mais si c’est pas testé, on pourrait très vite s’apercevoir que, en tout cas si c’est pas testé à fond, que l’usage d’une personne qui va tabuler, défiler très vite, appuyer très vite sur son clavier, se déplacer, utiliser des raccourcis clavier, et ben ça, ça marche que sur une interface qui a été optimisée, qui est extrêmement robuste. Le simple fait que ça lise à voix haute, c’est pas suffisant. Euh, et bon, je, on pourra revenir sur ces sujets là en détail. Quiconque souhaite échanger d’ailleurs sur ces points, vous n’hésitez pas à me contacter, hein. contact@ludax.org par exemple, ludaccess. On peut aussi échanger à travers les, les commentaires de cette vidéo et puis voilà, vous trouverez bien des moyens aussi pour me contacter.
Voilà, ce sont des sujets passionnants et je suis tout à fait enclin à échanger. Donc je veux faire cette première vidéo qu’elle soit très digeste, très courte. Donc trois piliers qui, euh, je pense sont strictement essentiels dans le parcours pour que un produit devienne accessible: Sensibilisation, formation, enfin enseignement, euh développement de compétences et enfin intégrer, impliquer le public directement concerné parce que lui seul connaît les usages concrets et réels de, bah, des outils de compensation ou en tout cas de l’interface telle qu’elle sera pensée. Voilà. Donc, euh, bah écoutez, j’espère que vous aurez appris quelque chose ou que ça vous aura un petit peu rappelé les bases. Je vous dis donc à très bientôt pour d’autres vidéos concernant l’accessibilité de la culture, des intelligences artificielles et des jeux vidéos. Ciao !