Transcription
Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Que la paix et les bénédictions soient sur son prophète véridique et digne de confiance.
Chers distingués membres de la famille des médias nationaux et internationaux,
Bienvenue au siège du Ministère des Affaires Étrangères. Je vous remercie tous d'avoir répondu à notre invitation à participer à cette rencontre renouvelée d'échange et d'interaction, afin de contribuer, dans la mesure du possible, à éclairer l'opinion publique nationale sur les développements et les actualités concernant les dossiers les plus importants de l'heure, aux niveaux régional et international, en particulier ceux qui relèvent des préoccupations de la diplomatie algérienne.
Nous nous réunissons aujourd'hui alors que la qualité de membre de l'Algérie au Conseil de Sécurité de l'ONU touche à sa fin. C'est le dernier tournant de ce mandat, que nous avons tenu et tenons toujours à ce qu'il soit un mandat de fidélité, comme l'a souligné le Président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune : fidélité à l'identité de l'Algérie et à son histoire de lutte, fidélité aux appartenances de l'Algérie, ses appartenances arabe, islamique et africaine, et fidélité aux valeurs, principes et idéaux consacrés par la Charte des Nations Unies.
C'est la voie que nous avons suivie et à laquelle nous nous sommes engagés depuis le début de ce mandat. C'est la même voie que nous ne dévierons pas, alors que nous franchissons ce dernier tournant et que nous nous préparons, en même temps, avec toute confiance et toute responsabilité, à passer le flambeau à nos frères, les pays arabes et africains, qui rejoindront le Conseil de Sécurité au début de l'année prochaine.
Les dossiers prioritaires pour la diplomatie algérienne ont connu des développements notables sur la scène onusienne ces derniers temps, en particulier ceux liés à la question palestinienne et à la question du Sahara Occidental, ainsi qu'aux situations dans la région du Sahel-Sahara.
À l'occasion de notre rencontre d'aujourd'hui, je voudrais partager avec vous quelques visions et analyses concernant ces développements et la manière dont l'Algérie y a interagi, compte tenu des responsabilités qui lui incombent en tant que représentante de notre espace arabe et, en même temps, représentante de notre continent africain au Conseil de Sécurité de l'ONU.
Hier, et hier seulement, ce Conseil, le Conseil de Sécurité de l'ONU, a adopté une nouvelle résolution onusienne sur la question palestinienne, ou plutôt sur la situation à Gaza. Il s'agit d'une résolution initiée par les États-Unis d'Amérique dans le but d'adopter ce qui a été appelé le plan de paix à Gaza. L'Algérie a voté en faveur de cette résolution, compte tenu d'un certain nombre de considérations objectives relatives, premièrement, aux objectifs fondamentaux de cette résolution, deuxièmement, aux arrière-plans qui la sous-tendent, et troisièmement, et enfin, aux positions des principaux acteurs régionaux à son égard.
Premièrement, en ce qui concerne les objectifs fondamentaux de cette résolution, ils s'inscrivent principalement dans le cadre de ce que l'on peut appeler les priorités urgentes de la phase actuelle, ou les priorités de l'après-agression sur Gaza. Ces priorités sont de quatre ordres : la première est la consolidation de l'accord de cessez-le-feu ; la deuxième est la fourniture d'une protection internationale au peuple palestinien ; la troisième est la facilitation des efforts d'aide humanitaire à Gaza sans restrictions ni conditions ; et la quatrième et dernière est la préparation du terrain pour le lancement d'un processus de reconstruction à Gaza.
Ce sont là les priorités urgentes qui s'imposent aujourd'hui, et ce sont les mêmes priorités pour lesquelles l'Algérie n'a cessé de plaider depuis le début de son mandat au Conseil de Sécurité, trois mois après le lancement de l'agression israélienne flagrante contre Gaza. Je crois, en toute honnêteté et sincérité, que la résolution adoptée offre une base contraignante pour progresser vers la prise en charge de ces priorités urgentes, sans porter atteinte aux constantes du droit ou aux droits liés à la question palestinienne.
Il suffit de rappeler ici les éléments suivants :
Premièrement, la résolution adoptée souligne la nécessité de respecter le cessez-le-feu et rejette toute justification ou prétexte pour la reprise de l'agression israélienne contre Gaza.
Deuxièmement, la résolution adoptée établit, comme une première remarquable, le déploiement de forces internationales pour maintenir la paix et la sécurité à Gaza, ce qui constitue en soi un développement majeur dans l'histoire de la question palestinienne en vue de fournir une protection internationale au peuple palestinien.
Troisièmement, la résolution adoptée réaffirme dans son annexe le rejet du déplacement forcé, tout comme elle rejette les plans israéliens visant à annexer ou occuper Gaza par la force militaire.
Quatrièmement, la résolution adoptée appelle à la levée de toutes les restrictions et barrières aux efforts d'aide humanitaire destinés au peuple palestinien à Gaza.
Cinquièmement, et enfin, la résolution adoptée ouvre la voie à l'accélération du processus de reconstruction à Gaza, notamment par la mobilisation des institutions financières mondiales pour contribuer à cet effort international.
Quant aux constantes de la question palestinienne, la résolution adoptée n'affecte en rien les fondements d'une solution juste, durable et définitive au conflit israélo-palestinien, telle qu'acceptée par la communauté internationale et conformément aux résolutions pertinentes de la légalité internationale. D'une part, la résolution adoptée rappelle toutes les résolutions antérieures du Conseil de Sécurité relatives à la question palestinienne, résolutions qui constituent la doctrine onusienne pour permettre au peuple palestinien d'exercer ses droits légitimes et légitimes par la fin de l'occupation de ses territoires, la concrétisation de son projet national et la mise en place de son État indépendant et souverain. D'autre part, l'Algérie a réussi, lors des négociations, à introduire un amendement d'une importance capitale à cette résolution, amendement qui précise que l'objectif final de cette résolution est de créer des conditions favorables à l'ouverture d'une perspective de solution politique au conflit israélo-palestinien et de permettre au peuple palestinien d'établir son État indépendant et souverain.
Deuxièmement, en ce qui concerne les arrière-plans de cette résolution, il s'agit du fait que l'initiative de demander la présentation de ce qui a été appelé le plan de paix à Gaza au Conseil de Sécurité, dans le but d'obtenir une résolution à ce sujet, est venue à l'origine des pays arabes participants au sommet de Charm el-Cheikh qui s'est tenu en Égypte au milieu du mois dernier. Ce sommet, qui a abouti à l'adoption de ce plan de paix, a également été marqué par des demandes arabes d'approbation de ce plan par le Conseil de Sécurité de l'ONU, et ce, afin d'atteindre trois objectifs principaux : le premier objectif est de conférer une force juridique et une forme exécutoire à ce qui a été appelé le plan de paix à Gaza par le Conseil de Sécurité de l'ONU ; le deuxième objectif est de sortir ce plan du cercle restreint des participants au sommet de Charm el-Cheikh et de lui donner un caractère plus large et plus global, à savoir le caractère international ; le troisième objectif concerne la mise en œuvre de ce plan de paix sous l'égide des Nations Unies, lui conférant ainsi la garantie la plus importante, à savoir la garantie onusienne qui assure sa concrétisation d'une manière qui ne contrevient pas aux principes et objectifs de la Charte des Nations Unies et à toutes les réglementations onusiennes relatives au conflit israélo-palestinien, qui constituent dans leur ensemble ce que nous appelons la légalité internationale.
Troisièmement, en ce qui concerne les positions des principaux acteurs régionaux face à cette résolution, l'Algérie s'est engagée, depuis le début de son mandat actuel au Conseil de Sécurité, à coordonner toutes ses étapes, ses mouvements et ses initiatives avec ses frères palestiniens en particulier, et avec ses frères arabes en général, par le biais de la Mission palestinienne et des missions arabes représentées auprès de l'Organisation des Nations Unies. Notre pays a adopté la même approche lors de la phase de négociation du projet de résolution. Elle a travaillé en parfaite coordination avec toutes ces missions à New York.
Il ne fait aucun doute, il ne fait aucun doute que vous avez tous constaté que l'Autorité palestinienne a eu une position claire et explicite sur le projet de résolution américain, puisqu'elle a publié un communiqué officiel dans lequel elle approuve ce projet et appelle les États membres du Conseil de Sécurité à l'adopter. Dès que le Conseil de Sécurité a adopté cette résolution, l'Autorité palestinienne a de nouveau exprimé son soulagement, sa bienvenue et son soutien à cette étape. Il en a été de même pour les pays arabes et islamiques participants au sommet de Charm el-Cheikh, qui ont également publié un communiqué conjoint la semaine dernière, dans lequel le Conseil de Sécurité a évoqué l'accélération de l'adoption du projet de résolution américain. Dès l'adoption de cette résolution, nombre de ces pays ont commencé à publier des communiqués de bienvenue et de soutien.
Dans cette perspective, l'Algérie ne peut pas dévier de la position de ses frères palestiniens, ni sortir du cadre du consensus arabe et islamique soutenant le projet de résolution et appelant à son adoption par le Conseil de Sécurité. Elle ne peut enfin pas adopter une position contraire à ce pour quoi elle a plaidé auparavant, à savoir la nécessité d'adopter une résolution urgente et contraignante pour lever toutes les formes de souffrance infligées au peuple palestinien à Gaza.
Une telle position ne constitue pas une négligence des lacunes qui ont entaché le contenu de la résolution, mais plutôt une réponse responsable à la position palestinienne, arabe et islamique, sans aucune atteinte aux constantes de la position historique de l'Algérie en faveur de la cause palestinienne, ni aux constantes du consensus arabe sur les voies de règlement de la question palestinienne, ni aux constantes d'une solution juste, durable et définitive au conflit israélo-palestinien, acceptée au niveau international.
Chacun sait que la résolution du Conseil de Sécurité n'était ni complète ni idéale, telle que nous et d'autres pays arabes et islamiques l'aurions souhaitée. Cette résolution ne traite pas, premièrement, du conflit israélo-palestinien dans sa globalité, mais se concentre sur une partie spécifique de celui-ci, à savoir la récente agression israélienne contre Gaza et une période spécifique, à savoir la phase d'urgence post-agression et les priorités sécuritaires, militaires, humanitaires et économiques que cette phase soulève. Cette résolution limite, deuxièmement, et temporairement, le rôle de l'Autorité palestinienne dans la gestion des affaires palestiniennes jusqu'à l'achèvement du processus de réforme auquel l'Autorité palestinienne s'est engagée et qu'elle a commencé à mettre en œuvre en tant que représentant légitime et unique du peuple palestinien. Cette résolution est entourée de troisième ambiguïté dans de nombreux arrangements temporaires qu'elle exige de mettre en œuvre, notamment en ce qui concerne la composition et les missions du Conseil de paix à Gaza, ainsi que la composition et les missions de la force internationale pour le maintien de la stabilité à Gaza. Cette résolution ne prend pas en charge, quatrièmement et enfin, le traitement des causes profondes du conflit de manière à garantir l'unification des territoires palestiniens, la fin de leur occupation et la fourniture des conditions nécessaires à l'établissement de l'État palestinien indépendant et souverain. Ce sont là autant de dossiers dont l'examen a été reporté jusqu'à l'achèvement du processus de réforme initié par l'Autorité palestinienne et après confirmation de sa capacité à assumer les responsabilités nationales qui lui incombent à cet égard.
Chacun est pleinement conscient de ces lacunes, mais la nécessité des nécessités, la priorité des priorités et l'impératif des impératifs dans la conjoncture actuelle résident dans la consolidation de l'accord de cessez-le-feu, la fin des crimes de génocide, de famine et de torture que nos populations à Gaza ne peuvent plus supporter davantage que ce qu'elles ont déjà supporté pendant deux ans. La nécessité, la priorité et l'impératif résident également dans la facilitation des efforts d'aide humanitaire, le lancement du processus de reconstruction, ainsi que dans la privation de la puissance occupante de tout prétexte ou justification pour reprendre la guerre contre Gaza et relancer ses plans visant à déplacer les Palestiniens hors de leurs terres et à imposer sa domination sur Gaza par la force.
Telles sont les considérations objectives sur lesquelles l'Algérie s'est appuyée, avec toute responsabilité, tout engagement, toute sagesse et toute clairvoyance, pour prendre sa décision souveraine de voter en faveur de ce projet de résolution au Conseil de Sécurité. Nous aspirons de tout cœur à ce que cette étape contribue à atténuer le poids des souffrances infligées au peuple palestinien à Gaza, et qu'elle soit suivie, dans les étapes futures, par des mesures similaires qui traitent des causes profondes du conflit et garantissent l'accélération de la création de l'État palestinien indépendant et souverain, comme solution juste, durable et définitive au conflit israélo-palestinien, et comme condition indispensable et unique pour rétablir la paix et la stabilité dans la région du Moyen-Orient.
Quant au dossier du Sahara Occidental, il a également connu un développement remarquable à la fin du mois dernier. Ce développement a consisté en l'adoption par le Conseil de Sécurité de la résolution 2797, qui renouvelle le mandat de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara Occidental. Cet événement a été accompagné d'une campagne médiatique que je crois sincèrement ne pas être étrangère au dossier du Sahara Occidental. Les observateurs des développements de ce dossier depuis son début savent parfaitement que le disque rayé du "dossier clos" ou du "dossier archivé" n'est pas une nouveauté, mais plutôt un discours qui est répété et diffusé chaque fois que cette question est soulevée devant les différentes instances onusiennes, en particulier le Conseil de Sécurité international.
Loin de toutes ces inventions, interprétations et erreurs, ce qui est certain et indubitable, c'est que le dossier du Sahara Occidental n'est pas clos et qu'il reste toujours soumis aux Nations Unies, à son Assemblée Générale, à son Conseil de Sécurité et à la Commission des Nations Unies pour la décolonisation, la Commission des 24. Ce qui est également certain et indubitable, c'est que le Conseil de Sécurité n'a pas adopté la thèse marocaine, pas plus qu'il n'a reconnu la souveraineté marocaine prétendue sur le Sahara Occidental. Ce qui est également certain et indubitable, c'est que le Conseil de Sécurité n'a pas tranché ni sur le fond des négociations ni sur leur résultat, dont la détermination et l'accord ont été laissés aux deux parties au conflit, le Royaume du Maroc et le Front Polisario.
Plus encore, la résolution adoptée par le Conseil de Sécurité a, dans son contenu, préservé toutes les constantes de la solution à la question du Sahara Occidental, sans toucher à aucun de ses éléments interconnectés et complémentaires. Il s'agit ici des constantes suivantes, énoncées de manière directe et explicite dans le texte de cette résolution :
Premièrement, le processus de solution politique à la question du Sahara Occidental reste sous les auspices et le suivi des Nations Unies et ne sort pas de ce cadre onusien, comme le stipule la résolution dans la plupart de ses considérations liminaires et opérationnelles.
Deuxièmement, la nécessité de mener des négociations directes entre les deux parties au conflit, le Royaume du Maroc et le Front Polisario, comme le souligne la résolution dans plusieurs de ses paragraphes, notamment le troisième paragraphe opérationnel.
Troisièmement, la nécessité pour les deux parties au conflit, le Royaume du Maroc et le Front Polisario, de s'accorder sur la formule finale de la solution, comme le souligne la résolution du Conseil de Sécurité dans plusieurs de ses considérations liminaires et opérationnelles, notamment le troisième paragraphe opérationnel.
Quatrièmement et enfin, l'impératif que la solution finale aboutisse à permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit à l'autodétermination, comme le souligne la résolution dans deux paragraphes explicites : le troisième considérant liminaire et le troisième paragraphe opérationnel.
Outre la préservation des constantes d'une solution juste, durable et définitive à la question du Sahara Occidental, la résolution du Conseil de Sécurité a réalisé trois gains majeurs qui permettent au Front Polisario de défendre sa position à partir d'une position de force solide et enracinée dans la légalité internationale. Il s'agit des trois gains suivants :
Premièrement, le renouvellement du mandat de la MINURSO pour une durée d'un an, conformément aux dispositions du premier paragraphe opérationnel du texte de la résolution. Cette mission est chargée d'organiser le référendum d'autodétermination au Sahara Occidental, comme l'indique explicitement sa dénomination même.
Deuxièmement, la levée du caractère exclusif de la proposition marocaine d'autonomie, qui visait à être consacrée comme la seule et unique base des négociations. En effet, la résolution, dans son troisième paragraphe opérationnel, a ouvert largement la voie au Front Polisario pour présenter ses visions et ses propositions dans le cadre du processus de négociation.
Troisièmement et enfin, l'absence de décision préalable sur la nature ou le résultat de ce à quoi devraient aboutir les négociations, laissant cela à l'accord des deux parties au conflit, le Royaume du Maroc et le Front Polisario, conformément aux dispositions du troisième paragraphe opérationnel de ladite résolution.
Sur la base de ces données, et partant des responsabilités qui incombent à notre pays en tant que voisin des deux parties au conflit, l'Algérie ne ménagera aucun effort pour apporter son soutien à toute initiative de médiation entre les deux parties au conflit, à condition que cette initiative s'inscrive dans le cadre onusien et que sa forme et son contenu soient fondés sur les constantes d'une solution juste, durable et définitive à la question du Sahara Occidental, telles qu'énoncées dans toutes les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité, y compris la dernière résolution.
L'engagement de l'Algérie à contribuer à la résolution du conflit au Sahara Occidental est lié à son engagement de soutien à la sécurité et à la stabilité de son voisinage. Cet engagement repose sur la conviction profonde de notre pays que sa sécurité et sa stabilité font partie intégrante de la sécurité et de la stabilité de son voisinage, de son environnement et de tous ses espaces d'appartenance. L'Algérie n'a jamais envisagé sa sécurité et sa stabilité d'un point de vue individuel, isolationniste ou égoïste, bien au contraire. Sa vision est globale et n'exclut personne parmi ses frères, en particulier dans la région du Sahel-Sahara.
Par conséquent, ce que connaissent aujourd'hui les pays du Mali en termes d'aggravation des dangers terroristes, qui ont atteint des niveaux et des frontières sans précédent, nous préoccupe et nous inquiète plus que cela ne préoccupe ou inquiète d'autres. Cela nous touche plus que cela ne touche d'autres. La source de cette inquiétude ne réside pas seulement dans le fait que le Mali est notre voisin immédiat, mais elle découle également de l'engagement historique de l'Algérie à se tenir aux côtés de ce pays frère dans toutes les épreuves et crises qu'il a traversées depuis son indépendance. L'Algérie a été et reste l'un des plus ardents défenseurs, plaideurs et artisans de la préservation de l'unité du Mali, terre, peuple et institutions. L'Algérie a été et reste l'un des plus ardents défenseurs, plaideurs et artisans de la préservation de l'intégrité territoriale du Mali. L'Algérie a été et reste l'un des plus ardents défenseurs, plaideurs et artisans de la promotion de la souveraineté totale et indivisible du Mali.
L'aggravation du danger terroriste aujourd'hui au Mali et les défis et enjeux imprévisibles qu'elle impose à toute la région confirment, malheureusement, ce que l'Algérie avait prédit et mis en garde il y a près de deux ans, lorsque les autorités maliennes ont unilatéralement renoncé à l'Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d'Alger.
Dans ce contexte, je vous prie de bien vouloir me permettre de revenir au contenu du communiqué publié par le Ministère des Affaires Étrangères à l'époque, et plus précisément le 26 janvier 2024, pour en citer une seule phrase :
"L'option militaire est la première et la plus importante menace pour l'unité du Mali et l'intégrité de son territoire. Cette option porte en elle les germes de la guerre civile au Mali, tout comme elle sape les efforts de réconciliation nationale et constitue une menace réelle pour la sécurité et la stabilité régionales."
Aujourd'hui, alors que nous constatons de nos propres yeux la réalisation de ce dont l'Algérie avait mis en garde il y a deux ans, nous ne pouvons qu'espérer que les responsables de ce pays se réveilleront et comprendront l'impératif de revenir au processus politique afin de rattraper les efforts et les démarches manquées pour éviter les catastrophes qui menacent non seulement le Mali, mais toute la région.
Nous espérons qu'ils comprendront d'abord que la résolution de la crise au Mali ne peut être le produit d'une option militaire ou d'une approche exclusive. Nous espérons qu'ils comprendront ensuite que la résolution de la crise au Mali ne peut être que par des voies pacifiques et politiques inclusives. Et nous espérons qu'ils comprendront enfin que la résolution de la crise au Mali ne peut être atteinte qu'à travers un dialogue responsable et une réconciliation globale entre tous les fils de ce pays, sans aucune discrimination ni distinction, et loin de toute ingérence étrangère, qu'elle soit politique ou militaire.
Cette unité nationale authentique et profonde est la seule à même de placer le Mali en position de force pour faire face au fléau du terrorisme et relever tous les défis et enjeux qu'il pose dans tout l'espace sahélo-saharien.
De son côté, notre pays maintient sa main tendue à ses frères du Mali, car l'Algérie dispose d'un réservoir de patience inépuisable pour gérer toutes les difficultés qui pèsent sur son voisinage avec sagesse, sérénité et clairvoyance. Et parce que l'Algérie a une foi en l'unité de l'héritage historique, l'unité des aspirations et l'unité du destin qui la motivent constamment à tendre la main de la solidarité, de la coopération et de la fraternité à tous ses frères de la région. Et parce que l'Algérie a la volonté, la fermeté et la détermination qui lui permettent de contribuer efficacement à la sécurité, à la stabilité et à la prospérité de son voisinage et de son espace d'appartenance.
Nous nous arrêterons là pour laisser place à vos questions, préoccupations et interrogations.
Je vous remercie tous de votre aimable écoute. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous.
[Applaudissements]