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Biliana Todorova : NEUROSCIENCES - Le hacking du cerveau est-il notre futur ?

LES DÉCOUVREURS1:21:51

Transcription

Tu as fait des études scientifiques sur ton propre cerveau, qui est dans ton corps présentement. Je voulais savoir ce que mes souris avaient vécu. Donc je suis là car on dit que le microbiote intestinal influe sur le cerveau. C’est vrai ça ? J’ai un collègue, il avait échangé le microbiote d’une souris qui, de nature, est plus sauvage. Donc le microbiote d’une souris noire dans une souris blanche, ça rend la souris blanche plus agressive, et l’inverse, ça rend la souris noire plus douce.

Salut les découvreurs ! Bienvenue sur cet épisode du jour. Aujourd’hui, je vais recevoir Bilana Todorova qui est neuroscientifique. On va parler du cerveau, de ses mécanismes, comment est-ce que ça fonctionne et comment nous, pauvres humains, finalement dotés d’un cerveau, on va pouvoir augmenter, améliorer tout ça, trouver des tricks, trouver des hacks. On va avoir plein de conseils pour améliorer son cerveau, pour parfois le guider, pour faire en sorte d’être plus productif, d’être meilleur, d’être moins timide. Bref, cet épisode est super intéressant. Je remercie d’avance Biliana, j’espère que vous allez beaucoup l’aimer.

Et juste avant de commencer, je remercie notre partenaire Ricordia qui nous accueille ici dans ces studios tout équipés à Nice. Quatre salles différentes, quatre décors professionnels avec tout le matériel qui va bien. C’est situé juste en face de l’aéroport de Nice, accessible depuis à peu près partout en Europe. Et sans plus attendre, on est parti ! Biliana dans les découvreurs.

Biliana Todorova, bienvenue sur les découvreurs.

Merci.

Alors, je vais faire un truc que j’aime bien faire en début d’interview, c’est que je vais faire, je vais jouer au jeu de la présentation de façon subjective et sûrement incomplète. Donc si jamais j’oublie des trucs, ou que je me trompe, ou que tu veux ajouter des choses, tu peux. Tu es bulgare, tu as un doctorat en sciences de l’université de Paris Sud, et un vrai en plus. J’ai vérifié parce que tu sais, de nos jours, il y a pas mal de faux diplômes. Donc j’ai vu tes publications et ton doctorat. Je peux attester que tu l’as. Euh, tu as fait de la recherche, tu as fait plusieurs publications scientifiques et donc quand tu faisais de la recherche, tu parlais de, enfin tu recherchais sur le cancer notamment, la vaccination, tu t’intéressais au cerveau très rapidement, et en fait il y a un truc qui est, je sais pas si j’ai envie de dire marrant, mais en tout cas insolite avec toi, c’est que tu as fait des études scientifiques sur ton propre cerveau, et tu as été cobaye dans plus de 100 études scientifiques avec ton propre cerveau qui est dans ton corps présentement. Donc euh, pourquoi déjà euh, qu’est-ce qui s’est passé entre « je fais de la recherche vaccination cancer » et « je m’intéresse au cerveau et je deviens cobaye dans des études » ?

C’est vrai que la plupart des scientifiques, ils ont des cobayes, donc ils font des recherches sur des cobayes.

Ouais.

Moi, je me suis dit : je vais faire ma propre cobaille pour vraiment aller expérimenter la science, la comprendre et justement faire face à mes propres schémas de pensée en interne et apprendre à les dépasser. Alors, si je fais marche arrière, comment ça s’est connecté avec mon parcours scientifique ? Euh, j’ai toujours été passionnée par la science. Euh, mais j’ai eu du mal à déterminer quel domaine de la science et sous quelle forme j’aimerais le pratiquer.

OK.

Donc, j’ai commencé un chemin classique, l’université suivi d’un doctorat. À la fin de mon doctorat, je savais toujours pas si je voulais continuer dans la recherche de manière classique ou si je voulais faire autre chose. Et donc là, j’ai eu une collègue qui m’a dit : « Écoute, tu as une pensée scientifique, va plus loin, tu vas continuer à te découvrir, tu vas découvrir ce que tu veux faire. » Et donc, j’ai rejoint l’Institut Pasteur pour continuer à travailler cette fois-ci sur les cancers et sur les allergies aussi. Au cours de la première année, je commençais à sentir que quelque chose n’allait pas. À la fois, j’aime la science, mais à la fois je n’avais pas beaucoup d’énergie pour faire des expériences. Je travaillais beaucoup sur la souris. Je me retrouvais seule dans les laboratoires. Donc là, c’est vraiment comme dans les films : laboratoire pas très bien éclairé, des souris…

Ah oui, tu peux les pointer ?

C’était, je pense que c’était le niveau P2. Tu n’as pas de fenêtre parce qu’on est dans un laboratoire niveau P3. P3, c’est un laboratoire où tu accèdes par des sas. Euh, tu es seul avec deux paires de gants, un masque, une charlotte et puis les habits comme dans les films.

Ouais.

Les seuls interlocuteurs, c’étaient mes souris euh que j’anesthésiais. Elles parlent pas trop. J’essayais d’interagir un petit peu quand elles étaient anesthésiées.

En plus, c’est c’est terrible pour les animaux. Si tu aimes bien les animaux, ça bizarre de faire des trucs sur les souris.

C’est très difficile. Et ça c’est un, ça c’est un sujet qu’on, on en parle pas beaucoup, mais c’est difficile pour tous les scientifiques, le fait de travailler sur un animal, de devoir faire des expériences, mais le bénéfice derrière pour la, les découvertes, ça en vaut la peine. Mais ça, ça reste quand même quelque chose de difficile. Et donc au bout d’un an, je me suis retrouvée dans un état : pas beaucoup d’énergie. Je commençais même à déprimer et je me suis dit : mais qu’est-ce qui se passe ? Il y a quelque chose qui ne va pas avec mon cerveau. En même temps que j’ai ça, d’un côté, je questionne mon travail. De l’autre côté, il y a un élément qui me, qui est, qui est là depuis plusieurs années. Je suis extrêmement timide. Donc à la fois, je suis euh au niveau scientifique le plus élevé, je suis entourée des personnes les plus brillantes du monde. Et le soir même quand je pars acheter ma baguette à la boulangerie, mais il me faut une préparation mentale juste pour dire : « une baguette, s’il vous plaît. »

Mais attends, tu t’es soignée depuis parce que là il y a des caméras, ça va, j’ai l’impression. On en parlera de comment ça se passe.

OK, merci parce que je comprenais pas. Donc à l’époque, tu es timide, genre bloquée quoi.

Bloquée, mais vraiment je, je, je pensais vraiment que quelque chose n’allait pas dans mon cerveau, qu’il était cassé. Je me suis dit : mais on, je peux même pas en parler parce que je suis un niveau intellectuel très élevé. Donc on présuppose que tout va bien dans un cerveau comme ça. Et de l’autre côté euh toute relation sociale, toute expression en public ou exprimer mon avis, c’était vraiment un challenge pour mon cerveau. Donc c’était vraiment difficile à vivre. De l’extérieur tout va bien. De l’intérieur je sais qu’il y a un problème. Je sais qu’il faut que je, je découvre ce qui, ce qui ne va pas. Et donc j’ai commencé tout d’abord dans cette, cette recherche sur le cerveau. Je l’ai commencé tout d’abord pour essayer de comprendre mon propre cerveau et de voir, de d’identifier ce qui n’allait pas. À ce moment-là, je savais même pas qu’on pouvait travailler le cerveau. Je savais pas qu’on pouvait sortir de nos blocages. Je pensais que j’étais, j’allais rester comme ça. J’avais 30 ans, je me disais : « J’en ai encore pour 60, mais qu’est-ce qu’on va faire ? » Pas oser acheter ma baguette de pain ? Tu imagines la fatigue ?

Ah ouais.

Euh, donc ça a commencé comme ça et puis au fur et à mesure, j’ai découvert que il y avait plein de choses qu’on pouvait faire sur le cerveau, qu’on pouvait débloquer des schémas de pensée, que rien n’était figé. Euh, il y a plein de possibles qui se sont ouverts et euh j’ai testé des choses et aujourd’hui je me retrouve conférencière. Donc c’est juste pour montrer à quel point notre cerveau il est malléable. Il peut passer de l’extrême timide à la conférencière aujourd’hui. Donc c’est possible pour nous tous. J’ai vu des vidéos de toi quand j’ai préparé l’interview : sur scène devant je sais pas des centaines de personnes, tu danses et cetera. Donc on n’a pas, tu vois, je tombe pas dans les pommes, tu fais danser les gens, tu leur, tu les fais crier. C’était très clair. Donc comment ? Vas-y, on va commencer à parler un petit peu de hack du cerveau. Euh, tu as écrit un bouquin qui s’appelle Neuroexcellence, petit placement de produit, je vous le mets dans, dans la bibliothèque.

Bien sûr, c’était juste un cadeau pour toi, mais merci pour le placement.

Ah, je suis toujours là. J’ai vu que tu me l’avais dédicacé, c’est très cool. Et je vais le lire. Je lis beaucoup donc c’est, je vais pas faire genre : merci et pas le lire. Euh, donc c’est cool. Et euh voilà, moi j’ai envie sur ce format qu’on, qu’on trouve des hacks et qu’on partage aux gens. Il y a pas mal de, d’entrepreneurs qui nous écoutent, d’investisseurs, de gens qui veulent apprendre des choses. On fait de la vulgarisation. Partons sur la timidité. Qu’est-ce qu’on peut du coup, qu’est-ce que tu as fait ? Qu’est-ce qu’on peut mettre en place pour être plus à l’aise ? Même si on n’est pas pathologiquement timide, on a toujours une, une zone de timidité. On pourrait, on pourrait être encore plus à l’aise, on peut, on pourrait mieux parler sur scène et cetera.

Alors, il y a quelque chose que je savais pas à l’époque mais qui fonctionne vraiment : d’un point de vue cerveau, ça fonctionne toujours de la même manière. Il y a des mécanismes qui sont opposés.

Hm hm.

Par exemple, la peur et la curiosité, c’est deux mécanismes qui sont presque à l’opposé. C’est pas exactement le même schéma mental, mais c’est très difficile d’être curieux et d’être dans la peur en même temps. Euh, donc moi à l’époque la timidité c’était la peur de chaque relation sociale, de chaque prise de parole en public, et dès qu’on se place dans un format où on est curieux de voir, de savoir ce qui peut se passer différemment…

Hm hm.

…ou bien on le place dans le schéma d’un challenge. Je me suis dit : à chaque fois quand je prends l’ascenseur, mon challenge, mon jeu, ça serait de déclencher une conversation avec les gens.

OK.

Même la plus petite. Et en fait ce qui se passe dans le cerveau, il switch de l’amygdale qui est le centre des émotions et qui est au centre de la peur. Il active le cortex préfrontal. Et donc en ayant le cortex préfrontal activé, on est dans un autre état d’esprit, on a accès à nos ressources, on oublie la peur, des fois elle est même pas présente, ça devient amusant. Et en fait, on est dans un état où les choses qui étaient pas possibles avant deviennent possibles. Donc en quelque sorte, on court-circuite le cerveau, on n’efface pas le schéma d’avant, mais on lui montre qu’il y a d’autres schémas qu’on peut utiliser. Ça devient comme des nouvelles portes à ouvrir euh qu’on peut explorer. Mais c’est très puissant, c’est découvert sur la, la curiosité. Euh, même aujourd’hui, je l’utilise à chaque fois quand il y a, il y a une difficulté, il y a un challenge. Je me dis : qu’est-ce qui pourrait se passer ? Qu’est-ce qui pourrait être intéressant ? Qu’est-ce qui pourrait se passer ici ? Qu’est-ce que je vais découvrir ? Donc on n’est plus dans la peur de l’inconnu, on est dans la découverte de quelque chose de nouveau.

OK.

Genre quand tu parles dans l’ascenseur à quelqu’un, tu dis : tiens, lui il a une tête bizarre. Est-ce qu’il va être gentil ou pas ? Et donc tu tentes de lui dire bonjour si tu avais raison sur, sur ce que tu as deviné de la personne. C’est ce genre de petit challenge qu’on peut faire. J’ai pas eu cette idée, mais je pense qu’elle est bonne à tester.

Ouais, c’est pas mal. Moi, tu sais, j’aime bien des fois, tu sais, il y a des mentalistes, ils sont incroyables. Ils arrivent à vraiment super bien savoir avec un regard, toi, tu fais ça, tu fais ça, tu aimes le, tu aimes le rouge et tu as des chaussettes et, et ton père, il était trappeur dans le grand Nord. Tu es… ils arrivent via le body language et cetera des gens à savoir qui sont quoi les mentalistes. Et des fois, je m’amuse à faire ça. Je suis pas du tout mentaliste, mais j’essaie avec la personne de deviner : est-ce qu’elle est sympa ? Comment elle va parler, qu’est-ce qu’elle fait, c’est quoi sa famille, c’est quoi son un peu son contexte et cetera. Et du coup, je pense ça peut être ça, tu vois. J’adore cet outil.

Ouais, je pense que c’est une très, très bonne idée. Je vais trouver moi aussi des outils parce que je trouve ça, je trouve ça super intéressant. Attends, je reviens en arrière. On va beaucoup se promener dans cette interview, mais c’est normal, c’est le but du format. Euh, quand tu étais donc avec tes souris, euh tu commences à te guérir et cetera de, de ta timidité, c’est quand que tu as commencé à te mettre dans des IRM et à prendre des trucs pour voir ce que ça faisait sur ton cerveau ?

Alors ça a commencé, ça a commencé assez, assez tôt parce que si tu veux, alors quand j’ai commencé à m’intéresser au cerveau, j’ai tout de suite tapé sur Google et donc il m’a montré qu’il y avait quand même des choses qu’on pouvait faire et c’était du développement personnel classique. Il faut savoir que du point de vue d’un scientifique, c’est un peu bullshit.

Voilà.

Ouais, surtout quand c’est quantique.

Et oui, donc j’ai découvert des outils et je me suis, j’avais du mal à assumer cette dimension qui avait des outils qui me fonctionnaient. Donc, il y a vraiment des choses qui marchent…

Hm.

…mais la manière dont c’était expliqué, ça ne me correspondait pas. Donc, je faisais des outils. En même temps, j’avais honte de le faire. Ça s’alignait pas sur ma personnalité de scientifique.

OK.

Je me suis dit : mais il doit y avoir une explication scientifique. Si la, si l’outil marche, c’est que bon nos cerveaux réagissent d’une certaine manière. Et ben en partant de cette honte en quelque sorte et en partant de ce désir de m’aligner sur, j’ai envie d’utiliser ces outils, mais tout en restant moi-même et tout en gardant ma posture de scientifique, j’ai commencé à explorer ce qu’on connaissait sur notre cerveau et puis ce qu’on connaît pas encore parce qu’il y a certaines études, elles sont, elles sont toutes nouvelles. Donc c’est des idées qui démarrent…

Hm.

…pour l’instant ça peut paraître un peu ésotérique pour, c’est, il y a vraiment des idées un peu folles comme on étudie les neurones dans le ventre, les neurones du cœur, on cherche à connecter les trois instances plus que la tête, donc le cœur et le ventre aussi… euh, mais pour l’instant comme c’est le démarrage, même les hypothèses peuvent être fausses et donc on pourra ne pas faire des découvertes, mais en restant en, en voyant comment les scientifiques aussi ouvrent la réflexion scientifique euh ça me, ça me recharge de me dire le développement personnel va rejoindre la science un jour, je l’espère en tous les cas et qu’on aura vraiment les explications qui vont avec tout ce qu’on connaît. On dit que le microbiote intestinal influe sur le cerveau. C’est vrai ça ?

Il y a, on a des preuves scientifiques.

Oui oui oui oui oui oui.

Euh, je n’ai pas travaillé directement dans le domaine, mais j’ai un collègue qui avait échangé les microbiotes chez la souris. Il avait échangé le microbiote d’une souris qui, de nature, est plus sauvage. Donc les souris noires de nature sont plus sauvages que les souris blanches de poil blanc. C’est des souches différentes. Ça n’a rien à voir avec le noir et le blanc. C’est vraiment les types de souris.

Ouais, c’est génétique.

Génétique.

Et euh le fait d’échanger le microbiote d’une souris noire euh dans une souris blanche, ça rend la souris blanche plus agressive. Et l’inverse, si on prend le microbiote d’une souris blanche et on le met dans une souris noire, ça rend la souris noire plus douce et, et plus sympa.

C’est fou.

Et est-ce qu’on, est-ce qu’on sait expliquer pourquoi ?

Euh, je, on est au démarrage de cette, on n’est pas vraiment au démarrage, ça intéresse depuis plusieurs années maintenant. Euh, il y a des peptides qui sont dans, dans tout ce que les bactéries produisent dans le microbiote. Il y a des terminaisons nerveuses aussi au niveau du microbiote. Il faut savoir que le ventre, donc si on prend l’ensemble des neurones qui sont dans le ventre, ça fait la taille d’un cerveau d’un labrador, tu vois le chien. Donc euh, bon, ça c’est plus petit que le nôtre, mais ça fait quand même déjà pas mal un cerveau.

Ouais.

Et euh, et donc euh c’est ces neurones-là qui vont agir et qui sont connectés au système nerveux central. Et donc ils vont faire des changements d’un côté.

D’accord.

Donc quand j’ai vu des articles où, où il y a des raccourcis qui sont faits forcément en vulgarisation qui disent que on a un cerveau finalement dans, dans le ventre, un deuxième cerveau qui communiquera avec le premier.

C’est vrai.

Presque vrai. C’est, c’est tout à fait vrai. C’est tout est connecté dans le corps. Les neurones de partout se communiquent. Donc le cœur aussi il a des neurones. Le ventre, donc la tête, tout est connecté. Euh, et euh les molécules aussi qui se baladent dans le corps, c’est partout dans le corps, on est, on est vraiment aligné. Des fois, on peut résoudre des problèmes qui partent de la tête. On peut les résoudre avec des outils qui sont basés sur le corps. Tout en changeant la biochimie du corps, ça va influencer la pensée. Comme des fois, on peut agir directement sur l’état émotionnel. Donc, il y a vraiment des outils qui permettent de switcher d’état émotionnels. Peu importe l’environnement, on peut devenir indépendant. Notre énergie émotionnelle peut devenir indépendante de l’environnement. On peut, on peut apprendre à mobiliser de la joie, mobiliser de la confiance euh quand on en a besoin. Et puis euh le corps, moi j’insiste beaucoup sur le corps parce que souvent les personnes qui, qui veulent comprendre le cerveau et traiter le cerveau sont très focalisées sur le cerveau. Et des fois, on n’arrive pas à résoudre les blocages de la pensée, on n’arrive pas à les résoudre juste en faisant face à la pensée. Donc, il vaut mieux passer par le corps, travailler avec des approches qui aident le corps, notamment la respiration, ça agit directement sur le nerf vague, donc ça agit sur le système nerveux central et ensuite la tête devient plus facile à relâcher, à lâcher prise et aller agrandir la compréhension de la situation par la suite.

D’où l’importance de ce qu’on mange.

Et oui, de pas détruire le microbiote et de pas détruire les intestins et cetera.

Oui oui oui oui. Il y a des études qui montrent un lien direct avec le focus et euh la consommation de sucre, de euh de produits euh euh comment on appelle ça ?

Processés, non ?

Transformés euh transformés industriels et cetera.

Oui.

Et euh, et aussi le fait de consommer beaucoup de nourriture aussi, ça va influencer nos fonctions cognitives. Donc tout est relié, c’est des dosages, mais il y a vraiment des choses à éviter dans ça. Et alors, je regardais du coup un peu tes vidéos et cetera, tes conférences. Tu as dit un truc qui m’a choqué euh, enfin qui m’a interpellé en tout cas, pas non plus choqué. Euh, tu as, tu disais que 60 à 70 % de nos pensées sont négatives. Et ça c’est la moyenne.

Ouais.

C’est-à-dire qu’il y a des experts, des experts de la pensée négative.

Et oui.

Bah pourquoi ? Ça vient d’où ?

Euh, c’est, ce sont des études qui ont été euh faites euh avec des étudiants euh à l’université. Donc c’est une estimation des pensées. C’est difficile. Donc on demande aux gens de, de noter leurs pensées et de voir la valence qu’il y a dans ces pensées. Pourquoi c’est, pourquoi on est plutôt négatif ? Ça s’explique avec le, le cerveau qu’on a hérité. Donc on a hérité des cerveaux qui sont très bien équipés pour la survie et euh à l’époque, ben on survivait mieux quand, quand on était capable de voir le danger, de regarder le négatif, de se demander d’où est-ce que le problème allait apparaître. Donc pour la survie, c’était parfait. Et comme nous sommes tous des descendants de descendants de survivants, ben nous sommes tous de cette famille de, de gens qui ont été préprogrammés avec des billets qui sont plutôt vers la négativité. Donc pour moi, on a un vrai rôle à jouer là-dedans parce que si tu veux, le cerveau, on le, on le transmet de génération en génération. C’est un peu comme s’il y avait, tu peux imaginer comme si on faisait du copier-coller, mais d’une manière plutôt inconsciente. Quand on est petit, on s’approprie les schémas des gens qui sont autour de nous. Et ben si la majorité des gens autour de nous sont négatifs, ils le font pas exprès. Mais on va avoir le même, le même, les mêmes schémas. On va se les, on va se les transmettre les uns aux autres. Et dès qu’il y a une personne qui arrive à, à changer de manière de penser, à sortir de sa pensée ou la rendre plus flexible, juste être en capacité de voir aussi le positif dans une situation négative, l’inverse aussi hein, le négatif dans une situation positive, ça aussi c’est important. Dès qu’on arrive à flexibiliser la pensée, ben on peut la transmettre aussi à d’autres personnes. Ça devient, ça devient un héritage.

Attends, tu me parles d’héritage, ça veut dire que où est la limite, la frontière entre le cerveau hérité, donc ce fameux copier-coller de la moyenne de tes parents et ce que toi via tes enseignements, tes apprentissages, ta vie, ton carte de référence euh tu, tu viens changer dans ton cerveau. C’est-à-dire que je vais simplifier. Si mes deux parents sont super intelligents, je suis forcément intelligent. S’ils sont complètement cons, est-ce que je suis un idiot ? Est-ce que, où est-ce que, où est-ce que je situe le curseur ?

Euh, c’est plus complexe que ça parce que il y a pas que les parents qui nous influencent, on est influencé par beaucoup de gens. Euh, en plus de ça, notre cerveau, il a des sensibilités différentes et la manière dont on va s’imprégner du monde va vraiment différer de nos sensibilités à nous. Je pense qu’il y a vraiment les deux processus qui, qui jouent sur nous. Mais il faut savoir que peut-être que là ces dernières années, on est de plus en plus apte à utiliser le processus. On se dit : mon cerveau est malléable, donc si je suis pas content, je peux le changer. Avant 1996, 85 % des gens croyaient que l’intelligence était fixe.

OK.

Donc ce qu’on appelle l’état d’esprit de croissance, l’état d’esprit fixe, à l’époque les gens ils croyaient que c’était fixe. Donc il y avait, on pouvait pas le vraiment le faire bouger. Donc si je crois pas que mon cerveau peut évoluer, je vais rien faire pour le faire évoluer et je vais même pas m’intéresser s’il y a des outils qui existent. Pour moi, ça a duré 30 ans de ma vie. Donc quand on sait pas, on ne peut rien faire. Moi, je me réjouis. J’ai vraiment, je me réjouis de voir comment les générations évoluent et comment aujourd’hui ça devient une normalité de se dire : l’esprit, l’état d’esprit de croissance c’est quelque chose qui existe et pas seulement qui existe, mais les entreprises veulent qu’on se l’approprie. Donc de plus en plus de formations, de plus en plus de temps de s’autoformer aussi pour certaines entreprises et d’aller vers cet état d’esprit de croissance qui, qui nous est dû. Et pour moi, c’est presque une obligation de chacun de nous d’aller explorer cette dimension de nous parce que sinon on reste avec les mêmes schémas, on continue à survivre, mais la qualité de vie ne va pas augmenter comme ça.

À quel point on peut travailler sur son cerveau ? C’est-à-dire que le dev, t’en parlais, qui a du mal à s’accorder avec la science sur plein de trucs, il nous dit qu’on peut tout faire, qu’on peut passer de bête à intelligent, de pas entrepreneur à entrepreneur, de timide à pas timide. Est-ce que on peut vraiment faire ça ? Est-ce qu’on peut changer du tout, tout au tout ? Il y a des gens qui sont, qui ont des caractères qui sont grognons, qui sont changeants, d’autres qui sont toujours heureux. C’est, on peut, on peut vraiment changer les choses. Parlant de neuroplasticité, le terme scientifique qui me manquait, neuroplasticité. Euh, on peut vraiment faire évoluer des choses chez nous. Alors, est-ce qu’on a des limites ? Je ne sais pas. Je ne sais pas. J’ai tendance à croire que notre limite c’est le temps. C’est-à-dire que chaque compétence à développer, ça va nous demander, pour développer la neuroplasticité, il faut qu’on sorte de notre zone de compéten… de connaissance et qu’on s’expose à ce qu’on appelle la zone d’inconfort ou sortir de sa zone de confort et aller se challenger. Euh, il y a une étude qui montre aussi un pourcentage optimal de neuroplasticité, donc un pourcentage d’échec optimal pour la neuroplasticité. Donc ça sous-entend que pour développer cette compétence de neuroplasticité dont on dispose tous, il faut s’exposer à l’échec. Si on échoue jamais, il y a pas, il y a rien qui va se développer, tu vois. C’est en reste, tout est fonctionnel. Donc le cerveau a une raison d’utiliser de l’énergie pour développer quelque chose de nouveau. Quand on dit que l’échec c’est bien, c’est vrai.

C’est vrai.

Il faut juste qu’il soit pas trop parce que si on échoue une fois sur deux, peut-être que ça va être trop souvent. Après, ça dépend aussi de notre tolérance à l’échec parce que je pense que plus on s’habitue et puis on, on commence à ne plus le…

Voir tellement comme échec, donc on change de perception, là peut-être qu’on va changer de pourcentage aussi, mais de manière générale, c’est la science qui le dit. C’est-à-dire qu’on regarde les gens dans la masse, il inclut ceux qui travaillent peut-être moins sur eux, 15 % d’échec, c’est la c’est le bon dosage pour qu’on développe la neuroplasticité. OK ? Et donc euh on s’expose à l’échec sous-entendu. On va développer des nouvelles connexions, donc des nouvelles compétences derrière.

Du point de vue logique, on peut tout réussir. On peut tout réussir euh tant que on arrive à donner les bonnes informations au cerveau. Parce que le pour le cerveau, la réussite, c’est un apprentissage. Donc tant que je sais quelle est la destination, où est-ce que j’en suis aujourd’hui et quelle est la prochaine étape, mon cerveau peut continuer à réussir des choses. Donc il peut arriver à la destination. La seule limite, je dirais, c’est le temps. C’est peut-être des limites physiologiques aussi pour certains métiers. Peut-être qu’il y a des exigences physiologiques que j’aurai pas. Mais en réalité, tant qu’on a ces informations, notre cerveau, il est capable de de nous emmener là où on lui demande.

La vraie la vraie condition et c’est ce que je ne faisais pas avant parce que je ne savais pas qu’il fallait le faire. Avant, je laissais mon cerveau me guider. Donc, j’étais pas celle qui donne les commandes. Donc, je rentrais pas mon focus, je donnais pas un objectif. Et donc quand on est comme ça, le cerveau premièrement il va faire des économies. Donc il c’est l’organe le plus énergivore. Donc c’est normal qu’il essaie d’économiser l’énergie. Donc il va pas forcément aller chercher à sortir de la zone de confort, voir il le veut pas. Euh il va chercher. Donc naturellement il va avoir plus une appétence pour le négatif parce que c’est plus important pour la survie. Donc si je si j’apprends pas à diriger mon focus, si j’apprends pas à fixer des objectifs, quelque chose qui n’est pas vraiment naturel, ça ça prend vraiment de d’identifier l’objectif, de bien le clarifier, de d’avoir quelque chose de palpable. Si j’apprends pas à faire ça, euh il y a des fortes chances que mon cerveau se disperse et qu’il va s’y mettre de la négativité. Bon, ça va changer un peu d’étapes parce qu’il y aura toujours des facteurs aussi un peu positifs de l’extérieur. Mais je vais être un peu comme un bateau qui sait pas où il va. Moi, je vais être basculé par les vagues et puis à un moment donné ça va s’arrêter, tu vois, comme pour chaque vie.

Par contre, si je suis quelqu’un qui a appris que je pouvais tirer un peu mes reines de l’intérieur et maîtriser mon cerveau, donc si je deviens celle qui demande à mon cerveau de de faire des choses pour moi, donc il devient un serviteur pour pour les objectifs que j’ai, pour la direction que je veux prendre, pour les interactions que je veux avoir. À partir de là, on focalise toute notre énergie sur des points bien donnés. Ça accélère plus vite, notre progression accélère plus vite et en réalité, on peut aller là où on veut. J’aurais jamais imaginé pouvoir être conférencière. Je peux te dire, la première fois où j’ai eu la vision que je veux devenir conférencière, je me dis mais c’est pas possible. Et en fait, notre cerveau est capable de réaliser des choses impossibles. Donc pour faire ça, il faut le conscientiser en fait. Il faut le visualiser, il faut il faut le penser, il faut se dire "Je vais là" et il faut il faut limite se l’autodire quoi. La méthode Coué, ça marche ça, tu sais.

Tu sais ce qui se passe si on visualise pas de nouvelles choses ? Bon, heureusement, notre cerveau il est quand même et puis les conversations nous poussent à visualiser de nouvelles choses, de un nouveau futur. Par défaut, notre cerveau va utiliser le passé pour imaginer le futur. Ouais. C’est-à-dire que il va copier, bon, il va prendre ce qu’il connaît du passé, ce qui a bien fonctionné, il va le projeter dans le futur. C’est-à-dire que par défaut notre programme, c’est je copie-colle. Hm hm. C’est pour ça que les gens ils ont tendance à rester les mêmes. Puis il y en a certains, ils disent "J’ai un plafond de verre." La le fait de visualiser un nouveau futur, c’est "Je demande à mon cerveau de créer un nouveau repère dans le futur." J’ai dis "C’est ça la nouvelle destination. Tu vas arrêter de copier le passé et le mettre dans le futur, on va créer une nouvelle destination dans le futur. Et plus je travaille sur cette visualisation, plus je la rends claire, plus je plus je la charge aussi avec une dimension émotionnelle parce que sinon si c’est que qu’une image mentale, c’est moins fort que si on met l’énergie émotionnelle et l’énergie mentale ensemble. Si j’ai si je fais tout ça, mon cerveau, il sait où est-ce qu’on va. Donc il va trouver des stratégies. Il va il va se créer un chemin, il va questionner des gens autour de lui. Il est très puissant à chercher le cheminement mais je dois lui donner la destination. Je dois créer quelque chose de nouveau.

Et tu sais c’est même pas la question d’atteindre cette destination. Il y a une étude qui montre que on produit de la dopamine surtout quand on est à la recherche de l’objectif. Tu vois, imagine, tu mets des participants euh devant un écran h devant leurs yeux, il y a des chiffres qui vont défiler. Et puis il y a un des chiffres qui apporte une récompense. Imaginons, je sais pas, une récompense financière. Donc le participant doit attendre que le bon chiffre arrive et cliquer sur un bouton quand il voit le chiffre. En même temps, il a des électrodes sur la tête et on regarde la la région qui produit de la dopamine. On regarde comment elle s’active. Et donc on voit le participant quand il est en train de chercher le chiffre cherché, il est il est focus, il il est attentif, il est engagé. Donc là son cerveau produit de la dopamine. Au moment où il appuie sur le bouton, il y a plus rien. C’est là qu’il gagne de l’argent. Et en fait, c’est la poursuite de l’objectif qui active cette région de de de dopamine euh plutôt que la l’obtention de du résultat. Et on l’a tous un peu vécu, tu sais, quand on a des rêves et puis à un moment donné, tu atteins ton rêve. Ouais, en fait ça te stimule tout au long du chemin. C’est vrai. Et puis au moment où tu l’atteins, tu dis c’est ça ? Et en fait, tu as besoin d’un nouveau rêve à ce moment. C’est comme quand tu es gamin et que tu attends Noël. Jusqu’à Noël, tu attends et puis en fait quand c’est Noël, bon ben voilà. Et oui.

Alors, il y a un truc que je voudrais comprendre parce que là, on parle, tu as vu, on parle du cerveau comme une autre personne. On dit "Ouais, mon cerveau, je lui fais faire ça" et cetera. J’ai l’impression qu’on est tous un peu plusieurs personnes parce que en fait si le cerveau il fait des trucs qu’on n’aime pas, qu’on comprend pas genre je suis timide mais je voudrais pas ou j’ai des biais cognitifs mais je sais très bien qu’il faudrait pas un biais de confirmation et cetera et cetera, on veut changer consciemment, on a la réflexion mais en même temps ce qui nous permet de voir ça, de vouloir changer et cetera, c’est aussi le cerveau. En fait dans le même cerveau, on a un truc qui nous plaît pas, un truc où on voudrait aller, la compréhension de tous ces phénomènes là. On est schizophrène ou c’est qu’est-ce qui se passe ? Je comprends pas. C’est la question que je me suis posé quand j’ai participé dans une des études cliniques.

Attends, je te raconte. Euh pendant des années, je travaillais bon à l’Institut Pasteur, je travaillais sur les souris et j’utilisais une molécule qui s’appelle la kétamine. Donc je l’utilisais pour mes souris. À forte dose, c’est un anesthésiant donc elle perd la conscience. À faible dose, la kétamine, elle perturbe la les connexions à longue distance. Donc ça perturbe la conscience et donc on peut voir ce qui se passe quand la conscience n’est plus là. Alors la conscience, tu peux l’imaginer un peu comme un chef d’orchestre qui synchronise les différentes parties de nous, les différentes régions, les différentes connexions qui se font. Et donc j’arrive euh dans ces études. Alors il faut savoir que tu sais pas si tu vas recevoir le placebo ou la molécule. Donc il y a une fois placebo, une fois kétamine. Donc donc c’était toi dans l’étude. C’est moi dans l’étude. C’est toi la souris. C’est moi la souris. OK, j’arrive et euh on me place la perfusion. Donc au début je sens rien, je me dis ça doit être le placebo. Et ils arrivent avec leur questionnaires pour me poser des questions pour évaluer mon état de base. Donc là tu es tu es dans un IRM, tu es dans un Non là je suis j’ai même pas d’électrode. Je pense c’était plutôt il cherchait les prélèvements sanguins. Il y avait des prélèvements sanguins dans l’étude. Il y avait une tâche à faire sur l’ordinateur. Et qu’est-ce qu’il y avait d’autre ? Le questionnaire à remplir. Donc il cherchait à savoir quels sont les euh étudier la psychose. Pour te dire, j’ai mis du temps avant de me décider à participer déjà. Il écrit ça sur le truc, tu veux OK, je me suis bon la je voulais savoir ce que mes souris avaient vécu donc je suis là car euh et donc là je me retrouve avec la perfusion, je regarde le questionnaire, la 4ème question, ils me disent "D’après vous, combien vous êtes ?" Je regarde la question, je me dis "Vous êtes marrant là, c’est je suis venue seule hein, j’ai pas mes amis avec moi." Donc je rigole et même je rigole avec la chercheuse, elle a pas rigolé à un retour. Je note un, c’est Bilana, c’est moi. Je suis euh seule, on démarre l’étude.

Donc là, je suis devant l’écran et euh j’avais commencé à m’en douter que c’était pas le placebo parce que je commençais à voir des choses qui changeaient un peu la pièce qui devenait comme ça, inclinée, des couleurs qui étaient jolies, qui étaient pas là comme ça avant. La tâche qui était une tâche quand tu vois un point, tu dois appuyer sur une lettre. Quand tu as deux points, tu dois appuyer une tâche très monotone mais que je trouvais chouette à ce moment-là. Et donc à un moment donné, ils arrivent de nouveau avec ce même questionnaire. Et de nouveau la 4ème question, combien de personnes vous êtes ? Là je lis la question cette fois-ci je rigole pas, tu vois. Je je me dis mais ils ont raison. Et là je je regarde et en fait je me vois. Donc il y a moi qui est assise et qui fait la tâche très focus donc je suis dans l’action. Il y avait un moi qui était un petit peu comme ça en haut et qui rigolait parce qu’il voyait la la la situation c’était drôle. J’avais un moi qui était un peu inquiet un peu dans la peur mais qu’est-ce qui se passe ? Est-ce qu’on va revenir à la normale après ? Donc il s’inquiétait et puis il y avait un 4ème moi qui était un peu je je sais pas trop, j’ai pas c’est difficile à définir mais c’était plutôt un moi tranquille tu vois. Il avait pas trop de et donc je vois ces quatre parties, je me dis mais c’est marrant en fait on n’est pas ce que on me dit on est on est aligné, on est seul, on est ben non en fait c’est plus complexe que ça à l’intérieur de nous. Et donc il y a constamment des parties qui se contredisent là rien quand tu vois il y a une partie qui rigole qui s’amuse dans l’expérience, une partie qui est inquiète mais ça c’est constamment on vit ça à l’intérieur de nous. Quand la conscience quand on arrive à avoir les bons outils, la conscience arrive à continuer la mélodie et la mélodie semble bonne euh avec toutes les contradictions qui vivent à l’intérieur de nous. Mais c’est difficile. On est des êtres de paradoxe et ça c’est constant à l’intérieur de nous. On cherche à gérer ces paradoxes, à jouer avec ou chacun cherche à se débrouiller comme il peut, mais ça reste quelque chose de difficile. Et d’où le fait que ça me passionne parce que je pense que c’est une quête, tu sais, quand je dis l’excellence, c’est une quête constante de comment mieux gérer ces parties de nous, comment mieux les utiliser, comment mieux les faire collaborer pour qu’on puisse aller vers là où je veux qu’on aille et qu’on se disperse pas trop. Mais c’est un peu comme si tu veux comme dans une équipe où les gens sont différents, chacun veut quelque chose de différent des fois et comment on fait pour synchroniser l’équipe pour qu’on puisse aller vers l’objectif qui nous convient. Et on le voit en fait, je pense que dans plein de maladies, bah tu le sauras mieux que moi, mais euh des troubles dissociatifs et cetera, les schizophrénies, enfin plein de maladies finalement psychiques, euh elles sont elles viennent du fait que ce chef d’orchestre, il est peut-être dissonant et du coup les autres parties sont plus présentes. Exactement. Oui, oui, oui, mais si tu veux euh ces maladies en quelque sorte, ces troubles existent à l’intérieur de nous, c’est juste qu’on arrive à les gérer. H Et puis il y a des situations dans lesquelles des fois c’est des c’est physiologique, c’est structurel, donc le chef d’orchestre n’arrive plus ou bien des fois ça peut être des états plus de l’ordre de la fatigue. Pareil, le chef d’orchestre lâche. Euh et ben là, on va faire transparaître des parties un peu troublantes de nous. Le but étant de retrouver la maîtrise derrière et de pouvoir reprendre le cap avec notre bateau.

Tu as fait quoi comme autre étude ? Parce que tu en as fait une centaine. Vas-y, maintenant que tu m’as lancé, je je veux du croustillant. Euh alors, il y avait une étude alors celle celle-ci elle était marrante parce que je me suis dit en fait on se on se casse la tête alors que ça peut être plus facile. C’est une étude qui portait sur la c’était le sujet était la créativité. Hm hm. Donc j’arrive, on est à l’institut du cerveau et de la moelle. J’arrive, je vois dans la pièce où l’étude va se passer, je vois qu’il y a un lit. Bon, moi je m’assois sur la chaise et puis il y a un ordinateur. Donc on doit faire des tâches sur l’ordinateur. Et donc ce jour-là, la tâche c’est un casse-tête. C’est on te donne la tâche, tu tu vois tu vois pas de solution. C’est tu tournes le truc dans tous les sens, tu as 10 minutes pour résoudre le casse-tête. Moi au bout de 2 minutes, j’avais déjà vu que bah j’ai pas la solution. Donc laisse tomber, c’est pas c’est en dehors de mon intelligence. Puis j’ai continué pendant 8 minutes histoire de faire passer le temps mais je savais que j’allais rien trouver. Et là au bout de 10 minutes, la chercheuse elle arrive et puis elle me dit "Bon là, vous allez vous allonger et vous allez rien faire. Vous allez juste fermer les yeux. Si vous pouvez dormir, dormez. Bon si vous voulez méditer, bref, fermez les yeux pendant 15 minutes, je crois c’était la pause. 15 minutes d’état de somnolence. Et donc ça s’enchaîne comme ça, des phases de casse-tête, des phases de sommeil, des phases de casse-tête, des phases de sommeil. Et puis dans au bout d’un certain temps, j’ouvre les yeux, je regarde le casse-tête, je me disa mais c’est évident la solution, elle est venue comme ça, tu vois. J’ai j’ai pas cherché à l’attraper, j’ai pas cherché à résoudre. C’est comme si ça a remonté de quelque part et on me l’a projeté dans ma conscience et je pouvais voir la solution. Et donc cette étude a démontré que il y a des états propices à notre créativité. Et souvent c’est pas c’est pas en cherchant à résoudre à trouver la solution que ça arrive. C’est vraiment euh quand on lâche prise et on rentre dans un état de détente, un état où le cerveau se met en mode alpha ou plus les vagues deviennent plus éloignées. Donc là, il peut connecter des informations plus éloignées où on peut carrément euh dormir. Donc faire une sieste, ça fait le même effet où le cerveau, il va arranger l’information de manière inconsciente. Donc moins d’efforts pour nous, plus de puissance parce que l’inconscient, il a une puissance de 1,2 million d’informations par seconde par rapport au conscient qui fait que 40 informations par seconde. Ouais, attends, attends, attends. Consciemment 40 informations par seconde, inconsciemment 1 million 1,2 million d’informations par seconde. Donc les informations de l’inconscient, c’est quoi ? C’est genre euh j’ai chaud, j’ai froid, je touche un truc, c’est ça. Ben là par exemple, ton inconscient, il a déjà analysé toute la pièce, euh les températures, l’ambiance. Ouais. Là il y a une plante. Là il y a un truc et OK. Euh dès que tu places la conscience, ben là tu tu le rends conscient mais ça va t’occuper beaucoup d’espace mental et beaucoup d’énergie. Donc tu verras pas tout le reste. L’inconscient, il a traité toutes ces informations d’un coup. Il te fait des signaux si jamais il y a un problème, s’il y a un signal de danger. Mais si tout va bien, il y a pas de signal. Ouais. Quand tu conduis, tu mentalises pas que tu es en train de conduire, tu c’est automatique. Oui. Oui. Oui. Oui. Et donc pouvoir utiliser cette dimension large de nous qui traite rapidement les informations qui peut faire des erreurs, hein. Elle est moins précise que le conscient mais pouvoir l’utiliser, c’est très important pour notre créativité, pour résoudre des problèmes complexes. C’est c’est il y a vraiment énormément de ressources à l’intérieur de nous. Il faut juste savoir y accéder. Certaines personnes, bon nous tous, on le fait, on on y accède parce qu’à la nuit on tout le monde dort. Avant de s’endormir, tu as une phase dans laquelle tu vas passer par l’état alpha, donc l’état méditatif. C’est un état propice à la créativité. Donc c’est un peu le moment de la journée où si tu as eu un examen et que tu as pas trouvé la réponse pendant l’examen, là on va te le projeter. Tu vois, c’est le truc énervant. Bien bien énervant. Ouais. Et si il suffisait juste de faire la même chose quand on était pas dans l’examen, juste de fermer les yeux, de rentrer dans le même état, tu as détendu même, on peut le ressentir au niveau de la tête. Ça ça détend un petit peu la on le voit sur un électroencéphalographe, on voit les les vagues qui changent dans la tête, mais on peut le faire nous, on peut y accéder à tout instant et utiliser plus de ressources, faire remonter plus de ressources pour qu’on voit plus de solutions.

Alors, comment on y va ? C’est genre la méditation, la respiration, ce genre de choses. Plusieurs chemins. Euh, je commencerai par la méditation parce que pour moi c’est si on veut devenir un un sportif de haut niveau au niveau de du cognitif, la méditation pour moi c’est indispensable. Ah, tu ça m’emmerde que tu dises ça. Tu m’édites pas. J’essaie mais c’est chiant. C’est chiant. Alors, je vais te donner il y a des donne-moi des s’il te plaît. Il y a des études qui montrent des choses plus faciles que méditer pendant 1 heure. On va pas commencer par ça. Euh, il y a des études qui montrent que 13 minutes de méditation mais vraiment le plus basique. Tu mets un timer, tu fermes les yeux, euh tu focalises sur ta respiration et sur un point. Bon, dans l’étude, ils avaient demandé aux participants de focaliser sur un point qui est derrière le front. Donc, c’est un peu comme si tu imaginais à l’intérieur de ta tête à 1 cm du front. Donc tu as deux focus et puis pendant 13 minutes, la chose que tu vas faire c’est que tu vas entraîner ton focus à retrouver quand il défocalise, tu vas lui demander de retrouver le focus. Euh la plupart des gens croient que ça échoue la méditation, que c’est pas il faut pas faire ça parce que du coup ah j’ai perdu, j’arrive pas à rester focus. Mais en fait la méditation c’est l’entraînement de ce focus qui revient au focus, qui défocalise et qui revient. Donc dès que tes pensées partent ailleurs, tu reviens sur tes points. C’est ça. C’est ça. Et en fait ça, ça c’est la réussite. C’est-à-dire que si tu pars trop loin, c’est peut-être que tu t’es endormi. C’est pas c’est c’est pas un focus que tu as réussi à garder. Le focus, il reste pas si longtemps stable. Mais la méditation, ça renforce ce muscle. Euh et puis ça nous permet surtout de distinguer ces deux états-là, focus, défocalisation, focus, défocalisation. Les deux états sont importants. Et quand on sait se balader comme ça dans ces différents états, en fonction de ce que j’ai besoin de faire, je vais soit focaliser profondément pour aller capter le maximum d’informations dans sur le sujet et travailler avec beaucoup d’informations ou soit je vais lâcher prise, je vais laisser mes mes zones cérébrales se balader pour aller chercher le maximum d’informations diverses pour que je puisse nourrir de manière créative la réflexion sur laquelle je suis. Donc c’est ces deux balades-là qui font c’est la combinaison des deux qui va faire que euh je suis performante du point de vue cognitif.

Et si j’ai un problème par exemple dans mon business ou dans ma vie ou quoi que ce soit, moi il y a un truc que je fais et je pense que ça raccroche ce que tu dis, c’est que en fait je cherche pas à le résoudre tout de suite. Genre si je cherche une idée créative, tu vois juste je le garde dans un coin de ma tête et je vais faire autre chose. Je vais me promener, je vais je vais prendre une douche. Prendre une douche marche, ça marche super bien parce qu’en fait tu penses à autre chose et en fait ça te vient. Donc c’est c’est une façon de le faire ça. On dirait que tu as lu mon livre. Ah ouais, c’est vrai. Ah cool. Euh le mathématicien Henri Poincaré, il faisait ça. Donc il avait une une équation complexe à résoudre. Donc il va passer à une première phase où il collecte collecte le maximum d’information questionner, demander, regarder d’autres équations et puis à un moment donné, il arrête de penser complètement. Il méditait pas, c’est plutôt sieste, balade, douche comme tu dis. Tous ces états-là sont un peu similaires parce que ça lâche et et puis on rentre dans un vagabondage de l’esprit. Donc là, les processus inconscients peuvent faire le travail à notre place. Et puis on revient et souvent quand on revient, on revient pas avec la même intention que de départ de d’affronter le problème de manière frontale. Comme le problème il a été déjà un peu digéré à l’intérieur de nous, les réponses ont tendance à remonter. Si on a suffisamment travaillé en amont et laisser suffisamment de temps, les réponses remontent. Donc ça ça marche vachement bien pour moi. C’est c’est super. Moi pour les conférences par exemple, je vais faire des séries de ça. Donc je vais faire une première partie parce que c’est très complexe de s’imaginer ce qui va servir le plus le public, comment le construire et donc je vais me donner du temps en amont. Je vais je vais travailler un un petit petit créneau espacé de de pauses. Donc les là où les gens vont avoir tendance à travailler 8h de suite, moi je vais faire 2h et après bon je vais me reposer le reste du temps, je vais revenir 2h plus tard ou le lendemain et ainsi de suite. Et en fait c’est tellement productif que tu n’as pas besoin de tes 8h parce que c’est ton inconscient qui cherche la réponse. Bah oui, tu laisses la trois. Tu tu laisses bosser l’ordinateur quoi. C’est ça. C’est ça. Pas mal, pas mal du tout. C’est la méthode Flemmar, on l’appellera. Comment tu l’appelles ? La méthode des flemmards.

Euh, j’ai une autre question super importante, c’est sur la procrastination. Il y a plein de gens qui veulent faire un truc, ils le font jamais. Toujours qu’il le repousse au lendemain. Et en plus des trucs importants, genre je sais pas moi, je veux lancer ma boîte et j’ose pas, je le ferai demain. Ou alors il faut à tout prix que je fasse ce devoir pour l’école et j’attends le dernier jour pour le faire jusqu’à ce que je sois forcé. Donc ce fait de procrastiner, de remettre au lendemain, est-ce que on peut l’améliorer, on peut le traiter ? Il y a des trucs. Alors, est-ce que la plupart de ces gens-là, ils utilisent l’outil qui marche pour nous tous ? C’est le stress de la deadline, l’urgence. Ouais. Ouais. Le stress, c’est un c’est un outil énorme pour notre cerveau. Ça nous focalise, ça nous donne de l’énergie. Donc on est vraiment plus efficace quand on quand le stress commence à monter et que la deadline se rapproche. Mais il y a des trucs pour lesquels il y a pas de deadline. Tu sais que ça serait bon pour toi, mais si tu le fais pas, il va rien se passer. Alors là, c’est la méthode du euh du fouet. Du fouet. Euh la motivation, elle il y a la motivation par le plaisir et la motivation par la douleur. Et la plupart des gens, un développement personnel, il utilise que la visualisation positive. Hm hm. Ce qui n’est pas suffisant. La visualisation positive, ça

Donne de belles énergies, ça nous booste. Sur le moment, au démarrage, on a envie de faire des choses, mais ça dure pas. Ouais, c’est au début, on a un boost de dopamine, on va faire deux trois actions et après on va se dire : « c’est dur », et puis et puis la procrastination démarre.

Là, ce qui marche mieux, c’est la visualisation du négatif. C’est-à-dire au lieu de visualiser ce qu’on va obtenir, on visualise, on visualise ce qui va se passer si je bouge pas, si je passe pas à l’action. Et je le visualise, mais suffisamment pour que j’ai une image, mais vraiment claire, pour que mon cerveau puisse y croire parce que, si tu veux, pour nos cerveaux, il croit, c’est c’est des statistiques en interne. Donc plus la chose elle est floue, plus il se dit : « non, mais il est en train de jouer avec moi », mais plus je crée une image claire : « regarde ce qui va se passer si tu bouges pas », et que j’appuie sur les bons boutons, puisqu’on a, on a pas tous les mêmes boutons. Qu’il faut vraiment que cette image me touche moi personnellement. Euh plus j’ai cette image, plus je vais avoir une, il y a tous les, tous les signes physiologiques qui s’activent parce que, si tu veux, l’état d’action, on a, on a des états physiologiques de l’action. Euh il y a souvent un petit peu de cortisol, il y a, il y a un focus qui, qui devient un peu comme un focus tunnel, tu vois. Il se rétrécit. Ouais. Dès que le corps rentre dans cet état-là, il sait qu’il va passer à l’action. Donc, mais pour que je puisse le mettre dans cet état, je vais utiliser mon imagerie mentale pour aller lui montrer ce qui va se passer si tu bouges pas et lui montrer ça autant qu’il faut pour que ensuite il soit engagé dans l’action. On dit qu’on, ouais, qu’on bouge pas si on a pas assez mal.

Donc en fait, faut vraiment s’imaginer euh ce qui pourrait mal se passer pour ma vie, pour ma famille, pour moi, pour mon futur, etc. Je dois, je dois limite, je dois écrire tout ce qui se passerait mal. Ça pourrait m’aider ça. Euh ça, ça pourrait, ça pourrait écrire, ça devient encore plus palpable. Euh je pense le plus important c’est d’être précis, de toucher à quelque chose qu’on, on ne veut surtout pas perdre. OK. À quelque chose de, notre cerveau, il est très sensible à la perte. Il y a vraiment une aversion à la perte. Donc dès qu’il y a quelque chose qui, qui va perdre, qui lui est cher, il va se mettre à l’action. Donc euh ça c’est une manière de, d’activer les schémas.

Une autre manière, c’est complètement de, de changer de, de stratégie et de se mettre plutôt dans un état d’esprit où euh c’est le processus qui compte. C’est-à-dire que il me faut un processus, peut-être juste pour avoir de l’énergie au quotidien, pour avoir une bonne énergie. Il me faut un processus qui me challenge un petit peu. Idéalement, je l’ai aligné vers l’objectif, vers lequel si c’est un devenir entrepreneur, je l’ai aligné avec mon objectif. Euh mais rien que de, de me dire : « OK, juste pour avoir une bonne énergie », parce que si je l’ai pas, si je fais pas ça euh à la fin de la journée, mon énergie est basse, je suis pas du tout charismatique, euh ma, mon mari et ma femme vont pas me trouver beau ou belle, je vais pas inspirer mes enfants. Rien que de voir une mauvaise énergie en fin de journée, ce qu’elle peut nous faire, se dire : « OK, je vais, je vais faire deux trois choses qui sortent de ma zone de confort pour que je puisse avoir de l’énergie », parce que l’énergie, elle est produite en fonction de, des demandes qu’on lui fait. Si je demande à mon cerveau de rester sur le canapé, il va pas chercher à produire de l’énergie. Il a pas besoin. Par contre, si je lui demande de passer deux trois coups de fil qui sont inconfortables pour moi, euh il va donner de l’énergie. Après les coups de fil, je vais avoir une plus belle énergie, un meilleur fonctionnement de mon cerveau et je serais fier de ce que j’ai fait. Exactement.

Et du coup, est-ce que c’est important d’aimer ce qu’on fait ? Il y a deux écoles. Il y a ceux qui disent : « Il faut à tout prix aimer ce que tu fais, sinon tu vas lâcher, etc. », et une autre école qui dit : « Tu, tu es pas obligé d’aimer ce que tu fais si tu aimes là où ça t’emmène. » Genre par exemple des gens qui font un truc qu’ils aiment pas mais qui leur apporte beaucoup d’argent, bah ils sont quand même contents. Euh j’ai envie de te dire euh oui, aimer, aimer c’est important, mais on peut aimer différentes choses, pas forcément ce qu’on fait ou la manière dont on le fait. Il y a une étude que je cite dans mon livre qui sort des chiffres et qui dit que notre bonheur dépend que à 4,6 % de notre activité, donc de ce qu’on fait. OK. Donc là, c’est des sondages, ils ont demandé aux gens, donc ils ont évolué par des questionnaires de bonheur, ils ont évolué, évolué pardon, 4,6 % de notre activité. Donc statistiquement, c’est pas directement aligné avec la, l’activité. Maintenant, pour moi, là où notre cerveau il est, il est satisfait, c’est quand on nourrit des choses qui sont importantes pour lui. Donc nos valeurs, nos valeurs, c’est c’est un peu des critères de décision, des critères de choix, des critères de comportement qui sont individuels, donc qui nous appartiennent, donc qui sont différents entre chaque personne. Quand je fais des actions qui sont alignées avec mes valeurs, je vais avoir une énergie qui est constamment là. Je vais avoir de la dopamine parce que, si tu veux, imaginons que j’ai passé à une réunion de travail, de manière générale, elle était pas intéressante, mais moi j’ai énormément, j’ai une valeur sur la connexion aux autres et pendant cette réunion-là, malgré le sujet qui était pas intéressant, j’ai réussi à rigoler avec les gens, j’ai connecté avec les gens, moi je vais sortir de là, je vais avoir de l’énergie, mais celui qui a eu une valeur sur le résultat, la productivité ou le dépassement, il sortira de là, il va dire : « Mais on a perdu notre temps. » Donc si tu veux pour euh pour avoir des vies qui sont belles à nos propres yeux, euh on a besoin de faire ce travail en interne. Des fois c’est nous qui allons vers les choses que, qu’on aime. Donc ça va être vraiment, on fait des choses qu’on aime et des fois on doit faire des choses qu’on n’aime pas, mais on peut aligner, on peut trouver notre compte en choisissant sur quel critère ça m’apporte. Notre système dopaminergique, il est très subjectif. C’est-à-dire qu’à tout instant euh si moi je trouve un critère qui me plaît, je vais produire de la dopamine. D’où le fait que c’est très important d’avoir ce travail d’introspection et de conscientisation de pourquoi je fais ce que je fais, pourquoi je suis dans cette pièce, pourquoi je fais cette réunion, pourquoi je travaille dans cette entreprise, parce que si je ne le fais pas, il est possible que j’ai, je ne reçois pas de dopamine. Je fais des choses, donc mon énergie va diminuer au cours de la journée, mais je n’ai pas de dopamine en retour. Donc si je veux avoir une énergie qui est stable ou bien qui augmente au cours de la journée, je dois jouer avec mon système dopaminergique pour trouver les critères qui m’apporte de la satisfaction subjective. Donc je dois trouver un sens. Même cette réunion qui est nulle, je dois lui trouver un sens. Elle est nulle, mais il faut en passer par là pour que machin, et dès que tu trouves du sens pour toi, ton cerveau va te produire de la dopamine et tu vas sortir de là, tu vas dire : « Ah, c’était top. » OK. Donc même sur les trucs chiants, il va falloir trouver un sens.

Mais c’est ça qui est intéressant parce que dès que tu vois que la situation, par exemple, dès que tu sens que l’énergie descende et qu’elle est pas renouvelée, donc la conversation par exemple, elle redonne pas d’énergie en retour, ça commence à descendre. C’est intéressant de commencer à se mettre à réfléchir entre soi et soi-même. OK, mais en fait, qu’est-ce que ça m’apporte ? C’est pourquoi je suis là ? Qu’est-ce que ça m’apporte ? C’est quoi qui, qui est intéressant pour moi ? Dès que je trouve un élément euh pour moi, là, je vais reboster de nouveau mon système et mon focus, il va se réajuster aussi. Je vais euh adopter des comportements qui sont alignés avec ce que j’ai trouvé dans ma tête. Et la personne, elle se rendra même pas compte, elle va se dire : « Bah en fait, imagine, tu es dans une conversation qui, qui t’ennuie, je veux dire, on a pour 2h encore. » Et là d’un coup, tu trouves un critère, je sais pas, tu te dis : « tiens, ça serait intéressant que j’étudie le nom verbal de cette personne, ça m’intéresse, j’améliore mon nom verbal. » Et là, d’un coup, tu es intéressé de nouveau, tu as de la dopamine, tu es l’autre personne, elle a l’impression que tu t’intéresses à ce qu’elle te dit. Ouais. Alors que tu as hacké le système quoi. Mais c’est du win-win. La personne, elle te parle de ce qu’elle intéresse. Toi tu trouves un truc intéressant pour toi. On a de l’énergie ensemble et puis dès qu’il y a de l’énergie, toute chose est plus simple.

Tu dis un truc qui m’a aussi interpellé. Tu dis que biologiquement, de façon physique, nos émotions durent 90 secondes. Donc déjà nos émotions, c’est pas juste une pensée, une impulsion électrique. C’est, il y a un truc biologique derrière et ça dure que 90 secondes. Mais pourtant si je suis triste, je peux être triste pendant 10 ans. Est-ce que tu peux m’expliquer ? Merci d’ouvrir le sujet parce que pour moi ça nous donne tellement de possibilités d’action quand on se rend compte de la, la nature biologique et comment on fait pour la prolonger parce que c’est une vraie réalité. Beaucoup de gens vont rester des années dans, dans l’émotion. Ouais. Euh alors que biologiquement parlant, alors une émotion c’est quoi ? Imagine quelqu’un qui me parle mal, donc le déclencheur, mon système le reçoit visuellement. Je l’entends aussi, ça rentre dans ça, j’analyse les données et ça va produire une biochimie qui va correspondre à l’émotion que, que ça produit. Donc tout ce cheminement entre le déclencheur et la biochimie qui est dégagée dans mon corps, c’est maximum 90 secondes. C’est très rapide. OK. Alors, qu’est-ce qui se passe au bout de 90 secondes ? Ben, j’y repense parce que ça redéclenche le truc. Et cette fois-ci, c’est pas lui qui le déclenche, il est dans ma tête. Donc c’est le film que j’ai enregistré de la situation qui va déclencher et encore une fois, et puis tu rentres, tu le racontes à ton mari ou à ta femme : « ah, il m’a mal parlé », et boum, tu reprends un choc encore plus puissant parce que si tu l’imagines, bon ça te produit un petit peu, mais quand tu le racontes, c’est tu es encore engagé dedans et donc ça, tu peux le prolonger autant de fois que tu veux et la plupart du temps, ce film qu’on a enregistré, il est déformé un petit peu par nos filtres de perception, par notre aussi état d’esprit et donc le film que j’ai à l’intérieur, il est pas vraiment factuel. C’est pas comme des journalistes qui vont essayer de filmer toute la scène. J’ai eu une seule caméra, j’ai filmé ma scène et cette déformation aussi dans mon souvenir, elle va continuer. Tant que je, bah si je travaille pas sur le souvenir, il va rester comme il est. Euh heureusement, nos souvenirs sont pas bons, il y a quand même un processus naturel de nettoyage aussi. Nos souvenirs, il, il évolue. À chaque fois quand on les remonte en surface, ils évoluent. Donc si je reparle de la situation, imaginons que toi tu décides de ne pas aller dans mon sens et que tu essayes de me faire voir un peu plus large la situation, tu peux me faire ajouter des éléments dans mon souvenir quand je le remets à l’intérieur de moi. Il est peut-être plus calme après. OK, je te dis : « c’était pas si grave. Il était énervé, il t’a pas mal parlé. C’est toi qui l’as mal pris. » Ah non, là là tu vas activer tout le jeu. J’ai à l’intérieur de moi pour te convaincre. Non, merde, attends, tu as pas dit, tu as raison de t’énerver. Tu aurais dû le taper dessus.

OK. Mais alors du coup, dans le cas d’une émotion négative, euh je, je prends par exemple le deuil ou alors, ou un gros problème, un accident de voiture, un truc traumatisant, tu sais, ou les stress post-traumatiques, etc. Ça veut dire que si physiologiquement c’est 90 secondes et c’est moi qui me remet le truc dans la tronche, donc je peux le contrôler. Alors c’est un peu plus complexe quand il s’agit des traumas émotionnels, quand il s’agit des phobies. OK. Euh il y a une autre partie de notre cerveau qui s’active et qui, elle va enregistrer un souvenir qui est, euh cette partie, elle s’active quand il s’agit de notre euh danger de vie, donc euh la survie. Et euh cette partie de nous, elle va pas enregistrer des informations. Il y a pas de logique en fait. Elle agit pas par la logique, c’est dès qu’il y a un danger de mort, elle active les mécanismes et le souvenir est bloqué, mais dans un autre lieu, c’est pas, c’est pas le même lieu de, des souvenirs, ça se bloque ailleurs. Et ensuite, il y a bon, il y a tout un vécu physiologique aussi qui, aussi reste vécu dans le corps. Donc là, il y a des gens qui travaillent sur cette partie-là. Ça, ça s’appelle les expériences somatiques. Hm hm. Le but étant de faire revivre la, l’expérience vécue par le corps, mais dans un contexte sécurisant. C’est-à-dire qu’on, on apprend au cerveau que ça s’est passé une fois dans le passé. On a plus besoin de s’activer là maintenant tout de suite, notamment quand il y a l’apprentissage de comment je vais réagir, comment me protéger de ce type de situation. On va pas tout débloquer parce que imagine une phobie des serpents, on va pas demain devenir amis avec tous les serpents, aller à leur parler. Tu vois, c’est le but étant de, d’avoir un vrai apprentissage du danger, de la taille du danger et comment savoir agir si ça se produit et puis de l’autre côté d’avoir un nettoyage du corps qui a enregistré des choses qui, qui deviennent comme des réactivités de notre cerveau. Donc, on a pas de contrôle cognitif sur cette partie-là. Euh il y a un vrai travail qui doit se faire au niveau somatique, relâcher le corps, faire revivre au corps le même souvenir mais dans un contexte différent pour qu’il puisse enregistrer un nouveau souvenir. Donc on remplace le souvenir euh du vécu. OK. Donc ça c’est vraiment pour les trucs qui ont été traumatisants. Ouais. Mais euh pour un souvenir, je sais pas moi, une altercation avec quelqu’un, tu vois l’exemple qu’on prenait, etc., est-ce que ça, je peux euh contrôler ? Regarde moi, si je me, exemple très simple, tu roules en voiture, il y a un mec qui te klaxonne, que de poisson, machin, tu t’énerves et tu peux rester, ça dépend des gens, il y a des gens qui vont rester énervés une demi-heure, tu vois. Et des gens qui, tout de suite, ça va durer 1 minute 30 et ils vont passer à autre chose. On peut contrôler ça ou c’est propre à chacun ?

Là, là c’est là où les outils cognitifs rentrent en compte. Plus on a d’outils, des stratégies mentales qui nous permettent de se libérer de ça, plus euh ça va disparaître vite. Mais on va revenir aux 90 secondes, voir moins que ça. Hm hm. Euh premier, premier élément important, c’est de savoir qu’il y a des stratégies cognitives et de vouloir le faire. Parce qu’on a notre libre arbitre, personne va nous pousser de faire quoi que ce soit. Si la personne veut s’énerver comme ça, tu sais, on pense que la colère c’est mal, mais c’est beaucoup mieux que d’être apathique et d’être comme un légume. Donc il y a des personnes qui aiment vivre la colère. Tu vas pas leur enlever ça s’ils, s’ils veulent pas que ça soit enlevé. OK. Euh par contre, si la personne se dit : « Il y a trop d’inconvénients pour moi de vivre ça, ça utilise mon énergie, après je vais peut-être mal parler à mon chef, à ma compagne. » Donc si la personne est vraiment dans une démarche : « je veux faire différemment », bah il y a des outils et à partir de là, on rentre dans, on cherche l’outil qui va fonctionner pour la personne. Mais typiquement euh je t’ai dit au début, la pensée paradoxale, c’est pouvoir voir les, les opposés à la fois, c’est quelque chose qui neutralise les émotions. Donc dès qu’on a des outils qui sont de type, dans cet inconvénient, je vois le bénéfice et dès que j’arrive à voir des bénéfices dans, dès que, dès que je me mette à chercher des bénéfices, déjà je suis dans un autre état. Je suis pas dans mon état où je me contente de ma, de ma colère. Au début, je trouve pas de bénéfice parce que ma pensée, elle est pas habituelle. Je me dis : « mais il y a pas de bénéfice. » C’est quoi le bénéfice de vivre ça ? Est-ce que je peux tricher sur les bénéfices ? Là, j’en ai un qui me vient. Vas-y. OK. Donc je roule, hop, que de poisson, il m’énerve et je me dis : « bah tiens, en fait, il m’a ralenti, j’allais avoir un accident plus loin et en fait, tu peux, tu peux, tu peux, tu peux, tu peux », et donc en fait je lui dis : « merci, je me serais tué sous le camion là-bas. » Mais tu peux aussi, des fois on comprend pas, on voit pas de bénéfices, on peut se dire : « bah pour l’instant je sais pas, je verrai un jour, mais peut-être que ça fera juste une belle, belle histoire à raconter. » Ah, juste le fait de faire ça, ça annule le truc, ça apaise, ça apaise la condition parce que sinon on est en train de se battre avec un truc, mais on a zéro pouvoir sur ça. En plus ça c’est déjà passé, donc tu peux pas changer le passé. Et euh si on veut pas, des fois on peut se dire : « mais c’est, c’est sympa pour moi d’avoir cette énergie de colère, je vais pouvoir l’utiliser pour, il faut que j’avance plus vite sur mon projet. » Donc avec l’énergie de colère, je vais avancer plus vite. Donc je peux choisir de rester dans mon énergie de colère et la diriger au service de quelque chose d’utile. Donc ça c’est option numéro un, ça fonctionne. Tant que je suis consciente de ce qui se passe à l’intérieur de moi et que je le maîtrise, ça va. Bon, le problème c’est la plupart des gens, ils vivent la colère, ils sont pas conscients. Donc ils vont juste laisser brûler ça et puis ils vont aussi un peu brûler quelques personnes autour d’eux, même parce qu’ils sont fâchés. Il commence à généraliser ça sur la journée, donc il passe une mauvaise journée. Mais donc oui, option numéro un, j’utilise la colère. Option numéro deux, je me dis : « mais en fait c’est pas, c’est pas mon goût du jour, je veux changer de, de goût émotionnel. » Alors c’est quoi le bénéfice ? Donc là je commence à m’amuser à chercher. Dès que je me mette à chercher, j’active le cortex préfrontal et je suis sortie de l’amygdale. Donc je commence à avoir de la maîtrise. Peu importe si je trouve la réponse ou pas, je suis déjà dans une forme de maîtrise intermédiaire. Puis plus je cherche des bénéfices, plus mon cerveau devient apte et créatif à trouver parce que là, il faut de la créativité quand même pour se retourner la pensée et chercher les bénéfices. Ouais. Et plus après ça devient vite. Et puis il y a aussi un autre élément qui, notamment pour ton exemple, euh il y a l’élément que, il y a un biais d’attribution euh qui porte sur nos intentions. C’est-à-dire qu’on juge les gens sur leurs intentions. Non, on les juge sur leur comportement. Par contre, la même situation euh si on devait la rapporter à soi, on va juger nos intentions. Donc si je fais un que de poisson à quelqu’un : « ah non, mais c’est pas grave, c’est parce que je dois aller chercher mon enfant à l’école. Mon intention, ou voilà, mon intention est pure et je suis un ange. » Par contre, si c’est quelqu’un d’autre : « ah non, c’est pas, il y a pas de danger autour de moi, c’est lui, il a fait exprès. » Il y a un vrai biais dans notre pensée. Donc quand on le sait, on peut revenir, on peut, on peut se dire : « c’était quoi son intention ? » Et dès qu’on se met à chercher l’intention, pareil, c’est un outil qui ouvre la réflexion et qui nous libère de, de la colère.

C’est rigolo parce que j’ai vraiment l’impression qu’il y a, il y a, il y a énormément de, d’outils et qu’en fait, ouais, on est plusieurs personnes à l’intérieur de nous. C’est-à-dire que quand on les connaît, on peut influer. Tu dis un truc aussi qui est, quand les juges fatiguent, je prends un exemple des juges et, et de la fatigue et que la fatigue influe sur tes décisions, alors que peut-être que tu devrais les prendre plus lentement, mais ça devrait, tes décisions devraient être les mêmes. Surtout quand tu es un juge avec une déontologie, etc. En gros, quand ils fatiguent, ils prennent la décision la plus simple. C’est-à-dire qu’il, et quand ils peuvent éviter de décider, du coup, il, il décident pas. Tu peux expliquer ce truc ? Hm hm. Ben cette étude-là, c’est une des études un peu choc dans le domaine parce que c’est des, c’est des vrais juges, ils ont été suivis pendant 8 mois, il me semble. C’est une, je crois que c’est 1000 décisions qu’ils ont prises, donc plusieurs décisions par juge et ils ont constaté qu’il y a une vraie corrélation. Euh donc, il s’agit de demande de libération conditionnelle. Donc c’est quand même pas les petites demandes, c’est ça change énormément par rapport à la personne qui a fait sa demande. Et donc ils sont rendus compte que en début de, de session, donc en matinée ou en début d’après-midi, quand, quand les gens ils sont reposés, il y a deux fois plus de chance de faire accepter sa demande. C’est deux fois plus de chance de, d’être libéré si on passe au bon moment de la journée. Donc ça remet en question quand même notre système judiciaire. Euh j’imagine qu’ils ont aussi cherché à adapter les journées des juges depuis qu’ils connaissent cette chose-là. Mais effectivement, la décision c’est un processus qui demande beaucoup d’énergie. Moi, l’étude qui m’a le plus cassé la tête, à partir de laquelle je suis sortie, j’avais un gros mal de tête, j’avais l’impression que ça allait exploser. Euh c’était une étude sur la prise de décision. Donc toutes les, je sais pas, toutes les 5 secondes, il fallait décider par rapport à un nombre de points qu’on voyait sur l’écran. Beaucoup de décisions. Au bout de 20 minutes, j’avais fait je sais pas combien de milliards de décisions, j’en pouvais plus. Donc nos têtes euh c’est des gros consommateurs d’énergie. Donc quand il s’agit de faire des décisions euh dès qu’il y a moins d’énergie, déjà, on va être biaisé et, et puis on va essayer de faire le, le plus facile possible. Donc la décision la plus simple. Et dans ce cas-là, la décision la plus simple, c’est de refuser la, la demande. Oui. Parce que tu décides pas finalement, il est déjà en prison, tu le laisses en prison et voilà quoi. C’est ça. Terrible pour les gens qui, qui étaient dans l’étude malgré eux.

Et du coup, ça veut dire que c’est vrai le truc de dire : « je fais ce qui est le plus compliqué le matin quand j’ai une tâche super importante, etc., je la fais direct quand je suis frais le matin. » Oui. Oui. Il y a, on, on dit que la ressource de volonté, elle s’épuise au cours de la journée. C’est-à-dire que notre volonté, elle est forte au matin. Par exemple, si on fait un régime, les choix du matin, c’est plus facile de décider de maintenir le régime. C’est super vrai que le soir. C’est super vrai. Euh donc cette ressource, elle s’épuise et euh, oui, oui, oui. Le matin, on est plus frais. Pour la plupart des gens, il y a des gens qui, qui disent mieux travailler le soir. Alors, je sais pas à quoi c’est dû, mais de manière générale, pour la plupart des gens, cette ressource, elle est disponible le matin, on a plus d’énergie et donc c’est mieux de le faire le matin, les choses plus dures.

Et est-ce que tous les trucs un peu new age, alors je vais pas, je vais pas tout mettre dans le même sac parce que par exemple, je pense à l’hypnose, c’est quand même très prouvé aujourd’hui, l’hypnose ericksonienne notamment euh et je crois très bien documenté, c’est quelque chose qui marche vraiment et qui, et, et qu’on peut utiliser et est-ce qu’il y a d’autres méthodes qu’on connaît moins euh qui, qui fonctionnent ? Euh l’hypnose, pas l’acupuncture. Euh pour l’hypnose, j’ai lu des articles et notamment il, euh quand on parle de méditation et euh notamment les études sur le focus, l’hypnose, elle apparaît comme un élément important. Hm hm. Euh parce que si tu veux, quand on médite, on apprend à refocaliser. Donc il y…

À cet aller-retour entre le focus, des focus, et on refocus. Euh, il y a des approches qui nous permettent de défocaliser, parce qu’il faut apprendre aussi à défocaliser. Tu sais, les gens qui ont du mal à dormir ? Ce sont souvent des gens où la pensée, elle est tellement, elle a collé sur un truc, elle arrive pas à lâcher le soir. Donc eux, ils ont un besoin d’apprendre à ; si tu imagines le focus un peu comme un muscle, donc il a biceps, biceps et triceps. Donc focaliser, on contracte, et défocaliser : il faut, il faut lâcher. Donc pour certaines personnes, c’est un qui est faible, pour d’autres c’est l’autre qui est faible. Donc c’est des vrais entraînements, et pour l’hypnose, ils disent que ça entraîne les deux. C’est à la fois un état où on est relâché, et puis à la fois on est focus sur quelque chose. Donc c’est vraiment un état qui combine les deux. C’est les deux états du focus. Donc c’est intéressant.

Et puis l’hypnose, euh, moi je, alors moi je suis adepte à toutes les approches qui nous permettent d’explorer l’inconscient, parce que tu as vu l’inconscient, c’est une puissance incroyable. Euh, on a énormément de ressources dans l’inconscient, et si on sait aller les chercher, c’est génial. Il y a de plus en plus de cours d’anglais sous hypnose. Je sais pas si tu as entendu parler de ça.

Ouais.

Et de trucs aussi que, que tu écoutes quand tu dors et cetera. Je sais pas si c’est pareil, mais ouais. Ça marche ou pas ? Ben c’est toujours cette même état qui te permet de d’encoder l’information, mais de manière avec moins, moins d’efforts. Donc c’est, c’est un état un peu entre deux, entre conscience et inconscient. Donc c’est, on, on voit les choses, mais on n’est pas endormi, tu vois. C’est, c’est vraiment un état propice à l’apprentissage. Euh, après, il faut apprendre à récupérer les informations aussi. Donc c’est, ça va dans les deux sens. Mais moi, je dis oui à ces approches, et oui à aller explorer davantage et étudier ces états, parce que si tu veux, tant que, tant que ces choses font peur, tu vois, tant qu’on se dit « Ah l’hypnose, il faut pas, faut pas, parce qu’on, c’est de la manipulation ou euh », en fait non. Tout ce qui te fait peur, c’est plus propice. Tu es plus propice à la manipulation quand tu as peur que de te dire allons-y, explorons ça en faisant attention à toutes les choses qu’on va tirer comme conclusion. Euh, mais allons-y pour dépasser la peur, parce que la peur ne peut, c’est la pire des choses qui, qui puisse nous arriver quand il s’agit de la science.

Est-ce que tu as fait d’autres études ? On a parlé un peu de deux, trois trucs. Est-ce que tu as fait d’autres études tu pourrais nous partager qui sont soit marrantes, soit super intéressantes ou qui se sont passés bizarrement ou euh ? Bah une étude que j’ai beaucoup aimé et qui, pareil, m’a surprise un peu, c’était l’étude où j’ai accepté de prendre de la ritaline. Tu en as pris des choses, juste deux fois. Donc il y avait la ritaline, mais c’est si tu veux, c’est les expériences qui changent le plus le fonctionnement du cer. Donc là, tu peux, c’est, c’est quoi ? Tu peux expliquer ? La ritaline, c’est une molécule, elle est sur le marché, on l’utilise pour les gens qui ont le TDH, donc le trouble de la distraction, donc euh, ils ont du mal à focalisé. Et quand on utilise la ritaline, ça augmente la dopamine dans le cerveau. Donc la molécule qui permet de focaliser, la molécule qui crée de la motivation, qui nous pousse à l’action, et euh, et donc la ritaline quand on la donne à quelqu’un qui a le trouble, il le ramène, ça le ramène son focus normal, on va dire. L’étude était sur des personnes normales, sans, sans trouble, et elle avait pour but de d’augmenter la motivation chez les adultes, notamment des adultes qui préparent des examens. OK ? Le but était, l’idée était, on a une molécule qu’on pourra prendre avant, avant une épreuve cognitive pour se préparer. Et donc là, pareil, je, je sais pas placebo ou pas placebo, on est trois dans l’étude, on se connaît pas, mais on est dans la même pièce. Et là, je prends la euh, bon, chacun prend un cachet, et puis au bout de 5 minutes, il y a l’autre participant qui me regarde, il me dit « Toi, tu l’as eu ? » Il dit « Moi, moi aussi, je pense, la pup, pupille change quand on, on la prend. » Et là euh, je découvre des choses que, mais je savais pas, parce que bon, je connaissais pas ces molécules du tout, et là d’un coup je me retrouve avec un focus, mais j’ai l’impression un peu comme dans le film à Lucy, j’ai l’impression de lire des éléments dans la réalité que je ne voyais pas avant. Donc c’est un focus laser qui te permet vraiment de capter des informations très claires, et tu as l’impression d’être plus intelligent. Je sais pas si on peut parler de d’être plus intelligent, mais dès que le focus il collecte une information qui est claire, ça devient plus facile à à travailler. Et donc là, à ma surprise, les sujets que je savais pas du tout, bon, les sujets typiquement la politique, c’est pas un sujet que je vais ouvrir, et c’est pas un sujet que j’aime. Et là, on se retrouve, on a passé 2 heures à refaire le monde, on a passé par tous les régimes politiques, on a, on a vraiment créé quelque chose de de stimulant dans à partir de très peu d’éléments. Donc c’est là où je me suis dit le focus c’est quelque chose qui a vraiment besoin d’être travaillé, mais je veux pouvoir l’obtenir sans qu’il y a la molécule. Tu vois, c’est la molécule, elle me donnait le repère. Je me suis dit on est capable de faire ça. Moi, je le veux sans la molécule. Et euh, et puis j’ai vu aussi les inconvénients d’avoir pris la molécule. C’est des effets secondaires pour tout vrai, par exemple.

Ah non, mais pendant 2 jours tu traînes de pied, tu as pas du tout de motivation. Donc il y a vra un vrai

Ouais.

Tu as le contre-coup.

Ouais. Exactement. Et à partir de là, moi j’étais à il va falloir que je trouve ce qui m’apporte le même niveau de focus, la même qualité de focus sans que j’ai chercher la molécule. Et ben c’est là où j’ai découvert la méditation. C’est pour ça que je t’ai dit tout à l’heure, pour moi la méditation c’est un élément qui aide beaucoup. Je pense qu’on peut passer 100 hein, parce qu’il y a plein de gens qui arrivent en faisant d’autres choses. Et puis la méditation c’est, c’est une forme de d’utiliser son cerveau de cette manière-là. Mais les gens qui se baladent, qui font des trails, qui, qui font de la musique, je pense qu’il rentrent dans des états d’esprit un peu similaires. L’idée étant juste de d’apprendre à son cerveau de de rentrer dans ces états de conscience modifié pour pouvoir l’utiliser. Peu importe le chemin qu’on prend.

Mais du coup, j’aimerais qu’on parle des moines chaolins, parce que c’est très sérieux. Je suis très sérieux. Euh, il y a, c’est Mathieu Ricard, c’est ça ? Qui est un scientifique et qui est sérieux, je crois hein. Enfin, moi j’ai pas la la même culture scientifique que les scientifiques entre eux, mais il m’a l’air sérieux. Tu me diras si c’est le cas.

Oui.

Qui est un, un moine chaolin lui-même qui est en plus français, je crois, donc bizarre. Enfin, il a dû aller se former et cetera, et donc il fait des trucs de fou avec son cerveau dans un IRM, tu vas nous expliquer. Et à côté de ça, on a tous vu des images à la télé ou quoi que ce soit de moines aussi, tu sais qu’on leur met les électrodes pour capter leur rythme cardiaque, et en méditant, en se calmant, ils arrivent à faire descendre de façon dingue, plus que physiologique, plus que ce que ça devrait être leur rythme cardiaque, limite à s’arrêter à un rythme cardiaque qui est pas humain, où normalement tu es à l’hôpital, on commence à se poser des questions, et après hop, ça repart et cetera. Donc là, on a quand même une force de cerveau qui est dingue. Qu’est-ce qu’il fait Mathieu l’ami Ricard dans dans son IRM ? Alors, je pourrais pas le dire, je suis pas moins de de, je suis pas moins de Tibet, je sais pas comment ils arrivent à gérer à tel niveau le leur cerveau. Ce que j’avais vu dans l’étude, c’est qu’il était capable d’amener son cerveau à un niveau de d’intelligence supérieure, et il pouvait le baisser à un niveau d’intelligence de stupidité. Donc il pouvait aller dans les deux sens, à jouer avec le fonction du cerveau. Euh, c’est une très bonne question. C’est le nombre de neurones qui s’active et cetera. Ça serait plutôt en terme de fréquence et de région de d’activation, parce que dans l’IRM on voit les structures, on peut les localiser. Euh, on peut avoir un IRM fonctionnel pour voir où exactement ça s’active. Euh, après, je sais pas comment on peut distinguer l’état d’extrême. Je l’avais vu dans un film, un documentaire vulgarisé, donc je, je suis pas allé chercher l’étude moi-même. Mais, et donc le gars augmente et diminue la vitesse hein, en vulgarisant de son cerveau, quoi. Peut-être, peut-être que il arrive à, parce que si tu veux la, moi, je dirais que c’est peut-être au niveau du focus. Quand on a un fort focus, on a un niveau d’intelligence augmenté parce qu’on arrive à mieux utiliser l’information. Et quand on rentre dans une forme de nuage mental, bah là je pense que tous on est un peu plus bête quand on est dans cet état un peu de fatigue, mais lui il sait le faire consciemment. Donc il y a une forme de maîtrise incroyable qui

Oui, c’est, donc ça s’entraîne, ça s’entraîne euh, là où je, je pense le les moines ils vont très loin. Euh, premièrement, si tu veux dans la méditation, il y a des changements structurels qui se passent dans le cerveau. Notamment le cortex préfrontal qui est rationnel, logique et stratégique. Il connecte avec l’amygdale. Donc il y a des meilleures connexions qui se font entre les deux. Donc ça crée une gestion émotionnelle qui est beaucoup plus facile à faire. Si tu veux, rien qu’en méditant sans travailler sur nos dossiers, dossier par dossier ou situation par situation, la méditation ça baisse notre réactivité émotionnelle. Donc ça c’est un premier élément. Il y a des études aussi sur la douleur, sur comment, comment on vit la douleur quand on est méditant ou quand on ne l’est pas, et euh, il constate que un non méditant, donc quelqu’un qui ne médite pas, il va anticiper la douleur. Donc si dans, dans l’étude, je pense il chauffe un petit peu la peau de la main pour créer des un signal de douleur. Et le non méditant, il va commencer à anticiper la douleur. Donc la région qui s’active pour la douleur, elle va être activée avant que la douleur arrive, elle va rester activée pendant que la douleur est là, et après, donc il y a une anticipation et une prolongation de la douleur. Donc l’expérience de la douleur est plus désagréable quand on est comme ça. Versus un méditant qui va, il va vivre le même niveau de douleur. Ça baisse pas le niveau de douleur. Par contre, il va attendre que ça arrive. Donc son cerveau s’active au moment où ça chauffe, et puis ça se désactive juste après. Donc il y a pas, il y a pas une forme de drama avant et drama après.

Ouais. Ouais. Ouais. OK. Et on le voit d’ailleurs chez les gens, tu sais, qui font des AVC, des trucs comme ça, qui leur tuent une partie du cerveau ou certains neurones, une certaine parties même parfois on voit des, je crois que c’est des IRM, on voit les les zones noires qui ont été tuées dans dans le cerveau qui s’activent plus, et parfois ils perdent la parole et cetera, et pourtant après moue rééducation, le cerveau arrive à changer les routes euh, enfin, tu vas l’expliquer mieux que moi, mais les zones neuronales, et on arrive à remplacer des zones qui étaient mortes, genre la zone de la parole elle est morte, et ben elle se déplace ailleurs. Ça c’est un truc qui existe, encore la neuroplasticité, et merci que la nature nous a créé comme ça, parce que ça, ça nous permet de de savoir qu’on a une marge de manœuvre même après des gros accidents comme ça. On sait jamais jusqu’où on peut aller, mais en tout cas on sait qu’il y a une marge de manœuvre à utiliser. Euh, les neurones, tu peux les imaginer un peu comme un, bah comme des personnages qui se parlent entre eux, donc ils se connectent. Et euh, il y a des groupes de personnages qui sont habitués de se connecter ensemble et de faire euh quelque chose ensemble. Mais si ce groupe-là disparaît, les les quelques neurones qui sont là, ils vont aller chercher se reconnecter avec les autres. Donc il y a une vraie constante communication avec avec tout le cerveau. Donc il y a, c’est malléable ça. Bon ça bouge, ça bouge pas tellement, mais c’est les connexions vont se faire ailleurs. Et je pense le but de neurones sera constamment de communiquer. Donc ils sont en vie, ils vont chercher à transmettre des signaux, et s’ils ont perdu leurs camarades, ben ils vont chercher des nouveaux camarades. Ils vont chercher d’autres coéquipiers, comme comme il y a un son milliard de de neurones, qui a quand même de la matière, peut se faire d’autres amis et et continuer le travail.

Il y a une question qu’il faut que je te pose à tout prix. Euh, l’âme ?

Ah ouais, ça scientifiquement c’est dur.

Ah oui, ça existe. Et si ça existe ? Du coup, le cerveau c’est genre un récepteur radio, mais l’âme elle est ailleurs. Et je vais au-delà de ça, est-ce que demain si j’ai la technologie nécessaire de télécharger tout ce que je sais, vraiment toutes les impulsions électriques dans un ordinateur ? Du coup, est-ce que je télécharge mon âme, ma conscience ? L’âme, la conscience, le cerveau, c’est quoi tout ça compris ? Toujours pas. Alors là, je dis tout de suite, je sais, je connais pas la littérature, je sais pas s’il a des études sur l’âme. Euh, mais je réfléchis là-dessus, parce que je pense qu’on est tous un petit peu intrigués, intéressés, on veut, on veut trouver des réponses. Je prends avec des pincettes, donc tout ce que je veux dire. Ah ben là, oui, là façon personne en sait rien, mais c’est, c’est cool d’avoir ta lecture. Euh, moi ce que je cherche à comprendre si tu veux, c’est on peut parler peut-être de deux types d’intuition qu’on a. On a une forme d’intuition qui vient en local de nous. Donc c’est euh, justement quand on sait bien utiliser notre cerveau, on arrive à accéder à cette sagesse de partout à l’intérieur de nous. C’est une forme de travail inconscient qui remonte en surface. On arrive à le conscientiser. Donc on a l’intuition de, je sais exactement comment faire dans telle, telle situation, mais ça vient de moi. Donc dans mon expérience, j’ai déjà l’expérience de ça.

Hm hm.

Mais moi ce qui m’intéresse le plus, c’est le type d’intuition qu’on a des fois dans un domaine qu’on a jamais fait. Euh, donc dans une tâche on a jamais fait, et pourtant on a la sensation d’avoir la réponse. Et euh, là du coup moi je me question sur cette forme d’intelligence collective qu’on partage tous. Est-ce qu’il y a pas un champ d’information qui est autour de nous qu’on peut en quelque sorte capter ? Je sais pas de quelle manière, je sais pas sur quelle forme, mais tu vois des fois, par exemple tu es en conversation avec quelqu’un, tu captes la pensée de la personne. Tu vous êtes tellement synchronisé que je sais pas les pensées sortent, se synchronisent aussi. Donc je crois qu’on est tous connectés par quelque chose qui, je pense pas qu’on l’a étudié, je pense pas qu’on l’a visualisé, je sais pas si on aura des appareils comme ça. Ah, je crois qu’il y a des études qui commencent à être faites sur des personnes qui sont dans deux pièces différentes, mais qui commencent à donner des réponses similaires, tu vois, comme si elle était une télépathie. Euh, donc il y a plein d’éléments comme ça qui démarrent, mais pour moi, c’est très intéressant de d’étudier cette, ce, cet inconscient collective. À quel point on arrive à à s’ouvrir à ça, ces informations. Donc c’est quoi cette source que certains ? Donc là on peut partir dans un domaine plus spirituel de euh d’où est-ce qu’on vient, c’est quoi qui nous unit tous. Mais une chose est sûre pour moi, on est tous unis par quelque chose. On est, on est tous soumis aux mêmes lois naturelles. Donc même si on l’appelle juste nature, on vient tous de la même nature. Euh, c’est

Ouais, c’est ça serait très intéressant d’aller continuer à explorer dedans. Est-ce qu’il y a vraiment une âme qui rentre dans ce corps ? Ben, j’ai envie de de croire qu’on a quelque chose qui, une forme d’énergie qui est constamment recyclée. Donc là, on rentre aussi dans des croyances de vie.

Ouais.

Il y a une thèse qui dit que le cerveau, c’est juste un récepteur, et finalement en vrai euh, c’est juste un récepteur. Je t’emmène dans des endroits, mais c’est normal, c’est la fin de l’interview où je suis obligé. Euh, encore une fois, le cerveau pour moi c’est le serviteur. Donc effectivement, il est pas celui qui nous guide. Il faut pas qu’il soit celui qui nous guide, parce que tu as vu un cerveau de survivant, tu le laisses nous guider. Moi, je l’ai vécu pendant 30 ans de ma vie. Je veux pas revivre ça. Euh, on est celui qui maîtrise. Mais ça veut dire quoi ? On est quoi ? Est-ce qu’on est, on peut appeler ça de la conscience. Donc c’est une conscience qui maîtrise la machine. Donc on a à disposition un cerveau, on a à disposition des émotions, on a à disposition un corps, et on est celui qui observe, celui ou celle qui observe et qui sait gérer tout le système, qui sait le l’utiliser. Euh, ouais, c’est euh, on aura pas la réponse, je te rassure, je pense, mais intéressant de de d’y penser.

Et dernière question, pareil, je suis obligé de te la poser. Est-ce que du coup je reviens sur les machines, est-ce que demain télécharger sa conscience avec tout ce que tu sais sur le cerveau, c’est genre la complète science-fiction, c’est complètement impossible ou c’est possible sous une forme d’intelligence artificielle ? C’est comme ça que tu l’imagines ?

Ouais.

Genre bah tout ce qui est en train de faire Elon Musk et cetera, de dire « OK, le but ultime, c’est que bah notre corps il est pas, il est faillible et cetera, on va tous mourir. » Donc du coup, hop, je vais télécharger mon cerveau et puis je vais être dans le cloud et je serai immortel. Genre ça touche un peu à la question d’avant, parce que effectivement je pense que les programmes du cerveau, bah si on arrive à, bon ça va être très difficile à faire, mais si on s’imagine qu’on a beaucoup d’énergie, beaucoup de temps, beaucoup de bonnes appareils euh, on arrive à à copier les programmes qui sont dans notre cerveau, mais surtout le cerveau inconscient, donc plus de 95 % de nous, donc inconscient ça fait beaucoup de d’informations à aller chercher, et je sais pas à quel point on peut aller la chercher, et la conscientiser pour pouvoir la la transférer. Mais même si on imagine qu’on a tous ces programmes là, est-ce que ça serait tout l’être humain ou est-ce que c’est juste son cerveau ?

Exactement.

Ben, je sais pas. Et ben ça me va très bien. C’est aussi ça la science. Merci beaucoup. J’espère que vous avez beaucoup aimé cet épisode. Je vous rappelle que on en met un par semaine. On est sur YouTube et toutes les plateformes de podcast, il suffit de taper les découvrir pour nous trouver. Ilana, merci beaucoup, c’était super intéressant et à bientôt.

Merci beaucoup à toi. [Musique] [Musique]