Transcription
Salut à tous, c'est P de Chen. Bienvenue sur cette vidéo qui aujourd'hui va parler d'hypnose et va parler d'un échange que j'ai pu avoir hier avec la team AENO concernant le fait que je pense qu'on arrive à la descente de la popularité de l'hypnose, ce qui semble assez cohérent.
On a eu un cycle qui a duré à peu près 20 ans et euh qui va y avoir du coup de moins en moins de formations, en tout cas de moins en moins de personnes qui vont s'inscrire aux formations. Ça, on le voit déjà depuis quelques années et les grosses écoles en font part quand on connaît un petit peu les gens qui tournent autour et euh du coup, il y a aussi moins de praticiens.
Une des raisons et là c'est vraiment spéculatif, mais une des raisons qui me semble assez cohérente, c'est le fait que l'hypnose maintenant soit connue. Un des arguments marketing et c'est là où on va voir tous les paradoxes de l'hypnose a été de dire en gros c'est une forme d'accompagnement où vous n'avez pas forcément à faire grand-chose à l'inverse peut-être d'une psychanalyse ou de certaines psychothérapies verbal. Là vous allez un peu parler et puis vous allez fermer les yeux et suivre ce que l'on vous propose si on fait en indirect. Mais en direct, on a à peu près les mêmes choses, peut-être avec quelques mouvements en plus et euh peut-être quelques interactions euh pendant la session. Des questions euh qui peuvent avoir lieu.
Factuellement, les personnes et c'est pour ça qu'on fait des longs pré-tests, l'image que l'hypnose était magique, que ça pouvait reprogrammer le subconscient et permettre dès lors de retirer facilement un pathos, une problématique à long terme. Les pubs étaient jouées autour de ça. Souvent, même si c'était critiqué en association avec l'image qui a été donnée par l'hypnose de scène, même si bien sûr factuellement les hypnos d'accompagnement, ils vont dire "Non, non, non, mais nous on a rien à voir avec, on fait pas la même chose, on est plus respectueux, on est plus ceci ou plus cela." Sauf que qu'on le veuille ou non, l'image de l'hypnose c'était pas ce qu'on fait en cabinet, c'est ce qu'on fait dans la rue ou c'est ce qu'on fait en scène. Et le marketing de "en moins de trois sessions, vous allez arrêter ceci ou cela", "en moins d'une session, vous allez arrêter de fumer, vous allez reprendre confiance en vous" et cetera et cetera a été un facteur déterminant pour que les gens viennent et découvrent la discipline.
Ça a été aussi euh la force de l'hypnose que d'avoir des formations courtes, moins de 100 heures pour certains qui euh disaient "Mais vous pouvez recevoir du monde à partir de là." Donc ça ça faisait du praticien en plus. Les écoles se sont développées à fond parce que derrière c'était une façon de gagner de l'argent assez facilement avec des personnes de qualité qui formaient des personnes qui elles n'auront quasiment jamais l'envie réelle de faire de l'hypnose à plein temps. Ça convenait à tout le monde.
La différence qu'il y a aujourd'hui, outre le fait qu'on soit en plus dans une génération où on va très facilement passer, dérouler, scroller les choses, les expériences, les événements, les pensées et cetera, c'est que on a un retour de ce marketing et de l'image un peu obscure qu'il y avait sur l'hypnose. On peut le voir quand on va faire de l'hypnose de rue. On peut le voir. Alors là, moi ça revient à l'année dernière, mais c'était un des un des points qui m'avait marqué en janvier donc 2025, c'était quand j'étais allé au salon du bien-être, j'avais un petit stand et de voir à quel point l'hypnose était connue. C'est-à-dire il y a plus de surprise. Mais et ce qui est, je pense, plus intéressant, il y a plus l'intérêt à se dire que ça peut être fonctionnel. Pourquoi ? Parce que justement depuis ces 20 ans, la population qui s'est intéressée au développement personnel puis aux travaux de psychothérapie, psychopratique sur eux sont allés chez un psycho, ils ont un hypno pardon, ils ont fait une de trois séances d'hypnose, peut-être parfois plus et le résultat n'a pas été marquant. D'ailleurs, on sait très bien, beaucoup d'hypnos très tôt se sont diversifiés à faire aussi du tapping, à aussi faire des mouvements oculaires, à aussi faire différents principes, parfois même revenir dans des notions plus magnétisme autour comme pour pouvoir proposer un panel. Donc on va avoir des personnes qui nous disent "J'ai testé l'hypnose mais heureusement c'est pas ce qui a fonctionné le plus mais grâce à mon ou ma thérapeute, mon ma accompagnante, on va et faisait d'autres choses et ça m'a permis d'aller bien."
Mais ce qui est assez marrant, c'est quand on pose plus de questions, la satisfaction est assez basse. Et là, c'est assez compliqué, peut-être dur à admettre pour les hypnos, mais l'hypnothérapie n'est pas plus fonctionnelle que d'autres systèmes. On va avoir de très bons résultats, on le sait, sur la douleur, gestion de la douleur et cetera, mais ça va demander de l'effort de la part de la personne qui vient. Or, comme les psychothérapies, euh l'hypnothérapie a un petit peu cette idée de dire "Bon bah, vous venez aux séances et ça ira mieux." Ça étant l'état psycho-émotionnel ou l'état physique. Là, quand on dit "Bah vous allez apprendre pendant séance d'hypnose à réduire et à gérer vos douleurs jusqu'à la fin de votre vie", c'est un effort qui est demandé et qui n'est pas forcément ce qui est attendu. La plupart des personnes veulent définitivement comme une comme une opération, quelque chose qui mette fin à, quitte à vivre pendant un laps de temps un inconfort, mais ce qu'ils veulent, c'est ne plus avoir mal. Or, oui, on est très bon en gestion de la douleur, mais c'est de la gestion de la douleur. Ce n'est pas retirer de la douleur, ce n'est pas l'absence de douleur. Des personnes qui ont des douleurs chroniques vont apprendre à gérer les douleurs pour que ils puissent vivre avec sans que ça leur pose problème. Ça, ce n'est pas ça va se retirer ad vitam æternam.
Du coup, tout le côté un peu magique qui avait de l'hypnose, "il suffit de reprogrammer mon subconscient, mon corps, mon ceci, mon cela", c'est enlevé et l'expérience de 20 années, de milliers et de centaines de milliers de personnes qui sont allées en cabinet a été "c'est pas mal mais c'est pas fou, c'est pas mal mais c'est pas différent d'une psychothérapie" où ils l'ont fait en transition et c'est la psychothérapie comme nous avant l'hypnose et on disait ça des personnes qui avaient fait 10 ans de psychanalyse, ils venaient sur des deux trois ou cinq séances d'hypnose, il y avait un vrai game changer, un vrai changement euh de fonctionnement et à ce moment-là, il y avait "Ah bah c'est l'hypnose qui fonctionne. Ah pourquoi tu as fait 15 ans de psychanalyse alors que nous en trois séances, on t'a sauvé la vie ?" Et maintenant l'hypnose est devenue la psychanalyse dans l'idée. Les gens ont fait peut-être un travail psycho avant, ils viennent en hypnose, c'est plutôt cool mais rien de foufou. Ils font une autre thérapie, un autre accompagnement quel qu'il soit et là pouf le déclencheur il se passe dans l'autre thérapie. Donc l'hypnose, ouais, c'était pas mal mais ce qui m'a aidé, c'est le mouvement oculaire, c'est le travail sur la trois dimension de je sais pas quoi et cetera et cetera.
Le fait qu'il y ait plus le mythe autour de l'hypnose et même l'intérêt, là je parle des nouvelles générations qui vraiment comme je vous disais, ils scrollent l'expérience, ils vivent quelque chose, ils se filment les uns les autres, ils trouvent ça super drôle et quand on parle à beaucoup de personnes qui ont commencé l'hypnose, ils disent "Bah j'ai vécu un truc ou j'ai vu un copain à moi qui a vécu une séance, ça me fait poser des questions, j'ai commencé à aller m'intéresser et je me suis plongé dedans." Je dis pas qu'il y en a plus aujourd'hui, mais il y en a moins parce que aujourd'hui c'est "Ah c'est super marrant, trop cool. Bon, on t'apprend en vidéo. Bon, on l'envoie sur le réseau et après basta. L'expérience hypnose a été faite, ça m'intéresse plus."
Entre donc cette notion où il y a une population qui a changé, ce qui est normal, qui a évolué, on va dire une nouvelle génération qui arrive et cetera, l'intérêt a changé. Et deuxièmement, en accompagnement, bah l'hypnose, c'est bien, ça peut être bon, mais ce n'est pas meilleur que, ce n'est pas hyper différenciant. Et puis vu qu'on connaît d'autres personnes qui sont allés à des séances d'hypnose et qui disent "Ouais mais bon, j'ai arrêté de fumer pendant 3 mois ou 6 mois mais j'ai repris. Ouais ouais, j'ai perdu 10 kg mais j'ai repris. Ouais ouais, ça m'a fait du bien sur ma phobie des araignées. Mais là depuis quelques mois je commence à sentir que ça revient. Ouais ouais, j'ai réussi à faire mon voyage grâce à l'hypnose et ma phobie de l'avion a disparu à l'aller-retour. Mais la dernière fois que j'ai voulu refaire un grand voyage, j'ai eu peur." Voilà ces notions là qu'on entend souvent. Il y a des personnes qui reviennent chez nous avec des mêmes pathos ou avec des pathos qu'ils ont traité avec d'autres hypnos et qui disent "Bah ça a fonctionné pendant tant d'années mais là ça fonctionne plus." Bah ce message, ce partage, ce feedback, ce rex, ce retour d'expérience, c'est ça qui modifie aussi l'intérêt que va y avoir sur l'hypnose.
L'hypnose est devenue une psychothérapie comme une autre qui n'a pas plus de réussite ou moins. Il c'est une tentative. Tiens, ben j'ai envie d'arrêter de fumer, j'ai tenté les patchs, j'ai tenté tout le process habituel. Je vois pas le truc. Euh, j'ai allé faire une séance d'hypnose, je vais tenter. Bon, ça n'a pas marché. Bon, ça c'est comme les patchs. À la limite les patchs, je fumais moins, j'étais mieux. Allez, je reprends mes patchs ou la cigarette électronique et cetera et cetera. On est devenu un élément comme un autre, plus quelque chose qui est une curiosité, ce qui est un plus mais derrière qui doit amener à quelque chose que l'hypnothérapie reste un accompagnement qui n'est pas forcément court ou s'il est court et c'est une option qu'on peut prendre, c'est de dire on peut vous soulager pendant un laps de temps. Point. Pas autre chose. On peut vous soulager d'une douleur. On peut peut-être vous faire stopper pendant quelques jours, quelques semaines, la cigarette, l'alcool, le ceci, le juste transitoire. C'est un autre cheminement. Ou sinon dire bah ça sera pas trois séances, ça sera pas 5 séances, ça sera peut-être plus long parce que il y aura des choses à aller traiter et travailler en tout cas. Et en plus, ça vous demandera a posteriori un travail en autohypnose, donc un travail de développement personnel qui est parfois euh non voulu par les personnes qui viennent et ce qui se comprend bien dans un accompagnement.
Si vous avez des questions, des remarques, n'hésitez pas et comme d'habitude, tout ce que je propose, ne prenez que bon est juste pour vous. Testez, observez, analysez et concluez. One. Ciao.