Transcription
Alors, comme beaucoup, le français, vous prenez certainement l'avion pour aller en vacances. Mais c'est vrai que, contrairement à la voiture ou le train, c'est un mode de transport qui a un peu la particularité de ne pas rendre les gens hyper confiants. Voilà.
Et c'est dommage, parce que c'est quand même clairement plus sûr que la voiture. Sauf que quand il y a un accident en avion, ça fait la une des journaux, c'est tragique, personne ne survit, etc. Bref, clairement des grosses frayeurs. Et cette vidéo ne va pas ajouter de quiétude, en fait. Si vous êtes déjà stressé par la vie, parce qu'avec les trois histoires du jour qu'on allait choper, des témoignages qu'on a pu récupérer sur le web, mais il va y avoir du niveau. Et tout ça avec des voix qu'on a rajouté pour plus d'immersion.
D'ailleurs, avant qu'on rentre dans le dur, je vous tiens au courant sur les avancées qu'on a sur mon manoir d'horreur "Contre" qui se trouve à Lyon et qui est sur la fin. Déjà, il y a une zone qui nous a embêté depuis très longtemps, et ce sont les "caves molles", on les appelle comme ça dans le jargon. En fait, c'est une zone qui se trouve au-dessus de la "mort zone", assez flippante entre nous, évidemment. Et ces caves molles, en fait, on avait une idée en tête. On voulait quelque chose qui soit assez mou, comme si on passait dans un boyau. Donc on a utilisé plein de techniques différentes, on a mis énormément de mousse, ensuite on a une sorte de caoutchouc pour tout recouvrir. Et ça a été une galère. Ça a été une galère parce que, du coup, le caoutchouc, évidemment, ne voulait pas coller sur la mousse. Le caoutchouc lui-même, on pouvait difficilement le faire coller avec du caoutchouc. Bref, vraiment, c'est la zone qui nous a posé le plus de soucis. Et il faut vous dire, on a reçu des kilos tonnes de caoutchouc, et le caoutchouc, il pèse hyper lourd. J'en ai soulevé quelques-uns pour les amener en haut. Et comme il y a beaucoup de mousse sur les murs pour les faire mousser, bah ça fait une très bonne isolation. Donc quand quelqu'un crie là-haut, on l'entend pas. Il pourrait mourir crevé la gueule ouverte, ça ne change rien. Juste, on sentirait une odeur à un moment.
Et justement, parlons-en des odeurs, quoi. Alors ça va, c'est ventilé, ça sera ventilé à la fin et tout. Mais en été, avec la chaleur qui fait, c'est vraiment un sauna là-dessus. Mais bon, en tout cas, vous, quand vous testerez l'aventure du manoir "Contre", ben ces zones-là seront dans le noir, donc vous ne verrez pas tout ça. Mais vous entendrez juste des cris ou des gémissements pas très loin, et des choses qui rampent et qui se rapprochent. Enfin voilà, c'était pour vous parler des petites avancées sur ce manoir qui est en train d'être constitué.
Bref, on reprend la vidéo. Donc au programme : un vol de retour du Japon qui vire au cauchemar, un voyage de noces qui se transforme en film catastrophe, et l'histoire d'une hôtesse de l'air qui vit un détournement d'avion absolument incroyable.
Cette histoire nous a raconté par Andrew, un étudiant américain. Et lui, il vient de passer six mois au Japon pour un échange universitaire. Alors sur place, tout s'est vraiment bien passé, c'est même l'une des expériences les plus incroyables de sa vie. Il me donne envie. La culture japonaise est très, très bizarre pour un américain, mais les gens sont hyper gentils. Par contre, c'est pas la même histoire pour mon retour aux États-Unis. Ce qui s'est passé dans l'avion a laissé un souvenir macabre sur le reste de mon séjour.
Alors le trajet de retour est très long. En fait, Andrew doit prendre un premier vol de 9h, puis un autre de 10h. Quand tu es en classe économique, tellement c'est dur, du coup, tu n'en peux plus de rester dans le même siège aussi longtemps. Juste de pouvoir pas étendre les jambes, ni m'allonger, c'est un calvaire. Je comprends mieux pourquoi certaines personnes prennent des pilules ou se bourrent la gueule avec des mini bouteilles d'alcool juste avant de monter à bord.
Donc, du coup, le premier vol, bah, se passe sans problème particulier. Pareil pour le deuxième, jusqu'à environ la moitié du trajet. Donc au bout de cinq heures à peu près. À ce moment, je suis en train de visionner un énième film pas ouf sur l'écran de l'avion, quand tout à coup, j'entends un truc à travers les écouteurs. Là, il jette un coup d'œil par-dessus les sièges et il le voit : une femme paniquée quelques rangées devant lui. Elle parle fort dans une langue étrangère qui ressemble à du chinois, je crois. Moi, je comprends pas ce qu'elle dit. Par contre, je vois bien qu'elle est effrayée. En fait, quelque chose la met dans tous ses états. Et du coup, elle martèle le petit bouton au dessus de sa tête pour appeler un membre du personnel. Et là, enfin, une hôtesse de l'air arrive rapidement. Elle essaye de la calmer. Malheureusement, aucune ne parle de la même langue, alors elle ne se comprennent pas. Le temps de trouver quelqu'un capable de traduire, la dame semble de plus en plus inquiète. Finalement, l'hôtesse comprend enfin ce qui se passe. Là, elle se penche sur les sièges du milieu, puis elle se relève avec un visage horrifié et elle crie : "Est-ce qu'il y a un médecin ou un professionnel de santé dans cet avion ?"
À ce moment, je capte que la situation est en fait vraiment grave. Il s'agit pas seulement d'une simple crise de panique ou d'un autre truc du genre. Quelque chose de grave se passe dans ces sièges du milieu, mais impossible pour moi de savoir quoi. Et finalement, un médecin aux cheveux blancs arrive. Andrew le voit se pencher à son tour dans les sièges. Alors le médecin examine quelqu'un, puis tout à coup, il se met à s'agiter. Là, il demande de l'aide. Deux, trois passagers s'approchent, ils extirpent quelqu'un depuis les sièges du milieu, puis il le porte, il le traîne un petit peu, du coup, vers l'arrière de l'avion. Quand il passe à mon niveau, je vois que c'est un vieil homme asiatique. Il est aussi pâle qu'un fantôme et complètement immobile.
Alors en gros, je tourne sur mon siège pour mieux voir. Je constate que le vieil homme asiatique est couché par terre et le médecin lui fait un massage cardiaque et du bouche à bouche. Quelqu'un commence à dire alors des choses du style : "Allez mon pote, reviens, ouvre les yeux." En tout cas, Andrew peut vraiment entendre la détresse dans sa voix. Avec tout ça, je comprends enfin que le vieux monsieur asiatique est mort. Il n'a plus de pouls et il ne revient pas du tout à lui. Certains passagers se mettent à pleurer, j'en entends d'autres prier. En tout cas, c'est l'une des situations les plus intenses et étranges dans laquelle Andrew a été de toute sa vie et qu'il est en train de vivre.
Et soudain, des membres de l'équipage s'approchent avec une sorte de sac mortuaire. Vraiment le même genre de sac en plastique à fermeture qu'on voit dans les films policiers, quoi. Ils glissent le corps à l'intérieur et ils referment le sac. L'ambiance est hyper bizarre et pesante dans l'avion. Là, les hôtesses de l'air passent voir chaque passager pour leur proposer une place supplémentaire qui vient d'être gagnée, du coup, pour proposer une place en première classe ou un peu plus loin dans l'avion. Mais pas de bol, personne ne vient voir. En gros, j'hésite à demander une nouvelle place, mais tout le monde a l'air tellement occupé que je préfère ne pas déranger.
Tout à coup, il y a des mecs qui relèvent les accoudoirs des sièges vides derrière moi et ils les reculent au maximum. Ensuite, ils vont soulever le cadavre du pauvre vieux et il le couche juste derrière moi. Alors autant vous dire qu'à ce moment-là, bah, il est extrêmement mal à l'aise. Il nous dit quand même que le vieil homme décédé n'a pas d'odeur. Mais en tout cas, l'idée même que son corps mort soit juste à quelques centimètres de lui le terrifie. J'arrivais pas à me détendre, avant, je deviens extrêmement nerveux. J'essaie d'ignorer le cadavre, mais évidemment, c'est impossible. Et malgré lui, il jette un coup d'œil entre les sièges de temps en temps et il contemple le sac plein, en s'imaginant ce pauvre gars à l'intérieur, sans vie. Les dernières heures du trajet se terminent comme ça, dans cette situation surréaliste.
En partant, la compagnie s'excuse que ce soit moi qui ai dû rester assis le plus près du cadavre. D'ailleurs, on lui explique que ce genre de situation ne leur arrive presque jamais. C'est un peu chaud. C'est ça doit être une expérience intéressante à vivre aussi. Moi, je suis un peu, je raisonne en mode expérience, donc je me dis : "Putain, une bonne expérience quand même. Toutes les expériences, bonnes comme négatives, sont bonnes, quoi. Tu sais, c'est pas toi qui est mort, quoi." Enfin, quand même, c'est une expérience aussi.
Bref, du coup, dans cette deuxième histoire, et bien du coup, nous allons aborder une fois, c'est un petit peu différent de la vie, c'est-à-dire le voyage de noces, mais dans un avion où la catastrophe se produit.
Cette histoire-là est racontée par William Flanigan, un ingénieur aérospatial, ce qui est d'ailleurs assez ironique, vous allez voir. Lui, il habite en Pennsylvanie, aux États-Unis. Il a 54 ans au moment des faits, et avec sa femme Joy, ils prennent l'avion pour aller fêter leur 21 ans de mariage à Hawaï. À bord, j'ai trouvé une centaine de personnes, en comptant les passagers et l'équipage.
Alors tout se passe bien. Le vol 243 est à plus de 7000 mètres d'altitude, et là, il ne reste plus que 20 minutes avant l'atterrissage à l'aéroport de Hilo. Ma femme et moi, on s'installe en première classe, on observe le paysage par le hublot. Une hôtesse de l'air de la compagnie Aloha Airlines s'arrête et offre un verre à ma femme. Alors, au passage, elle informe qu'ils arrivent et que l'avion ne va pas tarder à entamer sa descente, ils vont bientôt devoir attacher donc leur ceinture.
Tout à coup, on entend un bruit très fort, mais pas comme une explosion, mais plutôt comme une sorte de craquement hyper puissant et hyper inquiétant. Je sens un fort changement de pression, et l'hôtesse de l'air est rapidement aspirée en arrière. Sa main frôle la mienne, mais je n'ai même pas le temps de réagir pour l'attraper, la retenir. Elle est projetée à l'extérieur de l'avion et elle disparaît.
William lève la tête et avec terreur, il constate l'ampleur des dégâts. En fait, l'avant gauche de l'avion vient de se désintégrer par le haut, et on voit des morceaux se détacher et s'envoler dans le vide. Au début, le trou fait environ un mètre de large, sauf qu'il n'arrête pas de grandir de seconde en seconde. Tous les passagers derrière nous s'accrochent et hurlent de panique, mais avec le vacarme, on les entend presque pas. En fait, tout ça se passe en seulement quelques secondes. William se dit que l'avion va être coupé en deux par ce trou bien avant d'avoir pu atterrir.
Donc, quand je réalise vraiment la gravité de la situation, le trou est déjà arrivé jusqu'à nous. Je reprends enfin mes esprits. Ma femme Joy est toujours à côté de moi à ce moment-là, mais ce qui était autrefois le hublot où en observait un paysage de rêve, s'est transformé en un trou béant. Là, William voit alors sa femme tomber en avant et se retenir de justesse à la petite tablette de son siège. Sa tête et son visage sont écorchés par les débris de métal volant et des câbles qui s'agitent. Du sang commence à couler de partout sur la tablette, et derrière elle, on peut voir le ciel et l'océan. Je suis mort de peur que le vent l'emporte. Je lui attrape les deux bras pour la retenir et je lui hurle de toutes mes forces que je l'aime. Je suis persuadé que l'avion va s'écraser. Il y a d'énormes bourrasques devant qui continuent de s'engouffrer et qui épluchent le haut de l'avion, un petit peu comme un vulgaire fruit. Et tout ça va très vite, ça fait que des secondes qui s'écoulent. Et il y a maintenant un énorme trou entre le cockpit et l'arrière, mais l'avion est toujours en un seul morceau. Ma femme et moi, on entre, les deux, pile au milieu de ce trou.
Derrière nous, une autre hôtesse court dans tous les sens et demande aux passagers d'attacher leur ceinture. Elle essaye d'appeler le pilote via un interphone, mais aucune réponse. Et vu le danger, l'hôtesse ne peut pas risquer de traverser pour aller dans le cockpit. Alors elle passe une annonce dans les haut-parleurs, elle demande si quelqu'un sait piloter un avion. Je me dis : "Ça y est, cette fois, c'est fini." Je ressens une immense tristesse en pensant que je ne reverrai jamais ma famille. Pourtant, en réalité, l'avion c'est toujours pas craché et il vole toujours. Il vient même de se redresser un peu.
Alors le pilote, parce qu'il y a un pilote, il s'appelle Robert Schrottheimer, et ça fait 12 ans qu'il conduit pour cette compagnie. Et pour lui, rien n'est encore perdu, parce que dans son cockpit, il se démène pour faire atterrir l'avion. Tous les gens à l'arrière se gardent. Il y a une incroyable vague d'espoir en pensant que le pilote va peut-être pouvoir faire atterrir l'avion. Je n'arrive pas à y croire. Je crie joie à ma femme qu'un type pilote toujours l'avion. Sauf que, au même moment, l'état de l'avion continue à s'aggraver et il y a les fils de la carlingue qui se mettent à s'enrouler et à les toucher, lui et Joy. Et à ce moment-là, William est électrisé. Je ressens une douleur atroce et je ne peux pas m'empêcher de hurler. Je suis électrocuté, j'ai l'impression qu'on me brûle vif. Heureusement, ce n'est pas mortel.
Et pendant ce temps-là, en même temps, l'avion s'approche du sol dangereusement. Et comme il manque tout le haut de la carcasse, la structure est extrêmement fragile. En fait, si le pilote, il prend mal, l'avion peut s'éclater en deux à n'importe quel moment. Le pilote dirige alors l'avion au dessus d'une piste d'atterrissage, descend doucement. On touche le sol et on se pose en un seul morceau. Et quand tout s'arrête, il y a de longues secondes d'un silence pesant. Je me demande alors si je viens vraiment de survivre à ça. Et à ce moment-là, je tiens toujours les bras de ma femme qui est encore consciente.
Le couple est hospitalisé en urgence, comme la plupart des autres passagers. Au final, où leur pronostic vital n'est pas engagé, et quelques jours plus tard, ils ressortent en bonne santé, avec quand même un super traumatisme. Je dirais, toujours pas à croire qu'on soit encore en vie aujourd'hui. Dans cette histoire, une seule personne est morte, la fameuse hôtesse de l'air qui était aspirée près de nous après avoir parlé. D'ailleurs, voici la photo de l'avion prise quelques minutes après son atterrissage en urgence. On peut voir vraiment qu'il restait pas grand-chose, quoi. C'est fou d'ailleurs que du coup, ben, à cause de la dépression entre l'air intérieur et extérieur, du coup, il ne se soit pas évanoui. On dirait une scène de film, mais c'est bien vrai. On a vraiment vécu l'accident du vol Aloha Airlines 243. En fait, d'après l'enquête, l'avion a subi une décompression explosive, et à l'atterrissage, bah, il manquait 35 mètres carrés de surface de fuselage, et l'étendue des dommages était vraiment sur le point de provoquer une explosion complète de l'avion.
En tout cas, depuis l'accident, bah, ils ont continué à faire voler le même avion, et puis les gens sont habitués à la auvent. Bon, ils ont mis une bâche, c'est très bien passé. Voit vraiment du coup, depuis l'accident, on a plus de nouvelles du couple, et probablement qu'ils ne veulent pas être dérangés, et on peut le comprendre. En tout cas, ces 21 ans de mariage, ils s'en souviendront pendant toute leur vie.
En tout cas, si ce témoignage vous a fait stresser, attachez vos ceintures, puisque je vous emmène dans les coulisses d'une situation au moins aussi stressante.
Cette histoire-là vient d'une certaine Tina Muclo, une hôtesse de l'air, et ça commence un 24 novembre. Alors aux États-Unis, c'est un jour de Thanksgiving, une période, bah, où les gens se préparent à passer du temps en famille, à faire la fête, à bouffer de la dinde, quoi. Mais pas tout le monde. Dans l'équipe, on est trois agents de bord et trois pilotes, et ensemble, on doit enchaîner une série de vols sur à peu près 5 jours. Moi, je suis la recrue la plus récente parmi les autres hôtesses de l'air, et j'ai seulement 22 ans à ce moment-là.
Lors d'une escale, Tina s'occupe tranquillement de nettoyer des verres, et en relevant la tête, là, elle remarque que des nuages noirs, clairement d'orage, s'accumulent dans le ciel. Pendant ce temps, les passagers montent à bord petit à petit. Pour donner du contexte, à cette époque, ma compagnie de vol sert des boissons aux passagers pendant le décollage pour essayer de les chouchouter un petit peu. Ma collègue Florence Chafner, elle commence déjà à servir à l'arrière de la cabine, et moi, pendant ce temps, je commence par la partie avant. Et quand elle a terminé, elle rejoint Florence au fond et elle s'attache à son siège d'hôtesse.
Tout à coup, Florence se relève et s'assoit près d'un passager à l'arrière. C'est un peu bizarre. Là, Florence montre discrètement un papier qu'elle vient de laisser tomber par terre, qui n'a le récupère. Elle déchiffre des mots qui vont la marquer à vie : "Mademoiselle, j'ai une bombe avec moi et je voudrais que vous vous asseyez à mes côtés." Donc moi, je chope mes situations, on est en train d'être détourné, et c'est clairement pas une blague.
En s'approchant de sa collègue Florence, elle observe rapidement le passager avec la prétendue bombe. Il porte un costume sombre, des lunettes de soleil à monture en écaille, une mallette à côté de lui. La joie. Florence, elle a fini de noter ses demandes, et en gros, c'est marqué : "Qui veut 200 000 dollars en liquide, ce qui fait à peu près un million et demi aujourd'hui, et deux parachutes avant, deux parachutes arrière, et un camion-citerne qui doit l'attendre à Seattle."
En parallèle, bah, l'avion qui a déjà décollé prend rapidement de l'altitude. Et là, Florence se lève, elle va remettre sa note au pilote. Comme l'homme lui a demandé : "Toi, j'ai besoin que tu restes ici sur le siège à côté de lui, et j'essaie d'avoir l'air le plus naturel possible." D'ailleurs, à partir de ce moment-là, elle va devenir son interlocutrice officielle. En gros, bah, elle va transmettre les messages entre lui et les pilotes par interphone. Et en gros, bah, je sens que c'est mon rôle, quoi, que ce pirate de l'air se sent en sécurité, rassuré en quelque sorte, pour qu'il fasse pas exploser la bombe pendant qu'on est en plein vol.
Bref, Tina se concentre sur chaque mot qui sort de sa bouche, en essayant de rester le plus calme et le plus en self-control, on va dire. J'ai l'impression juste de continuer à faire mon travail d'hôtesse de l'air jusqu'au moment où l'homme ouvre la mallette et lui fait voir le contenu. Et là, Tina se retrouve face à une rangée de bâtons de dynamite accrochés à une batterie. Donc là, d'un coup, j'allais être malade, littéralement, et vomir dessus. Je regarde la poche du siège devant moi et je vois qu'elle contient un sac à vomi.
Elle commence alors à prier intérieurement pour les passagers, que bah, du coup, leur famille doit attendre. Elle prie aussi pour ses proches qu'elle ne reverra peut-être jamais. Mais elle prie également pour lui, pour cet homme. Je crois que le fait de prier sur le coup, bah, ça me soulage et je lâche prise et je me sens en paix. Et je crois que ça me permet de mieux me concentrer sur mon rôle actuel d'intermédiaire.
En tout cas, c'est quand même très rapide, mais le vol vers Seattle ne dure que 30 minutes. Mais en arrivant, bah, la tour de contrôle va les obliger à rester en l'air. Donc l'avion, il commence à tourner en rond au-dessus de l'eau pour éviter un éventuel accident sur une zone habitée. Et dehors, derrière le hublot, on voit des éclairs et un orage énorme qui gronde. Et je sens que le bandit devient clairement nerveux. En fait, l'avion reste en l'air pour que les autorités au sol aient le temps de se préparer, et des agents du gouvernement font leur maximum pour réunir ce qu'il demande, les 200 000 dollars, machin, machin, quoi. Et je continue de communiquer avec lui et de passer les demandes au cockpit.
Le copilote passe une annonce quand même pour rassurer les passagers et les faire patienter, parce que bah, oui, il faut pas oublier, pendant tout ce temps, aucun des passagers de l'avion ne se doute de quoi que ce soit. Et on est en train de tourner autour de l'aéroport. Et là, du coup, le copilote commence à expliquer aux passagers qu'ils doivent consommer un petit peu plus de carburant avant de pouvoir se poser, parce qu'on a un petit souci de mécanique sans gravité.
Après un moment à tourner en rond, et bien l'avion atterrit enfin, mais pendant quand même près de deux heures, quoi, ce qui est quand même super long. Là, les passagers descendent un petit peu furieux, exaspérés, mais inconscients de ce qui se passait réellement à côté d'eux. Et donc, là, c'est le moment le plus risqué, c'est la transaction. Donc là, l'homme veut que ce soit moi qui lui apporte tout ce qu'il a demandé. Là, bah, la jeune hôtesse fait donc plusieurs voyages hors de l'avion pour transporter l'argent et les parachutes fournis par le gouvernement. Et le truc, c'est que je peux pas profiter de ce moment pour m'enfuir, parce que l'homme retient toujours quelqu'un d'autre à ma place. Donc pour espérer de sauver la vie de vraiment tout le monde, et bah, je suis obligé d'aller jusqu'au bout, ce qui implique de retourner s'asseoir auprès du type après avoir tout ramené.
En tout cas, une fois que ce mec a reçu tout ce qu'il voulait, il insiste pour que l'avion aille à Mexico. Sauf que le petit problème, c'est qu'il n'y a pas assez de carburant pour y aller d'une traite. En fait, il faudrait faire un plein à l'aéroport de Reno sur le chemin. Donc l'avion redécolle. Dans la cabine, évidemment, il n'y a plus que moi et le pirate. On a bien sûr pas repris de passagers à l'intérieur, plus bah les pilotes qui sont dans le cockpit. Imaginez cette ambiance super étrange. L'avion redécolle, il y a juste Tina avec le type à bord et le pilote et le copilote. Et autant vous le dire, mais à ce moment-là, elle se sent extrêmement seule.
Après un certain temps de vol, le pirate me demande soudain de me lever. On est à peu près à 3000 mètres d'altitude, et les 20h, la nuit tombe. L'orage gronde toujours, mais il veut absolument descendre ici. Là, à ce moment-là, Tina l'emmène à l'arrière de l'avion, elle l'aide à ouvrir une porte vers une sortie de secours. Tina espère vraiment qu'elle ne va pas être éjectée quand le type ouvrira la porte. Et là, à ce moment-là, bah le mec tout content avec sa valise, sa thune, etc., c'est pas la chute. Demande à Tina d'aller à l'avant rejoindre les pilotes parce qu'il n'a plus besoin d'elle. Donc juste avant de m'éloigner, je lui dis un dernier truc. Je lui dis : "S'il vous plaît, est-ce que vous pourriez prendre la bombe avec vous ?" L'homme me répond pas, il est tellement concentré sur la préparation de ses parachutes, plus le bruit. Franchement, je sais même pas s'il m'a entendu.
En tout cas, Tina s'éloigne enfin, le plus calmement possible, et court jusqu'au cockpit. À ce moment-là, elle rejoint enfin le cockpit avec les pilotes. Elle est super soulagée, t'imagines. Et en rejoignant les pilotes, je m'effondre à moitié. Toute la pression qui retombe d'un coup. Ça fait des heures que j'étais avec lui et qu'on s'occupait de cette chose. Et on est toujours en danger, hein, mais je suis plus toute seule. À ce moment-là, bah du coup, ils n'entendent plus le type. Probablement, il a ouvert la porte et il a sauté.
En tout cas, lorsqu'ils atterrissent enfin à l'aéroport de Reno, l'avion est fouillé de fond en comble. Personne ne sait s'il a sauté ou s'il s'est caché quelque part, mais a priori, il n'est pas caché. À ce moment-là, bah Tina peut enfin respirer. L'argent, le pirate, la bombe, tout a disparu. Sur la piste de l'aéroport, on est enfin pris en charge par les autorités. Donc je monte à l'arrière d'une voiture du FBI, et là, vraiment, toutes les émotions refoulées remontent d'un coup. Je la, j'éclate en sanglots, je pleure comme j'ai jamais pleuré jusqu'à maintenant. Et le pauvre copilote à côté essaye de me rassurer.
D'ailleurs, la fin de cette histoire est très particulière, parce que la police n'a jamais retrouvé ce pirate de l'air. Il s'est volatilisé dans la nature à tout jamais. Pourtant, en tout cas, la seule chose qui a été retrouvée quelques années plus tard, c'était une liasse de billets. En fait, un enfant les a déterrés par hasard en jouant au bord d'un fleuve. D'ailleurs, les numéros de série correspondaient bien à ceux des billets qui ont été remis au bandit, mais la grande majorité de l'argent, évidemment, n'a jamais été retrouvée.
En tout cas, heureusement, il y a eu aucun mort ni aucun blessé dans cette histoire, et la bombe n'a jamais explosé. Et ça, c'était en bonne partie grâce à Tina. Ensuite, les années ont passé et cette affaire reste toujours dans les mémoires. Il y a certaines personnes qui me qualifient d'héroïne, parce que j'ai réussi à garder la situation un peu sous contrôle et essayer de protéger les passagers. Mais il y a beaucoup d'autres qui se demandent si bah, je suis pas la clé du mystère et si j'ai pas caché des choses, quoi.
En tout cas, sa vie à elle, à Tina, continue. Elle a travaillé encore comme hôtesse de l'air dans cette compagnie pendant 10 ans après cette histoire. Ensuite, elle a pris sa retraite dans un monastère en tant que bonne sœur. Aucun rapport. Du coup, aujourd'hui, on a dépassé le 50e anniversaire de ce détournement d'avion, et je commence à en parler et j'accepte des interviews. Je pense qu'il est temps de partager mon point de vue et puis de raconter l'événement qui était vraiment marquant dans ma vie, quoi. Bon, elle veut qu'on se souvienne d'elle évidemment comme membre d'équipage qui a fait de son mieux pour protéger les passagers malgré son jeune âge de l'époque.
D'ailleurs, peut-être que cette histoire-là, content, vous l'avez reconnu, puisque c'est celle du mystérieux D.B. Cooper.
Et bien voilà pour ces histoires du jour. J'espère vraiment qu'elles vous auront intéressé. C'est vrai que du coup, comme je le disais en intro, l'avion, c'est quelque chose qui laisse rarement les gens indifférents. C'est vraiment une expérience, je dirais presque à part entière. En tout cas, moi, j'adore ça. Ça ressemble tellement à une attraction latente. Le fait de monter dans l'avion, le grondement, le fait d'accélérer, le fait de monter dans le ciel, ensuite de réatterrir. Je comprends qu'il y en a qui peuvent être terrifiés par ça, tout comme il y a des personnes qui détestent le grand huit. Voilà, je fais un peu la comparaison entre les deux. Mais pour ça que j'adore autant ça et que d'autres peuvent le détester.
En tout cas, si vous êtes encore en vacances, profitez-en. Si vous avez pris l'avion, peut-être ayez une petite pensée pour cette vidéo. Et puis nous, on se retrouve dans la prochaine. Bye.