Transcription
[Musique] Jean Racine voit le jour en 1639 à l'A Ferté Milon dans l'Aisne, au sein d'une famille issue de la petite bourgeoisie. Orphelin à 4 ans, il est recueilli par ses grands-parents paternels, avant d'intégrer les petites écoles de l'abbaye janséniste de Port-Royal, un grand foyer religieux et intellectuel de l'époque.
C'est dans ce lieu que la vie de Racine s'imprègne de la foi catholique et de l'austère pensée janséniste. Selon celle-ci, l'individu ne peut être sauvé sans l'intervention de Dieu, qui lui accorderait ou non la grâce dès la naissance. C'est surtout à Port-Royal que Racine découvre la littérature et la culture antique, deux passions qui le suivront toute sa vie.
En 1658, il rencontre des écrivains, Jean de La Fontaine notamment. Il veut écrire lui aussi, du théâtre, de la poésie, peu importe, il rêve de gloire et de succès. Seulement, les jansénistes rejettent le théâtre, qui exacerbe selon eux les passions. Le jeune auteur n'a d'autre choix que de se détacher de Port-Royal.
Racine rejoint Paris, puis après un rapide passage à Uzès chez son oncle, il s'installe définitivement dans la capitale. C'est ici que Racine lance sa carrière dramatique en écrivant sa première tragédie, La Thébaïde, en 1664. Sa pièce est jouée par la troupe de Molière au Palais-Royal. Remarqué par le jeune Louis XIV, il reçoit un peu d'argent de sa part. La carrière de Racine est lancée, ce qui n'est pas pour plaire à l'illustre Pierre Corneille, de 33 ans son aîné, qui n'apprécie pas la popularité de ce jeune auteur.
L'année 1670 marque l'apogée de leur rivalité. Les deux hommes écrivent une pièce sur le même sujet, les amours de Titus et Bérénice. Les critiques fusent. Corneille reproche à Racine le non-respect des règles de la tragédie classique. Racine le juge dépassé. Si les deux pièces sont un succès, c'est finalement la version du jeune auteur qui est choisie pour être jouée devant la cour.
Entre 1677 et 1677, le répertoire de Racine s'étoffe de nombreux succès : Andromaque, Britannicus ou encore Iphigénie. En 1677, le dramaturge signe son chef-d'œuvre, Phèdre. Cette fois encore, il est confronté à un rival, Pradon, un poète sans grand renom et partisan de Corneille, qui écrit lui aussi une pièce sur Phèdre. Malgré le succès, Racine renonce au théâtre et aspire à une vie tournée vers la religion.
Il se marie, puis prend la charge d'historiographe du roi, que lui confie Louis XIV. Au côté de Nicolas Boileau, Racine se retrouve au plus près du pouvoir. Après 12 années sans écrire, il revient à l'écriture théâtrale à la demande de Madame de Maintenon, seconde épouse du roi. Il présente Esther en 1689, puis Athalie en 1691. Des figures bibliques qui sont loin des sujets profanes de ses premières pièces.
À la fin de sa vie, Racine se consacre à ses occupations religieuses et familiales et se rapproche de Port-Royal, où il sera enterré à sa mort en 1699, à l'âge de 51 ans.