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Alchimie Science et Mystique

Nico Ch34:28

Transcription

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L'alchimie est connue comme une science occulte dont l'origine remonte à la nuit des temps. Elle a toujours été entourée d'un grand mystère, fait de merveilleux. La légende voudrait que ce fût Dieu lui-même qui aurait révélé ses secrets à Adam.

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L'alchimie est à la fois une science authentique avec ses travaux en laboratoire, un art sacré, mais aussi une philosophie, une spiritualité qui repose sur un lien unissant l'homme à l'univers, à la nature et à soi. L'alchimiste travaille en osmose avec la nature. Il prétend percer une partie de ses mystères et, en exploitant ses puissances et ses vertus, tenterait de la parachever en accélérant ses processus.

Le but le plus énigmatique de l'alchimie est la fabrication de la pierre philosophale ou grand œuvre, censé être capable de transmuter des métaux sans noblesse en or, mais aussi d'obtenir un élixir de longue vie ou la panacée, une sorte de médicament universel. Pour ceux qui la pratiquent, l'alchimie serait aussi la transmutation de l'esprit pour un éveil spirituel. Paracelse, célèbre alchimiste du 16e siècle, aurait d'ailleurs affirmé : "Nul ne peut transmuter la matière s'il ne sait transmuter lui-même."

Pour arriver à la pierre philosophale ou grand œuvre, il y a deux voies chimiques. L'une est la voie sèche, c'est le travail au creuset, au four à haute température, qui nous mènera à l'hypothétique obtention de la panacée et à la transmutation des métaux, et notamment du mercure en or. L'autre est la voie humide, avec des ballons ou cornues et à basse température. La voie humide comprend un important volet : la spagyrie, qui est une application alchimique pour la thérapie au moyen de différentes pharmacopées.

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La nature procure tous les éléments nécessaires aux alchimistes pour leurs travaux. Une étape incontournable est la récolte de la rosée. C'était un procédé qui se déroulait à l'aube. Elle a pour but de récolter une eau particulière qui va permettre de traiter toutes les matières, quelles que soient les voies chimiques choisies. Ici, vous voyez donc les alchimistes. Vous voyez également des animaux ; ce sont les signes astrologiques. Et là, il s'agit du printemps. Et vous voyez aussi une chose très importante : c'est cet éventail particulier qui représente, qui symbolise l'influx céleste, c'est-à-dire toute l'énergie qui descend de l'univers, du cosmos, et qui vient baigner la terre, et conséquemment, qui vient s'imprégner dans les gouttelettes de rosée.

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La récolte s'effectue à la pointe du jour, avant le lever du soleil.

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La rosée, on en fait un sel. Elle contient un feu, et c'est ce qui va permettre aux plantes d'être brûlées, digérées, absorbées par la source. C'est elle qui va transmettre aussi sa part d'énergie très spécifique et qui contribuera à la maturation du compost. Selon les alchimistes, le divin aurait mis dans la nature tout ce dont l'homme a besoin pour se soigner. Les thérapies alchimiques ne sont pas seulement les pharmacopées obtenues par la spagyrie, mais aussi l'utilisation de certaines plantes dont ils interprètent les formes, une particularité comme des signes aptes à divers traitements. Paracelse met l'accent sur l'une d'entre elles qui, pour sa prévalence finalement, est en fait ce qui est appelé le don du ciel : la chélidoine. La chélidoine, qui intervient dans bon nombre de ses préparations végétales. Et cette chélidoine, lorsqu'on la casse, on voit que sa tige contient un suc jaune verdâtre, tout à fait de la coloration de la bile. Or, cette chélidoine, évidemment, par cette coloration de son suc, présente des analogies tout à fait particulières avec la bile, et donc c'est un hépatobiliaire tout à fait remarquable. Cette plante est solaire, donc la signature est évidente. Et c'est aussi donc l'herbe à vertu, qui a la propriété de soigner les verrues. En même temps, il l'appelle la grande éclair.

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La nature, évidemment, est toujours exaltée par Paracelse, puisque, en fait, il dit : "Il est une lumière qui luit beaucoup plus que la lumière du soleil, c'est la lumière de la nature." Et c'est d'ailleurs dans cette lumière de la nature que les choses invisibles deviennent visibles. Il est alors possible pour l'alchimiste véritablement initié de percer, de percevoir en fait réellement par une sorte de clairvoyance les mécanismes de la nature dans la ligne de la nature.

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Patrick Rivière, installé dans la région de Limoges, travaille l'alchimie à la fois par la voie humide et par la voie sèche. De tout temps, les alchimistes ont partagé, en plus de leur osmose avec la nature, une spiritualité qui est indissociable de leur art. Elle peut cependant varier sur le fond et l'expression d'un individu à l'autre. La connaissance, elle, est effective. Pour leur travail de laboratoire, les alchimistes ont besoin de se rattacher à une spiritualité, quels que soient leur religion, leurs croyances, pour pouvoir s'isoler dans une ambiance de méditation. Certains vont jusqu'à posséder un oratoire.

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Non, dans toutes les religions, y compris le catholicisme, on retrouverait, d'après les alchimistes, toute une symbolique appartenant à leur science. Patrick Rivière, là, décrypte en l'interprétant. Elle finit, se trouve un peu au cœur des religions. Ailleurs, la transsubstantiation, c'est un mot qui est très proche de transmutation. Toute la partie interne de la messe est en fait la réalisation du grand œuvre pour un alchimiste, bien sûr. Alors, dans ce calvaire, il y a l'écriteau où il est indiqué : "INRI, Jésus Nazarien, Roi des Juifs." Mais l'alchimiste y voit autre chose : "In Natura Renovatur Integra." La nature est entièrement renouvelée par le feu. Et aussi, plus précisément encore : "In ignis triumphator." Il bénit tout par le feu. Se découvre le nitré, la rosée. Nitré, rosée sont essentiels dans l'élaboration du grand œuvre.

Les alchimistes s'expriment volontairement dans un langage hermétique, par symboles et allégories. Ils les utilisent pour déclencher chez les hommes réceptifs une réflexion qui les aidera à la compréhension de leurs messages. En alchimie, les animaux sont porteurs de symboles. En fait, les animaux suggèrent ces matières comme l'âme, comme l'ours, comme le saint-gilles, qui également désigne les matières. Un pic. Cette catégorie d'âmes, d'ailleurs, porte en fait la croix sur le dos. Et cette croix, en fait, c'est un petit peu l'image de l'antimoine des fables hermétiques, c'est-à-dire l'antimoine des sages. Il y a des animaux, en fait, tout à fait merveilleux en réalité, qui appartiennent au bestiaire allégorique. Alors, la licorne, en fait, ce qui est intéressant, c'est évidemment son unique corne phallique et lumineuse, puisque la licorne vient de "lic" et qui désigne en fait la lumière. Ses looks et la lumière, l'aube, l'odeur, mais sente. Donc, c'est notre esprit, c'est l'esprit alchimique. Et notre matière, telle qu'elle est, blanche, réalisée et pure, obtenue à la fin du premier œuvre. Il y a aussi une symbolique dans les couleurs de la nature. Par exemple, le spectre de l'arc-en-ciel déclinerait les différentes teintes que prennent les matières dans les étapes qui conduisent au grand œuvre.

Des symboles, une partie de la spiritualité, de la philosophie des alchimistes aurait été récupérée par des confréries telles que les francs-maçons et les rosicruciens. Ces derniers auraient poussé jusqu'à la pratique en laboratoire. Les francs-maçons se seraient arrêtés bien avant. Les symboles rosicruciens des XVIIe siècle sont véritablement porteurs du message alchimique. Tous ces symboles sont à connotation alchimique, et je dirais même uniquement alchimique. Ainsi, par exemple, on trouve le macrocosme ici représenté, donc par cette étoile à six branches, évidemment, qui est en fait l'image même des relations entre le macrocosme, donc l'univers, et le microcosme, l'étoile à cinq branches, à l'échelle de l'homme. Et on retrouve les symboles alchimiques, à savoir le mercure, le soufre, et évidemment le sel, qui en même temps est le globe terrestre, puisque la première matière qui donnera naissance à la pierre philosophale.

Le chili est au cœur des préoccupations du Moyen Âge. Et quand Victor Hugo nous dira : "Au Moyen Âge, le genre humain n'a rien connu d'important qui ne l'ait écrit en pierre." Alors, on rentre vraiment dans le mystère des cathédrales, le mystère que les compagnons nous ont laissés au fil du temps dans les édifices religieux ou même parfois dans des maisons plus ou moins profanes. Je pense par exemple à l'hôtel Lallemant à Bourges, je pense aussi au Palais Jacques Cœur et au Manoir de la Salamandre, qui fut détruit pendant la guerre, et à bien d'autres demeures.

La Dourne, philosophale, dans le Tarn-et-Garonne, l'abbaye Saint-Pierre de Moissac se caractérise par l'un des plus beaux ensembles architecturaux français. Ces extraordinaires sculptures romanes sont un exemple des messages écrits dans la pierre. Elles se situent sur un itinéraire des chemins de Saint-Jacques. C'est le geste qui effectue chaque compagnon avant de continuer son périple jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle. Alors, il y a le symbole du qui, du X, qui désigne parfaitement en fait le rayonnement de la lumière. Ces cercles enchevêtrés peuvent être interprétés suivant l'hermétisme alchimique comme étant effectivement le lion vert et le lion rouge.

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Au-dessus de nous, ce tympan où sont représentés les 24 vieillards de l'Apocalypse avec des instruments de musique étonnants. Pour la plupart, une coupe. Une coupe qui, évidemment, est le calice qui désigne bien sûr le Graal en amont, mais aussi aussi bien sûr, en fait, le creuset des alchimistes. Un des chapiteaux du cloître de l'abbaye représente un animal symbolique et allégorique de l'alchimie. Sur ce chapiteau, on peut voir nettement le dragon des philosophes, qui désigne en fait la première matière du grand œuvre alchimique. Ce dragon ou basilique est représenté avec des écailles qui suggèrent en fait la prima materia, c'est-à-dire en fait le sulfure minéral grossier et noir qui sort de la mine.

Un courant de pensée, le surréalisme, aurait été imprégné par les symboles et l'esprit de l'alchimie. Les surréalistes ont été absolument inspirés par l'alchimie. D'ailleurs, le chef de file du mouvement surréaliste, André Breton, n'hésitera pas à dire que chercher la pierre philosophale, c'est en fait le meilleur moyen de donner une revanche éclatante sur le rationalisme. Et André Breton, donc, ajoutera qu'il cherche lui-même "l'or du temps", c'est-à-dire en fait cette espèce de quintessence d'un temps, un temps intemporel, si je puis dire.

Les allégories alchimiques auraient inspiré des auteurs célèbres. C'est vrai pour le Chat Botté. C'est encore plus vrai, pourrait-on dire, tant d'autres contes de Perrault, les contes de ma mère l'Oie. Je pense notamment à Peau d'Âne, évidemment, puisque le littérateur lui-même, c'est-à-dire en fait Perrault, n'hésite pas à écrire : "Si Peau d'Âne m'était conté, j'y prendrais un plaisir extrême." C'est-à-dire si ce conte oral qu'il a retranscrit par écrit lui était expliqué, explicité infiniment, il y prendrait un plaisir extrême parce qu'il saurait à ce moment-là comment cette âne donne des pièces d'or dans sa litière tous les matins. Voilà. Donc, il est évident que Peau d'Âne, par exemple, est un conte hermétique par définition, c'est-à-dire qu'il cache la réalité des opérations alchimiques.

À travers les âges, la transmission du savoir et des pratiques fut à la fois livresque et orale. Certes, des alchimistes prétendent aussi recevoir des informations d'un autre monde par l'intermédiaire de médiums. L'onirisme serait en revanche une constante. Il se traduirait par des rêves allégoriques interprétés par les alchimistes comme des indications à suivre pour leur progression vers le grand œuvre. Ces rêves font partie de leur intimité, et ils évitent d'en dévoiler les détails.

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Ce rêve, croyez-le, contient bon nombre d'archétypes symboliques alchimiques d'une puissance qui ne pouvait laisser place à aucun doute. À mon réveil, et c'est vrai que là, je suis rentré dans une dimension alchimique que je ne soupçonnais pas la veille. Et les questions concernant l'alchimie semblent s'éclairer peu à peu avec une facilité qui m'étonnait. Les grands alchimistes français qui ont marqué notre époque contemporaine sont Armand Barbault, qui eut pour élève Patrice Par. Damien Fulcanelli, qui enseigna à Eugène Canseliet, lui-même maître de Patrick Rivière. Tous les alchimistes ont pour but d'arriver à la pierre philosophale, qui permettrait l'obtention de l'élixir de longue vie et la transmutation des métaux vils en or. Réalité ou légende ? Cette interrogation a traversé les siècles. Témoignage exceptionnel et sans doute première mondiale : nos alchimistes vont présenter devant notre caméra tout le processus jusqu'à la concrétisation. Cette mise en œuvre et le résultat obtenu interpellent et engagent uniquement leurs auteurs sur l'authenticité des faits.

La voie sèche comporte trois états. La première, appelée première œuvre, commence par l'incontournable cueillette de la rosée. Comme dans la voie humide, Paracelse s'avère une excellente définition. Il disait qu'elle était issue de l'exsudation des astres, la transpiration des étoiles. Et Virgile, quant à lui, disait : "La lune, verseuse de rosée." Donc, à la pleine lune, la rosée est beaucoup plus importante et féconde. Ben, voilà la toute première opération que subit notre matière, notre dragon des philosophes. C'est une opération un peu particulière qui porte le nom d'assaisonnement, où la matière cuit dans son jus et aidée évidemment par la rosée. Alors, elle va changer de couleur et elle va se préparer en quelque sorte au grand œuvre. Ensuite, donc, elle va être exposée à la lumière de la lune et des étoiles, et elle entrera dans le grand œuvre sous forme de prima materia préparée. La rosée est aussi distillée afin d'obtenir un premier sel, qui sera ensuite exposé dans un four solaire. Nous assistons ici à la calcification du précieux premier sel issu de la rosée. C'est ici la preuve manifeste que le grand œuvre alchimique est d'essence solaire. Le soleil est le père de la pierre. Le premier sel obtenu est de couleur blanche. Le deuxième, de couleur ocre, est le résultat d'une autre cristallisation, toujours à base de rosée. Donc, les deux sels constituent tous deux le feu secret des adeptes pour permettre d'ouvrir leur matière et de pénétrer au cœur du grand œuvre. On voit donc ce dragon qui est pulvérisé dans le mortier. Et pour attaquer ce dragon, il va falloir dans ce y adjoindre un lance du chevalier, qui elle-même est réduite en poudre. Et il y a tous les éléments spirituels, c'est-à-dire les deux sels : le premier sel dans la proportion du quinzième du tout, c'est-à-dire du dragon et du chevalier, plus le lance, et le second sel, c'est-à-dire la moitié cette fois-ci de tout. On part, on fait le mélange. Le creuset, préalablement chauffé au rouge, va désormais accueillir les matières. Au sein, par fractions successives, des heures s'écoulent avant la fin de la première purification. Et maintenant, nous allons opérer la liquéfaction pour séparer le mercure plomb, caput mortuum, de la tête de taureau.

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Voilà le premier mercure séparé de la tête. Maurice, le caput mortuum.

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On va purifier maintenant ce mercure, rôle de la douane, y en les deux scènes. On va obtenir un mercure qui sera purifié, pilote du bon. Et là, on a déjà la première apparition du miroir de l'ara.

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Notre mercure s'est bien purifié. À la fin de la deuxième purification, nos alchimistes obtiennent l'émeraude des philosophes ou vitriol. Nous obtenons notre vitriol à la place du capitole. Cette substance est vivante, et c'est également le lion vert. À la troisième purification, qui clôture le premier œuvre, c'est enfin l'obtention de l'étoile de Compostelle ou étoile des philosophes. Ainsi, l'étoile de Compostelle, étoile du compost, la vierge noire s'est transformée en vierge blanche. C'est l'aube naissante, la lumière, la licorne.

Pour le deuxième œuvre, nos alchimistes calcine les scories, caput du premières œuvres, auxquelles il ajoute l'émeraude, puis l'étoile. En fondant l'étoile, génère l'eau mercurielle. Celle-ci, en imprégnant l'ensemble de la matière obtenue, donnera après sept à neuf sublimations le rubedo, qui sera le germe de la pierre philosophale. Cette phase prendra plusieurs jours. Nous sommes en train d'extraire le germe de la pierre philosophale, autrement appelé l'ouroboros, la chose double, ou l'art mort, ou encore le rémora. Voilà les composés. Cela pour former la coque du troisième œuvre.

Le troisième œuvre, ou la grande corruption, commence par la confection de l'œuf philosophale. La coque, en partie confectionnée, l'ouroboros sera positionné à un emplacement très précis, tenu secret par nos alchimistes. Je vais combler la coque, partie supérieure. Voilà, la coque est terminée, et elle va maintenant maturer au feu de roue, comme disaient les anciens alchimistes.

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Nous entreprenons la grande corruption. Vous avez ménagé, donc, l'œuf philosophale dans son nid. Le feu de roue de la grande corruption se poursuit. Nous testons ici la température, qui a dépassé très largement les 400 degrés Celsius.

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Alors, nous arrivons à la température de 525, 530 degrés Celsius, qui est la température de fin de corruption. La corruption étant terminée, j'extrais le creuset du four, l'athanor. La grande corruption est le processus d'élaboration de la pierre philosophale, qui permettrait dans un premier temps d'obtenir l'or potable, médicament universel, ou encore élixir de longue vie. Cet élixir est obtenu par dilution de fragments de la pierre rouge.

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La pierre a transmis sa teinture aux menstrues utilisés ici, c'est-à-dire en fait de l'alcool pur. D'après les alchimistes, l'absorption de cet élixir par un être humain aurait pour effet tout un enchaînement de métamorphoses. Cet homme, sous l'effet de l'élixir de longue vie, connaît des transformations, notamment des surabondances. C'est toujours le signe de purification. D'autres transformations interviennent généralement : les cheveux tombent, les ongles aussi, parfois même les dents. Mais l'espoir est en train de renaître chez lui. Et parce que, depuis sa bouche, sur un phylactère, le phylactère explique que quelque chose de sacré est en train de se dérouler. Et puis, quelques semaines plus tard, une fois que la grande purge a fait son effet, les choses reprennent leur cours normal. Nous voyons le résultat de la métamorphose. On voit le même vieil homme rajeuni, les bras au ciel, apaisé. Et puis, au-dessus, on voit la présence d'un ange, c'est-à-dire on a quitté la terre pour rejoindre le ciel. L'artiste nous montre que l'adepte va rejoindre l'autre réalité, c'est-à-dire ce monde invisible, le moment de ses origines, c'est-à-dire le monde de la source primitive qui a donné naissance à toute la vie du cosmos et à toute la vie en général.

Lorsque, par le moyen de l'élixir, les alchimistes parlent de l'obtention de la vie éternelle, celle-ci ne serait pas terrestre, mais dans une autre dimension, un autre monde, avec parfois de simples apparitions parmi les humains. Dans la première étape, la question peut se poser : y a-t-il corps physique maintenant ? Du corps physique, ou encore de gloire, puisque toutes les traditions religieuses y font allusion ? C'est l'or et de lauriers, comme l'envisage Saint Paul, c'est-à-dire en fait le corps glorieux de l'être. Voilà. On pourrait parler donc d'une sorte de non seulement de transfiguration, mais peut-être de résurrection dans un corps subtil. Voilà. Voilà jusqu'où nous engage l'alchimie. Donc, l'alchimie est beaucoup plus même qu'une philosophie, c'est une réelle mystique.

L'obtention de l'élixir serait pour les vrais alchimistes le réel objectif de leurs recherches. Outre l'extraordinaire faculté de transmuter l'être, il aurait pour eux la capacité de prolonger la vie en régénérant les cellules et en soignant la quasi-totalité des maladies. Pour ceux qui se prétendent de vrais alchimistes, la transmutation ne serait en fait que le moyen de tester les réelles capacités de la pierre obtenue. Pour augmenter sa puissance à transmuter en argent ou en or, la pierre philosophale devrait subir au moins trois multiplications, c'est-à-dire trois nouvelles calcifications, avec à chacune un ajout de germes sur son bloc philosophale et le phénix. La pierre, on la travaille.

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Nous allons la fragmenter maintenant. On voit qu'en fait, il s'agit d'une teinture en masse. Environ 1 gramme de poudre de projection, extraite de la pierre, est enveloppée dans de la cire de bougie. Elle sera par la suite introduite dans un creuset contenant environ 120 grammes de mercure. Poudre et mercure ont été analysés ; ils ne contenaient aucune trace d'or.

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Le mercure doit être réchauffé pendant plusieurs dizaines de minutes. Le mercure ayant atteint sa température d'ébullition et commençant à vaporiser, la boulette de cire contenant la poudre de la pierre est projetée dans le creuset pour que s'opère l'éventuelle transmutation d'une partie de ce métal vil. La matière étant actuellement en parfaite fusion, la transmutation est en train de s'opérer, et nous n'allons pas tarder à opérer la coulée.

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Un alchimiste du XVe siècle, Nicolas Flamel, a écrit : "La patience est l'échelle des philosophes, et l'humilité, la porte de leur jardin." La transmutation s'étant parfaitement effectuée.

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Nous opérons la coulée.

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L'or se manifeste. Le morceau de métal doré de huit grammes est tombé du creuset. Est-il bien de l'or, comme le prétendent les alchimistes ? Cet échantillon a été soumis aux scientifiques du pôle technologique El Himar de Bière pour des analyses et investigations à propos de son origine. Cet échantillon métallique est un échantillon d'or, majoritairement constitué d'or à raison de 80 %, également 11 % de cuivre et 9 % d'argent. Donc, c'est un échantillon qui présente une titre à 20 carats. Nous avons procédé dans un premier temps à un examen visuel de cet échantillon, suivi d'un examen par micrographie optique avec des grossissements pouvant aller jusqu'à 1000. Donc, l'examen au microscope optique nous a permis de révéler la structure de ce matériau, qui est une structure relativement compacte et présente une structure dendritique, c'est-à-dire une structure de solidification. Cet échantillon est donc bien issu d'un processus de fusion. Et ensuite, nous avons procédé à une analyse pour déterminer sa composition par un spectromètre à fluorescence X. Vu les résultats que nous avons obtenus, s'il y a une teneur importante en or sur l'échantillon que nous avons réalisé, c'est que cette teneur en or était présente au départ du procédé. Transformer des métaux vils en or est une expérience qui n'apporte pas de preuve à ce jour formelle.

Avec les diverses analyses pratiquées au cours des travaux des alchimistes, les résultats obtenus peuvent paraître interpellant. Leur spiritualité et mysticisme peuvent être sujets à interrogation. À chacun d'interpréter, à chacun son libre arbitre. Transmutation possible et réelle pour ceux qui l'auraient réalisée, impossible, fausse pour d'autres. Où est la réalité ? La connaîtrons-nous un jour ? Comme tous les autres mythes, contes, légendes, l'alchimie, ancrée dans les mystères de la nature et du cosmos, ouvre la porte des rêves. Est-il bien utile de la refermer en la démystifiant d'une manière ou d'une autre ? Les rêves ne sont-ils pas indispensables aux hommes pour parfois simplement survivre ?

Avec sa sagesse, Gandhi a su exprimer toute une réflexion dans une simple citation : "La vie doit être un mystère à vivre et non un problème à résoudre."

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