Transcription
Ce projet de rapport, qui est alerte avec un ton résolument plus grave que d'ordinaire dans ce document du GIEC, les experts constatent que les impacts du dérèglement climatique vont s'accentuer et devenir très concrets bien avant 2050. L'humanité est à l'aube de retombées cataclysmiques. Nos enfants pourraient subir, à en croire ce texte qui a fuité directement, ses conséquences et pourrait ne pas connaître le même monde que nous. Marina Bay, bonjour. Je vous ai dit si pour nous éclairer sur ce document, donc, qui semble-t-il a fuité. On va revenir dans un instant. Rapport alarmant, je le disais bien plus que d'habitude. C'est ça qui inquiète peut-être ?
Oui, parce qu'il y a un changement de ton. On les connaît, ces rapports du GIEC, qui sont les rapports des scientifiques qui font très clairement autorité en la matière. Ils nous annoncent toujours un futur bien noir, et bien là, encore plus noir que d'habitude. Alors, il faut le souligner, ce rapport, c'est une fuite. On n'a pas le rapport, et c'est seulement l'agence France Presse qui en a eu un extrait d'une centaine de pages sur les 4000 qui vont être publiées. Il y a un chiffre à retenir, et c'est ça qui est important dans ce rapport. Vous savez qu'on parle souvent d'un degré et demi de réchauffement climatique. Autrefois, on disait l'objectif, c'est de ne pas dépasser les 2 degrés, voire un et demi si on peut. Ce que nous disent les scientifiques aujourd'hui, c'est qu'un an et demi, même un degré et demi, ce sera catastrophique. Donc, ça ne peut plus être un objectif à 2 degrés, ni même à un degré et demi. Parce que les conséquences, eh bien, vous les voyez sur ces images : pénurie d'eau, exode, malnutrition, extinction des espèces. Et ce qui est intéressant, c'est que désormais, chaque décimale de degré compte. Je vous montrais trois chiffres qu'on a extrait de cette fuite de ce rapport. S'il y avait seulement trois chiffres à retenir, ce serait cela, et ils ne sont pas très roses : 130 millions de personnes, avec 1,2 à un réchauffement à 2 degrés, basculeront dans la pauvreté extrême d'ici 2030. 82, 81 millions de personnes souffriront de la faim d'ici à 2050. Et 400 millions de personnes seront exposées aux pénuries d'eau d'ici 2050.
Alors, il y a une réaction, on va noter notamment celle de Greta Thunberg. AFP, il y a quelques instants. Son rapport permet de voir la réalité, enfin. C'est oui, forcément. Est-ce que tout cela est encore évitable ? Marina ? Eh bien, non, nous dit le GIEC. Ce n'est pas évitable. C'est atteignable, entre guillemets. Le pire est à venir, voilà ce qu'il nous dit. Alors, le ton du rapport varie un peu entre apocalypse et espoirs. Vous le dire, et comment on peut faire, non pas pour l'éviter, mais pour atténuer toutes ces catastrophes ? Eh bien, le GIEC est très clair : des mesures drastiques et des mesures immédiates. C'est écrit noir sur blanc. Quel que soit le rythme de réduction des émissions de CO2, les impacts dévastateurs du réchauffement climatique vont s'accélérer, ne peuvent plus s'arrêter. Je suis désolé, je ne viens pas vous donner, vous annoncer. En même temps, c'est la reine de Cosse Halberg. Une question, j'en perds mon latin. Est-ce que ce rapport a fuité parce que vous ne lisiez quelques dizaines de pages sur les milliers prévues, a fuité volontairement ?
Alors, c'est intéressant, en fait, ce timing. Parce que oui, c'est une fuite. Je ne peux pas vous dire si c'est accidentel ou si c'est volontaire. Mais en tout cas, n'est pas un ennemi. On a compris, ce n'est pas moi la fuite. Mais en tout cas, le timing interroge. Pourquoi ? Parce qu'en fait, il y a des échéances cette année très importantes. On va sur France 24, en novembre, à la COP 26 à Glasgow. C'est là que les pays vont devoir faire mieux, pour résumer brièvement, que ce qu'ils ont promis à Paris à la COP 21. Le problème, c'est qu'on sait très bien ce qu'ils ont promis. Même parce qu'ils font ce qu'ils ont promis, ça nous amène à 2,6. Vous vous rappeler tout à l'heure, je vous parlais de 1,5 degré. Donc, on est déjà très loin. Du coup, ce rapport, il sert à quoi ? Il intervient avant cette conférence. Il aurait dû être publié en février. Ça aurait été trop tard pour mettre la pression sur les négociateurs. Déjà, c'est que ça marche pas très bien. Mais là, en plus, s'il arrive après les COP, ça risquerait de marcher encore moins. Donc, voilà pourquoi, sans doute, ce rapport a fuité et pourquoi il a fuité aujourd'hui. Merci beaucoup Marina, en tout cas, pour l'éclairage. C'est être mise en perspective avec.