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Franglais : la langue française est-elle menacée ? | Franceinfo INA

INA Actu2:37

Transcription

Souvent, on arrive et on dit : "Salut, man, ça va ?" Dans le packaging, le marketing, le week-end, Nike et EA, email. Si Shakespeare finira-t-il par avoir la peau de Molière ? L'anglais s'est fait une place de choix dans la langue française, ses sables franglais, et ça dure depuis plus d'un siècle. La culture américaine se propage, l'économie se mondialise, les modes s'exportent et, avec elles, les mots. Un mal, oui, pour certains linguistes, des écrivains, dont René Etiemble dans les années 60.

Si je suis quelquefois, si enfin, comme on dit, réjoui, presque agressif à ce propos, c'est que je suis très touché, c'est que je suis très inquiet. Je crois en effet qu'une civilisation ne survit pas si elle abandonne ce langage. En 1975, la loi s'empare du sujet et interdit les termes étrangers dans les factures, les notices d'utilisation, les inscriptions dans les services publics et les contrats de travail. Mais de la sanctionner, les contrevenants, à défaut de moyens d'application, dont je ne vois pas la mort nulle part dans la loi ni dans les débats. La loi sera ou elle appliquera, mais non appliquée ou appliquée d'une façon peut-être arbitraire.

En 1994, la loi va plus loin : l'idée de traduire les mots anglais, nouveau d'interdire les mots étrangers s'ils ne sont pas traduits, notamment en entreprise, dans la publicité et les médias. Des sanctions sont prévues. Cette fois, il y a une loi qui m'interdit de dire des mots. Que se passe-t-il ? Retrait des subventions éventuelles ? Je suis sur scène publique, déjà on ne paye pas. Intervention des officiers de police judiciaire ? J'ai carrément les Lakers qui vont venir à la sortie pour maintenant.

Alors, et pour marquer la page, que j'ai dit Glenn Berger, je reconnais que là, en effet, c'est un point sur lequel sa droite, oui, absolument fou, absolument fâché, fâché, mais choux, vaches et fashion. Et le numérique accélère l'anglicisation de la langue. L'Académie française tente de lutter avec un concours lancé en 2010, par exemple, pour franciser des termes nouveaux. Roissy, quelques exemples : chat préféré et blabla, ou le tchatche, buzz, ramdam. Tuning en français deviendrait bolidage. Voilà qui n'est pas gagné. Mais rappelons-le, jusqu'au XVIIIe siècle, c'est le français qui a envahi le monde. Il en reste encore quelques marques à l'étranger : un baiser, restaurant, rendez-vous, tout un programme. [Musique]