Transcription
Bonjour, nous sommes le 16 février, il est exactement 10h. Voilà, ce sont des circonstances un peu particulières pour filmer, parce que d'abord, je vous présente un cas clinique. J'ai besoin de toutes mes notes. Nous avons les partenaires habituels : un Goliath qui sommeille sur mon coude (voilà, ça c'est du Goliath !), un Noxo un peu ronchon (on lui demandera tout à l'heure les raisons), et sur le divan, voyez, sur le dossier du divan, une Pouloute. Mais nous avons aussi de la neige dehors ! Bref, on se les gèle ! Ça fait des mois, donc pas question d'aller dehors, encore congeler Goliath et mes mains… surtout Goliath, c'est ça qui compte. Et donc, on a décidé de filmer ici. Un Goliath ! Voilà, il va bien sommeiller. Alors on va explorer ce cas clinique de fond en comble. Je ne sais pas du tout pour combien de temps j'en ai ; si ça devient trop long, je ferai deux opus. Bon, moi, je sais pas prévoir l'imprévisible, et nous verrons au fur et à mesure.
Je voudrais bien profiter de cette vidéo, qui n'est pas limitée dans le temps, pour compléter les éléments de la capsule précédente, lors de laquelle je vous présentais les prérequis pour faire une bonne analyse. Je vous ai parlé de la collecte d'urine de 24h, je vous ai parlé du jeûne nécessaire avant la prise de sang (typiquement 12h, mais parfois il faut aller chercher plus loin quand les triglycérides sont trop élevés). Mais je ne vous ai pas encore tout dit. Alors, avant d'aborder le cas clinique, petite introduction à ce niveau : les questions qui peuvent se poser, et c'est très courant pour faire un bilan fonctionnel, c'est : que fait-on avec le traitement existant ? Alors ça peut être un traitement que les patients prennent déjà auparavant. On peut déjà faire des allusions au cas concret que nous traitons aujourd'hui, qui est celui de H. Joceline. Ok, prénom d'emprunt évidemment… quoi que… bref, de toute façon, elle est au courant, j'ai son autorisation, le dossier est anonymisé. Parce que parfois il y a des échappements quand je filme comme ça à la main ; je vois pas toujours tout. Et puis après on me dit : « Ah, il faut brouiller ! On devine le nom, il faut brouiller ! » Mais brouiller, moi je sais pas brouiller ! Je suis peut-être brouillon dans mes exposés, mais je sais pas brouiller, flouter… c'est flouté, hein, brouiller… bon bref, je sais pas flouter sur une vidéo… alors il faut de l'aide et tout ça… bon, l'aide, vous savez, ça rend dépendant, et puis ça bouffe du temps, et c'est pas spécialement ce que j'ai en excès. Donc mon secrétaire a fait un bel effort ; il a constitué un dossier complètement anonymisé que je vais utiliser, comme ça il y a pas de risque de voir des noms, et je n'aurais pas besoin de flouter.
Alors je profite pour vous dire qu'il y a mon geai des chênes favori qui est dans la mangeoire. J'espère que vous le voyez ; il a une calotte blanche. Ça fait 5 ans qu'il vient, et ça fait 5 ans que j'apprécie mes arachides ! Je suis également plein d'oiseaux de toutes sortes… ah ben voilà ! Mais le geai des chênes est sur la terrasse. J'espère que vous le voyez ; je suis pas certain parce que je suis à l'envers… on ne sait pas retourner ici l'enregistrement pendant qu'une fois que c'est lancé… il y a maintenant une pille dans la mangeoire. Alors il y a les grandes corneilles qui arrivent… ça c'est évidemment les reines du truc ! Ce sont des oiseaux énormes… tout ça sont des corbeaux, corneilles… j'en ai jusqu'à 10 peut-être même 12, je crois… c'est leur corps absolu ! Voilà, il y a le couple de corneilles : il y en a une dans l'arbre et une au sol. Bon, enfin, si vous les voyez pas, vous me croirez sur parole, mais le geai des chênes, c'est exceptionnel, parce qu'il vient sur la terrasse, littéralement à 7-8 mètres de moi, alors que ce sont des oiseaux qui ont un grand rayon de sécurité normalement. Donc… mais bon, on se connaît, hein ? Il me connaît, je le connais. Et en fait, il y a un couple… ils ont bizarrement tous les deux une crête blanche… c'est peut-être pas un couple, c'est peut-être des frères et sœurs… je sais pas si quelqu'un a une réponse à ça et connaît la manière dont les geais des chênes se nourrissent. En tout cas, il y en a deux qui viennent… il y a pas longtemps, j'ai toujours cru que c'était le même, mais en fait il y en a deux, et ils viennent probablement à tour de rôle. Il y a une fois où je les ai vu tous les deux en même temps : un dans la mangeoire, un sur la terrasse ! Je me dis : « Là, ou bien tu es la berlue, et tu as trop bu et tu vois double… » Mais non ! De toute façon, pour ce que je vois entre ça et rien, je vois pas trop la différence, et c'est fascinant ! On n'a pas envie de shooter une vidéo… Regardez, il y a un geai des chênes dans l'arbre, il y a les pies sur la terrasse… bon… ok, promis, on ne parle plus d'animaux jusqu'à nouvel ordre ! Ok.
Donc mon secrétaire m'a préparé un dossier anonymisé, mais bon, il s'agit, on va dire, de Joceline, qui m'a semblé être un cas très intéressant, notamment sur le plan thyroïdien, très subtil. Vous allez voir, on va faire dans la subtilité aujourd'hui, mais je vais en profiter pour donner plein d'infos. Apparemment, vous aimez bien des infos pratiques, des infos concrètes, mes petites astuces cliniques que j'ai accumulé au fil des décennies, et que finalement, c'est vrai, je ne livre pas nécessairement, ou alors par bribes. Aujourd'hui, on va être exhaustif, et ça va prendre le temps que ça va prendre. Ok. Donc ce qu'on va commencer par connecter avec ce que j'ai expliqué déjà il y a 2 minutes, c'est le fait ici que la patiente prend… alors voilà, c'est là, c'est anonymisé aussi, il y a pas de nom : zinc, sélénium et un iode fortement dosé, mais seulement trois fois par semaine (2,5 mg). Donc elle prend un traitement. Alors qu'est-ce qu'on fait quand on programme un bilan chez une personne comme ça, qui a un traitement ? Bon, qui est limité pour le moment, mais elle a pris d'autres choses, et ça je voulais vous dire : de toute façon, elle a déjà pris… voyez… donc on sent venir la touche thyroïdienne… elle a déjà pris, il y a probablement un petit bout de temps, à mon avis un an ou deux, un produit qui combine… je vous cite pas des noms de produits, moi… bon, merci, conflit d'intérêt, bye bye ! Myo-inositol, zinc, sélénium, fer… c'est un produit de support de la thyroïde. Donc on tourne autour de la thyroïde chez cette patiente. Je vais vous expliquer dans 2 minutes pourquoi, vous allez voir, c'est assez évident, mais je termine d'abord mon premier propos, qui est de savoir qu'est-ce qu'on fait avec ce traitement qui existe ? Alors ça peut aussi être le traitement que le médecin fonctionnel, ou le naturopathe fonctionnel, ou le nutritionniste (espérons fonctionnel, et j'espère pas dysfonctionnel !), en tout cas, ont mis en place. Est-ce qu'on le maintient, ou est-ce qu'on l'interrompt avant la prise de sang, avant la phlébotomie ? Si on l'interrompt, combien de temps ? Bon, alors ça c'est crucial ! Il y a beaucoup d'avis divergents là-dessus. Je vous donne ma façon de voir les choses, et j'essaie de la justifier.
La raison pour laquelle je n'interromps pas les traitements, que ce soit le traitement en place ici, par exemple chez Joceline, que ce soit mon traitement ou ma fin de traitement (quand c'est une revue de traitement, donc quand c'est, on va dire, un 3ème rendez-vous chez nous – ça s'appelle le 3ème rendez-vous – c'est-à-dire qu'il y a un premier rendez-vous pour établir le dossier médical, tout comprendre, tout entendre, tout programmer au niveau des analyses, récolter évidemment l'anamnèse alimentaire… que voilà… alors c'est anonymisé… anamnèse alimentaire en deux pages… bon, c'est un modèle, si vous le voulez, je peux… je peux vous le… je mettrai peut-être en lien… pourquoi pas… alors antécédents médicaux et anamnèse… donc on a tous ces éléments… évidemment la fiche technique… celle-là, je vais pas vous la montrer, parce qu'il y a le nom en grand, et l'adresse, et la date de naissance… non non non non non, pas de saletés ! Donc on va obtenir tous ces renseignements là au cours du premier rendez-vous. Un gros mois après, on réunit tous les tests sanguins, urine de 24h comme je vous ai expliqué dans la vidéo précédente (je les demande systématiquement), et les génotypes si on ne les a pas, ou si on veut les compléter. Ok, tout ça prend évidemment un mois, parce qu'il faut aussi que je travaille dessus. Une fois les résultats rassemblés, et donc un mois après, on a ce qu'on appelle le deuxième rendez-vous, et typiquement un premier traitement de 4 mois. Alors là évidemment on peut discuter ; il y en a qui préfèrent des premiers traitements plus courts, mais moi je trouve que ça n'a pas le temps vraiment d'agir, et qu'au point de vue des coûts, bah ça devient ingérable. Bon, il faut quand même rester les pieds sur terre… et donc moi je fais 4 mois, et typiquement, j'essaie de faire le 3ème rendez-vous quand le traitement est encore en cours. Pas arrêter le traitement pour voir ce que ça donne sans traitement ! Alors je m'explique : cette position est fermée, définitive, parce que vous imaginez bien que j'ai essayé tout et son contraire en 40 ans… enfin, il y a 35 ans que je fais vraiment des prises de sang systématiques pour comprendre pourquoi les gens ne réagissent pas au début à mes traitements de mésothérapie… bon là je vous parle d'il y a plus de 35 ans… pourquoi ils étaient fatigués, pourquoi leur immunité était basse, etc. 35 ans… j'ai… j'ai… j'ai… c'est pas mal de choses ! Si vous voulez le problème, c'est que quand on arrête un traitement pour remettre les compteurs à zéro en vue d'une prise de sang, on arrête pendant combien de temps ? Voilà, voilà la question que je pose à ceux qui prétendent : « Ah non, il faut arrêter pour voir exactement ce qui se passe hors traitement. » On arrête combien de temps ? Alors là, moi, quand on sait pas me répondre… moi j'arrête pas ! Parce que vous allez me dire : « Oh ben on va laisser… » Ben c'est purement subjectif ! On va laisser quoi ? 3 jours ? « Il n'y a plus rien pris les trois derniers jours, comme ça docteur, vous verrez la ligne de base ! » 3 jours qu'on arrête de rire ! C'est quoi le temps de washout ? Oh le beau… le beau franglais… le temps d'élimination du traitement en cours… bah je sais pas moi, une semaine, un mois… alors pire que ça, quand il y a des traitements à base de prohormones surrénaliennes (dont je suis assez friand, y compris pour soutenir notamment les hormones sexuelles chez les femmes en périménopause et en ménopause… donc tous ces quatre figures… et puis bon, tous ces gens stressés qui ont besoin de soutien des glandes surrénales… et vous savez que moi je donne pas d'hydrocortisone… donc en général ce sont des soutiens à long terme, hein, qui permettent de petit à petit remettre ses surrénales un peu à flot)… ben là, les prohormones surrénaliennes sont des molécules liposolubles… le washout, le temps de les éliminer du système… bah je sais pas moi, c'est des mois ! Alors qu'est-ce qu'on fait ? On laisse les gens dépérir sans traitement qui leur est utile pour le plaisir de voir la soi-disante ligne de base ? Ça, ça me tient pas ! Ça ne tient pas ! Moi, à un moment donné, quand on conseille quelque chose, il faut le justifier. Et quand on dit : « Ah, vous arrêtez le traitement pour avoir vraiment la situation à l'état brut… » On arrête combien de temps ? Il y a pas de réponse à cette question. Mais donc voilà : s'il y a pas de réponse à la question, et ben on n'arrête pas ! On n'arrête pas, et on est conscient qu'on fait un état des lieux du patient ou de la patiente avec son traitement. Alors évidemment, il faut savoir dans toute la mesure du possible ce qu'elle prend, pas au niveau des nutriments, mais au niveau des quantités. C'est pour ça que je vous ai précisé ici qu'elle prend une forte dose d'iode. Donc on s'étonnera pas d'avoir un taux d'iode urinaire élevé… Alors… je prends un risque… je me souviens pas exactement du taux… on va tout de suite aller voir son urinaire, et il est bas… Ouais ! Bon là, on est bien, on est vraiment dans le live, l'improvisation… et donc il est bas… et moi je… donc rendu de… alors c'est de l'iode qu'elle prend, une goutte une fois par semaine (2,5 mg) ; si ça se trouve cette information là est fausse, parce que si c'était 2,5 mg, bon le taux ne serait pas bas. Donc voilà, ça c'est les aléas de la médecine de terrain. Alors zinc, sélénium, elle prend de temps en temps, donc c'est relativement négligeable. Et d'ailleurs, pour quand même déjà un peu connecter les points, elle a un zinc correct, tout à fait correct, au-dessus de la médiane, mais elle a un sélénium au minimum. Donc je lui rends un peu de zinc et de sélénium (200 µg de sélénium par jour, 20 mg de zinc) pour corriger ces valeurs là. Bon, enfin, on s'éloigne un peu du sujet, puisque l'idée c'était de savoir est-ce qu'on arrête le traitement ou pas… moi j'allais pas dire… euh… ok… bon voilà les indices que vous devez retenir : un mois sans rien prendre aura une ligne de base… bon, il faut extrapoler, ou interpoler, comme vous voudrez… bon ici, ben les analyses premières évidemment… regardez pour l'iode, on pourrait s'attendre… mais c'est peut-être pas le produit que j'imaginais, avec des milligrammes… c'est probablement quelque chose de plus léger (microgrammes), le truc traditionnel… donc le dosage nutritionnel, pas le dosage pharmacologique… de toute façon on repart des analyses… mais tout ça… donc pour vous dire une fois pour toutes : on n'arrête pas les traitements en cours ! On fait… oh voilà… et ça c'est le Palou ! Donc Palou, Pouloute, Noxo, Goliath… et Garfield n'est pas à la maison… file à déchoir… et oui, de temps en temps il retourne chez son ancien maître, deux maisons plus haut… mais bon, c'est une nuit comme ça toutes les semaines ou tous les quinze jours, comme ça ça lui change un peu les idées… et tous les autres sont dans la pièce ! Alors la grande nouvelle, c'est que vous voyez qu'on peut avoir dans la même pièce la Pouloute et le Palou, et qu'il y a une espèce de trêve, vous voyez, de paix armée entre les deux, et ça se passe bien ! Cette Pouloute, elle se fait respecter ! Bon, j'avais dit que je parlerais plus d'animaux… donc je crois que ça c'était un point important.
Alors oui, c'est une question que j'ai eu récemment dans les commentaires : bien entendu, quand il s'agit d'évaluer les hormones sexuelles chez la femme qui a des cycles, hein, qui est toujours en âge d'avoir des cycles et donc des ovulations… il y a deux fenêtres… je vous rappelle, j'ai déjà dit ça dans une vidéo, mais puisqu'on est en train de faire le tour de toutes ces précautions préalables… il y a une fenêtre sur la phase folliculaire… ça j'aime bien : J5-J6… je vous rappelle que J1 c'est le jour où les règles surviennent, donc ça c'est pas le jour zéro, c'est J1, tout est décalé… dehors, en réalité, si on regarde vraiment le temps qui s'écoule… et ça c'est pour avoir une vue sur la phase folliculaire. Bon, je crois qu'en général on préfère avoir une vue sur la phase lutéale, parce que c'est toujours la préoccupation de la dominance œstrogénique et de pouvoir un peu comparer les taux d'œstradiol et de progestérone. Et là, la fenêtre c'est entre J19 et J21. Ok, J19 à J21, éventuellement à décaler un peu… en tout cas à anticiper un peu… on peut passer à J17-J19 par exemple si les cycles sont trop courts, parce que si vous allez à J21 sur une femme qui a des cycles de 24 jours au lieu de 28 jours, vous risquez d'obtenir des résultats qui ressemblent plus à ce qui se passe juste avant les règles que vraiment en plein milieu de la phase lutéale. Ok, c'est de la médecine fonctionnelle, il y a pas de protocole « clic clac »… c'était comment encore ? « Clic Kodak »… il y avait… il y avait une pub avec Kodak… ça date ! Parce que maintenant on fait ça avec des téléphones… il y a toujours des gens évidemment qui sont experts et qui ont de bons appareils… importe la marque évidemment… toujours est-il que chaque fois il faut réfléchir avant de faire n'importe quoi. Et donc dans la programmation de la prise de sang, la longueur du cycle peut éventuellement jouer un rôle. Alors si ce sont… alors je vais être complet, on a le temps, on prendra le temps qu'il faut… si c'est un cycle à tendance longue, voir très longue… bon là on est un peu dans la panade, parce que si on prend les jours que je viens de citer, on risque de ne pas être dans la phase lutéale, on risque peut-être de tomber dans l'ovulation ou quelque chose comme ça. Donc pour les femmes qui ont des cycles très longs, il faut leur demander d'essayer de repérer le jour de l'ovulation… parfois c'est évidemment ressenti en tant que tel, donc ça c'est facile… parfois il y a évidemment moyen de faire un test urinaire pour repérer l'ovulation… parfois ça vaut la peine, parce qu'ici il faut faire un bilan, il faut quand même qu'on sache ce qu'on mesure et le faire correctement. La température… vous savez que normalement à l'ovulation il y a une petite montée de température… donc il y a des femmes qui sont habituées à faire ça, ça fonctionne très bien pour un peu se connaître… enfin bon, moi je n'ai jamais essayé ça sur moi-même, je peux vous rassurer tout de suite, mais il y a des femmes qui se connaissent et qui savent très bien repérer l'ovulation, même si elles n'ont pas mal ou n'ont pas des symptômes typiques de l'ovulation. Bref, si on repère l'ovulation, et bien on dose œstradiol, progestérone pour voir s'il y a dominance œstrogénique, s'il y a un affaiblissement de la progestérone qui est typique des femmes qui évoluent vers la périménopause… chose qui peut d'ailleurs être soutenue et corrigée… donc ça vaut vraiment la peine d'identifier ça… auquel cas on peut donner soit de la prégnénolone, soit de la progestérone dans la phase lutéale… très élégant ! On rallonge des cycles qui seraient devenus trop courts, on corrige les symptômes qui sont liés à l'insuffisance progestéronique ou à la dominance œstrogénique… tout ça est génial, mais il faut avoir les données, il faut avoir les bonnes données ! Et donc si la femme repère son ovulation, et bien on fait ce dosage, ce rapport, ce ratio œstradiol/progestérone une semaine après. Ok, puisque l'ovulation c'est normalement J14… enfin J12-J14… donc je vous parlais de J19-J21, mais voilà… mais si l'ovulation survient beaucoup plus tard, et bien on dose à J ovulation + 7… logique, non ? Mais bon, voilà, ça demande un peu d'organisation, un peu d'explication, et voilà pourquoi je vous donne toutes ces explications, et j'ai mis le temps qu'il fallait… c'est fait !
Bon, alors si on revenait à Joceline… non, parce que je vous ai dit qu'il y avait de la thyroïde chez elle… qu'il y avait de la thyroïde… et ben c'est pas pour rien… parce qu'on lui a enlevé en 1982… donc précision, hein… c'est une femme de 1,68m qui pèse 50-51 kg… elle est pas… elle est pas trop grosse, hein… elle a perdu 10 kg sur 30 ans… bon, alors c'est pas une perte de poids spectaculaire, mais son poids a eu tendance à baisser, ce qui est quand même intéressant… je vous rappelle qu'un poids qui baisse est tout aussi suspect d'hypothyroïdie qu'un poids qui augmente… alors je sais bien que ça paraît paradoxal, mais bon, je vais pas répéter ça pour la millième fois… c'est comme ça… tenez-vous le pour dit ! Et je sais que la plupart des médecins ne savent pas ça… si votre médecin ne sait pas ça, ben vous allez lui apprendre ! Ok, de ma part, je dirai : « Ben oui, c'est comme ça… » Je suis trop mince, ce n'est pas nécessairement un élément qui permet d'exclure une hypothyroïdie. De toute façon, ici 1982… thyroïdectomie… donc on a enlevé une demi-thyroïde… ok, pour nodule froid et kystes… bon… elle n'a pas pu me dire la taille du nodule froid… bon, il y a quand même 42 ans… et donc c'est une femme… parce que je sais bien qu'il est beau de vous donner sa taille et son poids, mais je voulais vous donner son année de naissance : 1962… donc elle a… elle va avoir 63 ans… et donc à l'époque elle avait 20 ans… alors est-ce que c'était une grande idée de zinger une demi-thyroïde juste parce qu'il y avait un nodule froid ? Je crois qu'à l'époque on a pas mal charcuté dans les thyroïdes… passez-moi l'expression… vous entendez le Palou qui joue dans la cuisine… mais toujours est-il que ce qui est fait est fait, on sait pas revenir en arrière… ceci dit, si c'était un gros nodule froid de 3 cm… bon ça ça se comprend, et c'est déjà bien qu'on lui ait pas zingué, passez-moi l'expression, toute sa thyroïde… on a quand même laissé la moitié… ce qui est important, parce qu'avec une demi-thyroïde, vous pouvez encore, de par l'axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien et le génial rétrocontrôle que cela implique, vous pouvez encore adapter votre sécrétion d'hormone thyroïdienne au besoin : un peu plus, un peu moins… ok… plus parce qu'il fait froid… voilà, je peux vous dire que froid, il fait froid, hein… bon, c'est bien le froid en hiver, mais enfin pendant deux mois… oh, le Palou qui se rapproche dangereusement de la Pouloute… vous voyez ça ? J'espère que vous voyez Palou… non non non non non, Palou, laisse la Pouloute ! Palou ! C'est le live, hein ! Non, Palou ! C'est tout… vous les voyez là ? J'espère que je cadre bien… allez Palou, viens vite ! Palou ! Voilà, c'est bien ! Ça c'est tout nouveau ! Donc ça c'est mes efforts d'éducation, messieurs et dames ! Quand vous devez éduquer vos gosses, vous pouvez me demander des conseils… moi je sais comment faire… parce que là, il y a encore 3 semaines, c'était la guerre… et ici… bon, il va voir… il s'intéresse… elle réagit un peu, mais elle n'a pas peur… ne branche pas… la paix des braves ! Ouf ! Ce qui change notre vie… parce que bon, quand des chats se disputent, c'est… c'est… c'est crispant, et puis c'est… c'est pas le but ! Donc… donc on peut enlever des gros nodules… ça je vais bien comprendre, parce qu'il y a peut-être des risques… on a peut-être fait une biopsie à l'aiguille fine pour voir… pour établir le diagnostic… j'ai pourtant fermé mon téléphone, mais ça sonne sur le téléphone anglais… bon, c'est pas grave… au moins que ça ne sonne pas sur le mien, ça… ça n'interrompt pas l'enregistrement, parce que ça… ça aurait été le bouquet ! Je pense que on va pas insister… au fur et à mesure… ce sont des amis en Espagne, donc c'est pas… c'est pas bien grave, ce n'est pas une urgence médicale… donc le… euh… c'est quelqu'un qui me suit sur… sur… sur YouTube, donc il doit s'entendre m'appeler dans l'enregistrement… ben voilà… c'est pas grave. Donc cette ablation de demi-thyroïde forcément incite à l'hypothyroïdie… alors bon, beaucoup de médecins disent : « Mais c'est pas grave, l'autre demi-thyroïde compense, se… se… se met disons à surfonctionner pour compenser… » Ou éventuellement il y a peut-être une hyperplasie compensatrice… bon à vérifier quand même, hein, parce que ça me paraît un peu du wishful thinking… wishful thinking… franglais ! Ok, à vos dictionnaires ! Mais toujours est-il qu'il y a quand même beaucoup de gens chez qui on a réalisé une hémi-thyroïdectomie qui ont besoin de soutien, mais assez souvent plus tard dans la vie, quand il y a un petit affaiblissement de la fonction thyroïdienne… on se retrouve avec des valeurs un peu limites, et c'est… c'est vraiment tout… tout… tout ce qui constitue l'importance de ce cas-ci… parce que finalement, c'est une hémi-thyroïdectomie qui remonte à très longtemps, et finalement ce n'est que relativement récemment, d'après mes notes… enfin, après avoir vu tous les documents, le dossier qui a été constitué… j'ai surligné en vert tout ce qui a trait à la thyroïde… c'est une diététicienne, en juin 2021, qui a alerté sur un manque de T3… voilà, c'est… c'est… c'est l'élément que j'ai… alors c'est une diététicienne, elle n'a évidemment pas envisagé de traitement hormonal et cetera, qui de toute façon à l'époque ne s'imposait peut-être pas, mais elle lui a dit, à juste titre, d'éliminer le gluten… elle a très bien fait, c'est une très bonne initiative… éliminer le gluten et fortement diminuer le sucre… ce que la patiente a fait, et elle a été mieux, elle s'est sentie mieux de ces conseils là… le problème c'est qu'au fil du temps elle a relâché… elle a relâché son effort… c'est textuellement ce qu'elle m'a dit… c'est dans ces époques là qu'elle a pris le produit dont je parlais tout à l'heure, avec zinc, sélénium, fer, etc… elle a aussi pris de la vitamine K2, de la B12, de la vitamine C… donc elle a fait tout un tas de trucs… régime restrictif : gluten, sucre, lactose… pendant un certain temps avec des bénéfices… et puis… voilà… a commencé à relâcher… invité en vacances… envie de goûter quelque chose… espérance de pouvoir remanger plus ou moins normalement… euh… voilà, c'est comme ça qu'on perd les bonnes manières, les bonnes résolutions… et euh… c'était pas une grande idée, hein…
Alors pour tout connecter, quand même, vous donner tout de suite du concret : quelle est la situation actuelle de sa thyroïde ? Donc je rappelle : elle prend un peu d'iode, de zinc et de sélénium, mais pas grand-chose… ben on a une TSH correcte (1,4)… on va pas se plaindre de ça, hein… je crois… parce que j'ai les antécédents… sur le bilan à l'époque où on a commencé à lui dire qu'il fallait se préoccuper de sa thyroïde, la TSH était à 32,6… donc il y a quand même eu progrès ! Maintenant elle est à 1,4… le taux de T4 libre est parfaitement correct, un peu en dessous de la médiane… alors je vous rappelle que pour les valeurs de référence des labo, de la T4 libre, ben autant la partie basse des valeurs de référence n'est pas enthousiasmante, parce que ça veut dire qu'on ne regorge pas d'hormone thyroïdienne, mais c'est pas nécessairement un problème pour tout le monde… autant la partie haute des valeurs de référence de la T4 libre, moi ça me rend un peu nerveux… je n'aime pas être, on va dire, dans le quintile supérieur, voire dans le quart supérieur des références labo en T4 libre… alors ça peut vous surprendre, il y a beaucoup de gens qui se retrouvent là-bas parce qu'ils ont un traitement hormonal thyroïdien à base de T4 sans T3… ce sont assez souvent des gens qui ont besoin, au moins initialement, voire à long terme (ça c'est selon leur génotype de DIO2), d'un peu de T3… et quand on ne prend pas de T3 et qu'on en a besoin, et bien de toute évidence le médecin prescripteur va avoir tendance à surdoser la T4 pour compenser… et donc on a rien de bon… on a une T4 trop haute et une T3 trop basse… très fréquent cette affaire là ! Pour revenir au cas ici présent… rappelons-nous qu'il y a une demi-thyroïde qui est partie… cette demi-thyroïde fabriquait surtout de la T4 (80-90%, 90% !), mais aussi de la T3… pour ce qui reste… donc on a enlevé un organe qui produisait de la T3… donc chez des gens comme ça, si on se dit : « On va un peu remplacer ce qui manque… » et bien il y a une raison de plus à envisager de la T3… alors ce qui compte aussi, c'est le génotype du DIO2… et alors là… bon ben je vous montre… parce que j'ai passé 36 mains… je vous montre de loin, vous me croirez sur parole… c'est anonymisé, il y a pas de nom… c'est Joceline… j'ai mis Joceline… ah merde, Joceline, son vrai prénom ! Alors… mais elle m'a donné autorisation d'utiliser son vrai prénom… voyez là, Joceline… j'espère que vous voyez… parce que écoutez, je vais pas trop déranger Goliath… il est pas… pas… pas trop bien, le pauvre… donc DIO2 hétérozygote… ok… donc ni ancestral, ni moderne… alors je vous rappelle, j'ai déjà dit… je répète, ça a l'air que la pièce tombe facilement… DIO2 DIO2 hétérozygote… le laboratoire génomique vous dit : « Réduction de la conversion T4 en T3… » Ce n'est pas faux, mais c'est une réduction modeste… les hétérozygotes DIO2 ne sont pas de mauvais convertisseurs, ils sont des convertisseurs suboptimaux… ok… rien à voir avec les homozygotes ancestraux, ce qui serait CC pour ce labo… mais les lettres… il faut… on peut pas se fier aux lettres, parce que d'un labo génétique à l'autre ils utilisent des systèmes de référence différents, avec des lettres différentes… moi vous me donnez des lettres… je vais pas mouiller et vous répondre quelque chose alors que c'est des lettres d'un autre… d'un autre système de référence… niet ! Il faut voir dans les résultats du labo, qui de toute façon vont quand même être fournis… sinon c'est… c'est… c'est pas un bon labo… on va vous dire s'il y a une baisse de conversion ou pas… et on vous le dit chez les hétérozygotes comme chez les homozygotes ancestraux… donc les mauvais convertisseurs qui datent du paléolithique, hein… je vous rappelle que toutes les espèces humaines qui coexistaient il y a 50000 ans avaient un DIO2 mauvais convertisseur… parce que voilà, ils étaient dans un environnement pauvre en glucides, très très carnivore, dans lequel finalement les besoins en T3 sont moindres que dans un environnement moderne, néolithique, bourré de glucides… c'est comme ça… pour… pour… pour métaboliser ces glucides, ça consomme de la T3… et euh… c'est… c'est… les DIO2 modernes ont besoin de plus de T3 que les DIO2 ancestraux… un peu plus, hein… ok… c'est tout ça… c'est de la nuance… toujours est-il que chez Joceline, on a un DIO2 hétérozygote, une demi-thyroïde qui est partie… bon, si on donne un soutien hormonal thyroïdien… et c'est la grande question : est-ce qu'on en donne un ou pas ? Et je vais vous retracer mon cheminement pour arriver à la décision finale que… que… que… que je vous dévoilerai le moment venu… je sais pas dans combien de temps on avance… et bien si je donne un traitement hormonal… ah voilà, là Palou qui vient se frotter à moi, parce qu'il rentre de l'extérieur, il a froid, il est mouillé… il faudrait que je l'essuie… j'essuie le Palou avec… avec un essuie-tout… il rentre trempé, il vient pour l'essuie-tout, pas pour moi, mais pour l'essuie-tout ! Je sèche mes chats… en non, que celui-là… parce qu'il est… il est… il est pas normal… enfin, je crois pas qu'il y en a aucun de vraiment normal à vrai dire… et donc moi non plus… allez, oui, ça va… je… je vous le conseille : les sectogéniques… ok, je suis normal… prouvé, hein… ok… bon… et donc si je donne finalement, après mûre réflexion, un traitement hormonal thyroïdien à Joceline… c'est ça qu'elle veut… c'est ça… ça demande… est-ce que j'ai besoin d'un traitement ? Elle tourne autour de ça
Ces gens-là, médecins, nutritionnistes ou naturopathes, consultent. Ils n'aiment pas les génotypes, ni les miens ni ceux des autres d'ailleurs. Ils n'aiment pas mon livre, « Je mange selon mes génotypes », qui est là, au-dessus. Ils ont horreur de ça car cela va leur enlever une bonne tranche de leur demande. Ils n'aiment pas les génotypes parce que si les gens ont des génotypes qui clashent avec la diète qu'ils proposent, ça les met en porte-à-faux ; ils esquissent un pas de côté. Ils prétendent que mes quatre génotypes alimentaires sont la même chose que les quatre groupes sanguins d'Adamo. Comme je dis toujours, comme on ne digère pas avec ses globules rouges, la diète selon les groupes sanguins n'a pas énormément d'intérêt. Mes génotypes jouent un rôle fondamental dans le transport et le métabolisme des lipides et dans la digestion des glucides notamment. Donc là, on est dans le vif du sujet.
Je fais une parenthèse : j'ai suggéré et généré le coût d'une T3 urinaire, car je ne rejette pas la T3 urinaire, mais pour moi, c'est un complément d'information. Elle va dans le même sens qu'une T3 libre sanguine borderline. Les normes de la T3 urinaire vont de 800 à 2500 picomoles par 24 heures. Joceline est à 800. Donc la T3, tant dans le sang que dans l'urine, n'est pas très satisfaisante. On commence à avoir un profil qui se précise pour donner un soutien thyroïdien, peut-être un peu de T3, avec les éléments que je viens de partager. Sans oublier l'apport d'iode, les 200 microgrammes de sélénium, les 20 mg de zinc, et les vitamines B (la B2 notamment, et la vitamine A, cofacteur thyroïdien). Tout cela sera utile, mais on pourrait avoir envie de donner un peu de T3.
Ce qui m'a interpellé, et pour lequel je vous présente ce cas, c'est deux groupes de résultats tout à fait anormaux selon mes vues. Joceline, dans son dossier, n'aime pas beaucoup la viande, elle en mange très peu. Elle n'a jamais été fan. Elle aime les légumes, mais parfois elle a des problèmes de tolérance. Elle est attirée par le pain, même si elle s'est mise presque sans gluten. Elle en mange peu, mais elle en mange quand même : pain, pâtes, pizza... Elle n'a plus tenu son régime strict sans gluten comme au début, et je vais y revenir. N'étant pas fan de viande, son apport est très modéré. Je regarde l'anamnèse alimentaire, je n'invente rien. On ne devrait pas s'attendre à un cholestérol très élevé. Or, c'est là que ça devient intéressant. Médecine fonctionnelle, pas recette ! Cholestérol total : 286 ou 2,86 (selon les labos), HDL : 87, LDL calculé : 175, cholestérol non HDL : 199 (quasiment 200). C'est beaucoup de cholestérol pour quelqu'un qui mange quasiment pas de laitages et quasiment pas de viande (sauf un peu de poulet et de porc). D'où vient ce cholestérol ?
On va regarder l'huile de coco (elle n'en mange pas). Elle mange un peu de beurre (j'avais déjà noté : réduire le beurre). Elle n'en mange pas beaucoup, ce qui n'explique pas un cholestérol aussi élevé. J'ai écrit : « excès de cholestérol lié à une insuffisance thyroïdienne », la seule explication. C'est plus solide que ce que j'ai dit avant (T3 libre basse dans le sang et dans l'urine). Ce n'est pas une valeur dans les percentiles bas de la zone de référence, c'est une valeur fonctionnelle ; l'impact fonctionnel de l'activité thyroïdienne n'est pas bon. La thyroïde ne marche pas bien, les mitochondries sont au repos, il n'y a pas assez de T3 pour les faire turbiner, et le cholestérol n'est pas métabolisé, pas brûlé comme il devrait. Je parle du métabolisme normal, pas de situation extrême. Ce cholestérol élevé ne s'explique pas. Bien sûr, il pourrait y avoir une hypercholestérolémie familiale, mais on n'est pas dans les 3150 ou plus.
La POE E3/E3 n'est pas à peau4 ou peau44. Donc pas d'explication du cholestérol élevé par la POE. On se retrouve avec l'explication d'une insuffisance thyroïdienne modérée, mais on est encore un peu hésitant. Tous les acides gras sont très élevés ! Il y a plein de choses qui sont trop élevées, alors qu'elle n'en mange pas ou peu. Attention au beurre, aux laitages, au porc… On a des valeurs parfois 50% au-dessus de la médiane, alors qu'elle mange moins que la population de référence. Même phénomène avec les acides gras, sauf les oméga-3 à longue chaîne. Il est logique de recommander d'augmenter sa consommation de poisson gras (elle peut en manger un peu plus). Je ne lui donne pas d'huile de poisson car ses valeurs sont raisonnables. Simple rééquilibration alimentaire : moins de porc, plus de poisson gras, moins de laitages. Impossible d'expliquer ces acides gras, vraiment tonitruants !
Autre exemple : plein d'oméga-7 (acide palmitoléique à 200% des normes). Que mange-t-elle pour apporter autant d'oméga-7 ? Avocat ou olives ? Elle mange des olives, mais pas énormément. Tapenade, guacamole… rien dans son anamnèse alimentaire n'explique ces oméga-7 aussi élevés. Omégas-7 et -9, c'est souvent le même combat. Il y a des oméga-9 dans l'huile d'olive. Pour les oméga-7, c'est noix de macadamia ou huile d'argousier. Il y a un peu d'oméga-7 dans l'huile d'olive. Pour les oméga-7, c'est surtout l'acide palmitoléique. Ici, il n'y a que le palmitoléique. On a peut-être pas tous les éléments pour juger. Les acides gras monoinsaturés (oméga-9 et -7) ne sont pas dans sa diète (ni d'origine animale). Rien dans son alimentation n'explique ces taux aussi élevés. On ne peut pas expliquer ce cholestérol trop élevé, ni toute une gamme d'acides gras, en particulier les monoinsaturés. Une seule explication : une thyroïde faible, une T3 basse qui ne joue pas son rôle. Baisse de la fonction thyroïdienne. Ce sont des *surrogate markers* (marqueurs auxiliaires).
Y a-t-il d'autres *surrogate markers* ? L'homocystéine est un peu haute. Elle augmente quand la thyroïde descend. Elle manque de B2, B6… ce qui justifie un peu plus d'homocystéine (B2, B6, B9, B12). Je n'ai pas d'autres *surrogate markers*, mais on a tout ce qu'il faut. J'ai un dernier joker : les anti-TPO. Joceline avait arrêté le gluten, ça lui avait fait du bien. Elle en a repris un peu. Elle mange du gluten. Elle dit qu'elle mange un peu de pain. Il y a 3 ans, elle avait des anti-TPO au-dessus des normes (97, normes <60). C'est un Hashimoto. Probablement déjà un Hashimoto quand on lui a enlevé une demi-thyroïde il y a 40 ans. Les Hashimoto surviennent souvent à la fin de l'adolescence, chez les jeunes adultes. Elle avait 20 ans. Parfois, il y a un petit Hashimoto considéré comme négligeable. Faire des anticorps contre la thyroperoxydase, ce n'est pas une bonne idée. Il y a 3 ans, elle avait des anti-TPO à 97. On lui a enlevé le gluten, c'était une bonne idée. Ici, on est à 81. À mon avis, ça a diminué puis augmenté. Hashimoto évident. Pas de gluten du tout !
On a un outil pour faire baisser l'intensité du Hashimoto. Tout ce qui va aller à la baisse sera un bonus. Est-ce qu'on se contente de ça ? Donner un peu de T3 ? J'ai parlé de T3 dans beaucoup de vidéos, à très petite dose (1 microgramme, borderline placebo). Un peu de T3, c'est quand même un peu d'hormone thyroïdienne active. Avec une telle insuffisance thyroïdienne fonctionnelle, la chaudière est en panne. Le cholestérol et les acides gras s'accumulent. J'ai dosé la carnitine, car je tombe sur des gens qui n'en ont pas assez. Sa carnitine est effondrée (2,74, normes 4-8). Probablement une cause de cette activité mitochondriale insuffisante. Je lui donne 2 x 500 mg d'acétylcarnitine par jour. Pourquoi une carnitine aussi basse ? Elle ne mange pas beaucoup de viande. Il y a beaucoup de carnitine dans les avocats (elle n'en mange quasiment pas). Lui remettre des avocats sera utile. On enclenche la piste nutritionnelle (gibier, fruits de mer…), mais on supplémente.
Notre décision finale (valable 4 mois) : un traitement très light. J'ai proposé un quart de comprimé de Tiral (ou de Nautiral) le matin. L'idée est de voir comment ça va se passer. Mon rapport : sur base de preuves indirectes, en particulier les taux exagérés de lipides. Je choisis un traitement hormonal minimaliste, à réévaluer après 2 mois. On pourrait ajouter un deuxième quart de comprimé de Tiral plus tard. Ma décision est à la limite. On bascule du côté traitement hormonal de justesse. Je suis très prudent. Un petit contrôle dans 2 mois avec son médecin traitant. Si la TSH chute spectaculairement, on arrêtera le traitement. Je ne laisse pas les gens avec des TSH indosables ou en dessous des normes. Dans 2 mois, si le quart de Tiral est trop fort, on l'arrêtera ; si c'est pas assez, on le doublera. Quand la décision est prise d'extrême justesse, j'aime bien avoir un petit contrôle. D'habitude, je suis plus sûr de moi et je fais le contrôle à 4 mois. Ici, 3 mois et demi car on refait des dosages sur ce traitement.
Dans un opus 2, je détaillerai les analyses et les traitements. On sera dans quelque chose de beaucoup plus global. Une vraie leçon de médecine fonctionnelle ! Quels tests ? On en parlera dans l'opus 2. Mon traitement thyroïdien : cofacteurs, vitamines B, iode (à dose minime : 2 x 75 microgrammes), zinc, sélénium, et un quart de comprimé de Tiral. On aura fait 75 minutes. À la semaine prochaine ! On va profiter de cet hiver rigoureux pour travailler à l'intérieur. Merci pour votre attention ! N'hésitez pas à poser des questions. Suite au prochain épisode ! Bye bye.