Transcription
[Musique] [Musique] Quelques mois plus tard, nous avons quitté la montagne et nous sommes allés nous installer dans la banlieue d'Alger, où mon père m'avait inscrit dans un établissement scolaire construit spécialement pour les petites indigènes et qui s'appelait École des Mimosas. Durant les trois premières semaines, la maîtresse, Mme Marque, était tous les jours absente parce que je ne levais jamais le doigt quand elle faisait l'appel. Je ne connaissais pas mon nom patronymique. Mon nom patronymique faisait partie de ceux qui avaient été attribués de façon arbitraire à nos grands-parents à la fin du 19e siècle par l'administration coloniale. Comme elle n'arrivait jamais à se retrouver avec notre système d'appellation, ils nous ont donné de nouveaux noms pour mieux nous repérer. Dans le système traditionnel, nous possédions tous des chapelets de prénoms qui se suivent : Mohamed ben Ali. Une fois que le même prénom revenait trois fois dans la liste, les fonctionnaires français étaient saisis de vertige. Ils ne savaient jamais qui était qui et qui était le fils de qui. Et dès qu'ils changeaient de village, ils trouvaient exactement les mêmes noms, mais dans d'autres sens. Voici, d'après des témoignages, comment ça se passait : séance d'attribution de nouveaux noms. Il y avait l'administration coloniale, son secrétaire et les chefs de famille, passant les uns derrière les autres. L'administrateur faisait son enquête pour trouver de nous : "C'est quoi ton nom ? Non, je te demande ton nom à toi, tu en as un tout seul, c'est lequel ? Ce n'est pas le nom attribué, tu es venu tout seul ? Non, il n'y a personne derrière. Courage, trois noms alors, s'il te plaît, donne-moi ton petit nom à toi." "Mohamed." "Mohamed." Le secrétaire inscrivait "Mohamed". "Et ton père ?" "Ali." "Ali." "Ton grand-père ?" "Mohamed." "Donc, si j'ai bien compris, la logique est que ton arrière-grand-père s'appelle Mohamed, ton grand-père s'appelle Mohamed, toi tu t'appelles Mohamed. Alors là, il y a un problème, c'est le nom du prophète." "Toujours pardon, qui profite ?" "Moi, je profite." "Non, pas toi, l'épreuve et Hashana." "Non, les profits de ces moines sont là, les vrais." "Cela m'a toile et profite du toit." "C'est l'autre, la commune qui s'applique." "Lui, qualif, je veux ici." "Là, comment ça finit comme entête ? Ap, les toits Maurice, c'est ça, c'est les profite mort." "Histoire et nous, et Mohamed, attache bâti public tout de suite la situation." "Comme ça, tu vas comprendre pourquoi qu'il s'appelait toujours 'mind' chez nous les musulmans." "Car il y en a un gars au 'killing', il est toujours tout genre les garçons qui dit ni les premiers." "On lui donnait 't' sur 't' et comprenait bien le principal." "Il me regardait comme ça, tout a été les cool." "Attache, va parler d'Hausmann, je vais parler doucement comme Salim, où ils bientôt de pas vite comme ça, le comprenais tout chez nous les musulmans." "Ligne et il m'a l'outback Kayhan, un gars au quai, ligny fini qui lit ni." "Après le patin, il est parti au travail." "Ton genre, ton genre, Louis, donner les noms des mois, note par le respect qu'il faut qu'il ait donné pour les profits." "Il y en a qui comprend maintenant." "Oui, je crois avoir compris, Mohamed, par un respect pour le prophète, vous donnez le nom de Mohamed au premier garçon qui est dans la famille." "Si ça, donc toi, tu es le premier, c'est ça, et je t'appelle Mohamed ben Ali, ben Mohamed, ben, etc." "Pas budgétée à la baignoire de bébé, qu'est-ce qui vient ? [ __ ] les baby-sitters, Al Abdallah." [Musique] "Mohamed, etc." est une locution latine qui veut dire "manger rien". "Dit-on, oublie dix mois le maréchal ferrant." "Comment ça se fait qu'il porte exactement le même nom que toi ?" "Si les frères, dis-moi, monsieur, comment ça ?" "C'est le frère de toi." "Tu viens de me dire que c'est le premier garçon à qui on donne le nom de Mohamed, et lui aussi s'appelle Mohamed." "Alors, à Tahaa, tâche va tripler." "Moi, je m'appelle et moi, Med, parce que je suis ni les premiers d'écouté, DPM louer." "C'est mon frère s'appelle Mohamed parce qu'il lit premier d'écouté de sa mère." "Et donc de ta mère, inondé sa mère, alloués chaque à sa mère jusqu'ici." "Et j'ai encore quatre autres frères qui s'appellent Mohamed parce que mon père a la poésie neuf femmes aux crues tard." "ATD bazar, ce n'est pas des pétales, la victime, madame Linda." [Applaudissements] "Le des pétards, Mohamed." [ __ ] "Est une dix mois le marchand de bourricot tuer, c'est celui qui vend des ânes là-haut sous le grand tout cas l'ubs tus le jeudi matin, tu sais, le jour du marché." "C'est un de tes frères." "Non, comment ça ?" "Non, non, c'est pas mon salaire, ce n'est pas obligé." "Et comment ça se fait alors que lui aussi s'appelle Mohamed ben Ali, ben Mohamed, ben Mouloud ?" "A atteint, lui est à moi, Hamad ben Ali, ben Muhammad de la tribu des bonnes Mouloud." "Et moi, je suis Hamad ben Ali, Mohamed de la tribu des Blood." "Mais c'est exactement la même chose." "Ah non, ce n'est pas la même chose." "Moi, je suis un mois, un match banal des baignoires de la tribu des Beni Mouloud d'en haut, et Louis de Beni Mouloud d'en bas." "Yala, jusqu'ici, co-op aux quinze mois." "Donc, pour savoir qui était qui, l'administration coloniale avait divisé les tribus en familles." "Ils ont désigné des chefs et les ont convoqués devant les mairies ou les bureaux improvisés à cet effet." "L'opération avait duré des mois et des mois." "Au début, les fonctionnaires français faisaient des efforts pour essayer de trouver des noms qui correspondaient plus ou moins à l'histoire de chaque famille." "Mais au bout d'un moment, comme les gens ne parlaient pas la langue, ils ne comprenaient pas ce qu'on leur disait." "Les fonctionnaires, pour faire vite, commençaient à bâcler." "Tu viens de quelle tribu ?" "Qui s'est dit, allez, c'est bon, tu appelleras 'Questi', dit où en champion." "Ton petit nom, c'est quoi ?" "Slimane." "À partir d'aujourd'hui, tu seras 'Qui se dit Slimane', d'accord ?" "Et si quelqu'un te dit qui ce type, dit Slimane, tu dis rien, allez, au suivant." "Et c'est comme ça qu'il y eut la famille Pussy, pas, et allez, la famille Cha Casato, s'il vous plaît." "Et à la femme éthique, dit cool, la famille merde." "Alors, il y a la célèbre famille qui fait chaud, ainsi qu'un tas d'autres noms que je n'oserais pas répéter ici devant vous et qui ont été toutes changées au lendemain de l'indépendance." "Alors, ces nouveaux noms, au départ, étaient utilisés surtout pour les démarches administratives dans l'administration coloniale." "Mais nos grands-parents, entre dans la tribu, continuaient à utiliser le système d'appellations traditionnel." "Hésité, pour cela que moi, je ne réagissais pas du tout lorsque la maîtresse m'appelait par mon nom patronymique que je ne connaissais pas." "Mais un jour, en traversant, on les rend, elle s'est arrêtée devant moi, s'est penchée et avait lu le nom inscrit sur l'étiquette comme avait cousu sur le tablier décoller comme avait donné." "Et là, elle s'est mise à hurler, à me parler dans sa langue que je ne comprenais pas." "Puis soudain, elle m'a pris par le col de chemise et m'a entraîné chez le directeur qui, à son tour, Mme, avait passé un savon de Marseille." "Sont que je suis cela non plus de quoi et le retour nas."